Documents

Mon propos est de résister aux abus de pouvoir, à tous les abus de pouvoir.

 

Dans ce sens, j'ai produit mes propres documents et je les regroupe d'abord ci-dessous (1).

 

Mais j'ai aussi engagé un travail de lecture considérable : plus de 1 600 livres depuis 2004 (au dernier recensement d'août 2011 :-), sans compter les milliers de documents sélectionnés sur Internet : par exemple, ma page 'Liens et documents en totalité' fait presque 800 pages fin 2009.

 

Il y a longtemps, malheureusement, que je n'arrive plus à tenir à jour ma bibliographie commentée, mais j'essaie quand même de signaler de temps en temps le plus important du plus important : vous trouverez, dans une deuxième partie (2), ce florilège de quelques documents que je trouve absolument essentiels pour comprendre les abus de pouvoir et leur résister efficacement.

 

Je crois que nous n'avons vécu pour l'instant que la préhistoire de la démocratie, et que notre espèce ne sortira de cette sorte d'enfance politique que quand elle prendra conscience de l'importance décisive de la qualité du processus constituant.

 

Étienne.

1. Mes propres documents (et quelques débats qu'ils ont suscités)

• Mon premier document
(et des réactions) contre le projet européen de « traité constitutionnel » :

Une mauvaise constitution qui révèle un secret cancer de notre démocratie
MAJ : 17 juin 2005

Le document précédent a circulé sur le net comme une traînée de poudre et, rapidement, les médias en ont parlé (voir colonne voisine, à venir) et certains politiciens professionnels ont fait semblant de répondre.

 

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Le cas particulier de Dominique Strauss-Khan et de Bastien François :

 

La principale "réponse" (qui a ensuite circulé dans les boîtes email comme si elle était la preuve d'un débat achevé, alors que ce débat n'avait pas même commencé) a été formulée par Bastien François (professeur de droit public à la Sorbonne) et qui a été publiée par Dominique Strauss Kahn sur son blog :

 

22 avril 2005 : Réponse de Dominique Strauss-Khan à Étienne Chouard (où DSK se référe simplement au texte de BF sans produire lui-même une seule objection précise). (L'original a disparu, je mets donc un lien vers une copie.)

 

22 avril 2005 : Réponse de Bastien François à Étienne Chouard. (L'original a disparu, je mets donc un lien vers une copie.)

 

Débordé par mes centaines de mails quotidiens (et ma folie d'essayer de répondre à tous), je n'ai pas vu tout de suite le SCUD de Bastien François, et je n'ai même pas répondu tout de suite après l'avoir lu, tant je le trouvais faible dans son argumentation, et donc a priori peu dangereux pour ma thèse.

Puis, en constatant que cette réponse (à mon sens indigne d'un professeur de droit) circulait partout avec une réputation d'autorité malgré sa faiblesse, j'ai entrepris d'y répondre à mon tour comme il faut, un peu trop tard sans doute :

 

Bastien François, en conclusion, dénonçait dans mon texte de "grossières erreurs juridiques"... But look who's talking :-)

J'ai d'abord répondu rapidement :

8 mai 2005 : grossières erreurs juridiques ?

 

J'ai ensuite réfuté très soigneusement toutes les prétendues objections de Bastien François
(voyez aussi d'autres réponses, d'autres lecteurs, ci-dessous),
mais il n'a plus donné le moindre signe de vie et le débat n'a finalement pas eu lieu.

 

Jusqu'à plus ample informé, donc, je considère que Bastien François (et Dominique Strauss-Khan) se sont (et nous ont) trompés sur tous les points, comme je l'ai démontré méticuleusement, sans réponse.

 

Deux autres résistants ont formulé des réponses très bien argumentées, et complémentaires de la mienne parce que jouant sur des registres différents.

 

: autres réponses à Bastien François
23 mai 2005• Échanges importants

 

Cette controverse (éludée par les ouiistes qui manquaient —et manquent toujours— d'arguments solides pour justifier le coup d'État de l'UE) est encore d'une brûlante et triste actualité : à relire pour garder en tête les mensonges des riches pour protéger leurs privilèges, et pour mieux résister aux prochaines propagandes.

 

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Pendant ce temps, des lecteurs enthousiastes (je recevais plus de 300 mails par jour, et 10, 20, 30, 40 000 visites par jour sur le site !) m'ont envoyé des traductions de mon texte initial (Une mauvaise constitution...), que j'ai bien sûr publiées au fur et à mesure :


• Translations
(traductions diverses)
14 mars 2007
      

 

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Ensuite, pendant la campagne référendaire, et en réponse aux débats passionnés qui sont nés un peu partout, j'ai précisé ma pensée sur quelques points stratégiques (que l'on retrouve dans mon journal (pdf), en commençant pas le bas) :


Énervé par l'incroyable viscosité intellectuelle des journalistes, je les ai interpelés dans une lettre ouverte
(suivie ici de la fausse réponse de Bernard Guetta sur France Inter, et de ma propre réaction à cette esquive déplorable) :

 

• 2 avril 2005 (ÉC) : lettre ouverte à Pascal Paoli et à Bernard Guetta (et à tous journalistes professionnels)

• 9 avril 2005 (ÉC) : Constitution ou traité ? Progrès ou pas ?

 

La presse a commencé à s'occuper de mon texte-virus à partir de l'article de Thomas Lemahieu :

 

9 avril 2005 (L'Humanité, Thomas Lemahieu) : Et si Étienne Chouard faisait gagner le « non »

 

 

Assez vite, le site Publius s'est emparé de mon argumentation et a prétendu la réfuter, mais toujours en tordant le sujet et en esquivant les enjeux essentiels (là encore, je n'ai découvert ce blog que beaucoup plus tard) :

 

• 11 avril 2005 (Publius) : Etienne Chouard, symbole du non

 

• 13 avril 2005 : essai de clarification du débat sur le TCE, amicales mises au point.

 

Daniel Scheiderman a répéré mon texte grâce aux lecteurs-antennes-sensitives de son Big Bang Blog ("La mauvaise Constitution.." y est signalée par Actustragicus dès le 4 avril),

 

15 avril 2005 (Libération, Daniel Schneidermann) : Chirac-Chouard, le vrai débat.

 

 

Nous avons finalement voté non, un vrai non franc et massif. Mais cela n'a servi à rien car un viol était déjà programmé dans ce cas de figure.


 

Des résistants d'autres pays m'ont fait venir chez eux pour faire des conférences.

J'y ai utilisé le document suivant comme support :

Résistances des citoyens d'Europe contre des traités forcément inconstitutionnels (par définition)
mon intervention à Berlin 2007, 21 mars 2007
(format ppt ; français & anglais, pensez à imprimer les commentaires)


 

Les documents publiés par la suite ont pris du recul sur toutes les Constitutions :

 
• Grands principes d'une bonne Constitution…
MAJ : 8 octobre 2007

 

 

• Résumé des 50 principes en un seul tableau A4
(- au format HTML)

(- au format Excel avec des calculs)

- Traduction de ce résumé en italien

  

Et puis, vous apprécierez sans doute cet outil pratique et pédagogique pour évaluer les différentes campagnes électorales partisanes:

• Un tableau comparatif des projets constituants (xls) :
pour comparer point par point (point essentiel par point essentiel, au lieu des faux débats imposés par les candidats), comparer les projets des candidats à la présidentielle et d'autres projets citoyens alternatifs. Version RTF, 29 avril 2007.

 


 

• Les ÉCHANGES PUBLICS, sur d'autres sites interactifs que le mien (et où je suis longuement intervenu pour défendre mes thèses) vous aideront également à comprendre mon travail ; c'est peut-être la façon la plus attrayante de le découvrir, d'ailleurs, parce que "ça saigne" parfois: je me fais agresser et je me défends... Ça fait du spectacle, c'est une mise en scène des conflits qui, comme l'a génialement prévu la (vraie) démocratie, donne de l'appétit politique aux citoyens et participe à en faire des citoyens ACTIFS :

 

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/debats_externes.php

 


 

• LES VIDÉOS DES CONFÉRENCES, surtout en 2009, sont une façon différente de présenter mon travail.
Vous en trouverez un récapitulatif sur la page "RÉSUMÉS (vidéos, audios, textes)" :

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/tous_les_resumes.php

 

2. Documents utiles en renfort

D'abord, une sélection de textes vraiment remarquables, à lire et à relire :

 

• « Quelle Europe construire ? Les termes du débat. » par R. Joumard, H. Paraton, M. Christian & JF Escuit (pdf - espagnol pdfpolyglotte pdf)

 

• « Proposition iconoclaste pour des citoyens législateurs : des députés tirés au sort » par Hervé Chaygneaud-Dupuy.

 

• « Récapitulatif sur le RIC, référendum d’initiative citoyenne » par Yvan Bachaud.

 

• L’étonnante et passionnante « Constitution du Venezuela ».

 

• « La mondialisation capitaliste : malheur aux vaincus » par Jean-Marie Harribey.

 

• « L'Europe en crise - Que faire ? » un texte majeur, par Maurice Allais – "Prix Nobel" d'Économie.

 

• « Le manifeste des chômeurs heureux »

 

• « Êtes-vous démocrate ou républicain ? » par Régis Debray (qui charge le mot démocratie de tous les maux, mais qui liste bien les points à débattre).

 

• « Manifeste pour la vraie démocratie » par André Tolmère. (version pdf)

 

• « Maastricht : s’est-on trompé d’Europe ? » par André Grjebine.

 

• « De la réélection des députés » par Maximilien Robespierre.

 

• « Les chaînes de l'esclavage » par Jean-Paul Marat.

 

• « L’ère démocratique est-elle finie ? (Un traité anti-constitutionnel) » par Christian Darlot.

 

• « Conférence de Citoyens sur les OGM : une expérience enthousiasmante » par Michel Pimbert.

 

• « Replacer l’humain au centre de l’économie » par René Passet.

 

• « L'escroquerie monétaire mondiale » un document bouleversant écrit par Eberhard Hamer.

 

• « Limiter le rôle de l’endettement dans la création de la monnaie » proposition de loi organique de Tovy Grjebine.

 

• « Le vote électronique en France : opaque et invérifiable » un rapport accablant et consternant de Chantal Enguehard.

 

• « Contre le libre-Échange, la Charte de La Havane » par Jacques Nikonoff.

 

• « Pour un néo-protectionnisme, écologique et social ! » par Jacques Sapir (excellent).

 

• « Sommes-nous en démocratie ? » par Les renseignements généreux.

 

• « Cornélius Castoriadis analyse notre "démocratie" » un enregistrement audio d’une richesse enthousiasmante.

 

• « Incursion dans un domaine trop réservé : la monnaie » un document très intéressant rédigé par Attac 78.

 

• « Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu » passionnantes leçons totalitaires ou comment détourner les institutions (pdf)

 

• « L’apport de Pierre Rosanvallon pour résister aux abus de pouvoir » regroupement de textes importants, épars sur ce site

 

• « La crise mondiale d’aujourd’hui - Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires » par Maurice Allais

 

• « Monnaie et souveraineté » un document littéralement passionnant sur un sujet crucial, écrit par Éric Dillies

 

• « Analyse du projet de traité modificatif de l'Union européenne » une rigoureuse et utile réflexion de Robert Joumard.

 

« Reconsidérer la richesse » un rapport d’une importance capitale, de Patrick Viveret (résumé)

 

 


 

 

Voir aussi ma première bibliographie (datée de juin 2005) :

 

Parmi les livres et articles que j’ai lu depuis six mois, tous profondément proeuropéens, certains aident particulièrement à se forger une opinion construite et solidement argumentée sur ce texte complexe, et plus généralement sur la construction européenne et la dérégulation mondiale :

 

 

Raoul Marc Jennar, docteur en sciences politiques, chercheur pour le compte de l’ONG OXFAM, « Europe, la trahison des élites », 280 pages, décembre 2004, Fayard : pour un réquisitoire rigoureux et passionnant. Une étude consternante des rouages européens et des dérives foncièrement antidémocratiques de cette Europe qui ment tout le temps. Comment la défense des intérêts privés des grands groupes a d’ores et déjà pris la place de celle de l’intérêt général. Les chapitres sur l’OMC, l’AGCS et l’ADPIC sont absolument é-di-fiants. Un livre essentiel, à lire d’urgence.
Tous les journalistes, par exemple, devraient avoir lu ce livre.

 

Laurent Lemasson, diplômé de l’IEP de Paris, docteur en droit public et sciences politiques, chargé de cours à l’ESSEC, a écrit un article captivant « Constitution européenne : l’Europe y trouve-t-elle son compte ? », 15 déc. 2004 : une lectrice m’a envoyé cette référence il y a quelques jours et je pense que c’est l’analyse la plus finement argumentée, la plus pénétrante qu’il m’ait été donné de lire sur la question de l’équilibre et du contrôle des pouvoirs. À lire absolument, ça va vous passionner. C’est sur le site le d’institut Thomas More : http://www.institut-thomas-more.org/showNews/24.

 

• À 15 jours du scrutin, un jeune homme vient d’écrire un argumentaire, passionnant, serré, convaincant qui s’intitule « témoignage d’un revenu du oui, suivi d'un inventaire d'arguments inédits en faveur du Non », par Thibaud de La Hosseraye. C’est à http://www.ineditspourlenon.com/.

