Forum du plan C : pour une Constitution écrite par et pour les Citoyens

Ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.
Les membres de l'Assemblée constituante doivent être tirés au sort
et, bien sûr, inéligibles aux fonctions qu'ils instituent eux-mêmes.

Vous n'êtes pas identifié.

Bienvenue :o)

Bonjour :o)
Ici, depuis le 1er janvier 2006, nous parlons d'un sujet que les politiciens de métier voudraient bien garder pour eux : nous parlons de la Constitution, de ce texte absolument fondamental pour tous les citoyens (et pourtant complètement négligé par eux), de ce texte qui pourrait nous protéger tous contre les abus de pouvoir si nous le faisions nôtre au lieu d'en abandonner la maîtrise à ceux-là mêmes qu'il est censé contrôler.
Nous discutons principe par principe, méthodiquement. Nous avons d'abord suivi le plan de mon document "Les grands principes d'une bonne Constitution", mais nous avons ensuite élargi nos thèmes à partir de vos réflexions, critiques et suggestions. C'est simplement passionnant. Ce que nous avons mis au clair sur la monnaie, sur le vote blanc, sur les vertus méconnues du tirage au sort et sur le référendum d’initiative populaire, par exemple, est enthousiasmant.
Le prolongement de cette réflexion constituante, c’est d’écrire enfin nous-mêmes un exemple de constitution, article par article. C’est ce qui se passe sur la partie wiki-constitution de ce site. Je vous invite à venir y participer également, ne serait-ce que sur un article ou deux. Vous verrez, c’est passionnant ; on sent vite qu’on est là sur l’essentiel, sur la seule vraie cause (et aussi la solution !) de nos impuissances politiques.
C’est un projet pédagogique en quelque sorte, un objet concret, réel, qui montre que 1) c'est possible : des hommes dont ce n'est pas le métier peuvent écrire une Constitution, et 2) c'est beaucoup mieux : quand ils n'écrivent pas des règles pour eux-mêmes, quand ils n'ont pas un intérêt personnel à l'impuissance des citoyens, les délégués constituants écrivent les règles d'une authentique démocratie. Merci à tous pour ce travail formidable.
Amitiés. Étienne.
[19 août 2012 : ATTENTION : pour cause de spam ultra-actif mi 2012, je FERME la possibilité aux nouveaux venus de créer un compte sans moi : il faut m'écrire à etienne.chouard@free.fr (EN ME DONNANT LE PSEUDO QUE VOUS VOULEZ) et je créerai votre compte à votre place. Il faudra ensuite venir ici pour définir un nouveau mot de passe. Désolé, mais les spammeurs deviennent infects et je n'ai pas le temps de gérer les spams (je préfère vous aider un à un à nous rejoindre). Au plaisir de vous lire. ÉC]

#1361 17-06-2010 08:12:08

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

J'avais proposé au PG les amendements suivant par rapport au document de préparation... mais ça n'a pas été suivi (ou pas transmis ?) , hélas

Définitif: 311.    En l’absence de déficit conjoncturel, les ressources fiscales et sociales d’un exercice budgétaire sont votées en sorte d’assurer l’essentiel des dépenses courantes des administrations publiques et l’amortissement de la dette.

Amendement suggéré:
311.   En l’absence de déficit conjoncturel, les ressources fiscales et sociales d’un exercice budgétaire sont votées en sorte d’assurer l’essentiel des dépenses courantes des administrations publiques [suppression:  et l’amortissement de la dette.]


Définitif 312.    La dette publique finance les dépenses d’investissement public (services publics et infrastructures), le déficit conjoncturel et, le cas échéant, certaines dépenses courantes nouvelles présentant le caractère d’un investissement (par exemple une augmentation des emplois publics nécessaires à l’efficacité d’un service public).

Amendement suggéré:
312. La dette publique finance les dépenses d’investissement public à moyen et long terme (services publics et infrastructures), le déficit conjoncturel et, le cas échéant, certaines dépenses courantes nouvelles présentant le caractère d’un investissement (par exemple une augmentation des emplois publics nécessaires à l’efficacité d’un service public) ainsi que les intérêts de la dette existante


Définitif
314.    La BCE et les banques centrales nationales peuvent souscrire directement aux émissions de dette publique, au taux de base de la BCE et dans la limite compatible avec une inflation modérée.


Amendement suggéré:
314.  Les banques centrales nationales peuvent souscrivent directement aux émissions de dette publique, ainsi qu'aux remboursements des diverses obligations arrivant à échéance  dans le but d'effacer la dette publique sur une période à déterminer (15 à 20 ans)  au taux de base de la BCE et dans la limite compatible avec une inflation modérée. Cette limite est arrêtée annuellement, à la majorité qualifiée par ???


Définitif: 322.    Spécialisation et séparation des banques de dépôts et des banques d’affaires et
d’investissement ; les premières ont pour seules fonctions de collecter les dépôts, distribuer des
crédits et gérer les moyens de paiements.

Amendement suggéré:
3.22 : Spécialisation et séparation des banques de dépôts et des banques de prêt et d’affaires. Les banques de dépôts seront tenues à une couverture de 100% en monnaie centrale (monnaie de base)

Dernière modification par AJH (17-06-2010 08:13:22)


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
http://www.societal.org

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#1362 17-06-2010 11:53:49

gilles
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH, je cite à nouveau certains points du programme du Parti de Gauche:

« Le PG conçoit son action à long terme dans le cadre de l’Union européenne et de l’union monétaire européenne, dans la mesure où il s’avèrera possible de refonder celles-ci sur des principes compatibles avec la démocratie et l’intérêt général. Néanmoins, le souci de promouvoir ce nouveau projet européen n’empêchera pas le gouvernement d’adopter des mesures incompatibles avec le droit européen en vigueur, quand celles-ci sont nécessaires pour immuniser l’action publique contre toute tutelle des marchés financiers et toute atteinte à la capacité financière de l’État. Il le fera en informant ses partenaires européens, en accord avec les mandats donnés par le suffrage universel, et en instituant le cadre légal nécessaire. Il persistera dans le même temps à initier toute négociation pour une refondation de l’Union avec les partenaires européens qui y seront disposés. Par ailleurs, il demandera au Parlement de voter en urgence et prendra toutes les mesures immédiatement nécessaires pour garantir ses marges de manœuvres financières et pour prémunir son action contre la spéculation.

4.1. Restauration des marges de manœuvres nationales
411. Le gouvernement français annonce qu’il suspend l’application de certaines directives européennes en raison de l’état d’urgence économique, social et écologique auquel il entend répondre. Il appelle ses partenaires européens à engager la discussion pour sortir l’Union de l’ornière du traité de Lisbonne.
412.    Si les partenaires européens refusent la négociation, et à chaque fois qu’une décision de l’Union a pour effet d’empêcher la mise en œuvre du programme validé par le vote des Français, le gouvernement invoque le « compromis de Luxembourg » pour toutes les décisions de l’Union susceptibles d’être prises à la majorité et affectant l’intérêt fondamental que constitue, pour la France, le respect du suffrage universel
413.    Révision de la constitution. Abolition des clauses consacrant le primat du droit européen sur le droit national pour imposer des politiques régressives par rapport au droit national.
414.    Le gouvernement refuse tout examen préalable de son budget par la Commission européenne ou toute autre instance européenne. »


Ce programme du Parti de Gauche est la version un peu remusclée vis à vis de la « construction » européenne du programme commun de la gauche de la fin des années 1970, qui avait tenté d'être appliqué entre 1981 et 1983 et puis qui ensuite avait jeté l'éponge face à la « construction » européenne.
Quelques éléments d'histoire à ce sujet ici …



Voyons ce qui s'est passé récemment en Grèce aux alentours des élections législatives d'octobre 2009 :
http://pix.toile-libre.org/upload/original/1444488505.jpg
Ci-dessus : conférence de presse du ΠΑΣΟΚ ( PASOK ) du 5 septembre 2008 à tonalité très anti-capitaliste pendant la campagne


http://pix.toile-libre.org/upload/original/1444489098.jpghttp://pix.toile-libre.org/upload/original/1444489234.jpg
Le socialiste Papandréou du ΠΑΣΟΚ ( PASOK ) en 2007 et 2008 promettant du mieux pour ses électeurs dans le cadre de l'Union Européenne pendant sa campagne.


Le socialiste Papandréou, après que son parti le ΠΑΣΟΚ ( PASOK ) a atteint le gouvernement, a donc tenté à nouveau l'expérience qu'avait tenté Mitterrand et l'Union de Gauche en mettant son action à long terme dans le cadre de l’Union européenne. Eh, bien, cela ne marche pas, on vient de voir le résultat, il a aussi jeté l'éponge et de quelle manière :


Un plan d'austérité vise à économiser 4,8 milliards d’euros sur le dos de la population grecque pour rembourser les créanciers. Ils serviront également à payer les honoraires de la banque Goldman Sachs dont on sait maintenant qu’elle a aidé le gouvernement à dissimuler une partie de sa dette. Au menu notamment :

• gel du recrutement et réduction des salaires des fonctionnaires (forte baisse du montant des 13e et 14e mois, diminution des primes, après une réduction des salaires de 10% décidée en janvier) ;

• gel des retraites ;

• hausse de la TVA de 19% à 21%, alors qu’il s’agit d’un impôt injuste qui frappe davantage les plus démunis ;

• hausse des taxes sur l’alcool et le tabac ;

• réduction drastique des budgets sociaux, comme celui de la Sécurité sociale.

Tout ceci en bafouant la démocratie et la séparation des pouvoirs :

Toutes les lois et tous les accords pris dans le cadre du plan dit de soutien à l’économie défini par le gouvernement grec, l’UE et le FMI seront signés par Georges Papaconstantinou, le ministre grec des Finances, sans vote de la Vouli, le Parlement, qui ne sera plus qu’informée.

