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Étienne

 


Plaidoyers   pour un enseignement plus intelligent de l'informatique en France

Depuis des années, je constate que l'enseignement de l'informatique en France n'est pas du tout ce qu'il devrait être.

Le signe le plus fort du dysfonctionnement actuel de notre système scolaire est l'incompétence générale souvent constatée dans les bureaux sur les logiciels bureautiques courants : texteur, tableur, PréAO (Powerpoint), du moins à la sortie de l'école, car la formation continue, heureusement, rattrape ensuite (un peu) la situation.

Ces derniers temps, une importante rénovation de la filière STT est menée, et les professeurs d'Économie et gestion ont été consultés pour donner leur avis sur les nouveaux programmes.

Cette circonstance a été pour moi l'occasion de beaucoup approfondir ma réflexion, de comprendre pourquoi  nous en étions là,  et comment  nous pouvions en sortir.

J'ai donc beaucoup écrit, notamment sur nos listes de diffusion professionnelles, et  je regroupe sur cette page les grandes étapes de cette réflexion,  pour aider les nouveaux arrivants à participer à ce débat essentiel pour le pays.

Pour résumer, quelques personnes décident depuis 15 ans du cap à tenir en France pour l’enseignement de l’informatique.  Certaines de ces personnes se trompent gravement, en ne valorisant que l’informatique qu’ils connaissent (l’informatique de gestion) et en dévalorisant celle dont ils ignorent tout  (la bureautique).  C’est le pays entier qui en pâtit car ses besoins bureautiques ne sont pas satisfaits. La question est de savoir si notre démocratie permettra de vraiment argumenter publiquement, honnêtement et utilement, à propos des grandes décisions qui engagent professeurs et élèves pour des années, entre acteurs responsables de l’Éducation nationale. Pour l’avenir, il est évidemment urgent de prévoir systématiquement des bureauticiens dans les groupes d’experts qui réfléchiront aux prochains programmes d’enseignement, et pas seulement des informaticiens gros système.

(une archive ZIP téléchargeable (en bas de cette page) regroupe tous les textes au format Word pour une impression facilitée,
un résumé est noté ci-après, sous chaque titre, mais le texte intégral est disponible avec le lien souligné dans le titre)

 

q      *  31 août 2003 :   Quels sont donc  les vrais MOBILES  de notre dérive ? Rappel des raisons importantes pour réhabiliter l’apprentissage de la Bureautique : les outils bureautiques sont un vrai LEVIER pour l’intelligence, pour la productivité personnelle, pour la réussite scolaire, pour l’intégration professionnelle et donc l'intégration sociale. Mais ces outils bureautiques sont par ailleurs difficiles à maîtriser malgré la simplicité de leurs composants, du fait du nombre important de ces composants. Ces outils bureautiques sont également difficiles à maîtriser intelligemment car les méthodes, la rigueur et la prudence s’improvisent très mal sans l’aide d’un professeur et de nombreux exercices.

q      Nier l’importance de la Bureautique, et la remplacer par des techniques inutiles et inaccessibles de spécialistes, est simplement une agression pour tous les professeurs qui s’échinent sur ces sujets depuis des années et à qui on dit aujourd’hui : « ce que vous enseignez depuis des années ne vaut pas grand-chose… On va vous apprendre, nous, ce qu’il faut enseigner en informatique »

q      Il est contradictoire, et donc dangereux, d’imposer à des professeurs polyvalents par force (les profs d’EcoGestion)  l’enseignement d’une discipline pointue qui, de l’aveu même des professeurs d’IG, exige absolument une spécialisation.  Ne pouvant se spécialiser, les professeurs resteront par force incompétents.

q      Ce débat est un combat, effectivement. Mais la polémique n’est pas mauvaise en soi : un débat n’est pas forcément lisse et consensuel.

q      Quelle que soit la discipline, la plupart des apprentissages sont mécaniques au début, et ne laissent la place à l’intelligence créatrice que plus tard. Il en est de même en Bureautique : il est donc fondamentalement injuste et malfaisant de condamner définitivement et en bloc la Bureautique sur une observation partielle et partiale des premiers pas maladroits des débutants.

q      On a vu concrètement en BTS CG, puis CGO (P10), le mal que peut faire la dérive vers l’informatique gros système : c’est un cauchemar pour les élèves que l’on dégoûte de l’école. Il est essentiel d’éviter cette faillite à l’ensemble des STT !

q      Pour comprendre ce qui se passe, il est intéressant de se demander quels sont les MOBILES DE CETTE DÉRIVE : qu’est-ce qui pousse ces informaticiens à essayer de nous faire croire que leurs savoirs très pointus (et inaccessibles aux non-spécialistes) sont indispensables à tous les élèves ? Qu'est-ce qui les motive pour prétendre au contraire que la bureautique, dont ils ignorent tout, n'a pas d'importance et s'apprend seul, sans professeur ni référentiel précis, ni cours structuré ? Qu'est-ce qui anime ces spécialistes pour essayer de devenir LA référence informatique incontournable pour TOUS les élèves, plutôt que pour les seuls élèves qui se destinent au métier d'informaticien ?  Est-ce que c’est vraiment l’intérêt des élèves ?



 

q      *      18 juin 2003 :
APPEL à la RÉSISTANCE : ne laissons pas CONFISQUER et DÉTOURNER
les heures d'informatique par les informaticiens de métier !

Il y a deux chemins importants qui se suivent sans se confondre :
Bureautique approfondie,  puis  Informatique de gestion.
Le premier chemin de l’apprentissage informatique est celui des logiciels universels, utilisés par tout le monde. Ce chemin n’est pas très difficile, il est peu pentu, mais il est long car il y a beaucoup de choses (simples) à apprendre. Un professeur, avec un cours organisé et intelligent, fait gagner beaucoup de temps aux élèves, et leur donne de bonnes méthodes et de la rigueur, sur ce chemin comme sur tous les autres : il faudra apprendre l’analyse des problèmes quotidiens simples, le choix du bon outil, et l’importance des contrôles et des protections, à travers l’usage des logiciels généralistes, ainsi que la gestion de son poste individuel et l’utilisation des ressources partagées.

Ce premier chemin est aujourd’hui à l’abandon : personne ne le suit comme il faut. La "rénovation" des STT prévoit opportunément d’enseigner enfin la gestion du poste individuel et l’utilisation des réseaux, mais c’est tout,  et  c’est beaucoup trop peu.

Le deuxième chemin de l’apprentissage informatique est celui des outils de spécialistes, les informaticiens de métier, qui se consacrent entièrement à l’analyse, à la programmation et aux réseaux, pour les moyennes et grandes entreprises dotées d’un service informatique central et d’un « gros système ». Ce chemin est difficile, plus pentu : la technicité des outils y est grande, le besoin d’abstraction et de méthode y est très important. Ce chemin difficile demande un gros investissement personnel et beaucoup de temps. Il est inaccessible, et surtout inutile, au plus grand nombre. C’est un chemin de spécialiste,  aussi bien pour les élèves que pour les professeurs.

Ce chemin-là est bien entretenu, et ceux qui le suivent apprennent bien leur métier d’informaticien.

Ces deux chemins se suivent sans se confondre. Les deux sont importants. Ils sont complémentaires dans l’entreprise, mais ils sont très différents. Le pays a besoin non pas d’une mais de deux disciplines, dont les objectifs, le public, les outils et les méthodes n’ont vraiment rien à voir : la Bureautique approfondie  et  l’Informatique de gestion. La première doit être enseignée tôt et à tout le monde, la deuxième doit être enseignée plus tard et seulement aux spécialistes.

q      Certains prétendent aujourd’hui que seul le deuxième chemin mérite un apprentissage formalisé et que tous les élèves doivent commencer à suivre ce chemin de spécialiste dès la classe de Première.   C’est un mauvais conseil, une grave erreur d’aiguillage.

