Pas de démocratie digne de ce nom sans tirage au sort
pour que nos représentants restent nos serviteurs

On n'est pas préparés à cette idée : la première fois qu'on nous parle de tirage au sort en politique, on ouvre tous des yeux incrédules et on se demande quelle est cette nouvelle lubie. Le mythe de l'élection est très puissant et il n'est pas facile de s'en déprendre, même quelques minutes pour voir.

 

Portant, je vous conseille chaleureusement de laisser une chance à l'idée et de lire seulement quelques lignes sur le sujet : vous allez vite sentir en vous-même que, loin d'être une nouvelle lubie, c'est une bonne idée, et même une très bonne —et très vieille— idée, bien connue de nos aïeux et bien testée (pendant des siècles !) avec d'excellents résultats.

 

 

 

Ø Pour se mettre en jambes, écoutez d'abord deux résumés audio en 6 et 4 minutes chrono :

Pourquoi faut-il s’intéresser au tirage au sort ?
    '

(source : ITV audio pour Hervé Kempf, sur Reporterre.net, le 11 février 2011.)

 

France Inter, "Un temps de Pauchon", 19 avril 2012 :
ITV de 4 minutes, juste après le talk TEDx RS du 22 mars 2012
,

(Source : http://www.franceinter.fr/emission-un-temps-de-pauchon-de-l-importance-de-la-bienveillance)

 

Ø Deux articles en avril 2013, un pour le quotidien La Croix et un pour la Revue des Nations Unies :

 


Repenser le long terme.
Pour une nouvelle Constituante.

Étienne Chouard, enseignant et blogueur

La Croix, 5 avril 2013.


« Dans une démocratie digne de ce nom, les citoyens devraient avoir toute la place. Leurs représentants devraient être des serviteurs, empêchés de devenir des maîtres par le tirage au sort des charges, par des mandats courts et non renouvelables, et par de nombreux contrôles avant, pendant et après leur mandat. Dans la réalité, chacun peut constater que c'est exactement le contraire qui se produit: sitôt élus, nos « représentants » se comportent comme s'ils étaient nos maîtres, tout en se mettant au service exclusif des cartels et des banques, contre l'intérêt général.

Notre problème fondamental n'est donc pas technique mais politique: nos « représentants » ne nous représentent pas, pour la bonne raison qu'ils ne nous doivent rien. C'est mécanique: celui qui passe le plus à la télé est élu, c'est tout. Il a donc suffi aux banques d'acheter les médias de masse pour être sûres de gagner les élections à tous les coups. Les élus ne représentent que les banques parce qu'ils leur doivent tout.

Quant à nous, simples électeurs (pas citoyens), nous sommes privés de toute institution pour nous défendre contre ces faux « représentants »: nous n'avons pas de Constitution.

Une Constitution, c'est un texte supérieur qui sert à protéger le peuple contre les abus de pouvoir, en surplombant tous les pouvoirs, publics et privés. Une Constitution digne de ce nom doit être crainte par les pouvoirs: il ne faut donc à aucun prix laisser les pouvoirs en question l'écrire eux-mêmes, ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir, ce n'est pas aux parlementaires, ni aux ministres, ni à aucun professionnel de la politique, d'écrire ou de modifier la Constitution.

Une bonne Constitution – que les « élus » n'écriront jamais, à cause de leur intérêt personnel – prévoirait de (vrais) référendums d'initiative populaire (RIP législatif, abrogatoire, révocatoire et constituant), la séparation des pouvoirs dangereux (législatif, exécutif, judiciaire, médiatique et monétaire) pour les affaiblir, une des Chambres législatives tirée au sort pour une représentation fidèle du pays, des mandats courts et non renouvelables pour éviter la professionnalisation, la responsabilité illimitée (et la révocabilité) des décideurs publics, des chambres de contrôle tirées au sort pour surveiller tous les pouvoirs sans exception, une création monétaire uniquement publique et des banques toutes publiques aussi, des services publics d'information rendus indépendants (sur le modèle des juges) mais eux aussi contrôlés par des jurys citoyens tirés au sort, etc.

Aucune de ces institutions, nécessaires à la justice sociale, ne verra jamais le jour tant qu'on n'aura pas compris et éliminé le conflit d'intérêts majeur qui est à la racine commune de toutes nos impuissances: il faut que les constituants soient désintéressés.

Alors, comment faire? Soit on réunit une Assemblée constituante dans chaque commune ou quartier (où viendront ceux qui le voudront) et on en dégage une synthèse pour fédérer les principales exigences citoyennes. Soit on tire au sort une seule Assemblée constituante (au lieu de l'élire!) : c'est beaucoup plus simple et ça donnera probablement le même résultat, parce que finalement, nous avons tous intérêt aux mêmes institutions fondamentales.

Pour que cela advienne, il suffirait que nous soyons des millions à le vouloir; c'est donc à nous de faire passer le message de façon virale, autonome, souterraine, insaisissable, pour devenir rapidement très nombreux à dire ensemble: « Nous voulons avant tout une Assemblée constituante tirée au sort – car tout le reste suivra. »

C'est une vraie cause commune: instituons d'abord notre puissance, on se disputera après. On n'échappera pas autrement aux usuriers, qui ont déjà volé presque tous les pouvoirs: si on veut une Constitution, il faudra l'écrire nous-mêmes.

Nous, on a commencé; si le cœur vous en dit, rejoignez-nous (1). »

Étienne CHOUARD

(1) Site: http://etienne.chouard.free.fr/Europe


Source : La Croix, http://www.la-croix.com/Archives/2013-04-05/Repenser-le-long-terme.-Pour-une-nouvelle-Constituante.-Etienne-Chouard-enseignant-et-blogueur-2013-04-05-929560

 

DÉMOCRATIE ET CONSTITUTION

http://www.unspecial.org/2013/04/democratie-et-constitution/

Encore une synthèse, pardonnez-moi : vous allez trouver ça saoulant, à force.

Le journaliste, Nicolas-Émilien ROZEAU du site UN Special (avec qui j'ai passé quelques heures au téléphone) a bien résumé l'essentiel, je trouve. Merci à lui.

 


Étienne Chouard, vous êtes enseignant en économie-gestion en France. Vous êtes également un philosophe politique. Qu’y-a-t-il de si passionnant dans la philosophie politique ?

Je suis un philosophe politique amateur, bien sûr, comme nous devrions tous l’être. Suivant la façon dont nous l’exerçons, cette activité intellectuelle peut nous donner des moyens inédits pour régler la plupart de nos problèmes, qui ne sont pas techniques mais politiques, y compris la pollution, le chômage et les bas salaires que nous saurions très bien résoudre ; mais nous avons un sacré problème politique, avec nos prétendus « représentants ».

Une des raisons d’être de la philosophie politique, c’est d’essayer d’organiser au mieux la vie ensemble pour éviter que règne l’arbitraire de la loi du plus fort, pour que l’on arrive à vivre ensemble sans s’entretuer, tout en se protégeant contre l’adversité. Manifestement, la philosophie politique ne tient pas ses promesses, et c’est parce que seuls les puissants s’en occupent. Ceux qui ont du pouvoir et ceux qui ont beaucoup d’argent ont un intérêt personnel et vital à faire de la philosophie politique, de l’économie et du droit. L’appropriation de ces clefs assure leur domination durable. Elles pourraient aussi être les clefs de notre libération, si nous autres, les 99% restants, les pauvres, nous nous les appropriions.

Est-ce que les peuples s’intéressent à la vie de la cité du point de vue politique ?

La vie moderne pourrait laisser croire que non. Aujourd’hui, après des siècles de conditionnement avec des institutions infantilisantes, nous avons désappris à faire de la politique. Mais il y a des tas d’exemples qui montrent qu’à la première occasion, l’homme est resté un animal politique. Il est prêt à agir à la condition que sa voix soit prise en compte. Avec de bonnes institutions, on s’apercevrait que les humains réapprennent très vite et ont le goût intense de l’action politique.

Qu’est-ce qui domine actuellement dans notre société ? De façon entretenue, manipulée, voulue, je dirais : la division, l’atomisation. Y compris la division de la pensée. Le zapping est une habitude que l’on entretient à la télévision. Nous n’arrivons plus à nous concentrer. Dès lors, nous n’arrivons plus à seulement VOULOIR un projet global cohérent. Il ne faut pas laisser les médias, c’est-à-dire les professionnels de la désinformation, nous distraire. C’est à nous de nous émanciper de nos maîtres en nous formant entre nous, par éducation populaire.