 

« Douze économistes contre le projet de constitution européenne », par Gilles Raveaud, docteur en économie et enseignant (Institut d’études européennes, Université Paris VIII, et onze autres : une analyse remarquable, très argumentée, du projet actuel de l’Union, plus économique que politique, à lire :
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2231 et http://econon.free.fr/index.html

 

Paul Alliès, « Une constitution contre la démocratie ? Portrait d’une Europe dépolitisée », 223 pages, mars 2005, Climats : ce professeur de sciences politiques à l’Université de Montpellier I rappelle d’abord les fondements de la démocratie, parmi lesquels un authentique processus constituant, et explique ensuite que le projet de TCE interdit à l’Europe de devenir une véritable puissance politique, sonne le glas d’un gouvernement économique et plus grave encore, d’un fonctionnement démocratique.

 

Stéphane Marchand, « L’Europe est mal partie », 361 pages, février 2005, Fayard : ce journaliste au Figaro a un style agréable à lire, il nous raconte l’Europe politique d’une façon vivante, il défend une Europe des cercles. Un livre optimiste malgré son titre, vraiment intéressant.

 

« La nouvelle Union européenne. Approches critiques de la constitution européenne », 182 pages, avril 2005, éd. XF de Guibert. Sous la direction d’Olivier Gohin et Armel Pécheul, préface de Jean Foyer, tous professeurs de l’Université : ce petit livre important regroupe les analyses de neuf jeunes constitutionnalistes universitaires et argumente de façon rigoureuse sur les vices rédhibitoires du TCE au regard de la démocratie. (rapport du colloque du 12 mars 2005, disponible sur commande, 3 rue JF Gerbillon 75006 PARIS).

 

Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public, a écrit dans le Monde, le 11 mars 2005, un article qui résume bien l’essentiel : « Qui veut de la post-démocratie ? » : un article court (une page) et percutant : http://decrypt.politique.free.fr/constitution/lemonde.shtml.

 

Jean-Paul Fitoussi, économiste distingué, Professeur des Universités à l'Institut d'Études Politiques de Paris, Président du Conseil Scientifique de l'IEP de Paris, Président de l'OFCE et Secrétaire général de l'Association Internationale des Sciences Économiques, propose : « La Politique de l’impuissance », 160 pages, janvier 2005, Arléa : un passionnant petit livre d’entretiens avec Jean-Claude Guillebaud pour comprendre comment l’Europe abandonne sciemment la démocratie et renonce à l’intervention économique des États. En nous rappelant la chronologie des grandes décisions, on comprend quelle progression insensible nous a conduit là. Fitoussi est d’une rigueur étonnante, un grand personnage de l’analyse économique.

 

• Raoul Marc Jennar, « Quand l’Union Européenne tue l’Europe », 40 pages, janvier 2005 : une brochure résumant un argumentaire serré contre le "traité constitutionnel". Également un DVD où Jennar présente lui-même, de façon pédagogique, très posée, trois exposés sur l’AGCS, la directive Bolkestein et le traité constitutionnel. On y sent très fortement la terrifiante cohérence qui relie ces textes. Documents importants disponibles sur www.urfig.org.

 

Jacques Généreux, économiste, professeur à Sciences Po, « Manuel critique du parfait Européen – Les bonnes raisons de dire "non" à la constitution », 165 pages, février 2005, Seuil : encore un excellent petit livre, très clair, vivant, incisif, très argumenté, avec une tonalité à la fois économique et très humaine.
Encore un enthousiasmant plaidoyer pour une vraie Europe !

 

« Contre rapport – l’Europe des démocraties », par un groupe de conventionnels qui ont refusé de signer le projet de TCE, jugé comme « allant à l’encontre de tous les principes démocratiques », pour une série de raisons qui méritent d’être étudiées. Voir l’annexe III, pages 21 à 24 :
http://europa.eu.int/constitution/futurum/documents/contrib/doc180703_fr.pdf

 

Dominique Strauss-Kahn, « Oui ! Lettre ouverte aux enfants d’Europe », 173 pages, oct. 2004, Grasset : un petit livre facile à lire qui défend bien les points forts du Traité, avec un style énergique, agréable à lire. Il tempête contre les opposants au traité en insistant sur les avancées qu’on perdrait avec un Non, mais il ne les rassure pas sur les points inacceptables du texte.

 

Laurent Fabius, « Une certaine idée de l’Europe », 125 pages, nov. 2004, Plon : un petit livre sans longueurs, agréable à lire, qui résume bien ce qui n’est pas acceptable et qui dédramatise le Non.

 

Yves Salesse, membre du Conseil d’État, « Manifeste pour une autre Europe », 120 pages, janvier 2005, Le Félin : un argumentaire précis, rigoureux, constructif. Agréable à lire et très instructif.

 

• Yves Salesse a également rédigé un article plus court qui résume en 10 pages son analyse : « Dire non à la "constitution" européenne pour construire l’Europe » :
http://www.fondation-copernic.org/Flash-septembre2004.pdf.

 

• Un document passionnant de Raoul Marc Jennar, daté d’avril 2004, intitulé « Combien de temps encore Pascal Lamy ? » : on y comprend rapidement ce qu’est en fait « l’indépendance » de la Commission, l’incroyable perméabilité des commissaires aux pressions extérieures, on découvre l’imbuvable ADPIC (accord sur les droits de propriété intellectuelle) et ses implications en matière de médicaments, on y retrouve le révoltant AGCS (accord général sur le commerce des services). Il faut lire cet article important : http://politique.eu.org/archives/2004/04/11.html.

 

• Un petit film d’une demi-heure résume de façon pédagogique les griefs contre le TCE recensés par Jennar, Salesse et Cassen : clip téléchargeable à http://www.fondation-copernic.org/

 

Valéry Giscard d’Estaing, « présente la Constitution pour l’Europe », 396 pages, sept. 2003, Albin Michel : l’introduction est intéressante car elle décrit les travaux de la Convention, les difficultés rencontrées, les choix effectués. Le plus gros du livre est le texte du TCE mais avec une ancienne numérotation.

 

Olivier Duhamel, « Pour l’Europe, le texte intégral de la Constitution expliqué et commenté », Seuil 2004 : une explication de texte de première main, par un grand professeur de droit constitutionnel qui a participé à la Convention et à l’écriture du TCE.

 

• Ces temps-ci, une source majeure d’information non censurée, très orientée politiquement (à gauche), mais absolument foisonnante, est le site portail www.rezo.net. J’y trouve chaque jour au moins un document intéressant.

 

Bernard Maris, « Ah Dieu ! Que la guerre économique est jolie », novembre 1999, Albin Michel : pour une démonstration de l’imposture de "l’indispensable guerre économique", avec un parallèle très convaincant avec la guerre de 1914 : comme d’habitude, la guerre n'est pas inévitable, et ceux qui poussent à faire la guerre ne sont pas ceux qui se battent et qui souffrent. Un bel appel à la désertion.
À mettre en parallèle avec la religion de la concurrence (compétition) sans entrave, rabâchée par le "traité constitutionnel" qui, finalement, monte les États et les peuples les uns contre les autres, à coups de dumping social, fiscal, et environnemental.

 

Bernard Maris, « Anti-manuel d’économie », 355 pages, octobre 2003, Bréal : un livre important et savoureux pour comprendre l’ineptie du dogme de la religion du marché et de la concurrence. Un livre qui remet de la chair et du sang dans les théories économiques, qui fait l’éloge de la collaboration et de la gratuité. Passionnant, souvent drôle. Un livre formidable, à lire et à relire. Un économiste enthousiasmant.

 

Agnès Bertrand et Laurence Kalafatides, « OMC, le pouvoir invisible », 325 pages, juillet 2003, Fayard : un livre palpitant et éclairant pour comprendre les objectifs et les moyens de cette énorme machine à déréguler que sont le GATT puis l’OMC, outils de contrainte pour les États mais jamais pour les entreprises. Ce livre permet de ressentir fortement la parfaite cohérence qui existe entre les objectifs et les influences de l’OMC et ceux de la construction européenne actuelle. À lire en priorité.

 

Joseph E. Stiglitz, « La grande désillusion », 324 pages, sept. 2003, Fayard : un pavé dans la mare : un grand économiste libéral, patron de la banque mondiale, qui a travaillé avec les plus grands hommes de ce monde, et qui décrit en détail le dogmatisme aveugle et criminel des technocrates libéraux du FMI et ses conséquences sur les économies et les peuples. Un style soigné, 0% de matière grasse. Un grand bouquin, une référence. À lire en priorité.

 

• Pour comprendre la logique d’ensemble de ce qui prend forme au niveau planétaire, il faut lire l’article à la fois terrifiant et lumineux de Lori M. Wallach, « Le nouveau manifeste du capitalisme mondial », dans Le Monde diplomatique de février 1998, à propos de l’Accord Multilatéral sur l’investissement (AMI), (une de ces « décisions Dracula », appelées ainsi parce qu’elles ne supportent pas la lumière, tellement elles sont évidemment inacceptables) : http://www.monde-diplomatique.fr/1998/02/WALLACH/10055.
On y perçoit clairement, comme grâce à une caricature, la logique qui sous-tend de nombreux textes et accords essentiels en préparation aujourd’hui : AGCS, Construction européenne libérale, OMC, ADPIC, directive Bolkestein, etc. La parenté de tous ces textes devient évidente : un redoutable « air de famille ».

 

Serge Halimi, « Le grand bond en arrière, comment l’ordre libéral s’est imposé au monde », 618 pages, mars 2004, Fayard : un gros bouquin qui permet de comprendre comment on en est arrivé là. On retrouve cette cohérence d’ensemble, et on ne lit plus le TCE de la même façon après avoir lu Jennar et Halimi. On change. On a l’impression de se réveiller. Référence passionnante.

 

Robert Joumard et Christian Darlot, enfin, simples citoyens comme moi apparemment, ont fait la même démarche : ils ont beaucoup lu, digéré, résumé, rassemblé, organisé tout ça avec talent pour faire deux synthèses un peu longues, comme la mienne, mais vraiment très intéressantes. Deux documents très bien faits :

 

- « Analyse du projet de traité modificatif de l'Union européenne » une rigoureuse et utile réflexion de Robert Joumard.

 

- « L’ère démocratique est-elle finie ? (Un traité anti-constitutionnel) » par Christian Darlot.


 

• Voir ensuite ma deuxième bibliographie (datée du 8 octobre 2007) :

 

 

Depuis 2004, la lecture politique a pris une place immense dans ma vie quotidienne, et j’ai l’impression qu’il n’y aura pas d’éveil citoyen ni de perspective démocratique sans cet effort de lecture.


Ces lectures se stimulent les unes les autres car les bibliographies commentées avec enthousiasme sont de précieux signaux d’alarme qui donnent envie de lire toujours davantage.

 

Les meilleures bibliographies sont donc commentées, je trouve : ce sont les commentaires qui donnent vraiment envie de lire, plus que le seul titre. C’est pourquoi je fais l’effort, moi aussi, de commenter ma bibliographie du mieux que je peux.

 

 

D'abord, parlons des livres et sites importants qui traitent directement de ce qui compte le plus :

le contrôle des pouvoirs et la démocratie :

 

« Le pouvoir au peuple » d’Yves Sintomer (La Découverte, mars 2007, 177 p.). Ce livre récent recoupe de nombreuses analyses que je défends depuis quelques années : je voudrais l’avoir écrit moi-même, c’est dire si j’en recommande la lecture :o) Bien écrit, bien argumenté, c’est une bonne synthèse des avantages immenses à attendre du tirage au sort pour venir à bout de la caste des politiciens de métiers et rendre la réflexion politique décisive à tous les citoyens. Vous y trouverez une foule d’expériences de tirage au sort à travers le monde (chapitre 4). Rien que pour cela, ce livre est passionnant. Par contre, comme les autres, cet auteur passe complètement à côté de la cause majeure du problème : il ne dit pas un mot du processus constituant ni du nécessaire désintéressement des députés constituants (qui ne doivent pas être des hommes de partis, c’est-à-dire des hommes de pouvoir). Malgré cette considérable — et ordinaire — lacune, c’est un très bon livre.

