18 juin 2003      APPEL À LA RÉSISTANCE : ne laissons pas CONFISQUER et DÉTOURNER
les heures d’informatiques  par les informaticiens de métier.
Il y a deux chemins importants qui se suivent sans se confondre :
Bureautique approfondie,  puis Informatique de gestion.

 

Résumé : on va changer mon métier, sans me consulter,  sans que je puisse me défendre.        

Je rendais service aux élèves, leurs yeux pétillaient, c’est bientôt fini.  Ce qui nous attend en STT en informatique est détestable,  je le vis depuis deux ans en P10 (info du BTS CGO) : de nombreux enseignements inutiles et difficiles, et de bons élèves, sérieux et travailleurs, qui décrochent, dégoûtés de cette "informatique" qui ne leur sert à rien. Je vais utiliser une nouvelle image : il y a deux chemins du savoir informatique :

 

1 - Le premier chemin de l’apprentissage informatique est celui des logiciels universels, utilisés par tout le monde. Ce chemin n’est pas très difficile, il est peu pentu, mais il est long car il y a beaucoup de choses (simples) à apprendre. Un professeur, avec un cours organisé et intelligent, fait gagner beaucoup de temps aux élèves, et leur donne de bonnes méthodes et de la rigueur, sur ce chemin comme sur tous les autres : il faudra apprendre l’analyse des problèmes quotidiens simples, le choix du bon outil, et l’importance des contrôles et des protections, à travers l’usage des logiciels généralistes, ainsi que la gestion de son poste individuel et l’utilisation des ressources partagées.

Ce premier chemin est aujourd’hui à l’abandon : personne ne le suit comme il faut.

La "rénovation" des STT prévoit opportunément d’enseigner enfin la gestion du poste individuel et l’utilisation des réseaux, mais c’est tout,  et  c’est beaucoup trop peu.

 

2 - Le deuxième chemin de l’apprentissage informatique est celui des outils de spécialistes, les informaticiens de métier, qui se consacrent entièrement à l’analyse, à la programmation et aux réseaux, pour les moyennes et grandes entreprises dotées d’un service informatique central et d’un « gros système ». Ce chemin est difficile, plus pentu : la technicité des outils y est grande, le besoin d’abstraction et de méthode y est très important. Ce chemin difficile demande un gros investissement personnel et beaucoup de temps. Il est inaccessible, et surtout inutile, au plus grand nombre.     
C’est un chemin de spécialiste,  aussi bien pour les élèves que pour les professeurs.

Ce chemin-là est bien entretenu, et ceux qui le suivent apprennent bien leur métier d’informaticien.

 

3 - Ces deux chemins se suivent sans se confondre. Les deux sont importants. Ils sont complémentaires dans l’entreprise, mais ils sont très différents. Le pays a besoin non pas d’une mais de deux disciplines, dont les objectifs, le public, les outils et les méthodes n’ont vraiment rien à voir : la Bureautique approfondie  et  l’Informatique de gestion.

La première doit être enseignée tôt et à tout le monde, la deuxième doit être enseignée plus tard et seulement aux spécialistes.

 

4 - Certains prétendent aujourd’hui que seul le deuxième chemin mérite un apprentissage formalisé et que tous les élèves doivent commencer à suivre ce chemin de spécialiste dès la classe de Première.   C’est un mauvais conseil, une grave erreur d’aiguillage.

Ceux qui prétendent cela ne connaissent pas bien eux-mêmes les logiciels universels, ils ne les ont jamais enseignés, ils ne connaissent pas bien les performances qu’on peut en attendre, ils ont une vision déformée des besoins informatiques des employés non spécialistes, ils font comme si la bureautique était enseignée au collège, et comme si cela suffisait, une fois pour toutes.

Ils se font une idée fausse de l’ampleur de la tâche pour maîtriser correctement les logiciels généralistes.  Cette idée fausse vient sans doute de la relative simplicité des outils pris séparément, mais elle néglige le fait que ces d’outils sont très nombreux et que leur maîtrise demande donc mécaniquement beaucoup de temps.  Cette idée fausse néglige aussi l’importance de la rigueur et de la méthode dans l’utilisation des outils simples : rigueur et méthode qui ne sont ni faciles, ni intuitives, et qui demandent du temps.

Ils sous-estiment ensuite l’immense difficulté du deuxième chemin si on l’impose à tous les élèves en peu d’heures de cours : difficulté pour les élèves,  extrême difficulté pour les professeurs.

Ils font enfin peu de cas de l’inutilité de tous ces efforts sur le deuxième chemin pour des élèves non spécialistes,  aussi bien que pour les professeurs non spécialisés sur l’IG.

Aucun de leurs arguments ne résiste à l’analyse : je le montre ici point par point.

 

5 - Il faut donc réhabiliter le premier chemin, le seul qui mérite un apprentissage généralisé, et créer dans chaque groupe d’experts travaillant sur une réforme,  un sous-groupe supplémentaire, appelé Bureautique,  et composé de personnes qui ne soient surtout pas des informaticiens de métier, mais bien des bureauticiens.

