Controverses et droit de réponse - Blog du plan C, pour une Constitution Citoyenne, écrite par et pour les citoyens

Blog du plan C, pour une Constitution Citoyenne, écrite par et pour les citoyens


C'est notre Constitution qui est notre seule arme (et c'est aussi la meilleure) pour contrôler les pouvoirs. À nous d'en parler, entre simples citoyens, pour devenir des millions à l'avoir compris : ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.

Bienvenue :o)


Étienne Chouard
Je cherche ici à mettre en débat ouvert ce dont on ne parle nulle part : les plus grands principes institutionnels dont tous les citoyens (gauche, centre, droite) ont besoin pour se protéger des abus de pouvoir.

Je vous propose d'aller voir le FORUM et de suivre le SOMMAIRE, point par point (un principe par jour pour une digestion facile ?), et de réfléchir à votre propre position : Pour ? Contre ? Partagé ?

Et si personne (ni moi, ni d'autres ici) n'a encore défendu les arguments qui vous semblent importants, formulez-les vous-même : nous progressons ensemble en combinant nos réflexions, démocratiquement et positivement :o)

Suggestion :
pour parler nombreux
sur de nombreux sujets :
. soyons brefs,
. dans le sujet,
. et patients :-)

Une fois les principes bien débattus sur le FORUM, vous pouvez, dans la partie WIKI, écrire vous-mêmes les articles qui vous semblent importants dans une Constitution, aussi bien nationale qu'européenne.

Sur cette partie BLOG, je vous propose de nous parler plutôt des problèmes qui ne sont pas spécifiquement institutionnels (économie, histoire, philosophie, sociologie, société, actualité, technique, littérature, etc.), mais qui tournent quand même autour des sujets évoqués sur le forum : on cherche à imaginer ensemble un outil intellectuel, robuste et durable, contre les abus de pouvoir.

J'ai hâte de vous lire :o)

Étienne Chouard


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jeudi 26 décembre 2013

Remous à gauche de la gauche à propos de notre rencontre d'Aimargues (726)

Remous à gauche de la gauche
à propos de notre rencontre d'Aimargues

Chers amis,

 

La (passionnante) réunion avec le Café Repère d'Aimargues (près de Nîmes) la semaine dernière a suscité bien des remous :
je viens de recevoir par mail (plusieurs fois, de la part de personnes pas contentes de ça)
une copie d'une lettre circulaire qui parcourt les rangs d’un parti que je considère comme très proche
des valeurs humanistes auxquelles je tiens le plus, et j'ai été surpris d'y retrouver
les calomnies des prétendus "antifas" qui me persécutent depuis deux ans.

Je prends donc ma plume pour exprimer rapidement ce que ça m'inspire, point par point :

(Fichier PDF de ce document)

 

 

Note interne destinée aux militants du [parti], 19 déc. 2013 (extrait)

 

 

 

Ce que ça m'inspire, 26 déc. (extrait) :

 

 

"Il faut aussi signaler le cas d'Étienne Chouard, qui a joué un rôle déterminant lors du débat concernant le Traité Constitutionnel Européen.

 

 

Le bon vieux temps… les copains d'Attac… 

 

Je fais juste remarquer qu’il vaudrait mieux parler de Traité Inconstitutionnel Européen : écrire la Constitution par voie de traités est une véritable félonie de la part des ministres et des parlementaires payés pour nous défendre et pas pour nous vendre ; nous devrions montrer, par notre REFUS d’utiliser les mots menteurs, que nous avons compris et que nous combattons toujours cette escroquerie institutionnelle.

 

 

Il se réclame également de cette conception désincarnée de la démocratie selon laquelle il faudrait débattre avec tout le monde,

 

 

 

Désincarnée ? Pas du tout ! Projet pragmatique et réaliste, au contraire: l'isegoria, droit de parole pour tous à tout moment et à tout propos est un pilier porteur de toute démocratie incarnée digne de ce nom. Sans isegoria, on a affaire à des escrocs despotiques, pas à des démocrates.

 

Je suis strictement sur la ligne de Rosa Luxembourg et de Chomsky (excusez-moi) :

 

« La liberté seulement pour les partisans du gouvernement, pour les membres d'un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n'est pas la liberté. La liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement. »      

Rosa Luxembourg (La révolution russe).

 

« Si l'on ne croit pas à la liberté d'expression pour les gens qu'on méprise, on n'y croit pas du tout. »

Noam Chomsky.

 

 

sans voir qu'il joue par là un rôle de porte-parole avec des gens avec qui nous devons absolument garder nos distances et établir un cordon sanitaire.

 

 

D’abord, je "porte la parole" de tout ce qui me semble intelligent et utile au bien commun (excusez-moi encore).

 

Ensuite, quand je parle sur un média, je ne porte pas la parole du média mais la mienne C’est une erreur d’assimiler le locuteur au média qu’il utilise ici ou là.

 

Enfin, je ne suis pas raciste : je travaille idée par idée,  et non PAS  'race de penseurs' par 'race de penseurs'.

 

Il faudrait que les pharisiens (*) du « cordon sanitaire » m'expliquent ce que c’est, concrètement (de façon incarnée, hein, s'il vous plaît), qu’une «démocratie-où-TOUS-les-citoyens-ne-peuvent-PAS-débattre»…

 

Dans le système d'apartheid politique prôné par les tenants du « cordon sanitaire » (apartheid, oui, avec une race de sous-hommes définitivement interdits de débats politique, tenus à l'écart par une élite (auto-labellisée "de gauche" sans doute) qui, elle, a droit aux débats, et seulement avec ceux qu'elle choisit…), dans ce système raciste, donc, qui va décider qui peut débattre et qui ne peut pas ?

 

Et cette décision d'exclusion politique permanente sera prise sous le contrôle de qui ?

 

Et puis, est-ce que les citoyens interdits peuvent espérer un jour sortir de cette prison politique ? Ou bien sont-ils condamnés à vie à cet ostracisme du seul fait de leur nature (leur race quoi), qui a le malheur d'être déclarée du mauvais côté du « cordon sanitaire » (concept antidémocratique au possible) ?

 

Et le militant dévoué, à qui ses chefs donnent ainsi des consignes strictes sur qui lire, qui écouter, qui aller voir débattre : où est sa dignité d'homme libre ? Où est le respect de son discernement autonome et adulte ? Qui se permet de préjuger qui il doit écouter en politique ?

 

Et sur le plan des résultats du parti (incarnés, bien sûr), est-ce que ça marche bien, le "cordon sanitaire" ? 

 

Je signale enfin qu’il y a bien d’autres communautés qui essaient également de créer de tels interdits sectaires (**) antidémocratiques : tels militants redoutent et détestent les « socialo-communistes » et voudraient qu’on les fasse taire pour nous protéger tous du goulag ; tels autres voudraient que les « sionistes » soient muselés pour les empêcher de coloniser le pays en douce ; tels autres veulent faire taire les antisionistes en les assimilant à de dangereux « antisémites » ; tels autres veulent interdire aux « infidèles » à leur religion le droit de « blasphémer » publiquement ; etc. Va-t-on les laisser faire ?

 

Toutes ces tentations et tentatives de prise de contrôle du monopole de la parole publique s’apparentent à du communautarisme, c’est sectaire par définition, ça empêche la recherche de la concorde, et le fait de permettre aux chefs de clans de mettre en place leurs muselières politiques signerait la mort de la République (déjà largement dévoyée).

 

Je trouve important de remarquer que ce sont toujours des CHEFS de clan (ou des ASPIRANTS CHEFS) qui instrumentalisent la ZIZANIE, en attisant les querelles intestines de la Cité — et en interdisant aux soldats ennemis de fraterniser (comme les Allemands et les Français l’avaient fait en pleine guerre de 14-18) — pour que la guerre politique s’éternise à tout propos, discorde contraire à l’intérêt général mais absolument nécessaire aux chefs de guerre, pour justifier leur existence même.

Selon moi (mais je peux me tromper, ce n’est que mon avis), cette domination des chefs est suscitée et entretenue par l’existence des partis, machines de guerre politique qui nous condamnent tous à l’affrontement global et permanent ; partis qui eux-mêmes ne sont rendus absolument nécessaires QUE PAR l’institution calamiteuse du prétendu et faux « suffrage universel », qui réduit la politique (au sens noble du terme) à la désignation de MAÎTRES qui vont TOUT décider à notre place pendant cinq ans (politique au sens ignoble du terme).

 

Sur la plupart des sujets de société (retraites, sécurité sociale, choix de société vital entre chômage et inflation, indexation des salaires sur les prix, justice fiscale, choix entre libre-échange pour les multinationales ou protectionnisme pour les citoyens, contrôle des capitaux, politique monétaire, droits constitutionnels garantis à tous les êtres vivants et sensibles, traités internationaux, référendums d’initiative populaire, guerres d’agression prétendument humanitaires, néocolonialisme, école publique, énergie publique, gratuité des transports collectifs, grande distribution publique, information des citoyens, interdiction de la prise de contrôle de grands médias par les industriels et les banquiers, strict respect de la vie privée, liberté d’expression réelle, criminalisation du lobbying auprès des parlementaires, responsabilité réelle des acteurs publics, non cumul des mandats, lutte réelle contre la corruption, choix d’investissements publics, revenu minimum et maximum, patrimoine minimum et maximum, services publics, nationalisations, privilèges, etc.), les citoyens des TOUS les partis pourraient tomber d’accord, contrairement à la GUERRE TOTALE que leurs chefs de partis leur imposent de faire, projet de société global’ contre projet de société global’.

 

Ne me faites pas dire que je nie la lutte des classes, je dis précisément le contraire : pendant que les chefs de partis se rendent indispensables en nous conduisant à de fausses disputes sur de mauvais clivages (et rendent ainsi éternelle la lutte des classes), pendant ce temps, la classe des loisirs, comme le disait bien Thorstein Veblen, la classe oisive s’amuse et se goinfre à nos dépens.

 

Si on veut venir à bout (vraiment) de la lutte des classes (et du capitalisme), il faut arrêter de nous disputer sur des couillonnades (des conséquences de notre impuissance) et plutôt empêcher radicalement et prioritairement les ultra-riches d’écrire eux-mêmes les INSTITUTIONS (source PREMIÈRE du pouvoir), institutions corrompues qui leur permettent ensuite d’entretenir — et de gagner — la lutte GUERRE (dixit Warren Buffet lui-même) que leur propre classe-qui-ne-fait-rien (c’est le nom exact que donnait Veblen aux parasites qui nous gouvernent) mène contre la classe-de-ceux-qui-travaillent.

 

Je répète ma question principale, (qui me semble rédhibitoire : on ne peut pas y répondre sans tuer la République) : QUI VA DÉCIDER du prétendu « cordon sanitaire » ?

 

De mon point de vue, le concept même de « cordon sanitaire » est ANTIPOLITIQUE, antidémocratique, despotique : des institutions vraiment démocratiques, par définition, nous imposent de parler précisément à ceux que nous détestons le plus, et elles nous forcent ainsi à démontrer publiquement, de façon construite et argumentée, convaincante pour tous les citoyens spectateurs de cette mise en scène des conflits, l’inanité ou la dangerosité des thèses que nous combattons.