Voici la 4ème de couverture :
« La proposition de Ségolène Royal de mettre en place des jurys citoyens tirés au sort pour évaluer l'action des politiques a soulevé une tempête de protestations. A droite comme à gauche, responsables politiques et éditorialistes ont critiqué une mesure " populiste " et évoqué, pêle-mêle, Pétain, la Terreur, Le Pen ou Mao. Le tirage au sort a pourtant une longue histoire politique. Il constitue l'une des dimensions, trop souvent oubliée, du gouvernement du peuple. Inventé avec la démocratie à Athènes, utilisé dans les républiques médiévales et renaissantes, pourquoi a-t-il été réservé aux jurys d'assises dans les démocraties modernes ? Et pourquoi les expériences se multiplient-elles aujourd'hui à l'échelle internationale : jurys citoyens, conférences de consensus, sondages délibératifs, collèges tirés au sort dans les conseils de quartier et les budgets participatifs ? Yves Sintomer montre dans ce livre incisif qu'un nouveau terrain politique est en train d'émerger. Face à la " démocratie " d'opinion et à sa fascination obsessionnelle pour les sondages, une démocratie participative s'invente où les citoyens et les mouvements sociaux peuvent prendre leur part. Qui donc aurait à perdre si les citoyens pesaient réellement dans les prises de décision, si les élus devaient rendre des comptes devant des publics bien informés ? Si la politique retrouvait sa crédibilité, elle pourrait regagner plus de poids face aux forces du marché et aux pesanteurs bureaucratiques. Face à un statu quo intenable, plus que jamais, il devient urgent d'expérimenter. »

Voici également le plan détaillé :

Introduction
1 / Une crise de la représentation qui n’en finit pas - Les manifestations de la crise de légitimité - Six causes structurelles - Vers une démocratie médiatique ? - Une contre-tendance
2 / Le tirage au sort à travers l’histoire : une démocratie du hasard ? - Athènes : le tirage au sort comme outil démocratique - Les usages du tirage au sort - L’idéal démocratique - Les Républiques italiennes : une procédure de résolution des confilts ? - Venise : un chef d'oeuvre de technique électorale - Florence : la quête d'un consensus - La disparition du tirage au sort en politique - Une rupture dans la tradition républicaine - La politique comme profession
3 / Une énigme historique - Le tirage au sort dans les jurys d’assises - Le modèle anglo-saxon - La Révolution française et la création des jurys d’assises - L’évolution des jurys au XIXe siècle - Une énigme politique - L’idéal de la similarité - Consentement et exercice direct de la souveraineté - Hegel, les jurys, la société civile -Tocqueville : le jury comme instrument d’autogouvernement - L’âge d’or du jury anglo-saxon - Tirage au sort, hasard et échantillon représentatif - Participation de tous ou échantillon « microcosmique » ? - Calcul des probabilités, statistiques, jeux de hasard - Représentation miroir et scission ouvrière
4 / Une floraison d’expériences - L’échantillon représentatif, un microcosme de la cité - Le triomphe des sondages d’opinion - Une révolution dans la sélection des jurys judiciaires - Une histoire croisée - Jurys citoyens, sondages délibératifs et conférences de consensus - Les jurys citoyens - L’expérience berlinoise - L’hybridation avec les budgets participatifs - Les sondages délibératifs - L’assemblée citoyenne de Colombie britannique (Canada) - Les conférences de citoyens
5 / Renouveler la démocratie - Légitimités, défis, controverses - Les logiques politiques du tirage au sort - Former une opinion éclairée - Représenter les citoyens dans leur diversité - Mobiliser les savoirs citoyens - La question du consensus et les frontières de la politique - Changer de République, changer de politique - Transformer la représentation, développer la démocratie participative - Opiner, contrôler, juger, décider - Un autre monde est possible

 

• « Principes du gouvernement représentatif » de Bernard Manin (Champs Flammarion, 1995, 319 p.). Bernard Manin est directeur au CNRS et professeur à New York University. Son livre est absolument passionnant, je le conseille comme outil d’éveil citoyen (c’est l’effet qu’il me fait). Un argumentaire vivant et d’une grande finesse des avantages oubliés et pourtant enthousiasmants du tirage au sort et des mandats courts et impératifs avec reddition des comptes. L’intro, les parties « la désignation des gouvernants à Athènes », « le triomphe de l’élection », « métamorphoses du gouvernement représentatif », et la conclusion, sont des monuments de clarté et d’intelligence. Tout est remis en perspective sans redite, sans blabla, on reste au cœur de ce qui compte pour nous aujourd’hui. Ça se lit et de relit… On devrait en parler à l’école, tout ça est absolument vital pour apprendre aux hommes à protéger eux-mêmes leur dignité et leur liberté.

 

« La démocratie athénienne à l’époque de Démosthène », par Mogens Herman Hansen, danois, professeur à Cambridge, (Les Belles Lettres, 2003, 490 p.). Pour découvrir Athènes, c’est la référence, vingt-cinq ans de travail, résumé de six volumes. C’est une source importante pour la partie athénienne du livre de Bernard Manin. L’auteur souligne que s’il est vrai que la démocratie directe n’existe plus, ce constat n’apporte pas du tout la démonstration qu’elle ne pourra plus jamais exister. Au contraire, il estime que la démocratie directe est rendue tout à fait possible par les techniques modernes
Un livre rigoureux et limpide où la vie quotidienne et les débats de société, décrits de façon très vivante, évoquent furieusement nos luttes politiques et sociales modernes. C’est simplement captivant.
On y découvre que la philosophie est probablement née pour analyser la démocratie, qui préexistait.
La démocratie athénienne apparaît comme une courte période, presque unique dans l’histoire, où des hommes simples ont pu astucieusement "voler" un siècle de contrôle des pouvoirs à la barbarie universelle, juste le temps que les puissants inventent les stratagèmes solides pour voler à nouveau le pouvoir au plus grand nombre, et pour longtemps cette fois. C’est un livre important.

 

« Le suffrage universel contre la démocratie », de Philippe Braud, professeur de sciences politiques à l’Université de Rennes, (PUF, 1980, 246 p.). « Tel qu’il est circonscrit, le suffrage universel fonctionne d’abord comme un Système qui muselle l’expression des conflits réels, frappe d’illégitimité la parole vraiment rebelle, abolit tendanciellement le pluralisme authentique. » Ce livre décortique toutes les impostures du suffrage universel, c’est simplement incroyable… passionnant. L’instrumentalisation d’un mode de désignation par une classe politique, les effets de scène électorale dans tous leurs aspects mystificateurs, l’arnaque absolue du mandat non impératif (la Constitution française, art. 27, exonère les élus de toute obligation de respecter leurs promesses électorales), etc. Extraits :

« Une fonction essentielle du suffrage universel est la facilitation de la domination exercée par l’État moderne. (…) Le suffrage universel est l’un des moyens, parmi les plus efficaces, de faire admettre l’omniprésence de l’État et son poids croissant sur les existences individuelles. (…) Il est clair que le suffrage universel est parfaitement dissociable des exigences de l’idéal démocratique, de la préoccupation de limiter le pouvoir des gouvernants. » (…)


« Mais du point de vue du Pouvoir d’État, le grand mérite du suffrage universel est encore ailleurs. Il réside dans cette injonction de la minorité à l’obéissance ; c’est-à-dire, par hypothèse, injonction aux principaux récalcitrants potentiels. (…) La minorité doit s’incliner. Au nom de quoi ? C’est ici que surgit le paradoxe du suffrage universel. Discours de la Raison en tant qu’il fonde le Pouvoir sur autre chose que la force, il est impuissant à fonder rationnellement la prééminence de la loi du nombre. » (…) « Puisque le suffrage universel est organisé sur le principe « un homme une voix », une évidence s’impose que la Raison des libéraux ne peut voir, ne veut voir : sur la scène électorale, le nombre c’est la force ! » (…) « La vertu du suffrage universel, c’est d’ouvrir à la minorité la possibilité de subir le pouvoir sans perdre la face. »

Etc. Tout ça est passionnant. Il faudrait recopier ici la courte conclusion qui est vraiment lumineuse.

 

« L'incompétence démocratique : La crise de la parole aux sources du malaise (dans la) politique », un livre passionnant de Philippe Breton (Éditions La Découverte, sept. 2006, 262 p.). 4ème de couverture : « Les démocraties modernes connaissent un profond malaise. Pourtant, les valeurs démocratiques restent très attractives, y compris dans l'espace privé. Pourquoi cet idéal théorique a-t-il donc tant de peine à s'incarner ?

Plus qu'une question de pertinence des institutions ou d'adhésion à des valeurs, la démocratie est d'abord une affaire de compétences pratiques, notamment dans le domaine de la parole et des relations avec autrui.

À partir d'une expérience originale et de centaines d'observations de prises de parole, l'auteur fait un constat alarmant tous les milieux sociaux sont aujourd'hui affectés par un véritable déficit du point de vue du parlé démocratique. D'autres savoir-faire plus archaïques — ruse, séduction, domination, etc. — se substituent aux compétences défaillantes.

Philippe Breton explique ici l'origine de cette carence et montre comment la dissonance entre valeurs et pratiques engendre une forte violence sociale, de la défection individualiste aux nouvelles incivilités.

Il dénonce la croyance issue des Lumières selon laquelle la culture et la Raison suffiraient à former des démocrates. Mais aussi l'idéal postmoderne d'" interactivité ", qui se développe au détriment d'une véritable culture de l'intériorité, fondement méconnu de la liberté démocratique.

L'auteur souligne aussi les difficultés de l'école à jouer son rôle dans le nécessaire apprentissage des compétences démocratiques. Et il propose enfin des pistes de réflexion pour que chacun puisse s'approprier ces compétences et mieux assumer, en pratique, sa citoyenneté. Biographie de l'auteur : Philippe Breton est l'un des meilleurs spécialistes français de la parole et de la communication (Lire la suite : intro, plan, auteur…). » Recension par B. Maitte.

Plan :


Introduction


1. L’hypothèse d’un déficit du « parlé démocratique » - Quelques objections immédiates - Des sociétés en voie de démocratisation - Une vaste promesse - Une immense frustration - Deux chiffres inquiétants - Un modèle ? - L’hypothèse d’un déficit du parlé démocratique -

 

2. La parole en amont des valeurs et des institutions - Une tradition de rupture - À l’opposé d’une utopie - Les dispositifs protodémocratiques - Un nouveau rapport à la parole - Le principe de symétrie - L’égalité comme égalité devant la parole - La rhétorique, condition « sine qua non » de la démocratie - L’extension du champ de la démocratie - Démocratie familiale et conjugale - L’opinion de l’enfant - Immigration et pratiques de la démocratie –

 

3. La démocratie est-elle désirable ? - La convergence de l’égalité et de l’éthos chrétien - Les sources prédémocratiques - L’héritage chrétien - L’attrait de l’individualisme - L’amour moderne comme pratique de l’égalité - L’Europe, berceau de la démocratie ? - La promesse d’une réduction de la violence sociale - Un autre rapport au réel - Démocratie et réalisme - La rupture avec le mythe - La solitude du pouvoir - Avoir prise sur le réel –

 

4. Des valeurs en perte de vitesse ? - La mesure d’un attachement - La critique de la représentation - Un attachement qui résiste au pire - La démocratie contre le mythe nazi - La persistance de la démocratie dans le « laboratoire alsacien » - La fin du politique comme valeur ? - L’individualisme contre la démocratie ? - Un effacement du politique ? - La nouvelle prééminence de la démocratie - L’influence des mouvements hostiles à la démocratie - L’hostilité relative de l’extrême droite - Le refus de l’Islam radical - Une faible influence idéologique –

 

5. Un manque d’espaces démocratiques ? - Les cadres démocratiques existent - Les frustrations de la vie associative - Un dispositif pourtant égalitaire - La confiscation de la parole dans les partis politiques - L’échec de cadres démocratiques expérimentaux - Démocratie participative et assemblées générales - Une parole privée de possibilité d’action - Les cadres inutilisés de la démocratie familiale et conjugale - Attendre la fin des inégalités sociales ? - Un préalable obligé ? - Le caractère insupportable des inégalités sociales - Laisser les inégalités à l’extérieur du champ politique –

 

6. Une question de compétences ? - Descendre au niveau des pratiques ? - Qu’est-ce qu’une compétence démocratique ? - De l’autorité au droit de juger - Des compétences sur quatre plans - Un déficit possible - La hiérarchie et le consensus : des compétences archaïques ? -Trois grandes familles de dispositifs de parole - L’importance première de la parole - Une rupture civilisationnelle : la parole hiérarchisée - Coexistence, hétérogénéité et dissonance des statuts de la parole - La dissonance des pratiques - L’expansivité des dispositifs de parole - Pourquoi les compétences démocratiques ont-elles tant de mal à prendre leur place ? - Le poids de la parole de pouvoir - Les contradictions internes à la parole symétrique - La symétrie : désir et compétences –

 

7. Les résultats troublants d’une expérience de parole - Une expérience de démocratie - Un bouleversement existentiel - Un débat expérimental - Le déroulement concret de l’expérience - Les vertus démocratiques du débat argumenté - Trois compétences absentes - Une terreur moderne : devoir prendre la parole - Un véritable blocage - Un désir empêché - Comment fait-on pour défendre des opinions? - Comment puis-je défendre une opinion qui n’est pas mienne ? - Une grande souffrance –

 

8. Une représentation archaïque de la parole - La question de l’opinion - Une difficulté systématique - Convaincre en force - Séduire l’auditoire - Chercher le consensus - Démontrer ce que l’on dit - La quête de la « recette » magique - L’argumentation comme manque - Le poids de la hiérarchie - À la recherche des causes –

 

9. La Raison contre la démocratie ? - Le projet d’émancipation des Lumières est-il démocratique ? - L’ambivalence du projet émancipateur - Une dissonance structurelle - Les jésuites et la rhétorique - L’époque des grandes « disputatio » - L’impossible statut de l’opinion - Théories égalitaires, pratiques élitistes - Les deux fronts de la lutte démocratique - L’émergence de nouveaux modèles oratoires -