 

6 – Il faut aussi retirer des programmes de Première STT  toute référence aux outils difficiles et inutiles des spécialistes,  pour utiliser le peu d’heures disponibles  exclusivement à l’apprentissage intelligent des outils universels,  accessibles et utiles à tous.

 

De toutes façons, la messe est dite. La consultation n’est qu’une parodie : rien ne changera vraiment dans le texte de la "rénovation".   L’erreur d’aiguillage est programmée, arbitrairement.  Il ne reste que quelques mots, bien fragiles, pour crier son dépit.

 

18 juin 2003.

Chers amis, bonjour.

Le sort que l’on réserve aux élèves de STT  (et bientôt aux autres !)  me hante et me révolte.  Je dors mal.  Je vais essayer de mieux articuler mes arguments.

J’ai trouvé une nouvelle image pour montrer la réalité qui est aujourd’hui niée : les connaissances informatiques à maîtriser, et donc à enseigner, en 2003, peuvent être comparées à deux chemins qui se suivent sans se confondre :

1 – Il faut d’abord enseigner les connaissances généralistes, liées au poste de travail individuel et aux logiciels universels, c’est-à-dire utilisés par tout le monde, y compris ceux de l’Internet.

C’est un premier chemin, à suivre par tous les élèves, dès le plus jeune âge car ce chemin est long.

Il n’est pas simple de suivre ce chemin intelligemment. C’est un métier difficile que d’enseigner la Bureautique  comme il faut, en liaison étroite et concrète avec le réel, car la Bureautique doit toujours rester, comme les autres disciplines, un outil au service des hommes et pas un objet d’étude en soi : il faut donc utiliser, et chaque fois que possible créer, des cas intelligents : réels, simples mais professionnels, transposables, intégrant toujours cette part d’analyse préalable et de contrôles sans lesquels l’outil est souvent mal utilisé.

Sans une certaine spécialisation, les professeurs d’éco-gestion, hyper polyvalents, sentent bien qu’ils ne maîtrisent pas les logiciels, qu’ils les survolent, qu’ils n’utilisent pas vraiment les outils comme il faut (il y en a trop), pas de façon exigeante et professionnelle.

Le corpus de connaissances à maîtriser en Bureautique est en effet considérable, on le voit à la littérature technique disponible : des milliers d’ouvrages pratiques, souvent épais, sur texteurs, tableurs, PréAO !  Le marché est énorme,  la demande de formation est très forte.  Et nous, dans l’Éducation Nationale, nous n’organisons dans ce domaine aucun enseignement structuré et efficace. C’est une erreur de prétendre que ce domaine est marginal et peu important. C’est une erreur de prétendre que les savoirs bureautiques seraient éphémères et fluctuants, donc vains.  C’est de l’aveuglement de ne pas ressentir le besoin en formation bureautique de la société civile. 

Aucun professeur ne peut dominer tous ces savoirs bureautiques sans se spécialiser un peu, au moins pendant quelque temps.

Une liste de fonctionnalités à maîtriser, une liste stable et consensuelle, indépendante des éditeurs et des versions, cette liste est aujourd’hui possible et elle est ardemment souhaitable.

Ce premier chemin n’est aujourd’hui correctement suivi par personne :

1.       La discipline « Bureautique approfondie » n’a pas été créée,

2.       Les professeurs en Bureautique n’ont pas droit de cité,

3.       Les heures de cours Bureautique ne sont pas attribuées,

4.       Les référentiels détaillés en Bureautique sont expressément rejetés comme nuisibles,

5.       Les groupes d’experts ne comportent pas de sous-groupe Bureautique.

Tout est donc bien verrouillé pour que cette partie de l’enseignement informatique ne puisse pas exister.

Paradoxalement, quelques épreuves sur machine sont pourtant prévues et tournent toutes à la pantalonnade, faute d’enseignement préalable efficace : un cochon coiffé d’un chapeau peut décrocher la moyenne.

q      Aucune véritable autonomie n’est attendue des candidats,

q      Aucun appel à l’intelligence créatrice n’est possible,

q      Une grande partie des items évalués repose sur d’inutiles dossiers forcément bidonnés,

q      De nombreux items portent sur de la communication hors sujet,

q      Aucune grille précise des exigences et aucun barème détaillé ne sont formalisés,

q      Au mieux une ou deux ligne de ces "grilles d’évaluation" touchent vraiment à la compétence sur machine…

Les épreuves pratiques sur machine font sourire les professionnels (qui n’aiment pas pleurer). Où est l’exigence ? Où est la rigueur ? Où est l’autonomie ? Où est la performance ? Malgré les efforts de leurs professeurs au milieu de tous ces obstacles, la plupart des candidats qui sortent d’une épreuve sur machine en France ne sont simplement pas bien formés, pas opérationnels, pas autonomes.  Ils balbutient, et il faudra que la formation continue, peut-être, les forme enfin vraiment, plus tard.  Quelle honte pour nous.