Ceux qui prétendent cela ne connaissent pas bien eux-mêmes les logiciels universels, ils ne les ont jamais enseignés, ils ne connaissent pas bien les performances qu’on peut en attendre, ils ont une vision déformée des besoins informatiques des employés non spécialistes, ils font comme si la bureautique était enseignée au collège, et comme si cela suffisait, une fois pour toutes.

Ils se font une idée fausse de l’ampleur de la tâche pour maîtriser correctement les logiciels généralistes.  Cette idée fausse vient sans doute de la relative simplicité des outils pris séparément, mais elle néglige le fait que ces d’outils sont très nombreux et que leur maîtrise demande donc mécaniquement beaucoup de temps.  Cette idée fausse néglige aussi l’importance de la rigueur et de la méthode dans l’utilisation des outils simples : rigueur et méthode qui ne sont ni faciles, ni intuitives, et qui demandent du temps.

Ils sous-estiment ensuite l’immense difficulté du deuxième chemin si on l’impose à tous les élèves en peu d’heures de cours : difficulté pour les élèves,  extrême difficulté pour les professeurs.

Ils font enfin peu de cas de l’inutilité de tous ces efforts sur le deuxième chemin pour des élèves non spécialistes,  aussi bien que pour les professeurs non spécialisés sur l’IG.

Aucun de leurs arguments ne résiste à l’analyse : je le montre ici point par point  (en 4 pages).

q      Il faut donc réhabiliter le premier chemin, le seul qui mérite un apprentissage généralisé, et créer dans chaque groupe d’experts travaillant sur une réforme,  un sous-groupe supplémentaire, appelé Bureautique,  et composé de personnes qui ne soient surtout pas des informaticiens de métier,  mais bien des bureauticiens.

q      Il faut aussi retirer des programmes de Première STT  toute référence aux outils difficiles et inutiles des spécialistes,  pour utiliser le peu d’heures disponibles  exclusivement à l’apprentissage intelligent des outils universels,  accessibles et utiles à tous.

 

*    12 juin 2003 : Proposition :
Rendre OBLIGATOIRE  un STAGE  DANS UNE VRAIE CLASSE
avant de participer à la rédaction d'un programme d'enseignement
Les personnes chargées de concevoir les programmes en France sont souvent des universitaires ou des spécialistes de haut vol dont les compétences sont rares et la hauteur de vue bien utile. Mais ces mêmes personnes sont trop souvent (pas toujours) beaucoup trop éloignées du public pour qui elles travaillent : du point de vue des professeurs sur le terrain, ceux qui appliquent vraiment ces programmes, on regrette souvent un décalage important entre ce qui est souhaité et ce qui est possible.

 

Les programmes sont ainsi trop souvent une invraisemblable accumulation de savoirs, souvent très abstraits, qui ne tient pas compte du temps nécessaire pour apprendre, surtout quand on est débutant : il n’est pas raisonnable de ne pas prévoir le temps de répéter, répéter, répéter... pour bien enseigner. Négliger ce point, faire comme si cela n’était pas possible, c’est simplement oublier la réalité des contraintes de l’apprentissage d’un jeune cerveau humain.

 

Toutes les personnes qui travaillent sur les programmes d'une classe donnée devraient obligatoirement, pour être accréditées,  pour avoir un droit de proposition,  et surtout pour avoir un droit de vote,  avoir fait préalablement un STAGE récent de quelques jours DANS UNE VRAIE CLASSE,  en donnant des cours  et  en corrigeant des copies, des vraies…

 

TOUS les membres, y compris le(s) pilote(s) de la réflexion, les universitaires, les inspecteurs, les professeurs, les divers consultants...

Absolument TOUS.  Pas de dispense,  pas d'équivalence...  STAGE O-BLI-GA-TOIRE…

 

 

q      *  26 mai-7 juin :    Échange important avec Alain V :
Quelle est l’informatique « professionnalisante » ? 
Comment éviter l’erreur d’aiguillage ?
Maîtriser son ordinateur et les logiciels bureautiques universels n’est pas un métier. Cet apprentissage n’est pas « professionnalisant  » et il n’est pas du tout incompatible avec la poursuite d’études longues.

q      L’analyse conceptuelle, les bases de données, SQL et autres algorithmes sont des savoirs intimement liés au métier d’informaticien : ils sont en fait, eux, très « professionnalisants ».

q      En reportant à la fin des études  l’apprentissage des outils bureautiques universels, on se condamne à les survoler, faute de temps, et  on organise ainsi l’illettrisme technologique qu’on prétend combattre.

q      De nombreux professeurs sont déjà prêts à enseigner le QBE, alors que personne ne sait parler le SQL, qui de toutes façons, n’apporte rien d’important et ne servira jamais aux non informaticiens.

q      Nous garderons probablement notre public et la hausse autoritaire des ambitions risque fort d’amplifier les déceptions.

 

 

*  26-31 mai 2003 :   Échanges importants avec Jacques B :
Stratégies de filières  et  intérêts des élèves

q      L’objectif de « déprofessionnalisation»  des élèves de STT revient à éjecter les plus faibles pour améliorer le niveau d’ensemble de la filière. On est loin de l’intérêt des élèves. C’est un objectif de prof qui veut améliorer son propre sort, en faisant peu de cas des enfants ainsi exclus. Cette motivation est, à mon goût, peu reluisante et je n’ai, de ce point de vue, pas besoin de rénovation : c’est un honneur de remonter le niveau d’un groupe d’enfants plutôt faibles, et pas du tout une honte.  Cet objectif de hausse du niveau apparent en imposant une abstraction grandissante et en éliminant les pratiques manipulatoires (les aspects concrets de l’apprentissage), est aussi un pari perdu d’avance car nous ne maîtrisons pas l’orientation : ce sont d’autres que nous qui nous envoient nos élèves et ils se fichent pas mal de nos plans sur la comète… "Rénovation" ou pas, nous garderons nos élèves plutôt faibles et les objectifs impossibles qu’on est en train de leur fabriquer ne manqueront pas d’en décourager un plus grand nombre.

q      Mépriser les outils (bureautiques) au profit des méthodes et du raisonnement est une aberration : avec nos élèves, on ne peut pas distinguer les deux : il faut leur montrer les outils en action pour qu’ils accèdent aux concepts, à l’abstraction.  On n’a aucune chance de succès avec nos élèves en isolant les concepts abstraits des pratiques concrètes. La « rénovation » qu’on nous propose ne monte pas du tout le niveau en informatique : elle change carrément d’informatique, et pour aller dans une voie vraiment choquante pour le public concerné !

q      Je trouve fort de café qu’on impose à TOUS les élèves de STT qui, peut-être, pourraient éventuellement aller en IG (Info de gestion),  de boire l’amère potion des formes normales et l’inutile breuvage du SQL,  juste « au cas où »,  et dans la plupart des cas, en pure perte puisqu’ils ne s’en serviront JAMAIS

q      SQL ne sert qu’aux informaticiens de métier, et encore !  La plupart du temps, SQL est totalement invisible, transparent, sous-jacent  Les professeurs d’Économie-Gestion ne devraient pas se laisser imposer cet apprentissage INUTILE !  QUI rédige ses requêtes en SQL, qui ?  Personne. L’utilité universelle du SQL pour les STT n’est pas démontrée. La différence entre le langage algébrique relationnel et le tableur est que l’un ne sert à rien, ni à personne, alors que l’autre peut servir quasiment à tout, et à tout le monde…     Et on va choisir d’enseigner le langage algébrique relationnel ????      À tout le monde ?

q      Le mépris affiché devant un élève qui débute me hérisse complètement, il va falloir que je le dise : oui, il est maladroit cet élève, oui il répète bêtement, pour l’instant, parce que c’est la première fois, oui, il suit les consignes parce qu’il n’est évidemment pas question qu’il les invente tout seul   Mais non ce n’est pas forcément idiot de travailler comme ça, non, ni le prof, ni l’élève ne sont alors des êtres inférieurs, de vulgaires « professionnels », non ,non…   C’est une vision erronée, beaucoup trop élitiste : TOUT LE MONDE a besoin d’être bien guidé au début, pas à pas, pour apprendre comme il faut, méthodiquement, pour la vie, et ENSUITE, ensuite seulement, découvrir seul avec TALENT de nouvelles combinaisons des savoirs…

Si on nous propose de remplacer les quelques (possibles et même problables) mauvais modes opératoires par l’étude systématique du SQL et de l’algèbre relationnelle,  je préfèrerais qu’on améliore les modes opératoires.

q      L’étude des algorithmes est très intéressante mais chronophage. Prévoir 7 heures (par an ! ) est inacceptable : on va voir ensuite immanquablement apparaître des examens qui contrôlent ces connaissances alors qu’aucune heure n’aura réellement été consacrée à l’apprentissage. C’est une duperie.