 

Ceux qui défendent ce « cordon sanitaire » (le leur, bien entendu…) voudraient gagner la bataille politique sans avoir à prouver qu’ils ont raison à l’occasion de débats publics permanents et variés. C’est la négation même de l’idée démocratique. Que ses défenseurs en soient conscients ou pas, cette position est parfaitement antidémocratique.

 

Chacun fait comme il veut, bien sûr, mais pour ma part, je trouve dans cette affaire de nouvelles raisons de me réjouir de n'appartenir à aucun parti, à aucune de ces armées politiques où règne une telle police de la pensée. Homme libre, libre de soutenir toute idée que je trouve utile à l'intérêt général, je ne risque pas de me plier à ce genre d’injonctions comminatoires infantilisantes.

 

 

Étienne Chouard publie et recommande des articles ou ouvrages de fascistes, négationnistes ou complotistes notoires : il conseille vivement la lecture des ouvrages d'Eustace Mullins, théoricien négationniste, antisémite et révisionniste ;

 

 

Ben voyons… dit comme ça, c'est de la diffamation : on dirait que je suis carrément un propagandiste nazi… Parmi mille autres livres, je recommande UN et un seul livre d'Eustace Mullins, un livre qui n'est absolument PAS antisémite (je combats l'antisémitisme qui est une saloperie, comme tous les racismes), et j’en parle parce que c'est un livre formidable pour comprendre en détail l'origine et les méthodes de l'incroyable et scandaleuse escroquerie bancaire qui nous afflige aujourd'hui. S'interdire de lire ce livre, c'est s'exposer à ne rien comprendre à la prétendue "Réserve Fédérale Américaine" (les trois mots sont faux), ni à ses équivalents dans le monde.

 

Vous remarquerez, c'est intéressant, que tous ceux qui incriminent sérieusement les grandes banques d'affaires sont aussitôt accusés d'antisémitisme.  C'est lamentable.

 

 

il conseille la lecture d'Antony Sutton, intellectuel qui est l'un des principaux théoriciens conspirationnistes américains ;

 

 

Et alors ? S'il y en a qui trouvent que Sutton dit des sottises ou des horreurs (ce qui est tout à fait possible : c'est même précisément pour le savoir qu'on en parle publiquement), eh bien qu'ils le prouvent ! voilà tout.

 

Je déplore ce mot de "conspirationniste" qui est une véritable agression contre l'intelligence critique : je note d'ailleurs que les mots "conspirationniste" et "complotiste" sont systématiquement utilisés pour discréditer un donneur d'alerte (institution FONDAMENTALE dans une démocratie digne de ce nom), et ces mots eux-mêmes sont devenus pour moi un révélateur, un indicateur : ceux qui utilisent les mots "conspirationniste" et "complotiste" sont des flics en civil du système ; consciemment ou inconsciemment, ils le sont DE FAIT.

 

J'attire votre attention sur ce qui suit, qui est très important à mes yeux :

 

Un militant de gauche ne peut pas s'interdire de dénoncer les multiples conspirations des puissants sans devenir par là même INUTILE.

 

À QUOI SERT UN MILITANT DE GAUCHE QUI SE SENT COUPABLE
(ET DONC S'INTERDIT) DE DÉNONCER UN COMPLOT ?    À RIEN.

 

Et c'est probablement le but de toute cette fumeuse théorie de "la théorie du complot" : neutraliser les luttes sociales radicales (celles qui pourraient servir à quelque chose).

 

Je suis donc très inquiet que les mouvements de gauche vraie (***) se mettent, eux aussi, à traquer les "conspirationnistes" : s'ils laissaient grandir cette infirmité en eux, ils ne serviraient strictement plus à rien dans les luttes réelles.  Ceux qui sèment — et imposent ! — cette zizanie à gauche sont terriblement malfaisants.

 

 

il fait la promotion du site Reopen911 qui est un site conspirationniste ;

 

 

• D'abord, je trouve effectivement REMARQUABLE le travail d'information et de recherche de la vérité des lanceurs d'alertes de ReOpen911. Une bonne invitation au débat démocratique. Un site d'utilité publique.

 

• Ensuite, je trouve minable (c'est bien le mot) l'argument sec de "conspirationnisme". C’est indigent. Affligeant. Absolument PAS convaincant.

 

Ceux qui se laissent intimider par cette insulte ("complotiste") sont des trouillards. Chacun son truc. Moi, je n'obéis pas aux injonctions de penser, je pèse les arguments sur une balance avec mes valeurs, honnêtement, et je tiens à la pluralité (à la biodiversité politique) de mes informations.

 

Là comme ailleurs, chacun doit se déterminer tout seul, en conscience.

 

Les milliers de militants de ReOpen réclament une enquête indépendante sur les attentats du 11 septembre, et ils argumentent pour en prouver l'urgente nécessité. La belle affaire ! C'est quand même très anodin, et pas du tout criminel, de seulement réclamer une enquête, juste parce qu'on ne croit pas sur parole, effectivement, les menteurs criminels qui sont aux manettes de la machine de guerre américaine…

 

Mais là encore, il y a un marqueur, regardez bien : la plupart des gens qui diabolisent ReOpen911 sont des chiens de garde du système. Diaboliser les sceptiques, ça leur sert de marqueur entre eux, entre collabos : si tu ne diabolises pas ReOpen, tu seras persécuté à ton tour par le système.  Et ça fait peur aux autres.

 

Et inversement, le simple scepticisme sur cette affaire devient un signe d'indépendance intellectuelle (et de courage) pour les autres : les résistants.      

 

Étonnante régularité de cette observation.

 

 

il relaie et soutient

Thierry Meyssan ;

 

 

 

Ah ! Thierry Meyssan… Mais qu'est-ce qu'il vous a fait, cet homme-là ? Il lutte contre l'extrême droite depuis toujours, il dénonce (courageusement, et dans une logique sociale évidemment de gauche) les infâmes mensonges médiatiques montés pour conduire les opinions publiques à accepter les GUERRES coloniales de l'OTAN, qu'est-ce qu'il vous faut de plus pour AU MOINS l'écouter ? D'une oreille critique, évidemment, mais intéressée quand même, non ? Vous en connaissez beaucoup, vous (à part Michel Collon — autre journaliste anti-guerre, lui aussi persécuté par les prétendus "antifas" qui sont de fait une fausse "gauche", favorable aux projets de domination de l'OTAN), vous en connaissez beaucoup, donc, des journalistes qui dénoncent fortement les média-mensonges et les guerres à répétition menée au loin en notre nom ? Vous en connaissez assez pour faire la fine bouche et tenir à l'écart celui-ci et celui-là, emprisonné par un "cordon sanitaire" (sic) déterminé par on ne sait qui ?

 

Écoutez : moi, je peux me tromper bien sûr, mais jusqu’à plus ample informé, je crois que Meyssan est honnête et qu'il nous donne, pour l'essentiel (je ne lis pas tout de lui, loin de là), une information de (vraie) gauche  (anti-guerre, anti-impérialiste et anticoloniale, moi ça me va) bien utile pour comprendre et pour résister à l'empire des néoconservateurs, qui grandit partout dans le monde. Si vous estimez qu'il se trompe, prouvez-le, simplement, mais ne diabolisez pas ceux qui signalent (certaines de) ses alertes, car ça, c'est vraiment nous prendre pour des enfants ou pour des idiots.

 

 

il diffuse la production

d'Alain Soral ;

 

 

Quelle exagération… Parmi 20 000 liens sur mon site, j'ai mis UN lien vers Soral, un lien tout simple et sans commentaires, alors tu parles d'une "diffusion de production"… Calomnie toujours…

 

À part ce lien (que j'assume), je ne parle JAMAIS de Soral (car je sais que c'est interdit par les chefs de la pensée, que Soral n’est pas irréprochable, et que cette partie de la résistance me coûte trop de temps : je m'épuise avec ce truc qui n'est PAS mon sujet principal), je n’en parle pas sauf quand on m'y conduit de force, comme ici, car j'assume ce que je fais, comme un adulte libre. Si je me trompe, je le reconnais et je progresse. Mais PAS SUR ORDRE : il faut me prouver que je me trompe, bien sûr.

 

J'ai mis ce lien (avant de savoir la haine féroce que Soral inspirait aux privilégiés du système) parce que j'ai trouvé chez Soral — en plus de certaines de ses analyses que je trouve pertinentes, et de son courage qui est évident —, j'ai trouvé, donc, une alerte et des documents très utiles sur un sujet important dont j'ignorais presque tout et qui semble largement méconnu à tort : LE SIONISME.

 

Excusez-moi mais c'est Soral qui m'a fait découvrir les livres bouleversants et passionnants de Bernard Lazare, d'Israël Shahak, de Norman Finkelstein, de Gilad Atzmon

 

Je combine toutes ces informations avec ce que j'apprends par ailleurs sur Là-bas si j'y suis (la meilleure radio d’éducation populaire du pays, selon moi), avec Shlomo Sand, Gideon Levy, Éric Hazan

 

Je les combine encore avec tous les témoignages et commentaires importants que signale Michel Collon sur le même sujet.

 

Et je les combinerai encore avec les prochaines informations que je découvrirai sans doute à l’occasion des prochaines controverses sur la question.

 

Excusez-moi de m'informer librement, par différentes voies, et de recouper les infos.

 

Si on me signale un projet de domination dont je n’avais pas conscience jusque-là, si les preuves semblent sérieuses, je ne me contente évidemment pas d’une (trop commode et creuse) accusation de « racisme » ou de « complotisme » en retour pour abandonner l’affaire : vous faites comme vous voulez, mais moi, je n’ai pas envie d’être dominé… Tout mon travail depuis huit ans consiste à rendre impossible tout projet de domination (partout sur terre) ; alors je ne vois pas pourquoi je devrais m’interdire de travailler ce projet-là (ou un autre).

 

L’ONU elle-même (résolution 3379) a dénoncé solennellement le sionisme comme « forme de racisme et de discrimination raciale ». Ici et maintenant, je trouve donc scandaleux de criminaliser la simple aspiration au débat, sur ce point comme sur d’autres : si vous pensez — c’est votre droit le plus strict — que le sionisme n’est pas un projet de domination raciste mais plutôt un projet humaniste pacifique et non raciste, ce qui est peut-être vrai, prouvez-le, mais sans museler personne.

 

 

Exactement comme tous mes autres liens, le lien vers Soral est donc une invitation à discuter : je ne dis pas la messe, comme le ferait un chef de parti, je participe à un "cerveau collectif" où les controverses sont quotidiennes, et je cherche à y voir clair, à comprendre où je me trompe, et éventuellement où on me trompe.

 

Il est assez inquiétant (et ça recoupe d’ailleurs ce qu’expliquent tous les livres ci-dessus) que le débat sur le sionisme soit interdit en France : LES DÉFENSEURS DU SYSTÈME FONT TOUT POUR CONFONDRE L'ANTISIONISME (QUI EST UN ANTIRACISME) AVEC L'ANTISÉMITISME (QUI EST UN RACISME).