 

2 – Il faut ensuite enseigner les connaissances des spécialistes, liées à l’analyse conceptuelle, aux bases de données, à la programmation, et aux réseaux, utilisées exclusivement par ceux qui vouent leur vie à l’informatique pour en faire leur métier.

C’est un deuxième chemin,  à suivre APRÈS le premier,  et surtout pas avant,  et que tout le monde ne peut pas suivre, ne doit pas suivre.

C’est aussi un métier difficile que d’enseigner intelligemment toutes ces connaissances-là.

Bizarrement, cet enseignement-là est, lui, reconnu : ce chemin-là est bien tracé :

1.       La discipline Informatique de gestion existe (STT IG),

2.       Les professeurs d’informatique ont droit de cité,

3.       Les heures de cours sont bien repérées et organisées,

4.       Les programmes et objectifs sont bien définis,

5.       Les groupes d’experts comportent un sous-groupe Informatique,

6.       De véritables examens sanctionnent efficacement de véritables compétences correctement enseignées,

7.       Une filière supérieure (BTS IG) permet de former des experts.

Quels sont les arguments qui justifient une telle différence de traitement ?

Les connaissances d’une petite élite sont soigneusement mises en valeur, enseignées et évaluées, tandis que les connaissances universelles utiles à tous sont méprisées, avilies, écartées, bâclées.

Qui a décidé ça ?  Qui fait perdurer cette injustice ?  Qui y a intérêt ?

 

3 – Les deux chemins se suivent sans se confondre.

Le premier chemin est long, très long, mais relativement facile, accessible en tout cas et utile au plus grand nombre, avec l’aide de professeurs compétents, organisés et eux-mêmes guidés par des référentiels détaillés, et à qui l’on donnerait suffisamment d’heures de cours pour expliquer, illustrer, répéter, exercer, contrôler, transposer… La longueur de ce chemin devrait nous conduire à commencer tôt à le suivre, au lieu de remettre au dernier moment, à la fin des études, la découverte de ces savoirs basiques.

Tout le monde devrait avoir suivi d’abord ce premier chemin : même les informaticiens de métier, qui devront suivre le deuxième chemin, devraient avoir un solide socle de compétences et de méthodes bureautiques.

Le deuxième chemin est difficile. Seuls quelques élèves, motivés et spécialisés, peuvent le suivre, eux aussi guidés par des professeurs, bien sûr.

Les deux chemins se suivent sans se confondre, mais les deux chemins peuvent se chevaucher partiellement, et c’est peut-être une cause de malentendu : les meilleurs bureauticiens auront finalement souvent besoin de l’outil SGBDR (outil de spécialiste, difficile à maîtriser) pour régler les problèmes les plus complexes, et ils auront donc besoin des rudiments de l’analyse conceptuelle et de la programmation. La fin du premier chemin peut donc mordre sur le début du deuxième chemin, c’est naturel.

Ce chevauchement existe mais il est limité : il ne permet pas de faire comme s’il n’y avait qu’un seul chemin ! Ce serait une erreur d’en déduire qu’il faut commencer là l’apprentissage de l’informatique : ce serait « mettre la charrue avant les bœufs ».

 

4 – Certains prétendent que le premier chemin, l’apprentissage des logiciels universels, peut être suivi par les élèves SEULS, sans cours ni professeurs, ou seulement dans des filières professionnelles et seulement à la hâte en fin d’études. 

Qui transforme ainsi le long chemin initiatique en bref sprint final ? 

Et bien ce sont des personnes qui n’ont jamais été formées à la Bureautique, qui n’ont pas conscience de la performance individuelle que la Bureautique permet, qui ne l’ont bien sûr a fortiori jamais enseignée, et qui prétendent sans rire que ces logiciels généralistes ne sont « que des outils », sans intérêt « en soi », et qui ne doivent donc surtout pas devenir « objet d’enseignement ».

Cette affirmation est dogmatique et ne repose sur aucun argument sérieux. C’est un mauvais conseil.

Ceux qui écoutent ces mauvais conseils devraient se demander quelle est la logique des conseilleurs qui, dans le même temps, prétendent que l’analyse MERISE, SQL, l’algèbre relationnelle et les algorithmes ont, eux, un intérêt "en soi" et peuvent, eux, être "objets d’enseignement"…  Deux poids, deux mesures.  Quelle est la crédibilité de tels conseilleurs ? C’est trop contradictoire. Ces conseils sont sans rapport avec la réalité de la population active qui a, toute entière, un besoin quotidien des outils bureautiques universels, et pas du tout besoin des outils des spécialistes informatiques.

Je suis juriste de formation (maîtrise de droit),  j’ai enseigné l’économie, le droit, l’économie d’entreprise, la comptabilité, l’organisation administrative, la communication, je programme régulièrement sous tableur et SGBDR des applications professionnelles, j’enseigne le P10 (info au BTS CG) et ses aïeux depuis presque 20 ans, je guide et conseille sur le terrain, en PME, mes étudiants (des secrétaires rebaptisés assistants), depuis plus de 15 ans également, pour leur montrer en situation réelle, sous le contrôle exigeant des professionnels, les mille occasions en entreprise d’utiliser leurs précieuses compétences sur machine pour créer de vraies solutions informatiques individuelles fiables à de vrais problèmes (simples). J’ai donc en réserve une infinité d’exemples réels et concrets à montrer à qui voudra pour illustrer l’intérêt d’un enseignement bureautique structuré et exigeant.