L’ambition des programmes « rénovés » montre bien un formidable décalage, une méconnaissance du niveau réel des élèves réels de STT.    Ce projet de « rénovation »  est irréaliste. L’obstacle de la formation des professeurs d’ÉcoGestion dont la polyvalence est de type cancéreux (à croissante géométrique) est cité, on veut bien l’admettre pendant quelques instants, et puis on parle d’autre chose, comme si de rien n’était… Mais un vice rédhibitoire ne peut pas être traité ainsi : si on ne trouve pas de solution, si on constate que quelques jours de formation sont tout simplement dérisoires au regard des besoins, le projet est impossible, il faut l’abandonner.

 

*  26-29 mai 2003 : Échange important avec Éric D :  l'informatique en débat. Pour identifier l’informatique nécessaire aux élèves de STT, j’aurais plutôt tendance, pour ma part, à aller voir sur le terrain, en entreprise, ce qui manque aux travailleurs, ce dont ils ont besoin pour être plus performants.  Et si je constatais plusieurs niveaux de difficulté rencontrés par les travailleurs sur le terrain, j’essaierais probablement de retenir pour mon public plutôt les problèmes auxquels il a une chance de répondre, après un apprentissage. Il me semblerait raisonnable d’éviter de pointer les problèmes probablement inaccessibles aux élèves à former (problèmes trop techniques, trop abstraits…).

Et les problèmes informatiques que, de mon côté, j’observe en entreprise sont très concrets : les humains auraient besoin de maîtriser les techniques (banales mais très nombreuses) relatives à leur poste de travail (réseau compris), à leur texteur, à leur tableur et à l’internet.   Tout ça sous un angle très pratique, et c’est notre point de désaccord. Je pense qu’on ne rendra pas tous ces humains plus efficients dans leur travail avec une analyse théorique du système d’information.   Je suis même tout à fait sûr de cela.

q      La tenaille de l’horaire imparti (une heure par semaine !) ne peut être sérieusement évacuée d’un clin d’œil, même sympathique. Tous nos débats devraient être comme polarisés, conditionnés, modelés, autour de cette contrainte centrale.   Ceci est essentiel.

q      Le vocabulaire et la logique de base du système informatique d’une organisation,  (c’est-à-dire du gros système,  de l’informatique des informaticiens de métier),  n’intéressent en fait que les informaticiens de métier, pardon d’insister :

ð   Je rappelle qu’on parle en ce moment de LA seule heure par semaine consacrée à l’informatique en Première STT : on n’a pas le droit  de se tromper de cible : La question à poser n’est pas   « Qu’est-ce qui est INTÉRESSANT ? ». La question centrale est plutôt   « Qu’est-ce qui est URGENT et TRÈS IMPORTANT ? ».

On n’aura pas le temps de traiter le reste.

q      Alors,  est-ce que  « le vocabulaire et la logique de base du système informatique »  sont INDISPENSABLES  à toutes les Premières STT ?   Moi, je dis NON, et j’aimerais bien savoir combien de professeurs de base sont de cet avis.

q      Idée importante : c’est précisément parce que personne n’a jamais montré à l’ensemble des élèves (toutes classes confondues, littéraires, scientifiques, techniques…) les pièges d’un tableur (liberté / facilité = risque de dégradation rapide de l’information) que les employés utilisent aujourd’hui massivement leur tableur à tort et à travers !

L’anarchie dont je parlais naguère dans l’utilisation du tableur en entreprise, on ne la doit pas au tableur lui-même : c’est bien plutôt la faute de l’Éducation Nationale qui,  faute de temps et de feuille de route précise,  n’a pas enseigné  l’usage rigoureux du tableur,  en harmonie et dans le respect des informations fiables du système central.

q      Il est inutile d’encombrer l’esprit des utilisateurs de l’informatique avec l’apprentissage des rouages internes sous-jacents qui n’intéressent que les professionnels de l’informatique.

q      Sur les fondements même des relations entre les tables,  j’aimerais avoir les heures pour les enseigner (en restant très simple) car je sais bien que ces fondements sont utiles et que ça passe bien auprès des élèves. Je les trouve sensiblement moins utiles que le tableur et le texteur, qui sont eux carrément indispensables, mais très utiles quand même.   OK.

Mais NÉCESSITÉ FAIT LOI : utiles ou pas, si je n’ai pas le temps, je suis pragmatique : pas de temps, pas d’enseignement.

On est tous d’accord pour dire que les besoins de gestion sont le véritable objet de notre enseignement.   Qui dirait le contraire ?   Mais c’est un sophisme, une apparence trompeuse de cohérence, que d’opposer les enseignements de Gestion ("véritable objet…") et l’enseignement de la Bureautique ("pas véritable objet…"), car ces enseignements ne sont pas opposés : on n’est pas obligé de choisir l’un OU l’autre, on a besoin de l’un  ET de l’autre. Et l’enseignement d’un outil ne doit pas être vilipendé, écarté, sous prétexte que c’est un outil, c’est folie !

La Bureautique est suffisamment centrale dans la productivité des individus et complexe à maîtriser pour faire l’objet d’un enseignement sérieux, structuré, avec des heures dédiées et un contrôle spécifique, à côté des enseignements de gestion, en renfort de ces enseignements majeurs, pour servir d’outil de performance accrue, systématiquement appliqué à des objectifs de gestion.

q      Les fonctionnalités essentielles des texteurs et tableurs n’évoluent plus du tout depuis longtemps. Presque tout ce qui est très utile aujourd’hui existait déjà il y a 10 ans : tableaux croisés, filtres, validation des données, formats conditionnels, protection des cellules, fonctions de calcul avancées, graphiques de gestion, publipostage, styles de titres, abréviations, objets graphiques positionnables librement sur la feuille, etc.  existaient déjà dans Excel 5 et Word 6….

Les savoirs sur machine (ceux dont je parle) ne sont pas du tout éphémères, comme je l’entends ressasser régulièrement.    Il faut tordre le cou à cette vieille idée qui n’est plus d’actualité.

On peut donc aujourd’hui délimiter un corpus stable de compétences bureautiques essentielles pour tout le monde, quel que soit le métier. Ce corpus bien délimité (avec des possibilités de mises à jour souples) et expressément affirmé, ce corpus de connaissances bureautiques indispensables  aidera tout le monde à travailler : professeurs, élèves et examinateurs !  C’est une bonne bataille !

q      Que penser de l’auto apprentissage comme méthode générale d’apprentissage de la Bureautique ? Tout le monde,  je pense,  donne une importance centrale à l’autonomie des élèves et à leur aptitude à continuer à progresser seuls,  sans les professeurs.  Mais prétendre que cet objectif final peut tenir lieu de méthode d’apprentissage est une vraie grosse erreur. Ça ne fonctionne pas bien  et  ça prend un temps fou.

q      J’enseigne passionnément la bureautique depuis plus de 15 ans, avec le fort sentiment de rendre de grands services à mes élèves, et pour longtemps : je prétends que les manipulations que j’enseigne aux élèves ne sont pas éphémères, qu’elles serviront à tous pendant de longues années, et que pour bien expliquer tout ça, il faut du temps, un programme précis  et  des modes opératoires intelligents, c’est-à-dire truffés de conseils, d’explications, de prises de recul, d’invitation à la réflexion, de démonstrations, d’exercices nombreux et variés (pris dans la réalité de la gestion quotidienne), etc. Si vous rendez l’informatique trop abstraite, trop lointaine, vous allez arriver, comble du comble ! à générer de l’ENNUI !   Ennuyer avec l’informatique, ça paraît incroyable !...

