Forum du plan C : pour une Constitution écrite par et pour les Citoyens

Ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.
Les membres de l'Assemblée constituante doivent être tirés au sort
et, bien sûr, inéligibles aux fonctions qu'ils instituent eux-mêmes.

Vous n'êtes pas identifié.

Bienvenue :o)

Bonjour :o)
Ici, depuis le 1er janvier 2006, nous parlons d'un sujet que les politiciens de métier voudraient bien garder pour eux : nous parlons de la Constitution, de ce texte absolument fondamental pour tous les citoyens (et pourtant complètement négligé par eux), de ce texte qui pourrait nous protéger tous contre les abus de pouvoir si nous le faisions nôtre au lieu d'en abandonner la maîtrise à ceux-là mêmes qu'il est censé contrôler.
Nous discutons principe par principe, méthodiquement. Nous avons d'abord suivi le plan de mon document "Les grands principes d'une bonne Constitution", mais nous avons ensuite élargi nos thèmes à partir de vos réflexions, critiques et suggestions. C'est simplement passionnant. Ce que nous avons mis au clair sur la monnaie, sur le vote blanc, sur les vertus méconnues du tirage au sort et sur le référendum d’initiative populaire, par exemple, est enthousiasmant.
Le prolongement de cette réflexion constituante, c’est d’écrire enfin nous-mêmes un exemple de constitution, article par article. C’est ce qui se passe sur la partie wiki-constitution de ce site. Je vous invite à venir y participer également, ne serait-ce que sur un article ou deux. Vous verrez, c’est passionnant ; on sent vite qu’on est là sur l’essentiel, sur la seule vraie cause (et aussi la solution !) de nos impuissances politiques.
C’est un projet pédagogique en quelque sorte, un objet concret, réel, qui montre que 1) c'est possible : des hommes dont ce n'est pas le métier peuvent écrire une Constitution, et 2) c'est beaucoup mieux : quand ils n'écrivent pas des règles pour eux-mêmes, quand ils n'ont pas un intérêt personnel à l'impuissance des citoyens, les délégués constituants écrivent les règles d'une authentique démocratie. Merci à tous pour ce travail formidable.
Amitiés. Étienne.
[19 août 2012 : ATTENTION : pour cause de spam ultra-actif mi 2012, je FERME la possibilité aux nouveaux venus de créer un compte sans moi : il faut m'écrire à etienne.chouard@free.fr (EN ME DONNANT LE PSEUDO QUE VOUS VOULEZ) et je créerai votre compte à votre place. Il faudra ensuite venir ici pour définir un nouveau mot de passe. Désolé, mais les spammeurs deviennent infects et je n'ai pas le temps de gérer les spams (je préfère vous aider un à un à nous rejoindre). Au plaisir de vous lire. ÉC]

#281 02-09-2008 19:18:51

AJH
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Message n°4757
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Rocard a du lire notre livre smile

Si l'un de vous peut trouver son discours ou son intervention "dans le texte", je suis preneur ...


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
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#282 02-09-2008 19:50:09

Sandy
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Message n°4758
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Ce qui me dérange c'est le manque de confrontation des idées ... Certes les idées se propagent mais c'est toujours le calme plat du côté des néo-libéraux et de ceux qui ont mis en place ce système ...
Qu'en est-il advenu de vos conversations avec Mr Giscard d'Estain ?

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#283 02-09-2008 20:10:21

AJH
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Message n°4759
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@Sandy
VGE: Hélas, pas de suite .. il doit toujour être en vacances smile
http://vge-europe.eu/index.php?post/200 … nse-de-VGE


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#284 02-09-2008 23:51:07

TL
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Il n’a pas, cependant, précisé si elle a les moyens d’émettre du crédit public, à bas taux d’intérêt afin de rendre ces investissements intéressants, ou si elle est obligée d’emprunter sur les marchés aux taux élevés pratiqués par ceux-ci, cas dans lequel ces investissements ne pourraient pas représenter une sortie à la crise actuelle.

SI !!! Le tout est d'avoir des fonds, peu en importe l'intérêt. Laissons la dette gonfler exponentiellement, la banque centrale sera obligée de la rembourser un jour, après avoir pris conscience de son extrême sadisme passé.



Michel Rocard est l'un des seuls hommes politiques pour qui je conserve une véritable admiration, et je suis heureux qu'il s'ouvre à ces idées. Puisse la classe politique suivre son exemple. Néanmoins le problème est à mon avis moins l'indépendance de la banque centrale que l'aberrant, masochiste et mal nommé "pacte de stablité et de croissance", concept qui cantonne les dépenses publiques, possiblité d'emprunt préférentiel ou non.

Dernière modification par TL (02-09-2008 23:55:03)

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#285 03-09-2008 11:26:58

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

TL a écrit:

SI !!! Le tout est d'avoir des fonds, peu en importe l'intérêt. Laissons la dette gonfler exponentiellement, la banque centrale sera obligée de la rembourser un jour, après avoir pris conscience de son extrême sadisme passé.

Mais, la Banque Centrale c'est "nous" (la collectivité)
Qui plus est ce n'est pas elle qui prête l'argent nécessaire pour couvrir les déficits (sensiblements équivalents aux intérêts payés), mais au contraire, les épargnants et les banques commerciales.
Ce que nous défendons c'est justement de redonner aux Banques Centrales le droit (et le devoir) d'émettre de la monnaie directement à destination des divrses collectivités

TL a écrit:

Michel Rocard est l'un des seuls hommes politiques pour qui je conserve une véritable admiration, et je suis heureux qu'il s'ouvre à ces idées. Puisse la classe politique suivre son exemple. Néanmoins le problème est à mon avis moins l'indépendance de la banque centrale que l'aberrant, masochiste et mal nommé "pacte de stablité et de croissance", concept qui cantonne les dépenses publiques, possiblité d'emprunt préférentiel ou non.

Assez d'accord, mais il faut néanmoins certaines limites dans la mesure où nous avons une monnaie commune avec des économies différentes.
Je reste à penser que la meilleure proposition est celle que nous avons faite: ne pas inclure dans le pacte de stabilité les dépenses d'équipement et d'investissement.

Dernière modification par AJH (03-09-2008 11:27:38)


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#286 03-09-2008 16:48:11

sam17
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

La question que pose Solidarité et Progrès est très pertinente, mais la réponse est triviale : seul le réseau européen de Banques centrales, piloté par la BCE, peut émettre de la monnaie ; pas la BEI.
Ils auraient donc pu ajouter directement que M. Rocard se contenterait d'un crédit contracté auprès de personnes privées.

Par ailleurs, 400 milliards de prêts aux pouvoirs publics, au plan européen, ce qui doit faire du 80 milliards pour l'État français, c'est largement de quoi exploser les critères de Maastricht en termes de déficit public.
Quand bien même ça passerait en endettement à long terme, M. Rocard oublie-t-il (aussi) que les traités européens interdisent aux États membres les subventions aux entreprises tout comme le développement de services publics ?

En fait, il s'agirait donc d'accorder ce prêt aux pouvoirs publics européens... Pour en faire quoi ? Se faire mousser ?
L'UE se donnerait ainsi le droit de faire ce qu'elle interdit aux États, et arriverait comme ça, comme le messie...
Les gouvernements impuissants dans le cadre national se feraient le plaisir d'agir là où ils tirent les ficelles. Bref, ils feraient ce qu'ils n'ont pas cessé de faire déjà. Ces vendeurs de peuples, ces endetteurs, ces pousse à polluer, ces traîtres faiseurs de désespoir vont encore trouver l'occasion de jouer le même jeu européen, en relançant les rentrées d'argent des richissimes prêteurs et en "démontrant" que cette UE est bonne pour nous. Boeurk.

Dernière modification par sam17 (03-09-2008 16:51:08)

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#287 03-09-2008 19:19:36

NingúnOtro
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Tout à fait d'accord avec Sam. Boeurk!

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#288 04-09-2008 00:32:17

CM
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Message n°4766
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Messages: 7

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Désolée, je n'ai lu que les derniers messages, pas compris le rapport avec le sujet :
"Reprendre le pouvoir sur notre monnaie"
cela alors que pour ce qui me regarde, il nous faut et reprendre la banque et reprendre les médias
à commencer par les médias, c'est à dire par travailler de réfléchir des arguments qui fonctionnent dans la rue...
cela avant que l'on s'en retourne ou bien que l'on en revienne à l'art de la guerre comme de l'art de l'art des Beaux Arts.

La question de reprendre le pouvoir sur notre monnaie, n'est pas pour moi nationaliste, cette question concerne l'humanité aussi bien d'Europe, des USA, que d'Afrique,
l'argent est un moyen commode d'échange, inventé par les hommes, pour les hommes, c'est une valeur symbolique dont il leur appartient de se démerder:
l'argent c'est l'usage de notre temps, la valeur que dont donnons ou laissons donner de cet usage
voulons-nous vraiment en retourner ou en revenir à ce que l'art de la guerre soit à nouveau combler comme l'art de l'art des Beaux Arts de notre humanité ?

Cela n'est pas notre challenge, nous avons un autre dada, alors allons-y
pour commencer tenons nous tous debout derrière Denis Robert pour exiger la traçabilité de la monnaie
dès fois que l'on nous cache, plutôt que l'on sache, comme si nous devions l'ignorer, comment, pourquoi, pourqui,  est crée, échangé, dépensé l'argent de notre monde, en sorte que nous ne puissions en juger.

Pour sûre, je ne suis pas socialiste, les socialiste se disent "réalistes" comme les tenants du modem ou de l'UMP, autrement dit couchés à la valeur de l'argent donnée des ordres du marché,
je ne sais pas ce que je suis, je me fous de ce que les autres sont,
je voudrais seulement que puisque l'argent est une valeur d'échange, que le temps, notre temps est une valeur de l'argent,
l'humanité ait son mot à dire de l'usage que l'on peut faire de son temps, de notre temps, c'est à dire de la valeur de l'argent

pour mémoire: les tortionnaires de la Gestapo étaient rémunérés, cependant que des résistants ne l'étaient pas.

Dernière modification par CM (04-09-2008 00:35:49)

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#289 06-09-2008 10:50:37

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

« Les 7 plaies de l’économie »
Une passionnante synthèse de l’analyse originale et stimulante de Jean Bayard :
http://www.bayard-macroeconomie.com/les … onomie.htm

Je reproduis ici in extenso ce texte que je trouve riche en idées originales (comme d'habitude, les mises en forme sont de moi hmm et pour un texte sans forme, consultez l'original), pour que nous puissions en parler un peu, point par point.
Peut-être Jean nous rejoindra-t-il pour approfondir ensemble certains aspects importants ?

« Les 7 plaies de l’économie »

« Profitant depuis toujours d’une position dominante, qu’il s’est attaché à renforcer au cours des décennies, d’abord par la loi, puis par le bourrage de crâne sur l’inflation et par la diffusion d’informations tronquées, le pouvoir monétaire a bâti une véritable bastille, devenue quasi imprenable depuis qu’il a obtenu l’indépendance.

Enfin, en forme d’apothéose, sublime tour de force, il a réussi à faire signer le traité de Maastricht par la plupart des gouvernants d’Europe, disposant ainsi de tous les moyens de l’oppression par la monnaie : taux fixés arbitrairement pour l’inflation, pour le déficit budgétaire et pour l’endettement de l’État.

Les mots ne sont pas assez forts pour traduire le sentiment de révolte que tout être humain peut ressentir face à l’étendue des maux dont souffre notre société, maux dont les causes profondes résident dans les restrictions monétaires que nous imposent la toute-puissance monétaire et les groupes de pression qui lui sont associés pour leur seul profit.

Il est urgent de libérer les populations laborieuses de cette nouvelle forme d’esclavage économique.

Les 7 plaies de l’économie peuvent être énumérées comme suit :

1 – Le syndrome de l’inflation et la théorie quantitative de la monnaie

2 – La création et la circulation de la monnaie dans les banques

3 - L’épargne et les parkings monétaires en banque

4 – La théorie de l’égalité de l’épargne et de l’investissement

5 – Les réserves obligatoires et le refinancement des banques à la Banque Centrale

6 - La mondialisation des échanges

7 – La compétitivité et les gains de productivité

Les cinq premières plaies d’origine monétaire sont indubitablement dues à des systèmes mis au point et protégés par la puissance monétaire, tandis que les deux autres relèvent plutôt de pressions exercées par les groupes capitalistes sur la gouvernance économique, c'est-à-dire sur les dirigeants de la planète.

Enfin, des théories d’un autre âge complètement dépassées ajoutent à la confusion qui règne dans tous les domaines de l’économie. Elles servent d’écran protecteur aux puissances qui nous exploitent.




1 – Le syndrome de l’inflation et la théorie quantitative de la monnaie

C’est certainement la plaie la plus large et la plus profonde, car elle freine l’activité de production et paralyse tout véritable essor.

Pour bien comprendre les mécanismes économiques qui sont à l'origine de l'inflation, il faut commencer par savoir de quoi l'on parle. Aussi, convient-il de bien distinguer l'inflation monétaire - trop grande quantité de monnaie - et la hausse des prix, c'est-à-dire la cause et ses effets supposés, car si l'inflation monétaire peut avoir pour conséquence la hausse des prix, on est en droit de supposer que celle-ci n'a pas exclusivement pour origine l'inflation monétaire. Le terme d'inflation passé dans le langage commun entretient tout naturellement la confusion.

Et, le pouvoir monétaire se garde de la dissiper, bien au contraire.

En fait, la masse monétaire n’a aucune influence sur les prix dès lors que l’offre et la demande sont équilibrées. Ce qui est le cas dans nos pays industrialisés où la structure et l'outil de production sont généralement bien adaptés à la demande courante. Les systèmes modernes de perception des marchés (études de marché, enquêtes de comportement, etc..) n'y sont pas étrangers.

C’est la rareté d’un produit qui fait son prix.

Dans nos sociétés modernes, la véritable cause de la hausse des prix ne se trouve pas dans une prétendue inflation de monnaie, mais plus simplement dans l’attitude des entrepreneurs n’hésitant pas à modifier, qui les tarifs, qui les pancartes, qui les étiquettes pour faire leur profit et améliorer leur pouvoir d’achat. C’est trop simple pour que l’on puisse s’arrêter à pareille hypothèse, aussi lui préfère-t-on la théorie quantitative de la monnaie qui fait beaucoup plus sérieux ! Et puis, il n’existe pas de théorie de l’inflation des prix due à des comportements de surcroît difficiles à maîtriser.

La Banque Centrale sait très bien qu’elle perdra son autorité le jour où l’on pourra démontrer que la hausse des prix est sans rapport avec l’émission de signes monétaires. Il ne faut pas oublier qu'elle a fait inscrire la lutte contre l’inflation dans le marbre de ses statuts. C’est bien la raison pour laquelle, elle s’accroche à la théorie quantitative de la monnaie comme un coquillage à son rocher.

Les autorités monétaires sont non seulement responsables du blocage économique de nos sociétés, mais aussi d’avoir inoculé dans le corps économique tout entier une maladie que l’on peut appeler le syndrome de l’inflation, ceci à seule fin de se protéger. Toutes les occasions sont bonnes pour alerter l'opinion sur les risques d'inflation, au point d'en avoir fait l'instrument du bourrage de crâne.

