Chers amis,

Vous allez voir ci-dessous une nouvelle vibrante synthèse, le cri de rage d'un vieux représentant (de l'État US du Vermont, je crois), un représentant qui représente enfin (ce n'est pas trop tôt, a-t-on envie de dire).

Mais, —peut-il faire autrement ?— cet élu en colère ne dit pourtant pas un mot de la cause réelle de ce qu'il dénonce très justement : L'ÉLECTION, qui permet aux riches d'acheter le pouvoir politique.

Et puisqu'il rate la vraie cause des prétendues "crises" (ce ne sont pas des crises pour tout le monde), il rate aussi la vraie solution : le TIRAGE AU SORT des représentants et de leurs contrôleurs.

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Sénateur US Bernie Sanders :
une guerre fait rage, menée par 1% de riches insatiables contre le peuple tout entier

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Pour chacun d'entre nous, c'est de plus en plus clair ; les "crises" successives ne sont pas des crises pour tout le monde. Chacun peut constater, caricaturalement, objectivement, que la cause première de tous nos malheurs sociaux, la cause principale, celle qui est en amont de toutes les autres et qui les détermine, celle dont nous devrions tous nous occuper en toute première priorité, c'est l'existence-même de citoyens ultra-riches, riches au point non seulement d'accaparer ce qui manque à tous les autres, mais riches surtout au point de pouvoir corrompre tous les acteurs — publics et privés— de la vie sociale (y compris les "économistes" et les "sondeurs", les journalistes, les professeurs, les juges, les forces armées, les élus et tous les porteurs de pouvoir) ; si riches qu'ils sont prêts à tuer, prêts à massacrer même (voyez dans tous les pays "pauvres", rendus pauvres par eux) pour conserver leurs privilèges.

L'argent, par accumulation excessive, crée des malades mentaux, à l'évidence nuisibles au corps social et non nécessaires.

Donc, une société qui veut survivre pacifiée doit mettre en place DES INSTITUTIONS qui interdisent que quiconque devienne trop riche : revenu maximum, héritage limité, propriété privée protégée mais limitée, et autres idées modératrices de tout hubris. Ces institutions sont des règles de droit supérieures qui doivent être absolument inaccessibles aux acteurs qu'elles régissent (ceci est essentiel).

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Mais (pour l'instant), personne ne remonte à la véritable source de la pollution des rives de notre fleuve social. Chacun des militants s'occupe de la rive polluée qui le révolte le plus, mais aucun militant ne se préoccupe de la source (commune) de toutes ces pollutions : qui donc écrit le droit du droit ? Qui écrit (et qui révise) ces mauvaises constitutions qui laissent les riches contrôler le pouvoir, tous les pouvoirs ? Qui écrit si mal ? Des élus ? Élus grâce à qui ? Des élus qui ont des dettes envers qui ? Moi, je trouve ça facile à comprendre, et je m'étonne d'être toujours aussi seul.

Si on veut être réaliste, QUI PEUT ÉCRIRE de bonne institutions ? N'importe qui ? Presque, mais pas tout à fait : il ne faut pas que ceux qui écrivent le droit du droit doivent quoi que ce soit aux riches. Ces bonnes institutions, protégant le plus grand nombre contre les riches du moment, ne peuvent voir le jour qu'à travers une Assemblée constituante indépendante des riches du moment, une Assemblée désintéressée. Cela tombe sous le sens, un enfant peut le comprendre. Et pourtant personne n'en fait une priorité. Personne même n'en parle. Certes, que les professionnels de la politique le taisent, chacun peut le comprendre (ils y ont beaucoup à perdre, personnellement), mais que les simples citoyens s'en moquent, c'est pour moi mystérieux.

Donc, il nous faut une Assemblée constituante indépendante des riches. Or précisément —et c'est là un point cardinal, décisif— l'élection permet aux riches d'acheter le pouvoir : en finançant la campagne électorale des élus et en contrôlant les médias qui rendent possible ou impossible toute élection, les riches prennent le contrôle de tout régime de représentation élue, régime qui n'est alors plus du tout une démocratie mais une ploutocratie. Nous y sommes aujourd'hui : les humains que nous élisons ne nous servent pas du tout mais servent les riches qui les ont fait élire. À part quelques oiseaux rares comme le sénateur ci-dessus (et quelques Mélenchon, Généreux ou Dupont-Aignan), armés d'une morale résistante, la classe politique, par le mécanisme viscéralement corrupteur de l'élection est — très logiquement — tout à fait corrompue.

Donc, il ne faut surtout pas que la prochaine Assemblée constituante soit élue : il est tout à fait prioritaire que cette assemblée fondatrice ne doive rigoureusement rien aux riches du moment.
De même pour le Conseil constitutionnel et les juges qui feront ensuite respecter la Constitution.

La première démocratie au monde sera instituée par une Assemblée constituante tirée au sort.
Et elle sera protégée ensuite par un Conseil constitutionnel et des Jurys eux aussi tirés au sort.

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Mais les humains de 2010 sont-ils capables, nos contemporains sont-ils assez éduqués, assez indépendants de la propagande du moment, assez lucides pour comprendre l'évidente illusion de l'élection (qui n'a JAMAIS tenu ses promesses) et admettre l'importance vitale du TIRAGE AU SORT ?

Bien sûr, je n'attends rien des politiciens de métier, que cette idée proprement révolutionnaire mettrait au chômage ; je n'attends quelque chose que des autres.

Sans espoir véritable, à vrai dire.

:-(

Étienne.

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Les hommes seuls [contrairement aux autres animaux] subissent éternellement les mêmes douleurs, n'ayant jamais voulu changer les conditions qui les produisent. Louise Michel, Prise de possession (1890).

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Il faut bien que la vérité monte des bouges, puisque d'en haut ne viennent que des mensonges. Louise Michel, Prise de possession (1890).

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Pour ceux qui découvrent ici l'étonnante idée du tirage au sort, je rappelle mes recherches sur cette procédure fondamentale : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/tirage_au_sort.php