Et bien je suis prof de P10 (l’informatique en BTS CGO), et je peux vous dire que c’est possible : il y a une informatique qui génère de l’ennui chez les  non informaticiens,  chez les élèves qui n’ont pas pris le cap de l’informatique comme métier : les formes normales, les SQL, MOTA, MOD et autres outils décalés de MERISE 2, ça vous dégoûte les meilleurs élèves, les plus travailleurs… Les élèves ne sont pas bêtes : ils sentent très bien ce qui ne leur servira jamais à rien.

Il faut arrêter cette dérive vers l’informatique de métier qui n’est pas utile à tous.

IL NE FAUT PAS GÉNÉRALISER LES BASES DE L’INFO DE GESTION À TOUS LES STT !

Est-ce que toi, Éric, par exemple, tu as déjà vraiment enseigné les formes normales et le SQL à un public de Premières STT non IG ?    Est-ce que c’est possible ?     Est-ce que c’est utile ?     Est-ce que ceux qui décident ce nouvel enseignement  ont déjà fait  eux-mêmes,  une seule fois,  ce qu’ils s’apprêtent à nous demander de faire pendant 10 ans auprès d’un  million d’élèves ?

 

*  24 mai 2003 :      Échanges avec Thierry P : 
Adapter les OBJECTIFS au TEMPS imparti

q      L’idéal (aujourd’hui inaccessible) serait effectivement d’enseigner correctement (avec des cours, des exercices, des contrôles) à la fois le SGBDR (avec une positon centrale, c’est vrai, pour créer des solutions professionnelles, cohérentes et fiables), et le tableur pour la souplesse des solutions individuelles complémentaires aux problèmes de calculs, et le texteur pour ses forces spécifiques totalement irremplaçables (sur le publipostage et la rédaction de documents imagés et structurés, notamment).

MAIS, car il y un gros MAIS, pour enseigner l’informatique comme ça, IL FAUT DU TEMPS.

Faites vos comptes de toutes les heures dont vous avez besoin pour enseigner correctement un tableur, un texteur et un SGBDR.  Je dirais qu’il faut au moins 6 heures par semaine, pendant deux ans, le SGBD en consommant à lui seul 3 ou 4. Utiliser un SGBDR est un métier.   En le survolant, on joue, on fait semblant, on perd son temps.    Si on n’a pas le temps nécessaire, on ne fait que le début du boulot et on se moque du monde, Thierry, parce que, concrètement, les élèves sont finalement très loin de l’objectif,  ils ne sont pas formés, et globalement on a perdu son temps.  Cette difficulté-là est centrale, décisive, Thierry ! Si on passe dessus en parlant d’autre chose (parce qu’il y a d’autres problèmes), ON PLANE, et on prend des décisions inapplicables et qui débouchent sur l’échec : l’illettrisme technologique DE FAIT que nous déplorons TOUS aujourd’hui.

Il ne suffit pas d’être ambitieux pour réussir, il faut se donner les moyens de ses ambitions, sinon on échoue, simplement.    Et c’est précisément ce qui se passe aujourd’hui.

q      Autre difficulté de taille : la formation des professeurs pour enseigner la programmation. Comment vont-ils être crédibles en n’ayant jamais programmé eux-mêmes ?

 

ð   L’enseignement informatique, en France, dysfonctionne complètement pour trois raisons graves : On ne prévoit pas assez d’heures pour enseigner correctement l’informatique.

ð   On ne fixe pas d’objectifs précis, aux professeurs et aux élèves, en rêvant qu’on peut commencer par la fin (activités, projets ou autres méthodes inductives), et en prétendant que les cours structurés ne sont pas utiles en informatique.

ð   On oublie les outils de base, dont l’apprentissage est pourtant important et difficile, au profit d’outils professionnels inaccessibles et finalement inutiles, dans les faits, au bureau, pour le commun des mortels non informaticiens.

 

 

*  22 mai 2003 : Réponses de Bernard Leconte et Marc Romano

 

*      22 mai 2003 :
Il est urgent de BLOQUER LA DÉRIVE de l'enseignement de l'informatique
vers le métier d'informaticien (STT IG)  qui ne correspond pas à un besoin général.
J’essaie d’abord de comprendre pourquoi le tableur disparaît progressivement de tous les programmes d’enseignement : Ceux qui décident en France du cap à tenir pour l’enseignement de l’informatique sont manifestement des informaticiens de métier. Habitués aux gros systèmes, toutes leurs solutions informatiques tournent autour des bases de données. Dans leur métier, il existe une réelle et tenace tradition de totale ignorance, et même de mépris des outils bureautiques.

Mais ce qui se comprend au niveau des grandes entreprises et pour le métier d’informaticien n’a plus aucun sens, aucune validité, pour les petites entreprises et l’employé lambda. Pour les petites structures, les plus nombreuses, comme pour leurs employés non informaticiens, le tableur est  le véritable  outil quotidien et universel  pour régler de façon souple et créative des problèmes de gestion simples et inédits.

q      Et nos élèves…   Qu’est-ce qu’on va leur demander ? S’ils deviennent informaticiens de métier (il y en a quelques uns), ils vont bien sûr avoir besoin d’analyse et de SGBD,  OK. Mais s’ils ne sont pas informaticiens de métier, ce qui est quand même le cas général, nos élèves n’auront AUCUN accès à la salle informatique centrale, ils vont travailler sur PC.  Et ils utiliseront quoi ?  Un tableur…

q      Quant aux BDD, tout au plus auront-ils à savoir récupérer des infos sur le gros système, en utilisant temporairement leur PC comme un terminal : nos élèves auront donc à formuler des requêtes  pour ensuite retraiter les réponses sur tableur. Mais  ils ne rédigeront jamais leurs requêtes en SQL !   SQL est le langage universel d’interrogation pour les informaticiens de métier,  pas du tout pour le commun des mortels !!!  Au contraire, tous les programmes modernes d’interrogation de BDD adoptent désormais une interface graphique, agréable, conviviale, du type de celle d’Access en mode Création, celui qu’on appelle "QBE".   Ce mode Création d’Access est beaucoup plus proche d’une interface universelle,  pour nos élèves,  que le SQL…   C’est cette technique-là, QBE et non pas SQL, qu’il faut donc enseigner (et évaluer) !

Quant aux MCD et autres compétences associées à la création de BDD,  je suis sûr qu’on se fourvoie gravement avec les STT non informaticiens : on n’aura jamais le temps de traiter correctement le sujet, on n’aura pas les profs-programmeurs, et surtout les élèves ne s’en serviront quasiment jamais en entreprise, si ce n’est pas leur métier ! Une seule de ces trois raisons devrait déjà conduire à renoncer à s’engager dans l’impasse.  Alors, les trois raisons à la fois…    Soyons raisonnables !

Si on s’engage dans cette voie, le résultat sera certainement une INCOMPÉTENCE de fait de la plupart des élèves sur un sujet de toutes façon INUTILE, dans la plupart des emplois.

J’ai vraiment beaucoup de mal à accepter d’enseigner ce qui ne servira à rien.  On a très peu d’heures de cours et on va les gaspiller.    Ce qu’on prépare aux élèves est un cauchemar d’abstraction imbuvable.

Si on n’enseigne pas l’usage du tableur en STT, et si au contraire on généralise l’analyse conceptuelle, la création de BDD et l’interrogation en SQL,  on fait tout à l’envers !

Voilà dix ans qu’on nous impose en BTS Compta et gestion l’analyse informatique et les bases de données comme une solution universelle et unique, comme un dogme qui ne se discute pas. Aujourd’hui, je dis : "ça se discute".  Je sens que la généralisation de cette erreur, cette fois à tous les STT, va faire perdre son temps à tout le monde !  C’est complètement déconnant !  Vous vous rendez compte que tous les profs d’eco-gest vont enseigner à tous les élèves de STT les trois formes normales, les modèles relationnels, les cardinalités, le SQL, l’algèbre relationnelle (projections, jointures, etc.), les algorithmes avec variables indicées, etc. ????   Et vous allez laisser faire ça  sans rien dire ?