En limitant l’émission monétaire, on limite la croissance et par voie de conséquence on empêche toute amélioration du pouvoir d’achat des masses laborieuses, celles qui ont la plus forte propension à consommer, c’est-à-dire à doper la croissance et l’investissement pour la produire, et par effet d’enchaînement à engendrer la spirale expansionniste.

Le syndrome de l’inflation est la première des maladies qu’il est urgent d’éradiquer, en même temps que de se débarrasser de la théorie quantitative de la monnaie, si l’on veut en finir avec le chômage et la misère humaine.

Dans cette lutte perpétuelle contre l’inflation, qui n’est qu’une lutte contre un spectre, nos dirigeants sous l’influence des autorités monétaires ont signé à Maastricht un traité interdisant aux Banques Centrales Nationales (BCN) d’avancer sous quelque forme que ce soit de l’argent à l’État. De quelle inflation s’agit-il ? Les déficits n’ont jamais été aussi élevés pour un taux d’inflation qui n’a jamais été relativement aussi faible. Comment expliquer pareille aberration de la part de nos élites, bernées par le pouvoir monétaire ?

Les Américains, et les Anglais itou, se sont bien gardés de pousser aussi loin la stupidité et l’aveuglement.

Pendant ce temps-là, les banques ont pris le relais et créent en partie la monnaie qui fait défaut à l’État ; en partie, bien sûr, puisque certains agents non bancaires et l’étranger souscrivent à l’émission de bons ou d’obligations d’État. Mais, comme il n’existe pas de prêt consentis par les banques, à l’État en l’occurrence, qui ne soit le résultat d’une émission de signes monétaires, la planche à billet fonctionne, mais d’une autre manière qui passe inaperçue.

Et comme le pouvoir monétaire laisse croire que la monnaie circule, tout le monde pense que les fonds empruntés par l’État sont des fonds empruntés sur les marchés financiers, donc à l’abri de l’émission de monnaie ce qui est en partie faux.

Les moyens de tromper l’opinion sont incommensurables !



 
2 - La création et la circulation de la monnaie dans les banques

Tout le monde, y compris les spécialistes et la plupart des banquiers eux-mêmes (ce qui est un comble !), pense que la banque utilise notre argent à des fins propres et qu’elle prête l’épargne que nous lui confions. Bref, tout le monde croit que la monnaie circule.

Il s’agit là d’une erreur monumentale
dissimulée par des circuits monétaires complexes auxquels il est très difficile d’accéder.

Et, le pouvoir monétaire n’a jamais rien fait pour la dissiper, bien au contraire puisqu’il a réussi le tour de force de la masquer par une disposition de loi qu’il a fait voter.

La loi française du 24 janvier 1984 précise, en effet, que les établissements de crédit sont des personnes qui effectuent à titre de profession habituelle des opérations de banque. Celles-ci comprennent la réception de fonds du public, les opérations de crédit, ainsi que la mise à disposition de la clientèle ou la gestion de moyens de paiement. Sont considérés comme fonds reçus du public les fonds qu’une personne recueille d’un tiers, notamment sous forme de dépôts, avec le droit d’en disposer pour son propre compte, mais à charge pour elle de les restituer.

Dans cette définition, les autorités éludent totalement le principe central de la création monétaire par les banques et ne font aucune distinction entre les banques qui créent la monnaie et les établissements financiers qui n’ont d’autre pouvoir que celui de la faire circuler. L’opération de crédit peut en effet s’entendre et s’entend généralement comme la mise à disposition d’un prêt à partir de fonds reçus du public.

Ce texte de loi a été délibérément rédigé pour laisser croire que la monnaie en banque circule, ce qui est faux. Il entretient ainsi la plus grande confusion dans le domaine protégé de la puissance monétaire.

De plus, cette confusion a été renforcée volontairement par le regroupement des banques et des établissements financiers sous une seule appellation : IFM « Institutions financières et monétaires », dont la définition du secteur est donnée par la Banque de France comme suit :

… comprenant les établissements de crédit résidents, tels que définis par la législation communautaire et toutes les autres institutions financières résidentes dont l’activité consiste à recevoir des dépôts et/ou de proches substituts de dépôts de la part d’entités autres que des IFM et qui, pour leur propre compte, consentent des crédits et/ou effectuent des placements en valeur mobilières. Les OPCVM monétaires remplissent les conditions et sont dès lors inclus dans le secteur des IFM.

Il est clair que les autorités monétaires n’ont pas l’intention d’ouvrir les portes du système à l’opinion.

Mais, revenons à la banque. En créant des signes monétaires, elle s’affranchit de la dépendance d’un compte bancaire approvisionné pour fonctionner, ce qui n’est pas le cas de tout un chacun et y compris de l’établissement financier. Une banque en tant que telle ne récolte pas de dépôts, elle les crée par le crédit qu’elle consent.

La banque ne dispose pas de la monnaie ainsi créée.
Elle appartient à ses clients, seuls autorisés à la faire circuler.

De plus, à l’instar de la Banque Centrale, elle dispose d’un privilège exorbitant : elle monétise ses pertes et démonétise ses profits, ce que jusqu’à présent personne n’a compris ou osé dire. Elle monétise ses pertes en créditant le compte de ses clients de ses dépenses et elle démonétise ses profits en le débitant de ses recettes.

Pourtant, si tout le monde sait que la banque crée la monnaie sans trop savoir d’ailleurs comment, personne ne sait exactement ce qu’elle devient une fois créée.

En simplifiant, on peut dire que le système fonctionne surtout par compensation, lorsque les clients émettent des chèques, des traites ou encore utilisent leurs cartes de crédit et autres supports. Mais en compensation, comme le terme l’indique, les fuites des unes sont égales aux excédents des autres, ce qui nourrit les prêts et emprunts entre banques, dans une monnaie créée pour la circonstance que l'on peut appeler monnaie de contre-partie ou contre monnaie, avec pour seule difficulté la combinaison des termes (échéances). À aucun moment, y compris en compensation, les banques ne peuvent prendre possession des fonds qui [h=#FFFF99]appartiennent à leurs clients, c'est pourquoi elles se trouvent dans l'obligation de créer une monnaie de contre-partie pour solder leurs positions.[/h]

On dit aussi que les banques empruntent à court terme pour prêter à long terme.

Il s’agit là d’un bel exemple de raisonnement inversé dû à la confusion existant sur la circulation de la monnaie du fait de l’absence de séparation entre les banques et les établissements financiers.

Elles prêtent d’abord en créant la monnaie, quel que soit le terme, et empruntent ensuite pour parer aux fuites interbancaires. Elles n’ont besoin de monnaie qu’au moment où les fonds créés quittent la banque (fuite de monnaie), mais lesquels fonds en même temps alimentent d’autres banques (excédent), puisqu’elles vont d’une banque à l’autre ; c’est ainsi que les unes prêtent aux autres.

Il s’ensuit des déséquilibres plus ou moins structurels d’une banque à l’autre, avec pour conséquence des prêts et emprunts à des termes pouvant aller du jour le jour, à moyen et long terme. En outre, ces déséquilibres sont modifiés dans un sens ou dans l’autre par les choix d’épargne de la clientèle.

En fait, les banques prises ensemble créent la monnaie dans toutes leurs transactions avec les agents non bancaires, comme il en est de la Banque Centrale sur laquelle elles s’appuient principalement pour leurs opérations de propre compte.

S’il n’y avait que 2 banques sur la place, la Banque Centrale et une Banque de dépôts, les transactions entre agents non bancaires étant opérées alors au sein de la même banque, il n’y aurait pas de fuite de monnaie.

Plus le système bancaire est concentré, moins les fuites sont importantes. Les banques ne s’y sont pas trompées, qui vont de fusions-absorptions en fusions-absorptions.

Il faut savoir, à présent, que la Banque Centrale oblige les banques à faire passer toutes leurs transactions par un compte ouvert au nom de chacune d’elles dans ses livres. En procédant de la sorte, elle veut faire croire qu’elle contrôle effectivement leurs opérations, ce qui n’est pas le cas. Les jeux sont faits puisque les prêts et emprunts interbancaires sont effectués, soit directement entre banques, soit par le biais du marché interbancaire, à la sortie de la compensation. L’Institut d’Emission fait alors office de simple chambre d’enregistrement.

De plus, pour masquer son impuissance dans la maîtrise de l’émission monétaire par les banques, elle a décidé que la monnaie échangée sur les marchés interbancaires serait de la monnaie centrale, seule monnaie qui a cours selon elle dans le pays.

On pouvait lire, en effet, dans les notes d’informations de la Banque de France en 1978 et cela n’a certainement pas changé depuis :

…les règlements interbancaires s’effectuent en monnaie centrale, c’est-à-dire à l’aide d’un instrument de paiement dont la création est réservée à la Banque de France.

Elle fait ainsi l’impasse sur la réalité des compensations faites en monnaie de contre-partie, monnaie émise par les banques elles-mêmes.

Et, personne n’y voit que du feu, puisque ça marche !

Il est vrai que nombre de transactions de très gros montants, s’appliquant généralement à des opérations de banques pour propre compte, passent effectivement par l’Institut d’Emission. Ces opérations sont faites en monnaie centrale (émise par l’Institut) et sont alors dûment autorisées.

Mais il faut ajouter de surcroît, que la monnaie scripturale émise en abondance par la Banque Centrale revient nécessairement aux banques, parce qu’elles font partie du système. Elles peuvent ainsi financer leurs opérations pour propre compte, sans disposer d’aucun droit sur cette monnaie. Et, comme elles se livrent à des opérations spéculatives sur les marchés dérivés, elles nourrissent à elles seules les risques dits systémiques tant redoutés par les autorités monétaires, à juste titre d’ailleurs !




3 - L’épargne et les parkings monétaires en banque

Dans un établissement financier, l’épargne collectée sert à l’octroi de crédits. La fonction d’un tel organisme est de faire circuler la monnaie.

En banque, c’est tout le contraire, ce n’est pas l’épargne qui va aux crédits, ce sont les crédits qui vont à l’épargne. La fonction de la banque est de créer la monnaie ; ce sont ses clients qui la font circuler.

La monnaie une fois créée, ne reste pas dans sa forme initiale de dépôt à vue. Les clients des banques (entreprises et ménages) la font circuler entre eux, jusqu’à ce qu’ils (les ménages principalement) la transfèrent sur un compte d’épargne ou bien souscrivent à des bons de caisse ou autrement. Les comptes d’épargne comme les comptes de dépôts à vue ne peuvent être utilisés par le banquier, car cela lui est interdit. Seul le titulaire du compte est autorisé à en disposer.

Les dépôts d’épargne en banque comme les dépôts à vue n’ont pas de contrepartie en monnaie, puisqu’ils en ont déjà une : la créance qui est à l’origine de leur création. Ces dépôts d’épargne et à vue représentent la monnaie. Ils sont la monnaie !

L’épargne en banque est donc une épargne morte qui occupe les parkings monétaires bancaires. Elle ne circule pas tant que le titulaire choisit de la conserver en compte.

Il est difficile de croire que les autorités monétaires ignorent cette particularité et qu’elles se soient laissées prendre au piège de la confusion qu’elles ont elles-mêmes créée. Et pourtant, elles font comme si elles ignoraient que l’épargne bancaire est indisponible. Elles obligent, en effet, les banques à transférer auprès d’une banque chargée de les redistribuer (Caisse des Dépôts et Consignations, en France) des fonds spécialement « collectés », par exemple pour le financement d’investissements à caractères sociaux.

On se trouve alors dans une situation ubuesque : tenues de procéder à ces transferts, les banques sont dans l’obligation de créer la monnaie correspondante ! Au prix d’une série d’opérations très complexes, dans lesquelles intervient la Banque Centrale, mais opérations difficiles à démonter. C’est ainsi que tout le monde croit que l’épargne circule et que l’on évite ainsi de créer de nouveaux signes monétaires, source d’inflation !

C’est un véritable tour de force !

Mais comme elle ne circule pas, l’épargne a pour conséquence de freiner la marche de l’activité de production. Elle est même le plus puissant frein de l’économie, aussi faudrait-il cesser de l’encourager.




4 – La théorie de l’égalité de l’épargne et de l’investissement

Rappelons que cette égalité s'écrit comme suit :

C + I  =  X
C + S  =  Y
X  =  Y
I  =  S

Sachant d'une part que X représente le produit national, Y le revenu national et C la consommation, et convenant d'autre part que le produit national et le revenu national sont identiques, il s'ensuit que l'investissement I est égal à l'épargne S.

Consommation + Investissement =  Produit National
Consommation + Épargne  =  Revenu National
Produit National  =  Revenu National
Investissement  =  Épargne

Cette expression mathématique est à la fois trop simple et insuffisante pour en déduire que l’épargne finance l’investissement, car elle mêle deux grandeurs de nature différente : l’épargne (grandeur monétaire) et l’investissement (grandeur économique), ce qui a pour conséquence de masquer toute autre source de financement, notamment et surtout l’émission monétaire qui finance indéniablement une part de l’investissement.

Enfin, elle confond par compensation l’épargne prélevée sur le revenu et la désépargne, tandis qu’elle ignore totalement l’épargne forcée, c’est-à-dire la fraction du revenu qui sert au remboursement des dettes.

De plus, on vient de voir que l’épargne bancaire est une épargne morte, immobilisée si l’on préfère. Elle ne peut donc pas servir à quelque investissement que ce soit, ce qui frappe ainsi de nullité la théorie de l’égalité de l’épargne et de l’investissement.

Pourtant en vertu de cette égalité, admise aux quatre coins du monde, on favorise l’épargne que l’on suppose être employée à l’investissement comme dans une sorte de cercle vertueux à l’abri de l’inflation monétaire. C’est pourquoi elle est encouragée.

On sait maintenant que dans le cycle monétaire des échanges de la sphère réelle, l’épargne joue le rôle de ralentisseur tandis que le crédit joue celui de l’accélérateur. La régulation monétaire est le seul moyen de maîtriser l’économie.

Encore une théorie archaïque et nocive pour l’économie, dont il est urgent de se défaire.




5 – Les réserves obligatoires et le refinancement des banques à la Banque Centrale

Le système des réserves obligatoires a été mis en place pour la première fois aux États-Unis dès le XIXe siècle. Il existe en France depuis 1967.

L’obligation faite aux banques de détenir en avoirs liquides (billets ou avoirs en compte à la banque centrale) un certain pourcentage des dépôts reçus répondait à l’origine au simple souci de préserver à la fois la propre liquidité des banques et la sécurité des déposants. Note d’information d’avril 1988 de la Banque de France.

On notera le terme de dépôts reçus (utilisé dans le texte initial) qui pouvait expliquer à l’époque le prélèvement par la Banque Centrale de monnaie dont disposaient les banques en billets ou en compte sur leurs clients. On peut supposer, mais ce n’est pas sûr du tout, que les autorités monétaires d’alors étaient de bonne foi, l’usage de la création monétaire par les banques n’étant peut-être pas encore très répandu et connu.

Mais ce que l’on pouvait ignorer autrefois, on ne peut plus l’ignorer aujourd’hui.