Je cite à nouveau : « Le PG conçoit son action à long terme dans le cadre de l’Union européenne et de l’union monétaire européenne, dans la mesure où il s’avèrera possible de refonder celles-ci sur des principes compatibles avec la démocratie et l’intérêt général. »

Ce projet est plus lucide que celui de Mitterrrand  et celui de Papandréou, il commence à voir de manière plus nette la contradiction entre la « construction » européenne d'une part et d'autre part, la démocratie, l'intérêt général et la lutte contre les inégalités, c'est un programme que nous pourrions appeler de « désobéissance » européenne. Mais même là, il est incomplet, il ne prévoit pas d'option de sortie du système de la « construction » européenne, il y a un grand risque de rentrer dans le rang comme Mitterrand ou Papandréou, puisque cette alternative n'est pas prévue. Si Le Parti de Gauche veut éviter le tête à queue de la rigueur, la déception et la perte de confiance des citoyens envers la politique, il doit modifier son programme, cesser de louvoyer et de croire qu'il est possible d'obtenir des résultats en choisissant simultanément deux buts contradictoires, devenir clairement anti « constructionniste » et concevoir une politique de sortie de l'UE si il veut mettre en pratique ses idées de lutte contre les inégalités, d'intérêt général et de démocratie.



Modification du 10 octobre 2015 : réhébergment d'images - précision sur les dates des élections législatives grecques

Dernière modification par gilles (10-10-2015 17:31:30)

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#1363 18-06-2010 06:00:03

Jacques Roman
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Message n°9146
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Messages: 4259

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Construction européenne/démocratie

Gilles (9143) :

Il n'est pas vrai qu'il y ait "contradiction entre la « construction » européenne d'une part et d'autre part, la démocratie, l'intérêt général et la lutte contre les inégalités".

Il appartient aux citoyens, à leurs associations, à leur partis, à leurs élus et aux États membres de démocratiser l'Union européenne, qui - je le rappelle - n'est pas un État et n'a pas les compétences d'un État.

Je vois avec plaisir que le PG ne partage pas le réflexe anti-UE qui afflige certains d'entre nous sur ce site, au détriment de l'intérêt général bien compris : celui des des Européens  et des non-Européens. JR

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#1364 18-06-2010 09:26:46

Candide
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Message n°9148
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Il appartient aux citoyens, à leurs associations, à leur partis, à leurs élus et aux États membres de démocratiser l'Union européenne

Dans l'absolu, c'est peut-être vrai, mais nous ne vivons pas dans l'absolu mais dans une sinistre réalité. Et dans cette sinistre réalité qui est notre quotidien depuis des décennies, qui voit les pouvoir de décision et d'influence nous échapper de plus en plus, confisqués qu'ils sont par ces mêmes partis et élus, je trouve que ces affirmations — idéalistes ? Mais sûrement bien intentionnées — surfent dangereusement à la frontière qui sépare l'analyse lucide du déni de réalité, voire de la provocation (même involontaire).


Si une nation espère pouvoir rester à la fois ignorante et libre, elle espère ce qui n'a jamais été possible et ne le sera jamais.
(Thomas Jefferson)

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#1365 18-06-2010 11:11:57

alainguillou
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Message n°9149
Lieu: Nantes
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Candide et Gilles:
Oui je milite non pas "dans le front de gauche ni au PdG de Mélenchon", je milite "avec"  des partenaires possibles du "pacte républicain" lequel devra bien réaliser "des fronts", voire une "résistance constructive", pour répondre à la nécessité  sociale  morale et politique: cette nécessité , il faut avoir le courage d'y faire face en Europe, et ne pas fuir derrière un paravant "national" aujourd'hui désuet et qui d'ailleurs cache un sacré alibi utilisé par ceux qui en fait n'admettent pas que le destin des hommes soit de la responsabilité de tous: J'abonde dans le sens de Jacques Roman ici:" Il appartient aux citoyens, à leurs associations, à leur partis, à leurs élus et aux États membres de démocratiser l'Union européenne, qui - je le rappelle - n'est pas un État et n'a pas les compétences d'un État"!

Ce n'est pas un parti ni même un "front" qui va "pondre un programme garantissant quoi que ce soit", ce sont les citoyens, dans leurs partis, leurs associations et surtout dans leur "engagement", qui vont transformer les espaces où nécessairement devra "émerger une modernité citoyenne": cette "modernité" existe en Europe, où, justement, elle est en conflit (pas seulement "social") avec les féodalités financières: là se trouvera la "ligne des fronts"!

Ne pas s'accorder ne serait-ce qu'une "seconde",  pour imaginer que la page de l'histoire tourne, et qu'à travers ce qui change peut s'affirmer une réalité plus grande et plus durable que les nations, les religions, les partis, et autres appartenances qui pour être culturellement sources de valeurs n'en sont pas moins "dépassables", justement, parceque des valeurs universelles sont arrivées devoir prendre leur "quart" comme exigences vitales  pour qu'il y ait une "suite viable" à cette "Histoire", c'est vraiment (pour moi),  comme avoir le nez collé sur le pare-brise pour suivre les mouvements d'un insecte, tandis que sa voiture fonce vers un mur!

Ce qui se passera dans chaque espace relevant de ces "fronts de lutte citoyenne",  concernera l'Europe, qui d'ailleurs était déjà "hantée par ce spectre", même si les vecteurs "idéologiques" l'annonçant dès la fin du XIXè sont aujourd'hui garés dans les remises "culturelles", comme des véhicules ayant été usurpés par des chauffards criminels.(pardon pour les métaphores...)tongue

Dernière modification par alainguillou (18-06-2010 11:25:53)


... une « arme miraculeuse » (Aimé Césaire) pour la Résistance(...)contre ce qui endeuille l’être, souille, mutile, brise, l’élan de l’individu vers le « Champ des possibles »...(site de "poesie urgente")

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#1366 18-06-2010 11:25:10

Candide
Membre
Message n°9150
Date d'inscription: 17-03-2006
Messages: 244

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Je suis d'accord avec ce « programme », mais vu le niveau de mobilisation et de courage actuel, nous sommes collectivement excessivement loin de parvenir à ces fins, et même de commencer à nous unir suffisamment pour tenter de nous faire entendre.

Ne pas voir dans mes paroles du découragement. Juste le constat que la coupe n'est pas encore assez pleine et qu'il va nous falloir encore patienter. Espérons que ça ne prendra tout de même pas trop longtemps, afin d'éviter que les débordements ne causent trop de dégâts...


Si une nation espère pouvoir rester à la fois ignorante et libre, elle espère ce qui n'a jamais été possible et ne le sera jamais.
(Thomas Jefferson)

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#1367 18-06-2010 13:45:55

Jacques Roman
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Message n°9152
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Messages: 4259

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Provocation

Donc, Candide (9148), il est "peut-être vrai dans l'absolu" (pour vous citer) qu'il appartient aux  citoyens, à leurs associations, à leurs élus, à leurs partis et aux États de démocratiser la construction européenne, mais dans la réalité ça ne marche pas : c'est bien votre point de vue ?

Alors, qu'est-ce que vous recommandez : la dictature ? Ah non, pardon, j'oubliais : le tirage au sort, sans doute.  JR

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#1368 18-06-2010 14:08:54

Candide
Membre
Message n°9153
Date d'inscription: 17-03-2006
Messages: 244

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Non, Jacques, je ne recommande évidemment pas la dictature. Ce serait plutôt le contraire. Votre réponse est, vous me pardonnerez (ou pas), d'une mauvaise foi tout aussi évidente, qui n'échappera à personne. Car même en lisant mon message rapidement, il est impossible de passer à côté de ce que j'ai voulu dire.

Je veux bien que vous viviez en Thaïlande, au sein d'un peuple réputé pour sa gentillesse, mais il ne faudrait tout de même pas que cela déteigne sur votre vision de la manière dont les choses se passent ici, en Europe occidentale. N'oubliez pas que nous ne sommes pas exactement ici (et je ne parlerai que de la France) au pays des Bisounours !

À la manière du Grand Yaka du célèbre dessin animé, vous nous déclarez qu'« Il appartient aux citoyens, à leurs associations, à leur partis, à leurs élus et aux États membres de démocratiser l'Union européenne. », et je vous réponds que dans l'absolu c'est vrai. Mais je vous fais également remarquer ce que vous savez déjà mais semblez étonnament oublier, à savoir que d'une part les pouvoirs de décision et, dans une très large mesure, d'influence nous ont été confisqués il y a déjà longtemps, à nous autres citoyens, et que le processus ne fait que s'amplifier, et que d'autre part nos élus sont pour une partie effarante d'entre eux passés du côté des profiteurs et des tyrans et ne nous sont que d'une aide extrêmement limitée.

Alors je vous renvoie la question : dans la mesure où nous ne pouvons plus nous faire entendre pour peser sur les décisions et les orientations politiques actuelles (phénomène amplifié par l'éloignement et l'extraterritorialité dont profitent les instances décisionnaires européennes), qu'est-ce que vous recommandez, vous, concrètement, comme méthode pour démocratiser la construction européenne ? Merci de ne pas nous répondre par de belles paroles et des considérations générales enfarinantes, nous avons tous une indigestion de langue de bois.


Si une nation espère pouvoir rester à la fois ignorante et libre, elle espère ce qui n'a jamais été possible et ne le sera jamais.
(Thomas Jefferson)

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#1369 18-06-2010 14:23:48

Candide
Membre
Message n°9154
Date d'inscription: 17-03-2006
Messages: 244

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Des nouvelles de nos chers dirigeants, ceux-là même qui sont censés nous aider — de manière totalement désintéréssée, bien entendu — à démocratiser nos belles institutions européennes...

Les liens troubles des époux Woerth avec Liliane Bettencourt

http://www.lemonde.fr/politique/article … 23448.html

Et aussi...

http://www.lemonde.fr/societe/article/2 … _3224.html

Et c'est cet individu qui dirige une « remise en ordre » de notre système de retraite ?!... (Je ne dis pas qu'il n'y a aucun besoin d'y toucher, mais qu'on ne me demande pas de faire confiance pour cela à ce type et à la mafia dont il fait partie !)

Dernière modification par Candide (18-06-2010 14:24:44)


Si une nation espère pouvoir rester à la fois ignorante et libre, elle espère ce qui n'a jamais été possible et ne le sera jamais.
(Thomas Jefferson)

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#1370 10-09-2010 16:13:56

Déhel
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Message n°9295
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Messages: 543

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Alors?
                Ici, figure un article qui s'oppose en profondeur, me semble-t-il, aux thèses économiques développées sur ce fil. Je vous ai reproduit le texte in extenso, aux schémas près, au cas où celui-ci devait devenir payant. De quoi relancer le débat, au moins pour éclairer les positions de chacun et, par là même, ma lanterne. Merci.