Finalement, en courant après un gain de productivité et de compétitivité, n’avons-nous pas scié la branche sur laquelle nous étions tous assis ?

Le libre-échange, qui n’intéresse — depuis toujours — que les multinationales, aura notre peau. Il ruinera les peuples comme il l’a toujours fait. Le libre-échange n’a jamais enrichi aucun pays. Tous les pays riches ont toujours été protectionnistes. Tous. Tous les pays pauvres sont ceux qui ont supprimé leurs protections, souvent de force. C’est une course non nécessaire et perdue d’avance qui nous entraîne, en plus, dans des gaspillages éhontés. Alors que l’on devrait tâcher de vivre une frugalité heureuse comme le suggère Pierre Rabhi.

Là encore, le problème est politique car ce sont les multinationales qui dirigent leurs marionnettes politiques, en achetant les médias qui permettent de les faire élire. Dans ces conditions, ce n’est pas étonnant que l’intérêt du plus grand nombre soit négligé et celui de la minorité (les banques) favorisé. L’impression est trompeuse, mais l’offre politique est unique. Napoléon le disait : « il faut enduire les actes d’une confiture de paroles. ». Nous y sommes. Mais ce n’est pas une fatalité. Relisez le Contrat Social de Rousseau, chapitre « des députés ou représentants » sur les désastres causés par la démission du citoyen. C’est d’une actualité brûlante.

Les médias jouent-ils encore leur rôle d’information ?

Les médias sont une pièce maîtresse de la domination politique des pauvres par les ultrariches. Les pauvres, c’est nous tous, 99%, et les 1% riches sont une poignée de gens hyperpuissants : ils ont compris avant tout le monde comment on créait la monnaie et depuis, ils ont tout acheté, y compris le politique.

Les médias devraient être sous la protection de l’État, comme le pouvoir judiciaire. Évidemment, l’État ne devrait pas pouvoir s’ingérer dans les affaires médiatiques. Les journalistes devraient être protégés par le peuple parce que nos libertés dépendent de leur indépendance. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation dramatiquement inverse : nos journalistes dépendent pour leur survie des puissants qui les font vivre. Ils se croient libres ; ils sont en fait au service du pouvoir. Ce ne sont plus des sentinelles du peuple, mais des collaborateurs des tyrans.

Comment se répartit la responsabilité de ce que nous vivons actuellement ?

Je ne trouve pas les causes du problème dans ceux qui nous mentent, nous violent et nous volent. Ils sont dans leur rôle : tout pouvoir va jusqu’à ce qu’il trouve une limite. C’est nous qui sommes éteints politiquement, peureux et paresseux. Il en va pourtant de notre responsabilité de changer les choses. Quand un pouvoir abuse, cela ne sert à rien d’essayer de changer ce pouvoir : c’est dans sa nature d’abuser, il essaiera toujours. Il faut donc lui résister comme il faut. Qui fixe les limites ? La limite des pouvoirs est normalement inscrite dans la Constitution. Ce n’est donc pas aux hommes au pouvoir, ni aux hommes de partis, ni aux parlementaires d’écrire la Constitution. Tout est là ! Nous devons créer dans nos communes des assemblées constituantes citoyennes.

Quelle définition donneriez-vous aux mots « citoyen », « électeur » et « démocratie » ?

Un citoyen est une personne qui accepte d’être gouverné par les lois qu’il a votées lui-même, directement. Il est autonome : il a produit lui-même le droit auquel il consent à obéir. Au contraire, un électeur est hétéronome ; il subit le droit écrit par quelqu’un d’autre qui est son maître. Une démocratie, c’est un régime de citoyens, au sein duquel le peuple tire au sort et contrôle ses représentants pour qu’ils restent toujours à son service. Aujourd’hui, nous vivons en ploutocratie.

La révolution est-elle une solution ?

Oui, mais seulement si elle est bien préparée. Sinon, les mêmes causes généreront les mêmes effets. Les professionnels de la politique écriront la Constitution et ils reprendront le pouvoir. Les banques feront du lobbying pour imposer leur monnaie privée et elles reprendront le pouvoir également. Les usuriers recommenceront à circonvenir les constituants. À ce jour, aucun peuple n’a été capable d’être constituant.

Il y a des milliers d’acteurs qui pensent et agissent pour un autre monde, pourtant rien ne semble changer. Pourquoi ?

On dénonce souvent et fort bien les dangers (pesticides, publicité, libre-échange…) avec toutes les solutions techniques, mais sans rien changer depuis 50 ans : il faut se rendre à l’évidence. Au lieu de dénoncer les conséquences de notre impuissance politique, prenons le problème à la racine, soyons radicaux, et écrivons nous-mêmes la Constitution dont nous avons besoin ! Car il faut d’abord instituer notre puissance politique, et seulement ensuite discuter des solutions. Regardez les banques : elles l’ont, leur constitution… Elles ont écrit elles-mêmes la Constitution européenne !

Tous les gens qui œuvrent pour un autre monde doivent enfin se réunir pour introduire cette idée centrale et commune dans leur action.

Le mot de la fin ?

Il n’y aura pas de prospérité sans monnaie publique. Il n’y aura jamais de monnaie publique (gratuite et permanente) sans démocratie. Et il n’y a pas de démocratie sans tirage au sort. Cela s’applique à toutes les nations, c’est une réflexion à portée universelle.


Pour creuser la question : http://etienne.chouard.free.fr/Europe


Source : Revue des Nations Unies :
http://www.unspecial.org/2013/04/democratie-et-constitution/
http://www.unspecial.org/wp-content/uploads/2013/04/UNSpecial_Avril20131.pdf

 

Ø Il y a aussi cet article pour la revue NEXUS (n°78):

 

Le tirage au sort démonte le mécanisme qui conduit à notre impuissance actuelle

Entretien avec Étienne Chouard (Nexus n°78)

Chercheur indépendant, citoyen sans parti, sans étiquette et sans ambitions politiques personnelles, Étienne Chouard s’est fait connaître du grand public en 2005 à l’occasion du référendum sur le traité établissant une constitution pour l’Europe en argumentant pour le « non ». Devenu depuis un adepte du tirage au sort, il en est aussi l’un des principaux propagateurs et théoriciens. Conférencier infatigable, il sillonne les routes pour en expliquer la logique.


Nexus : Qu’est-ce qu’il y a de révolutionnaire dans le tirage au sort ?

Étienne Chouard : Tout. Le tirage au sort démonte le mécanisme qui conduit à notre impuissance actuelle. Il y a quantité de causes à notre impuissance, qui s’imbriquent les unes les autres. Ma méthode, empruntée à Hippocrate, consiste à chercher la cause des causes, à remonter à la racine du problème. Quand j’étudie les raisons de notre faiblesse par rapport aux abus de pouvoir, de proche en proche, j’aboutis à tous les coups à la même chose : la Constitution. La Constitution est en effet l’outil génial que les hommes ont inventé pour affaiblir les pouvoirs. Or, qui écritaujourd'hui la Constitution ? Des parlementaires, des professionnels de la politique, des ministres, des juges… Autrement dit, ceux-là mêmes qui vont exercer le pouvoir et qui devraient craindre les lois institutionnelles. Et il ne s’agit pas là d’un accident isolé, mais d’une règle générale : dans tous les pays du monde et à toutes les époques, ce sont les hommes au pouvoir qui dictent les règles du pouvoir — même si ces règles sont désormais souvent votées par les peuples, ce qui montre au passage qu'il est assez facile de convaincre le peuple d'accepter lui-même sa propre impuissance. C’est le grand paradoxe des constitutions : originellement pensées comme le moyen de protéger les citoyens contre les abus de pouvoir, elles donnent aujourd'hui une légitimité aux abus de pouvoir ! Voilà la cause des causes de nos problèmes. Malheureusement, les humains, qui restent à ce stade des enfants, ne mesurent pas l’importance du processus constituant. S’il est aussi stratégique qu’un tel processus soit désintéressé, c’est pour éviter très prioritairement les conflits d’intérêts. Pour cela, il faut radicalement séparer le pouvoir constituant des pouvoirs constitués. C’est là que le tirage sort s’impose comme solution : en raisonnant a contrario, on peut dire que, mécaniquement, n’importe qui fera mieux pour l'intérêt général qu’une personne qui a un intérêt personnel à défendre contre l'intérêt général.


Seule manière de récupérer la démocratie à ceux qui l’ont confisquée ?