Pourtant, les autorités monétaires font toujours comme si les banques recevaient en dépôt l’argent de leurs clients. On a vu plus haut comment elles avaient réussi à engendrer et à maintenir la confusion.

Rien ne change. Voici en effet ce que dit aujourd’hui la Banque de France à propos de l’Eurosystème.

Le système de réserves obligatoires remplit deux fonctions principales :
- contribuer à la stabilisation des taux d'intérêt du marché monétaire, les réserves pouvant être constituées en moyenne ;
- élargir la demande de monnaie de banque centrale en créant ou accentuant un déficit structurel de liquidités sur le marché.
Les deux fonctions facilitent la régulation du marché monétaire par l’Eurosystème.


Si on lit attentivement le texte écrit sur la deuxième fonction, on s’aperçoit que le vocabulaire a changé, dans un style ampoulé, mais pas le fond. Accentuer un déficit structurel de liquidités sur le marché laisse toujours entendre que les banques disposent des dépôts de leurs clients, ce qui est faux, ainsi qu’on l’a vu.

Déjà en 1988, la Banque de France écrivait : « l’effet premier de l’existence des réserves obligatoires est de ponctionner la liquidité bancaire ».

On peut se poser la question de savoir de quelle liquidité il s’agit ? Les banques n’ont pas de liquidité, puisqu’elles ne disposent pas des liquidités de leurs clients, contrairement à ce que l’on cherche à nous faire croire !

On se trouve ici au cœur de la confusion qui règne en matière de liquidité bancaire.

Les banques sont dépourvues de liquidités, excepté celles que l’Institut d’Emission les oblige à conserver en compte. Pour le reste, les actifs éligibles à la Banque Centrale (qui entrent dans le ratio de liquidité) ne sont pas des liquidités, contrairement à la version officielle. Les actifs éligibles sont des contreparties de liquidités, car dans l'hypothèse où ils seraient cédés à des agents non bancaires, ils donneraient lieu à destruction monétaire. Ils ne peuvent donc à la fois être monnaie et contrepartie !

On est en présence d’une véritable imposture de la part des puissances monétaires, qui dissimulent la réalité des transactions dans le but de protéger le capitalisme monétaire dans ses œuvres et pour son épanouissement au détriment des peuples qui n’en peuvent mais.

Et, ce n’est pas tout. C’est dans le vocabulaire qu’il faut aussi chercher les pièges destinés à nous tromper.

Il en est ainsi du terme de refinancement qui laisse croire de manière insidieuse que les banques re-financent leurs activités de création monétaire, alors qu’il s’agit tout simplement du financement de leurs obligations d’approvisionnement de monnaie fiduciaire (nécessité économique) et de réserves obligatoires (législation).

Si l’on examine attentivement leurs bilans, on s’aperçoit que les banques centrales émettent de la monnaie, indubitablement centrale, en quantité plus ou moins grande selon les pays, monnaie qui bénéficie exclusivement aux banques puisqu’elles font partie du système comme écrit plus haut.

La Fed par exemple, comble à peu près tous les besoins de « refinancement » des banques américaines prises ensemble ; elle reprend même des surplus de liquidités. En fait, elle crée tellement de monnaie que certaines banques « épargnent » chez elle. Ce phénomène est moins prononcé en France et encore moins en Euroland.

Alors, d’un côté on prétend réduire les liquidités des banques en obligeant les banques à constituer des réserves, et de l’autre on les alimente en liquidités à profusion. Il y a un truc !

Enfin, pour renforcer le dispositif de cette monumentale supercherie, on a inventé la théorie du multiplicateur de crédit, qui suppose grosso modo que les banques sont limitées dans leurs activités de création monétaire à proportion dégressive de la monnaie centrale qu’elles détiennent à l’Institut d’Emission.




6 - La mondialisation des échanges.

Les économistes et autres experts n’ignorent pas que le Produit National ou (PIB) comprend : la consommation, l’investissement et le solde des échanges extérieurs. Ils ne peuvent non plus ignorer que les échanges extérieurs ne représentent qu’une très faible fraction de l’ensemble : généralement environ 3%, et qui plus est en plus ou en moins selon le sens du solde.

La croissance d’un pays repose donc essentiellement sur son activité intérieure : consommation et investissement. Et, la règle est la même pour tous les pays.

Il est donc vain de croire que tout le monde peut exporter sans limite, ce qui n’empêche pas les gouvernements de tous les pays d’encourager leurs entreprises à exporter. Et celles-ci de se précipiter à l’assaut de parts de marché à l’étranger, non sans succès, il faut bien le dire. Mais il apparaît de plus en plus clairement que les multinationales font leurs profits sur le dos des populations nationales.

La course aux exportations est une course aux chimères, menée à un train d’enfer par les multinationales, aidés et encouragée par les dirigeants de tous les pays.

Sur les marchés, en raison d’une concurrence acharnée, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, pour vendre il faut être compétitif et pour être compétitif il faut réduire les coûts de production. Mais pour réduire les coûts de fabrication, il faut mécaniser à outrance, réduire les salaires (ou tout au moins les contenir) et produire inéluctablement des chômeurs.

Les plaies de ce mal sont pourtant tellement apparentes qu’il faut user d’arguments, pour le moins fallacieux, pour tromper l’opinion.

L’argument largement employé pour faire admettre les bienfaits du libre-échange et de la mondialisation qui en est l’apogée, consiste à dire que les premiers bénéficiaires des baisses de prix sont les consommateurs. Mais ce que l’on oublie de nous dire, c’est que les prix faisant les revenus puisque le produit national est égal au revenu national, les baisses de prix conséquence de la concurrence entraînent mécaniquement des baisses de revenus.

C’est une imposture, car ils ne baissent pas pour tout le monde !

C’est qu’en effet, les hommes politiques, les chefs d’entreprise et d’une manière générale tous ceux qui ont le pouvoir de fixer les prix et ceux qui les servent ne sont évidemment pas concernés par la baisse des revenus puisqu’ils sont les premiers à se servir (ainsi, nos députés, par exemple). Ceux-là et ceux-là seulement gagnent sur les deux tableaux ! Leur pouvoir d’achat s’améliore à la fois par la hausse de leur revenu et par la baisse de leurs dépenses.

On importe dans les pays riches la misère des pauvres au seul profit des puissants de ce monde. C’est ainsi que l’on fabrique de nouveaux pauvres !

Les résultats sont là pour le prouver : les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, sans parler des classes moyennes qui voient leur pouvoir d’achat s’étioler au fil des ans.

Mais, jusqu’où peut donc aller notre aveuglement ?

Le seul et unique moyen pour chaque pays d’obtenir la croissance de son Produit National ou PIB, réside dans l’injection massive de monnaie nationale dans les circuits de la sphère réelle. Puis, afin de préserver l’équilibre de ses échanges extérieurs nécessairement mis en péril par cette mesure, des accords d’échanges bi ou multilatéraux doivent être négociés entre pays, sous l’égide d’un organisme tel que l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), tout indiqué pour exercer cette fonction de médiation.

Cela ne veut pas dire qu’il faille fermer les frontières. Il ne suffit que de mettre de l’ordre là où règne l’anarchie du libre-échange.

Il est vital, il est même crucial que l’opinion se dresse contre ce fléau dont la plaie s’étend à la planète entière. Il est urgent de mettre un terme à la folie des hommes qui nous dirigent.

 



7 – La compétitivité et les gains de productivité

La compétitivité est mesurée par les prix et aussi par les coûts salariaux.

Brièvement, c’est la raison pour laquelle les hausses de rémunération des salariés doivent être contenues dans la limite des gains de productivité, ce qui est déjà inacceptable.

Il n’est pas de document sérieux sur l’économie qui ne parle de compétitivité. Et de voir fleurir les graphiques d’indices comparant les performances des pays industrialisés. Dans ces tableaux comparatifs, la France fait actuellement piètre figure. Le sujet est traité chaque mois dans le bulletin de la Banque de France, ce qui montre l’intérêt qu’on lui porte.

Pourquoi un tel intérêt ? Encore et toujours l’inflation, car la concurrence fait baisser les prix !

On peut avancer sans crainte d’erreur que les politiques de libre-échange ne peuvent se concevoir sans que la concurrence puisse s’exercer librement. Pour prendre la mesure du phénomène, il n’est que de voir l’acharnement thérapeutique de Bruxelles dans sa lutte pour que la concurrence s’exerce sans entrave aucune !

Dans un milieu ouvert sans limite à la concurrence, les entreprises doivent être compétitives sous peine de disparaître. Mais, elles ne peuvent être compétitives qu’à la condition de réduire toujours plus la part de la main d’œuvre dans la fabrication, c'est-à-dire mécaniser et diminuer les coûts salariaux.

C’est ainsi que la compétitivité, fille naturelle de la concurrence excitée au plus haut point par le libre-échange, est devenue une espèce de machine infernale à produire soit du chômage, soit des salaires de misère, soit encore les deux à la fois, pouvant conduire à des pertes massives de pouvoir d’achat au niveau national en période de stagnation ou de récession.

La mécanisation des travaux manuels, que ce soit dans les ateliers ou dans les bureaux devient une priorité. Les causes de la mécanisation ont changé radicalement : alors qu'autrefois, au temps des 30 glorieuses, on mécanisait pour fournir une demande qui paraissait insatiable, on mécanise aujourd'hui pour survivre devant une demande qui semble s'échapper. La recherche de la compétitivité encouragée par les pouvoirs publics, devient le slogan à la mode. On laisse gaillardement le tissu national se déchirer en prétextant qu'il faut le restructurer. Et toutes ces mesures prises, on s'étonne encore de voir fondre les effectifs des entreprises et les chômeurs proliférer.

En cherchant à réduire les coûts, par le fait même, l'emploi ne peut plus être protégé et les contrats à durée déterminée, qui ne sont que le reflet de la précarité des affaires sur l'emploi, pullulent. Sur le marché du travail, la demande devient plus forte que l'offre et les salaires ont tendance à baisser. C'est la loi du marché. Quand elles embauchent, les entreprises proposent des salaires de plus en plus bas. Les augmentations se font plus rares ainsi que les promotions dans la hiérarchie des salaires. Tous les moyens sont bons pour réduire les coûts et par contagion celles qui pourraient s'en passer n'y résistent pas.

La mondialisation des échanges devrait nous faire comprendre toute l’étendue du désastre qui nous envahit, malgré quelques moments de répit dus à une « conjoncture » plutôt favorable.

Car, on n'a pas encore vraiment compris que l'on ne peut pas mener la même politique économique, selon que l'on traverse une période de plein ou de sous-emploi, de forte ou de faible activité, et qu'en toutes circonstances il faut donner la priorité au travail de l'homme sur celui de la machine.

On se nourrit alors d’illusions en supposant que les pays industrialisés compensent par de fortes ressources dans des technologies de pointes comparées à des pays en voie de développement qui en manqueraient. On devrait s’apercevoir que ces pays en voie de développement, comme le terme l’indique, ne nous attendent pas pour exceller dans des domaines pointus, tel l’informatique en Inde ; demain la Chine explosera dans tous les domaines des productions de plus en plus élaborées et de haute technologie.

On attend peut-être pour voir !

Cette plaie ne fait qu’ajouter à la précédente, car située dans son prolongement elle est supposée être la condition de notre existence économique. En éradiquant le mal qu’engendre la première, on supprime les causes de la seconde.

Elles sont soumises toutes les deux à l’influence des forces de pression du capitalisme économique qui n’a que faire des dégâts qu’il occasionne chez les populations laborieuses.




Des projets grandioses dans les domaines de la recherche scientifique, de la santé, de l'environnement, de l'espace, de la culture ou tout simplement de la vie quotidienne, ne voient pas le jour, non pas parce que l'on manque de moyens en hommes et en matières, mais parce que l'on manque de monnaie ! C'est le comble du capitalisme face au chômage et à la misère !

Seule une prise de conscience collective peut nous affranchir du joug que nous imposent les autorités monétaires. Le moment est venu de libérer la monnaie de ses dogmes, de ses tabous et de ses carcans. Le moment est venu de rendre le pouvoir monétaire au peuple, c'est-à-dire à ses élus. La monnaie peut et doit être le moyen démocratique d'accès au bien-être pour tous. Le salut économique passe par la régulation monétaire, que seul l'État est apte à assumer. Il n'y a pas d'autre alternative si l'on veut trouver ou retrouver le chemin de la paix, de la prospérité, de l'abondance et du travail pour tous.

D’urgence, il faut reprendre la bastille et faire "sauter la banque" (centrale).

Jean Bayard
juin 2007
modifié en juillet 2008 »

Je crois qu'on est au coeur de nos servitudes politiques, à leur source principale, tant il est vrai que la souveraineté politique procède de la souveraineté monétaire, et pas l'inverse.

Je vous recommande à nouveau le site de Jean Bayard, où vous trouverez son livre, pétillant de liberté de penser.

hmm

Étienne.

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#290 06-09-2008 18:24:00

NingúnOtro
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Étienne,

Nous devrions contacter Jean Bayard et lui offrir de se joindre à nous... il semble savoir ce qui se passe en matière macro-économique.

Cependant, je ne sais pas s'il limite ses exposés à ce qui peut être entendu par une base sociale submergé dans les thèses économiques classiques et qu'il sait qu'il y a quelque chose de plus, ou si par contre il n'est pas conscient du fait qu'il y ait cette quelque chose de plus.

Je crois vous l'avoir dit déjà... le problème, ce n'est pas la théorie économique... le problème, c'est qu'il y a un pouvoir en dehors de tout le système qui fixe ses propres règles au bénéfice de ses propres intérêts, et que ces intérêts et ces règles nous sont imposées comme incontournables. La marge de manœuvre qui nous est laissée sous ces règles ne nous suffira jamais pour résoudre nos problèmes, parce que notre état problématique fait partie de la solution dont ont besoin ces pouvoirs dans l'ombre.

Ouvrez les yeux... l'argent n'est autre chose qu'une arme de guerre dont on abuse autant qu'on peut. L'argent a le pouvoir d'être échangé contre des biens réels. Ceux qui se font la guerre n'ont que faire d'argent... ils ont le pouvoir d'en fabriquer tant qu'ils veulent. Le seul problème, c'est qu'ils sont plusieurs à se faire la guerre et donc à se faire la concurrence dans la tâche de convertir l'argent fabriqué ex-nihilo en biens tangibles achetés. Parce que, bien qu'ils peuvent fabriquer tout l'argent du monde, les propriétés ne sont leurs que quand ils réussissent à échanger une somme quelconque (le montant en soi n'a pas trop d'importance, sauf que celui-ci fait des marées dans les troupeau de moutons) contre le titre de propriété. Les propriétés sont des actifs durables qui peuvent être utilisés pour couvrir des besoins opérationnels... et qui ne souffrent pas de l'inflation ou la dépréciation, une fois qu'ils ont été acquis, ils sont affectés à une activité, et le fait que leur prix monte ou baisse n'a plus aucune importance parce que une fois utiles ils ne vont plus être vendus.