 

10. La violence de la parole séductrice - L’instrumentalisation de la séduction -Le modèle oratoire manipulateur - La séduction en politique - Un procédé détestable - La séduction n’est pas l’apanage du politique - La séduction par le style - L’acceptation de la séduction –

 

11. L’école forme-t-elle des citoyens ? - L’école produirait-elle des handicapés de la parole ? - La science suffit-elle à former des citoyens ? - La réintroduction de l’argumentation dans les programmes - Un débat vidé de sa substance - Le mythe de l’expertise - L’information change-t-elle le monde ? –

 

12. L’interactivité contre l’intériorité démocratique - Un nouveau modèle de distribution de la parole - L’interactivité médiatique - Les simulacres de débat vivants - La parole médiatisée par ordinateur - Un modèle attractif pour les jeunes - Un modèle alternatif - Un modèle juvénile ? - Pourquoi un tel succès ? - Une extension très large - L’origine cybernétique - L’éducation interactive - L’interactivité produit-elle de la démocratie ? - L’échec des communautés utopiques - Une domination cachée - Interactivité et intériorité - Une opposition profonde - L’antagonisme avec la démocratie - L’intériorité comme compétence démocratique - L’importance de l’espace privé - Un lieu de formation des opinions –

 

13. Les effets de la dissonance entre valeurs et pratiques - Des sociétés de la dissonance - L’inversion d’un espoir - La question du conflit - Un régime polémologique - L’encadrement des mœurs violentes - Que devient le processus de civilisation ? - Une remontée de la violence ? - Le processus de civilisation des mœurs - La violence, un enjeu majeur - Une société cruelle - L’idéal grec de justice et de douceur - Le contrôle des émotions et le renoncement au point de vue solipsiste - Le recul de la pacification des mœurs –

 

14. De l’évitement à la violence - Prise de parole ou défection - Défection et conformisme - Un constat d’incompétence - Le recours à la justice - La peur des autres - Une société de communication paradoxale - La remontée de la violence envers les autres - De l’inégalité sociale à la violence contre les autres - Un paradoxe destructeur - Le retour de la vengeance privée - Le cas des meurtres d’enfants - La violence de l’extrême droite - Un langage quotidien de plus en plus dur - L’euphémisation de la violence - Un lexique déshumanisant - Le retour de la figure du Mal –

 

15. Le principe de subsidiarité démocratique - Développer les lieux d’apprentissage - La formation de la personnalité démocratique - La démocratie à l’école - Organiser des compétitions oratoires - Développer les lieux de la prise de décision démocratique - Multiplier à tous les échelons les dispositifs de parole délibératifs - Le principe de subsidiarité démocratique.

 

 

 

« La stochocratie - Modeste proposition pour que le peuple de France soit heureusement gouverné grâce à l’instauration d’une sélection politique aléatoire. », de Roger de Sizif (Les Belles Lettres, juin 1998, 138 p.). 4ème de couverture : « "Stochocratie, n. f. Polit. Système dans lequel parlementaires et gouvernants sont désignés par tirage au sort. Ce système, inventé en France à la fin du XXe siècle, fut graduellement adopté par l'ensemble des pays occidentaux, du fait de son excellence et de son efficacité. Syn. démocratie-loto, lotocratie." Extrait du Dictionnaire universel du XXIe siècle.
Fantaisie, cette définition, ou simplement visionnaire ? À vous de vous faire une idée… Dénonçant une situation critique dans laquelle "les politiciens ne sont plus issus du peuple, ne sont plus élus par le peuple et ne travaillent plus pour le peuple", Roger de Sizif propose de supprimer les élections pour les remplacer par un système de tirage au sort profondément égalitariste. Un texte faussement sérieux où point, derrière l'ironie du propos, le plaidoyer pour un sursaut de la citoyenneté. »

 

« La haine de la démocratie » de Jacques Rancière, philosophe, (Éd. La Fabrique, sept. 2005, 105 p.). Un petit livre ardent et intransigeant. Vraiment très intéressant.
Des extraits choisis sont là : http://cafeducommerce.blogspot.com/2005/10/bon-samaritain_27.html.

 

 

« La société contre l’État », de Pierre Clastres (Les Éditions de minuit, 1974, 186 p.). Pour moi, c’est un choc. Cet anthropologue renommé montre, à travers les sociétés primitives, que l’on peut parfaitement vivre ensemble sans rapport d’obéissance, sans pouvoir. Aujourd’hui, ça paraît totalement utopique. Et bien quand on lit Clastres, cela semble accessible. À condition de se méfier viscéralement des chefs et de tous les candidats à la chefferie. En tout cas, c’est un livre drôlement vivifiant pour la réflexion. Mille mercis à Michel Onfray pour me l’avoir recommandé comme essentiel ;o)

 

 

« Discours de la servitude volontaire », par Étienne de La Boétie (Arléa, 2003, 105 pages, dont seulement 38 pour le discours). Un texte court mais majeur, fondateur, écrit à 16 ans (!), à l’honneur de la liberté contre les tyrans. La Boétie établit que c’est le consentement des asservis et non la puissance du tyran qui fonde la tyrannie. C’est l’acquiescement des peuples à leur sujétion qui permet à un seul, relayé par un réseau fragile, mais fortement hiérarchisé et solidaire, d’asseoir son pouvoir avec l’assentiment de tous. La Boétie croit que les hommes peuvent facilement briser eux-mêmes leurs chaînes, il prône l’amitié, la concorde et la bienveillance pour contrebalancer l’envie, la convoitise, l’indifférence au sort d’autrui, qui sont les causes premières de l’acquiescement à la servitude. Le parler ancien est délicieux.

 

 

« Les grandes démocraties contemporaines », par Philippe Lauvaux, professeur à l’Université Paris II et à l’Université de Bruxelles (PUF, 3ème édition 2004, 1060 pages). Un gros pavé bien utile pour comparer concrètement quelques exemples démocratiques importants. Sont distinguées les démocraties de compromis (États-Unis et Suisse) et les démocraties de compétition, régimes parlementaires (Grande-Bretagne, Suède, Japon, République fédérale d’Allemagne, Italie et Espagne).

 

 

Arnaud Montebourg a écrit un livre superbe, important : "La machine à trahir, rapport sur le délabrement de nos institutions." (Denoël, 2000, 250 p). Si tous les députés pouvaient être aussi idéalistes, courageux et énergiques, notre représentation politique aurait fière allure.
Ce livre est bien résumé sur ce site : http://c6r33.free.fr/article.php3?id_article=22, résumé écrit par Giorgio Bocci (C6R Bordeaux). Mais je vous conseille de lire intégralement ce livre enthousiasmant.

 

Arnaud Montebourg et Bastien François ont rédigé une Constitution pour la France : « La Constitution de la 6ème République » (Odile Jacob, 2005, 190 p.). Une foule de bonnes idées pour rétablir un régime de responsabilité des acteurs politiques. Le Parlement retrouve sa dignité (et nous avec, dans une certaine mesure).
Mais la participation directe des citoyens à la vie politique y est encore très insuffisamment défendue. Ce livre formule quand même une des propositions les plus démocratiques du moment en provenance de politiciens professionnels.
Le problème que pose une proposition rédigée de vraie Constitution, c’est que ce texte risque d’orienter fortement le débat, avant d’avoir étudié les options possibles. En plus, le style juridique peut décourager de nombreux citoyens non juristes, pourtant concernés au premier chef par cette réflexion fondamentale. L’avantage, en revanche, c’est une vertu pédagogique : on voit là comment les grands principes protecteurs peuvent prendre corps, concrètement.

 

 

« La démocratie des autres. Pourquoi la liberté n’est pas une invention de l’occident. » par Amartya Sen, Indien, prix « Nobel » d’économie en 1998, (Manuels Payot, 2005, 80 p.). Un petit livre qui insiste sur le rôle du débat dans la démocratie, bien au-delà des simples élections, nécessaires d’après lui, mais pas suffisantes. La démocratie est un objectif universel pour les humains, A. Sen le démontre par de nombreux exemples, et elle n’est donc pas un système imposé par l’occident au reste du monde.

 

« Politique du rebelle. Traité de résistance et d’insoumission », par Michel Onfray (Grasset, 2003, 340 p.). J’aime lire Onfray. Il me fait lire et comprendre les chefs-d’œuvre de nos aïeux. Il me tire vers le haut :o) Ici, c’est l’insoumission comme parti pris individuel qui est décrite comme fondamentalement nécessaire. Ni Dieu, ni maître… :o) Mais je tiens trop au droit, unique protection des faibles, pour le suivre tout à fait. Débats passionnants à venir :o)

 

• Un lutteur infatigable pour le référendum d'initiative populaire (RIP) s’appelle Yvan Bachaud. Il faut consulter son site www.mic-fr.org (MIC : mouvement pour l'initiative citoyenne) et l'aider dans sa lutte pour mettre en place cet outil décisif pour la démocratie. Lisez particulièrement le document qui récapitule les mensonges de tous les partis politiques sur ce sujet, ça donne à réfléchir :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Honte_aux_partis_Yvan_Bachaud.pdf

 

« La démocratie vivante. Michet Jobert, un précurseur », par Alexis Noël (L’Harmattan, 2004, 270 p.). Michel Jobert a écrit de nombreux éditoriaux dans sa lettre mensuelle du Mouvement des démocrates dont Alexis Noël met ici les meilleurs textes en valeur, pris entre 1974 et 1978. On y découvre une réflexion profonde et généreuse sur la vraie démocratie, celle du citoyen actif plus que celle des partis. Ce sont des textes courts, écrits dans une langue soignée. Le chap. 7, intitulé « Contre une démocratie déléguée, une attitude nouvelle : démocratie vivante, démocratie du citoyen », est particulièrement intéressant. Cependant, sans qu’on puisse du tout l’accuser de double langage, on peut quand même reprocher à Jobert de n’avoir pas profité de sa puissance de Ministre pour traduire dans nos institutions ses bonnes idées de démocratie participative.

 

« Pour la désobéissance civique », par José Bové et Gilles Luneau (La Découverte, 2004, 260 p.). Un livre intéressant qui permet d’écarter la caricature trop facile qu’on entend souvent à propos de José Bové. Ce livre rappelle que l’histoire des hommes recèle déjà de nombreux exemples illustres et formidables (Gandhi, les déserteurs, les femmes avortées…) de résistance à une légalité injuste, immorale, oppressante. Il est des résistances à la loi qui sont des actes de courage dans un combat pour la dignité des hommes quand la démocratie fait défaut. Précisément, les élections ne peuvent pas tenir lieu de démocratie (certains diront même « au contraire ! ») et parfois la légitimité peut ne pas correspondre à la légalité. Ceci est essentiel. Il faut à la fois obéir et réfléchir, et s’il le faut, résister. Un bon livre.

 

« Pourquoi et comment une 6ème République. Pour en finir avec une crise de régime », par Paul Alliès (Climats, 2002, 60 p.). Un tout petit livre, facile à lire, qui décrit très bien en peu de mots les calamités portées par la Constitution de 1958 et l’urgence de la révision constitutionnelle dont nous avons besoin en France. Une partie, au moins, de cette révision car la participation directe des citoyens au débat démocratique entre deux élections n’y est pas approfondie (seul le référendum local y est envisagé, trop rapidement à mon goût).

 

« Misère de la Ve République », par Bastien François (Denoël, 2001, 180 p.). Une histoire courte mais aussi vivante et précise de la genèse parfaitement antidémocratique de nos institutions. Où l’on découvre tout ce qui a permis de parler sans exagération de « Coup d’État », « la démocratie selon les technocrates ».

Sont également bien détaillés les tenants et les aboutissants des choix institutionnels : "monarchie républicaine" et scandaleuse irresponsabilité du Président malgré ses grands pouvoirs, irresponsabilité propagée par effet de contagion du haut en bas de la pyramide des pouvoirs, des ministres jusqu’aux fonctionnaires, « lâcheté politique institutionnalisée », parlement muselé de mille façons et députés godillots, confusion des pouvoirs avec un dangereux « gouvernement législateur »…

Le Conseil Constitutionnel, organe politique et répressif à la légitimité fragile, en prend pour son grade avec son « immixtion délibérée dans le pouvoir législatif ». Totale nouveauté apparue en 1958, étranger à notre tradition constitutionnelle, le CC est manifestement un outil de plus pour dominer les parlementaires et protéger l’exécutif, sa jurisprudence constante le confirme. Bastien François explique comment son image et son rôle ont pourtant été progressivement remodelés, et comment le CC s’est arrogé depuis 1971, avec la complicité active des professeurs de droit (p. 144), un pouvoir normatif constituant permanent, imprévisible, proprement scandaleux, dangereux : « la Constitution de 1958, désormais obèse et opaque, lestée de quatre cents décisions du CC et de dizaines de milliers de pages de commentaires savants, est en réalité devenue la chose du tout petit monde des constitutionnalistes. (…) Le profane des questions constitutionnelles en est irrémédiablement exclu, condamné à la révérence respectueuse et reconnaissante face à ceux qui veulent son bonheur constitutionnel. Silencieux, forcément silencieux, il attend la révélation du texte caché. Au mieux, les grands prêtres le feront parler comme un ventriloque ses marionnettes.