Ils ne l’ont pas tant confisquée qu’empêchée d’advenir. La non-démocratie est écrite par des personnes qui ont un intérêt personnel à ce qu’il n’y ait pas de démocratie. Nos régimes sont délibérément et sciemment pensés et voulus comme des non-démocraties. La plupart des pères fondateurs de nos régimes parlementaires étaient des notables pleins de méfiance à l’encontre du peuple. Ils ont institué des gouvernements représentatifs qu’ils ont, plus tard, fallacieusement étiqueté du nom de "démocratie". Mais c’est une escroquerie qui ne fonctionne qu’auprès des naïfs. C’est pourquoi je fais la grève du mot "démocratie". Ce n’est d’ailleurs pas parce qu’on s’est fait berner pendant deux cents ans que cela va durer éternellement. J’ai bon espoir que nous nous passions le mot entre nous et que nous transformions en virus démocratique le principe du tirage au sort, seul antidote durable contre la confiscation du pouvoir par une oligarchie.


Mais vous l’avez dit, il y a quelque chose d’imparable dans la mécanique électorale, c’est le consentement : le peuple consent à sa propre domination…

C’est le mécanisme même de toute escroquerie. Les escrocs sont toujours des gens très séduisants, jamais des affreux qui font peur aux enfants. Ils nous piègent en nous flattant et en détournant la puissance libératrice de notre volonté : "puisque vous votez, vous êtes le souverain", nous disent-ils. Et c’est vrai qu’au niveau individuel, l’exercice de notre volonté nous permet souvent d'améliorer notre sort, à la condition qu’elle ne soit pas biaisée par des escrocs (c’est le point essentiel). Notre erreur est de croire que notre volonté, qui fonctionne bien au niveau individuel, va pareillement fonctionner au niveau collectif, alors qu’à ce niveau, apparaissent des raisons puissantes de circonvenir la volonté générale, des mobiles de crimes . De l'utilité souvent confirmée de notre volonté individuelle, nous déduisons fautivement qu'il en sera de même au niveau collectif. C’est une erreur. Au niveau collectif apparaissent des trompeurs d’opinion et l'élection donne une prise à ces voleurs de pouvoir.Le plus riche pourra financer les campagnes électorales et faire élire son candidat qui, du coup, sera son débiteur et mènera les politiques qui lui sont favorables. Le tirage au sort écarte cette mécanique corruptrice de l’élection en ne donnant aucune place à la volonté. C’est la loi des grands nombres (incorruptible par construction) qui décide, et non plus une volonté susceptible d’être trompée.


Mais on vous rétorquera que le sort est arbitraire ?

Impartial, plutôt. Le projet démocratique consiste à ne déléguer que très peu de pouvoir aux représentants. Ce que le tirage au sort permet. Il ne cherche pas à rendre l’humanité parfaite, il veut au contraire s’adapter à son imperfection, en en tirant les conséquences logiques : puisque nous sommes imparfaits, ne donnons jamais la totalité des pouvoirs à quelques-uns. Donnons un tout petit peu de pouvoir, à un grand nombre de personnes, pour très peu de temps, et jamais deux fois de suite. Le tirage au sort emporte avec lui la rotation des charges (des mandats courts et non-renouvelables) et le contrôle systématique des représentants. L'expression "démocratie indirecte" est un oxymore, une contradiction dans les termes. La démocratie est directe ou elle n'est pas. Certes, nous avons besoin de représentants, mais pas pour voter les lois : seulement pour les exécuter, les interpréter et les préparer. Ces représentants doivent être tirés au sort pour qu'ils restent nos serviteurs et qu'ils ne deviennent jamais nos maîtres. Les dérives corporatistes qui viennent toujours avec la professionnalisation des fonctions de représentation sont profondément anti-démocratiques. Les démocrates dignes de ce nom tiennent prioritairement à l’amateurisme politique.


Que répondez-vous aux deux objections les plus couramment formulées contre le tirage au sort, à savoir la dimension technique des problèmes, beaucoup plus complexe aujourd’hui, et le changement d’échelle : les citoyens ne se chiffrent plus en dizaines de milliers comme à Athènes, mais en dizaines de millions, sinon en centaines ?

La compétence d’un représentant fraîchement élu n’est pas innée. Il va devoir trancher sur une profusion de sujets, juridiques, techniques, scientifiques, etc. Il va acquérir sa compétence chemin faisant. Ce n’est pas un surhomme omniscient. C’est son travail qui va le rendre compétent. Toutes les expériences d’assemblées citoyennes démontrent que des personnes distinguées par le hasard se transforment, s’investissent, se responsabilisent et choisissent finalement les bonnes solutions, y compris sur des sujets complexes. Voyez comment les parlementaires européens, soi-disant si compétents, votent les lois : savez-vous qu’ils ont à leurs pieds une sorte de grande cantine dans laquelle sont classés tous les dossiers du jour ? Ces dossiers sont si nombreux, si complexes, si ardus, qu’il est impossible de seulement les lire à temps. Chaque dossier comporte donc un numéro et une consigne de vote fournie par le parti. Le député moderne n’est donc alors qu’un automate et l'argument de sa nécessaire compétence paraît bien surfait.


Et l’objection de la taille ?

Elle ne tient pas non plus. Raisonnons à partir de la cellule de base démocratique, qui n’est ni le continent, ni le pays, ni la région, mais la commune, la démocratie ne s’imposant pas par le haut, mais par le bas. A cet égard, rien n’a changé depuis les Grecs, la cellule de base pour nos démocraties reste la même. Au niveau communal, les gens se côtoient et se connaissent. Ils peuvent se surveiller mutuellement. Au niveau plus large, la démocratie s’organise autour de communes libres gérées dans le cadre d’une fédération. Les exemples fédératifs ne manquent pas (États-Unis, Suisse, Allemagne, etc.). Il n’est pas exagéré de dire qu’ils fonctionnent très bien, à cette réserve près qu’ils utilisent tous, à la base, une procédure aristocratique : l'élection. C’est cette procédure qu’il faut changer. Comment ? En la remplaçant par la seule procédure démocratique qui soit : le tirage au sort. Les citoyens de chaque commune décideront alors librement des sujets qu’ils sont en mesure de traiter eux-mêmes, directement, et ils délégueront les autres au niveau fédéral, selon le principe de la subsidiarité, qui veut que l’on ne doit pas faire à un échelon plus élevé ce qui peut l’être avec plus d’efficacité à un échelon plus petit.


Que pensez-vous des (rares) expériences de tirage au sort ?

Elles sont toutes enthousiasmantes, car elles montrent toutes que l'homme normal n'est pas bête mais astucieux et avisé. Tant que ce sera des hommes de parti et des élus qui parleront de démocratie participative, les choses n’avanceront pas. Les professionnels de la politique n’accoucheront jamais de la vraie démocratie, non parce qu’ils sont mauvais en eux-mêmes, mais parce qu’ils sont en conflits d’intérêts. Le conflit d’intérêts est la clé de compréhension de notre impuissance politique. Les constituants ne doivent plus être en conflits d’intérêts. Le jour où nous serons des millions à dire qu’on ne veut plus d’hommes de pouvoir dans les assemblées constituantes, mais seulement des gens normaux et désintéressés, alors tout changera.


Propos recueillis par François Bousquet.

À visiter :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/

Source : revue Nexus, n°78 janvier-février 2012.

 

Ø Lisez ensuite cette première synthèse :

« 1) Élection ou tirage au sort ? Aristocratie ou démocratie ?
   2) Qui est légitime pour faire ce choix de société ? Le peuple lui-même ou ses élus ? »


        (pdf, MAJ : 27 avril 2011).

 

Ø et puis cette deuxième synthèse, plus récente

   et dont les arguments sont articulés avec nos problèmes économiques (l'oppression des pauvres par les riches) :

   « CENTRALITÉ DU TIRAGE AU SORT EN DÉMOCRATIE »

   (pdf, MAJ : 22 juillet 2011).

 

  ... avec le commentaire du schéma suivant (cliquer pour agrandir, puis CTRL+roulette pour ajuster) :

Rouages fondamentaux d'une vraie démocratie, autour du TIRAGE AU SORT

 

 

Le texte ci-dessus était le support d'une conférence que j'ai donnée à Marseille le 23 avril 2011. La conférence a été coupée en deux vidéos et c'est la deuxième vidéo qui concerne le tirage au sort, mais pour moi, les deux sujets (création monétaire publique et tirage au sort des représentants politiques) sont inséparables.