Ces pouvoirs, ce qu'ils se disputent, c'est la possession de biens réels, les seuls qui vaillent quand tout le système monétaire s'effondrera. Les biens réels, les abris pour se protéger soi-même du chaos qui suivra l'éclatement, et la loyauté des armées semi-publiques ou carrément privées qui finira par défendre leurs forteresses. Tiens, cela me rappelle une chose... cette banque de semences qui c'est inaugurée il y a peu dans un parage nordique assez froid... il me paraît parfait comme refuge de ces criminels, cela m'étonnerait qu'il n'en soit pas un (éloigné des foules, excuse parfaite pour bâtir quelque chose de grand, excuse parfaite pour bâtir quelque chose doté pour stocker plein de vivres -si cela sert pour les semelles, cela sert pour la viande congelée aussi, qui sait ce qui entre dans ces camions...-, et si ils savent qu'ils ne vont rien faire contre les changements climatiques ils savent aussi que la température deviendra plus douce. De fait, on pourra même essayer de calculer quand ils voudraient en faire usage!).

Bretton Woods, ce fut un accord entre eux pour ne pas trop abuser de la création ex-nihilo d'argent... pour qu'elle puisse servir à acheter des biens réels. Personne ne vend aujourd'hui un bien réel à 10 millions s'il sait qu'il peut en obtenir 15 millions demain.

Le contrôle de l'inflation n'est rien d'autre, puisque c'est eux qui créent l'inflation en injectant leurs montants d'argent créé ex-nihilo, que d'interdire aux autres de bénéficier de ce mécanisme en demandant plus pour leurs biens réels. Rappelons-nous, l'inflation, c'est payer plus d'argent pour des biens réels et des services. Les biens réels, c'est ceux qui doivent être fabriqués avec un effort réel en matériaux et en main d'œuvre. En contrôlant l'inflation des biens réels et de l'argent... ils réussissent à appauvrir tout le monde. Ils sont plus intéressés à contrôler les prix des biens réels que celui de l'argent. De toute façon, l'existence de biens réels croît beaucoup plus lentement qu'ils ne voudraient... ils ont dû s'inventer des marchés spéculatifs pour placer leur argent pourri plus vite, des services -surtout loisirs- virtuels, etc. Alors, ils sont limités dans la capacité de créer des produits à marge de bénéfice énorme pour déposséder les gens du peu d'argent qui leur reste par leurs salaires pour leur faire la compétence dans l'achat de biens réels (et aussi, parce que celui qui ne manque pas d'argent ne  vend pas les biens réels qu'il a... et toute leur création ex-nihilo d'argent ne servirait à rien si personne ne voudrait vendre).

Ne vous trompez pas... cette crise, bien que les heurtant apparemment, est bien voulue... le manque de confiance crée de l'inflation... et avec l'inflation ce n'est pas eux qui manqueront de l'argent, c'est surtout les petits propriétaires de biens réels avec leurs hypothèques qu'ils ne pourront plus payer. C'est donc une occasion PROVOQUÉE pour que des biens RÉELS changent de mains de ceux qui n'auront pas assez d'argent vers ceux qui en ont, qui peuvent fabriquer ex-nihilo eux-mêmes.

La seule solution, c'est d'arrêter l'usage d'argent fabricable ex-nihilo et stockable sans limite, ou au moins la possibilité de leur échange pour des biens durables.

Le dollar est fou. La création de l'Euro fut un essai pour enlever aux américains l'exclusivité de cette planche à billets verts. Reste à savoir si l'intention est d'en faire une planche à billets concurrente ou un outil de gérance. Le taux d'échange dollar/euro montre que le monde a plus confiance dans l'euro que dans le dollar, pour le moment. Nous ne savons pas si cela est conséquence de la nécessité d'avoir de l'espoir ou si cela correspond à une réalité tangible.

Ce qui est de toute façon incontournable, et que je ne retrouve toujours nulle part, c'est la reconnaissance de l'existence de la concurrence de ces groupes de pouvoir qui se battent entre eux et qui exercent assez d'influence pour rendre nulles en non avenues toutes les règles de l'économie classique.

En plus, même si ces groupes n'existaient pas (supposons wink ), de théories de marche générales, plusieurs, nous sommes passés il y a quelque temps à une situation spécifique sous laquelle la plupart de celles-ci ne sont plus tout à fait valables : celle de la scarcité, voire même le manque cruel de quelques matières premières, même de l'eau et de la nourriture... et là, les marchés ne fonctionnent plus seulement au présent, mais ils décomptent chaque fois plus le futur prévisible... ce qui les rend beaucoup plus difficiles à orienter puisque nul n'est maître de la peur des gens.

Les problèmes que nous avons dans la politique sont étroitement liées avec ces problèmes économiques, parce que ceux-ci ne sont que l'effort de ces groupes hors-économie qui se battent entre eux pour prendre le contrôle politique afin de mener les programmes qui maintiendront leurs intérêts à l'écart de l'intervention des pouvoirs publics (surtout, bien sûr, si ces pouvoirs publics risquent de ne pas/plus représenter directement leurs intérêts par le placement de leurs pions dans la politique, mais d'être renversés par des personnes qui représentent réellement le pouvoir souverain des peuples).

Et c'est pour cela qu'ils sont si intéressées pour mettre en place le "Traitre Constitutionnel", le "Mini-Traitre" (on le votera bien avec un "Mini-Pavé" celui-là, en juin 2009, n'est-ce pas ?) ou le "Traitre de Lisbonne"... ces traités sont tous des SAR"K"OPHAGES pour la souveraineté populaire.


Tiens, je ne vais pas me priver de lancer l'idée... maintenant justement que Sarko veut relancer l'idée de l'armée européenne (Il est fou, il n'attend même pas que les Irlandais, pourtant tant attachés à leur neutralité, aient revoté le "Traitre de Lisbonne". Ou bien il sait déjà que ce scénario est peu probable...)... une bonne campagne publicitaire, reprenant quelques unes des rares images des coffins américains rentrant de la guerre d'Irak... Changeons les drapeau qui les couvrent par des français et des européens... "C'est pour quand, les SAR"K"OPHAGES ?"

Je sens qu'elle va être intéressante, la campagne électorale pour juin 2009 !

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#291 06-09-2008 19:55:47

NingúnOtro
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Puis, voila encore un tour de joué... les sociétés hypothécaires Freddie Mac et Fannie Mae viennent d'être nationalisées... après avoir encaissé pendant des années des juteux bénéfices, maintenant, les pertes, c'est à la société toute entière de les financer. L'annonce inminente http://www.lemonde.fr/elections-america … 29254.html en français, la confirmation aujourd'hui, en espagnol (pas de titulaire de première page, au moins sur l'internet que je sache) http://www.elmundo.es/mundodinero/2008/ … 80318.html. Je n'ai pas encore trouvé en français.

Et cela va continuer en ce genre... c'est ce que j'avais annoncé,... depuis le temps qu'ils s'organisent la compétitivité autour des paris type "face, je gagne; pile, tout le monde perd"... on voit que le temps de perdre est arrivé pour rester un bout de temps.

Sauve qui peut,... et arrêtons cela le plus vite possible en démantelant la vie artificielle de ces voyous économiques, et pas la vie réelle des gens !

Dernière modification par NingúnOtro (06-09-2008 19:56:38)

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#292 07-09-2008 12:13:35

jean bayard
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@ Ningünotro
A la question principale me concernant, voici ce que je puis vous répondre. Je n'ai jamais cherché à limiter mes exposés à ce qui peut être entendu par une base sociale submergé dans les thèses économiques classiques. J'ai toujours cherché à exposer ce que mes analyses macroéconomiques m'ont révélé. Pour le reste, oui, je crois savoir quelque chose de plus et toute la difficulté pour moi est de le faire comprendre.
Par ailleurs, j'ai tout lieu de croire que l'économie *réelle* souffre d'un manque cruel de monnaie. Voici à mon avis pourquoi : je crois que l'on peut dire que l'émission monétaire est principalement destinée à l'activité de production, qu'elle soutient jusqu'à ce que les revenus que cette activité génère soient pour partie épargnée par les ménages. Cette épargne pour la plupart bancaire *ne circule pas*. Elle produit alors
un puissant effet de ralentissement sur l'appareil de production. Les effets combinés de l'épargne et du crédit sur l'appareil de production sont analysés sur mon site sous le titre "Exposé sur la macroéconomie".
Enfin, l'émission monétaire et l'accumulation des capitaux posent un problème qui est circonscrit à mon sens aux banques (émission pour propre compte) et aux fonds de placement (accumulation) qui en abusent. Je pense qu'il existe des solutions à ces problèmes qui passent par une règlementation sévère de la profession bancaire d'une part et de la spéculation d'autre part.
jean bayard

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#293 08-09-2008 05:22:24

NingúnOtro
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Jean,

Merci de répondre à mes soucis.

Nous sommes d'accord sur le fait que l'économie réelle manque cruellement de monnaie pour rétribuer convenablement l'effort humain qui est créateur de richesses. Je vous suis quand vous dites que le but primordial, la destination de la création de monnaie est traditionnellement l'activité de production... c'est normal parce-que seul la création de valeur réel peut être l'excuse pour la création de monnaie qui est valeur représentatif.

C'est la théorie, et cela devrait être la pratique dans une économie, disons cyniquement "libre et non-faussée". Mais si nous nous plaignons d'autre part que les banques font tourner la planche à billets par la constitution de prêts jusqu'au point de s'inventer des "subprime" et de la titrization... comment alors se plaindre du fait que cette épargne de la part des ménages fruit de leurs activités, pour la plupart bancaire *ne circule pas*?

Vous supposez que les ménages obtiennent l'argent et le cachent dans leurs chausettes? Moi, j'ai plutôt l'impression que les ménages, avec ce qu'ils obtiennent pour leur travail, arrivent à peine à payer leurs frais courants, et qu'il y en à chaque fois plus qui n'arrivent plus à le faire jusqu'à la fin du mois.

Alors, puisque l'argent est crée, même à un rythme aussi fou que possible, et que ce ne sont pas les ménages qui le reçoivent... qui le retient pour qu'il ne puisse pas circuler, et pourquoi.

Qui à le pouvoir de le retenir, et qui à le pouvoir de le dépenser quand il veut en achetant ce qu'il veut? Parce-que c'est cet acteur la qui exerce le pouvoir de fabriquer des récessions quand il décide de ne pas en faire circuler assez, et c'est aussi cet acteur qui à le pouvoir de dévaluer l'argent en faisant circuler tout d'un coup trop d'argent... Quand les gens, les ménages, manquent d'argent, ils sont poussés vers la vente d'actifs... Quand ceux qui ont accumulé l'argent sans le faire circuler passent d'un moment à l'autre à le faire circuler massivement en se lançant à l'achat de ces actifs, ils provoquent de l'inflation... Ce qui valait 1.000.000, ils le paient 5.000.000. Pour eux, l'argent n'est qu'un outil, et ce qu'ils obtiennent, c'est que seul ceux qui disposent d'argent au montants dans les mêmes magnitudes qu'eux puissent acheter des actifs. Les vendeurs, ils voient les 5.000.000 immédiatement dévaluées parce-que tout ce qu'ils pourraient acheter avec à multipliée par 5 son prix aussi. Alors, ils ne peuvent destiner cet argent qu'à la consommation... Le grand problème avec cette dévaluation... c'est celui des gens normaux, des familles, des qu'ils n'ont plus d'actifs à vendre... parce-que si bien l'inflation multiplie les prix par cinq, leur salaire ne se voit pas multiplié par cinq pour compenser. Les petites entreprises n'arrivent pas a multiplier par cinq le prix de leurs produits pour compenser, font faillite, licencient leurs travailleurs... En effet, ces mystérieux acteurs ne s'intéressent qu'aux actifs matériels précis nécessaires pour atteindre leurs obscurs buts, ils n'ont guère d'intérêt pour les services ou les biens de consommation qui ne font que deuxième choix comme moyen de démunir d'argent encore plus les gens et les ménages en échange de rêves de richesses éphémères et de sensations futiles.     

Qui est donc cet acteur mystérieux qui semble jouer en dehors des règles classiques de l'économie? Quelles sont ces motivations?

En quoi ce qu'il fait ne s'adapte pas aux règles classiques de l'économie jusqu'à faire que même les experts ne s'y retrouvent plus pour nous donner des explications qui clochent avec ces théories classiques? Existe t'il une quelconque théorie nouvelle qui puisse expliquer le comportement "abnormal" de cette économie? Si pas quelque chose de simple... alors nous devenons fous, nous voulons bien essayer de comprendre quelque chose de difficile aussi. Plutôt faire l'effort que subir l'ignorance paralysante.

Je vais de ce pas vous faire une visite, voire si j'y trouve quelque chose d'utile pour stimuler ma compréhension. Ce que vous croyez savoir de plus est-ce décrit/expliquée sur votre site, ou est-ce que la difficulté que vous avez à le faire comprendre vous à poussé à ne même pas le décrire et l'écrire la ou cela peut être lu par qui essaierait de vous comprendre? (ce n'est pas un reproche que je vous fais, j'essaie de constater des faits objectifs, car moi cela m'arrive souvent de ne pas prendre la peine d'écrire sur du papier ou dans une collection de bits un tas d'idées que j'ai et pour lesquelles je crois que la possible audience est si minuscule que faire sa mécanographie à un seul doigt comme je dois le faire -en plus, le français n'est pas ma langue maternelle- ne vaut pas la chandelle.)

En ce qui concerne le problème posé par l'émission monétaire et l'accumulation des capitaux, qui serait circonscrit au banques et aux fonds de placement qui en abusent, selon vous, vous croyez qu'ils sont mèrement capricieux en faisant cela, ou vous êtes capable de nous fournir des raisons concrêtes et valides pour justifier leur comportement? Des choix précis, ils ne se font pas sans des raisons précises.

Une mauvaise identification de ces raisons, et on propose des solutions tout à fait ineffectives. Méfions-nous de trop de données trop facilement disponibles pour faire l'analyse mauvais... cela ne bénéficie que cet obscur acteur qui semble tout le temps s'échapper des variables de nos équations pendant qu'il agit à sa guise.

Quelle stratégie utilisent ces mystérieux acteurs dans cette semblable partie de monopoly, et quel est leur but ultime?

Moi, je crois que cette partie de monopoly économique et la partie de monopoly politique qu'est la mondialisation et comme part de celle-ci la conformation avec des règles spécifiques (TC/MT/TL) d'un joueur global européen... se voit bousculée par le même acteur invisible, insaisissable, mais bien présent, qui défends ces intérêts par dessus de toute autre considération.


Au plaisir de vous lire.