 

On n'arrive pas à penser à l'endroit si on mélange tout et si on laisse mettre les mots important à l'envers. J'ai l'impression qu'il y a là une CONFUSION décisive qui sème la zizanie à gauche et nous empêche de résister au capitalisme. Le plus troublant est que ceux-là mêmes qui entretiennent cette confusion première (probablement des sionistes) se posent en donneurs de leçon contre le soi-disant « confusionnisme » des antisionistes…  C'est gonflé, c'est assez malin, mais ça commence à se voir (quand on se documente).

 

Comme pour Meyssan ou d'autres, si vous trouvez que Soral se trompe ou qu'il nous trompe, PROUVEZ-LE et laissez-le SE DÉFENDRE point par point, mais ne vous contentez pas de les traiter tous de "racistes", lui et ses lecteurs, alors que son mouvement (E&R) est à l’évidence un exemple de mosaïque de couleurs et de religions (on peut sûrement leur reprocher plein de trucs, évidemment, mais l'accusation de racisme ne tient pas debout, à mon sens).

 

Puis, quand les calomnies ont démarré et qu'on a commencé à me menacer si je ne retirais pas ce lien de mon site, après un moment de surprise devant la disproportion entre l'acte et l'attaque, je me suis arc-bouté parce que résister aux menaces injustes est une forme de courage que je veux assumer, et aussi parce que j'ai horreur qu'on m'impose ce que je dois faire ou penser, et j'ai laissé le lien : je ne lynche pas, même sur ordre. J'attends donc des débats contradictoires honnêtes où Soral pourra être attaqué point par point et pourra se défendre. Normalement, quoi. Et puis alors, on verra. L'ambiance de lynchage obligatoire  (sous l'étendard fallacieux "antifa") qui se développe en France est inquiétante, je n'y participerai pas.

 

Pourtant, je me sens moi-même profondément "antifa" : ce à quoi je travaille jour et nuit, la mutation contagieuse des électeurs en constituants et l'institution d'abord (et la défense quotidienne ensuite) par le peuple lui-même d'un régime vraiment démocratique, processus que je défends (concrètement) de toutes mes forces, empêchera DURABLEMENT toute forme de fascisme (rouge, vert, brun ou que sais-je). L'accusation de sympathie fasciste dont on m'accable est donc stupide (enfin, pas si stupide que ça pour la ploutocratie qui se défend).

 

 

il défend Robert Ménard, soutien du Front National et défenseur de la peine de mort ;

 

 

Sans blague, "je défends Ménard"… J'ai dit trois mots (ce que je pensais, quoi) sur Ménard… Je l'ai trouvé courageux de défendre mordicus la liberté d'expression au milieu des molosses qui luttent contre la liberté d'expression dans le pays. Et le procès qu'on me fait juste pour avoir dit ça montre bien que la liberté d'expression est effectivement en recul en France, et que le danger ne vient PAS de là où les chiens le prétendent en aboyant.

 

Par ailleurs, je suis CONTRE la peine de mort et contre TOUS les partis (qui, selon moi, confisquent la politique aux individus et nous condamnent à une guerre politique permanente, mal ciblée et non nécessaire), et c'est une calomnie de ne pas le rappeler dans la note, en laissant même mensongèrement supposer le contraire. La personne qui a écrit ce papier est quand même sacrément déloyale.

 

 

il admire Cheminade, le mentor du groupe solidariste.

 

 

 

"J'admire Cheminade, le mentor…" C'est un art, de calomnier, vraiment : résumer avec les mots qui blessent et pas avec les mots qui comptent pour dire vrai… C'est un art de faussaire, mais c'est un art.

 

Je ne connais pas le mot "solidariste" (c'est nouveau, ça) ; ça ne sonne pas mal à mes oreilles, en première approche. Mais apparemment c'est interdit aussi, d'être "solidariste" ? Il faudrait expliquer les néo-insultes, svp. 

 

Alors, qu'en est-il EN FAIT ? Je trouve admirable (et je l'assume, que croyez-vous, comme le reste) la ténacité de ce vieux monsieur qui a voué sa vie (et qui s'est exposé et ruiné pour ça) à la lutte contre ce cancer antisocial qu'il appelle (très opportunément selon moi) le "fascisme financier", qui ronge nos sociétés.

 

Et alors ? Il y en a, dans votre parti « à gauche de la gauche », qui ne sont pas d'accord avec la lutte contre le fascisme financier, peut-être ? Et au point de diaboliser un résistant de la première heure, en montant en épingle deux ou trois couillonnades sans importance ? Mais de quelle gauche on parle, là ?

 

Donc, de mon point de vue, cet humain (Jacques Cheminade) qui a abandonné sa carrière confortable pour se bagarrer DEPUIS VINGT ANS CONTRE LA FINANCE APATRIDE, sans aucun moyen, malgré le mépris et les calomnies des prétendus "journalistes professionnels", avec son microscopique parti de jeunes bénévoles, celui-là, oui, il mérite une certaine admiration. Et je trouve des tas de choses utiles (pas tout, évidemment) dans son travail.

 

Et j'ai lu ce qu'on lui reproche en détail : c'est accablant de bêtise et de mauvaise foi.

 

 

Pour toutes ses raisons, nous appelons solennellement les camarades à ne pas faire écho par quelque moyen que ce soit à ces groupes ou individus.

 

"Ne pas faire écho à ces individus"… Mais dans nos ateliers constituants, on ne parle PAS de ces individus, figurez-vous !  

 

Mais ce dont je parle vraiment, principalement, cette note "d'information politique" a l'air de s'en ficher totalement.

 

Quand les militants (de toutes sortes) m'invitent, on parle de ce dont devrait parler un mouvement de gauche digne de ce nom (donc ça ne devrait pas faire peur à un parti de gauche véritable) : on parle de la racine institutionnelle de notre impuissance populaire, des causes premières des injustices plutôt que de leurs conséquences, on fait entre nous, SANS CHEFS, de l'éducation populaire, on fait monter notre niveau de conscience de façon autonome, on se prépare comme à l'entrainement pour être nombreux à être prêts, nombreux à savoir constituer nous-mêmes, le jour de la prochaine nouvelle donne… On se traite les uns les autres en adultes, sans s'imposer quoi que ce soit, surtout pas de police de la pensée, on cherche.

 

Et ça, l'aspiration à l’autonomie réelle des humains, de leur propre initiative, leur mutation en adultes politiques, ça fait peut-être peur aux chefs, on peut comprendre.

 

 

L'assimilation qui serait faite entre eux et le [parti] serait non seulement exploitée par des gens qui ne nous veulent pas du bien, mais irait à l'encontre de notre devoir d'éducation politique et populaire, en laissant croire qu'ils sont fréquentables et leurs thèses des arguments audibles et discutables sereinement."

 

C'est étonnant d'avoir ainsi peur de son ombre, peur d'être assimilé à quelqu'un d'autre, comme si on n'était pas sûr de soi et de ses convictions humanistes. Êtes-vous donc si fragiles dans vos valeurs que simplement débattre avec un adversaire risquerait de vous faire changer de valeurs ?... Êtes-vous si méfiants des convictions profondes des soldats de votre armée politique que vous craignez carrément qu'ils passent à l'ennemi au moindre échange intellectuel ?

 

 

Ce que je vais dire maintenant est, pour moi, essentiel :

 

Traiter ses adversaires politiques de "NON FRÉQUENTABLES", c'est ANTI-POLITIQUE et C'EST DU RACISME : c'est naturaliser l'opinion (pourtant forcément passagère) de son adversaire ; c'est l'enfermer dans ce qu'il a dit ou pensé par le passé ; c'est présupposer qu'il pense ce qu'il pense PAR NATURE et qu'il NE PEUT PAS changer d'avis ; c'est donc RENONCER À la politique ; c'est donc nous exposer à la castagne ; c'est juste effrayant ; j'insiste : c'est raciste.

 

Si, pour vous, faire de la politique c'est ne débattre QUE avec des amis ou des alliés (et traiter tous les autres de "racistes"), on n'ira pas loin, et les maîtres-chanteurs des banques et des multinationales vont nous voler et nous exploiter encore longtemps.

 

Vous savez (je vous parle en ami de vos méthodes que je ne partage pas), si 1) vous traitez de "racistes" (ou de "fascistes"…) ceux qui ne pensent pas exactement comme nous (sur la question des étrangers notamment), et si 2) vous refusez les débats approfondis avec ceux qui vous contredisent, vous passez littéralement pour des tyrans, vous faites peur ; c'est complètement contradictoire avec votre message de fraternité universelle et j’imagine que ça ne donne pas du tout envie de vous rejoindre ou même de voter pour vous.

 

Enfin, je dis ça, c'est pas mes oignons, moi je ne suis candidat à rien, je fais juste en conscience de mon mieux : pour ma part, je ne crois plus du tout au faux "suffrage universel" que je considère comme une escroquerie montée et défendue exclusivement par des voleurs de pouvoir, et je préfère concentrer mon énergie sur les causes premières des injustices plutôt que perpétuellement brailler contre les conséquences sans jamais rien changer.

 

J'ai compris que nous ne gagnerons JAMAIS les élections, parce que le jeu est truqué, et j'en ai marre de jouer avec des tricheurs : je veux qu'on réécrive nous-mêmes les règles du jeu social et pour cela, je ne reconnais PAS les fausses divisions, les fausses oppositions, auxquelles le jeu de dupes électoral voudrait nous faire adhérer et qui nous affaiblissent dramatiquement.

 

L'ennemi de classe (le vrai néofascisme : la mainmise totale des plus riches sur l'État, les lois, la force publique et les impôts) est DÉJÀ AU POUVOIR, autant grâce à "l'UMP" que grâce au "PS", et LE DANGER N'EST PAS DANS LES PETITS PARTIS QUI SERVENT DE LEURRES AU SYSTÈME, de muleta pour nous détourner de l'essentiel, petits partis auxquels on ne donne la parole (mais JAMAIS assez pour emporter une élection) que pour donner l'illusion de la pluralité et pour entretenir ainsi l'espoir qui nous maintient à la maison alors que nous devrions sortir de chez nous, nous parler et nous révolter.

 

 

Avant de vous laisser, je suggère que les auteurs de cette objurgation aux militants humanistes nous indiquent des DÉFINITIONS PRÉCISES pour les insultes qu’ils réservent à ceux avec qu’ils ne veulent pas (ou ne peuvent pas) débattre (adjectifs excluants que personne ne revendique, il est important de le remarquer : c'est vous qui posez les étiquettes infamantes qui vous dispensent ensuite commodément de débattre) : "extrême droite", "fasciste", "raciste", "xénophobe", antisémite", "complotiste", "conspirationniste", "confusionniste", etc.

 

 

 

Et n'oubliez pas  — à graver sur la porte du local :-)  :

 


« LA LIBERTÉ SEULEMENT pour les partisans du gouvernement, POUR LES MEMBRES D'UN PARTI, aussi nombreux soient-ils, CE N'EST PAS LA LIBERTÉ.

 

LA LIBERTÉ, C'EST TOUJOURS LA LIBERTÉ DE CELUI QUI PENSE AUTREMENT. »    

 

Rosa Luxembourg.

 

  

 

Sans rancune,
mais toujours libre, pour l'instant.

 

Étienne Chouard,  

le 26 décembre 2013.