 

 

Attention :


D'importantes et passionnantes CONTROVERSES (avec Raoul Marc Jennar et avec François Asselineau,, notamment) ont été reproduites dans le fil de COMMENTAIRESde cet important billet :

 

Le tirage au sort comme bombe politiquement durable contre l'oligarchie : la vidéo

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/05/30/127-le-tirage-au-sort-comme-bombe-politiquement-durable-contre-l-oligarchie-la-video

 

 

 


Étienne Chouard - Conférence: Le tirage au sort... par culture-libre

Avec les SCRIPTS complets, pour en faciliter la traduction :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011%2F08%2F24%2F140-scripts-de-la-conference-de-marseille-comme-aide-a-la-traduction.

 

VIDÉO SOUS-TITRÉE EN ANGLAIS


"Suffrage universel" ou tirage au sort ?

Un échange de vues avec Florence Gauthier :

Et des commentaires très intéressants par ici :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2013/10/17/345-un-echange-de-vue-avec-florence-gauthier


"Dédale, un fil vers la démocratie", film intégral (censuré mais on résiste), mai 2013

[Mise à jour 24 mars 2014 : on peut voir sur Preuves-par-image (et il est conseillé de télécharger avant qu'il ne soit retiré) le film interdit. ÉC.]

http://preuves-par-images.fr/#/dedale-un-fil-vers-la-democratie


 

Vendredi 20 juillet 2012 - Rencontres de Pétrarque, thème : "Internet, stade final de la démocratie ?" :


20 juillet 2012 Etienne Chouard Montpellier... par Le_Plan_C

Voir aussi (autres vidéos prises lors des Rencontres de Pétrarque) :

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/07/15/236-invite-aux-rencontres-de-petrarque-a-montpellier-jeudi-prochain-19-juillet-sur-le-theme-la-crise-economique-eclipse-t-elle-le-politique



 

22 mars 2012 : soirée TEDx à PARIS

la vidéo du challenge : tout dire en 18 minutes !.... :o)

 

• Variations (transcription, "Un temps de Pauchon", Bruxelles...) : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/04/21/211-traces-de-la-soiree-tedx-a-paris-le-22-mars-2012-et-d-une-conference-a-bruxelles-le-25-mars

 


Résumé audio en 15 minutes chrono !
Conférence à BRUXELLES, le 25 mars 2012
POUR UN PEUPLE CONSTITUANT :

Fichier à télécharger :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/multimedia/E_Chouard_Bruxelles_25_mars_2012-pour-un-peuple-constituant_montage_reduit_15_min.mp3

 


 

Un plaidoyer extrêmement convainquant, dans "À voix nue", sur France Culture, le 8 juin 2012 :
Jacques Testart : pas de démocratie sans Conventions de Citoyens tirées au sort,
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/06/11/228-jacques-testart-indispensable-tirage-au-sort-dans-une-democratie-digne-de-ce-nom

 


 

Une synthèse sur le tirage au sort, au 6 juin 2012, en texte et en vidéo,
préparée par l'universitaire français, spécialiste de la question,
Yves Sintomer : Tirage au sort et démocratie délibérative,
une piste pour renouveler la politique au 21e siècle :

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/06/06/226-sintomer-tirage-au-sort-et-democratie-deliberative-une-piste-pour-renouveler-la-politique-au-21e-siecle

 


 

 

Ces deux vidéos résument aussi la centralité du tirage au sort dans une démocratie digne de ce nom :

• une longue conférence à Montpellier (le 14 mars 2012),

• et une courte radio à Cannes (le 16 mars 2012) :


Une vraie démocratie par Etienne Chouard à Montpellier le 14 mars 2012 from AmicaleTV on Vimeo.



Etienne CHOUARD AGora FM 16 mars 2011 Le tirage... par alexandry06


 

Conférence de LYON, 9 mars 2012, avec la MJC Saint-Just

La démocratie est-elle un leurre ?

 

PARTIE I : Parcours depuis 2005.

Un chantier original. — Le traité anti-constitutionnel. — Douze mille mails sous les mers. — S'opposer et construire. — Rôle des constitutions. — De la contradiction. — Les outils collaboratifs du plan C : Le forum, le wiki, le blog.

PARTIE II : Remettre les mots à l'endroit.

Nos acteurs politiques, l'intérêt général, et l'intérêt des banques. — 1% et 99%. — Élections = démocratie ? — Démocratie et gouvernement représentatif. — Désigner des maîtres. — La constitution : le problème et la solution. — La vergogne. — 1789, l'abbé Sieyès. — Henri Guillemin. — Chercher la cause des causes.

 

 

Partie III : Impuissances et constitutions.

Les résistances impuissantes. — Les branches et les racines. — Considérations sur Internet. — Qui écrit les constitutions ? — Notion de conflit d'intérêts. — Constituer une assemblée constituante. — La Tunisie et l' Islande.

Partie IV : objections et réfutations.

Les Iroquois et la place du chef. — Élections, aristocratie, et oligarchie. — Athènes, Platon, et les sophistes. — Tirage au sort et démocratie.— Vouloir la démocratie. — Désynchroniser la richesse économique et le pouvoir politique.

Les objections de «l'assemblée du 5ème arrondissement de Lyon» :
— Pourquoi la démocratie athénienne s'est-elle éteinte ?
— Les humains veulent-ils la démocratie ?
— Esclavagisme et phallocratie à Athènes, au Vème siècle avant J.-C.
— Le tirage au sort et la question de la compétence.
— La question du nombre.

— Montaigne, et l'art de converser.

Partie V :

L'assemblée des citoyens à Athènes, à l'époque de la démocratie. —
le-message.org. — Amateurisme politique, égalité politique, et question de la compétence. —
Assemblées citoyennes tirées au sort. — Élections, endettements, et retours d'ascenseurs. —
Question de la corruption. — Question du contrôle des pouvoirs.

Références bibliographiques :
- Cornelius Castoriadis, Post-scriptum sur l'insignifiance. — Éditions de l'Aube (7 mai 2004).
- Yves Sintomer, Petite histoire de l'expérimentation démocratique. Tirage au sort et politique d'Athènes à nos jours. — Éditions La Découverte (13 octobre 2011).

 

Partie VI : DÉBATS

— Une proposition originale de Boris, débattue ensuite avec Monique.
— Une idée simple et puissante : «Nous ne voulons pas de professionnels de la politique dans l'assemblée constituante.»

Retour sur :
- L'importance de la constitution.
- Le conflit d'intérêt.
- La cause des causes.
- Les questions de la compétence et de la volonté.

Bibliographie :
- Alain, Propos sur les pouvoirs. — Éditions Gallimard (1 janvier 1985).


PARTIE VII :

Rédaction d'une constitution : le cas du Venezuela, une alternative au tirage au sort.
— Référendums d'initiative populaire, fonctionnements possibles.
— Revenu de base, revenu universel, dividende universel, salaire à vie.
— Quelles armes contre l'oligarchie ?
— Le diplodocus et le virus.
— Internet et l'exponentielle.

Bibliographie :
- Bernard Friot, L'enjeu du salaire. Éditions La Dispute (19 janvier 2012).
- Bernard Friot, L'enjeu des retraites. Éditions La Dispute (25 mars 2010).
- Duboin Jacques, La grande relève des hommes par la machine. Éditions Nouvelle (1932).
- Bernard Manin, Les principes du gouvernement représentatif. Flammarion (15 septembre 2008).


FIN de la conférence :)

 


 

Conférence à Paris le 15 février 2012, à la Fondation Gabriel Péri:

« Le tirage au sort et l’assemblée constituante : remèdes à la crise de la démocratie représentative ? »

http://www.gabrielperi.fr/Mondialisation-territoires-et

 


Conférence Etienne Chouard - Paris - Partie 1 par Demos-Kratos


Conférence Etienne Chouard - Paris - Partie 2 par Demos-Kratos

 


 

Sur tribords.com, une interview de Paul, ce gentil-virus qui a pensé et réalisé le site le-message.org :

http://www.tribords.com/?tirage-au-sort-democratie-reelle

Tirage au sort : la démocratie réelle ?

La politique, ça vous pique ? Et si on repensait notre manière de voir le pouvoir ?

Tout a commencé par la découverte d'une idée. C'était il y a quelques mois déjà, chez le camarade blogueur Jérôme bien connu dans notre belle blogosphère. Le concept ne date pas d'hier et n'est pas le fruit d'une bande d'illuminés, mais d'une civilisation mythique : il prend ses sources dans l'antiquité grecque qui a fondé la vie politique de sa cité durant 200 ans sur ce modèle ... L'idée c'est le tirage au sort comme moyen politique dans notre société. Dit comme ça, c'est un peu abrupte. Ce n'est pas du tout fait pour ça pourtant ; loin d'une bête provocation pour faire un buzz à l'emporte-pièce, une petite communauté commence à se fédérer sur le web autour de ses idées. Parmi ces citoyens qui veulent maintenant une démocratie réelle, il y a Paul. Il a simplement eu une initiative comme on en fait peu en politique : simplifier le message pour capturer l'attention. Pas au niveau des apparences, des appareils et des postures : des idées. Rencontre avec le créateur du site Le-Message.org : interview !