Dernière modification par NingúnOtro (08-09-2008 05:42:32)

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#294 08-09-2008 12:26:54

jean bayard
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour NingünOtro,
Je vais essayer de répondre à quelques unes des nombreuses questions que vous soulevez.
La monnaie qui a été créée par les banques dans l'affaire des subprimes que vous citez, a fait l'objet de prêts à des conditions que je qualifierais de délictueuses. Selon les informations dont j'ai pu disposer, ces prêts ont été accordés à des taux variables qui ont été multipliés par plus de 2 en même temps que les taux de la Fed grimpaient. Je vous suggère de lire l'article que j'ai écrit à ce propos publié sur mon site. Les ménages qui ont tout perdu dans cette affaire se sont trouvés placés (comme tous les emprunteurs) en *épargne forcé* à laquelle ils n'ont pu faire face.
Sur un plan général, les ménages sont bien obligés d'épargner pour rembourser leurs emprunts. Il n'est pas question de bas de laine. Bien sûr, vous avez raison de dire que beaucoup trop de ménages ont du mal à joindre les deux bouts, mais ils épargnent : avant = épargne de précaution, et après = épargne forcée.
Le problème que vous soulevez ici est le niveau des revenus, lequel dépend du niveau de la croissance, laquelle dépend de la marche de l'activité de production, soumise à l'influence du crédit distribué par les banques (création) qui a un effet d'accélérateur, d'une part, et l'épargne bancaire qui a l'effet contraire celui du ralentisseur, d'autre part.
Pendant tout le temps de l'activité de production, les agents économiques se battent pour avoir leur part du gâteau (croissance) et pour améliorer leur pouvoir d'achat. Si le gâteau est petit, on imagine l'intensité des luttes.
Mais, ce n'est pas tout à mon avis, car la bataille se situe aussi sur le terrain des capitaux dans la sphère dite financière et monétaire dans le but de les faire fructifier et toucher des plus-values. Pour en revenir à l'affaire des subprimes, dans cette bataille les banques et détenteurs de capitaux ont fait de très grosses moins-values, et là je dis que c'est bien fait pour eux.
Les comportements me semblent fondés sur l'appât du gain, ne cherchez pas ailleurs. Ils gagnent trop souvent, mais ils perdent aussi. Malheureusement, cela ne se fait pas sans dégâts ! dans un sens ou dans l'autre. C'est pourquoi, je pense qu'il faut règlementer la profession bancaire et la spéculation.
J'espère avoir répondu aussi bien que possible à vos questions.
Bonne journée

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#295 09-09-2008 10:13:44

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour Jean
Globalement d'accord avec votre document, mais il me semble que lorsque vous parlez de circulation de la monnaie vous induisez (bien involontairement) le lecteur en erreur en écrivant " Bref, tout le monde croit que la monnaie circule. Il s’agit là d’une erreur monumentale "
Si, la "quantité" de monnaie circule (ce n'est pas à vous que je vais apprendre la relation P=M.V)

Je comprends ce que vous voulez dire, mais je ne suis pas certain que le lecteur lambda le comprenne.. sans doute devriez-vous préciser.

Au plaisir

EDIT le 10
Cette phrase également me gêne:

Et comme le pouvoir monétaire laisse croire que la monnaie circule, tout le monde pense que les fonds empruntés par l’État sont des fonds empruntés sur les marchés financiers, donc à l’abri de l’émission de monnaie ce qui est en partie faux.

N'aurait-il pas mieux valu écrire: " Tout le monde pense que, comme les fonds empruntés par l’État sont des fonds empruntés sur les marchés financiers, ils sont donc à l’abri de l’émission de monnaie (alors que c'est en partie faux.)" ?

Dernière modification par AJH (10-09-2008 08:32:52)


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
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#296 10-09-2008 02:37:33

NingúnOtro
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

André-Jacques,

Pour le lecteur externe aux cercles initiées dans la matière, ce n'est certes pas facile de comprendre comment ces choses la fonctionnent, tout en plus que les groupes à idéologies opposées à l'intérieur de ce cercle d'initiées diffusent dans la société civile des théories pas compatibles entre elles et que des morceaux indiscriminés de celles-ci ne peuvent pas être recombinés sans aide experte sous peine de n'obtenir rien de cohérent qui puisse être compris même par des experts.

Trop de gens oublient leur objectivité professionnelle et exercent de mercenaires dans une guerre de désinformation ou le Citoyen Lambda termine totalement déboussolé, et beaucoup d'experts pas trop méthodiques et scrupuleux aussi parce-que leur loyauté est plus proche de leur affinité idéologique que de leur déontologie professionnelle.

Ce que moi je crois (à titre personnel, vous êtes libre de penser autrement, bien sur), c'est que la planche à billet tourne les 24h sur 24 à plein rendement, utilisant toutes les subterfuges possibles pour accélérer (la crise des subprimes en est une belle preuve parce-que il s'agit d'accepter avec des excuses pas très solides des occasions de créer de l'argent; et l'intervention de la FED dans Fannie Mae et Freddy Mac le résultat inexcusable de ce pari risquée, car comme j'ai dit déjà quelques fois, ils parient le plus fort qu'ils peuvent: pile, je gagne, face tout le monde perds -pile, je fabrique mon argent, face, le contribuable paie ) la création d'argent, et différents acteurs se livrant à une course folle pour être les meilleurs dans ce domaine parce qu'ils compètent entre eux pour avoir plus de ressources que les autres.

C'est cette compétition qui est un vrai aspirateur d'argent, parce qu'il ne sert qu'à être mis sur une pile énorme par chacun des acteurs dans cette compétition (tout comme les missiles, bateau et sous-marins nucléaires d'ailleurs), la force RELATIVE de chacun d'eux se mesurant à la hauteur de la pile correspondante.

Alors, supposons à un moment "t0" une masse monétaire existente "Mt0". Comment peut évoluer cette situation?

Mt0 se compose de M(i)t0 + M(e)t0 + M(c)t0 + M(a)t0, ou (i) est (inversion), (e) est épargne, (c) est consommation et (a) est accaparation. Peut-être d'autres subdivisions peuvent être identifiées, mais je n'ai point besoin de compliquer encore plus les choses ici.

Notons que dans la théorie économique classique "M(a)t0" n'existe pas, c'est un facteur nouveau que je me suis inventé pour essayer de comprendre la situation et que vous le fassiez avec moi. Ce facteur représente l'effort des acteurs présents dans la compétition folle pour accaparer des ressources et les dédier à leur jolie compétition. Ainsi, dépendant de la quantité d'acteurs x présents, M(a) = M(a)x1 + M(a)x2 + ... + M(a)xn.

Quelle est la possible situation au moment t1?

Mt1 > Mt0 , evidemment.

Mt1(i) > Mt0(i) , souhaitable, mais peu vérifiable en réalité

Mt1(e) < Mt0(e) , l'épargne, surtout des familles, tend vers 0, voire la négativité dans le cas des subprime

Mt1(c) > Mt0(c) , la consommation est stimulée, voire sanctifiée comme moteur qui fait tourner l'économie

Mt1(a) >>> Mt0(c) , l'accaparation est la variable la plus férocement active, vue que les acteurs y vont à mort.


Ce que je veu soumettre à votre attention, c'est que un élément qui n'est pas présent dans la théorie économique classique est le facteur prédominant dans l'économie réelle d'aujourd'hui sans que ceux qui le savent n'osent l'inclure explicitement dans les équations qui sont d'utilité pour le saisir et le paramétrer parce ceux qui peuvent le faire jouent leur rôle dans cette partie et que en le mentionnant ils attireraient sur eux l'attention des foules citoyennes normales et se causeraient un problème qui impacterait sur leur compétitivité en comparation avec les autres acteurs qui éviteraient cette situation. Seulement quelqu'un d'externe à leur compétition aurait intérêt à dénoncer cette situation (j'ose, mais qui suis-je?).

Pourtant, l'accaparation, mise de coté pour être destinée à d'autres buts, explique BEAUCOUP de choses, entre autres l'absence chronique de liquidité dans les marchés.

Créer de la monnaie n'est pas la solution si elle est aussitôt accaparée, c'est à dire si delta[M] < delta[M(a)], et c'est fou mais ce qui ce passe avec Fannie Mae et Freddy Mac est précisément cela et plus... ils ont obligé (ou ceux qui le gèrent se sont "laissés" obliger) , pas sur que ce ne soient pas eux qui aient inventé toute la maquination) a mettre directement un bien grand montant d'argent directement dans M(a) pour éviter une crise.

Qui paie? Évidemment les citoyens qui voient que delta[M(a)] emporte la plus grande partie de delta[M], en détriment de delta[M(e)] et delta[M(c)].

Le problème que nous avons içi c'est la voracité de requin de M(a) qui centrifuge toute nouvelle création de monnaie, en plus d'exercer chaque fois plus de pression sur M(e) (des foyers, mais aussi des états), et M(c).

Et la, j'ai bien peur que votre petite discussion sur la circulation de la monnaie ne soit que anecdotique... en effet, cette circulation n'est qu'un effet placebo à l'intérieur de M(c) qui ne fait que évidemment faire circuler au plus vite la monnaie pour que les acteurs aient le plus possible d'opportunités pour saisir son transfert  (par le biais des commissions pour transactions et le prélèvement de marges de bénéfices sur les opérations de vente/achat) vers M(a).

J'espère que le lecteur lambda aura entendu quelque chose... en penseur lambda, je veux bien répondre à toutes leurs questions non-triviales pour autant que j'en serais capable.

Au plaisir

NingúnOtro.

Dernière modification par NingúnOtro (10-09-2008 02:50:51)

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#297 10-09-2008 09:57:46

jean bayard
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@ AJH
Profitant hier d'une belle journée ensoleillée, j'ai fait une randonnée en montagne, c'est pourquoi je n'ai pas répondu plus tôt.
Bien sûr que la monnaie circule, mais pas du tout comme on le croit. Ma formule est un peu lapidaire, c'est vrai ! Je répète que ce sont les clients de la banque qui font circuler la monnaie, pas la banque ; ce qui a pour conséquence des erreurs d'appréciation monumentales sur la circulation de la monnaie.

Prenons l'exemple des livrets LDD (anciennement Codevi). Vous savez que les banques doivent "utiliser" l'épargne de leur clientèle au développement durable dont la gestion est confiée à des organismes habilités pour cela. Les fonds collectés doivent être remis à ces organismes, directement ou indirectement (CDC, je crois). Mais, je suppose que ce que vous ne savez pas, c'est que pour remplir leurs obligations les banques doivent créer de nouveaux signes monétaires ! parce qu'elles ne peuvent pas disposer de l'épargne de leurs clients. Dans ces conditions, pourquoi le pouvoir monétaire se prête-t-il à ce jeu de dupes ? J'apporte la preuve comptable de ce que j'avance au chapitre de mon ouvrage, intitulé "La monnaie, source de vie économique", car la monnaie scripturale naît et se transmet par l'écriture comptable.
En ce qui concerne la phrase qui vous gène, on peut l'écrire comme vous le suggérez. Si j'avais eu connaissance de la part que détiennent les banques dans la dette du Trésor, j'aurais été plus précis. Car, c'est cette part qui a conduit à l'émission monétaire.

J'espère avoir répondu aux questions posées.
jean

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#298 12-09-2008 18:10:26

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

L’intéressante proposition de Michel Rocard
par Tzecoatl, sur Agoravox :
http://www.agoravox.fr/article_tous_com … icle=44362

Cet article renvoie à ces deux autres :

L’arnaque monétaire internationale ou la face cachée de la mondialisation
par Crazy Horse, sur Agoravox :
http://www.agoravox.fr/article_tous_com … icle=38367

La dette publique
par Logan, sur Agoravox :
http://www.agoravox.fr/article_tous_com … icle=41389

Et moi, je suis un petit veinard : demain, je passe l'après-midi avec Jean (Bayard), ce qui va me permettre de lui poser la foultitude de questions que m'inspire sa stimulante réflexion smile Je vous raconterai.

Étienne.

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#299 12-09-2008 19:04:38

Tzecoatl
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour à tous.

Il va s'en dire que les deux informations pertinentes de mon article proviennent de ce fil, à savoir la réponse de VGE et la sortie de Rocard.

Je souhaitais montrer aux agoravoxiens, déjà fortement sensibilisés à cette question, les réactions de la classe politique qui n'est pas complètement fermée à notre critique du système monétaire, dont j'ai beaucoup appris auprès de AJH.

Cordialement,

Tzecoatl

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#300 12-09-2008 19:40:17

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@Tzecoatl
Je suis allé lire ton article .. très bien expliqué.

Surtout (je m'adresse à chacun des lecteurs de ce forum) n'hésitez pas à puiser dans nos sites internet ; notre  but est évidemment de faire connaitre cette "arnaque" urbi et orbi (c'est le jour à ça wink ). Nous sommes d'ailleurs en train de mettre en place un nouveau site sous forme d'un appel à une MOBILISATION CITOYENNE pour restaurer le droit légitime des Nations à émettre leur propre monnaie et en finir avec la dette publique.

http://www.societal.org
http://wiki.societal.org
http://www.fauxmonnayeurs.org
http://www.10mensonges.org


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
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#301 12-09-2008 21:33:27

Étienne
Message n°4808
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour Tzecoatl smile

La valeur ajoutée d'Agoravox, en cette occurrence, c'est de multiplier les intervenants, donc de varier les débats et d'augmenter les chances pour nous tous de progresser, tant il est vrai qu'on ne progresse jamais tant que dans la controverse.

Merci pour le relais, donc wink

Étienne.

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#302 13-09-2008 23:27:36

Sandy
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

J'ai déjà lu sur "Liberaux.org" des critiques assez sévères et pleines de certitudes des idées avancées ici. Cela pourrait être intéressant de les inviter à débattre.

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#303 15-09-2008 12:20:27

Étienne
Message n°4823
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

« Étouffés sous la dette »
par Yves Genier, dans le journal suisse Le Temps :
http://www.letemps.ch/template/finance. … cle=239665

Le Trésor américain est donc venu au secours de Freddie et Fannie avec des moyens ahurissants: près de 200 milliards de dollars, soit la moitié du PIB suisse. On a déjà beaucoup évoqué cette entrave aux règles du libéralisme et du capitalisme. Mais il y a une question plus fondamentale encore: jusqu'à quand les contribuables américains pourront-ils supporter l'ÉNORME dette qui pèse sur leurs épaules ? Aujourd'hui, la part de dette fédérale qui pèse sur chaque citoyen américain dépasse les 120 000 dollars.

Et une interrogation croissante est relayée par plusieurs analystes: comment demander aux contribuables de venir au secours du secteur des prêts hypothécaires alors que les mêmes contribuables ne peuvent plus financer les obligations fédérales actuelles ? Fin 2004, les deux banques centrales du Japon et de la Chine détenaient près de mille milliards de dollars en bons du Trésor américain. En théorie, rappelons qu'il n'y a aucune limite à l'endettement. Cependant il y a un niveau de change raisonnable que le dollar doit maintenir sans quoi les créanciers ne voudront plus prêter d'argent aux Etats-Unis.

Dans l'opération de sauvetage de Fannie et Freddie, tout le monde aura remarqué que le plan de sauvetage ne préserve pas les actionnaires mais les détenteurs d'obligations. Pourquoi ? Réponse : les détenteurs d'obligations sont majoritairement des pays étrangers – notamment chinois (lire en page 21). Impossible pour les États-Unis de les laisser tomber car Washington a désespérément besoin de l'argent des non-Américains. Si par malheur, les détenteurs étrangers des 14 915 milliards de dollars de dette américaine commençaient à craindre que le gouvernement fasse défaut, ils s'en débarrasseraient rapidement. Ce serait alors la fin du système monétaire actuel basé sur le dollar.