 

 

 (*) PHARISIEN : personne qui, observant strictement les préceptes moraux, s'attache plus à leur formalisme qu'à leur contenu, et se donne une bonne conscience avec laquelle elle juge sévèrement la conduite d'autrui (source : ATILF).

 

(**) SECTAIRE, adj. et subst.

I. Adjectif

A. [En parlant d'une pers. ou d'un groupe de pers.] Qui fait preuve d'intolérance plus ou moins agressive et d'étroitesse d'esprit à l'égard des opinions religieuses, philosophiques ou politiques d'autrui. Synon. fanatique, intolérant; anton. éclectique, libéral, tolérant.

 

(***) Le mot « GAUCHE » a été usurpé (c’est le mot parfait) par des riches prédateurs menteurs dès le début des révolutions « libérales » du 18e siècle (voir les formidables explications d’Henri Guillemin à ce sujet) ; il est donc essentiel de se méfier des étiquettes comme « centre gauche » (l’affreux parti d’Adolphe-Thiers-le-massacreur-de-la-Commune et de ses complices industriels, banquiers et royalistes) ou comme « socialiste » ou « populaire », et de les évaluer rigoureusement pour ne pas élire nous-mêmes nos propres maîtres-chanteurs esclavagistes.

 

 

samedi 1 juin 2013

Censure du film "Dédale, un fil vers la démocratie" (331)

Chers amis,

Je vous avais signalé DÉDALE", un bon film militant, reliant finement la détresse sociale pratique à l'analyse théorique de nos impuissances et à une déconstruction/reconstruction indispensable du mot "démocratie". Ce projet est abattu par des gens qui se disent amoureux de la liberté :

"Dédale, un fil vers la démocratie"
Communiqué officiel - Fin de diffusion du film !



C'est avec un immense regret que nous vous annonçons par ce communiqué la fin de la diffusion du film Dédale, un fil vers la démocratie.

Dédale est un film que nous avons construit dans une démarche d'éducation populaire.

La mission que nous confiions à ce film n'était pas d'apporter des réponses ou donner des solutions, mais bien de poser des questions permettant de débattre, discuter et réfléchir ensemble sur des thématiques telles que l'exercice du pouvoir, nos institutions ou encore ce que l'on nomme « démocratie ».

Dédale part du constat de l'insupportable souffrance de la population grecque, imposée par les plans d'austérité successifs, et montre la manière dont la vie s'organise sur place, venant de la population elle-même, de manière autonome, indépendante et autogérée.

Ces témoignages et initiatives à l’œuvre sont complétées dans le film par la parole de deux intervenants : Yannis Youlountas et Étienne Chouard.

Il se trouve qu' Étienne Chouard est très critiqué par certains libertaires, ou groupes d'extrême gauche par rapport à des citations ou prises de paroles publiques qu'il a pu avoir vis à vis d'associations ou personnes affiliées à l'extrême droite, complotistes ou antisémites...

C'est pourquoi, ayant pris connaissance de cette polémique, ou sous la pression de ces groupes précédemment cités, un certain nombre d'intervenants nous ont demandé de choisir entre leur présence dans le film ou celle d'Étienne Chouard.

Il est évident que l'une ou l'autre de ces décisions conduirait inéluctablement à l'effondrement du discours du film, et avec lui à ce projet d'éducation populaire qui nous a animé pendant un an et demi.

Qui plus est, accéder à cette demande, serait pour nous adopter une posture contradictoire au discours tenu par le film, et par ces mêmes intervenants dans le film. Sachant qu'ils ne considèrent pas Étienne Chouard comme un ennemi qui serait lui-même fasciste, nous considérons que lui tourner le dos fait le jeu de ce système qui vise à nous sectariser sur un échiquier politique en nous montant les uns contre les autres.

Il ne nous semble pas que les positions qu'a pu prendre (et que maintient) Étienne Chouard présentent un réel danger au point de devoir en censurer sa parole dans le film concernant la démocratie directe.

Cependant, nous faisons le choix de respecter la demande de ces intervenants qui ont permis que ce film existe, et qui ont généreusement donné leur parole afin de construire ce discours.

C'est donc l'arrêt prématuré de la diffusion de ce film, qui avait pourtant fait ses preuves en tant qu'objet d'éducation populaire après 13 projections et environs 1000 spectateurs pourtant essentiellement affiliés politiquement à gauche.

Si le clivage idéologique entre certains intervenants du film, ainsi qu'entre ces intervenants et nous-mêmes, réalisateurs, conduit à la mort de ce film, il questionne aussi la difficulté de regrouper des luttes ainsi que notre liberté d'expression.

L'équipe de Dédale, un fil vers la démocratie : Alice Tabart, Emmanuel Borgetto, Laurent Lhermite et Christian Vialaret.


Source : http://dedale.cine2000.org/

Lien (et débat) Facebook : http://www.facebook.com/pages/D%C3%A9dale-un-fil-vers-la-d%C3%A9mocratie/622608911087596

Les auteurs du film Dédale n'y peuvent rien : on les met ainsi dans un dilemme qui revient à une censure déguisée.
C'est un coup dur pour eux (on imagine : tout ce boulot, pour rien, à cause d'un caprice partisan).

Je suis désolé d'être à l'origine de leur mésaventure. Je leur demande pardon ; tout ça m'échappe.


Donc, voici la situation : de bien bizarres "libertaires" (des libertaires-qui-se-battent-courageusement-pour-la-liberté-de-ceux-qui-sont-d'accord-avec-eux) ont fait interdire —de fait— le film (passionnant) où on leur avait donné la parole.
Des libertaires qui ont autant l'esprit de parti, c'est quand même strange.

Morale : à l'avenir, si des journalistes veulent rendre compte d'un panorama des pensées alternatives du moment, il auront intérêt à y réfléchir à deux fois avant d'y donner la parole à des étiquetés "libertaires", car ces militants sont capables d'imposer une censure après-coup au nom de leur droit à l'image, et de foutre tout le projet par terre.

Ici, ces "libertaires" ruinent le travail d'un an de toute une équipe, je me mets à la place de ces derniers : c'est à pleurer. J'ai proposé à l'équipe de supprimer les passages où je parle, pour que le film vive encore, mais ils ne veulent pas. Je les trouve courageux. Et je trouve au contraire nos prétendus "libertaires" bien AUTORITAIRES ET PEUREUX.
Et finalement bien nuisibles à l'idée démocratique.

Il reste possible de diffuser — LIBREMENT —, sur le net, autant de copies qu'on trouvera.

Étienne.

-----------

[Mise à jour 24 mars 2014 :
On peut voir sur Preuves-par-image (et il est conseillé de télécharger avant qu'il ne soit retiré) le film interdit. ÉC.]

http://preuves-par-images.fr/#/dedale-un-fil-vers-la-democratie

lundi 27 mai 2013

Ils sont fous ces "antifas" : contre Lordon, contre le Diplo, contre Les Économistes Atterrés, contre Coutrot, contre Balme, contre Reopen911, contre Attac, contre le Fdg, contre la CGT, contre Kempf, contre Ruffin, contre Fakir... (307)


Ils sont fous ces "antifas" : contre le Diplo, contre Lordon,
contre les économistes atterrés, contre Coutrot,
contre Balme, contre Attac, contre le Fdg, contre la CGT,
contre Kempf, contre Ruffin, contre Fakir...

De plus en plus dingue et confus : des (prétendus) "antifas" "dénoncent" aussi
(toujours avec ce courage très anonyme des corbeaux professionnels)
Frédéric Lordon (la bonne blague),
ATTAC,
Le Monde diplomatique,
Alain Gresh,
les Économistes atterrés,
Thomas Coutrot,
René Balme,
Reopen911
la CGT,
Le Front de Gauche
...

Le texte "antifa" (soi-disant antifa) que je reproduis ci-dessous
répond à un article (formidable) de Frédéric que j'avais signalé ici :
F. Lordon : "Conspirationnisme : la paille et la poutre" - Jean Quatremer voit des complots partout.


Cet article "antifa" est un collier de perles de sottises (agrémentées de pépites de mensonges), un véritable objet d'étude de ce qu'on pourrait appeler 'complotisme', précisément — même si, pour ma part, je n'utilise jamais ce mot car je considère ESSENTIEL POUR L'AUTODÉFENSE D'UNE DÉMOCRATIE DIGNE DE CE NOM que tous les citoyens (y compris de faux antifas) puissent à tout moment dénoncer librement les complots, quitte à se tromper (peu importe : on y verra clair à l'occasion des controverses publiques) ; ça s'appelle l'ISEGORIA.

Ils serait temps que les vrais antifas se désolidarisent des fous furieux qui se font passer pour eux, qui détestent la patrie et qui voient des complots fascistes partout, non ? Sinon la dénonciation par un "antifa" va bientôt finir par devenir une vraie légion d'honneur, décernée aux seuls vrais défenseurs de la patrie, contre les ultrariches (toujours apatrides) du moment.


Ceci dit, il faut quand même reconnaître qu'on a ici du grain à moudre pour comprendre leur raisonnement (foireux).

Bon courage à tous les résistants.

Étienne.

Faut-il jeter le Diplo avec l'eau du complot ?

http://luftmenschen.over-blog.com/article-faut-il-jeter-le-diplo-avec-l-eau-du-complot-109766668.html

De : proletaires degauche [sic]

À Frederic Lordon

Intellectuel de gauche

Journaliste de gauche

Chercheur de gauche



Copie à : ensemble des « intellectuels » auto-proclamés du Monde Diplo et d'Attac et autres.



Cher Monsieur Lordon,

C'est avec un étonnement certain, que nous avons lu votre récente tribune intitulée « Conspirationnisme, la paille et la poutre ». Si nous avions été du genre Indignés, nous vous le disons sans ambages, nous aurions été indignés.

Le titre nous avait alléché : eu égard aux errements récents du Monde Diplomatique et de l'extrême-gauche souverainiste, nous pensions qu'il s'agissait d'une auto-critique. Il y avait en effet matière à un article aussi long que celui que vous avez rédigé. Vous auriez commencé par dire qu'il ne suffisait pas de blâmer les gens qui succombent aux sirènes du conspirationnisme d'extrême-droite, dans la mesure où la plus grande faute venait bien évidemment des intellectuels , des experts et des journalistes étiquetés « gauche alternative » qui avaient diffusé et repris des thématiques conspirationnistes et néo-fascistes dans leur propre presse.

Rien qu'avec Le Monde Diplo, vous aviez du lourd : par exemple Alain Gresh prenant la plume pour faire de la publicité à Paul Eric Blanrue, présenté par Faurisson comme son successeur, les conférences des Amis du Monde Diplo avec comme invité d'honneur Etienne Chouard, passé depuis longtemps à la mouvance souverainiste d'extrême-droite et qui accueille des néo-nazis sur son mur Facebook. [re sic]

Au vu de vos nombreuses activités dans la sphère souverainiste « de gauche », vous auriez pu élargir : par exemple, vous appartenez au collectif des Economistes aterrés, auquel collabore également Thomas Coutrot. Ce dernier participera en septembre à un colloque organisé par René Balme , le maire de Grigny, et sera également présent le président d'ATTAC Pierre Khalfa. Cet élu anciennement du Parti de Gauche, soutient officiellement l'association d'extrême-droite Reopen 911, à qui peut être légitimement attribuée une bonne part de la diffusion des thèses antisémites et complotistes à grande échelle depuis dix ans. Monsieur Balme publiait également de la propagande négationniste sur son site Oulala.net.