Qui est Paul, quel est son parcours ?

Vous avez sans doute remarqué qu'il n'est fait mention de moi nulle part sur le site, pas de bio ni même une courte présentation. Alors ce n'est ni une coquetterie ni un secret, je pense juste que cette information n'a aucun intérêt, je vais vous en faire la démonstration immédiatement. Je m'appelle Paul, je suis un citoyen Français en âge de voter depuis une bonne dizaine d'années, je l'ai même fait quelques fois. J'ai fait des études de droit, que j'ai stoppées pour prendre un virage artistique. Je n'ai jamais milité, pas plus en politique qu'ailleurs, comme disait l'autre je suis un citoyen "dégagé" (jusqu'à il y a peu du moins). Et ce dégagement politique s'est confirmé lors de mes années de droit à la FAC pendant lesquelles j'ai instinctivement ressenti l'impuissance citoyenne face à nos si respectables institutions. Reste que je me suis toujours fortement intéressé à l'actualité politique, ce qui pour arranger le tout avait jusqu'ici achevé de me convaincre qu'il n'y avait définitivement rien à faire.

Comment avez-vous découvert le contenu du message ?

Le-message.org est en fait un "résumé" de ce vous pouvez comprendre en lisant et en regardant les conférences d'Étienne Chouard. Il y a quelques mois je n'avais jamais entendu parler de lui, malgré son implication dans le débat sur le référendum sur du Traité Constitutionnel européen en 2005.

Mais au hasard de lectures économiques, je me suis retrouvé devant une vidéo de plus d'1h30, une conférence dans laquelle E.Chouard abordait des problèmes économiques et politiques très concrets en cherchant toujours à en découvrir "la cause des cause", la source commune à ces problèmes. J'ai tenu pendant toute la conférence, passionnante, et j'ai compris que l'impuissance citoyenne que j'avais toujours ressentie, trouvait là une explication limpide.

En gros, quel est le sens du message ? Est-ce un appel ou juste une manière de conscientiser les gens dans l'attente d'un réveil ?

Le site s'appelle Le Message parce qu'il prétend en une phrase donner la clé sans laquelle il n'est pas possible d'agir politiquement. Énormément de gens se battent contre un système qu'ils jugent injuste et tentent de faire entendre leur voix pour changer les choses. Mais toutes ces causes sont finalement en concurrence dans l'espace politico-médiatique, et tout le monde tape dans le même ballon en même temps mais dans des directions différentes. Au final le ballon ne bouge pas. Dire qu'on a trouvé la cause commune de tout ces problèmes (nous ne sommes pas en démocratie, nous ne pouvons donc rien changer), c'est aussi donner la solution du problème : nous devons rétablir une démocratie si nous voulons changer quoi que ce soit.

J'aimerais que ce soit un appel, mais il faudrait crier beaucoup plus fort pour qu'il atteigne suffisamment d’oreilles et de cerveaux. D'autant que vu le nombre d'idées reçues qui sont combattues sur le site, la compréhension du message n'est pas spontanée : par exemple ne serait-ce que d'envisager que l'élection puisse ne pas être une procédure démocratique, cela va tellement à l'encontre de tout ce que l'on a appris et qu'on nous répète en boucle de la crèche au cimetière, que les premières réactions sont forcement défensives. Alors je mise plutôt sur une prise de conscience progressive. Après tout, il y a encore un an j'étais très loin de tout ça, je suis la preuve vivante que comprendre Le Message est une vraie claque, et que ça réveille.

Simplifier pour le web, c'est optimiser la viralité ?

Oui. La raison d'être du message c'est la simplification, et donc une transmission plus facile de l'information. Quand on se retrouve face à la montagne d'informations disponible sur le site d'E. Chouard on se demande par où commencer. Même s'il a créé des pages et des documents pour simplifier le plus possible l'accès aux nouveaux venus, les thèmes sont si riches que le visiteur un peu frileux pourrait renoncer par peur de l'indigestion. Le-message c'est donc le menu light, simplifié, avec tous les défauts que peut avoir la simplification, mais ses avantages aussi. Le but n'est pas de faire changer d'avis ceux qui sont de toute façon opposés à ces idées, ni de prêcher des convaincus, mais d'attraper au passage la curiosité d'un lecteur qui ne s'était peut être jamais posé la question, et avait machinalement pensé comme il faut. C'est ce lecteur là qui est intéressant, et c'est pour lui que j'ai essayé de doser le niveau de complexité du site.

Un des principes phares du tirage au sort c'est que le pouvoir est limité dans le temps. Comment garantir une cohérence dans les décisions à long terme si il n'y a pas de classe et d'idéologie qui domine quelque peu ?

Une bonne constitution démocratique limite les mandats dans le temps car elle organise les contre-pouvoirs, pas les pouvoirs. Le pouvoir est dangereux, le confier trop longtemps et toujours aux mêmes implique mécaniquement l'abus de pouvoir.

Nos institutions actuelles ont donc effectivement permis la domination d'une classe et d'une idéologie : pas la peine d'en décrire ici les conséquences, le résultat est tout simplement catastrophique, à part pour la classe dominante, logique. La seule cohérence pendant deux siècles d'élection a finalement été le pouvoir des plus riches et je suis prêt à sacrifier cette cohérence là à toutes les incohérences que la démocratie pourrait potentiellement impliquer. L'idéologie qui est portée par la démocratie c'est la démocratie elle même : un pouvoir à l'image du peuple qui le crée, pas d'une classe. Bien évidemment la première qualité de ce pouvoir sera de savoir dire : je me suis trompé, mauvaise décision, on change. Et alors ? Quelle catastrophe subirions nous à changer d'avis, plutôt qu'à se tromper une fois pour toutes et pour toujours ?

Quand vous parlez de ce concept hautement politique avec votre entourage, ça grince des dents ?

Déjà ça prend du temps, les réflexes conditionnés par des dizaines d'années de mauvaises informations sont longs à combattre. Et oui, ça grince des dents au départ, mais finalement une fois que j'ai eu le temps d'exposer mon raisonnement, de répondre aux objections (toujours les mêmes) la discussion se termine souvent par une question essentielle qui conclut le débat : soit vous êtes pour la démocratie, et donc contre la fausse-démocratie actuelle, soit pour une oligarchie et donc fondamentalement opposé à l'idée du message. Mais l'essentiel pour moi est qu'à la fin de la discussion, d'accord où pas, on puisse se parler avec des mots dont on ne détourne plus le sens : "démocratie" veut dire quelque chose de bien précis, il faut arrêter d'utiliser ce mot pour décrire l'oligarchie dans laquelle nous vivons. Si déjà rien que cette idée là faisait son chemin dans les consciences, les conséquences seraient énormes. Les mots font tout en la matière, ce n'est pas pour rien que le mot démocratie a été réquisitionné et travesti pour lui faire dire l'inverse de son sens originel.

Un homme comme Jean-Luc Mélenchon avec son programme instaurant une constituante, cela vous semble une idée qui puisse mettre en perspective la démocratie réelle ?

Une constituante certes, mais avec qui dedans ? C'est toute la question. Le mécanisme de l'élection est impitoyable pour la démocratie, remettre à nouveau les clés de la Constitution à des élus, c'est mécaniquement créer une constitution pour des élus, rebelote. Ce n'est pas aux hommes de pouvoir d'écrire les règles du pouvoir, le conflit d'intérêt est flagrant.

Il ne s'agit pas de dire que nos élus sont malhonnêtes, simplement de leur signifier qu'en cette matière ils ne peuvent pas juger sereinement, on récuse bien des juges où des jurés quand un conflit de cette nature se produit au tribunal. La constituante doit donc être composée de citoyens désintéressés, c'est impératif. L'élection ne le permet pas, le tirage au sort le permet.

Selon vous, pourquoi les gens ne veulent pas tant que ça du pouvoir ?

Un détail : si les gens se préoccupaient si peu du pouvoir se donnerait-on le mal de leur faire croire qu'ils sont en démocratie, et donc qu'ils ont le pouvoir ?