Il en est qui sont mal placés pour donner des leçons... C'est ce qu'a pensé la semaine dernière la présidente de l'Argentine. Cristina Kirchner a raillé mercredi la banque Lehman Brothers qui avait annoncé que l'Argentine pourrait faire défaut sur la dette en 2010. Une leçon-avertissement qui passe mal au moment où la banque annonçait une perte trimestrielle de 3,9 milliards. «Cette banque étrangère devrait s'intéresser à ses propres comptes plutôt qu'à ceux d'autres pays», a ironisé Mme Kirchner. «Cette même banque qui annonçait l'effondrement de l'Argentine en 2010», a-t-elle ajouté et qui avait aussi dit en 2001, deux mois avant la grande crise économique qui a frappé l'Argentine, que les finances du pays étaient très solides...

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#304 15-09-2008 12:35:52

Étienne
Message n°4824
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Autre dette factice, fabriquée de toutes pièces — faute de monnaie permanente disponible en suffisance dans le pays — aux dépens de ceux qui bossent :

« Le mythe du "déficit" de la Sécurité sociale »
http://reformeraujourdhui.blogspot.com/ … ciale.html

À en croire le gouvernement, les journalistes des grands médias, les instituts de sondage et les experts de tous bords, le « déficit » de la Sécurité sociale menacerait notre système de protection sociale, créé en 1945 pour donner « la garantie à chacun, qu’en toutes circonstances, il pourra assurer sa subsistance et celle de personnes à sa charge ».

Selon le dernier rapport de la commission des comptes de la Sécurité sociale, (CCSS), le déficit du régime général s’élèverait à 11,7 milliards d’ € à la fin de l’année 2007, contre 8,7 milliards en 2006 et 11,6 en 2005. En 2008, il devrait de nouveau s’aggraver à 12,7 milliards d’ €, hors mesures nouvelles inscrites dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2008.

La CCSS a bâti ses prévisions sur une croissance de 2 à 2,5% en 2008 comme en 2007 et table sur une accélération de la progression de la masse salariale de 4,8% en 2008 comme en 2007. Ces chiffres ne donnent pas une vision d’ensemble de la protection sociale car ils concernent le seul régime général et intègrent une reprise de dette d’un montant de 5,7 milliards par la Cades (Caisse d’amortissement de la dette sociale).

En réalité, il y a surtout un manque de financement que les gouvernements successifs, depuis de très nombreuses années, ont laissé perdurer au gré des aléas de la conjoncture économique. Ce « trou » est dû notamment aux nombreuses exonérations de charges sociales, attribuées à tous les employeurs, sans aucune distinction depuis 1993, et non compensées intégralement par l’État.

Et il y avait sans doute des décisions plus courageuses à prendre que la création de nouvelles franchises médicales, à la charge exclusive des assurés sociaux, au 1er janvier 2008...

Outre le ticket modérateur, on connaissait déjà le forfait d’1 € sur les actes médicaux, le forfait de 18 € sur les actes dont le tarif est égal ou supérieur à 91 €, le forfait hospitalier de 16 € par jour (inventé dès 1983...), voilà maintenant le forfait de 50 centimes d’€ par boîte de médicament, le forfait de 50 centimes pour chaque acte paramédical sans oublier le forfait de 2 € pour chaque recours à un transport sanitaire qui s’appliquent depuis le 1er janvier 2008.

Pourtant, d’autres solutions existaient pour rétablir une situation financière saine, dont les principales sont évoquées ci-après, mais le gouvernement préfère marteler que le système actuel donne lieu à des « fraudes », que les assurés sociaux, comme les médecins, dépensent sans compter, qu’il y a une « surconsommation de médicaments », un trop grand « nomadisme médical », un nombre trop important « d’examens médicaux injustifiés » ou « d’arrêts de travail abusifs », sans parler des Français qui vont de plus en plus souvent à l’hôpital pour de petits traitements ou de simples bobos. On donne sa carte Vitale, on ne sait pas combien ça coûte, du chômeur qui "ose" venir réclamer ses prestations familiales à la CAF, de celui qui roule en BMW grâce aux allocations familiales de cette même CAF, etc… autant de balivernes qui masquent les véritables scandales dont on parle peu…

Comble de l’escroquerie intellectuelle, Nicolas Sarkozy, qui parlait volontiers de « rupture » avant l’élection présidentielle, en est réduit aujourd’hui à faire appel à la compassion des Français à l’égard des patients atteints du cancer et de la maladie d’Alzheimer. Car, on ne voit pas comment, en mettant en place un lourd dispositif de franchises, on peut dégager des sommes nécessaires sur ces pathologies à partir d’une assurance maladie qui est déjà très déficitaire !

Les assurés sociaux devront ainsi payer sans rechigner alors que dans le même temps l’État a accumulé, à l’égard de la Sécurité sociale une dette impressionnante.


Régler le problème de la dette de l’État

Dans une note de janvier 2007, l’Acoss (agence centrale des organismes de sécurité sociale) indiquait que la dette de l’État, vis à vis du seul régime général, aurait atteint 5,9 milliards d’euros à la fin 2006.

Avec les autres régimes, notamment le régime agricole, la dette représente plus de 7 milliards d’euros, liée aux exonérations de cotisations que l’État s’était engagé à prendre à sa charge : contrats d’apprentissage et de professionnalisation, exonérations dans les DOM, prestations sociales versées pour le compte de l’État sans que les budgets votés ensuite suffisent à couvrir la dépense (AME, API, etc.).

Cette dette n’apparaît ni dans le déficit budgétaire (les sommes n’étant pas effectivement versées par l’État), ni dans le déficit de la Sécurité sociale (qui, elle, intègre ces créances dans ses comptes). Les coûts de trésorerie associés à la dette ont de plus représenté 160 millions d’euros en 2006 !

Auditionné par la commission des Finances de l’assemblée nationale, le ministre du Budget et des Comptes publics a précisé son intention « d’engager l’apurement de la dette » de l’État au plus tôt.

Mais ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement promet « d’engager l’apurement de la dette » à l’égard de la Sécurité sociale. Cette nouvelle promesse risque de se heurter aux dures réalités financières car, à cause du versement des pensions de retraite en fin d’année, l’Acoss sera virtuellement en défaut de paiement, son plafond d’avances de trésorerie, fixé par la loi à 28 milliards d’euros, devant être dépassé !


Mieux gérer et réduire les exonérations de charges accordées aux employeurs

Depuis de nombreuses années, les exonérations de charges sont accordées indistinctement à toutes les entreprises, celles dont la santé est florissante comme celles qui ont des difficultés sérieuses.

Autre aberration, les exonérations de charges, notamment celles résultant de la loi Fillon, sont attribuées de façon dégressive et s’annulent au niveau de 1,6 Smic, ce qui favorise la multiplication des bas salaires, les employeurs étant inciter indirectement à maintenir le plus de salariés possibles en dessous de 1,6 fois le Smic horaire, soit 13,50 € bruts depuis le 1er juillet 2007. Ces baisses de charges n’ont jamais suscité les créations d’emplois annoncées et l’on devrait par conséquent favoriser exclusivement les entreprises fortement créatrices d’emploi et ne délocalisant pas.

Pour le seul régime général, en 2006, les exonérations de cotisations patronales de sécurité sociale se sont élevées à 23,8 milliards d’euros contre 21,5 milliards en 2005., relève une étude de l’Acoss de novembre 2007. Leur montant a ainsi augmenté de 13,2%, en forte accélération par rapport à l’année précédente. La part des exonérations sur le total des exonérations dues au régime général a également progressé cette année, contrairement aux années précédentes, s’établissant à 9,4%, soit 0,6% point supplémentaire.

Pour l’ensemble des régimes de Sécurité sociale, la CCSS indique que les dispositifs d’exonérations de charges en faveur de l’emploi devraient atteindre le total impressionnant de 31,75 milliards d’euros en 2008 après 28 milliards en 2007 et 24 milliards en 2006. Cette nouvelle poussée est liée aux allégements sur les heures supplémentaires, qui représenteront un peu plus de 4 milliards de plus l’an prochain. Les allégements généraux (entre 1 et 1,6 SMIC) devraient quant à eux voir leur progression ralentir (+ 4,3 % tout de même), à 21,5 milliards d’euros, ainsi que les exonérations en faveur de l’emploi à domicile (+ 7 %), à 2,1 milliards. Sur l’ensemble de ces exonérations, près de 2,5 milliards d’euros ne seraient pas encore compensés à la Sécurité sociale en 2008.


Fiscaliser les cotisations salariales, au moins en partie

Le rétablissement d’une trésorerie saine passe aussi par un changement du mode de financement de la Sécurité sociale, qui devrait être accompagné de la création d’un régime universel et de la disparition de la multitude de régimes particuliers existants, pour les toutes les branches maladie, allocations familiales et vieillesse.

Il convient d’en finir avec ce qu’il est convenu d’appeler tantôt des cotisations (maladie, vieillesse, allocations familiales, accidents du travail, fonds national d’aide au logement, etc.), tantôt des contributions comme la CSG (contribution sociale généralisée) ou la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) qui sont tantôt déductibles de l’impôt sur le revenu, tantôt non déductibles !

En 2006, sur les 322,8 milliards d’euros encaissées par les Urssaf, 71% de ces encaissements provenaient des cotisations et contributions sur les salaires et autres revenus d’activité professionnelle, sans parler des cotisations et contributions sur les revenus de remplacement tels que retraites ou allocations chômage !

Un financement plus équitable consisterait dans le versement d’une contribution financière par tous les assujettis sans exception, Calculée avec un même pourcentage sur l’ensemble des revenus fiscaux au lieu et place des cotisations et contributions sur les seuls salaires, elle serait à la fois plus juste (une même assiette fiscale pour tous, quel que soit son régime actuel de sécurité sociale) et plus important (1 point de cotisation sur l’ensemble des revenus déclarés au fisc rapportant beaucoup plus qu’un point de cotisation sur les seuls salaires).

Les salariés seraient les premiers gagnants car les salaires, non amputés des cotisations sociales, seraient supérieurs aux salaires nets actuels.

En son temps, Michel Rocard avait courageusement créé la CSG avec une assiette de cotisations un peu plus large que les salaires, mettant à contribution l’ensemble des revenus des personnes physiques (revenus salariaux, revenus de remplacement, revenus financiers). Mais celle-ci repose encore principalement sur les salaires et ne taxe donc pas les foyers fiscaux selon leur faculté contributive, comme pourrait le faire une contribution universelle basée sur la même assiette que celle de l’impôt progressif sur les revenus.

Face à la perspective d’un changement radical du mode de financement, les partis de gouvernement font preuve soit d’une hostilité viscérale (c’est le cas de l’UMP), soit d’une extraordinaire timidité (c’est le cas du PS). Il en va de même des organisations syndicales, très conservatrices dans ce domaine, qui en sont restées au bon vieux principe de l’assiette salariale d’après guerre et aux sacro-saintes cotisations ouvrières et patronales...


Élargir l’assiette des cotisations patronales

Le problème de l’injustice de l’assiette salariale se pose également pour les cotisations des entreprises, dites cotisations patronales. C’est ainsi que les sociétés à fort taux de main d’œuvre, avec une forte masse salariale mais une faible valeur ajoutée, se trouvent pénalisées par rapport à celles ayant une faible masse salariale mais une haute valeur ajoutée.

Le remplacement des cotisations patronales par une contribution sur la valeur ajoutée serait la mesure la plus appropriée et équivaudrait à la création d’une « CSG entreprise ». Cette proposition fut explorée à plusieurs reprises au travers de divers rapports commandés, par le passé, aussi bien par Alain Juppé que par Lionel Jospin, anciens premiers ministres.

Un tel changement d’assiette des cotisations patronales serait une véritable révolution. Il reviendrait pour la première fois à inclure les profits d’exploitation des entreprises dans l’assiette de financement de la Sécurité sociale, notamment les entreprises ayant « ajusté à la baisse » leur masse salariale, à l’occasion de restructurations ou délocalisations.

La « CSG entreprise » aurait également des effets bénéfiques sur l’emploi des PME, souvent étranglées par les contraintes imposées par les « donneurs d’ordre ».

Plusieurs syndicats professionnels sont pour cette raison, favorables à cette nouvelle assiette qui serait de surcroît beaucoup plus stable que l’assiette salaire. Il n’est pas anodin que la confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) et l’union patronale artisanale (UPA) y soient particulièrement favorables à la différence du MEDEF.

La CSG entreprise serait aussi facile à mettre en place. Elle existe en effet déjà en germe dans l’actuelle contribution sociale de solidarité sur les sociétés (C3S), assise sur la valeur ajoutée, mais dont le taux est très faible. Pour réaliser le basculement total des cotisations patronales vers cette CSG entreprise, il suffirait de supprimer les cotisations patronales et leur substituer une C3S dont le taux serait à peu près multiplié par 40 par rapport à son taux actuel.


Assujettir les rémunérations indirectes telles que l’intéressement, la participation et les stock-options

Le rapport annuel de la cour des comptes sur la Sécurité sociale estime que les exonérations de cotisations sociales sur les stocks-options ont fait perdre 3 milliards d’euros de recettes en 2005. Pourtant pour le premier président de la cour, Philippe Séguin, les 8,5 milliards de stocks-options distribués en 2005 sont bien « un revenu lié au travail, donc normalement taxable ». Le président observe également que les gains réalisés par les bénéficiaires sont souvent importants et concentrés sur un nombre restreint d’individus. Les 100 premiers bénéficiaires devraient toucher chacun une plus-value de plus de 500 000 euros, et les 50 premiers de plus de 10 millions d’euros.

Le rapport souligne que les mécanismes d’intéressement tels que les stocks-options, ainsi que les indemnités de départ à la retraite ou de licenciement, exonérés de charges sociales, représentent une perte comprise entre 6 et 8,3 milliards d’euros en 2005 ; Une somme qui aurait pu réduire de moitié le déficit qui s’élevait la même année à 11,6 milliards d’euros !

La cour des comptes propose donc au gouvernement de plafonner, voire de supprimer ces exonérations de cotisations !

Nicolas Sarkozy avait évoqué ce problème pendant la campagne présidentielle et la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008 prévoit bien d’instituer une contribution patronale de 10% qui s’appliquera sur les attributions d’options de souscription ou d’achats d’actions et sur les attributions d’actions gratuites. Une contribution salariale de 2,5% s’appliquera par ailleurs aux plus-values réalisées lors des levées d’options de souscription ou d’achat d’actions et lors des cessions d’actions gratuites. Une décision bien timide que la majorité parlementaire UMP a pris soin d’édulcorer encore un peu plus en instituant une date d’effet non rétroactive, à compter du 16 octobre 2007 seulement...


Développer le contrôle des entreprises par les Urssaf

L’action des Urssaf est centrée essentiellement sur le contrôle d’assiette, contrôle sur place d’une entreprise dont la situation est vue dans son ensemble et qui donne lieu à des redressements, essentiellement la réintégration dans l’assiette des cotisations d’avantages en nature, de salaires non déclarés, de salariés et salaires non déclarés sans intention de fraude.

En 2006, environ 110 000 entreprises, soit 5,15 % du total, ont fait l’objet d’un contrôle d’assiette et l’Acoss a relevé une hausse importante du montant des redressements réalisés qui a atteint 893,5 millions d’ € contre 824,9 millions en 2005.

Si toutes les entreprises concernées étaient contrôlées chaque année (environ 2 150 000), le montant des redressements s’élèverait à près de 7 milliards d’euros par an !