Ceux qui redoutent le gouvernement des juges se trompent. C’est du gouvernement des docteurs qu’il s’agit. Car entre la Constitution et le peuple, il n’y a plus qu’eux. ».

Un livre très intéressant pour bien comprendre l’escroquerie à la démocratie instituée en 1958 par un coup de force militaire. (Pas grand-chose, comme d’habitude, sur le référendum d’initiative populaire).
« Le fantasme d’un "retour" à la IVe République encombre la vie politique depuis quarante ans et sert de prétexte à tous les conservatismes. »

 

 

Le site de la C6R, Convention pour la 6ème République : http://www.c6r-fr.org/ présente de nombreux documents utiles pour comprendre pourquoi notre actuelle Constitution est calamiteuse et ce qu’on peut faire, nous citoyens signataires de ce pacte fondateur, pour changer cette situation.

 

 

« Putain de ta marque », par Paul Ariès (Golias, 2003, 526 p.). Un livre important, à lire et faire lire. La publicité va nous voler la démocratie, par mille chemins que ce livre débusque méthodiquement. Sous prétexte de les informer, la pub crétinise les citoyens, en commençant par les enfants, la pub promeut des valeurs individualistes, élitistes, machistes, matérialistes, et une religion du fric, de la beauté plastique et du pouvoir… La pub utilise sans vergogne toutes les techniques de manipulation, les plus cyniques. Par les sommes folles qu’elle permet de collecter, la pub permet de corrompre toutes les activités humaines, jusqu’aux médias rendus dépendants des annonceurs et jusqu’aux acteurs politiques professionnels lobbyisés. Ce livre est important et devrait être lu par nos jeunes gens qui roupillent, hypnotisés, au lieu de résister. Comment envisager raisonnablement un citoyen debout, critique, acteur de sa démocratie, dans un environnement aussi hypnotique ?[i] [32]

 

• Un site de résistance contre l’ÉNArchie : http://www.ifrap.org/.

 

« Deux heures de lucidité », de Noam Chomsky, entretiens avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz (Les Arènes, 2005, 185 p.). Sur le ton de la conversation, échanges courts et vifs, style alerte, des questions utiles et une analyse acérée, passionnante, tous azimuts… Noam Chomsky est un militant important, courageux et décapant, il entraîne tout le monde avec lui à penser de façon autonome en se méfiant a priori de toutes les infos distillées par un appareil médiatique.

 

« Traité d’athéologie », par Michel Onfray (Grasset, 2005, 280 p.). Un livre formidable, une passionnante invitation à s’émanciper de toutes les religions, un plaidoyer superbe pour la raison et pour le respect absolu des individus, contre l’oppression portée par les trois religions monothéistes depuis la nuit des temps : « haine de la raison et de l’intelligence, haine de la liberté, haine de tous les livres au nom d’un seul, haine de la vie, haine de la sexualité, des femmes et du plaisir, haine du féminin, haine des corps, des désirs, des pulsions… ». Un outil important pour réfléchir à une vraie démocratie.

 

« Le Coup d’État permanent », par François Mitterrand (Plon, 1965). Un livre important devenu, je ne sais pourquoi, introuvable. Dans un style devenu rare, soigné jusqu’au raffinement, Mitterrand rappelle la profonde iniquité de la Vème République, la supercherie qui a humilié les Français en 1958.
Pour discréditer ce livre, on souligne toujours que Mitterrand a oublié toutes ses radicales injures au moment d’enfiler lui-même le costume de Président.
Il me semble pourtant que cette trahison de ses propres idées, pour déplorable qu’elle soit, n’apporte aucune démonstration que son livre était mauvais ou son réquisitoire infondé.
J’y vois plutôt une preuve de plus que le pouvoir rend fou, ce qui devrait nous conduire, nous autres citoyens, à interdire à quiconque d’en user trop longtemps.

 

• Le numéro 83 de Manière de voir, numéro bimestriel du Monde diplomatique, s’intitule « Changer le monde » et presque tous ses articles sont liés à la réflexion sur la démocratie. Un très bon numéro, vraiment. Voir le sommaire à http://www.monde-diplomatique.fr/mav/83/.

 

« Du mensonge à la violence. Essais de politique contemporaine », par Hannah Arendt
(Calmann-Levy, 1972). Mensonge des hommes d’action, techniques d’intoxication, crise de confiance des individus par rapport aux structures étatiques, violence des échanges, manières de résister, désobéissance civile… Analyse des innombrables mensonges du Pentagone par cette citoyenne américaine. Exemples : « Le mensonge est souvent plus plausible, plus tentant pour la raison que la réalité, car le menteur possède le grand avantage de savoir d’avance ce que le public souhaite entendre ou s’attend à entendre. Sa version a été préparée à l’intention du public, en s’attachant tout particulièrement à la crédibilité, tandis que la réalité a cette habitude déconcertante de nous mettre en présence de l’inattendu, auquel nous n’étions nullement préparés. » Ou à propos de la désobéissance civile : « l’extraordinaire perversion que traduisent les formes modernes de la tyrannie [aurait-elle] pour résultat que personne ne fait plus confiance à cette obligation d’une importance capitale, la soumission au droit [?] »

 

« Le parlement à refaire », par Jean-Michel Belorgey (Gallimard, 1991, 200 p.).
Un livre ancien d’une étonnante actualité : un réquisitoire venant de l’intérieur, une fois de plus, pour sauver l’institution parlementaire. On découvre dans ce livre, comme dans celui de Montebourg (« La machine à trahir », 2000), les difficultés quotidiennes du parlementaire, la difficulté à créer du droit qui ne devienne pas une source d’exclusion arbitraire, l’impossibilité de contrôler l’exécutif, les cause de l’absentéisme (le cumul des mandats, déjà), l’aridité du travail de fourmi sur des textes obscurs, l’hostilité redoutable (pour un parlementaire trop curieux) des administrations contrôlées qui rend le contrôle dangereux, difficile. Le rôle de médiation : la liste à la Prévert des problèmes personnels dont les citoyens saisissent les parlementaires tous les jours est édifiante, comme l’est la description de l’inflation des débats sur les finances du pays. Les montagnes de documents remis par l’admini­stra­tion, mais des documents vides des informations utiles (précisément qui a dépensé combien pour faire quoi ?) Des réflexions intéressantes sur la démocratie, sur la superficialité des débats (ou monologues) télévisuels des acteurs politiques. Comment parler de démocratie en humiliant le Parlement comme le font la lettre, l’esprit et les pratiques de la Vème ?
Comment éviter de noyer les parlementaires dans un travail législatif quotidien sans réel enjeu politique, de façon à affecter leur temps de travail prioritairement à la protection des citoyens ?

 

• Pour raviver le goût d’aider les autres humains de la terre, le film formidable « War Photographer » qui a son propre site : http://www.war-photographer.com/. Ce photographe, James Nachtwey (Jim) est un héros. Un pro devenu militant parce que ses sujets et leur détresse l’ont débordé et qui lutte aujourd’hui, au péril de sa vie, avec une discrétion et une modestie exemplaire, pour que la guerre devienne insupportable aux hommes. Un film su-per-be ! Mais pour que cette forte action d’information prenne tout son sens il faut que ce soit les citoyens eux-mêmes, précisément bien informés, qui décident ou pas des guerres, et surtout pas les généraux ou les politiques qui seront toujours les derniers à souffrir des conséquences néfastes de leurs décisions. Quand ce témoin de la folie des hommes raconte qu’il a du mal à publier ses photos parce que les annonceurs font pression pour que l’horreur indicible ne côtoie pas leurs pages de pub, on a envie de vomir. Ces entreprises géantes sont des monstres froids et fous qui nous tueront tous sans pitié.

 

« La société civile : le 3ème pouvoir. Changer la face de la mondialisation », par Nicanor Perlas (Yves Michel, 2003, 330 p.). Un livre qui semble absolument passionnant mais que je commence à peine. Je vous en reparlerai :o)

 

« Les nouveaux chiens de garde », par Serge Halimi (Liber-Raisons d’agir, 1997, 110 p.).
Quatrième bien résumée : « Les médias français se proclament "contre-pouvoir". Mais la presse écrite et audiovisuelle est dominée par un journalisme de révérence, par des groupes industriels et financiers, par une pensée de marché, par des réseaux de connivence.
Alors, dans un périmètre idéologique minuscule, se multiplient les informations oubliées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices, les services réciproques.

Un petit groupe de journalistes omniprésents — et dont le pouvoir est conforté par la loi du silence — impose sa définition de l'information-marchandise à une profession de plus en plus fragilisée par la crainte du chômage. Ces appariteurs de l'ordre sont les nouveaux chiens de garde de notre système économique. » Halimi est toujours passionnant. alimi Ce livre sur les propos des journalistes, écrit par un journaliste, est très court, très dense… « Le contre-pouvoir s’est assoupi. Et il s’est retourné contre ceux qu’il devait servir. Pour servir ceux qu’il devait surveiller. »

Un appel à la responsabilité des journalistes, rouages essentiels de la démocratie. Excellent.

 

« La fabrique de l’opinion publique. La politique économique des médias américains. », par Noam Chomsky et Edward S. Herman (Le Serpent à plumes, 2004, 340 p.). Même remarque : à lire d’urgence. Un gros pavé qui semble être une référence. « Comment se met en place un discours médiatico-politique dans une nation prospère, impérialiste et jalouse de sa prééminence sur la scène internationale ? Qui désigne les ennemis d’un peuple et décide des guerres justes que celui-ci doit mener ? Comment l’imaginaire collectif distingue les bonnes victimes des mauvaises ? Quel rôle jouent les institutions, les lobbies, les multinationales et le fameux quatrième pouvoir dans la fabrique d’une opinion publique ? » Un programme de lecture bien appétissant pour notre réflexion sur la démocratie.

 

• Il faut lire la Constitution du Venezuela : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/ConstitutionVenezuela.pdf.

C’est, à bien des égards, une leçon de démocratie qui laisse beaucoup de pouvoir aux citoyens. Ces pouvoirs ne sont pas théoriques, ils s’en sont déjà souvent servis. Ne ratez pas les articles 62 et suivants, et particulièrement les articles 72 à 74. Mais tous les articles, en fait, transpirent un profond respect du peuple pour qui sont écrites les institutions.

C’est vraiment autre chose que le TCE qui, une fois passée la Charte expressément vidée de force contraignante par les art. 111-2 et 112-2, transpirait par tous ses pores l’arbitraire sans contrôle, l’intérêt bien compris des banques et des multinationales, et la compétition entre les peuples précarisés.

Sur le Venezuela, on trouve beaucoup d’informations passionnantes à :
http://www.legrandsoir.info/archives.php3?id_rubrique=17

 

« Les confessions d’un assassin financier », par John Perkins (éd. AlTerre (Canada), 2005, 280 p). Un livre consternant dont voici la quatrième de couverture :
"Les assassins financiers, écrit John Perkins, sont des professionnels grassement payés qui escroquent des milliards de dollars à divers pays du globe. Leurs armes principales : les rapports financiers frauduleux, les élections truquées, les pots-de-vin, l'extorsion, le sexe et le meurtre."
John Perkins sait très bien de quoi il parle... Il a été lui-même un assassin financier. Son travail consistait à convaincre certains pays stratégiquement importants pour les États-Unis, comme le Panama ou l'Indonésie, d'accepter d'énormes prêts pour le développement de leurs infrastructures, et à s'assurer que tous les projets lucratifs étaient confiés à des entreprises américaines. Ainsi affligés de lourdes dettes, ces pays se retrouvaient alors sous le contrôle du gouvernement américain, de la Banque mondiale et d'autres organisations humanitaires dominées par les États-Unis, qui se comportaient envers eux comme des usuriers, leur dictant les conditions de remboursement et forçant leurs gouvernements à la soumission.
Cet extraordinaire récit véridique dévoile la corruption et les intrigues internationales, ainsi que des activités gouvernementales ou entrepreneuriales peu connues, qui ont de graves conséquences pour la démocratie américaine et le monde entier.
Voir aussi un entretien avec l’auteur :
http://www.e-torpedo.net/article.php3?id_article=522

 

• Un site porteur d’un immense espoir pour une démocratie moderne alternative :
« l’expérience démocratique » http://www.demexp.org/.

 

 

• Parmi les organisations alternatives à la démocratie il faut connaître la stochocratie, aussi appelée clérocratie, qui prévoient la désignation des représentants par tirage au sort. C’est simplement passionnant et beaucoup moins effrayant qu’au premier abord, quand on y réfléchit longuement.
Visitez les sites http://stochocratie.free.fr/ et http://www.clerocratie.com.

 

 

• Voyez aussi la sociocratie qui permet aux individus de s’auto organiser :
http://sociogest.ca/cms/index.php?id=34,0,0,1,0,0

 

• Voir aussi la pensée très stimulante de l’écosociétalisme : http://tiki.societal.org/tiki-index.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cosoci%C3%A9talisme.