Dans les faits il est certain que la plupart des gens se contentent de leur droit de vote comme exercice suffisant de leur "pouvoir" de citoyen. Mais comment les en blâmer vu qu'ils n'ont strictement aucune autre perspective d'action politique. Devenir un vrai citoyen, ça s'apprend, ça se comprend, ça s'exerce. Mais dans notre oligarchie les institutions nous disent : ne vous embêtez pas avec le pouvoir, vos représentants s'occupent de tout. La déresponsabilisation est manifeste, elle est organisée car nécessaire à la bonne marche de l'oligarchie.

Mais en vérité ce n'est pas tant le pouvoir qui importe car il n'intéresse de fait qu'une minorité de gens qui ont un désir suspect de domination, et il est méprisé par les autres qui ont autre chose à faire que de s'occuper de diriger leurs congénères (lire à ce sujet Alain, "Propos sur les pouvoirs", il le dit tellement mieux que ça...). La seule préoccupation des gens devrait en fait être les contre-pouvoirs : nous acceptons puisqu'il le faut de confier un peu de pouvoir à certains mais à condition qu'ils servent l'intérêt général. Si nos serviteurs devaient nous trahir, les contre-pouvoirs prévus par nos institutions devraient nous permettre de nous défendre et de les punir. Rien que cette menace devrait suffire à limiter la tentation d'abuser du pouvoir.

La dictature du divertissement médiatique permanent est un frein à la diffusion de votre message...

Un frein énorme. Et comment rentrer dans le jeu des médias alors qu'on veut en changer toutes les règles ? Les défenses immunitaires des grands médias sont très efficaces pour ridiculiser, démonter, diaboliser et pire ignorer les idées qui ne rentrent pas dans le cadre. Il y aurait la solution de trouver une figure médiatique récurrente pour incarner le message, ce pourrait être très logiquement Étienne Chouard par exemple car il existe déjà médiatiquement. Mais son honnêteté intellectuelle est un handicap terrible dans le débat médiatique. Presque autant que ses idées à contre courant. Et quand bien même, que vaudront dans les esprits 10 minutes d'Étienne Chouard et ses idées nouvelles face à des contradicteurs qui auront à leur service les millions d'heures de lavage de cerveau produits et diffusés depuis 50 ans et qui trimballent tous d'une seule voix les mêmes contre-vérités.

Alors quoi ? Du happening ? Des coups médiatiques ? Avec quels moyens et à quel prix ? Je conçois que ce que je dis là semble particulièrement défaitiste mais il me semble clair que le changement de système devra prendre sa source hors du système. Il est compliqué de le concevoir autrement. Internet est une fenêtre efficace pour la diffusion d'une idée, c'est comme ça que j'ai compris, et c'est comme ça que d'autres comprendront.

Comment les internautes peuvent-t-ils vous aider ?

Très logiquement en diffusant l'adresse du site, en s'appropriant son contenu, en en faisant tout ce qu'il est possible d'en faire : sons, vidéos, images... en débattant, mais pas seulement entre vous (ou alors au début pour s'entraîner). Le message doit sortir du petit cercle des militants et des internautes et toucher le grand public, ça se fera un par un, mais si quelques convaincus se mettent à convaincre à leur tour, et ainsi de suite... Le message passera :)

Ah si ! J'ai une idée : corrompre les élites à mon tour. Si un gagnant à l'euromillion par exemple veut bien me filer quelques dizaines de millions d'euros, je m'en servirai pour acheter quelques élus, ministres, journalistes, éditorialistes etc. qui devront progressivement faire passer mes idées dans la sphère médiatique. C'est pas joli joli mais après tout, s'il n'y a que ça pour les convaincre... Alors, un richissime volontaire à qui j'envoie mon RIB ?

Merci à vous de votre intérêt pour Le-Message.org !

Source : http://www.tribords.com/?tirage-au-sort-democratie-reelle



L'importance de la QUALITÉ DU PROCESSUS CONSTITUANT
dans la résistance contre les abus de pouvoir
(et du tirage au sort de l'Assemblée constituante pour éviter les conflits d'intérêts)
expliqué à la conférence à Metz, avec Attac Moselle, le 22 octobre 2011 :


La suite de la conférence (monnaie privée et dette publique = catastrophe antisociale, puis démocratie athénienne comme germe de solution géniale contre l'oligarchie : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/11/15/163-conference-de-metz-du-22-octobre-2011-video


_______

Une après-midi de radio libre sur
la centralité du tirage au sort dans toute démocratie digne de ce nom,
avec questions des auditeurs, sur Radio Ici et Maintenant, mardi 25 octobre 2011 :

On peut retrouver ça (avec de nombreux commentaires) sur Facebook :

http://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=280309158668452&id=600922316

__________________

 

Et, le même jour, à Paris également, chez Jean Robin,
une intéressante conversation avec Yvan Blot sur la vraie démocratie (forcément directe) :


Débat entre Etienne Chouard et Yvan Blot sur la... par enquete-debat

Commentaires sur Facebook :

http://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=210973388971058&id=600922316&cmntid=211077425627321

_______

Par ailleurs, au cours d'un entretien que j'ai eu à la maison (en septembre 2011) avec Sylvain durain, j'explique en quoi seul le tirage au sort nous permettra de reprendre le contrôle public de la création monétaire :

http://www.sylvaindurain.fr/chouard/ (5 vidéos, suivies de commentaires)

Vidéo n°3 :


Étienne Chouard :
le problème du vol monétaire et la seule solution possible :
le retour du tirage au sort en politique !
par cinequaprod

 

____

 

C'est cette articulation entre souveraineté MONÉTAIRE et souveraineté POLITIQUE que j'explique autrement, dans cette conférence assez particulière (et tonique :-) ) :

 

« L'État et les banques, les dessous d'un hold-up historique »

par Myret Zaki et Étienne Chouard - Genève, 3 décembre 2011, soirée à la fonderie Kugler :


_______

Le texte ci-dessus a fait également l'objet de la deuxième partie d'une autre conférence que j'ai donnée un peu plus tard à Nice, le 29 avril 2011 ; voyez les vidéos ci-dessous, traitant d'abord de la création monétaire (vidéos n°1, 2 et 3 -min 12-13), et ensuite de l'organisation de la démocratie autour du tirage au sort (vidéos 3 min 12-13, 4, 5 et 6).

 

Pour moi, ces deux sujets de réflexion (création monétaire et tirage au sort) sont parfaitement indissociables : on ne récupèrera JAMAIS le contrôle de la création monétaire si on reste dans LA CAGE de "l'élection de nos représentants politiques" :

 


Etienne Chouard à Nice part 1/6 :
les enjeux de la création monétaire
par what_s


Etienne Chouard à Nice part 2/6 :
les enjeux de la création monétaire (suite)
par what_s


Etienne Chouard à Nice part 3/6 :
les enjeux de la création monétaire (suite et fin)
+ transition sur la centralité du tirage au sort en démocratie
par what_s


Etienne Chouard à Nice part 4/6 :
la centralité du tirage au sort en démocratie
par what_s


Etienne Chouard à Nice part 5/6 :
la centralité du tirage au sort en démocratie (suite)
par what_s


Etienne Chouard à Nice part 6/6 :
la centralité du tirage au sort en démocratie (fin)
par what_s


 

 

Voyez aussi les vidéos de trois conférences du mois de septembre 2011, où je traite ensemble — parce que je les crois absolument indissociables — la nécessaire maîtrise publique de la création monétaire et le tirage au sort comme fondement consubstantiel de toute démocratie digne de ce nom :

 

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/09/27/146-sept-2011-conferences-et-controverses-sur-la-monnaie-et-sur-le-tirage-au-sort-en-politique

 


Conférence Étienne Chouard Montpellier 22/11/2100 1/4 par Tostain2010

 


Conférence Étienne Chouard Montpellier 22/11/2100 2/4 par Tostain2010

 


Conférence Étienne Chouard Montpellier 22/11/2100 3/4 par Tostain2010

 


conférence Étienne Chouard Montpellier 22/11/2100 4/4 par Tostain2010

 


 

Ø Voyez ensuite cette vidéo (déjà ancienne, mais encore utile) :

   « Faut-il tirer au sort nos députés ? »
un débat télévisé sur LCP (La Chaîne Parlementaire)

dans l’émission 'Impertinences' avec Bruno Masure (printemps 2007) :


É. CHOUARD 1/1 - LE TIRAGE AU SORT DES DÉPUTÉS - LCP 2007.