Et à côté de ça, depuis des années et des années, on proscrit systématiquement l’enseignement des outils bureautiques élémentaires et universels de tous les référentiels, depuis la maternelle jusqu’à la Terminale !   Vous trouvez ça normal ? Vous ne tenez pas au tableur et au TDT ?   Nos élèves de STT vont vraiment se servir de SGBDR pour créer des applications en entreprise ?

Qui a raison ?          Les informaticiens de métier ? NON.

Il faut arrêter de prendre conseil auprès des seuls informaticiens de métier
 pour déterminer les programmes informatiques pour tous :
ils se trompent,  en prenant leur cas pour une généralité,
et en négligeant les objectifs et les contraintes d’un public STT non spécialisé.

 

q      Concrètement, je crois qu’il faut :

1 - Carrément supprimer le point 2. Système d’information et bases de données. Ou au moins le réduire à la simple compréhension des relations entre les tables et à la formulation de requêtes (en mode graphique), encore qu’il me semble qu’on pourrait faire tout ça plus sérieusement en Terminale : il n’y a pas d’urgence à traiter ces thèmes en Première.

2 - Le remplacer par la maîtrise réfléchie d’un tableur, d’un TDT et d’une PréAO  (les outils liés à l’Internet sont vus ailleurs et sont consensuels, tout le monde est d’accord sur eux), ce qui fait déjà un copieux programme pour les Premières qui, sciemment, n’ont jamais reçu d’enseignement sur ces points dans les classes précédentes, je le rappelle.

N’oubliez pas de demander une liste détaillée (à actualiser tous les ans) de compétences utiles à enseigner: pas une liste de fonctions, mais une liste de fonctionnalités.  Exemples : savoir sommer les cellules d’une plage, savoir calculer un pourcentage avec une formule recopiable, savoir déplacer une colonne sans écraser la colonne de destination, savoir contrôler une saisie dans une cellule, savoir régler un format conditionnel pour transformer une cellule en indicateur visuel de problème, savoir protéger les formules d’une feuille, savoir compter les cellules d’une plage qui correspondent à un critère, etc.

 

 

 

Ne vous étonnez pas qu’en arrivant en seconde, les enfants ne sachent RIEN faire sur un ordinateur : tout est prévu pour atteindre ce résultat. C’est simplement incroyable. Chaque fois qu’on pourrait imaginer d’enseigner tel ou tel outil, il est expressément spécifié que les outils (les logiciels) ne sont pas des objets d’enseignement en eux-mêmes. En France, en 2003, de la maternelle au baccalauréat, aucun cours structuré de bureautique (tableur, TDT, Préao) n’est prévu. AUCUN !

Le B2i qui n’est pas un référentiel mais un test ne visant que quelques élèves, est (pour l’instant) une supercherie qui ne masque à personne le niveau lamentable des enfants en fin de troisième.

q      Le programme « rénové » des STT qu’on nous propose (qu’on nous impose ?) est dans le droit fil de cette «stratégie» d’enseignement qui consiste à ne rien enseigner : tout est prévu pour que les enfants ne sachent quasiment rien faire au bac.

C’est du déni d’enseignement.   C’est la bidouille improvisée  instituée en système généralisé !  De mon point de vue, c’est une honte.

Pour apprendre les fonctionnalités vraiment utiles des logiciels (et pas les autres), les domaines d’application les plus courants de ces fonctionnalités, leurs performances, leurs limites, il faut une EXPLICATION PRÉALABLE (j’appelle ça un cours, bêtement) et des tas d’EXERCICES D’APPLICATION, concrets, répétitifs, variés, pour être bien sûr que tout le monde a bien compris. On apprend d’abord quelles sont les pièces de lego dont on dispose, on observe minutieusement des assemblages exemplaires créés par d’autres, et APRÈS, après seulement, bon sang !, on assemble soi-même les pièces de lego, avec talent, pour se rendre utile sur de nouveaux objectifs…    Après.     Non ?

Qui peut apprendre sans leçon ?   Qui peut apprendre sans exercices répétitifs ?   Qui a du talent sans être passé D’ABORD par cette phase d’apprentissage, un peu laborieux, mais structuré et solide pour construire la suite ?      QUI ?

Qui sont les mauvais farceurs qui prétendent qu’on peut apprendre tout seul à maîtriser un bijou comme Excel quand on a 17 ans et qu’on ne connaît rien aux problèmes de gestion qui peuvent se poser en entreprise et encore moins aux solutions qu’on peut créer avec un tableur ?

Qui osera, avec moi, tempêter contre ce détestable DÉNI D’ENSEIGNEMENT ? Je pleure sur cette erreur historique.  Et elle se répète.  Et elle s’étend...

Notre situation, au plan national, est calamiteuse : profs et élèves cro-magnonent quotidiennement, sans remord, sur leur TDT et leur tableur.  Nous ne progressons pas.  Excel est une calculette et Word un machine à écrire.  Pas même 10% de nos élèves, les meilleurs, en fin de BTS, ne sont finalement autonomes pour créer des solutions informatiques inédites, avec un poste de travail maîtrisé, après tant d’années à faire semblant de faire de l’informatique et à s’épuiser sur des tables et des relations dans des bases de données qui ne leur serviront quasiment jamais à RIEN puisque ce ne sera pas leur métier et qu’il n’ont pas eu le temps d’apprendre tout ce qu’il faut pour être autonomes.

 

 

*  16 mai 2003 :        "Rénovation"  des STT :  comme au BTS CGO, 
 ON SE TROMPE ENCORE  D'INFORMATIQUE !
1.         Les professeurs n’ont matériellement pas le temps nécessaire pour étudier correctement la rénovation proposée.

2.  Le nouveau référentiel insiste beaucoup trop sur l’analyse conceptuelle et sur des savoirs de spécialistes informatiques qui seront souvent inutiles à la plupart des élèves de STT.

Les nouveaux référentiels de Première STT  imposent expressément l’enseignement de :

En CGI (communication et gestion de l’information) :

n       La technologie des réseaux : modes synchrone, asynchrone, architectures, couches, interface, protocoles (IP, TCP, DHCP, FTP, DNS…), techniques d’adressage, concentrateur, commutateur, routeur, pilotes de cartes réseaux, services… (CGI-IG, p­. 4 et CGI-IC, p­. 5).

Ça laisse rêveur… Tout ce jargon lié au matériel est le pain quotidien des techniciens informatiques… OK, mais toutes les Premières STT vont avoir à savoir ça ?  Est-ce qu’on se rend compte ? Pour quoi faire ? On a le temps ? On n’a que ça à faire ? C’est ça qui compte ? Les couches du réseau, DHCP, DNS ?... Je ne suis pas d’accord du tout, pas du tout, pas du tout.

En GSI (gestion des systèmes d’information, en 30 h) :

n       Mise en évidence des trois premières  "formes normales" (GSI-IG, p­. 6 et GSI-IC, p­. 4)
On nous fait grâce des autres, merci.   Ces étapes de l’analyse, exagérément abstraites et théoriques, ne s’imposent pas du tout, et auront des effets calamiteux en Première STT.

n       Les opérateurs relationnels : sélection, projection, jointure, regroupement, en guise de langage de requête (GSI-IG, p­. 3 et GSI-IC, p­. 2).
On va enseigner ça à tout le monde ?... Mais qu’est-ce que c’est que cette dérive ? Ces opérateurs algébriques ne serviront jamais à personne, dans aucun logiciel courant : tout le monde devra finalement réapprendre un autre langage pour consulter une vraie BDD… On perd son temps !

n       Puis, examen du SQL "limité" à SELECT, FROM, WHERE, ORDER BY, GROUP BY, HAVINGOn abordera des fonctions "usuelles" d’agrégats et de traitement des chaînes de caractères, des nombres et des dates (GSI-IG, p­. 6 et GSI-IC, p­. 4).
Les mots "limité"  et "usuelles" en disent long sur le métier de celui qui parle : il faut lui rappeler que son métier n’est pas le seul au monde… Il faut oser dire qu’il n’est pas utile de généraliser l’enseignement du SQL, ni en Première, ni en BTS.  Le mode Création d’Access suffit largement à comprendre les contraintes de l’interrogation des bases de données.

n       L’écriture algorithmique : variable indicées, structures alternatives (conditions), structures répétitives (boucles).
Des programmeurs, on veut en faire des programmeurs… Mais vous savez le temps qu’il faut pour apprendre à programmer ?  Bien sûr, pour écrire des macros sous Excel, ça sera bien utile d’avoir fait de l’algo.  Mais en Première,  et en aussi peu de temps…  Est-ce raisonnable ?