Votre camarade Coutrot se vautre donc dans la collaboration la plus ouverte qui soit avec un rouge-brun, comme d'autres avant lui.

Nous comprenons que tous ces épisodes, témoignant au mieux d'un niveau hallucinant d'aveuglement et de crétinerie de la part des « experts » du Diplo et autres figures de la gauche souverainiste, au pire d'un accord quasi-total des mêmes avec les thèses les plus absurdes et les plus dangereuses qui soient, vous gêne quelque peu aux entournures. Surtout depuis que ces épisodes ont été médiatisés à une échelle assez large, alors que leur dénonciation par des militants de base était jusque là restée assez confidentielle.

Mais ce n'est pas une raison pour mettre les turpitudes de vos amis et collègues sur le dos des autres.

C'est pourtant bien ce que vous faites dans votre texte, où sans honte aucune, vous attribuez au « peuple » et à la « plèbe » la responsabilité de l'essor du conspirationnisme. Autant vous dire , qu'en tant que membres lambda de la plèbe, nous ne comptons pas payer pour vos conneries, quand bien même le cadeau empoisonné que vous cherchez à nous offrir est enrobé de flatteries paternalistes et étayé par des citations de Spinoza.

Ainsi donc, comme Spinoza vous pensez qu' « Il n’est pas étonnant que la plèbe n’ait ni vérité ni jugement, puisque les affaires de l’Etat sont traitées à son insu, et qu’elle ne se forge un avis qu’à partir du peu qu’il est impossible de lui dissimuler.

Vous ajoutez à propos du conspirationnisme « au lieu de voir en lui un délire sans cause, ou plutôt sans autre cause que l’essence arriérée de la plèbe, on pourrait y voir l’effet, sans doute aberrant, mais assez prévisible, d’une population qui ne désarme pas de comprendre ce qu’il lui arrive, mais s’en voit systématiquement refuser les moyens.

Et vous en appelez donc à la « charité intellectuelle », envers les masses plébéiennes incultes mais pleines de bonne volonté .

Il y a juste une petite chose qui manque dans votre raisonnement plein de bonté à l'égard de ce prolétariat si bête, mais qui ne le fait pas exprès. A aucun moment de votre texte, vous n'apportez un quelconque élément qui tendrait à prouver que le conspirationnisme imbécile ( car il y en aurait un intelligent, le vôtre, mais nous y reviendrons ensuite ) émanerait de la plèbe.

Et pour cause, ce n'est pas le cas.

Le mythe du complot juif, sioniste, franc-maçon, eurabien, peu importe trouve ses racines depuis toujours dans certains cercles de la bourgeoisie : le Protocole des Sages de Sion émanait de la police des tzars, et un siècle plus tard, ce sont conjointement des républicains d'ultra-droite, des dictateurs d'Amérique du Sud , du Moyen-Orient, de Russie ou des intellectuels bourgeois d'extrême-droite traditionnelle qui les réactualisent et les diffusent à très grande échelle.

Et à gauche, cher Monsieur, ce n'est certes pas dans une section syndicale ou dans un collectif de chômeurs et de sans-papiers que des individus et des groupes ont embrayé depuis plus de dix ans sur la propagande fasciste : Bricmont, Gresh , Collon ne sont pas des ouvriers ou des employés.

Reopen 911, à la base a été crée par des jeunes surdiplomés membres notamment des Verts, pas par des syndicalistes en lutte de chez Mc Donalds.

Le conspirationnisme soit-disant antisystème n'est pas l'idéologie souterraine et marginalisée que vous décrivez, et ses relais médiatiques et politiques sont immenses et ne concernent pas uniquement sa version libérale que vous dénoncez à juste titre : Marion Cotillard, Bigard, Christine Boutin qui ont défendu les thèses les plus délirantes sur le 11 septembre ne sont pas des « exclus ».

Meyssan, lui-même, à l'origine a profité d'une surexposition médiatique énorme à l'époque de la publication de L'effroyable Imposture. Même Soral ou Dieudonné , pour ne citer qu'eux sont invités chez Taddei ou Bourdin.

Bien des syndicalistes, des militants de base aimeraient subir un tel ostracisme !

Le conspirationnisme est donc bien une idéologie créée par la classe dominante et propagée par cette même classe dominante. Ce n'est pas du tout une réaction du « peuple » ou des prolétaires à la base.

Que le poison conspirationnisme ait aussi contaminé les réflexions des prolétaires et de leurs organisations, ça par contre, c'est une réalité.

Mais la faute à qui ?

Il suffit de lire votre article pour le savoir.

Après avoir attribué aux cons de pauvres que nous sommes certains excès du conspirationnisme, le second objectif de votre article consiste donc à dire qu'il y aurait un autre conspirationnisme, un vrai, un intelligent, un de gauche, le vôtre.

La preuve, il y a des complots que personne ne peut nier, dites-vous et vous voilà tout fier de sortir de votre chapeau un exemple prétendument probant : cinq grandes banques d'affaires se sont entendues pour obtenir quelque chose à la Bourse et elles ne l'avaient pas annoncé publiquement !

Non, sérieux, quel truc de fous ! Donc il y a des bourgeois et des patrons pour avoir des stratégies communes et ne pas les dévoiler partout ? Ils discutent ensemble pour faire plus de profits et faire pression sur les politiques ?

En voilà une découverte...il fallait bien aux masses ignares, l'appui d'intellectuels tels que vous pour prendre conscience de cette extraordinaire et surprenante réalité.

On va vous en apprendre une autre : figurez-vous que dans n'importe quelle boîte bien française, fabriquant par exemple des conserves de carottes, le patron discute assez souvent avec la maîtrise pour essayer de tirer le maximum de productivité de ses employés , et le minimum de résistance aux cadences. Et ben, ces discussions ils ne les rendent pas publiques. Pire, il leur arrive également d'organiser des réunions avec des patrons de boite qui fabriquent des conserves de haricots verts pour mettre en commun leurs idées concernant l'exploitation maximale, et ils ne le disent pas non plus, même au délégué de la CFDT.

Encore plus étonnant : quand des salariés de ces mêmes boîtes décident de préparer une bonne petite grève des familles, ils ne font pas de compte-rendu de chaque réunion préparatoire au patron.

Donc tout le monde complote ? Oui, évidemment.

Mais ce constat n'a absolument rien à voir avec les présupposés du conspirationnisme : celui-ci ne consiste pas à dénoncer la stratégie complotiste en général, mais à prôner l'existence d'une conspiration ultime qui expliquerait l'ensemble des phénomènes sociaux et de la domination .

Dis moi qui tu dénonces, je te dirai qui tu veux épargner, pourrait être la base de l'analyse critique du conspirationnisme.

On peut d'ailleurs très facilement le faire avec votre texte en prenant les institutions , les personnes et les idéologies que vous désignez comme complotant contre le bien-être des « peuples ».

Vous parlez des banques américaines, des institutions européennes, des politiciens libéraux, des institutions et des organisations supranationales. Vous évoquez comme résultat de leurs intrigues soit des textes européens , soit des lois françaises comme la loi de 73 qui ont effectivement transféré une part de la souveraineté des Etats bourgeois .

Par contre, il n'y a rien sur le MEDEF, rien sur les politiciens nationalistes et les politiques protectionnistes toujours favorables aux patrons du cru et désastreuses pour les salariés et l'ensemble de la population. Avec vous, le mal vient toujours de l'étranger, le capitalisme est mauvais seulement quand il est internationalisé et financier.

A parcourir les articles de votre blog, on n'entend parler que de cela : la finance, la finance, la finance, l'Europe, la finance, la finance, la finance.

Et de nous abreuver de mécanismes complexes, de stratégies multiples orchestrées à Bruxelles et Washington et relayées naturellement par nos « politiciens néo-libéraux », simples valets des « spéculateurs » .

Oh sans doute avez-vous raison, on ne nous dit pas tout sur les complexes calculs capitalistes . Et après ?

Oui, et après ? Ce que l'on sait, ce que l'on ne nous cache nullement ne serait-il pas suffisant pour lutter et trouver les outils adéquats pour la lutte ?

Le conspirationnisme ne pose en effet jamais cette question du savoir existant, savoir qui découle du vécu de chaque prolétaire, l'extorsion permanente de sa force de travail dans le rapport salarial ordinaire.

Nous avons derrière nous deux cent ans au moins de lutte des classes mondiale et mondialisée : quelles que soient les formes particulières qu'ait pris le capitalisme, le rapport social qui est à sa base n'a jamais changé. Le colosse aux pieds d'argile est toujours le même, et chacun d'entre nous, lorsqu'il fait grève, lorsqu'il bloque la production par divers moyen, prend conscience à l'échelle locale, nationale ou internationale de son infinie fragilité. Chacun dans les moments de rupture sociale qu'incarne l'acte le plus infime de la lutte de classe se rend compte de la puissance collective à laquelle il peut participer. Demain, si les prolétaires du monde entier le veulent, c'en est fini du capitalisme .

Cette réalité là s'appelle la conscience de classe. Et la formidable épopée du mouvement ouvrier des siècles passés, épopée qui a réuni des millions d'hommes et de femmes qui n'en savaient pas plus que nous et même beaucoup moins sur les régulations du marché et les mécanismes bancaires démontre que certes, le savoir est une arme, mais pas n'importe lequel.

Ce dont nous avons besoin c'est d'un savoir vivant et autonome, sur l'histoire de nos luttes, sur l'organisation concrète de la production et de l'exploitation salariale, sur la manière dont la résistance s'organise partout et tout le temps.

Vous êtes vous seulement demandé pourquoi, sur la loi de 73 ou sur les grands scandales bancaires, l'on trouve des articles somme toute aussi détaillés et complets sur Fdesouche que sur le Monde Diplomatique ou chez ATTAC ?

Non, ce n'est pas parce que les fascistes récupèrent ce qui serait à la base utile au camp des progressistes et de la lutte des classes.

C'est parce qu'au mieux, cela ne sert à rien et qu'au pire, malheureusement concrétisé , cela sert les intérêts du camp adverse, de deux manières.

Tout d'abord, cela permet de détourner la colère et l'énergie contre des cibles inaccessibles et symboliques : en cela le Front de Gauche , que vous soutenez, a réellement fait des miracles. Combien de rassemblements sans débouché ni dérangements pour la bourgeoisie devant les banques et les agences de notation, quand l'heure était évidemment au développement de mouvements sociaux concrets contre les patrons, à l'action concertée des usagers et des salariés dans les services publics menacés, à la coordination de tous les mouvements existants, non pas pour une centralisation vide d'efficacité, mais dans des stratégies réfléchies comparables à celles qui bloquaient la production pendant le mouvement des retraites.

Et en cette rentrée, c'est reparti pour un tour : vous voilà tous , de la direction de la CGT, à celle de tous les mouvements altermondialistes , et naturellement au Front de Gauche à appeler à centrer les mobilisations autour du vote du traité MES.