 

 

 

Il y a aussi des livres sortis pendant la campagne référendaire, ou juste après, qui sont encore bien utile aujourd’hui, pour réfléchir à la suite :


« Oser dire NON à la politique du mensonge », aux Éditions du Rocher, 2005, 177 p., avec de nombreux auteurs qui font la variété et la richesse du livre : Marie-France Garaud, Marie-Françoise Bechtel, François-Guilhem Bertrand, Jacques Calvet, Alain Cotta, Max Gallo, Pierre Marie Gallois, Christian Graeff, Gabriel Robin et Jean-Jacques Rosa. L’argument du recul de la démocratie au profit de la technocratie et du gouvernement des juges (le plus fort, à mon avis, dans ce débat) est bien détaillé, sans langue de bois (c’est plutôt au vitriol). Les articles sont courts, denses et variés. On y trouve encore des horreurs du TCE jamais portées au débat, comme ceci : « la réalité juridique, celle dont on ne parle jamais (…) est que nul « citoyen » ne peut attaquer un acte normatif européen » (MF Bechtel, p. 132). On trouve donc dans ce livre encore des idées pour proposer de nouvelles institutions, vraiment démocratiques. On y trouve aussi des arguments pour continuer à lutter contre cette Europe sans les peuples qu’on vient de chasser par la porte mais qui ne tardera pas à revenir par la fenêtre.

 

« Une Constitution contre la démocratie »,, par Paul Alliès, professeur de science politique à l’Université de Montpellier (Climats, 2005, 220 p.). Un livre essentiel, que j’ai déjà cité dans ma biblio de la « Mauvaise constitution », mais qui compte tellement pour repérer ce qu’il ne faut pas accepter et, en creux, ce qu’il faut exiger pour être correctement protégés de l’arbitraire, que je vous le conseille à nouveau. C’est un document clair et progressiste, une puissante invitation à enfin nous occuper de nos propres affaires, à développer une réflexion politique personnelle :o)

 

« Constitution européenne : les Droits de l’Homme en danger », par Pascal Lusseau (Connaissances et savoirs, 2005, 140 p.). Ce petit livre étonnant est paru trop tard, juste avant le référendum, pour connaître le succès qu’il méritait pourtant : au-delà du discours général qui s’auto-reproduisait sur les ondes pour nous convaincre des progrès du TCE en matière de grands principes protecteurs, cette étude juridique, rigoureuse mais rédigée dans un style clair, facile à lire, montre au contraire un véritable recul de la protection des citoyen par le droit à l’occasion du TCE : le fait d’éviter une référence contraignante aux normes et juridictions internationales existantes comme la DUDH (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948) ou la CEDH (Convention Européenne de sauvegarde des Droits de l’Homme, 1950), le fait de donner donc aux grands principes une géométrie variable, selon les régions du monde et selon le credo économique du moment, constitue effectivement une régression. Ce recul est peu accessible au grand public car l’étude des textes juridiques en cause est complexe et souvent rebutante. L’enjeu est pourtant important pour chacun de nous : pourquoi fait-on ainsi régresser la protection juridique des individus ? Probablement pour rendre possible la totale liberté des plus forts.
Les explications limpides de Pascal Lusseau sur le travail des enfants, la non limitation du temps de travail, et autres droits sociaux en recul, renforcent notre conviction qu’il est temps que les citoyens s’occupent eux-mêmes de leurs institutions, en lieu et place des politiciens professionnels manifestement lobbyisés.

 

Jacques Généreux a écrit "une suite" à son excellent manuel critique du parfait européen : ce petit livre de 80 pages s'appelle "Sens et conséquences du "non" français" (Seuil, 2005, 80 p.). Comme le précédent, c'est intelligent et clair. Un vrai bon livre, à lire et faire connaître. Généreux n'est pas seulement sympathique, il est valeureux. Il porte bien son nom :o)

 

« Pour l’Europe, votez non ! », par Jean-Pierre Chevènement (Fayard, 2005, 190 p.). ça fait longtemps que JP Chevènement dénonce la supercherie néo-libérale des multinationales libres dans le poulailler mondial libre. « La politique monétaire a été confiée à la seule espèce des banquiers centraux, quintessence de ce qui peut se faire de plus réactionnaire dans les sociétés humaines. » Chevènement défend mordicus la souveraineté du peuple, mais sans nationalisme : il cherche les contours d’une souveraineté européenne, faute de quoi il préfère garder la souveraineté nationale, ce en quoi je le suis complètement : nous serions fou d’abandonner notre souveraineté nationale (déjà bien peu populaire) pour une absence totale de souveraineté européenne, faute de peuple européen identifiable. Pendant le débat, c’était un de ceux qui connaissait le mieux le texte du TCE, mais les journalistes l’interrompaient sans cesse sans l’écouter, en remâchant de vieilles rancunes et de vieux procès d’intention. Il nous reste la trace écrite de sa recherche d’une démocratie qui pourrait voir le jour dans le cadre européen (on en est encore loin).

 

« Europe Inc. Comment les multinationales construisent l’Europe et l’économie mondiale », ouvrage collectif de l’Observatoire de l’Europe Industrielle, par Belén Balanya, Ann Doherty, Olivier Hoedeman, Adam Ma’anit et Erik Wesselius (Agone, 2005, 500 p.).
Préface de Raoul Marc Jennar : « Le gouvernement des lobbies : la gouvernance contre la démocratie ». On est terrifié quand on découvre comment est préparé le droit européen, censé nous protéger. Tout est détaillé de l’intérieur, les principaux lobbies, leurs méthodes, leur influence personnelle et quotidienne avec les acteurs politiques de premier plan, le choc frontal entre les intérêts privés et l’intérêt général… Ça réveille… La démocratie est fragile. Elle disparaît déjà, en profondeur. Que ceux qui sont réveillés réveillent vite les autres, ça urge !

 

« J’aime l’Europe, je vote non », par Nicolas Dupont-Aignan (FX de Guibert, 2005, 185 p.). Ce jeune député est souvent très convaincant. Extrait :
« Rappelons la problématique de la subsidiarité telle que l’avait brillamment exposée Alain Peyrefitte il y a treize ans, lors de l’examen du projet de loi de révision constitutionnelle : « Le traité s’appuie sur le principe de subsidiarité, qu’on nous présente comme une substitution bénigne au système fédéral. Ce principe n’a jamais existé en droit public ni en droit international. C’est un principe ecclésiastique. Il a été formulé par Saint-Thomas d’Aquin pour définir l’organisation de l’église catholique romaine : l’échelon supérieur traite des questions pour lesquelles l’échelon inférieur n’est pas compétent. Mais qui décide en cas de conflit ? C’est l’échelon supérieur ! La subsidiarité est une forme très autoritaire de fédéralisme. On a supprimé, à la demande des anglais, le mot "fédéral"qui inquiétait certains –dont nous sommes – mais on dit la même chose, en pire, par ce bizarre néologisme ecclésiastique. La subsidiarité n’est que le camouflage d’un fédéralisme aggravé et qui n’ose pas dire son nom. Les États nationaux sont subordonnés au super État supranational. Alors que le premier principe du système fédéral en démocratie, c’est de limiter les compétences du fédéral, c’est l’inverse qui se produit d’ores et déjà. Et qui décidera de la répartition des compétences ? La Cour de Justice de Luxembourg, qui n’a cessé d’empiéter sur les compétences des États membres. »

 

 

 

Dans le domaine économique, il y a des livres à lire pour comprendre la supercherie du néolibéralisme qu’aucun citoyen normal n’a intérêt à soutenir :

 

« Quand le capitalisme perd la tête », par Joseph Stiglitz (Fayard, 2003, 416 p). Le deuxième pavé dans la mare du "prix Nobel" d’économie, grand économiste libéral : « démolition en règle des mythes de la pensée unique néolibérale : la réduction des déficits de relance pas l’économie, l’impact des guerres sur l’économie est négatif, il n’y a pas de "héros économique" (c’est la politique qui compte, pas les hommes), la "main invisible" d’Adam Smith est invisible pour la bonne raison qu’elle n’existe pas, la finance n’est pas la source de toutes les richesses, l’État n’est pas systématiquement mauvais… Stiglitz esquisse ensuite un "idéal démocratique" fondé sur un juste équilibre entre le marché et l’État et sur des valeurs comme la justice sociale ou encore le droit des citoyens à l’information »

 

« Le capitalisme total », par Jean Peyrelevade (La république des idées, Seuil, octobre 2005, 93 p.). Un autre important pavé dans la mare dénonce la folie de cette gouvernance de la planète abandonnée par des hommes politiques irresponsables à une poignée de financiers affranchis de tout contrôle démocratique. « Les règles du "gouvernement d’entreprise" conduisent à des exigences de rentabilité excessives, transforment les chefs d’entreprises en serviteurs zélés, voire en esclaves dorés des actionnaires, et polluent de pure cupidité la légitime volonté d’entreprendre. (…) Le capitalisme devenu "total" règne sans partage ni contre-pouvoir sur le monde et ses richesses. » Il faut lire ça : bien qu’il s’en défende fortement, on croirait lire un texte d’ATTAC, avec la crédibilité cette fois d’un banquier mondialement reconnu. Merci :o)

Lire aussi l’entretien au Nouvel Obs : « Comment le capitalisme est devenu fou »
http://www.nouvelobs.com/articles/p2134/a277960.html.

 

« L’avenir du capitalisme », de Jean-Luc Gréau (Gallimard, 2005, 303 p.). Cet expert du MEDEF, peu suspect de collectivisme, fustige "les arguments fallacieux du libre-échange mondial" (p. 112 et s.).

J.-L. Gréau défend l’idée de grands marchés communs régionaux, protégés de l’extérieur, et pose enfin une question cardinale : « à quoi servent encore les bourses ? » (p. 163 et s.).

Un livre étonnant, qui va nous aider à dénoncer le danger mortel pour la planète de la proximité devenue quasi sexuelle entre les milieux politiques et économiques

C’est une bombe, une précieuse bombe anti-néolibéralisme… qui vient du sérail… À lire absolument.

 

 

« Le capitalisme est en train de s’autodétruire » ; Patrick Artus, professeur à Polytechnique et à la Sorbonne, et Marie-Paule Virard, rédactrice en chef des Échos (La découverte, octobre 2005, 142 p.), expliquent que le capitalisme n’a plus de projet, qu’il ne sait pas quoi faire de ses milliards, qu’il n’investit pas dans l’avenir. L’absurdité des grands investisseurs, bien trop cupides, y est dénoncée, comme leur religion du court terme et leur réglementation comptable sur mesure où la prudence disparaît cette fois tout à fait. La démonstration de l’imbécillité mortifère du néolibéralisme progresse enfin rapidement (grâce au débat référendaire sur le TCE).

 

« Les mensonges de l’économie », par John Kenneth Galbraith (Grasset, 2004, 90 p.). Quand l’accusation de mensonge est étayée de l’intérieur, au plus haut niveau, c’est passionnant, comme était passionnant le livre fondamental de Stieglitz, « La grande désillusion ». On retrouve les critiques féroces qu’on a pu lire chez Bernard Maris. Mais venant de Galbraith lui-même, c’est saisissant. L’opacité des décisions d’achats militaires (des milliers de milliards de dollars), par exemple, masque évidemment l’intérêt privé qu’elles servent au mépris de l’intérêt général. La collusion est partout entre l’industrie d’armement et le monde politique professionnel. Tout ça renforce l’idée que les citoyens doivent reprendre le pouvoir aux professionnels de la politique (c’est moi qui conclut ça :o)

 

« Fonds de pension, piège à cons ? Mirage de la démocratie actionnariale. », par Frédéric Lordon (Raisons d’agir, 2000, 118 p.), avec son style inimitable, à la fois très rigoureux et à l’ironie cinglante. Un tout petit livre très agréable à lire et très éclairant sur l’arnaque des fonds de pension qui placent absolument tous les risques sur les salariés. On va tous bien se faire avoir, sur ce coup-là…

 

 

« Psychopathes et Cie », par Joël Bakan, professeur de droit à l’Université de la Colombie-Britannique (Les éditions Transcontinental, 2004, 220 p.). Extrait de la quatrième de couverture :
« Fascinante analyse du fonctionnement et des valeurs de la grande entreprise, cet essai pose un diagnostic implacable : la multinationale, personne morale aux yeux de la loi, a un comportement déviant qui rappelle à s'y méprendre celui d'un psychopathe.

« Égocentrique, amorale et inhumaine, elle défend sans relâche son propre intérêt économique, parfois au mépris des conséquences désastreuses de ses actions. Si la poursuite de son objectif l'exige, elle n'hésite pas à exploiter les populations des pays pauvres, à vendre des produits dangereux, à piller les ressources naturelles, à abuser de la naïveté des enfants, à diffuser des propos mensongers... Ces infamies, elle les commet souvent en toute impunité, les communautés étant aveuglées par ses prétentions à la responsabilité sociale et les gouvernements ayant renoncé à tout contrôle en optant pour la déréglementation et la privatisation. »

 

 

 

« La sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement. », par Philippe Pignare et Isabelle Stengers (La Découverte, 2005, 226 p.). Une description intéressante des techniques capitalistes utilisées pour paralyser le citoyen et le dissuader de résister, suivies des techniques de défense, individuelles, concrètes. L’analyse des alternatives infernales est pertinente : accepter est devenu un impératif. Encore un livre pour apprendre à résister, concrètement.