 

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Hervé Chaygneaud-Dupuy, dont l'intervention est diffusée au coeur du débat ci-dessus, est quelqu'un de passionnant. C'est lui qui m'a donné, il y a quelques années,l'idée géniale de combiner l'élection et le tirage au sort avec deux chambres, l'une élue, qui serait la chambre des professionnels de la politique, la Chambre des Partis, et l'autre tirée au sort, qui serait la chambre des non professionnels de la politique, la Chambre des Citoyens : aucune loi ne pourrait être imposée au corps social sans l'aval des deux chambres, chacune aurait un droit de veto. Voyez son plaidoyer, je l'ai trouvé formidable :

« DES DÉPUTÉS TIRÉS AU SORT - PROPOSITION ICONOCLASTE POUR DES CITOYENS LÉGISLATEURS  »

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/HCD_deputestiresausort.pdf


 

Ø Consultez ensuite ce florilège que j'ai composé pour nos ateliers de l'UPPA
(Université Populaire du Pays d'Aix en Provence) :
« UP_d_Aix_sur_le_tirage_au_sort_kleroterion_Sintomer_Montesquieu_Tocqueville.pdf »

Vous trouverez, dans la compilation ci-dessus, les textes importants suivants :

 

• Un extrait (du chapitre 2) du livre littéralement passionnant
d’Yves Sintomer, « Le pouvoir au peuple. Jurys citoyens, tirage au sort et démocratie participative », La découverte, mars 2007.

 

• Des images de klérotérion, la machine à tirer au sort qui a servi il y a 2500 ans à désigner les magistrats tous les matins parmi les milliers de citoyens présents chaque jour. Yves Sintomer explique cette formidable procédure antique ; livre à connaître,

 

• Le jugement très favorable que Montesquieu portait au tirage au sort, rappelé par Bernard Manin, dans son livre enthousiasmant, "Principes du gouvernement représentatif",

 

• Le plaidoyer formidable de Tocqueville pour les jurys citoyens tirés au sort, institution politique émancipatrice et pédagogique : le chapitre VIII de l a 2e partie « De la démocratie en Amérique » est une pure merveille. Ne ratez pas ça, c'est superbement écrit,

 

• ... et quelques textes réglementaires sur les procédures actuelles du tirage au sort des jurys d'Assises en France.


 

Ø Je vous propose ensuite un enregistrement sonore d'une conférence récente, à Paris, où j'ai pu résumer pourquoi une démocratie digne de ce nom NE PEUT PAS se passer du tirage au sort : l'élection est la négation même de la démocratie, le chemin forcé vers une oligarchie ploutocratique : il faut comprendre pourquoi, par quels mécanismes. Il faut aussi (et surtout) comprendre par quelles astucieuses institutions les Athéniens s'étaient durablement protégés contre les risques — qu'ils redoutaient, eux aussi, bien sûr — du tirage au sort :

 

Le tirage au sort comme bombe politiquement durable contre l'oligarchie
Conférence à Paris, samedi 26 février 2011 (audio, 2 h):

http://www.demosphere.eu/node/22964

 

'

• Format mp3 (122 mo)
http://dl.free.fr/eHe6pnMHQ

• Format Ogg Vorbis (62 mo)
http://dl.free.fr/dIv9HDCk6

• Format FLAC non destructif (open source), qualité CD, identique à l’enregistrement (722 mo)
http://dl.free.fr/dyApdrjB2

Merci à Stéphane pour avoir enregistré et diffusé cette conférence.

 


 

Voyez aussi ces deux fragments d'un entretien récent à la maison :

• Le système électif :


Entretien avec Etienne Chouard - 3 - le système... par culture-libre

 

• Le tirage au sort :


Entretien avec Etienne Chouard - 4 - le tirage... par culture-libre

 

 


 

Ø Vous pourrez ensuite consulter quelques fils très importants du FORUM, spécifiquement consacrés, ou pas, au tirage au sort et à ses modalités :

 

Attention, chacune des cinq lignes ci-dessous est un océan de bonnes idées à consulter soigneusement. Ne ratez pas ces discussions. Et venez nous rejoindre ! :-)

 

 

Ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir

  http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=16

 

 

Désignation des représentants politiques : élections (et avec quel mode de scrutin) ou tirage au sort ?

  http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=20

 

 

Quelle Assemblée Constituante ?

  http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=32

 

 

Le cœur de la Démocratie : formation, expression et respect de la volonté générale

  http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=84

 

 

Une Assemblée Constituante tirée au sort pour constituer l'Union Européenne

 

 

En fait, vous verrez dans le forum que le tirage au sort fait encore l'objet d'âpres et passionnantes discussions.


 

 

Ø Je vous signale aussi ces billets relatifs au tirage au sort sur le BLOG :

 

Là aussi, bien sûr, vous pouvez participer.

 

Recul de nos libertés sous prétexte de "sécurité" : NOUS N'AVONS PAS DE CONSTITUTION (oct. 2007)

  http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2007/10/19/84-recul-de-nos-libertes-sous-pretexte-de-securite-nous-n-avons-pas-de-constitution

 

 

Bien fait pour vous ! (nov. 2008)

  http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2008/11/18/97-bien-fait-pour-vous

 

 

Méconnue, l'arme suprême du peuple contre la corruption des riches : le tirage au sort à la place de l'élection (2011)

  http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2010/12/17/111-meconnue-l-arme-supreme-du-peuple-contre-la-corruption-des-riches__le-tirage-au-sort-a-la-place-de-l-election

 

 

Conférence 20 février 2011 à Six-Fours : le tirage au sort comme bombe politiquement durable contre l'oligarchie

  http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/02/03/113-le-tirage-au-sort-comme-bombe-politiquement-durable-contre-l-oligarchie

 

 

L'oligarchie ça suffit, vive la démocratie ! Oui, mais pas de démocratie sans tirage au sort ! (2011)

  http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/02/08/116-l-oligarchie-ca-suffit-vive-la-democratie-mais-pas-de-democratie-sans-tirage-au-sort

 


 

Par ailleurs, il a été question du tirage au sort sur des lieux de débat extérieurs à mon site, assez fréquentés :

 

D'abord, sur le Big Bang Blog de Daniel Schneiderman :

Big Bang Blog

 

 

• « Le tirage au sort, d’Étienne Chouard à Ségolène Royal : Wiki-enquête sur un revival athénien »

un débat très intéressant ; c'est polémique, mais justement : on ne progresse jamais tant que dans la contradiction :

http://web.archive.org/web/20070620232350/www.bigbangblog.com/article.php3?id_article=457

 

Quelques jours après, ce billet de Daniel a été suivi par cet autre billet :

 

• « Et si la 6ème République venait de commencer ? Le BBB s’autoproclame jury-tiré-au-sort de Royal »

http://web.archive.org/web/20070620231153/www.bigbangblog.com/article.php3?id_article=459

Dans le débat ci-dessus, je vous recommande les commentaires de "Sam", souvent littéralement passionnants sur le tirage au sort de l'Assemblée constituante (cherchez l'expression "par Sam" dans la page).

 

-------------------

• « Des bases juridiques pour les contre-pouvoirs, par Etienne Chouard, sur le blog de Paul Jorion »

http://www.pauljorion.com/blog/?p=2797

   « Commentaires relatifs au billet d’Etienne Chouard, sur le blog de Paul Jorion »

http://www.pauljorion.com/blog/?p=2809


On trouvera aussi quelques explications utiles sur le tirage au sort dans l'immense fleuve, 8 511 pages, de réflexions accumulées pendant deux ans sur le blog de Paul Jorion et que j'ai compilées en un fichier unique (43 Mo, à télécharger une fois pour toutes) :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Tout_notre_debat_sur_la_monnaie_chez_Paul_Jorion.pdf
Voyez notamment mon échange avec Scaringella (p 713 et 718), avec Fab (p 2221 et s.), avec Daniel (p 2331 et s.), page 4299, avec Barbe-toute-bleue (p 4306 et s.), pages 4365 à 4488, sur l'iségoria (p 6326 et s.)...

 


 

 

Ø Mais pour comprendre en profondeur la force de cette idée révolutionnaire, il faut absolument appronfondir la question et lire quelques LIVRES.

 

Je vous recommande chaleureusement les sept ouvrages suivants, que je ne saurais classer par ordre de préférence tant ils m'ont tous emballé, SEPT livres qui m'ont donné un plaisir rare ; je n'exagère pas : on y parle librement de ce qui, à mon avis, décidera du bonheur ou du malheur de l'humanité, rien que ça :

 


Bernard Manin, « Principes du gouvernement représentatif » (Champs Flammarion, 1995).



M. H. Hansen, « La démocratie athénienne à l’époque de Démosthène » (Les Belles Lettres, 2003).



Moses I. Finley, « Démocratie antique et démocratie moderne » (Petite bibliothèque Payot, 2003).