Malheureusement la faiblesse du corps des inspecteurs d’Urssaf, 1705 inspecteurs du recouvrement pour toute la France, soit 1 inspecteur pour 1250 entreprises, fait que certaines entreprises ne sont jamais contrôlées ou trop peu.

Au classique contrôle d’assiette s’ajoute la lutte contre le travail illégal et clandestin. Mais malheureusement, dans ce domaine aussi, les déclarations d’intention tiennent souvent lieu de politique menée. Les Urssaf affectent en fait moins de 10% des effectifs du corps de contrôle à la lutte contre le travail clandestin, c’est à dire moins de 170 inspecteurs pour toute la France !

Dernier chiffre connu, celui de la fraude dans les cafés, hôtels, restaurants qui s’élèverait, d’après l’Acoss, à 29,4 % d’établissements qui font travailler des salariés non déclarés. Les taux de fraude sont très importants en Île-de-France et dans les DOM, avec respectivement 61 % et 48 % des établissements en infraction !

Pierre Ricordeau, nouveau directeur de l’Acoss, a indiqué que la branche du recouvrement pour le seul régime général avait encaissé 322,8 milliards d’euros en 2006 !

Mais fin février 2007, le taux des restes à recouvrer des entreprises du secteur privé s’établissait à 0,70%, soit 2,25 milliards d’euros de manque à gagner pour la Sécurité sociale.

Chaque année, une partie de ces restes à recouvrer, est effacée régulièrement des ardoises et finissent (dans le jargon de l’Urssaf) en « admission en non-valeur », c’est à dire qu’elles sont considérées comme définitivement impossibles à recouvrer et disparaissent en fumée…


Supprimer la subvention de l’Assurance maladie aux entreprises

Chaque heure, un salarié meurt pour des raisons directement liées au travail. Selon François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, ce sont en moyenne 9 000 personnes qui meurent chaque année en France d’accidents du travail ou de maladies professionnelles.

Dans le secteur privé, selon les chiffres de la Caisse nationale d’Assurance-Maladie (CNAM), on a enregistré 699 217 accidents de travail avec arrêts en 2005 dont 474 mortels.

48 104 maladies professionnelles ont été reconnues par la CNAM en 2004, soit 25 maladies professionnelles pour 10 000 salariés et une augmentation de 7,73% par rapport à 2003. Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent 76 % de l’ensemble de ces maladies, et ont augmenté de 6 %. Les affections provoquées par le bruit ont augmenté très fortement (+ 43,71 %) et le nombre total de cancers reconnus d’origine professionnelle est passé de 1 661 à 1 889 cas.

Mais en réalité, ces chiffres et en particulier ceux des cancers professionnels seraient beaucoup plus élevés et avoisineraient les 7 500 par an selon Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CGT car c’est un véritable parcours du combattant qui a été mis en place pour dissuader les victimes de s’engager dans la reconnaissance du caractère professionnel de la maladie.

La Direction générale du travail observe que les sommes consacrées à l’indemnisation des maladies professionnelles sont également en augmentation constante, passant de 1 121 millions d’ € en 2002 à 1 246 millions en 2003 et 1 481 millions en 2004.

Si l’assurance maladie est en difficulté financière, c’est aussi parce qu’elle ne réclame pas le remboursement des pathologies en rapport avec le travail : cancers professionnels, allergies, stress, troubles musculo-squelettiques et même suicides, etc.

Cela constitue en fait une formidable subvention de l’assurance maladie vis-à-vis des entreprises…


Modifier les critères d’attribution des prestations sociales, dont 50% sont versées sans conditions de ressources

Depuis 1978, les prestations familiales ont été étendues à l’ensemble de la population (29,5 millions de familles sont couvertes aujourd’hui par au moins une des prestations de la CAF) mais de nombreuses allocations sont attribuées sans aucune condition de ressources. Ces prestations représentent, en masse financière, la moitié environ du total des prestations servies par les CAF.

Les allocations familiales, par exemple, sont attribuées systématiquement à toutes les familles ayant au moins deux enfants, celles vivant modestement comme celles vivant confortablement (cadres supérieurs, professions libérales, PDG, etc.).

Cette situation anormale, qui consiste à aider de manière identique les familles pauvres comme les familles les plus riches, est très choquante. Dans la France du 21ème siècle, les chômeurs, rmistes, salariés modestes n’ayant qu’un enfant à charge ne perçoivent pas d’allocations familiales car elles sont attribuées qu’à partir du second enfant mais le milliardaire en euros, ayant deux enfants à charge les perçoit !

Aucune réforme sérieuse n’a jamais été entreprise par les pouvoirs publics pour remédier à cette situation qui date de l’après-guerre. Seul Lionel Jospin avait tenté maladroitement de fixer un plafond de ressources au-delà duquel les familles aisées n’y avaient pas droit, ce qui déclencha immédiatement, à cause des effets de seuil, une certaine réprobation des familles, plutôt aisées, il est vrai…

Toute réforme crédible devrait prévoir en fait soit le versement des allocations familiales à toutes les familles dès le premier enfant, en les déclarant ensuite dans l’impôt sur le revenu (telle fut à un moment la proposition d’Alain Juppé, 1er Ministre), soit l’attribution à tous mais en fonction d’un barème dont les montants seraient dégressifs au fur et à mesure que les revenus augmentent.

Ces modifications devraient être étendues à toutes les prestations sans exception de façon à mettre en adéquation un budget social avec une certaine justice sociale.

Les moyens ne manquent donc pas pour que le financement de la Sécurité sociale soit établi de façon pérenne pour toutes les branches maladie, accidents de travail, allocations familiales et vieillesse.

L’affaiblissement de la protection sociale découle avant tout d’un choix politique fait depuis la fin des trente glorieuses par tous les gouvernements successifs de droite comme de gauche, qui n’ont jamais voulu réformer vraiment le système, préférant utiliser les bonnes et vieilles recettes de la « maîtrise médicalisée » des soins (anciennement maîtrise comptable…) ou de la baisse du montant des pensions servies (réformes Balladur en 1993 et réforme Fillon en 2003, absence de réforme de la part de Lionel Jospin…).

Aujourd’hui, la méthode utilisée par Nicolas Sarkozy pour tenter de résorber ce « déficit » n’est finalement pas surprenante car c’est la même que celle employée pour compenser les baisses d’impôts consenties aux plus fortunés : augmenter encore la fiscalité indirecte en la déguisant, pour la circonstance, en franchises médicales.

Cette solution particulièrement injuste confirme, si besoin était, que la majorité gouvernementale UMP - Nouveau Centre est toujours prédisposée à remettre en cause les principes de solidarité de la Sécurité sociale comme ceux de l’impôt progressif républicain.

Cela ressemble étrangement à la politique de Georges Bush qui s’est fait le champion lui aussi des baisses d’impôts pour les plus riches et qui a programmé la disparition de ce qu’il reste du peu de droits aux États-Unis pour se soigner ou bénéficier d’une retraite décente…

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#305 15-09-2008 12:50:47

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Oui...

Qui plus est, tout le monde oublie que les dépenses des uns (les "dépenses" des caisses de SS) font les recettes des autres (toute la chaîne des professionnels de santé), lesquelles recettes ne rentrent pas dans la même comptabilité  (celle de la sécu), mais dans celle du PIB.

Dernière modification par AJH (15-09-2008 12:58:19)


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#306 15-09-2008 13:11:33

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Je rajoute...

Il est bien sûr toujours délicat de comparer des flux et des stocks, mais le patrimoine de la Sécurité Sociale est de 195,8 milliards d'euros...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrimoine … C3%A7aises


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#307 15-09-2008 19:12:11

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Aux 8 remèdes cités dans cet article j'en rajouterais un: une taxe sur la consommation (TVA sociale ou simple taxe sur le prix de vente) assortie d'un "impôt positif"  distribué à tous (je dis bien "tous", afin de lisser l'effet de la pauvreté sur les taxes à la consommation). Une telle taxe pourrait également inclure une composante écologique et sociétale.
J'avais un jour fait le calcul quelque part mais je ne le retrouve plus ... sad

Dernière modification par AJH (15-09-2008 19:13:53)


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#308 15-09-2008 21:54:33

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

C’est maintenant ou jamais…

http://www.solidariteetprogres.org/article4548.html

15 septembre 2008 (Nouvelle Solidarité) – Comme nous l’avons signalé depuis des années, le système financier et monétaire international ne pouvait que finir par s’effondrer, puisqu’il est devenu une entité entièrement privée, spéculative, et destructrice pour l’économie physique, depuis que le système de Bretton Woods a été définitivement abandonné en 1971. Comme le week-end passé, le week-end qui vient de se finir démontre, pour ceux qui y auraient encore cru, que le système est bel et bien mort.

Lehman Brothers, 4e banque d’investissement américaine, 650 milliards d’actifs affichés, est mise en faillite, faute de repreneurs. En effet, ça ne se bousculait pas au portillon pour racheter la banque new-yorkaise. Barclays demandait comme condition une garantie du gouvernement américain de 300 milliards ! Qui voudrait d’une banque dont la moitié des actifs n’existent pas ?!

Merril Lynch, une des plus grosses banques d’affaire du monde avec 1800 milliards de dollars d’actifs, vient d’être rachetée par Bank of America (BoA) pour 50 milliards de dollars. On peut donc se demander les conditions et les garanties qui ont été données à BoA pour un tel rachat. Merrill Lynch a déjà perdu officiellement 52 milliards de dollars sur des actifs titrisés.

AIG, le premier assureur mondial, demande un prêt à court terme de 40 milliards à la Réserve Fédérale (Fed). Il faut dire que le groupe américain a assuré pour des dizaines de milliards de dérivés de crédit.

Washington Mutual, 1ère banque d’épargne des Etats-Unis, fait face à 32,5 milliards de dollars de défaut de paiement sur des hypothèques et aurait besoin, à moyen terme, d’une garantie du gouvernement pour faire face à des pertes qui s’élèveraient à 24 milliards.

La Fed ouvre encore plus grand les vannes du crédit aux « 10 grandes banques qui ont travaillé avec elle tout le week-end pour éviter un cataclysme boursier lundi », écrit l’AFP. La banque centrale américaine accroît les montants de liquidités allouées au refinancement des institutions bancaires en faisant passer sa principale enchère de 250 milliards de dollars mensuels, à 600 milliards. Et elle abandonne l’obligation pour les banques preneuses de fournir en contrepartie des titres notés « AAA », c’est-à-dire des titres théoriquement « sûrs », pour accepter des actifs à risque, c’est-à-dire des titres autrement invendables sur les marchés. Ces dix banques - Bank of America, Barclays, Citigroup, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan Chase Co, Merrill Lynch, Morgan Stanley et UBS – dont quatre européennes, ont mis au pot 7 milliards de dollars chacune pour un fond anti-faillite de 70 milliards de dollars au total.

La BCE, la Banque d’Angleterre et la Banque Nationale de Suisse s’apprêtent aussi à pisser des liquidités, après les concertations qui ont duré tout le week-end. Dans un communiqué, la BCE se dit "prête à contribuer à des conditions ordonnées sur le marché monétaire en euro", ce que l’agence Reuters traduit à juste titre par « un signe qu’elle est disposée à ouvrir grand les robinets du crédit ».

Alors c’est maintenant ou jamais…Face au krach financier : le Nouveau Bretton Woods (le vrai).

Quand on voit les marges de manoeuvre gigantiques que les banques centrales savent dégager quand leur propre intérêt est en jeu, on est rétrospectivement dégoûté quand on se souvient de leur pingrerie, âpres au gain et sans pitié, pour financer les économies nationales.

Ce qu'on oublie de faire en nationalisant ces banques en faillite,
c'est de jeter en prison tous leurs dirigeants.


L'irresponsabilité pénale des prétendus "experts financiers" (racketeurs en bande organisée, en fait)  est un scandale honteux.

Bien fait pour nous puisque nous restons là sans rien faire.

Bien fait pour nous puisque nous sommes trop lâches, trop sottement égoïstes, pour nous révolter, nous insurger, et même pour seulement manifester notre mécontentement : combien sommes-nous aux Mocries ? Quelques poignées...

La Boétie avait bien repéré que le moteur de la servitude volontaire, c'est l'indifférence au sort d'autrui. Quelle puissante pensée.

N'oubliez pas de réécouter la contre-histoire de la philosophie de Michel Onfray de cette année (diffusées au mois d'août sur France Culture)(*).

Les quatre leçons sur Stirner
1. Stirner, un roman solipsiste,
2. Une machine de guerre antihégélienne,
3. Jouir de la vie et
4. Se créer Liberté
sont passionnantes tant elles incitent logiquement à se lever pour résister...

Au premier abord, on dirait une brute cynique qui professe une doctrine repoussante selon laquelle chacun fait sa loi et agit comme il veut, arrêté par la seule force que lui opposent les autres, "Chacun se préfère aux autres, Un chien voit un os en la possession d’un autre chien et ne reste à l’écart que s’il se sent trop faible, Si vous prenez la jouissance, elle est votre droit, Je fais ce que je veux..." Pas faux mais pas aimable, apparemment inutilisable pour concevoir une société pacifiée...

Et au deuxième abord, Stirner est finalement un disciple extrême de l'indispensable La Boétie, un antidote puissant à cette école de la soumission qui était professée à l'époque par ce salaud de Hegel (philosophe fumeux justifiant un État tout puissant, totalitaire, dominant tout à fait les individus) : Stirner dit : battez-vous, résistez, l'individu est la seule réalité qui vaille, rien ne peut ni ne doit limiter sa liberté, ce sont les pauvres qui sont responsables de l'existence des riches, Si la soumission cessait, c’en serait fini de la domination aussi, La force qui manque à l'individu peut lui venir par associations d'égoïstes.... Dérangeant, décapant, mais pas inutile du tout, en fait... À découvrir... (Merci Michel hmm)

Étienne.


(*) Malheureusement, contrairement aux années passées, si vous n'avez pas podcasté et enregistré les émissions d'août au fur et à mesure, elles semblent déjà ne plus être disponibles sur le site de France Culture... Dommage car les CD de Michel sont très chers.
Mais alors, que c'est passionnant ! Cette sixième année contenait encore de nombreuses pépites d'intelligence utile pour résister.


La seule chose qui permet au mal de triompher,
c'est l'inaction des hommes de bien.

Edmond Burke (1929 - 1997)

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal,
mais par ceux qui les regardent sans rien faire.

Albert Einstein

Voyez la riche page "En vrac"

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#309 15-09-2008 22:29:18

Instit
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

La Banque Centrale Européenne a injecté 30 milliards d’euros.

Chose étonnante : cet été, la Banque Centrale Européenne avait déjà injecté 65 milliards d’euros dans les banques privées européennes pour les sauver de la faillite.

Aujourd’hui, elle injecte 30 milliards d’euros supplémentaires. 65 + 30 = 95 milliards d’euros pour sauver les banques privées !

En clair : les contribuables européens vont payer 95 milliards d’euros pour sauver les banques privées de la faillite !

Conclusion : les banquiers européens jouent à l’économie-casino. Mais les banquiers européens savent que jouer au casino leur fera TOUJOURS gagner des milliards.

1- Quand les banquiers gagnent en jouant à l’économie-casino, les banquiers empochent l’argent.