Jean Peyrelevade a écrit:

La refondation du capitalisme.

Je n’ai pas de préjugé idéologique, à la différence de certains visiteurs encombrants de ce blog. J’essaye en toutes choses de juger sur pièces. Comme, d’après certains d’entre eux, Maurice Allais a imaginé une réforme de la création monétaire qui aurait, parmi maints avantages, celui de régler la question de la dette publique, je suis allé visiter les œuvres du grand homme. J’ai constaté deux choses :

    *

      premièrement, que ses thuriféraires lui attribuent des thèses qu’il n’a, en l’état, jamais soutenues. Sa pensée monétaire, pour laquelle j’ai une certaine sympathie, est ainsi reconstituée de façon plus qu’approximative ;
    *

      deuxièmement, que l’on peut être prix Nobel d’économie et faire, par ignorance des faits, des erreurs de débutant. Cela ne porte pas sur l’architecture principale de la construction mais sur des ornements en apparence secondaires. Bien entendu c’est de ceux-là mêmes, qui sont erronés, que ses admirateurs se sont surtout emparés pour en tirer des conclusions illusoires.

J’affirme tout cela avec précautions. La pensée du Maître étant à certains égards peu explicite, je lui ai écrit pour lui demander de bien vouloir me communiquer les pages de ses œuvres où j’aurais pu trouver réponse à mes interrogations. Le Maître n’a pas daigné me répondre.

*

* *

Rappelons les deux principes fondamentaux de la réforme monétaire proposée par Maurice Allais :

1/ la création monétaire doit relever de l’Etat et de l’Etat seul. Toute émission de monnaie par les banques commerciales doit être rendue impossible. Seule doit circuler la monnaie de base émise par la Banque Centrale ;

2/ tout financement d’investissement à un terme donné doit être assuré par des emprunts à des termes plus longs, ce qui permet d’assurer à tout moment que le système garde une liquidité convenable.

Ces deux principes conduisent à trois conséquences directes :

3/ le crédit bancaire (aux agents économiques et/ou à l’Etat) qui est la contrepartie de l’émission monétaire est donc, in fine, porté par la seule Banque Centrale. Le taux de croissance de la masse monétaire, idéalement fixé au taux d’accroissement du PNB réel augmenté du taux cible d’inflation tolérée, est celui de la seule monnaie de base ou monnaie centrale. Pour la France, cette règle conduirait à une expansion de la masse monétaire de l’ordre de 4% (2+2) par an. L’alimentation monétaire étant tout entière entre les mains de la Banque Centrale, le respect de cette discipline explicite serait plus simple, mieux vérifiable, que ce n’est le cas dans l’organisation actuelle.

4/ ce crédit bancaire, porté par la seule Banque Centrale, doit être relayé auprès des emprunteurs finaux par des organismes intermédiaires. Ce sont (je cite) « des banques de prêt empruntant à des termes donnés et prêtant les fonds empruntés à des termes plus courts, le montant global des prêts ne pouvant excéder le montant global des fonds empruntés ».

D’où le schéma ci-après, qui me parait fidèle, et qui retrace les opérations inscrites aux bilans tant de la Banque Centrale que des banques de prêt :



Banque Centrale

100
(crédit aux banques de prêt)
   

100
(émission de monnaie centrale)

Banques de prêt

100
(prêts à l’économie)
   

100
(dette vis-à-vis de la Banque Centrale)



5/ cependant, les banques de dépôt, et elles seulement, « assurent à l’exclusion de toute opération de prêt les encaissements et les paiements et la garde des dépôts de leurs clients, les comptes des clients ne pouvant comporter aucun découvert ». Qu’est-ce à dire ?

Une quantité de monnaie de base égale à 100 est émise par la Banque Centrale en contrepartie de ses crédits aux banques de prêts. Les prêts consentis par ces dernières aux agents économiques ont pour effet de faire circuler parmi ceux-ci l’encaisse ainsi créée. Mais cette dernière doit être en permanence inscrite au passif des seules banques de dépôts qui, à leur tour, la mettent en dépôt auprès de la Banque Centrale. D’où la description complète du système :

bc.1283961095.jpg

Jusque là, tout parait facile. Nous allons maintenant entrer dans la partie critique.

Première remarque : le système n’est pas gratuit


L’alimentation monétaire de l’économie, quelle que soit sa source, a un coût. Nous ne sommes pas dans un univers virtuel, sans géographie ni relief. Les agents économiques, ménages et entreprises, répartis sur le territoire, sont plus ou moins difficilement accessibles et exposent leurs prêteurs à des risques variables de non-remboursement.

Les banques de prêt doivent entretenir un réseau dense de points de contact, physiques ou dématérialisés, avec leur clientèle, points où doivent se trouver des spécialistes du crédit sous ses formes les plus variables, des plus simples aux plus sophistiquées (crédits commerciaux, à l’investissement, à la consommation, immobiliers, …), capables de procéder à des évaluations du risque. Soit cp le niveau des frais généraux nécessaires au fonctionnement de cet énorme appareil, rapporté à l’encours de prêts à un instant donné, donc exprimé en taux d’intérêt équivalent.

Soit ib le taux des crédits consentis par la Banque Centrale aux banques de prêt. Soit rp le coût du risque (c’est-à-dire le poids des défauts de remboursement) traduit lui aussi en points de taux d’intérêt et soit enfin ip le taux d’intérêt facturé par les banques de prêt à leur clientèle.

Pour que celles-ci fonctionnent juste à l’équilibre, il faut que soit respectée l’équation suivante :

ip = cp + rp + ib

De même, pour assurer la bonne circulation de la monnaie, les banques de dépôt doivent développer et entretenir des systèmes d’encaissement et de paiement (cartes de crédit, chèques, virements, distributeurs automatiques) et déployer un réseau de contacts de proximité avec les déposants. Soit, toujours exprimé sous forme d’un taux d’intérêt, cd le montant des frais généraux correspondants.

Comme les dépenses ainsi visées ne sont pas, pour l’essentiel, récupérées auprès de la clientèle qui pense, à tort ou à raison, qu’elle n’a pas à payer pour le simple usage de ses propres liquidités dont le dépôt en banque lui est imposé par la loi et par les usages, l’équilibre financier des banques de dépôt ne peut être atteint que si le taux de rémunération id que leur consent la Banque Centrale (auprès de laquelle elles sont tenues de déposer leur encaisse) couvre leurs coûts. D’où la deuxième équation :

id = cd

Troisième contrainte, l’équilibre de la Banque Centrale elle-même. Si l’on suppose, hypothèse extrèmement favorable, que ses frais généraux sont négligeables, il vient nécessairement

ib (recettes) = id (dépenses)

D’où, par simple addition, l’égalité minimale d’équilibre d’exploitation de l’ensemble du système bancaire et monétaire, à taux de profit partout nul :

ip = cp + cd + rp

Les propositions de Maurice Allais ne permettent pas de contourner cette évidence économique et comptable, que l’on retrouvera toujours, quelle que soit l’architecture retenue pour l’organisation du système monétaire interne d’un pays donné. Le taux d’intérêt du crédit bancaire à l’économie est toujours égal au minimum à la somme des frais de fonctionnement du réseau bancaire (crédits et dépôts) et du coût du risque. Cette borne minimale a ainsi un caractère absolu que bien peu d’économistes rappellent. Si le taux d’intérêt descend durablement en-dessous de cette limite, les banques disparaissent ou, à tout le moins, arrêtent de consentir des prêts dont la rentabilité devient pour elles négative. Il n’y a plus alors d’alimentation monétaire de l’économie : la monnaie centrale ne peut plus être créée puisque sa circulation est devenue impossible. On a ainsi mis en évidence une sorte de « trappe à crédit bancaire » dont l’existence me paraît plus clairement fondée que celle de la fameuse « trappe à liquidité », même si celle-ci est probablement de même nature.

Le niveau de taux en-dessous duquel cette trappe se déclenche est assez haut, ce qui rend d’autant plus étonnant le fait qu’elle soit largement méconnue. En France, sur les quatre années 2005 à 2008, le total des frais généraux et du coût du risque des banques de crédit et de dépôt s’est élevé en moyenne à 3,6% de l’encours des prêts. Les chiffres similaires dans les autres pays développés, à l’exception de l’Allemagne, sont encore plus élevés. Quelle extraordinaire découverte ! Le fonctionnement du système bancaire a un coût. Ses dépenses doivent être couvertes par le taux d’intérêt. A défaut, l’économie ne serait plus alimentée en monnaie. Dit de manière plus agressive, il est d’intérêt public que les banques gagnent de l’argent. Pas trop, certes, mais suffisamment. Comme il est d’intérêt public qu’elles améliorent leur productivité et abaissent leurs coûts.



Deuxième remarque : il n’y a pas de monnaie centrale gratuite



Dans le système précédemment décrit, le coût des avances consenties par la Banque Centrale couvre très exactement les frais de fonctionnement des banques de dépôt (ce qui est parfaitement normal, si on réfléchit une seconde : la monnaie centrale étant la seule monnaie, la fabriquer ne coûte rien. Encore faut-il la faire circuler. Faisons des banques de dépôt des filiales à 100% de la Banque Centrale ce qui, dans une telle architecture, serait assez logique : le coût de la monnaie centrale est bien celui de sa circulation). Sauf à faire payer ce coût par les déposants eux-mêmes, ce qui constituerait un intéressant transfert de charges que personne ne s’est jusqu’à présent risqué à recommander ou même suggérer.

Dès lors, affirmer haut et fort comme le feraient certains économistes proches d’Attac (lesquels et dans quels textes ?) que si l’Etat s’endettait directement auprès de la Banque Centrale, il paierait un taux d’intérêt nul, constitue une pure ânerie. Ânerie déjà entendue en 1982 / 1983, lors du « tournant de la rigueur » du premier septennat de François Mitterrand, de la part des partisans de la fuite en avant : les idées fausses ont la vie dure. Surtout quand elles sont plaisantes à entendre. Dire que les charges d’intérêt qui pèsent lourdement sur le budget de l’Etat ne sont dues qu’à la coupable cupidité des banquiers commerciaux auxquels des dirigeants politiques complices de leur enrichissement ont scandaleusement affermé le privilège souverain de la création monétaire, est politiquement commode. Superbe retour au centralisme démocratique, dans sa version monétaire, qui permet de justifier ex-post le dérapage permanent des finances publiques et surtout de le projeter vers l’avenir : si le taux d’intérêt payé par l’Etat sur sa dette est nul, pour ainsi dire par fondement, alors il n’existe plus de limite à son endettement. L’anticapitalisme est parfois magnifique : oui, décidément, vive la dette publique en expansion, vive la révolution !