 

« Contre-feux. Propos pour servir à la résistance contre l’invasion néo-libérale. », par Pierre Bourdieu,(Raisons d’agir, 2004, 120 p.). "Fureur légitime" d’un intellectuel engagé contre le "fléau néo-libéral". Des textes très courts, passionnants, souvent au vitriol. Éléments inédits de l’enquête d’un grand sociologue sur la souffrance sociale.

 

« Et la vertu sauvera le monde… Après la débâcle financière, le salut par l’éthique ? »,
par Frédéric Lordon
(Raisons d’agir, 2003, 125 p.) qui met en évidence les vices profonds du système qui a permis des scandales comme Enron. D’après Lordon, il faut plutôt incriminer les logiques qui soumettent l’économie à l’emprise de la finance déréglemen­tée plutôt qu’attendre un hypothétique retour de l’honnêteté et de la vertu chez les managers. Le style de Lordon est inimitable : une verve tonique, précise et amusée qui habille une analyse au laser.

 

« La démocratie et le marché », par Jean-Paul Fitoussi, (Grasset, 2004, 100 p.).
Excellent petit bouquin. À partir du constat que les économies les plus solidaires ne sont pas les moins performantes, Fitoussi réfute la rhétorique du néo-libéralisme qui considère la démocratie et la politique comme des obstacles au développement.

 

« La règle et le choix », par Jean-Paul Fitoussi (La république des idées – Seuil, 2002, 90 p.). Extrait de la quatrième de couverture : « L'Union européenne présente un paradoxe : elle exige de notables abandons de souveraineté de la part des États qui la composent, mais n'y substitue aucun équivalent à l'échelle communautaire. Privilégiant l'intégration par des normes toujours plus contraignantes, elle vide peu à peu le siège de la souveraineté nationale sans pour autant investir celui de la souveraineté européenne. Ainsi en chacun de nos pays apparaît un déficit démocratique, car le gouvernement des membres de l'Union devient davantage un gouvernement par des règles, sur lesquelles les électeurs n'ont pas prise, qu'un gouvernement par des choix. Renverser l'ordre des priorités entre la règle et le choix : là est le défi de l'Europe politique, là encore celui de l'Europe économique. Il implique une gouvernance, à la fois européenne et nationale, plus conforme aux exigences de la démocratie. »

 

 

« Pas de pitié pour les gueux. Sur les théories économiques du chômage. », par Laurent Cordonnier (Raisons d’agir, 2000, 125 p.). Très bon petit bouquin, drôle et intelligent. Quatrième de couverture bien résumée : « Pourquoi y a-t-il du chômage ? Parce que les salariés en veulent toujours trop…parce qu’ils recherchent la sécurité, la rente et se complaisent dans l’assistanat… parce qu’ils sont roublards, paresseux, primesautiers et méchants, etc. Voilà ce que racontent, en termes certes plus choisis, et avec force démonstrations mathématiques, les théories "scientifiques" élaborées par les économistes du travail. L’auteur se livre ici à un véritable travail de traduction en langage littéraire des théories savantes, au terme duquel il apparaît que leur signification, « une fois défroquée de leurs oripeaux savants, frôle souvent l’abject, à un point dont on n’a généralement pas idée ». C’est justement pour en donner une idée que ce livre est écrit. »


Sommaire : Veille de marché : Le travailleur et son patron : Qu’est-ce que le travail ? L’offre de travail ; La demande de travail / Le marché du travail / À bas le SMIC / Haro sur les assistés / Sus aux fainéants : la théorie du travailleur poltron ; la théorie du travailleur roublard ; la théorie du travailleur paresseux ; la théorie du travailleur primesautier ; la théorie du travailleur méchant ;
le chômage n’est pas le problème, c’est la solution


Voir le livre suivant pour se faire une idée plus complète du débat sur le chômage.

« Le chômage, fatalité ou nécessité ? », par Pierre Cahuc et André Zylberberg (Flammarion, 2004, 200 p.). « En France, chaque jour, 10 000 emplois sont détruits… et 10 000 sont créés… Le chômage est utile… Le métier de chercheur d’emploi est un des plus rentables pour la collectivité : il assure la réallocation des forces de travail vers les emplois les plus efficaces et constitue ainsi une source essentielle de croissance. » Très certainement des auteurs parmi ceux vilipendés par le livre précédent, mais il est important de prendre connaissance honnêtement de tous les points de vue en contradiction. Un plaidoyer libéral (je ne l’ai pas vu néo-libéral) intéressant qui dédramatise le chômage et y voit un processus de destruction créatrice, signe d’une adaptation permanente au progrès, source de croissance, sans grand rapport avec la mondialisation. Un style alerte et facile à lire et qui propose, sans qu’on soit forcément d’accord sur tout, des propositions séduisantes, inspirées d’exemples historiques ou à l’étranger, pour rendre acceptable ce qui n’est pas forcément un fléau.

 

 

• À propos des mensonges éhontés sur le chômage, il y plusieurs liens à consulter :
D’abord quelques émissions utiles de l’émission « Là-bas si j’y suis », émission radio de salubrité publique, sur France Inter, tous les jours à 17 h :

 

« Les chiffres du chômage », http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=737.

 

« ANPE : Radiation », http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=748 où une jeune employée de l’ANPE explique les méthodes et le vocabulaire de l’ANPE pour trafiquer les chiffres du chômage.

 

Ensuite, il y a des sites spécialisés :

• « NAIRU, le Nom de la Ruse. La face cachée du chômage. », http://lenairu.blogspot.com/ un blog qui vous montrera que le taux de chômage est programmé, oui programmé, voulu, par nos soi-disant "représentants"…

 

• « Actuchomage », http://www.actuchomage.org/index.php, riche portail sur l’actualité du chômage.

 

• « 1 000 idées pour lutter contre le chômage », présenté par le site "Le journal du management" :
http://management.journaldunet.com/enquete/liste_avis/index.shtml

 

Voir aussi :


« Des lions menés par des ânes », par Charles Gave (Robert Laffont, 2003, 190 p.). Encore un pamphlet libéral mais drôle et souvent plein de bon sens et d’idées intéressantes. Beaucoup de chiffres mais autant de commentaires, courts et incisifs. On peut bondir parfois de désaccord violent, mais la lecture de ce livre est pétillante, instructive et pousse à réfléchir. Les lions ce sont les français et leurs entrepreneurs, les ânes sont les fonctionnaires (merci :o) et une bonne partie de la classe politique. Charles Gave a un sens délicieux des formules, des résumés, des comparaisons et des slogans. Manifestement, il aime les mots et c’est agréable :o)

 

 

« L’empire de la honte », par Jean Ziegler (Fayard, 2005, 320 p.). Pour parvenir à la soumission des peuples aux intérêts des grandes compagnies privées, il est deux armes de destruction massive dont les maîtres de l’empire de la honte savent admirablement jouer : la dette et la faim. Par l’endettement, les États abdiquent leur souveraineté ; par la faim qui en découle, les peuples agonisent et renoncent à leur liberté. Jean Ziegler accuse les cosmocrates qui privatisent jusqu’à l’eau que les peuples doivent désormais leur acheter ! Il raconte de façon détaillée mille expériences concrètes, édifiantes et révoltantes. Un livre poignant, remuant.

 

« Keynes ou l’économiste citoyen » par Bernard Maris (Presse de Sciences Po, 1999, 95 p.). « Jamais la pensée de Keynes n’a été plus d’actualité et aussi mal comprise. Le message de Keynes est une conception totalement originale des rapports de l’économie et de la société. » Excellent petit livre, vraiment.

Une bonne fiche de lecture pour relativiser : http://econo.free.fr/scripts/printnote.php?codenote=26

 

Extrait : « Maris montre que l’analyse Keynésienne est fondée sur les pulsions humaines : le désir de richesse comme perversion mentale, la peur, l’incertitude… Toutes ces pulsions qui font que l’économie ne ressemble pas réellement au monde merveilleusement rationnel décrit par les classiques. La vraie opposition du monde économique n’est pas l’opposition entre prolétaires et capitalistes, ni l’opposition entre entrepreneurs et spéculateurs, qui sont en fait les mêmes ; Keynes oppose les aventuriers, ceux qui jouent avec le futur qui terrifie la majorité de la population, qui entreprennent ou spéculent (il parlera à leur sujet d’esprits "animaux") et les rentiers, qui ne cherchent que l’argent pour l’argent.

De même, le marché n’est pas la rencontre d’individus rationnels : il est une foule soumise à l’autoréférencialité et à la névrose, dans laquelle chacun est persuadé que l’autre sait mieux que lui, et passe son temps à chercher à faire comme les autres, modèle superbement illustré par la métaphore du concours de beauté. Car les hommes vivent dans une incertitude radicale, non probabilisable, dont la seule porte de sortie est la convention, un état d’esprit consistant à penser que le marché, considéré comme unité autonome et agissante, va continuer de suivre le même chemin que celui qu’il a suivi jusqu’à présent. Mais lorsque la convention s’effrite, la peur collective atteint son paroxysme, et tout le monde cherche la liquidité, c’est à dire le pouvoir d’achat immédiat pour se préserver des risques. Dans ces moments de panique, seule une autorité extérieure (l’État) a la possibilité de se substituer à la convention pour éviter le chaos.

Et Keynes de proposer un rôle radicalement nouveau pour son époque à l’autorité publique : loin de l’autoritarisme borné et incompétent en vigueur dans les pays communistes, et loin du laisser-faire intégral joint à l’intégrisme moralisateur de l’Angleterre Victorienne, l’État doit remplir les fonctions que les agents privés sont incapables d’accomplir : et donc, assurer la liquidité de l’économie, en contrôlant flux de capitaux et masse monétaire.

Cela risque d’être défavorable aux rentiers ? Qu’importe, mieux vaut l’euthanasie des rentiers par l’inflation que leur ruine par la guerre, qui ne manque pas d’arriver lorsque la déflation délite les sociétés et détruit avec les rentiers les jeunes et les productifs.

On le voit, on est bien loin des présentations traditionnelles de Keynes, se résumant à la dépense publique jointe au multiplicateur pour éviter les crises et autres éléments de macroéconomie pour besogneux. Keynes, c’est avant tout une conception de la société, et un désir de voir l’économie servir les hommes jusqu’au jour où, l’avarice et la cupidité ayant fait leur office, l’humanité aura résolu son problème économique et pourra se consacrer à des choses plus nobles. Les obstacles à cette évolution, la surpopulation, les guerres, les idéologies qui nous empêchent de choisir les bonnes solutions, doivent être éradiqués pour laisser place à un État dirigé par des gens compétents et humbles, soucieux avant tout du bien public. »
Lire la note de lecture jusqu’au bout, rien n’est simple, c’est très intéressant :o)

 

Extraits de Maris : (intro) « L’objet de ce livre : faire comprendre, dans une période de folie ou d’horreur économique, à travers la pensée de Keynes, que le plus grand économiste de son temps avait remisé l’économie au vestiaire ; que l’homme qui pulvérisa définitivement et sans espoir de résurrection la pensée de la "main invisible" (la pensée du marché qui s’équilibre automatiquement, si on le laisse faire, par la loi de l’offre et de la demande, pour le plus grand bonheur de l’humanité), la vulgate libérale autrement dit, avait constamment dans son projet scientifique, un souci de "civilisation". »
(Conclusion) « Keynes, qui n’aimait guère les prévisions, pensait néanmoins que vers l’an 2030, la question économique aurait disparu, et la collectivité, apaisée, se consacrerait à l’éducation, aux arts, à la beauté et, n’oublions jamais, au culte de l’amitié. » (…) « Aujourd’hui, la seule raison de vivre des classes dirigeantes paraît être l’accumulation pour l’accumulation, l’argent pour l’argent, la productivité pour la productivité, la vitesse pour la vitesse. Le rentier, l’homme des intérêts composés, Midas, Harpagon (pardon : le boursier sur sa montagne de dollars) triomphe. La vitesse pour quoi, au fait ? Pour s’entasser dans les bouchons ? Et pour aller vers où ? Vers une mort certaine avec la certitude d’une vie stérile ? Le message de Keynes est comme un tintement de clochette dans le fracas du périphérique. Il songeait que les hommes des années 2030 ne travailleraient que trente heures par semaine et consacreraient leurs loisirs au culte de l’amitié et de la beauté. La seule chose qui pourrait les empêcher de le faire serait la peur de la liberté. (…) L’homme osera-t-il être libre ? »

 

 

« La bourse ou la vie. La grande manipulation des petits actionnaires. », par Bernard Maris et Philippe Labarde (Albin Michel, 2000, 195 p.). Celui-là, je ne l’ai pas encore commencé, juste feuilleté, mais je me le réserve comme un bonbon :o) La lecture de Bernard Maris est toujours un régal, surtout avec Labarde, ils se bonifient mutuellement, avec un style énergique et drôle. Je vous en reparlerai plus tard :o)

 

 

« Travailler deux heures par jour », par Adret (collectif), (Points actuel, 1979, 190 p.). Un petit livre pétillant d’idées pour travailler moins et jouir plus de la vie sans marcher sur les autres. Droit à la paresse, amour du travail, quel travail ?, droit à l’utopie, gâchis du temps, le temps perdu de la vitesse, propositions concrètes…

 

• Il faut lire ce livre important de Loïc Wacquant, « Punir les pauvres » (Agone, 2004, 364 p.).