Bien sûr, une nouvelle fois, c'est aussi la campagne de rentrée de l'extrême-droite : et des deux côtés de l'échiquier, ça va pétitionner, ça va référender, ça va en appeler à la défense de la Nation menacée par la gouvernance transnationale...et naturellement laisser en paix quasi-totale notre bon patronat local qui de la plus petite PME à la plus grosse boite n'aura pas à craindre de mouvement d'ampleur si l'on ne doit compter que sur l'influence de la gauche « radicale ».

Si l'on était conspirationnistes, l'on dirait qu'au sein d'ATTAC, du Monde Diplomatique et du Front de Gauche, ça complote sec pour nous détourner de la réalité et nous précipiter dans les bras du nationalisme et du souverainisme, impasses mortifères pour les luttes.

Mais nous ne le sommes pas, on se contentera de dire que vous parlez à partir ce que vous savez, à votre niveau de l'échelle sociale : il est parfaitement normal que vous soyez nostalgiques d'un ordre ancien, celui d'un temps ou les souverainistes de gauche avaient l'écoute et le respect de toute la bourgeoisie.

Dans les années 90 et 2000, vous avez été médiatisés, l'altermondialisme régulateur était reconnu comme un « interlocuteur » et une « opposition valable ». Et pour cause, vos tirades appelant à défendre les nations contre le capital international ont eu une utilité certaine , de même que vos focalisations sur la « finance » et le « mondialisme apatride ». Ils ont ouvert les portes aux vieilles thèses conspirationnistes et antisémites dans le mouvement ouvrier.

Aujourd'hui le boulot est fait, et vous ne servez plus à rien : par exemple, en dénonçant la loi de 73 comme un point fondamental de la situation économique actuelle, vous avez fait les trois quarts du boulot pour les fascistes, il leur suffisait de souligner que la banque Rotschild avait soutenu cette loi, et hop, les Rotschild étaient donc spécifiquement et fondamentalement coupables plus que les patrons bien de chez nous.

Vous avez écrit des tartines et des tartines pour démontrer que tout se passait en secret à Bilderberg, aux Diners du Siècle où à Bruxelles, et à cause de vous, une partie des prolétaires s'échine à chercher de prétendus secrets et se perd à désigner des boucs émissaires, quand le plus grave est là sous son nez, dans son usine, dans son quartier dans sa boite, là ou l'on peut changer les choses , tout de suite, maintenant.

Votre « bon » conspirationnisme n'est que le chemin qui mène au mauvais, et réduit au pessimisme paranoïaque et impuissant ceux qui pourraient au contraire réaliser la force collective qu'ils ont potentiellement.

Alors , monsieur devant ce gâchis, ayez au moins la décence de ne pas nous en faire porter le poids.

Et si les « dépossédés » que nous sommes selon vous peuvent se permettre un conseil, consacrez plutôt votre énergie à vous débarrasser des vieux démons du conspirationnisme antisémite qui possède une partie de la gauche française depuis bien longtemps, ce qu'Engels appelait à juste titre « le socialisme des imbéciles », en ciblant non pas les prolétaires , mais les leaders qui déjà à l'époque embrayaient le pas aux pires nationalistes en espérant tirer les marrons du feu.


[Pas de nom (les courageux "antifas" ne signent jamais leurs calomnies) ÉC]


Source : http://luftmenschen.over-blog.com/article-faut-il-jeter-le-diplo-avec-l-eau-du-complot-109766668.html

Dans ce tissu de sottises, je retiens quand même un éclair de lucidité :

"Dis-moi qui tu dénonces, je te dirai qui tu veux épargner,
pourrait être la base de l'analyse critique du conspirationnisme."



Je ne vous le fais pas dire :)




Hervé Kempf et François Ruffin (Fakir) aussi
(c'est juste pas croyable)
sont la cible de ces abrutis d'"anti-conspis"

(décidément, "anticonspis" et "antifas" sont les deux mamelles de la tartufferie intolérante) :

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme
jeudi 24 janvier 2013

http://paris.indymedia.org/spip.php?article12785

Ce soir, le café coopératif La Veilleuse (Paris 20e) reçoit l’équipe du site Reporterre.net, fondé par Hervé Kempf, journaliste au Monde. L’occasion de revenir sur le contenu de ce site consacré à l’écologie mais qui baigne dans le confusionnisme le plus total.

Reporterre, site qui se veut une référence en matière d’écologie, est représentatif d’une tendance hélas grandissante du mouvement écologiste qui, par manque sans doute de culture politique, tend à ouvrir ses portes à quiconque se dit – même vaguement – ami de la nature, sinon décroissant. « Reporterre veut être le forum de tous ceux qui imaginent le nouveau monde, un monde où l’on arrêtera de détruire l’environnement et qui retrouvera l’idéal de la justice », clame la courte présentation du site. Au nom du « débat », de la « démocratie » et de la « liberté d’expression », la porte est donc ouverte à tous les vents : sociaux-démocrates de droite, de gauche, du centre, consuméristes, complotistes, mystiques en tous genres, groupuscules d’extrême droite.

La « une » du jour est représentative de cette ligne éditoriale fourre-tout :

On y retrouve entre autres la porte-parole de l’écologie de droite Corinne Lepage, un communiqué des conspirationnistes de ReOpen911, aux côtés d’articles piqués chez Attac ou chez CQFD, des thématiques « développement durable » promues par les autorités et l’industrie « verte » (les « produits bio-sourcés »), des promoteurs de la non-violence version gandhiste (l’association Gandhi international) un poème d’une militante d’Attac, Béatrice Turpin, qui prétend jouer les radicales, un reportage sur le chantier de la gare de Stuttgart en Allemagne, un article anti-gaz de schiste fouillé... Bref : de tout et de n’importe quoi, et une abondance de copiés-collés sans lesquels le site, essentiellement alimenté par la rubrique « une minute, une question » (des quidams connus ou inconnus « développant » une thématique en une minute chrono), ne serait qu’un bréviaire de « fast-thinking » militant.

Il serait fastidieux de dresser un inventaire exhaustif du contenu du site. Contentons-nous de pointer les contenus les plus problématiques, et notamment la promotion que ce site a apporté ou apporte à des groupes conspirationnistes, rouges-bruns ou d’extrême droite. On retrouve ainsi sur Reporterre :

- Le micro-parti fascisant La Dissidence et son leader Vincent Vauclin : "http://www.reporterre.net/spip.php?article2201

- Etienne Chouard, à deux reprises (dont une des toutes premières interviews du site) : http://www.reporterre.net/spip.php?article1651

- ReOpen911 : "http://www.reporterre.net/spip.php?page=recherche&recherche=reopen

- Michel Collon et ses amis : "http://www.reporterre.net/spip.php?page=recherche&recherche=collon

- Le site rouge-brun Le Grand Soir, encore très récemment : "http://www.reporterre.net/spip.php?page=recherche&recherche=legrandsoir

- Le complotiste Thierry Meyssan, qu’on ne présente plus : "http://www.reporterre.net/spip.php?article130

- Une large collection d’indinaiseries : "http://www.reporterre.net/spip.php?page=recherche&recherche=indign%C3%A9s

- Des leçons de morale productiviste de François Ruffin, tenancier de Fakir et qui promeut dans son journal la revue rouge-brune Bastille-République-Nations ou dans le dernier film de Pierre Carles les thèses de Jacques Cheminade ou de Nicolas Dupont-Aignan : "http://www.reporterre.net/spip.php?article2836

- Des « analyses » complotistes sur le virus H1N1, la pire étant sans doute celle fournie par le climato-sceptique (sur un site écolo, bravo...) américain Frederick William Engdahl, collaborateur de Russia Today mais aussi de la revue d’extrême droite italienne Eurasia, analyse que Reporterre a été copier sur le site Oulala.net de René Balme et sur Mondialisation.ca de Michel Chossudowsky : "http://www.reporterre.net/spip.php?article549

- Une promotion du numéro d’octobre 2012 de la revue pourtant d’ordinaire plus regardante Silence !, dans lequel on trouve une interview du compagnon de route des négationnistes Jean Bricmont, qui se voit donc par ricochet promu sur Reporterre : "http://www.reporterre.net/spip.php?article3282

- etc.


En ouvrant ainsi ses colonnes à des tels écrits, le site Reporterre participe de la confusion des genres et, même indirectement, à la récupération par les mouvements les moins recommandables des thématiques écologistes – conspirationnistes, extrême droite et rouges-bruns productivistes étant en ce moment au taquet sur ces questions.

Plus généralement, que Reporterre puisse être perçu comme un site de référence en matière d’écologie ne manque pas de nous étonner, tant son contenu – même quand il ne fait pas la promotion des sus-cités – est globalement indigent et se situe dans la ligne de la pensée écologiste dominante, à savoir une ligne sociale-démocrate et développement durable qui n’a absolument rien de radicale.

Ceux qui font la promotion d’un tel site et acceptent de servir de faire-valoir à ses « journalistes » se rendent complices par là même de l’inquiétante dépolitisation qui mine de manière grandissante le mouvement écologiste et finit par rendre inaudible toute forme d’écologisme radical.

Action Anti-Conspis Paris-Banlieue.


[Notez encore ce remarquable courage des corbeaux anonymes. ÉC]


Source : http://paris.indymedia.org/spip.php?article12785

À quelque chose malheur est bon : ceux qui ne connaissaient pas L'EXCELLENT SITE "REPORTERRE" d'Hervé Kempf, pourront le découvrir à cette occasion !
Ils sont marrants, ces "antifas" : ils sont en train de nous baliser les meilleures sources du net pour rester correctement informés contre les chiens de garde de l'Empire marchand. ;)


Le point commun des attaques (anonymes) des "antifas" et des "anticonspis", c'est que ces attaques s'en prennent toujours à des opposants à la guerre, à ceux qui résistent aux manœuvres impériales, à ceux qui ciblent précisément les grands banquiers d'affaires, aux défenseurs de la patrie => pas difficile de comprendre pour qui travaillent EN FAIT les "antifas" et les "anticonspis".

Le vrai mystère n'est plus de savoir s'ils croient eux-mêmes à tous leurs mensonges et amalgames malhonnêtes, mais de savoir s'ils sont bien payés pour leur sale besogne.

Étienne.


PS - rappel :

dimanche 26 mai 2013

Merci à Superno, pour la défense d'ÉC (11)


Merci à "Superno", qui prend, courageusement, ma défense sur son blog :


Pour la défense d'Étienne Chouard

http://www.superno.com/blog/2013/05/pour-la-defense-detienne-chouard/


Je suis bien placé pour comprendre et apprécier le courage dont ce jeune homme fait preuve à ton tour. Pour résister aux puissants, il faudra aussi résister aux calomnies de leurs chiens de garde. Et pour ça il faudra avoir du courage.

Merci à "Superno".

Étienne.

samedi 26 janvier 2013

Merci Agnès :-) (69)

Merci Agnès.

C'est courageux d'écrire ça. Ils te le feront (peut-être) payer à ton tour, c'est leur technique (pour protéger l'ordre établi ?) : la déformation, l'amalgame salissant (qui finira par discréditer tout le monde si on les laisse faire) et l'intimidation de type maffieux, en bande.