Maurice Allais, à ma connaissance, n’a jamais défendu cette thèse. Parmi les objectifs qu’il fixe à sa nouvelle organisation du système bancaire et financier figure explicitement, on l’a déjà dit, « l’expansion de la masse monétaire globale, constituée uniquement par la monnaie de base, au taux d’accroissement du PNB réel, augmenté du taux souhaité de hausse de prix, en principe de 2% ».

Dès lors, le fait que la Banque Centrale prête directement à l’Etat et crée à ce titre une partie de la monnaie centrale qu’elle met en circulation chaque année, ouvre un double problème :

   1.

      le montant correspondant doit être prélevé sur celui des avances aux banques de prêt si l’on veut respecter l’objectif quantitatif de création monétaire qui dans l’esprit de Maurice Allais (et, si j’osais, dans le mien également) est crucial.

Il n’est pas évident que la dépense publique ainsi financée par le déficit alimente dans des conditions aussi efficaces que les banques de prêt l’ensemble de l’économie. Comment la monnaie centrale utilisant ce canal parvient-elle aux agents économiques qui en ont le besoin ? Pourquoi ce détour plutôt que l’affectation directe ? Beaucoup dépendra de la nature de la dépense publique. Si elle est d’investissement ou d’intervention économique bien pensée, elle peut se substituer à des prêts consentis aux agents économiques par le système bancaire. Si elle est de pur fonctionnement (salaires des fonctionnaires), on a le droit d’être moins optimiste.

Disons-le encore plus fermement. Si la monnaie centrale tire sa valeur de sa rareté (thèse de Maurice Allais que je partage), alors il est très important qu’elle soit distribuée au bénéfice des usages les plus productifs. L’emprunteur public (l’Etat), alimenté directement par la Banque Centrale, et les emprunteurs privés qui ont recours aux banques de prêt, sont de ce point de vue en concurrence puisque la ressource totale est plafonnée : ce qui est pris par l’un l’est aux dépens de l’autre. La qualité de la dépense est donc décisive, qu’elle soit publique ou privée. L’intérêt collectif et l’obtention du meilleur taux de croissance commandent que les règles d’affectation du crédit bancaire respectent ce principe, que les keynésiens pur sucre ont tendance à oublier : le montant de la dépense publique n’est pas tout, de quoi elle est faite importe davantage. Qui serait responsable, dans la nouvelle architecture, de cet arbitrage permanent ? L’Etat, juge et partie ? Ou la Banque Centrale elle-même ? Avec quelle indépendance de statut, de pensée et de jugement ? Et au regard de quels critères explicites ? Pourrait-elle décider librement, pour un temps, de ne plus prêter à l’Etat ? L’emprunteur privé, lui, ne peut pas faire financer durablement par le crédit ses dépenses courantes …

Synthétisons ce premier point : à objectif quantitatif donné de création monétaire, l’Etat emprunteur auprès de la Banque Centrale prend la place d’emprunteurs privés. L’avantage, pour le moins, n’en est pas évident. Si en revanche l’emprunt de l’Etat en monnaie centrale s’ajoute à ce qui existait, alors c’est l’objectif d’inflation souhaitée qui n’est plus tenu et Maurice Allais trahi par ceux-là mêmes qui aujourd’hui se prévalent de lui.

   1.

      le deuxième problème est celui du coût. Bien entendu, si l’Etat emprunte comme aujourd’hui dans le marché (et non pas directement auprès du système bancaire), il n’exerce pas d’effet d’ « éviction monétaire » au détriment des autres acteurs de l’économie. Mais il paye un taux d’intérêt de marché qui ne peut être, hors prime de risque, inférieur au seuil de déclenchement de la « trappe à crédit » évoquée ci-dessus. S’il emprunte auprès des banques de prêt, l’effet d’éviction apparaît mais la charge d’intérêts est à peu près la même que dans le cas précédent.

S’il se tourne directement vers la Banque Centrale, peut-il s’endetter à taux nul ? Certes. Mais ce faisant, il affecte d’autant les recettes de ladite Banque Centrale dont on a vu qu’elles devaient être égales au minimum au produit de la masse monétaire M par le coût unitaire de fonctionnement cd des banques de dépôt.

Soit m la création monétaire contrepartie des crédits de la Banque Centrale à l’Etat, la quantité (M - m) étant toujours prêtée aux banques de prêt à un nouveau taux jb. Pour que les recettes de la Banque Centrale demeurent au niveau antérieur, il faut que :

ib M = jb (M - m)

Soit jb = ib , jb étant le nouveau taux des avances aux banques de prêt, dont l’accroissement va se répercuter sur le taux d’intérêt à l’économie.



La conclusion est évidente, et vieille comme l’histoire de la monnaie. Le souverain, fort de son privilège, emprunte à taux nul la monnaie qu’il crée (mais qui ne lui appartient pas) et dont il devrait au minimum payer le coût de circulation, soit ib en taux d’intérêt équivalent. Il fait régler l’addition par l’ensemble de l’économie, c’est-à-dire la population qu’il gouverne. Reste le choix d’y procéder par une hausse des taux d’intérêt (ce sont alors les emprunteurs qui payent) ou par une taxation des dépôts. A votre bon cœur …

Troisième remarque : un prix Nobel peut se tromper



En fait Maurice Allais, pour autant que je puisse en juger, écrit quelque chose de bien différent de ce qu’on lui prête : sa réforme aurait pour conséquence l’ « attribution à l’Etat, c’est-à-dire à la collectivité, des gains provenant de la création monétaire et l’allègement en conséquence des impôts actuels ». Cette affirmation est en elle-même incontestable. Si l’Etat reprend en main toute la création monétaire, il encaissera les profits correspondants dans l’exacte mesure où ils existent. On n’insistera pas sur la question byzantine que poserait cette sorte de renationalisation de la monnaie, prononcée par voie législative : le souverain, récupérant son privilège d’émission, procède-t-il à une sorte de réappropriation publique qui, portant atteinte au droit de propriété, léserait les actionnaires des banques et justifierait donc une « juste et préalable indemnité » ? On laissera les constitutionnalistes en débattre.

La phrase suivante est malheureusement fausse : « les revenus de la création monétaire par la Banque Centrale seraient rétrocédés à l’Etat, ce qui lui permettrait dans les conditions actuelles de supprimer la presque totalité de l’impôt progressif sur le revenu ». Les recettes de l’IR représentent environ 3% du PIB, ce qui est aussi le montant actuel des charges d’intérêt sur la dette publique. Un prix Nobel étant réputé infaillible, des lecteurs trop rapides retiennent que le système inventé par Maurice Allais permettrait à l’Etat de ne plus payer d’intérêt. Les profits des banques seraient, par une sorte de coïncidence vraiment miraculeuse, exactement égaux à la charge de la dette supportée par les finances publiques. Captons ceux-là, ce qui ne serait que justice, et celle-ci n’aura plus lieu d’être. La compensation serait parfaite.

L’interprétation n’est pas seulement tendancieuse, elle repose sur des chiffres erronés. Hélas, un prix Nobel peut se tromper ! L’encours de crédit du système bancaire français est du même ordre de grandeur que le PIB. Je crains que Maurice Allais n’ait confondu le chiffre d’affaires des banques, soit environ 5% des encours de crédit et donc à peu près autant du PIB, et leur profit net après impôts qui n’est plus sur les quatre dernières années que de 1% en moyenne du même PIB. La nationalisation totale de la création monétaire, à supposer qu’elle puisse se faire à coût nul (ce qui reste constitutionnellement à démontrer), ne permettrait de financer au mieux que le tiers environ de la charge de la dette. Et tout accroissement ultérieur de celle-ci en pourcentage de la masse monétaire pèserait à plein, sans compensation, sur les finances publiques.

*

* *

La conclusion de ce développement est simple. On peut, pour des raisons d’efficacité de la politique monétaire, avoir beaucoup de sympathie intellectuelle pour les propositions de Maurice Allais. Je l’ai dit en ouverture de ce papier : tel est mon cas. Mais il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes : il n’existe pas de monnaie qui n’ait un coût de fabrication et de distribution, aucune monnaie centrale n’est gratuite et jamais un changement d’architecture monétaire ne permettra en soi de régler le douloureux problème de la dette publique : il n’existe pas de trésor caché. N’en déplaise aux soi-disant économistes de la mouvance dite « altermondialiste », il faut qu’ils apprennent à faire des additions.


La meilleure forteresse des tyrans c’est l’inertie des peuples, Machiavel.
Le risque de la liberté: texte collégial d'insurection morale, ici.

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#1371 10-09-2010 21:45:19

Sandy
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Rien à voir, mais le titre me fait penser à la moralisation du capitalisme et à une boutade qui m'a fait rire wink

Vouloir moraliser le capitalisme c'est un peu comme croiser un tigre dans la jungle qui s'avance dangereusement vers vous, la bave dégoulinant de ses crocs, et de lui dire "couché kiki !"

Dernière modification par Sandy (10-09-2010 21:46:07)

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#1372 10-09-2010 22:30:13

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Merci Dehel,

Christian Gomez (patron de grande banque) prépare une réponse.

Étienne.

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#1373 11-09-2010 08:44:22

Jacques Roman
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Ce que je recommande pour démocratiser l'UE (réponse à une question)

Candide, votre 9156 du 18 juin  m'avait échappé, comme vous a sans doute échappé le projet www.euroconstitution.org, dans lequel j'ai présenté il y a belle lurette mes "recommandations", comme vous dites, en vue de démocratiser l'UE.

Je vous renvoie en particulier aux projets d'article concernant la "gouvernance de la confédération" : pas d'enfarinades, ni de langue de bois, vous le constaterez, mais des propositions précises et concrètes (qui manquent un peu ici, pour dire mon sentiment). JR 

PS. Mais je suis d'accord avec Alphonse Allais (je dis bien "Alphonse", pas "Maurice") : "Les plus grandes stratégies s'écrivent au passé".