Ma particularité à moi, c’est d’enseigner depuis longtemps  à la fois  le premier chemin en BTS Assistant de gestion et une bonne partie du deuxième chemin en BTS Compta et gestion. Je suis donc personnellement capable d’enseigner les deux sans difficulté.   Et j’ai l’expérience et le recul nécessaire  pour affirmer  et démontrer que seul le premier des deux chemins est utile à tous les élèves de STT.

J’enseigne, moi, passionnément, la bureautique depuis 1984 et je suis bien placé, oui bien placé, pour décrire ce que les élèves, TOUS les élèves, peuvent retirer de cet enseignement, quand on lui donne sa place et qu’on enseigne intelligemment avec un souci permanent de performance.

Qu’on ne me dise pas que je veux former des experts en Bureautique : ce que je souhaite est bien sûr beaucoup plus modeste !  Je dis que maîtriser, puis entretenir intelligemment, un bon petit niveau sur son tableur, sur son texteur et sur son poste de travail, occupera déjà largement la petite heure par semaine qu’on donne à l’informatique en Première STT.  

Je dis aussi que ce bon petit minimum bureautique est beaucoup plus important pour TOUS les citoyens que le fatras conceptuel imbuvable des informaticiens de métier.  Ces gens-là ont simplement "kidnappé" le tout petit volant d’heures disponibles au profit de leur science de petite élite.

Il va être difficile de me démontrer le contraire, à moi qui connais bien le chemin de spécialistes qu’on prétend imposer à tout le monde.

J’ai peut-être tort, bien sûr, et j’envisage toujours sereinement cette éventualité de l’erreur pour progresser, mais j’attends des arguments, solides, irréfutables.

Depuis que ce débat a commencé, je n’ai pas encore vu un seul argument irréfutable pour défendre la "rénovation" de l’enseignement de l’informatique en STT.  On dirait que tout est bâti sur du sable, des rêves,  et  derrière un écran de fumée technologique.

Je vais ici  résumer les arguments échangés depuis un mois sur ce sujet :

q      D’invraisemblables théories comme l’inviolabilité du texteur, outil intime et personnel, dans lequel le professeur n’aurait pas le droit de s’immiscer, ne sont simplement pas sérieuses.  C’est la négation même du métier de professeur.  Cette position-là s’apparente un peu à de l’obscurantisme  (opposition à la diffusion du savoir).

q      L’argument qui prétend combattre l’illettrisme technologique  en évitant les manipulations automatisées sans en comprendre ni les effets ni les logiques, est séduisant, mais il n’est qu’une façade : depuis des années, on élimine en fait méthodiquement des programmes d’enseignement tout apprentissage pratique des logiciels universels.  L’illettrisme technologique, nous y sommes précisément aujourd’hui, par la faute justement de cette dérive que je condamne vers l’informatique des spécialistes : comme je l’ai dit, se mettre en tête d’enseigner le SGBDR en une heure par semaine, sans enseigner ni le tableur ni le texteur, c’est condamner les élèves, au final, à ne savoir RIEN faire : ni maîtriser le SGBDR qui demande à lui seul une formation spécialisée complète, ni maîtriser le tableur, ni le texteur… « illettrisme technologique »… C’est exactement ça… En ce moment, on ne le combat pas, on l’organise.

q      L’argument qui réduit l’apprentissage des logiciels à des modes opératoires secs, sans intelligence, est une mauvaise caricature que je prends comme une insulte : qui enseigne la Bureautique comme ça ? Pas moi. Et si cela arrive, est-ce que toutes les conditions n’ont pas été réunies depuis longtemps pour que cela arrive, comme je le souligne par ailleurs ? Quand on interdit aux professeurs de se spécialiser, quand on les prive ainsi d’expertise réelle, quand on les prive d’heures de cours en nombre suffisant pour expliquer les tenants et les aboutissants des pratiques sur machine puis pour répéter-exercer-transposer, quand on leur refuse une feuille de route précise, une liste d’aptitudes commentée qui les contraindraient à un niveau minimum et à une pratique intelligente et professionnelle, quand on organise des épreuves de chien savant sans autonomie ni créativité ni réflexion, est-ce qu’on ne conduit pas les professeurs à des cours dénaturés, non professionnels ?

Je dis que cette situation détestable, quand elle a lieu, ne tient pas du tout aux logiciels eux-mêmes, mais aux conditions lamentables dans lesquels on a prévu depuis des années de les faire enseigner.

C’est précisément aux référentiels de pousser et d’aider les professeurs vers un enseignement complet, méthodique et intelligent, professionnel (exigeant), des outils informatiques les plus universels, avec du temps en quantité suffisante.