Certains chiens de garde, sales policiers de la pensée, se disent "antifas" mais ce sont DES FAUX : si on regarde bien, ils ne s'en prennent qu'aux vrais antifas : Michel Collon Jean Bricmont, Maxime Vivas, Viktor Dedaj, Thierry Meyssan... : des gens bien, COURAGEUX eux aussi, que je suis fier de côtoyer, entre autres, à ma petite échelle : des OPPOSANTS À LA GUERRE QUI VIENT, des opposants À L'EMPIRE en formation (projet impérial reconnu par Barroso lui-même face caméra), de véritables humanistes je crois.

Encore merci Agnès.

À la fin, c'est nous qu'on va gagner, comme dit l'ami François :)

Étienne.

Le retour des bons Français
par Agnès Maillard



http://blog.monolecte.fr/post/2013/01/24/Le-retour-des-bons-Francais

vendredi 30 décembre 2011

Analyse des réflexions de Monsieur Beitone sur la prétendue rumeur d'extrême droite à propos de la loi de 1973 (260)

Un professeur de Marseille, un certain Monsieur Beitone, vient d'écrire un article dans Le Monde qui dénonce "une rumeur d'extrême droite" incriminant la loi "Pompidou-Rothschild" de 1973 dans la crise de la dette publique.

Décidément, l'anathème "fasciste" et ses dérivés est une arme bien commode, et bien rodée, pour contrer la critique radicale de la création monétaire privée. Manifestement, cette calomnie va resservir dans les mois qui viennent. À se demander s'il n'y a pas un code secret entre les complices du racket, un code dans lequel "extrême droite" signifierait en réalité "ayant compris et dénonçant l'escroquerie monétaire des familles de banquiers privés". Ça expliquerait bien des malentendus.

L'article, intitulé "La rumeur et l’extrême droite: La “loi Pompidou, Giscard, Rothschild” votée en 1973 empêcherait l’État de battre monnaie", se trouve là :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/29/la-loi-pompidou-giscard-rothschild-votee-en-1973-empecherait-l-etat-de-battre-monnaie_1623299_3232.html

Je trouve qu'il ne vaut pas grand chose, mais j'ai pris une dizaine d'heures pour le démontrer, point par point.

J'ai présenté la controverse dans un tableau à deux colonnes, pour bien mettre face à face chaque idée en présence.



Le document (l'article et ma réponse point par point) se trouve là :

Analyse des réflexions de Monsieur Beitone sur la prétendue rumeur d'extrême droite à propos de la loi de 1973
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Analyse_des_reflexions_d_Alain_Beitone_sur_la_denonciation_de_la_loi_de_1973.pdf

Je regrette un peu mon ton encore agacé dans cette réponse (bien que j'aie beaucoup adouci cette réponse, et que j'en aie retiré toutes les réparties trop vives), mais c'est tellement vexant de se faire traiter de fasciste que ça énerve un peu, quand même. Le gars qui écrit un article pareil peut s'attendre à une certaine... mauvaise humeur.

On pourra ajouter dans les commentaires ci-dessous des arguments supplémentaires, d'un côté comme de l'autre.

Au plaisir de vous lire.

Étienne.

jeudi 15 septembre 2011

Le fascisme n'est pas assimilable à l'antisémitisme (1010)

Le fascisme n'est pas assimilable à l'antisémitisme

Décidément, les autoproclamés "antifascistes" m'ont placé dans leur collimateur de calomnie et continuent à appliquer à mon sujet leur méthode privilégiée du PROCÈS EXPÉDITIF PAR AMALGAME AD HOMINEM, méthode qui s'en prend systématiquement aux PERSONNES (en bloc), sans jamais distinguer les IDÉES.

Leur méthode consiste à rendre chacun RESPONSABLE DES PENSÉES DES AUTRES, au lieu de s'en tenir aux discours personnels tenus par chacun.

Dans un nouvel article (http://conspishorsdenosvies.wordpress.com/2011/09/14/etienne-chouard-et-ses-inspirateurs-dextreme-droite/), des gens qui veulent rester anonymes et qui s'appellent eux-mêmes "conspis hors de nos vies" s'en prennent à certaines de mes lectures sous prétexte que leurs auteurs sont, par ailleurs, des antisémites notoires.

Cette attaque personnelle, que je trouve particulièrement injuste — et complètement à fronts renversés —, est pour moi l'occasion de préciser ma réflexion contre les abus de pouvoir.

• Un mot d'abord de l'antisémitisme. À mon sens, l'antisémitisme est, comme le racisme — mais aussi comme l'antiracisme, ou même l'antifascisme, je m'en aperçois aujourd'hui à l'occasion de cette calomnie —, UNE ERREUR DE JUGEMENT QUI CONSISTE À TOUT MÉLANGER, AMALGAMER, simplifier à l'excès : on considère que tous les juifs, ou tous les noirs, ou tous les phallocrates, ou tous les racistes, sont LES MÊMES et méritent LE MÊME TRAITEMENT. C'est manichéen, c'est bête, car le monde n'est pas noir ou blanc.

Certes, portée au fanatisme, chacune de ces erreurs devient une véritable plaie, un fléau, cela va sans dire. Les antisémites fanatiques, comme tous les fanatiques, sont dangereux, c'est une évidence.

Mais TOUS LES RACISTES NE SONT PAS DES FANATIQUES. Si l'on veut pacifier le monde, il me semble important de garder son sens du DISCERNEMENT et éviter de diaboliser tout le monde : la plupart des racistes, des antisémites, des phallocrates, des homophobes, etc. le sont modérément et peuvent encore changer d'avis, si on prend le temps de parler, d'argumenter, de démontrer (au lieu d'agresser et d'insulter).

J'ai trouvé très pertinente la devise de Morihei Ueshiba, fondateur de l'aïkido (postée sur le site "anticonspis", mais elle n'y est plus, je ne sais pas pourquoi) :

SI TU VAINCS UN ENNEMI, IL SERA TOUJOURS TON ENNEMI.
SI TU CONVAINCS UN ENNEMI, IL DEVIENDRA TON AMI.

Il me semble que nous avons plus de chances de pacifier notre société avec DES INSTITUTIONS QUI NOUS OBLIGENT À DISCUTER AVEC LES GENS QUE NOUS N'AIMONS PAS DU TOUT (ET SURTOUT AVEC EUX) AVANT DE DÉCIDER QUOI QUE CE SOIT ; c'est le cœur de l'idée démocratique, telle que je la comprends en tout cas.

Manifestement, les "antifas", eux, considèrent qu'il y a des gens avec qui il ne faut parler —ou qu'il ne faut lire— à aucun prix.

Assez clairement, c'est une différence de conception de la politique. Mais ça ne fait pas de moi un fasciste…

• À propos de Mullins, j'ai découvert effectivement que cet auteur est devenu violemment antisémite, mais le livre qui m'intéresse (je n'en ai pas d'autres) et dont je recommande la lecture n'est pas lui-même antisémite (cela ne m'a pas frappé en tout cas) et je trouve, effectivement, son enquête sur la Réserve Fédérale particulièrement intéressante et utile, même s'il faut la recouper avec d'autres lectures, cela va sans dire.

Me rendre responsable de tout ce que dit cet auteur par ailleurs, c'est un procès en sorcellerie. JE SUIS RESPONSABLE DE CE QUE JE DIS MOI-MÊME, PAS DAVANTAGE.

ET ENCORE ! ON PEUT SE TROMPER, SANS DEVENIR UN DIABLE POUR AUTANT. J'ai l'impression que les "antifas" sont des inquisiteurs intégristes, des fous de dieu à leur manière, intransigeants et intolérants, complètement fermés à l'idée que, peut-être, c'est eux qui se trompent.

• Je voudrais ensuite souligner que la "chasse à l'antisémite" que nous vivons aujourd'hui en France est toute récente et qu'il n'y a pas si longtemps, toute la société était animée par un antisémitisme banal et qu'il n'était donc, à l'époque, pas du tout répréhensible de l'être. Comme en d'autres domaines, il est donc ANACHRONIQUE (ET DONC INJUSTE) de juger les acteurs d'une époque passée avec les valeurs d'aujourd'hui.

• Par ailleurs, JE NE FAIS PAS, MOI, DE L'ANTISÉMITISME OU DE L'ANTIRACISME L'ALPHA ET L'OMÉGA D'UNE POLITIQUE DE GAUCHE ; JE NE RÉDUIS PAS LA RECHERCHE DE LA JUSTICE SOCIALE À LA DÉFENSE DES FEMMES ET DE QUELQUES COMMUNAUTÉS PARTICULIÈREMENT MALTRAITÉES (les étrangers, les juifs, les homosexuels, etc.) : JE CHERCHE (DÉMOCRATIQUEMENT) À DÉFENDRE L'INTÉRÊT GÉNÉRAL, SANS COMMUNAUTARISME.

Et il me semble que, si ma façon de voir les choses prend le dessus, si les citoyens arrivent à reprendre le contrôle direct et quotidien de la politique, si nous arrivons à sortir de la cage politique du gouvernement représentatif, TOUT LE MONDE sera protégé contre les abus de pouvoir (y compris les femmes et les communautés actuellement maltraitées).

Donc, en étant démocrate (radicalement), je ne suis évidemment pas l'ennemi des femmes et des communautés maltraitées, mais — objectivement — leur meilleur allié.

Il me semble, en tout cas.

Donc, puisque je ne considère pas l'antisémitisme comme un crime en soi (car je fais attention au DEGRÉ, je prends garde à l'époque, je prends en compte tout le reste autour…), je suis capable de lire des auteurs qui sont PAR AILLEURS antisémites, sans avoir des poussées d'urticaire, oui. Ainsi, je lis Joseph Proudhon avec un vif intérêt, malgré son antisémitisme. Va-t-on m'interdire de travailler Proudhon sous prétexte qu'il était animé (aussi) d'une misogynie révoltante ? Le racisme est une errance mentale, certes, mais ÇA SE SOIGNE ET CE N'EST PAS SI GRAVE QUE ÇA.

Cette aptitude à chercher le meilleur dans les idées de chacun même si un auteur s'égare sur certains sujets, CETTE APTITUDE À LIRE TOUT LE MONDE EN DISTINGUANT LES IDÉES DE L'AUTEUR NE FAIT PAS DE MOI UN ANTISÉMITE.

Le fait de ne pas faire la chasse à l'antisémite ne fait pas de moi un antisémite.

De la même façon, je peux lire des auteurs de droite et y trouver certaines réflexions très utiles, sans être moi-même de droite.

Je lis et travaille sur (aujourd'hui) plus de 1 500 livres, de façon active, dynamique, quotidienne ; je me sers de ces livres (qui traitent tous, de près ou de loin, du pouvoir et des abus de pouvoir) comme d'un outil formidable pour concevoir et mettre au point une alternative solide et durable aux injustices sociales. Je m'alimente avec ces milliers de livres (en plus des milliers de documents que je trouve sur le net et des milliers de lignes de controverses auxquelles je participe sur les forums).