Dernière modification par Jacques Roman (11-09-2010 08:54:29)

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#1374 13-09-2010 17:51:33

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Étienne a écrit:

Merci Dehel,

Christian Gomez (patron de grande banque) prépare une réponse.

Étienne.

Il y a également un échange sur le 100% monnaie sur
http://osonsallais.wordpress.com/2010/0 … 100-money/


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
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#1375 18-09-2010 00:23:01

Zolko
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Jean Peyrelevade a écrit:

La refondation du capitalisme.

Rappelons les deux principes fondamentaux de la réforme monétaire proposée par Maurice Allais :

1/ la création monétaire doit relever de l’Etat et de l’Etat seul. Toute émission de monnaie par les banques commerciales doit être rendue impossible. Seule doit circuler la monnaie de base émise par la Banque Centrale ;

Ah... bloqué dès le 1er point. Je l'ai déjà dit ailleurs, la monnaie a aussi des fonctions privées, qui ne regardent pas l'Etat, et donc une monnaie unique 100% émise par un Etat ne me parait pas la bonne solution. On passerait à une dictature des "marchés" à une dictature tout-court. Je ne vois pas bien ce qu'on y gagnerait.

Les points de fidélité, les bons d'achat, ... sont autant de quasi-monnaies, privées, et c'est bien ainsi.

Comme le disait Montesquieu, le pouvoir corrompt, or la création de monnaie est un pouvoir immense et il corrompt donc immensément. Il faut donc contrer ce pouvoir, le séparer, le tailler en pièces, et permettre la création monétaire par plusieurs entités. L'une de ces entités serait l'Etat, mais la possibilité de monnaies privées doit être garantie. A l'Etat de n'accepter que sa monnaie pour payement des impôts, et à l'Etat de payer ses fournisseurs et fonctionnaires qu'avec sa monnaie. Mais si d'autres agents économiques veulent créer leur monnaie, grand bien leur fasse. Du moment que les différents monnaies créées par différentes entités sont clairement identifiées (et c'est là que le système actuel est de la fausse-monnaie tolérée).

Ou alors, profiter de l'existence de l'€uro, et en faire une monnaie commune Européenne, en complément de monnaies nationales. L'existence de 2 monnaies sur un territoire, avec 2 organismes différents pour les créer (mais alors vraiment différents), avec possibilité en plus de monnaies privées (genre Visa ou MasterCard), on aurait un triumvirat de monnaies - nationale, continentale, mondiale - qui comblerait la séparation des pouvoirs si cher à Montesquieu.

jamais un changement d’architecture monétaire ne permettra en soi de régler le douloureux problème de la dette publique : il n’existe pas de trésor caché. N’en déplaise aux soi-disant économistes de la mouvance dite « altermondialiste », il faut qu’ils apprennent à faire des additions.

A qui s'adresse-t-il ? Si les altermondialistes disent, ce que je crois, que les dettes publiques ont déjà été remboursées plusieurs fois et que nous assistons à des crédits revolving pour les Etats (c.à.d. les Etats empruntent pour rembourser un emprunt préalable, avec des interets majorés à chaque fois), alors c'est ce Monsieur qui devrait apprendre à écouter... et ne pas assener ses préjugé idéologique.

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#1376 18-09-2010 08:15:50

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Zolko, vous mélangez tout.

Les monnaies privées vivent leur vie, mais un émetteur privé ne doit pas pouvoir les appeler "francs" (ou euros) et surtout elles n'ont pas de cours légal (ni pouvoir libératoire): personne ne parle de ces bons d'achats ou quasi monnaie dans ces débats.
Le problème est justement que les monnaies bancaires privées (les euros scripturaux) ont cours légal et que leur émission est laissée aux banquiers privés.

Dans le système Allais (Peyrelevade n'a pas bien compris), la Banque de France émet la nouvelle monnaie (qui n'est pas une monnaie dette qu'il faudra rembourser), la verse au Trésor Public et elle diffusera ainsi dans l'économie... les banques privées n'ont plus le droit d'émettre de la monnaie dette.

Pour la dette publique, Gomez ne parle pas des intérêts mais du capital de la dette : il veut dire par là qu'au-delà du remboursement induit de 3/4 de la dette lors du passage à un 100% monnaie, de nouvelles dettes ne pourraient être effacées (c'est un pistolet à 1 coup) ; on ne peut pas faire n'importe quoi ou ce qu'on veut au titre de l'émission monétaire.

Monnaie commune (ECU) et monnaie nationale (Franc) est évidemment le point de vue que je défends ; mais l'émission du franc pourrait tout à fait rentrer dans le cadre 100% monnaie... (l'ECU pour sa part ne devrait être que la somme des monnaies nationales et ne pas être issu d'émission propre)

Dernière modification par AJH (18-09-2010 08:16:43)


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#1377 18-09-2010 08:25:24

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Aujourd'hui, reçu cet appel du M'PEP

Appel pour sortir de l’euro, monnaie unique, et construire une monnaie commune.

Le M’PEP lance une grande campagne pour sortir de l’euro comme monnaie unique, et pour construire une monnaie commune.

Tous les adhérents du M’PEP  sont invités à prendre part à cette campagne, en signant cet appel.

Pour que nous enregistrions votre signature, il suffit d’envoyer un courriel  le plus vite possible à l’adresse m.quinet@wanadoo.fr afin de diffuser une première liste de signataires. Indiquez « je signe » et votre département.

Dans un prochain courriel, vous recevrez tous les éléments nécessaires à cette campagne. Dans un premier temps, vopus trouverez en pièce jointe :

-     Un tract sur la sortie de l’euro que vous pouvez distribuer autour de vous.

-     L’Appel à sortir de l’euro, monnaie unique, et à construire une monnaie commune que vous pouvez aussi commencer à faire connaitre dans votre entourage.

Bien fraternellement,

Le Bureau

Ce tract proprement dit

APPEL POUR SORTIR DE L’EURO, MONNAIE UNIQUE, ET CONSTRUIRE UNE MONNAIE COMMUNE

La lutte pour l’abandon de l’euro comme monnaie unique et son remplacement par une monnaie commune s’inscrit dans la continuité des combats pour le « non » au traité de Maastricht qui a institué l’euro, en 1992, et le « non » à la constitution européenne en 2005.

L’euro comme monnaie unique n’a pas tenu les promesses faites au moment de sa création. Mais cet échec était entièrement prévisible. Et même s’il n’y avait pas eu la crise, il aurait fallu sortir de la monnaie unique et bâtir une monnaie non pas unique mais commune. Pour nombre de raisons, l’actuelle zone euro n’est pas encore apte à partager une monnaie unique :

-    Une monnaie unique en l’absence d’accord politique sur les priorités économiques et sociales ne peut pas durer.
-    Pour partager une monnaie unique il faut des niveaux de développement homogènes entre les pays concernés.
-    La monnaie unique actuelle repose sur une conception ultralibérale de la politique monétaire qui retire les banques centrales du pouvoir politique (Banque centrale européenne « indépendante »). La monnaie doit faire partie intégrante de la politique économique des gouvernements, sinon elle est placée, comme c’est le cas avec l’euro, sous la tutelle des marchés financiers.
-    Le système de l’euro a donné aux banques privées tout le pouvoir de création monétaire. Les banques centrales doivent non seulement pouvoir acheter une partie de la dette des États, comme le fait la Réserve fédérale américaine (sans provoquer d’inflation), mais elles devraient être les seules autorisées à créer de la monnaie.
-    Une politique monétaire unique appliquée à des réalités nationales disparates provoque le chômage ou les bas salaires dans un cas et des bulles spéculatives dans d’autres. Ou les deux à la fois.
-    Les dirigeants allemands ont choisi une politique économique agressive conduisant à mettre tous les autres pays de la zone en déficit commercial, organisant ainsi la pression sur les salaires.
-    La surévaluation structurelle de l’euro par rapport au dollar pénalise l’emploi, encourage les délocalisations tout comme le saccage de l’environnement et provoque l’austérité permanente, tandis que les variations du taux de change attirent la spéculation.
-    Une monnaie commune permettra de coopérer avec les pays qui le souhaiteront et sera utilisée pour les transactions commerciales internationales. Chaque pays retrouvera sa monnaie nationale et sa banque centrale. Les monnaies nationales en Europe, non convertibles en devises étrangères et donc immunisées de toute spéculation, seront reliées par un taux de change fixe mais régulièrement ajusté, interdisant de ce fait la spéculation entre elles.
-    Une monnaie commune rassemblera les peuples tout en préservant leur indépendance nationale, car l’euro monnaie unique les divise comme le montre l’attitude de responsables politiques et de médias allemands vis-à-vis du peuple grec.

Aujourd’hui, le combat universaliste et internationaliste, le combat de la vraie gauche, passe par la lutte pour l’abandon de la monnaie unique et la mise en place d’une monnaie commune pour toute l’Europe, pas seulement entre les Seize ou les Vingt-Sept.

Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP), le 6 septembre 2010.

Je n'ai pas un mot à changer à ce tract....

Dernière modification par AJH (18-09-2010 08:27:00)


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#1378 18-09-2010 08:33:11

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@Zolko

Je rajoute que nous avions proposé (depuis au moins 3 ans) , avec Philippe Derudder", l'introduction d'une seconde monnaie sociétale (l'UMS) dont vous pouvez trouver les détail  http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=EMS   en   attendant le livre qui sort au printemps sous le titre " Une monnaie nationale complémentaire"


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#1379 18-09-2010 12:56:26

Zolko
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH a écrit:

Le problème est justement que les monnaies bancaires privées (les euros scripturaux) ont cours légal et que leur émission est laissée aux banquiers privés.

OK, je comprends.