2- Quand les banquiers perdent en jouant à l’économie-casino, les contribuables européens doivent payer 95 milliards d’euros pour sauver les banques de la faillite !

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#310 16-09-2008 07:41:30

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@Instit

Ce n'est pas tout à fait ça ..
La BCE "refinance" c'est à dire qu'elle prends "en pension" pour une période donnée les titres que les banques peuvent offrir en garantie pour obtenir de la monnaie centrale (la monnaie qui leurs permet les échanges et les compensations entre elles, à partir de leurs comptes à la banque centrale nationale)
Les contribuables ne payent rien dans ce cas, car les banques sont censées rembourser la BCE qui effacera donc leur dette issue du refinancement.
C'est évidemment différent en cas de faillite d'une banque qui ne peut rembourser cette ouverture de crédit supplémentaire à la BCE

lire  http://wiki.societal.org/tiki-index.php … t=agoravox


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#311 16-09-2008 12:22:32

NingúnOtro
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Mais non, AJH, Instit à tout à fait raison...

... la compétitivité extrème amène toujours à faire des paris à la limite... pile, je gagne, face, tout le monde perds!

Le problème, c'est que cette situation n'est pas exceptionnelle, elle est structurelle par la logique du sistème... ceux qui ne prennent pas ce pari... ont perdu la compétitivité d'avance. Alors, tout le monde prends le pari... et retient son souffle.

La chute du dolar face à l'euro, c'était une reconnaissance du fait que les paris américains étaient trop risquées pour les investisseurs... la preuve en est que le cours du dollar ne c'est pas redressé avant l'injection d'argent public dans FANNIE MAE et FREDDY MAC, statuant aisi que ce serait la FED qui amorcerait le risque des paris en faisant payer le contribuable. C'est ce que les autres banques etc. sont en train d'essayer maintenant... ils soumettent à la FED leur besoin urgent de refinanciation aussi... en spéculant (encore des paris à la limite) sur le fait d'entrer ou non dans le  lot de ceux qui pourraient avoir aussi la chance d'être sauvés.

C'est parce-que cette dynamique ne peut être supportée trop longtemps d'ailleurs que la FED leur claque maintenant la porte sur le nez en abandonnant LEHMAN BROTHERS, qui avait reussi à se placer le premier dans la qeue.

Ceci aura servi pour démontrer que sauver FANNIE MAE et FREDDY MAC n'aura servi à rien. Cela ne sert qu'a encourager ceux qui prennent des risques spéculatifs dans la course folle à compétition pour la compétitivité.

La compétitivité est un leurre, elle ne sert qu'a opposer des démandants de crédit pour developper des activités quand on sous-entends que l'argent disponible (la quantité de monnaie mise en circulation pour combler ces besoins) est fortement inférieure à la quantité de monnaie necessaire pour que tout le monde qui en à besoin puisse obtenir toute celle dont il à besoin.

Le truc, à la fin, est de savoir QUI décide que 150.000 millions de dollars pour Fannie Mae et Freddy Mac c'est bien, et POURQUOI, mais resoudre par exemple le problème de la faim ou celui du sida, ou quelques autres problèmes à base humaine plutôt qu'économique ou strictement financière n'est pas possible.

QUI?, POURQUOI?

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#312 16-09-2008 13:54:05

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

L' allocation hebdomadaire de la BCE est habituellement de €150 à €200 milliards: la seule chose, c'est que je ne suis pas certain que le refinancement soit garanti par des prises en pension de "bonne qualité".


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#313 16-09-2008 17:02:08

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@NingúnOtro

J'essaye d'expliquer ce à quoi corresponds réellement le "refinancement".. ce n'est évidemment pas pour autant que j'approuve le système, et je suis d'accord avec toi sur tes deux derniers paragraphes et tes questions, qui et pourquoi. Néanmoins le cas de Fannie Mae et Freddy Mac est très particulier: différents pays étrangers détiennent des obligations (des titres) émis par ces deux structures, pour, je crois 1000 milliards de dollars, et les "lâcher" signifiait immédiatement l'effondrement du dollar; les ricains ne pouvaient pas le faire, c'était un suicide.


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#314 17-09-2008 04:27:00

NingúnOtro
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

D'accord pour Fannie May et Freddy Mac. Vues les circonstances, le problème réel est de comprendre pourquoi rien ni personne n'est intervenu bien avant pour ne pas courir ce risque avec ces investisseurs étrangers institutionnels qu'on ne pouvait pas laisser tomber sans que tout dégringole.

Le problème de fond est donc de savoir si cette stratégie (de placer des investissements pourris en dollars) est une tactique habituelle de payer des investisseurs étrangers avec quelque chose qui risque de ne plus rien valoir a chaque instant, auquelle l'effondrement des valeurs de FM & FMc aurait fait trop de mal pour que les États-Unis puissent aujourd'hui se permettre une telle chose, ou si cette situation et cette solution se sont produites sans connexion avec stratégies préalables.

Parce-que cela pose le problème général de toutes les inversions dénommés en dollars et garanties ou pas par les États-Unis ou par la FED: peut-on les maintenir en sachant que quand les USA décideront qu'ils ne peuvent plus les honorer (et que leurs armées ne suffiront plus à faire que tout le monde accepte cela et se taise) tout cela deviendra simplement poussière?

Les USA devraient en bonne logique souffrir un mouvement de désinvestissement brutal, les inversions se dirigeant vers des pays émergents avec une économie plus performante et sans armées sur-dimensionnées qui nous feraient peur à l'heure de réclamer ce qui nous appartient.

La aussi,  il y à l'impression que comme il n'y à pas assez pour rembourser tout le monde, seuls les premiers seront servis... et ce n'est pas très intelligent que d'attendre à ce que se soient les américains eux-mêmes qui décident qui sont les amis les plus proches auxquels ils feront cette faveur le jour venu.

Si les USA étaient une entreprise commerciale tout court, elle devrait être placée sous l'autorité d'une commission de liquidation.

Dans la compétition LIBÉRALISME - COMMUNISME, bien que les deux systèmes étaient pourris par le besoin de pervertir leurs propres règles pour rester dans la course... on voit maintenant clairement qu'on avait l'impression que c'était le LIBÉRALISME qui avait gagné... seulement parce-que leur comptabilité était truquée. Je ne fais pas un procès au libéralisme, ni au communisme, ni à aucun autre système... je fais un procès au fait que des que plusieurs alternatives sont présentes le besoin de se faire la concurrence et de démontrer la supériorité de l'une sur les autres, et le fait de poursuivre cette compétition bien au delà de toute possible limite logique et éthique qui préserve le système qui est commun à tous, la Terre, d'expériments à résultats irréversibles et d'épuisement de matières premières irremplaçables, nous condamne tous à l'extinction.

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#315 17-09-2008 12:07:26

Instit
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

« Les Echos.fr : La débâcle de Lehman Brothers menace-t-elle le système bancaire international dans son ensemble ? Le risque systémique est-il réel ?

Michel AGLIETTA, professeur d'économie à PARIS-X NANTERRE : Oui, certainement. La décision spectaculaire prise par la Réserve fédérale, en élargissant le type d'actifs qu'elle peut prendre en pension, en témoigne. De même que la création, par dix grandes banques, d'un pool de 70 milliards de dollars pour assurer la liquidité du marché interbancaire. Ces mesures ont pour but d'éviter une faillite générale d'un système où toutes les banques sont liées entre elles par des crédits croisés. La décision des autorités monétaires américaines témoigne de leurs craintes d'un risque systémique qui entraînerait une cascade de faillites bancaires. Nous assistons là à une socialisation des pertes des banques. »

Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, The Guardian, 16 septembre 2008 :

« Heure des comptes, ou effondrement du château de cartes, chacun choisira son cliché. Le fait est que le dernier soubresaut de cette crise financière que certains comparent avec le krach de Wall Street en 1929, est le résultat du comportement malhonnête des institutions financières, et de l’incompétence de la part des décideurs. Nous sommes habitués à cette hypocrisie. Les banques rejettent toute suggestion visant à les soumettre à une règlementation, les banques repoussent toute proposition de mesures anti-trust - mais lorsque les problèmes surgissent, elles demandent subitement l’intervention de l’Etat : elles doivent être renflouées car elles sont trop grosses, trop importantes, pour pouvoir faillir. »

Paul Krugman, économiste, New York Times, 15 septembre 2008 :

« Les conséquences de ces opérations de sauvetage rendent nerveux les responsables de la Fed et du Trésor. Car ils prennent de gros risques avec l’argent des contribuables. Par exemple, la plus grande partie du portefeuille d’actifs de la Fed est à ce jour engagée en contrepartie de prêts garantis par des collatéraux à la valeur douteuse. En outre, les responsables s’inquiètent que leurs efforts de sauvetage puissent encourager l’apparition d’encore plus de comportements à risque. A la longue, cela commence à ressembler à : « Pile, je gagne. Face, les contribuables perdent. »

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#316 17-09-2008 17:00:47

NingúnOtro
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Message n°4836
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Voila qu'ils me volent mes expressions... "Pile, je gagne; face, tout le monde perd".

Ce genre de paris est le rien-ne-va-plus, le nec plus ultra, de la stratégie de la compétitivité à outrance dans une économie de marché libre et non-faussée (sauf quand cela intéresse pour reprendre du souffle après avoir mal parié, et qu'on réussit l'exploit de convaincre l'autorité ultra-libérale, parce-que alors c'est une stratégie encore plus élaborée pour essayer de décrocher une seconde dernière chance... et rester dans la course folle).

La logique suivie est si claire que tout le monde la joue, sous peine d'être décroché du peloton de tête dans la course folle à l'accélération.

Les subprimes étaient un instrument pour tromper le moteur et accélérer plus vite que ce que les existences actuelles de carburant ne permettaient... tout le monde avait trouvé le truc pour rouler sur du carburant futur avant qu'il ne se soit matérialisé... mais il arrive un moment ou on se rend compte du fait que cela devient physiquement impossible de matérialiser tout ces emprunts au futur...

Les subprimes ne sont pas les seuls instruments concernés... le marché de futurs et la spéculation qui s'en suit est quelque-chose de pareil.


Au fait, j'ai une question à poser... lorsque la boite qui à titrisé l'hypothèque d'une maison fait faillite, d'un coté il y à les acheteurs des titres qui peuvent réclamer les montants investis, mais de l'autre coté il y à le propriétaire de la maison qui soudainement n'a plus à qui payer... est-ce qu'il peut agir subitement comme si il n'avait plus d'hypothèque sur sa maison, faute d'avoir à qui payer après la faillite?

Parce-que si c'était le cas, il devrait protester le fait qu'on rescousse la banque pour qu'on ne l'oblige pas a terminer de payer son hypothèque pourrie.

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#317 18-09-2008 06:28:15

Instit
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Message n°4837
Date d'inscription: 20-10-2007
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Nous devons nous rappeler du 2 décembre 1945.

Le 2 décembre 1945, le chef du gouvernement, un certain Charles De Gaulle, nationalise la Banque de France et les grandes banques de crédit. Conséquence : la Banque de France et les grandes banques de crédit passent SOUS LES ORDRES DU POUVOIR POLITIQUE. La France va connaître la période appelée " Les Trente Glorieuses ".

A partir de 1986, c'est le contraire. Jacques Chirac (l'anti De Gaulle) commence à privatiser les grandes banques. Edouard Balladur continuera à privatiser les grandes banques. Lionel Jospin continuera à privatiser les grandes banques. Jean-Pierre Raffarin continuera à privatiser les grandes banques. Conséquence : les grandes banques ECHAPPENT AUX ORDRES DU POUVOIR POLITIQUE. La France connaît la période la plus désastreuse de son Histoire : 1986-2008, la désagrégation de la France.

Conclusion : nous devons faire comme Charles De Gaulle a fait le 2 décembre 1945. Nous devons nationaliser la Banque de France et les grandes banques de crédit. La banque ne doit pas être dans le secteur privé. La banque est un service public.

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#318 18-09-2008 07:59:37

AJH
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Message n°4838
Lieu: Aix en Provence
Date d'inscription: 18-08-2006
Messages: 1559
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@ Instit

En ce qui concerne la banque de France, elle est restée nationalisée. Le problème est que ses statuts lui interdisent de prêter aux collectivités publiques.
http://www.fauxmonnayeurs.org/articles. … r&pg=4


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
http://www.societal.org

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#319 18-09-2008 10:51:48

Candide
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Message n°4839
Date d'inscription: 17-03-2006
Messages: 244

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Et voilà ce qu'on peut lire dans la presse ce jour :

L'ancien Premier ministre Edouard Balladur et le député UMP Bernard Carayon ont appelé les gouvernements, y compris en Europe, à prendre leurs responsabilités.

"Les Etats doivent vite reprendre leurs responsabilités, sans remettre en cause le libéralisme économique, il leur faut fixer à nouveau des règles du jeu", déclare jeudi M. Balladur dans le quotidien économique La Tribune.

C'est un appel au secours, le comble absolu de l'hypocrisie au regard de la doctrine de la "concurrence libre et non faussée", de la "liberté totale du marché" et de la "non-intervention des États".

Prendre leurs "responsabilités" et "fixer à nouveau des règles du jeu" "sans remettre en cause le libéralisme économique" (c'est à hurler, nom de Zeus !!!!!), c'est-à-dire cracher au bassinet pour recoller les pots cassés, mais surtout ne rien dire et ne rien faire qui puisse empêcher ces truands de recommencer dès que l'orage sera passé.

yikesyikesyikesyikesyikesyikesyikesyikesyikesyikes


Si une nation espère pouvoir rester à la fois ignorante et libre, elle espère ce qui n'a jamais été possible et ne le sera jamais.
(Thomas Jefferson)

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#320 19-09-2008 07:06:12

Instit
Membre
Message n°4840
Date d'inscription: 20-10-2007
Messages: 446

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH, nous devrions changer les statuts de la Banque de France. La Banque de France devrait pouvoir prêter aux collectivités publiques.

D'autre part, LE POUVOIR POLITIQUE français, issu du suffrage universel direct, c'est-à-dire choisi par le peuple, doit contrôler LE POUVOIR MONETAIRE.

L'Etat doit reprendre un pouvoir essentiel : le pouvoir de battre monnaie.

Enfin, j'aimerais présenter 4 mesures à prendre (si un jour les Républicains NONistes arrivent au pouvoir).

La première mesure à prendre (si un jour les Républicains NONistes arrivent au pouvoir) : le pouvoir politique doit reprendre le contrôle de la monnaie de la France, le franc.

La deuxième mesure à prendre : relancer le plus vite possible la planche à billets pour revenir aux pièces et aux billets en francs.

La troisième mesure à prendre : comme le Général De Gaulle l'avait fait le 2 décembre 1945, nationaliser les banques.

La quatrième mesure à prendre : interdire aux banques nationalisées de se comporter comme des banques privées. Une banque nationalisée est un service public. Une banque nationalisée doit servir l'intérêt général. Une banque nationalisée n'a pas à se comporter comme une banque privée. Par exemple, une banque nationalisée ne doit pas se comporter comme le Crédit Lyonnais dans les années 1980-1990.

Les banques doivent être aux ordres du pouvoir politique élu par le peuple. Les banques sont un service public.

Quand les banques sont privatisées, nous voyons ce que ça donne.

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