 

Lire l’excellente revue de presse d’Agone à http://atheles.org/agone/contrefeux/punirlespauvres/
« Aux États-Unis, il y a environ 2 millions de personnes incarcérées. Dès 1992, quatre États américains consacrent dans leur budget plus d’un milliard de dollars à l’emprisonnement au seul titre du fonctionnement. La prison est devenue le troisième employeur national ! En 1997, le taux d’incarcération pour 100 000 habitants était de 648 aux États-Unis contre 90 en France… Loïc Wacquant, professeur à Berkeley, s’interroge dans Punir les pauvres sur les raisons d’un tel écart. Ce taux de remplissage des prisons est un phénomène relativement récent qui remonte aux années 1980, où le nombre de détenus était "seulement" de 500 000. Selon l’auteur, ce quadruplement ne peut pas s’expliquer par une montée de la violence : le taux d’homicides et de vols avec violences est resté stable sur les deux décennies. Mais il est causé par "l’extension du recours à l’enfermement […] et l’alourdissement des peines encourues" (sauf pour les crimes en col blanc).

 

Parallèlement à ce durcissement, en 1996, a lieu la réforme des aides sociales qui touchent de plein fouet les franges les plus fragiles de la population. De 1955 à 1995, de nombreux hospices psychiatriques ferment par manque de moyens, divisant par dix le nombre de patients. L’ancien État Providence, le "Welfare State", utilise aujourd’hui environ dix fois plus d’argent à la répression qu’à l’aide sociale. Cet ouvrage montre comment un État est devenu libéral en matière économique et, à l’inverse, très directif en matière sociale. Mieux, comme les prisons deviennent trop chères, elles sont confiées au privé qui va parfois jusqu’à faire payer aux prisonniers une partie du coût de leur incarcération ! De nombreux exemples effarants sont donnés des conditions d’emprisonnement.

 

Quel est l’intérêt de réfléchir comme le fait cet ouvrage sur l’exemple américain ? Il est, nous dit l’auteur, "une sorte d’alambic historique qui permet d’observer en grandeur naturelle les conséquences sociales, politiques et culturelles de l’avènement de la pénalité néolibérale dans une société soumise à l’empire conjoint de la marchandise et de l’individualisme moralisant".
Quand en France on entend parler à longueur de médias de « tolérance zéro », cette analyse peut sembler pertinente. (L'Écologiste, septembre novembre 2005) ».

 

 

Le capitalisme porte en lui la guerre, voir ces deux documents :

 

• Il faut absolument lire le discours superbe du dramaturge Harold Pinter, à l’occasion de son prix Nobel de littérature : « Art, vérité et politique » :
http://nobelprize.org/literature/laureates/2005/pinter-lecture-f.html
La démocratie utilisée comme paravent mensonger aux pires atrocités… C’est un texte bouleversant qui donne envie, en profondeur, de concevoir et d’imposer des contre-pouvoirs, vite, avant de subir à nouveau des guerres à fin d’enrichissement des hommes au pouvoir.

 

 

Voir aussi « Je refuse d’obéir » de Jean Giono : http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2865.

« La guerre n’est pas une catastrophe, c’est un moyen de gouvernement. L’État capitaliste ne connaît pas les hommes qui cherchent ce que nous appelons le bonheur, les hommes dont le propre est d’être ce qu’ils sont, les hommes en chair et en os ; il ne connaît qu’une matière première pour produire du capital.

Pour produire du capital, il a à certains moments, besoin de la guerre, comme un menuisier a besoin d’un rabot, il se sert de la guerre. L’enfant, les yeux bleus, la mère, le père, la joie, le bonheur, l’amour, la paix, l’ombre des arbres, la fraîcheur du vent, la course sautelante des eaux, il ne connaît pas. (...) Il n’a de lois que pour le sang et pour l’or.

Dans l’État capitaliste, ceux qui jouissent ne jouissent que de sang et d’or. (...) L’État capitaliste nous cache gentiment le chemin de l’abattoir (...).

Je préfère vivre. Je préfère vivre et tuer la guerre, et tuer l’État capitaliste (...) je ne veux pas me sacrifier. Je n’ai besoin du sacrifice de personne. » (…)

 

 


 

Rappel des livres déjà cités dans le texte « Une mauvaise Constitution… » mais vraiment importants :

« La grande désillusion », par Joseph Stiglitz (Fayard, 2002, 325 p).

« OMC, le pouvoir invisible » par Agnès Bertrand et Laurence Kalafatides (Fayard, 2003, 330 p).

« Le grand bond en arrière », par Serge Halimi (Fayard, 2004, 620 p.).

« Europe, la trahison des élites », par Raoul Marc Jennar (Fayard, 2004, 280 p.)

Quatre grands livres, à lire et à faire lire, pour prendre toute la mesure du danger mortel que l’OMC, totalement instrumentalisée par les multinationales, fait courir à la démocratie.

 

 


 

 

Autres sources d’info que les livres :

 

• À la radio, il faut absolument écouter « Là-bas si j’y suis » tous les jours, sur France Inter à 15 h.
Cette émission LBSJS, modeste et géniale, est un bain quotidien de générosité, de conscience, d’humanité, d’entraide… C’est un exemple de ce que devrait être une radio de service public, un lien entre les hommes de bonne volonté pour que la planète soit plus fraternelle.

Merci, merci, merci à Daniel Mermet et à toute l’équipe de l’émission. Merci aussi aux auditeurs du répondeur qui apportent leur énergie, leurs idées, leur colère, une force, une pétillance, un humour, des émotions for-mi-da-bles. http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/labassijysuis/archives.php

Toutes les émissions sont disponibles après-coup sur le site.

 


Souvent, l’émission Du grain à moudre, à 17 h sur France Culture, est excellente aussi : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/grain/archives.php.

 

• L'émission "Terre à terre" est aussi une précieuse perle d'intelligence, chaque fois renouvelée, le samedi matin sur France Culture, beaucoup trop tôt (à 7 heures du matin). Merci , merci, merci à Ruth Stegassy : http://terreaterre.ww7.be/.



• Il n’y a presque plus de journaux libres, c’est-à-dire indépendants des annonceurs publicitaires. Il n’y a plus beaucoup de générosité authentique ni d’exigence d’honnêteté des politiques dans notre presse. Heureusement, il reste (ceux que je connais pour l’instant) :


- Le Monde diplomatique : ça change de lire un jhttp://www.la-bas.org/ournal qui parle uniquement de choses importantes. Le Diplo ne parle pas de chiens écrasés, Le Diplo ne détaille pas la chronique judiciaire en se transformant en journaliste-juge, le Diplo ne colporte pas les rumeurs et les cancans du gotha comme si c’était de l’or, le Diplo ne travestit pas la réalité pour le bon plaisir de ses annonceurs (il publie très peu de pub)… Un vrai grand journal, un précieux levier pour comprendre le monde et résister.
http://www.monde-diplomatique.fr/

 


- Politis : un hebdo politique régulièrement excellent : il a les qualités du Monde diplomatique.
http://www.politis.fr/ Mais depuis que Politis a été sauvé par ses lecteurs, le site est devenu payant… ce qui a quelque chose de désespérant (même eux…). Il ne reste à l’accès libre, pour les pauvres donc, que le Blog des rédacteurs de Politis : http://www.pour-politis.org/

 


- Marianne : revue ‘grand public’ indépendante de la pub et ça se sent sacrément dans la liberté de ton :o) Un côté ‘people’ parfois très gênant (mais sans pub, il faut vendre, on peut les comprendre), mais surtout des articles et dossiers politiques et économiques passionnants.
http://www.marianne-en-ligne.fr/


- L’Humanité : journal courageux et finalement beaucoup plus utile aux citoyens que ceux-là mêmes qui lui reprochent d’être lié à un parti, je l’ai découvert cette année (2005). Moi qui tenais les communistes en quarantaine sans même y réfléchir, comme un réflexe conditionné depuis le plus jeune âge (on ne lit pas l’Huma à Auteuil), comme j’étais bête et mal informé… Sympathiques générosité et solidarité qu’on sent gravées en profondeur dans l’ADN des communistes de base… Comme c’est difficile (pour moi) de se désintoxiquer de la propagande ingurgitée pendant toute une vie.
Les communistes souffrent des plaies Staline et Mao comme les chrétiens souffrent de la plaie Torquemada l’Inquisiteur… http://www.humanite.fr/


- PLPL qui est devenu Le Plan B : si vous supportez le vitriol, c’est un canard très décapant, parfois trop sévère ou inutilement méchant, mais qui mène hardiment une tâche d’utilité publique, un travail d’Hercule : démasquer et défaire le PPA (parti de la presse et de l’argent) et la PQM (presse qui ment)… Le style sardon est souvent tordant :o) : http://www.homme-moderne.org/plpl/
http://www.leplanb.org


- Le Canard Enchaîné est également indépendant de la publicité, ce qui donne un ton… très libre ;o)
http://www.canardenchaine.com/ (site encore presque vide, malheureusement)


Il faut aider ces journaux à survivre en s’abonnant et en abonnant des copains désargentés :o)

 

 


 

 

• Voir aussi ces documents de référence :

 

Textes de référence :

 

Ø La Constitution française (4 octobre 1958) :
http://www.conseil-constitutionnel.fr/textes/constit.htm

 

Ø Le Préambule de la Constitution française de 1946 :
http://www.conseil-constitutionnel.fr/textes/p1946.htm

 

Ø Le Traité Constitutionnel Européen (TCE, rejeté par référendum en 2005 mais prochainement imposé violemment de force par nos propres prétendus « représentants ») :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Texte_integral_TCE_485_pages.pdf
Bien étudier surtout les parties 1 et 4, les plus dangereuses pour la démocratie.

 

Ø La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789) :
http://www.conseil-constitutionnel.fr/textes/d1789.htm

 

Ø La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1793) :
http://fr.wikisource.org/wiki/D%C3%A9claration_des_Droits_de_l%E2%80%99Homme_et_du_Citoyen_de_1793

 

Ø La Constitution du Venezuela :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/ConstitutionVenezuela.pdf
Ø La Constitution suisse :
http://www.admin.ch/ch/f/as/1999/2556.pdf

 

Ø Les Constitutions françaises :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Constitutions_fran%C3%A7aises

 

Ø Toutes les constitutions du monde :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Constitution_par_pays

http://mjp.univ-perp.fr/constit/constitintro.htm

 

Ø Le programme du CNR, Conseil National de la Résistance (1945) :
http://fr.wikisource.org/wiki/Programme_du_Conseil_national_de_la_Résistance

 

On trouve aussi, bien sûr, des réflexions passionnantes dans les grands classiques :

Ø Aristote : "La politique" : http://www.laphilosophie.fr/telechargement.php?id=348
et "La Constitution d’Athènes" : http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/tableconstitution.htm

 

Ø Platon : "La République" :
http://plato-dialogues.org/fr/tetra_4/republic.htm

 

Ø Montesquieu : "L’esprit des lois" : http://classiques.uqac.ca/classiques/montesquieu/montesquieu.html

 

Ø Tocqueville : "De la démocratie en Amérique" Tome 1 : http://classiques.uqac.ca/classiques/De_tocqueville_alexis/democratie_1/democratie_tome1.html
et surtout tome 2 : http://classiques.uqac.ca/classiques/De_tocqueville_alexis/democratie_2/democratie_tome2.html

 

Ø Rousseau : "Le contrat social" :
http://classiques.uqac.ca/classiques/Rousseau_jj/contrat_social/contrat_social.html

 

Ø Marx et Engels : "Manifeste du parti communiste"(à lire absolument) :
http://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000.htm

 

Ø Alain (Émile Chartier) : propos sur le pouvoir et propos politiques :
http://classiques.uqac.ca/classiques/Alain/Alain.html

 

(À suivre)

 

 

 


 

 

Sur mon site, les parties interactives peuvent servir de tribunes et éclairer les citoyens qui abordent la réflexion institutionnelle, malgré les experts qui préfèreraient rester seuls :

 

Ø Forum du plan C : pour une Constitution écrite par et pour les Citoyens :
http://etienne.chouard.free.fr/forum/index.php

 

Ø Wiki-Constitution : pour écrire et protéger nous-mêmes notre Constitution :
http://etienne.chouard.free.fr/wikiconstitution/index.php?title=Accueil

 

 

De façon plus statique, eEn plus de la présente page, on trouvera d'utiles références sur ces deux volumineux florilèges :

 

Ø Liens et documents en totalité (depuis 2005) :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Liens_en_totalite.pdf

 

Ø Pépites (pensées en vrac) (depuis 2005) :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/En_Vrac.pdf

 

Dernière mise à jour de cette page : 24 décembre 2011
(je suis afferusement en retard : il manque plein de trucs ici, désolé. Débordé.)