Bonjour à tous

Un petit mot pour vous signaler que je suis gentiment invité (par Emmanuel Laurentin et l'équipe de France Culture)
aux Rencontres de Pétrarque, à Montpellier, jeudi prochain 19 juillet, sur le thème
"La crise économique éclipse-t-elle le politique ?"

(Personnellement, je n'aurais pas posé la question comme ça... :) )

L'annonce (avant) : http://www.franceculture.fr/evenement-les-xxviies-rencontres-de-petrarque

Les podcasts (après) : http://www.franceculture.fr/emission-les-rencontres-de-petrarque

Si tout se passe comme prévu, je devrais aussi participer (un peu) aux échanges du lendemain, intitulés
"Internet, stade final de la démocratie ?"

(Idem)


La semaine d'échanges sera ouverte par Luc Boltanski, dont voici un article qui pourrait être une introduction, intitulé
"Notre avenir est-il démocratique ?"

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/11/notre-avenir-est-il-democratique_1732113_3232.html


Boltanski — qui a écrit des livres très intéressants— relève ici (mais presque à mots couverts, je trouve) quelques problèmes graves de notre organisation politique, mais selon moi, il rate l'essentiel : la très mauvaise qualité des processus constituants. J'essaierai de lui en parler si j'ai la chance de le rencontrer.

- Il semble regretter le mauvais sort (l'accusation de paranoïa "complotiste" et "populiste") qui est fait ces temps-ci aux plus graves critiques publiques de l'État, malgré ses mensonges évidents pour faire la guerre ;

- il souligne l'importance pour toute institution de l'obligation de subir constamment des CRITIQUES, et donc du droit pour tous de critiquer publiquement (c'est l'iségoria, ça, et la mise en scène des conflits, bien sûr) ;

- il insiste opportunément sur le fait que le droit de parole doit avoir "prise sur la réalité" pour avoir du sens (c'est une façon de dire gentiment que, actuellement, on prend les gens pour des c. en ne leur laissant exprimer que des paroles sans effet et sans force) ;

- il évoque l'importance centrale des institutions, ok, mais sans dire un mot des dramatiques conflits d'intérêts qui règnent, toujours et partout, dans les processus constituants ;

Et il utilise (comme tout le monde) le mot >>démocratie<< à l'envers quand il parle en fait du gouvernement représentatif, régime dont chacun sait sur ce blog qu'il a été sciemment et explicitement voulu par ses auteurs comme antidémocratique.

Espoir : quand Boltanski parle d'un nécessaire "changement plus radical qui concerne la relation aux règles mises en place par les institutions et qu'il souligne que "L'égalité dans ce domaine est l'un des principes de base de la démocratie", ce n'est pas assez clair, je trouve : parlerait-il du droit de tous à écrire ou évaluer les institutions ?! Je n'ose y croire.

Je redoute, bien sûr, d'avoir très peu de temps pour parler, mais on verra bien. Si on a une heure et demie pour quatre invités, on va bien arriver à parler un quart d'heure, non ? :)

Je tâcherai de semer quelques graines de vraie démocratie (et donc de tirage au sort) sur les ondes du service public ; ce ne sera pas trop tôt.

Étienne.


[Mise à jour 28 juillet 2012 : ]

Quelques vidéos pirates de ces rencontres de Pétrarque, avant d'avoir la retransmission sur France Culture, les derniers samedis d'août de 19h à 20h30 :

Jeudi 19 juillet 2012 - thème : "La crise économique éclipse-t-elle le politique ?" :


19 juillet 2012 Etienne Chouard Montpellier... par Le_Plan_C


19 juillet 2012 - 2 sur 3 - Etienne Chouard... par Le_Plan_C


19 juillet 2012 - 3 sur 3 - Etienne Chouard... par Le_Plan_C


Un autre point de vue de la même intervention (du 19 juillet) :

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Vendredi 20 juillet 2012 - thème : "Internet, stade final de la démocratie ?" :


20 juillet 2012 Etienne Chouard Montpellier... par Le_Plan_C


[Mise à jour 27 août 2012 :
les deux émissions ont été diffusées sur France Culture, samedi 18 et samedi 25 août, à 19H.
Voici les liens vers les deux enregistrements officiels :

La crise économique éclipse-t-elle le politique ?

Internet, stade final de la démocratie ?

Il se trouve que mon intervention du deuxième jour a été substantiellement censurée,
peut-être simplement par manque de temps nous dira-t-on, OK.
Pour fixer les idées et pour que chacun puisse juger sur pièces,
je détaille la teneur précise de ce "coup de ciseaux journalistique" dans un billet spécifique :
"France Culture : exemple vécu d'une (petite) censure (peut-être ordinaire, mais un peu amère)".]