3.  Le nouveau référentiel passe totalement sous silence les compétences à enseigner sur le tableur qui est pourtant devenu, à l’évidence, l’outil universel le plus important, à maîtriser par tout le monde.

Dans ce référentiel "rénové", on ne trouve pas un mot sur ce qui doit être enseigné avec un tableur et un traitement de texte !  Le tableur y est réduit à un calculateur de coûts (CGI-IG, p­. 6)… ð   Rien sur l’analyse préalable (au brouillon) à la création d’une feuille de calcul.

ð      Rien sur l’assistance à la saisie, ni sur le contrôle de la saisie, ð        Rien sur la protection des formules, ni sur le contrôle du fonctionnement, ð                     Rien sur les dénombrements synthétiques (tableaux croisés, filtres et sommes conditionnelles) qui font le bonheur des décideurs qui les ont enfin découverts (après l’école, dans le monde réel).

ð      Rien sur l’organisation des données, avec un classeur séparé pour les infos centrales utilisées par tous les autres classeurs. Ici, la connaissance des règles essentielles sur les relations entre les tables serait effectivement utile pour bien organiser les classeurs entre eux.

ð      Rien sur les formats conditionnels comme outil d’aide à la décision (des cellules qui deviennent rouges toutes seules, dans une colonne, quand une échéance est dépassée ou quand un seuil est atteint, par exemple)… ð               Etc.

RIEN. Pas un mot… C’est dingue… Il faut expliquer haut et fort que :

·        le tableur n’est pas qu’un simple calculateur, ·   mais qu’il est devenu un outil d’aide à la décision, ·                       un indicateur de problèmes ou de décision à prendre, ·             un outil universel qui permet à tous de créer des solutions informatiques pour des problèmes de gestion courants… ·       Mais que toutes ces vertus ne se découvrent pas spontanément : il faut les avoir apprises de quelqu’un.

Soulignons que ces aptitudes-là débouchent toutes sur des exercices concrets et enthousiasmants pour les élèves, spectaculairement utiles et directement transposables en entreprise. Il me semble que ça correspond mieux, à la fois aux besoins et aux capacités des Premières STT que l’analyse conceptuelle approfondie.

Analyste–programmeur est un métier, un vrai métier, un métier parmi les autres : il n’est pas utile que toute la population française sache analyser, programmer et créer des bases de données : c’est trop compliqué.  Nous avons bien d’autres choses à enseigner, plus importantes, vraiment universelles.

On va trop loin, dans nos nouveaux référentiels, sur les outils d’analyse conceptuelle. Beaucoup trop loin.  Qui va avoir le courage de dire ça à notre "grand commandeur"  (s’il existe) ? Pour nos élèves, on se trompe d’informatique :

-  Personne n’a vraiment besoin de l’analyse conceptuelle, ni d’Access,  et pourtant, on va enseigner ça en détail à tout le monde…

-  Par contre, tout le monde devrait savoir utiliser astucieusement un tableur,  et pourtant personne ne l’enseigne en tant que tel.

On voit bien que c’est décidé, là haut : on ne publiera pas la liste des fonctionnalités actuellement utiles avec un tableur. C’est le brouillard complet, l’anarchie. Chacun se détermine dans son coin, avec son expérience, ses convictions personnelles, sa conscience, ses intuitions. Il y a des centaines de pilotes dans l’avion…   On marche sur la tête.

Au final, personne ne saura créer une BDD (pas le temps), et personne n’utilisera Excel comme il faut.  Tout faux… Est-ce qu’on est obligé d’accepter cette dérive malfaisante sans rien dire?

q      La situation de l'enseignement de l'informatique en France (de la bureautique, plus précisément) m'inspire de plus en plus souvent une impression de DÉMISSION de l'institution chargée de la formation et de l'évaluation.

Pour résumer, on prétend d'abord en haut lieu que "les élèves sont capables d'apprendre tout seuls le plus gros des connaissances utiles sur PC"   (il ne faut donc pas dispenser de cours spécifiques sur PC), et on s'interdit ensuite d'être exigeants à l'examen de façon à bien masquer le niveau calamiteux que l'absence d'enseignement organisé n'a pas manqué de créer. Finalement, on rase gratis...  Les élèves n'auront pas beaucoup d'heures de cours d'info, mais on ne sera pas exigeants à l'examen... Les ambitions pharaoniques des programmes d'info (7 logiciels en BTS AG !) ne sont qu'un vœu pieux ou une façade pour en mettre plein la vue aux acteurs économiques extérieurs, mais sont impossibles à enseigner correctement sans heures dédiées, sans profs spécialistes du sujet, et ne sont, de toutes façons, pas évaluées, en réalité, lors des épreuves qui sont trop courtes et dotées d'un barème de plus en plus laxiste et vague...

Tout va donc bien se passer, puisqu'on se contente de pas grand-chose en fin de "formation".  Tout le monde (décideurs, inspecteurs, professeurs, étudiants...) aura ainsi bonne conscience : "vous voyez bien qu'il n'est pas si mauvais, le niveau de cet examen"...

Ce laxisme lors de l'évaluation sert surtout à rassurer les professeurs qui vont devoir enseigner des techniques qu'ils maîtrisent forcément mal (qui, parmi vous, sait tout faire bien ?).  En effet, les profs ont peur, et on les comprend : on refuse de les laisser se spécialiser en info, on leur refuse les heures dédiées à l'info et on leur demande quand même d'enseigner et d'évaluer l'info, dont le corpus de connaissances est très riche et très changeant ! Sans compter qu'on va "évaluer" leurs élèves au cours d'épreuves-loterie où il faut évaluer une aptitude complexe en à peine 20 ou 30 minutes, avec une grille imprécise et / ou hors sujet...  Ces perspectives sont effectivement inquiétantes, et le laxisme à l'examen (0 = 5) peut être vécu comme un pis-aller, un moindre mal, une protection contre l'arbitraire...

Je nous trouve de moins en moins professionnels, de moins en moins crédibles.

Si avec ça, on ne fait pas tailler des croupières par des vrais professionnels (privés ?) de l'enseignement bureautique, on a de la chance...

ð     Il faudrait se donner les MOYENS de ses ambitions : Des PROFESSEURS SPÉCIALISTES EN INFO, sans dispenser, bien sûr, les autres profs d'un minimum de connaissances informatiques.

ð    Des HEURES DÉDIÉES À L'INFO, et EN NOMBRE suffisant pour répéter, pour transposer réellement, et pour contrôler des méthodes autant que des savoirs.

ð    Une EXIGENCE D'INTELLIGENCE À L'EXAMEN : il nous faut, à mon sens, des candidats capables d'imaginer "en direct" une solution informatique cohérente à un problème de gestion simple et réel.

ð    Une BANQUE DE SUJETS D'ORAL : nous devrions tomber tous d'accord sur de nombreux sujets d'oral, "simples et réels", débattus entre collègues, (avec des professionnels qui nous aideraient à cibler leurs besoins réels les plus fréquents), à la fois "faisables" dans les temps impartis et suffisamment riches pour être discriminants.