Si vous avez vous-même vécu une expérience personnelle d’enseignement bureautique décevante, privée d’intelligence et de compréhension des problèmes, posez-vous cette question : après quelques leçons initiatiques, par définition forcément mécaniques et sans intelligence les premières fois, avez-vous eu ensuite LE TEMPS de passer à l’étape suivante, celle où on répète, où on s’exerce, et enfin où on transpose, où on comprend enfin à quoi servent les outils ? Si vous n’avez pas pris ce temps, il n’est pas étonnant que l’intelligence soit restée absente. Cela n’a rien à voir avec les outils utilisés.

Il faut comprendre, il faut admettre, que l’intelligence (au sens du vieux français : la compréhension)  des pratiques sur machine ne peut pas naître tout de suite, dès la première manipulation : IL FAUT DU TEMPS,  il faut prendre le temps de RÉPÉTER : au début, on répète un peu bêtement, et on devient intelligent APRÈS, c’est comme ça pour tous les apprentissages, et pour tous les humains.

Si vous ne donnez pas de temps aux élèves (en répétant, en s’exerçant…), vous aurez exactement le même problème avec les techniques abstraites de spécialistes prévues dans la réforme : les élèves n’auront pas la compréhension de ce qu’ils feront.

q      L’argument selon lequel l’enseignement sur machine d’un jeu bien défini de fonctionnalités forcément désapprend  et  fait croire à l’élève que l’essentiel réside dans les manipulations, cet argument est trompeur car il présente comme une généralité inévitable ce qui devrait n’être que l’exception malheureuse : toute ma vie, mes vingt ans d’expérience personnelle précisément dans ce métier-là, mes interactions permanentes avec les vrais élèves et avec les vrais professionnels, tout ce que je sais va complètement au rebours de ces idées-là. Est-ce que ceux qui prétendent cela l’ont déjà enseigné eux-mêmes ?

Ce n’est pas parce qu’un cours de bureautique peut, effectivement, être très mauvais, mécanique, sans appel à l’intelligence, que tous les cours de bureautiques sont et seront toujours mauvais, mécaniques, sans intelligence !  On ne doit évidemment pas jeter le bébé avec l’eau du bain.  Donnons-nous les moyens pour que les cours de bureautique soient, le plus souvent possible, intelligents et sources de performance, au lieu de jeter l’éponge et de laisser cet enseignement essentiel partir à vau-l’eau.

C’est une liste de fonctionnalités, soigneusement discutée, amendée, soupesée, réfléchie, équilibrée, intelligente, annuellement mise à jour, qui nous rapprochera les uns des autres.

C’est une liste de fonctionnalités qui nous fera progresser, petit à petit, nous et nos élèves.

C’est une liste de fonctionnalités qui nous gardera des injustices que permet le flou actuel.

C’est une liste de compétences qui, enfin, nous poussera tous à atteindre un vrai petit niveau avec une certaine autonomie de l’élève,  de façon à distinguer un élève de STT  au milieu des bidouilleurs qui, eux, ont appris tout seuls dans leur coin.

q      L’argument selon lequel l’apprentissage des logiciels universels est déjà prévu en bac pro voudrait faire croire que seuls les bacs pros ont le privilège d’apprendre correctement ces outils indispensables. Cette limitation à un seul public d’élèves n’a pas de raison d’être : tout le monde va se servir de ces outils-là.   La distinction selon la filière est ici artificielle et sans fondement : c’est une injustice pour les STT.

q      L’argument selon lequel on s’interdirait toute mise en pratique en Première et Terminale, sous prétexte que la pratique serait réservée aux Bacs Pros, et qu’il faudrait ne garder que l’abstrait, que la réflexion préalable, que l’analyse des problèmes en Première et Terminale, cet argument-là paraît tout à fait théorique et irréaliste. Comment peut-on ainsi dissocier, à des années d’écart ! la réflexion de l’action ? Quelle est cette nouvelle fiction ? 

Cette dichotomie paraît uniquement destinée à souligner la différence entre la filière STT et la filière Bac Pro. Mais est-ce que c’est ça qui compte ? Est-ce que c’est l’intérêt des élèves ? Est-ce que c’est même possible ? Quelqu’un a-t-il déjà dispensé avec succès ce cours théorique sans application sur machine, sans utilisation des logiciels ? Est-ce qu’on parle toujours de la même chose ?

Nous sommes nombreux à penser, professeurs sur le terrain, que le public de STT a fortement besoin de s’appuyer sur le réel, sur les pratiques, pour assimiler les concepts et les méthodes. Il y a quelque chose de suicidaire à abandonner cette approche pratique : on nous change notre métier sans nous demander notre avis.  Moi, ça me révolte.

Je trouve que réserver la réflexion aux STT et l’action aux Bacs Pros est une ânerie. Réflexion et action sont intimement mêlées, elles interagissent, elles ont besoin l’une de l’autre.

Il n’y a rien de dégradant, au contraire, à utiliser soi-même un logiciel, en prolongement de sa réflexion.  Il est étonnant d’avoir à insister là-dessus, car c’est une évidence.