MAIS:

la monnaie appartient à un pays, et à ses citoyens, et n'appartient pas au gouvernement. La monnaie appartient aussi aux personnes et activités privés. Si je comprends bien vos propos, vous souhaitez donner le pouvoir absolu sur la monnaie au gouvernement (et assimilés), qui pourrait être tenté d'abuser de ce pouvoir. C'est un pouvoir immense. Imaginez une catégorie de personnes opposées au gouvernement, celui-ci ne pourrait-il pas être tenté d'user de ce pouvoir pour étouffer, financièrement, cette catégorie ? Si je souhaite investir, en tant que individu, dans un entreprise qui fabrique des produits destinées aux personnes privées, mais que ce produit est néfaste à certains membres du gouvernement à titre privé, ces personnes seront tentés d'user de leur pouvoir pour m'empêcher de faire cet investissement en me refusant les crédits nécessaires (pensez: pétrole, nucléaire, éoliennes, solaire...)

Si on suit vos propos, en les mitigeant avec les miens, on pourrait donner le pouvoir de création monétaire à des organismes privés, mais avec une obligation de réserve de 50%. Ainsi, la moitié de la monnaie officielle, légale, serait créée par des organismes publics, l'autre moitié par des organismes privés. Séparation de pouvoirs !

Cela aurait en plus le mérite de na pas être facilement attaquable par les idéologues intégristes, et nécessiterait peu d'aménagements du système actuel, tout en enlevant une énorme partie des pouvoirs aux banques privés en remettant ce pouvoir dans les mains publiques.

Qu'en pensez-vous ?

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#1380 18-09-2010 13:40:45

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@Zolko

Voici, sur le même sujet, une réponse que j'ai faite ce matin sur le blog " écodémystificateur"
http://ecodemystificateur.blog.free.fr/ … 21#c146667
(je ne me place pas dans le cadre du 100% monnaie... car dans ce cas il faudrait supprimer " elle peut imposer , pour éviter un cumul avec la création monétaire bancaire privée, les mesures nécessaires (augmentation des réserves obligatoires par exemple)"

Tout à fait d'accord sur le risque d'abus de la monétisation directe.
C'est la raison pour laquelle je propose depuis longtemps que:

1 - la monétisation directe soit réservée aux investissements d'utilité publique ( question résultante concernant certains pans de la recherche et de l'éducation notamment: sont ce des investissements? : donc "investissements matériels ou immatériels")

2 - les régions, le gouvernement et le Parlement puissent proposer les investissements nécessaires par cette méthode.

3 - une "cour des comptes" (spécifique) valide - ou non - la demande en tenant compte de la quantité de monnaie en circulation: elle peut imposer , pour éviter un cumul avec la création monétaire bancaire privée, les mesures nécessaires (augmentation des réserves obligatoires par exemple)

4 - La BdF obéis et verse le montant correspondant au Trésor Public...

C'est juste une proposition...

Le 50% de réserves obligatoires ne me satisfait pas, les banques trouveront plein d'astuces pour faire ce qu'elles veulent... mais il faut que vous compreniez que laisser à la "puissance publique" la capacité de créer la nouvelle monnaie (ce n'est que probablement 10%  annuel de la masse monétaire existante dans le contexte actuel *) n'a rien à voir sur les capacités d'un emprunteur qui doit trouver auprès de l'épargne existante la capacité de financer ses projets.

* Explications: actuellement les banques créent environ 5% de masse monétaire nouvelle en plus de (probablement) 5% de la masse monétaire qui disparait actuellement chaque année lors du remboursement des crédits.
Mais ce qu'on compte actuellement comme monnaie, c'est pour la moitié "de l'épargne" qui est de l'épargne jusqu'à 2 ans (et non de la monnaie dans l'idée "100% monnaie")..
C'est très difficile de savoir comment procéder sans connaitre les échéances des crédits en cours.
Néanmoins il importe de comprendre que - dans ce système  100% monnaie - même si la puissance publique crée toute la monnaie nouvelle (elle régule ainsi la masse monétaire totale), cette monnaie sera en partie "inutilisée" en tant que monnaie, mais transférée en épargne  (et donc mise à disposition du privé, que ce soit pour 1 jour ou pour 10 ans) , épargne, sur laquelle  l'Etat n'a plus rien à voir...
info: La masse monétaire en France est d'environ 2000 Md€ dont probablement 800 Md€ sont de la monnaie sur comptes à vue (M1) et espèces... (pas le courage de vérifier les chiffres)


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#1381 18-09-2010 14:48:38

Zolko
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH a écrit:

Le 50% de réserves obligatoires ne me satisfait pas, les banques trouveront plein d'astuces pour faire ce qu'elles veulent...

Et moi, ce sont des "arguments" de ce type qui ne me convainquent pas ("il faut pas faire ça car ils vont trouver une parade"). Dites-moi ce que les banques pourraient faire et je serais peut-être convaincu. On m'a donné une réponse identique sur un autre forum concernant la taxe Tobin. C'est l'argument de ceux qui n'ont pas d'argument. Une sorte d'aveux, quoi.

Ceci-dit, je ne suis pas un intégriste du 50%, et si on me convainc que 80% serait mieux, pourquoi-pas. Mais je viens d'un pays (la Hongrie) qui a connu la vraie dictature gouvernementale, et je suis très méfiant envers le tout-étatique.

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#1382 18-09-2010 15:55:37

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Voici ce que répond Christian Gomez ( http://osonsallais.files.wordpress.com/ … ez-100.pdf )

*    Contraints par la masse de l’épargne courante, les crédits seraient plus difficiles à obtenir dans un système de « 100% money » par rapport à ce qu’il en est dans le système actuel

Argument également « classique », celui de l’insuffisance de l’épargne. Il n’est pas recevable pour plusieurs raisons, théoriques et pratiques : (1) dire que la création peut compléter l’épargne est un non-sens économique pour les raisons évoquées plus haut, (2) il y a une confusion permanente entre la masse de crédits accumulés qui vont continuer à « tourner » (remboursement-renouvellement) et qui sont, dans la transition (qui peut durer), complètement refinancés par le prêt de la BC23, et les nouveaux crédits qui n’en représentent qu’une petite frange. Ce sont ceux-là qui devront être financés par l’épargne courante et cela se fera sans problème.


*    Politique monétaire : Beaucoup d’erreurs ont été commises, mais est-il vraiment impossible de trouver un autre système que celui du « 100% Money » qui, lui, suppose la mise en place d’une règle stricte de contrôle de la masse monétaire ?

Le système bancaire à couverture fractionnaire est totalement impossible à contrôler par la politique monétaire comme l’a montré toute l’expérience historique : (1) avant-guerre : Crises de 1929 et 1937 ; (2) Après-guerre : arbitrage impossible entre inflation et chômage ; (3) dernières décennies : crises et « bulles » à répétition. Concernant les politiques monétaires « actives », il faut reconnaître l’impuissance générale à s’abstraire de « l’air du temps » et à anticiper correctement.

*    Politique réglementaire : Après les systèmes « Bâle 1 » et « Bâle 2 », il devrait être possible de rendre ces systèmes plus sûrs en renforçant les exigences de capital, en limitant le coefficient de levier (rapport total actif/capital), en créant de super-instances de supervision et de contrôle…

Aucun système réglementaire ne peut remplir son rôle car (1) l’impuissance de la politique monétaire lui enlève toute crédibilité puisque c’est elle qui pourrait combattre le risque systémique en contrôlant les déséquilibres économiques, (2) ces systèmes sont par nature réactifs et rétrospectifs et, les acteurs contrôlés jouant avec leurs règles , ils ne peuvent jamais anticiper les désordres à venir ; (3) ils ont toujours des effets non prévus qui sont toujours pervers ; (4) Pour tenter de pallier leur impuissance, ils ont tendance à proliférer et à devenir de plus en plus coûteux. …Dans un système de « 100% Money », tous ces systèmes seraient pratiquement inutiles.

N'oubliez pas que ceux qui ont proposé une réforme et en particulier le 100% monnaie sont des vrais libéraux* et non pas des transfuges des pays l'ex URSS wink

* David Ricardo, les économistes de la Currency Scool, Léon Walras, Ludwig Von Mises et tous ses successeurs, notamment Murray Rothbard, Friedrich Vo n Hayek (Prix Nobel 1974) , les économistes de Chicago, en premier lieu Henry Simons, Frank Knight et Jacob Viner, Irving Fisher, Fritz Machlup, Jacob Marshak, George Stiegler (Prix Nobel 1982), Milton Friedman (prix Nobel 1976), James Tobin (Prix Nobel 1981), sous la forme du « narrow banking », Maurice Allais ( Prix Nobel 1988), Hyman Minsky…
et Christian Gomez évidemment...

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#1383 18-09-2010 16:06:02

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Je voudrais rajouter qu'à mon sens 50% ou 80% de réserves obligatoires ne servent à rien. Il vaut mieux que la collectivité (la BdF) mette à disposition des banques de prêts des "quantités supplémentaires de monnaie disponible pour des projets ciblés" ... mais là on rentre vraiment dans le détail.
Si un entrepreneur a un bon projet, il trouvera de l'argent dans le système 100% , comme maintenant...


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#1384 18-09-2010 16:40:12

Zolko
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH a écrit:

Si un entrepreneur a un bon projet, il trouvera de l'argent dans le système 100% , comme maintenant...

C'est amusant, en fait. Ce que vous pensez être un argument en votre faveur est, selon moi, un argument massue contre le 100%: qui décide ce qu'est un "bon" projet ? C'est exactement mon propos: on ne peut pas savoir, à priori, ce qui est un bon projet. L'enfer est pavé de bonnes intentions et tutti quanti. Il faut laisser aux individus des marges de manœuvre, y compris pour tenter des "mauvais" projets... du moment que ça ne met pas en danger l'ensemble de la société, et c'est là que réside, selon moi, la question: quelle quantité de "mauvais" projets une (notre) société est-elle capable d'absorber ? Une application qui fait "prout" sur une téléphone portable rentre-t-elle dans la catégorie des bons projets ?

Mais ce qui me surprend le plus, c'est que vous voulez passer de 8% de réserves à 100%, et vous ne contemplez pas la possibilité de nombres intermédiaires. Si un système à réserve fractionnaire à 8% est mauvais, car il donne trop peu de pouvoirs sur la monnaie aux organismes publics, PAF !, vous basculez de l'autre côté et vous voulez donner TOUT le pouvoir monétaire à celui qui n'en a pas assez aujourd'hui. Bâle III est ridicule car il ne change pas fondamentalement la donne, mais passer de 8% de couverture à 50% ou 80% redonnerait une pouvoir immense aux organismes publics. Et aurait, en plus, l'intérêt d'être protégé des idéologues intégristes, qui tomberont à bras raccourcis sur le 100%, y compris avec des faux arguments.