ð    UNE BONNE LISTE D'OUTILS IMPORTANTS À CONNAÎTRE, REMISE À JOUR TOUS LES ANS POUR TOUT LE PAYS,  permettrait à tous les acteurs, profs, élèves et examinateurs, de savoir exactement où ils vont, ce qu'ils doivent maîtriser AU MINIMUM, chacun étant libre d'en faire plus s'il le peut et s'il le veut.

ð    Il nous faut aussi impérativement UNE GRILLE NATIONALE, TRÈS PRÉCISE ET QUI RESPECTE LE SUJET (qui ne dévie pas inutilement sur la communication, par exemple) pour assurer au candidats une équité minimum.

ð    Il nous faut enfin des ÉPREUVES LONGUES : DEUX HEURES SUR MACHINE sont indispensables pour faire un tour réel, honnête, probant, de la compétence forcément complexe d'un candidat qui est censé avoir beaucoup travaillé. Sans ça, on joue aux devinettes, on est approximatif, on n'est pas "pro" du tout...   En AG-PME on évalue 7 logiciels en moins de 30 minutes. C'est une pantalonnade !

 

Savez-vous qui a le pouvoir de créer une discipline "Bureautique", avec des heures dédiées, dans toutes les sections tertiaires,  et d'autoriser quelques profs d'éco-gestion (volontaires) à se spécialiser pour bien l'enseigner et l'évaluer ? C'est le ministre ?   Vous savez comment parler à un ministre, vous ?

 

 

*  28 mai 2002 :    Réflexion générale, à partir de l’épreuve d’ABI des BTS AG-PME. 
Il nous faut un programme précis, 
des heures de cours nombreuses 
et  des sujets libres

Aujourd'hui, notre situation lamentable peut se résumer ainsi : Un programme vague et pourtant ambitieux,
à traiter en une heure par semaine,
avec des sujets d'examens idiots et bloqués
harmonisés sur à une grille calamiteuse
qui valident souvent une prestation de chien savant
incapable de régler seul un problème réel.

 

C'est tout le contraire qu'il nous faut :

Un programme PRÉCIS
(avec une GRILLE d'évaluation chiffrée intelligente)
et des HEURES de cours en volume suffisant
pour atteindre chez TOUS les candidats une aptitude à
RÉGLER DES PROBLÈMES simples de façon autonome :
aide disponible pendant l'examen et SUJETS LIBRES !

 

Il faut inverser notre logique : arrêter de se cantonner aux outils simples en apprenant par coeur à régler un et un seul problème compliqué. Il faudrait plutôt bien connaître tous les outils performants, pour être capable d'imaginer seul une solution nouvelle à un problème SIMPLE découvert le jour de l'examen.

 

q      Je voudrais insister sur une peur que je sens souvent chez certains amis profs et que je trouve tout à fait exagérée, et même paralysante : la peur de voir transformer l'enseignement de l'informatique en un catalogue insipide de compétence hétéroclites et tellement mal digérées et transposées qu'elles en deviennent totalement inapplicables donc inutiles...   Cette peur vient sans doute de la façon dont, en effet, l'informatique a été enseignée au début, admettons...

Mais ce n'est pas parce que ça a été mal fait naguère que ça sera toujours mal fait, inexorablement : je sais, je suis convaincu, je me bats pour qu'on reconnaisse qu'il nous faut un catalogue de compétences à maîtriser, un programme à apprendre, une liste claire, palpable, travaillable.

(Presque) tous nos inspecteurs nous refusent depuis des années cette liste de compétences minimum sur ordinateur.  Je souffre le martyre de cette frustration fondamentale : je crois que c'est une erreur qui nous paralyse et plonge l'ensemble de notre évaluation dans une profonde injustice. Faute de programme précis  et de grille d'évaluation précise,  notre évaluation des épreuves informatique est une véritable loterie !  Nous essayons tous, nous autres profs, de compenser cette terrible lacune congénitale, (programmée, voulue), en discutant, en "harmonisant"... Mais c'est trop tard !!! Il nous aurait fallu un guide précis  dès le début de la formation, c'est évident ! Quelle est la matière qui peut s'offrir le luxe de ne pas prévoir précisément à l'avance les savoirs détaillés à maîtriser et à évaluer ???    Qu'est-ce que c'est que ce sort de pestiférés qu'on réserve aux profs d'info comme s'ils n'étaient capables que d'enseigner sottement ?

On m'a dit "les compétences nécessaires évoluent trop vite, il est illusoire d'essayer de les délimiter, un programme sera obsolète en 3 ans".   Ce n’est pas vrai car il y a aujourd'hui un fond stable de connaissances universellement utiles  sur tableur, TDT et BDD.

 Mais même si c'est le cas, si les compétences utiles changent vite, il est tout à fait exagéré de renoncer carrément à tout programme précis !!!    Soyons malins : inventons un programme en deux parties :

    une partie qui est stable et qui est fixée par les textes pour longtemps, •     et une autre partie qui est variable et publiée chaque année en septembre pour les prochains examens

q      On ne peut pas réduire son enseignement à la pratique de l'aide et de l'auto apprentissage... Si je faisais ça, moi prof, j'aurais l'impression de démissionner, de confier mon boulot à des CD ou à des bouquins... Je n'arrive pas à m'y résoudre.  Je peux faire gagner beaucoup de temps aux élèves grâce à mon cours... Je peux leur faire GAGNER DU TEMPS.

Je voudrais stigmatiser la pantalonnade que sont devenues les épreuves d'ABI en BTS AG : Figurez-vous qu'on s'y interdit depuis des années de sortir du strict dossier de l'élève : on doit seulement, et sans aucune exception, demander au candidat de reproduire un des travaux présentés, et surtout rien d'autre !!!

Rigoureusement aucune place à l'inventivité,  à la créativité,  à la résolution de problème,  à l'autonomie !!!

Des petits chiens savants, complètement étriqués sur leur dossier et peureux d'en sortir...

Mais qu'est-ce que c'est que cette peur panique de l'interrogation libre ? C'est anormal. Dans toutes les autres matières, le jury invente sa question, intelligente elle-même et de nature à montrer l'intelligence de l'élève. Et on fait confiance au jury pour donner au candidat le plus de chances possibles pour montrer son talent.

Rien de tel en informatique !   Il y est interdit de penser !   Proposez une bibliothèque d'une vingtaine de sujets ouverts (et très simples !), bien cadrée par des profs qui se connaissent et qui en ont longuement parlé, liste dans laquelle chaque jury pourrait piocher librement un sujet en laissant au candidat une grande latitude pour proposer une solution intelligente (avec un choix réel du logiciel et de la structure de sa solution), liste connue à l'avance par les candidats qui pourraient la plancher à l'avance, chacun à sa manière, avec INTELLIGENCE, on va vous vouer aux gémonies !... On va vous détester et vous traiter de révolutionnaire... de maximaliste, de provocateur...

Et bien je prétends que cette situation déplorable vient directement du fait qu'on n'a pas de programme précis!

C'est terrifiant, pour un prof, de ne pas avoir de programme précis, est-ce qu'on se rend compte de ça ?!

Terrifiant parce qu'il va bien falloir évaluer, à la fin des fins...  et comment est-ce qu'on va évaluer mes élèves si la règle n'est pas parfaitement précise ???

Ça rend peureux, une situation pareille, on a envie de se protéger, je les comprends un peu, ces profs qui se recroquevillent sur les dossiers comme le dernier rempart contre l'injustice !!!

Mais est-ce qu'on ne marche pas sur la tête, cette fois, quand même ? Il faut revenir à la raison et à des valeurs universelles : un examen se prépare sur un programme précis,  informatique ou pas. 

q      Je milite pour la création d'une matière Bureautique approfondie, à égalité de moyens horaires, de programme précis et d'examen sérieux avec l'économie, la comptabilité, le français, les maths...