Je me demande si cette idée n’est pas venue de l’habitude qu’ont les informaticiens de métier de confier la réflexion (l’analyse) à certains employés, et l’exécution (la programmation) à d’autres, moins qualifiés… Si c’est ça, l’idée de généraliser cette division extrême du travail à la Bureautique est simplement une hérésie.  Non, ça ne peut pas être aussi bête : je me trompe sûrement…

q      L’argument de l’obsolescence rapide et inéluctable des savoirs bureautiques et donc de l’inutilité de leur apprentissage approfondi n’a plus de fondement depuis 1997.  Presque tout ce qui est très utile aujourd’hui dans les logiciels universels existait déjà il y a 10 ans !  Tableaux croisés, filtres, validation des données, formats conditionnels, protection des cellules, fonctions de calcul avancées, graphiques de gestion, publipostage, styles de titres, abréviations, objets imagés positionnables librement sur la feuille, etc.  et on pourrait étendre la description au système d’exploitation : Presse-papiers, Explorateur, Navigateur, client de messagerie, etc.

Il est temps d’intégrer dans nos raisonnements cette forte et importante réalité. Les savoirs sur machine (ceux dont je parle) ne sont pas du tout éphémères.  Ils ne dépendent pas non plus des éditeurs ou des versions.

Il faut simplement que les référentiels expriment les objectifs en fonctionnalités (objectifs à atteindre), et non pas en fonctions.

Par ailleurs,  tous les aspects analytiques et méthodologiques de l’apprentissage bureautique sont bien sûr,  eux aussi,  pérennes et transposables.     
Cet argument de l’obsolescence rapide ne vaut donc quasiment rien.

q      Il y a un argument qui n’est jamais vraiment explicite, mais qui transpire souvent entre les lignes : on dirait que le mépris affiché pour les logiciels universels s’alimente sur une profonde haine de Microsoft. Ainsi, en réduisant méthodiquement l’utilisation des logiciels généralistes et en interdisant que naissent des expertises, on rend inutile MS Office, on rend compétitifs les produits concurrents, souvent faiblards quand on pousse la comparaison assez loin, et on réduit le pactole financier de Microsoft… Le plan a du sens.  Mais si c’est ça (j’espère que je me trompe), est-ce qu’on garde toujours au premier plan l’intérêt des élèves ?

La suite MS Office est réellement installée sur TOUS les postes, ou presque. C’est un fait. Quels sont donc les outils à connaître par les élèves ? J’ai moi-même beaucoup de rancœur contre Microsoft, contre sa politique commerciale surtout, mais attention : j’aime plus mes élèves que je ne déteste Microsoft, et je préfère les former correctement, en cohérence avec la réalité qui les attend, plutôt que de les instrumentaliser dans un combat militant, probablement perdu d’avance.

De toutes façons, ces considérations ne devraient pas être au cœur du débat : Microsoft ou pas, tous les élèves devraient bien connaître les outils bureautiques universels requis quotidiennement dans tous les emplois.

q      Prétendre que les outils bureautiques ont été vus au collège montre bien la totale déconnexion de la réalité de celui qui se sert de cet argument : en sortant du collège, les élèves ne savent RIEN en informatique. Cette contre-performance n’a rigoureusement rien à voir avec le niveau ou l’énergie ou l’engagement des profs de collège, évidemment ! rien à voir : c’est la vacuité des programmes sur les fonctionnalités à enseigner qui est la cause du mal, ainsi que l’horaire manifestement insuffisant qui est affecté à cet enseignement.

Cette totale ignorance bureautique à l’entrée en seconde est un fait, admis par tous ceux qui sont encore au contact des faits, et ce fait indéniable sape complètement un des fondements de la dérive vers l’informatique des spécialistes.  Une réaction intelligente à ce constat clair serait donc de changer de cap, en revenant aux priorités de bon sens.  Est-ce qu’il faut écouter un conseilleur qui ne tient pas compte de la réalité ?

q      Dire qu’un outil ne doit pas être étudié pour lui-même est une lapalissade, une évidence qui s’applique à tout savoir et qui ne démontre donc rien de particulier ici. Personne ne veut enseigner un outil pour lui-même. Ce n’est donc pas un argument valable.

q      L’argument de la BDD omniprésente dans toutes les applications professionnelles est un sophisme, qui n’a que l’apparence de la cohérence : c’est vrai que les BDD sont au cœur de toutes les solutions informatiques solides aux problèmes complexes, mais AUCUN UTILISATEUR n’a besoin d’en connaître les rouages pour s’en servir. Ces rouages ne sont utiles qu’aux créateurs, aux spécialistes, pas à tout le monde. Il n’est donc pas du tout urgent d’enseigner l’art, ni même les rudiments (difficiles), des BDDR à toute la population active !

q      L’argument selon lequel seul le SGBDR serait rigoureux et professionnel ne tient pas : sans méthode, sans une discipline de fer, un SGBDR peut causer des ravages, produire des outils incohérents et dangereux.  À l’inverse,  un tableur bien maîtrisé permet de créer de très performantes applications. C’est bien le cours du professeur qui va montrer l’importance de la méthode et de la rigueur, ce n’est pas le logiciel en soi, même si le SGBDR offre beaucoup plus d’outils de sécurité que le tableur.