Parmi ces milliers de livres et de documents, il y en a quelques uns qui sont à droite et même à l'extrême droite, évidemment (je lis ce salaud de Joseph de Maistre, par exemple) : JE SERAIS AVEUGLE SI JE NE LISAIS QUE LES AUTEURS AVEC LESQUELS JE SUIS PARFAITEMENT D'ACCORD ; CE SERAIT, À MON SENS, LE COMBLE DE LA BÊTISE.

Et puis surtout, il y a des gens que je n'aime pas ou que je redoute qui ont pourtant eu quelques idées géniales. Je veux connaître ces idées géniales ; ce qui me conduit à lire comme un goinfre tout azimut. Et je ne me laisserai pas intimider par quelques Torquemada qui voudraient décider arbitrairement de mes lectures.

SUR MES 1500 LIVRES DE TRAVAIL, N'EN RETENIR QU'UN OU DEUX, SOUS PRÉTEXTE QUE LEUR AUTEUR EST PAR AILLEURS ANTISÉMITE, POUR ME FAIRE UN PROCÈS EN ANTISÉMITISME, C'EST À LA FOIS DE LA BÊTISE ET DE LA DIFFAMATION.

Et encore une fois, c'est à fronts renversés puisque ce pour quoi je me bagarre (la justice sociale) est probablement LA MÊME CAUSE que celle que les "antifas" prétendent défendre. Tout ça est absurde.

• Enfin, il me semble tout à fait fautif de réduire le fascisme à l'antisémitisme : à mon sens, le fascisme est la prise de contrôle de la puissance publique au profit (privé) d'un petit groupe de privilégiés. Et ce qui a rendu possible les fascismes, ce n'est pas du tout le racisme ou l'antisémitisme (qui n'ont été QUE DES OUTILS, des pulsions mauvaises INSTRUMENTALISÉES pour emporter l'opinion à la guerre).

Je crois que ce n'est pas le racisme (ni le nationalisme) qui cause les guerres. Je pense que ce sont les privilégiés du moment qui déclenchent les guerres, au moment où ils en ont besoin, pour sauver ou pour amplifier leurs privilèges.

JE ME PENSE MOI-MÊME, NATURELLEMENT, COMME "ANTIFASCISTE", MAIS SANS ASSIMILER DU TOUT LE FASCISME À L'ANTISÉMITISME : pour moi, la cause des fascismes, sa vraie cause DÉTERMINANTE, ce sont les personnes qui ont financé les pensées fascistes. Autrement dit (de façon un peu provocante peut-être mais fondée, je crois), NOTRE PROBLÈME, CE N'EST PAS HITLER, NOTRE PROBLÈME C'EST QUI A FINANCÉ HITLER : sans ces financements, Hitler et sa bande de salauds seraient restés au fond de ruelles glauques, sans le moindre pouvoir, inoffensifs.

Et il se trouve que ceux qui ont financé Hitler (cartels, industriels et banquiers) sont les mêmes que ceux qui ont financé l'Union européenne et le fascisme financier moderne. Moi, ça me semble une clef de lecture utile pour organiser la résistance sociale. Je considère l'époque actuelle comme le triomphe du "fascisme financier" et j'en cherche les VRAIES causes.

Je peux me tromper, bien sûr, mais c'est ce que je pense aujourd'hui.
Suis-je si loin du combat des "antifas" quand je vois une autre cause qu'eux au même mal qu'ils combattent aussi ?

Et si certains de ceux qui financent le fascisme et la guerre sont juifs — objectivement, factuellement —, il ne faut pas que cette judéité nous empêche de les accuser, n'est-ce pas ? Il n'y a pas de raison pour que le fait d'être juif serve de protection à ceux des juifs qui sont des salauds (car il y en a quelques uns qui le sont évidemment, ce serait quand même aberrant de le nier).

Mais en France, de plus en plus, on dirait qu'on ne peut pas prononcer le mot juif sans être déjà suspect d'antisémitisme, c'est complètement déconnant.

Peut-être pas si déconnant pour tout le monde, finalement : c'est comme "un bouclier anti-critique". C'est plutôt astucieux.

Je n'ai pas de certitude, je cherche. Il faut continuer à y réfléchir.

Quant aux personnes que ce nouvel article des "anticonspis" étiquette "extrême droite" (Meysan, Cheminade, Soral…) je les laisse se défendre elles-mêmes, mais je trouve l'accusation "fasciste" à leur endroit tout à fait diffamatoire et infondée.

Pour conclure, J'INVITE LES ANTICONSPIS À ME RENCONTRER ET À ME PARLER, publiquement ou pas, comme ils le préfèrent : ils se rendront vite compte qu'ils se trompent complètement sur moi, à cause de leur méthode (fautive), je pense, qui ne rapproche que les personnes, en bloc et sans nuances.

Étienne.

lundi 12 septembre 2011

Qui est d'extrême droite ? (133)

Qui est d'extrême droite ?

Comme tous ceux qui voient dans les attentats criminels du 11 septembre la POSSIBILITÉ (et pas du tout la certitude) d'un coup d'État destiné à réduire les libertés publiques et à légitimer un état de guerre permanent, je deviens apparemment le "fasciste" des chiens de garde de la vérité officielle.

Un papier assez venimeux, plutôt bête et surtout très calomnieux, vient de paraître, là :
conspishorsdenosvies...faux-ami-etienne-chouard-en-tournee/

Il y est dit que je suis désormais "un conspirationniste d'extrême droite" (sic), que l'"on doit" (re sic) considérer comme un "ennemi politique" (re re sic)…

Je dois aller en cours ce matin et je n'ai pas le temps de développer, mais je peux dire rapidement quelques choses simples et fortes : je suis prêt à débattre (mais pas à me battre) avec n'importe qui :

1) de ce qui CARACTÉRISE la pensée d'extrême droite (on en profitera pour caractériser ce qu'est une vraie pensée de gauche),

2) de ce qui constitue ma propre pensée, pour savoir si, finalement, je suis de droite ou de gauche.

En deux mots, si c'est possible :

• De ce que j'en sais, le projet d'extrême droite est un projet de domination d'une bande de riches privilégiés, au moyen d'un chef unique pas ou peu contrôlé par "son" peuple : l'extrême droite veut un homme fort, un leader maximo, un duce, un führer, un roi, un dieu.

La maîtrise de l'État (c'est-à-dire du monopole de l'usage de la force) par ces privilégiés leur permet de rendre éternels leurs privilèges, et l'une des missions du chef d'extrême droite, c'est de faire régner l'ordre des propriétaires par la terreur inspirée aux travailleurs, à qui l'extrême droite rêve d'interdire les syndicats et les associations, et, finalement, de priver les pauvres de toute possibilité de résistance politique aux riches du moment.

• La vision que j'ai de la société, qui est radicalement démocratique (au sens strict et honnête du terme, et pas au sens "moderne" dévoyé par les élus) est diamétralement opposée à celle de l'extrême droite : JE NE VEUX PAS DE CHEF (c'est d'extrême droite, ça ? Il faut arrêter de dire des bêtises) ; je cherche à mettre tous les aspirants chefs sous le contrôle quotidien de ceux qu'ils prétendent dominer ; je cherche les conditions d'un processus constituant honnête qui donnera aux peuples des institutions leur permettant — à tout moment et de leur propre initiative — de résister contre tout projet de domination, quel qu'il soit ; je prétends que toutes les décisions importantes pour la société doivent être débattues et prises par les citoyens eux-mêmes, sous leur propre contrôle, effectif et quotidien ; je conteste toute vérité officielle, quelle qu'elle soit, et je défends l'iségoria, droit de parole publique pour tous, à tout moment et à tout propos…

Sauf à être de mauvaise foi, on ne peut pas dire que ces convictions soient le marqueur de l'idéologie d'extrême droite. Il faut être sacrément inculte (ou un fieffé menteur) pour le prétendre.

Quand je dis que les nouveaux étendards de la prétendue "gauche" socialiste sont secondaires, je sais très bien ce que je dis : SECONDAIRE NE SIGNIFIE PAS SANS INTÉRÊT, SECONDAIRE SIGNIFIE QU'IL Y A DES CHOSES PLUS IMPORTANTES (et ça ne fait pas de moi un "fasciste") :

- je suis évidemment pour l'égalité politique et sociale entre les hommes et les femmes ; mais je ne considère pas ceux qui pensent le contraire comme des ennemis ;

- je suis évidemment pour la plus grande liberté sexuelle entre adultes consentants (comme le dit fort bien Michel Onfray) et, bien sûr, pour la liberté de se marier entre homosexuels (les gens font bien ce qu'ils veulent) ; mais je ne considère pas ceux qui pensent le contraire comme des ennemis ;

- je suis contre la peine de mort (une barbarie n'en justifie pas une autre) ; mais je ne considère pas ceux qui pensent le contraire comme des ennemis ;

- je ne suis pas raciste et je pense que le racisme LA PLUPART DU TEMPS est une erreur, une peur mal fondée, une opinion politique qui peut être changée par un débat respectueux et approfondi — alors que cette pensée politique (raciste) s'endurcit quand elle est sottement caricaturée et criminalisée par des Torquemada arborant frauduleusement l'étendard "antiraciste" ; mais je ne considère pas ceux qui pensent le contraire comme des ennemis.

Sur tous ces sujets, mes idées sont sans importance et je prétends que nous devrions d'abord beaucoup débattre entre nous (plutôt qu'entre "représentants") et surtout décider par RÉFÉRENDUM POINT PAR POINT sans nous déchirer à leur sujet car là n'est pas l'essentiel.

Alors, où est l'essentiel ? Je pense qu'en remplaçant la résistance des pauvres contre les projets de domination des riches par la résistance des immigrés contre le racisme, les nouveaux "hommes de gauche" ont vidé la gauche de son sens et de sa force, ils ont trahi et désarmé ceux qui travaillent : je pense effectivement que ceux qui confisquent aujourd'hui l'étiquette "socialiste" ne sont pas de gauche. Je pense que, à quelques détails secondaires près, les prétendus "socialistes" font la même politique que l'extrême droite, à commencer par la construction de l'Union européenne, projet de domination politique épouvantable, de mon point de vue.

Dire cela fait de moi peut-être l'ennemi de ces faux socialistes, mais ça ne fait pas de moi un fasciste :)

L'essentiel, à mon sens, c'est de savoir comment ceux qui travaillent peuvent résister aux projets de domination de ceux qui font travailler les autres. Le vrai clivage gauche droite, à mon sens, il est là.

Mais pour en revenir à ma première impression, je pense que la raison réelle de ces accusations fantaisistes de "fascisme" n'a rien à voir avec le fond de ce que je pense : il s'agit de salir, par la vieille technique de la calomnie, ceux qui résistent aux projets de domination du moment. La liberté de penser sur les attentats du 11 septembre est un marqueur très intéressant, et je commence à identifier ceux qui traitent les autres de "conspirationnistes" comme des COMPLICES objectifs du système en formation.

Ce qui devrait conduire à se poser cette question : les auteurs de telles calomnies sont-ils bien "de gauche" ? Ou ne sont-ils, pas précisément, des faux-nez des privilégiés s'affublant de l'étiquette frauduleuse "antifasciste" ?

En tout cas, ma devise reste : BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE.

J'attends sereinement les prochains débats sur le fond de toutes ces accusations.

Étienne.

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"Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose." Talleyrand.


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