Yves Sintomer, « Le pouvoir au peuple. Jurys citoyens, tirage au sort et démocratie participative » (La Découverte, 2007).



Jacques Rancière, « La haine de la démocratie » (La Fabrique, 2005).



Cornelius Castoriadis, « Post-scriptum sur l'insignifiance. entretiens avec Daniel Mermet » (Poche Essai, 1998).



Simone Weil, « Note sur la suppression générale des partis politiques » (Climats, 1957).



• Mais aussi, il ne faut surtout pas rater le monument d'Alexis de Tocqueville, « De la démocratie en Amérique », où il est parfois question du tirage au sort, et dans quels termes élogieux !

Voyez surtout l'extrait que j'ai reproduit dans ce florilège pour l'UP : « UP_d_Aix_sur_le_tirage_au_sort_kleroterion_Sintomer_Montesquieu_Tocqueville.pdf »



 

 

 

Sur la critique de l'élection, des partis et de la corruption associée
(sujets évidemment connexes de celui du tirage au sort),
vous lirez aussi avec intérêt :

 

Jacques Lazure, « Abolir les partis politiques » (Libre pensée, 2006).

 

Simone Weil, « Note sur la suppression générale des partis politiques » (Écrits de Londres, Gallimard 1957).

 

Philippe Bréaud, « le suffrage universel contre la démocratie », (PUF, 1980).

Fabrice Wolff, « Qu'est-ce que la démocratie directe ? Manifeste pour une comédie historique », (éditions antisociales 2010).

 

Robert Michels, « Les Partis politiques, essai sur les tendances oligarchiques des démocraties » (2011)., (PUF, 1980).

 

 

 

 

Alain Garrigou, « Les élites contre la République, Sciences Po et l'ENA », (La Découverte 2001).

 

• Hervé Kempf, « Comment les riches détruisent la planète », (Seuil 2007)

 

• Hervé Kempf, « L'oligarchie ça suffit, vive la démocratie », (Seuil 2011)

 

Alain Soral, « Comprendre l'Empire. Demain la gouvernance globale ou la révolte des nations », (Éd. Blanche 2011).

 

 

 

Sur la très nécessaire VIGILANCE, quotidienne, intime, de tous les citoyens, il y a un phare de la pensée, un livre immense, peut-être LE livre que j'emporterais sur une île déserte si je devais en choisir un seul, une merveille, un précieux collier de perles de pensées, toutes plus utiles les unes que les autres, toutes fortes et simples... Un livre que chacun devrait lire, relire, travailler et annoter toute sa vie, depuis la petite école jusqu'au bout :
Émile Chartier, dit 'ALAIN', « PROPOS SUR LE POUVOIR »

 

 


 

Et comment on fait,

concrètement ?

 

Vous trouverez ici une vidéo un peu plus longue où j'explique en détail mes propositions d'Assemblée constituante tirée au sort, et les raisons solides que nous pouvons tous avoir de ne PAS craindre la procédure aléatoire :

 

J'ai rendu visite à Thierry Crouzet chez lui et il a filmé notre conversation : ça permet de faire le tour tranquillement de mes analyses et de mes propositions, concrètement, en réfutant paisiblement la plupart des objections.

Thierry a publié cet entretien sur son blog, "Le peuple des connecteurs" :

 


Pour une Assemblée constituante citoyenne 1/2


Pour une Assemblée constituante citoyenne 2/2.

Les objections habituelles qui essaie de discréditer la démocratie athénienne (au motif que la démocratie athénienne tenait à l'écart les femmes, les esclaves et les étrangers, ce qui est une remarque à la fois vraie et hors sujet) sont méthodiquement réfutées (vidéo n°2, minute 6:30 et s.).

Ne vous laissez pas embobiner par ces mauvais procès contre la démocratie athénienne, qui est à coup sûr la meilleure protection inventée par les humains contre les voleurs de pouvoir.


 

 

Si vous êtes très pressé, vous avez bien 10 minutes, quand même... :-)

Voici une très courte vidéo où j'arrive à dire à peu près tout ce qui compte vraiment sur l'Assemblée constituante tirée au sort :

 


ÉTIENNE CHOUARD AU LIEU UNIQUE DE NANTES .1

 

 


 

Ø Il y a aussi sur Internet de nombreuses ressources téléchargeables sur le sujet passionnant du tirage au sort. Le système qui consiste à tirer au sort tous nos représentants s’appelle la stochocratie ou la clérocratie :

 

http://stochocratie.free.fr/

• et le livre de "Roger de Sizif", « La stochocratie » (Les Belles Lettres, 1998).

 

 

http://www.clerocratie.com

• et le livre de "a href="http://www.amazon.fr/Pour-en-finir-avec-d%C3%A9mocratie/dp/2876031841">François Amanrich, « Pour en finir avec la démocratie » (Papyrus, 2006).

 

• Aussi, un SCHÉMA très intéressant des institutions athéniennes :


(Pour agrandir l'image, cliquez dessus, puis Ctrl+roulette souris...)

 

 

 

http://www.mic-fr.org/indexf.html (précieuse ressource sur le référendum d'initiative citoyenne)

 

• et cette synthèse extraordinaire de Jos Verhulst & Arjen Nijeboer, « Démocratie directe, faits et arguments sur l'introduction de l'initiative et du référendum » : http://www.democracy-international.org/fileadmin/pdfarchiv/di/chapters-fr/02-democratie-directe-fr.pdf


 

Voyez aussi les expériences pratiques ayant utilisé le tirage au sort :

 

« Conférence de Citoyens sur les OGM : une expérience enthousiasmante » par Michel Pimbert :

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/2006-05-20_Michel_Pimbert_Terre_a_terre.htm


 

 

Ø J'attire aussi votre attention sur ce livre particulier, téléchargeable uniquement sur mon site, à qui je dois une fière chandelle parce que c'est lui qui m'a fait découvrir le tirage au sort pour la première fois, en septembre 2005 : c'est un des mes milliers de lecteurs du printemps 2005 qui m'a envoyé d'autorité son livre et ses disquettes à la maison, puis qui m'a appelé maintes fois, et quand j'ai enfin lu son livre, ça m'a scotché, bouleversé, et j'ai passé ensuite des milliers d'heures à appronfondir ce sujet décisif et méconnu.

Donc, merci à toi, Pierre :-) (André Tolmere est un pseudo).

 

Chers amis, lisez donc André Tolmère, « Manifeste pour la vraie démocratie », ça remue.

 


 

 

Dernière mise à jour de cette page : 9 mai 2014
(je suis affreusement en retard, j'ai des centaines de livres à vous signaler... Pas le temps, pardon.)

 

Étienne.

Bibliographie sur le tirage au sort
    Vidéos (non Chouard)














  • Minute 5:20 "la démocratie c'est le pouvoir des pauvres sur les riches" Minute 9/00 : mode d'emploi du klèrotèrion (machine à tirer au sort)
Raccourcis saisissants
"Je ne crains pas suffrage universel : les gens voteront comme on leur dira".
Alexis de Tocqueville.
 

"Ce sont les Grecs qui ont inventé les élections. C'est un fait historiquement attesté. Ils ont peut-être eu tort, mais ils ont inventé les élections ! Qui élisaient-on à Athènes ? On n'élisait pas les magistrats. Les magistrats étaient désignés par tirage au sort ou par rotation. Pour Aristote, souvenez-vous, un citoyen est celui qui est capable de gouverner et d'être gouverné. Tout le monde est capable de gouverner, donc on tire au sort. Pourquoi ? Parce que la politique n'est pas une affaire de spécialistes. Il n'y a pas de science de la politique. Il y a une opinion, la doxa des Grecs, il n'y a pas d'épistémè [Ensemble des connaissances réglées propres à un groupe social, à une époque].

Je vous fais remarquer d'ailleurs que l'idée qu'il n'y a pas de spécialistes de la politique et que les opinions se valent est la seule justification raisonnable du principe majoritaire."

Cornélius Castoriadis, Post scriptum sur l’insignifiance.


 

Pour justifier le tirage au sort, plutôt que l’élection :
ne surtout pas donner le pouvoir à ceux qui le désirent.

Je vous propose d'étudier cette pensée d'Alain, qui est peut-être la plus forte, la plus éclairante de toutes :


« Car enfin le trait le plus visible dans l’homme juste est de ne point vouloir du tout gouverner les autres et de gouverner seulement lui-même.
Cela décide tout.

Autant dire que les pires gouverneront.
 » 

Alain, 10 décembre 1935