C’est précisément parce que personne n’a jamais montré à l’ensemble des élèves les pièges d’un tableur (liberté / facilité = risque de dégradation rapide de l’information) que les employés utilisent aujourd’hui massivement leur tableur à tort et à travers !

L’anarchie dont je parlais naguère dans l’utilisation du tableur en entreprise, on ne la doit pas au tableur lui-même : c’est bien plutôt la faute de l’Éducation Nationale qui,  faute de temps et de feuille de route précise,  n’a pas enseigné  l’usage rigoureux du tableur,  en harmonie et dans le respect des informations fiables du système informatique central.

Il n’est donc pas indispensable de choisir le difficile SGBDR pour élever le niveau de nos enseignements : le tableur, omniprésent dans les entreprises, fera beaucoup mieux l’affaire pour illustrer les méthodes et la rigueur nécessaires en toutes matières.

Idéalement, il faudrait pouvoir enseigner les deux : le tableur approfondi en priorité et le SGBDR en initiation, si l’on peut. Mais il faut impérativement DU TEMPS pour cela, sinon on n’est pas sérieux. Faute de temps, il faut renoncer au SGBDR.

Idéalement, une demi-journée par semaine sur 3 ans (2nde, 1ère et Terminale) donnerait les moyens nécessaires à cet enseignement important.

q      L’argument de l’apprentissage de la méthode MERISE à tout le monde pour permettre aux utilisateurs de dialoguer efficacement avec les informaticiens laisse rêveur ! Pourquoi faut-il que toute une population perde son temps à apprendre le jargon abscons d’une poignée de spécialistes ? Pour simplement arriver à leur parler ?!  On reste pantois devant un tel projet. C’est bien plutôt aux informaticiens, évidemment, d’apprendre à déceler les besoins réels des utilisateurs dans leur langage naturel. Cet argument est drôle tant il est extravagant. Quand je pense qu’on gobe ça en P10, au BTS CGO… Les informaticiens n’ont vraiment pas de scrupules à nous faire perdre notre temps pour pas grand-chose…

q      L’argument selon lequel SQL est un langage universel de consultation des BDD est une tromperie inacceptable : ça fait 10 ans que les éditeurs essaient de fourguer leur SQL comme si c’était la panacée pour les employés. Ça n’a JAMAIS marché, les employés ne sont pas fous : quand ils voient l’usine à gaz, l’outil de cro-magnon dont il s’agit, ils partent tous en courant ! SQL est un langage universel pour les programmeurs,  il n’est pas du tout universel pour tout le monde !  PERSONNE n’utilise effectivement ce langage pour consulter quotidiennement une BDD, pas même les informaticiens !  On va faire perdre leur temps aux élèves et aux professeurs, comme si on en avait trop !  La généralisation de l’enseignement du SQL à tous les STT serait une ineptie.

q      L’argument selon lequel l’algèbre relationnelle (sélections, projections, jointures...) prépare l’esprit de l’élève à formuler des requêtes dans n’importe quel langage ne résiste pas à l’analyse pour le public de tous les STT : ce langage n’est utilisé par AUCUN logiciel. C’est donc un investissement, un premier apprentissage, qui devra obligatoirement être suivi d’un second apprentissage, au moment d’utiliser un vrai outil de formulation de requêtes… Est-ce qu’on se souvient que les STT ne sont pas des spécialistes et qu’on n’a pas de temps (une heure par semaine) ?  Cet outil de spécialiste va immanquablement rendre hermétique, trop abstrait, un enseignement pourtant si simple en QBE.

On dirait qu’on fait exprès, dans la partie informatique de la "rénovation", de tout compliquer pour le plaisir.

q      Prétendre que les outils bureautiques sont professionnalisants, alors que les outils de spécialistes informatiques ne le seraient pas, est exactement le contraire de la vérité :

Les logiciels généralistes sont universels, ils n’ont aucun rapport particulier avec un métier ou un autre, leur apprentissage précoce ne gêne en rien la poursuite d’études supérieures, au contraire : ils permettent de montrer méthode et rigueur au travers d’applications qui seront utiles et transposables toute la vie. 

Alors que les outils de spécialistes (MERISE, SQL, algèbre relationnelle, algorithmes…) sont fortement attachés à un métier et un seul : ces apprentissages-là sont spectaculairement professionnalisants,  qui ne le voit pas ?

q      L’argument selon lequel, sous la pression des exigences croissantes et des échecs programmés en conséquence, la population des STT va « s’améliorer », les mauvais élèves déserter, et le niveau général monter relève plus du rêve que de l’hypothèse crédible : notre recrutement nous échappe complètement. D’autres professeurs décident de l’orientation et leurs intérêts sont antagonistes aux nôtres. Nous garderons donc les mêmes élèves, c’est quasiment certain. Et ce qu’on leur prépare en informatique est un cauchemar d’abstraction qui sera pour eux particulièrement indigeste on va vers l’ennui et l’échec…