Ce que je veux dire, c'est que je pense que, en outre de ne pas être un bonne idée, le 100% n'a aucune chance car trop vulnérable aux manipulations d'opinion, alors que le 50% (ou 75 ou 80 ou 90) ne peut pas être écarté aussi facilement puisqu'il n'est qu'un changement quantitatif par rapport à la situation d'aujourd'hui. Qu'un banquier essaye de convaincre pourquoi 8% est "bien" mais 50% est "mauvais" !

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#1385 18-09-2010 16:43:22

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Ah, je comprends ...
Non Zolko, le 100% monnaie n'est PAS un système ou les réserves seraient de 100%
Il n'y a pas de "réserves obligatoires" dans le 100% monnaie puisque TOUTE la monnaie est monnaie centrale.

Qui plus est rien à voir entre les obligations Bâle (8% de fonds propres) et les réserves obligatoires (2% actuellement)

Dernière modification par AJH (18-09-2010 16:44:40)


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#1386 18-09-2010 16:49:04

Zolko
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

si toute monnaie est monnaie centrale, comment on fait pour emprunter ? Je pensais à des banques Rothbardiennes, à réserve 100%, et où la banque doit demander au déposant si elle peut prêter l'argent déposé.

Votre 100% est différent ?



J'explique ma position:

- avec des réserves obligatoires de 50%, les organismes privés peuvent créer autant de monnaie que les organismes publics, pas plus. Ils ne peuvent donc pas mettre en danger le système économique entier, mais ils peuvent financer des grands projets qui déplaisent à l'État.

- les états peuvent se financer auprès de organismes publics (avec ou sans intérêts, dépendant des organismes)

C'est simple, c'est clair, c'est beau, c'est Iop.

Dernière modification par Zolko (18-09-2010 16:58:56)

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#1387 18-09-2010 17:36:44

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Zolko a écrit:

si toute monnaie est monnaie centrale, comment on fait pour emprunter ?

Vous n'avez pas bien lu ce que j'expliquais dans mes messages précédents.
Mais bon, aussi, je me suis également mal expliqué sur la dernière intervention... j'aurais du écrire " Il n'y a pas de "réserves obligatoires" dans le 100% monnaie puisque TOUTE la monnaie , y compris scripturale, ayant été émise par la banque centrale est une "vraie" monnaie centrale et non pas une monnaie bancaire privée. Ce sont des "comptables" (banques de dépôt) qui sont chargés de procéder aux échanges entre agents économiques et au remplissage ou vidange des banques de prêts, suivant la demande du propriétaire de la monnaie"

Imaginez que toute la monnaie soit des pièces ou des billets et que les banques de dépôts ne soient que des coffres forts...

Je pensais à des banques Rothbardiennes, à réserve 100%, et où la banque doit demander au déposant si elle peut prêter l'argent déposé.

Il y a un peu de cela, mais lorsque la monnaie est prêtée (même pour 1 jour), ce n'est plus de la monnaie mais de l'épargne: de plus, les banques de dépôt n'ont pas le droit de prêter cette monnaie elles mêmes: elles doivent la transférer sur un compte d'une banque de prêt.


J'explique ma position:

- avec des réserves obligatoires de 50%, les organismes privés peuvent créer autant de monnaie que les organismes publics, pas plus.

Là vous avez tout faux... un taux de R.O. à 50% n'a rien à voir avec le rapport de quantité de monnaie que pourraient créer l'un ou l'autre.

Mais les banques de prêt, dans le système 100% monnaie, peuvent tout à fait financer des grands projets qui déplaisent à l'Etat !!!: elles feront appel à l'épargne ou, pour des banques d'investissement, à leurs fonds propres en plus...

Dans votre proposition il ne peut y avoir aucun contrôle de la quantité de monnaie, si ce n'est a posteriori . on se rapproche d'ailleurs de la proposition que je fais actuellement (et qui n'a rien à voir avec le 100% monnaie), bien que tout à fait insatisfaisante (mais le 100% est trop "révolutionnaire"), à savoir que la BdF crée de la monnaie pour l'Etat et que pour contrôler et éviter que les banques ne créent trop de monnaie supplémentaire, la réglementation joue sur les R.O.
Mais c'est insatisfaisant car on ne peut faire varier trop souvent ou trop brutalement les R.O.... et donc in fine, on n'a pas de contrôle sur la masse monétaire (contrôle nécessaire pour une Nation)


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#1388 18-09-2010 17:41:36

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

” L’essence du plan 100% Money est de rendre la monnaie indépendante des prêts, c’est à dire de séparer le processus de création et de destruction de monnaie du processus de prêt aux affaires” écrit Irvng Fisher en introduction de 100% Money

http://www.100money.fr/


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#1389 18-09-2010 18:34:13

Zolko
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH a écrit:

- avec des réserves obligatoires de 50%, les organismes privés peuvent créer autant de monnaie que les organismes publics, pas plus.

Là vous avez tout faux... un taux de R.O. à 50% n'a rien à voir avec le rapport de quantité de monnaie que pourraient créer l'un ou l'autre.

AJH a écrit:

pour contrôler et éviter que les banques ne créent trop de monnaie supplémentaire, la réglementation joue sur les R.O.

Peut-être que je n'ai pas bien compris la notion de réserve obligatoire. Je me base sur le document de la FED (que vous connaissez sûrement). Mais vous avez l'air de vous emmêler les pinceaux aussi.

Ce que j'en ai compris est qu'une banque doit avoir X% de ses encours (*) dans ses coffres, c.à.d. que si il y a 1 millions de dépôts, elle doit avoir X% de 1 millions dans ses coffres (réserve). Ainsi, si quelqu'un dépose 1 million de plus, la banque peut prêter X% de 1 million à ses clients en plus, par création ex-nihilo, qui peuvent être re-déposés.... et au final, la quantité d'argent créée est l'inverse du ratio de réserve. Plus le ratio est élevé, moins les banques peuvent créer de monnaie scripturale.

AJH a écrit:

Je pensais à des banques Rothbardiennes, à réserve 100%, et où la banque doit demander au déposant si elle peut prêter l'argent déposé.

dans le 100% monnaie (...) Imaginez que toute la monnaie soit des pièces ou des billets et que les banques de dépôts ne soient que des coffres forts...

c'est effectivement des banques de type Rothbardiennes.

Mais les banques de prêt, dans le système 100% monnaie, peuvent tout à fait financer des grands projets qui déplaisent à l'Etat !!!: elles feront appel à l'épargne ou, pour des banques d'investissement, à leurs fonds propres en plus...

C'est bien ce que je pensais: la plupart des individus déposeront leur argent dans des comptes liquides, qui ne peut donc pas être prêté (puisque réclamable à tout moment), et donc la quantité d'argent déposée pour être investie sera faible par rapport à la quantité d'argent totale en circulation, donc les projets ainsi finançables seront petits et peu nombreux. L'État contrôlera de fait la plupart des grands investissements réalisés. Areva, Total, Dassault, Bouygues, Siemens, Renault, EADS... peuvent dormir sur leur 2 oreilles avec ça.



(*) c'est peut-être pas le bon terme

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#1390 18-09-2010 20:18:16

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@Zolko
Désolé, vous ne savez pas ce qu'est une réserve obligatoire... là vous me parlez de fonds propres je crois.

Les réserves obligatoires sont les montants de monnaie centrale porté en compte d'une banque X à la banque centrale.
Pour financer ces réserves obligatoires (2% de l'encours des dépôts actuellement) la banque X se contente de déposer des obligations de notations AAA à la banque centrale ou de la monnaie centrale (fiduciaire) si elle en a.

Si un client dépose 1 million en billets en banque X, la banque X ne va pas les garder mais va les rendre à la banque centrale qui créditera donc son compte de 1 million scriptural en monnaie centrale.
Avec ce million la banque commerciale pourra créer 50 millions de crédits nouveaux (mais encore faut il qu'il y ait la demande et le problème des "fuites" c'est à dire de sa part de marché aux autres banques)... mais ces 50 millions ne sont pas de la monnaie centrale et ne peuvent être considérés comme générant d'autres crédits.

Actuellement M1 scriptural ( http://monnaie.wikispaces.com/Agr%C3%A9gats ) soit 3700 Md€ sur un total M3 de 9400 ne sont pas non plus "prêtables" .... ce serait probablement identique dans le 100% monnaie.
Rien ne vous permet d'affirmer " la plupart des individus déposeront leur argent dans des comptes liquides," .. ca dépends d'un tas de paramètres (inflation, taux d'intérêts, etc)

Vous voulez aller trop vite sans avoir compris réellement comment fonctionne le système actuel... je vous engage à lire par exemple http://monnaie.wikispaces.com/Cr%C3%A9a … C3%A9taire , http://monnaie.wikispaces.com/Site+de+J-P+Simonnet , http://monnaie.wikispaces.com/Henry+Tulkens

La FED, dans le document que vous citez, n'a pas écrit que les réserves étaient dans la banque...

Vous essayez de critiquer le 100% monnaie sans non plus avoir compris ses avantages .. exemple donné par C.Gomez

Tous calculs faits (tableau ci-dessous), les gains résultant de la réforme monétaire pour la zone Euro se solderaient en régime de croisière, tous les ajustements réalisés par: (1) un effacement au 2/3 de la dette publique (sur la base des chiffres 2007), (2) des ressources budgétaires supplémentaires de l’ordre de € 400 mds soit environ 4.5 % du PIB de la zone euro

Dernière modification par AJH (18-09-2010 20:20:12)


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#1391 18-09-2010 22:39:12

Zolko
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH a écrit:

Désolé, vous ne savez pas ce qu'est une réserve obligatoire... là vous me parlez de fonds propres je crois.(...) ces réserves obligatoires (2% de l'encours des dépôts actuellement) (...) Avec ce million la banque commerciale pourra créer 50 millions de crédits nouveaux

Non, je parlais bien des réserves obligatoires. J'avais juste confondu le ratio avec celui des fonds propres (2% et 8%). Je dis la même chose que vous:

Zolko a écrit:

au final, la quantité d'argent créée est l'inverse du ratio de réserve.

en effet 50= 1/0.02

La FED, dans le document que vous citez, n'a pas écrit que les réserves étaient dans la banque...