Pour l'instant, on nous oblige à traiter un sujet essentiel  avec des bouts de ficelle, des heures grappillées à gauche à droite, en ICO, en ÉAC, en OAC..., clandestinement quand c'est le mercredi pendant les actions sur le terrain, dans le désordre dû aux multiples intervenants qui ont "du mal" à se coordonner (qui a traité quoi, quand, et comment, est-ce qu'on n'a rien oublié, est-ce qu'on n'a pas traité 4 fois le même point facile ?... etc.)...

Que diriez-vous si le français était enseigné comme ça ? Imaginez qu’il n’y ait pas de cours de français à proprement parler, ou juste une heure "pour dire...", mais tous les profs de n'importe quelle matière qui, bien sûr, ont besoin du français à tout propos, et qui enseigneraient le français chacun pour soi ???  "C'est le boxon !" me diriez-vous !  Et bien, c'est précisément le sort qui nous est réservé en bureautique...   Pourquoi ?

q      C'est probablement bien pensé, voulu comme ça pour de bonnes raisons... Sans doute cette matière Bureautique ne permet-elle pas à un jeune "débutant en tout"  de trouver sa place dans l'entreprise, elle n'aide pas l'élève à rendre service et à montrer son utilité dans l'entreprise et à s'intégrer, elle n'est pas assez technique et complexe pour justifier un enseignement spécialisé, et surtout les profs sont trop bêtes pour l'enseigner intelligemment : ils vont tous faire "du presse-bouton à la noix" et nos enfants vont devenir des ânes... c'est sûr !

Non, vraiment, je ne comprends pas de quoi les décideurs ont peur quand ils nous privent ainsi d'une matière (avec ses heures réservées !) tellement stratégique !

Nos élèves, pour simplifier un peu, ne sont pas les plus forts en français et en maths, on va dire ça pudiquement, ils débutent complètement en éco, en droit, en vente, en compta, en organisation administrative, et ils débarquent en entreprise au milieu de spécialistes qui ne les ont pas attendus pour faire de la compta, pour vendre ou pour tenir un bureau...
Quand nos étudiants arrivent en entreprise, ils ont du mal à se rendre vraiment utile. Or justement, il est un domaine où les entreprises ont des besoins immenses car les anciens n'y excellent pas, un domaine où les progrès sont rapides et spectaculaires si on s'en donne les moyens, un domaine où chaque élève a de réelles chances de parvenir vite à l'excellence, rien que ça !!!, un domaine qui va rendre le jeune recruté utile, rapidement indispensable, ce qui va bien sûr l'aider à s'intégrer dans le groupe de travail...  Et comment est-ce qu'on enseigne cette précieuse matière-levier-d'intégration ???    Comme vous le savez, et ça me désespère !...

Bien sûr qu'Access est un outil formidable ! Mais quel crève-coeur de bâcler cet apprentissage faute de temps !

q       *  Avril 2002 : Faut-il enseigner Access ?  (en BTS Assistant de gestion et ailleurs) Il me semble que le nombre d’heures de cours (une ou deux par semaine !) et le nombre de logiciels à traiter (TDT, tableur grapheur, SGBD, compta, gestion commerciale, paie, enquête…) nous interdisent absolument d’envisager la création d’application sous Access : si on commence ce chantier, on devra s’arrêter au milieu de la rivière, faute de temps, et l’étudiant aura l’impression d’être capable alors qu’il ne le sera pas : il ne suffit pas d’avoir suivi et compris 3 ou 4 modes opératoires de création d’application pour être autonome, loin s’en faut !

Et finalement, la PME ne pourra pas compter sur l’étudiant et devra confier la programmation de ses applications à un vrai programmeur. Notre assistant de gestion se sera épuisé en dizaines d’heures sans être capable au final d’aider l’entreprise comme il faut. Je crois qu’avec Access, nous sommes « hors sujet » : avec le temps qu’on consacre en classe à l’informatique,  l’assistant de gestion n’a pas à programmer d’applications.

Bien sûr, l’étudiant passionné, lui, y arrivera et il ne faut surtout pas lui interdire, il faudra même le valoriser de façon très spectaculaire : cet élève-là est particulièrement méritant et sera très utile en PME.

Mais l’exception méritante ne doit surtout pas devenir la norme ! On ne peut pas demander à tous les étudiants d’atteindre cet objectif, même si cet objectif paraît très intéressant pour les PME : nous n’avons tout simplement pas les moyens de l’atteindre.

Et le temps, le temps précieux, que nous passons de plus en plus sur Access (en pure perte, je crois, puisque ce qui est fait à moitié n’est pas fait), je pense que nous devrions le consacrer à l’approfondissement d’Excel, beaucoup plus polyvalent et universel, sur lequel les étudiants ont déjà des bases assez solides  et qui permet de mener à bien de nombreuses tâches de gestion de base de données (non relationnelle).

POSSIBILITÉS OFFERTES PAR EXCEL POUR GÉRER DES FICHIERS SIMPLES : Pour tous les travaux quotidiens sur un fichier unique  (base de données simple), Excel suffit souvent pour effectuer de nombreuses tâches sur un poste personnel : pour tenir un fichier clients, produits, fournisseurs, livres, médicaments, ordonnances, revues, stages, etc. dans une TPE :

ð   Structure de la table, aide à la saisie  et  contrôles de validité, Un formulaire simple pour la saisie : la grille, Un formulaire pour la consultation : la grille encore, Pour des formulaires riches et très personnalisés : alimentation de la table BDD via des classeurs-formulaires, Recherche grâce au TRI et à la commande Rechercher, Mise en ordre, extraction et regroupements par les tris, filtres et les tableaux croisés,

ð   Utilisation des fichiers avec Word : le publipostage est encore plus utile que vous ne le pensiez ! L'outil Publipostage, en effet, ne doit pas être réduit exclusivement à l'envoi en nombre : on peut très facilement se servir du publipostage pour imprimer une table en fiches individuelles : une fiche par ligne, avec ou sans condition…

 

Conclusion : Je pense que notre système éducatif est comme drogué  à l’informatique "gros système", en profondeur et depuis longtemps : plus de 10 ans ! On a progressivement rendu notre système allergique à la bureautique en général et aux modes opératoires et listes d’aptitudes  en particulier.

On ne se désintoxiquera donc pas en 15 jours : il va falloir expliquer comment nous en sommes arrivés là, convaincre que nous sommes mal guidés, rebâtir un espoir sur des techniques méprisées à tort depuis tant d’années…

Je sais que je me trompe peut-être,  bien sûr,  mais j’attends qu’on me le démontre.

C'est un combat important, mais où un homme seul ne peut pas grand-chose.
J'ai besoin de votre aide pour faire émerger la raison
(si j’ai raison…).

Pour que TOUS les professeurs puissent participer à ce débat essentiel, même après que la réforme ait été adoptée, il est nécessaire que les professeurs connectés qui sont d'accord avec moi (vous en ce moment, par exemple) m’aident à faire connaître ces prises de position, par l'Internet,  mais aussi au-delà de l'Internet : Emails,  photocopies,  affichage en salle des profs,  etc.

C''est pourquoi j'ai regroupé les principaux messages sur ce sujet en un fichier unique facilement téléchargeable d'un coup, avec une mise en page qui facilite l'impression papier, correctement paginée :

Téléchargez une archive zip de tous ces textes, et des principales réactions sur notre liste EcoGest,  au format Word (805 Ko, mis à jour le 29 août 2003).

La présente page de synthèse est également téléchargeable au format Word.

Par ailleurs, avec deux amis, Marc Romano et Bernard Leconte, nous avons conçu et mis en ligne
un SONDAGE EN LIGNE sur l'enseignement de l'informatique dans la filière STT ,
qui vous permettra, si vous avez un avis, de le donner précisément :

C’est important : votez pour,  votez contre,  mais votez !

Cliquez ici pour accéder à la page du sondage.

J'espère que nous serons nombreux à nous rassembler et converger
vers une conception plus réaliste de l'enseignement de l'informatique en France.

Merci de votre aide.

Étienne.

 

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Il faudra cependant, dans certains cas peut-être, télécharger les polices de caractères que j'utilise d'habitude : voyez dans la partie Word le chapitre des conseils de réglages essentiels...
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