Sans compter que cette façon de monter le niveau par élimination des plus faibles n’est guère reluisante et relève plus d’un élitisme impitoyable que d’une ambition de service public qui essaierait de monter réellement le niveau de TOUS les élèves.

q      D’une façon générale, le nombre invraisemblable de savoirs théoriques imbuvables pour les jeunes STT, à enseigner en une seule petite heure par semaine, par des professeurs qui ignorent pour l’instant jusqu’à l’existence des techniques difficiles qu’on va leur imposer d’enseigner sans les consulter, montre bien que le sens des réalités, la connaissance du terrain, la proximité des vrais élèves de Première STT, ne sont pas le point fort des rédacteurs de la partie informatique de la « rénovation ».

Plusieurs professeurs d’IG, spécialistes du deuxième chemin, ont eux-mêmes honnêtement souligné la grande technicité des outils et des méthodes généralisés par la « rénovation », et ont montré de la surprise à la fois devant l’horaire imparti et devant l’immense problème de formation que ne manquera pas de poser ce projet.

Prétendre qu’un simple plan de formation va rendre possible cet enseignement, et qu’il suffira de survoler toutes ces techniques difficiles plutôt que de les enseigner vraiment,  montre bien  à la fois le manque de réalisme de ceux qui proposent et soutiennent cette dérive,  et la méconnaissance des vraies difficultés par ceux qui décident : on dirait que personne ne leur a jamais vraiment montré ces difficultés.

 

Finalement, aucun des arguments des informaticiens ne résiste à l’analyse : si on se donne la peine de les étudier point par point (et il faut du courage, des centaines d’heures de travail !), on voit clairement que l’erreur d’aiguillage qu’on prépare au pays ne repose sur aucune bonne raison  et  manque souvent du réalisme le plus élémentaire.

 

5 - Il est temps d’arrêter de confier le sort de l’intégralité de l’enseignement informatique à un petit groupe de spécialistes d’un domaine qui est sans rapport avec le besoin général des élèves.

Il faut créer un sous-groupe d’experts « Bureautique », composé d’autres personnes que des informaticiens de métier.

Je respecte bien sûr les informaticiens de métier dans leur travail et leur rôle important pour la Cité. Je suis même quasiment des leurs, pour une partie de ma vie. Mais on voit bien qu’ici, ils sortent spectaculairement de leur place naturelle et tentent d’imposer à tous une évolution inacceptable.

Je défends l’intérêt des élèves : on s’apprête à enseigner pendant dix ans à un million d’élèves de Première et de Terminale des connaissances informatiques difficiles et inutiles.

On s’apprête dans le même temps à négliger sciemment ce qui servirait pourtant à tous les élèves de puissant LEVIER D’INTÉGRATION SOCIALE et de productivité personnelle : les outils bureautiques ne leur seront pas correctement enseignés : ni professeurs spécialisés, ni heures réservées, ni programme précis, ni examens intelligents !

C’est choquant.  Tout ça est trop bête. Pour rejoindre l’intérêt général, il faudrait inverser la vapeur !

6 – Il faut retirer des programmes de Première STT les outils inutiles et difficiles des spécialistes, et consacrer le peu d’heures disponibles à l’apprentissage intelligent des outils universels, accessibles et utiles à tous : texteur, tableur, outils liés à l’Internet et gestion du poste de travail. Il faut aussi prévoir deux heures par semaine, au lieu d’une.

 

Il est déjà trop tard. La réforme est bouclée, avec ou contre nous, peu leur importe. On ne nous a pas laissé le temps de nous défendre. Quand nous avons appris la teneur de cet incroyable projet, les dés étaient déjà jetés depuis longtemps et complètement pipés, le système est complètement verrouillé. 

Notre métier va se dégrader et nous n’avons rien à dire.

 

Les prochains sur la liste sont les BTS commerciaux : ces professeurs-là feraient bien de se préoccuper de savoir assez tôt à quelle sauce on va leur servir l’enseignement informatique…

 

 

Pauvres élèves : il n’y a pas grand monde pour les défendre contre ce RAPT des maigres heures d’info par un petit groupe de spécialistes.

Pas grand monde…

 

Personnellement, je sais très bien enseigner tout ça, je n’ai donc rien à gagner ou à perdre, sauf de cesser d’être utile à mon prochain, ce qui n’est pas rien ! Mais pour tous ces élèves et pour tous ces professeurs qui ne savent pas ce qui les attend, sur le fond et sur la manière, je suis révolté et dépité.

 

Étienne Chouard.                    

Lycée Marcel Pagnol, Marseille.
etienne.chouard@arc-en-ciel.info
www.arc-en-ciel.info

 

 

Pour les professeurs non inscrits sur la liste, ce message, comme les précédents, ainsi qu’une archive zippée des principaux messages depuis un mois, sont disponibles à cette adresse :
http://etienne.chouard.free.fr/Info/index.html

N’oubliez pas, si vous ne l’avez pas encore fait, de donner votre avis point par point à :
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