C'est juste.

Vous essayez de critiquer le 100% monnaie sans non plus avoir compris ses avantages .. exemple donné par C.Gomez

Tous calculs faits (tableau ci-dessous), les gains résultant de la réforme monétaire pour la zone Euro se solderaient en régime de croisière, tous les ajustements réalisés par: (1) un effacement au 2/3 de la dette publique (sur la base des chiffres 2007), (2) des ressources budgétaires supplémentaires de l’ordre de € 400 mds soit environ 4.5 % du PIB de la zone euro

Je ne critique pas les avantages du 100% monnaie, dont je ne doute pas, mais ses dangers. Dangers que vous n'expliquez pas :

AJH a écrit:

Rien ne vous permet d'affirmer " la plupart des individus déposeront leur argent dans des comptes liquides,"

Ben si. La plupart des gens ne sont pas assez riches pour déposer de l'argent dans des comptes bloqués. La plupart des gens vivent en bouclant les fins de mois difficilement, et le peu d'épargne qu'ils ont ils les placent dans des Livret-A ou et autre comptes rémunérés liquides. Mais c'est possible de vérifier: quelle est la situation aujourd'hui ? Quel est le ratio argent déposé dans des comptes liquides / argent déposé dans des comptes bloqués ? Si on pousse le bouchon, ce sont seulement ceux qui ont de l'argent en trop qui peuvent se permettre de déposer de l'argent dans des comptes "à investir", rémunérés, ce qui leur permettra de gagner encore plus d'argent sans rien faire. Franchement, je trouve ça bizarre.

100%money a écrit:

La réforme est dans le fond extrêmement simple : les banques devraient avoir l’obligation de garder en réserves l’intégralité des fonds déposés chez elles sur des comptes courant et devraient seulement avoir le droit de prêter l’argent déposé sur compte épargne.

Concernant la création monétaire, l'école autrichienne dit :

Sur les moyens de limiter la création monétaire, les économistes de la tradition autrichienne se divisent en deux camps. Outre les taux de change flottants, les uns recommandent le régime de l’étalon-or et la limitation des crédits consentis par les banques au montant de leurs actifs. Les autres recommandent le système de la banque libre, considérant que des banques libres de leurs décisions mais supportant pleinement les conséquences de leurs actions, concurrentes entre elles pour l’émission et le maintien en circulation de signes monétaires et sans possibilité de recours à une banque centrale, seraient obligées par leurs clients et par la concurrence de maintenir un taux de réserve relativement élevé qui les garantirait contre le risque .

Pour Menger, il ne s'agit pas d'exclure l'État mais de mieux cerner son rôle et ses fonctions. Campagnolo[12] rappelle l'influence qu'il eut sur les économistes de la Ringstrasse et que lui-même et ses premiers disciples comptèrent parmi les économistes-bureaucrates de l'Autriche de la "Joyeuse Apocalypse". L'école autrichienne ne deviendra très critique envers l'État qu'à compter des années vingt et de l'opposition de Ludwig von Mises et de Friedrich von Hayek aux planificateurs socialistes.

Dernière modification par Zolko (18-09-2010 22:42:00)

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#1392 18-09-2010 22:51:40

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Pour la situation aujourd'hui (ratio), je vous laisse regarder la page déjà citée
http://monnaie.wikispaces.com/Agr%C3%A9gats

Les banques de prêts devront gérer des "placements" (des épargnes) de 1 journée (renouvelables) à 50 ans (des investisseurs, les assureurs par exemple,  achètent des OAT de cette maturité ... ce sera pareil).
Je ne vois pas d'énorme différence avec le système actuel en ce qui concerne l'épargne.

Bon, c'est bien d'avoir pu préciser nos positions.. mais je vais me coucher  wink

Dernière modification par AJH (18-09-2010 22:53:41)


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#1393 18-09-2010 23:27:35

Zolko
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH a écrit:

Pour la situation aujourd'hui (ratio), je vous laisse regarder la page déjà citée : http://monnaie.wikispaces.com/Agr%C3%A9gats

Merci. Selon votre source, la somme de l'argent liquide, des dépôts à vue et des dépôts de moins de 3 mois représentent plus de 6 000 Mrds, soit environ 2/3 de tout l'argent en circulation. On a bien "la plupart des individus déposeront leur argent dans des comptes liquides"

AJH a écrit:

Je ne vois pas d'énorme différence avec le système actuel en ce qui concerne l'épargne.

oui, certes, mais c'est justement le (un des) problème(s), non ? Le système actuel favorise les rentiers au détriment des travailleurs, et 100% money ne changerait pas ça.

Bonne nuit alors.

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#1394 19-09-2010 07:12:36

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Mais Zolko, il n'est pas question de supprimer les livrets A et l'épargne populaire ... pourquoi pensez-vous cela ?

Changer le système actuel qui favorise les rentiers par une émission monétaire bancaire n'est pas non plus efficace, au contraire...
Ce n'est pas ainsi qu'il faut faire: c'est en imposant les revenus du capital qu'il faut procéder!


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#1395 19-09-2010 11:18:14

Zolko
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH a écrit:

Mais Zolko, il n'est pas question de supprimer les livrets A et l'épargne populaire ... pourquoi pensez-vous cela ?

Je n'ai pas dit (ni pensé) ça. Mais ce sont des épargnes liquides, dans le sens qu'on peut retirer ses sous à tout moment (ou avec peu de préavis). Ce qui ne permet pas de financer des projets longs. Si le financement à un temps plus court que l'investissement, on se retrouve avec des sortes de crédit revolving, où il faut re-faire un financement pour rembourser le financement précédent alors que l'investissement n'a pas (encore) retourné de profit. Pour financer des projets longs, il faut des sources de financements longs, le contraire de liquide.

Changer le système actuel qui favorise les rentiers par une émission monétaire bancaire n'est pas non plus efficace

le changement que je propose est de réduire justement l'émission monétaire bancaire, en portant la réserve obligatoire de 2% à 50%, réduisant d'autant l'argent scripturale émissible. de x50 à x2.

Ce n'est pas ainsi qu'il faut faire: c'est en imposant les revenus du capital qu'il faut procéder!

Je suis un grand partisan d'une taxe Tobin, soit sur toute transaction financière soit sur les transactions inter-monétaires seulement.

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#1396 19-09-2010 11:24:10

Zolko
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH a écrit:

Si un entrepreneur a un bon projet, il trouvera de l'argent dans le système 100% , comme maintenant...

100%money a écrit:

La réforme est dans le fond extrêmement simple : les banques devraient avoir l’obligation de garder en réserves l’intégralité des fonds déposés chez elles sur des comptes courant et devraient seulement avoir le droit de prêter l’argent déposé sur compte épargne.

en y repensant, j'ai été pris d'un doute terrible: selon le 100% money, ce sont ceux qui ont de l'argent en trop qui financeront les investissements (avec leur épargne), donc non-seulement les pauvres devront payer pour les services bancaires alors que les riches auront des revenus bancaires, mais en plus, les riches pourront décider quels investissements seront financés, en plaçant leur épargne dans les fonds appropriés. Ils contrôleront toute l'économie privée !

C'est horrible comme système ! Ça m'étonne pas que l'idée vienne d'une américain, tiens. C'est un système aristocratique officiel mais déguisé.

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#1397 19-09-2010 11:47:06

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bon, je vais arrêter là ... vous oubliez simplement les 90 ou 100 G€ qui seraient injectés (en France) chaque année, gratuitement, dans l'économie et la suppression d'une grande partie de la dette publique.
Dans le 100% monnaie rien n'empêche le "petit" épargnant (le pauvre avec son livret A sad ) de déposer et retirer son argent quand il veut... vous faites un faux procès, là.
Les banques de prêts ne pourront pas financer de crédits long avec des épargnes courtes, c'est simplement cela... mais il y a aussi des épargnes longues (j'en ai parlé à propos des assureurs ou fonds de pension)
Vous oubliez aussi qu'actuellement, même les pauvres, payent les services de leur banque et les services de leur carte bancaire (bon le commerçant paye aussi, mais n'ayez pas de doute qu'il transfère cette charge sur le client: partout, c'est toujours le consommateur qui paye au final)

Mais vous avez raison, laissons aux banques privées le droit de créer la monnaie; ca fonctionne d'ailleurs très bien wink... moi j'ai 68 ans, je ne m'en plains pas,  je ne vais pas me battre non plus avec tout le monde: vous aurez aussi ce que vous (les plus jeunes) voulez.


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#1398 19-09-2010 14:04:06

Zolko
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH a écrit:

vous oubliez simplement les 90 ou 100 G€ qui seraient injectés (en France) chaque année, gratuitement, dans l'économie et la suppression d'une grande partie de la dette publique.

Ah, je crois que j'ai compris: vous confondez "création monétaire privée" et "financement de la dette publique". Vous pensez que si les banques ont le droit de créer de la monnaie, l'Etat est forcément obligé de se financer avec. Si c'est cela, je suis d'accord avec vous:

Zolko a écrit:

- les états peuvent se financer auprès de organismes publics (avec ou sans intérêts, dépendant des organismes)

Mais ce sont 2 choses complétement différentes. D'ailleurs, avant 1973, les banques privées françaises avaient déjà le droit de créer de la monnaie scripturale grâce aux réserves fractionnaires, et en même temps l'Etat français pouvait financer sa dette auprès de la BdF (ou Trésor Public, je ne sais pas).

Wikipedia a écrit:

Bonaparte puis Napoléon refondent entièrement le système monétaire français (...) Les banques privées n’ont désormais plus le pouvoir d’émettre des billets, mais en contrepartie, elles ont conservé et étendu celui d’émettre de la monnaie de crédit.

Je suis surpris que vous fassiez une erreur de débutant pareille.

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#1399 19-09-2010 17:50:52

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

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#1400 19-09-2010 18:04:14

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@Zolko
Comme je vous l'ai dit j'arrête la discussion et l'argumentation (surtout compte tenu de mes "erreurs de débutant" smile ), mais posez vous la question de savoir avec quelle monnaie (quelle est son origine ?) il est possible de se procurer de la monnaie fiduciaire (pour les agents non financiers)

Dernière modification par AJH (19-09-2010 18:04:49)


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