Forum du plan C : pour une Constitution écrite par et pour les Citoyens

Ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.
Les membres de l'Assemblée constituante doivent être tirés au sort
et, bien sûr, inéligibles aux fonctions qu'ils instituent eux-mêmes.

Vous n'êtes pas identifié.

Bienvenue :o)

Bonjour :o)
Ici, depuis le 1er janvier 2006, nous parlons d'un sujet que les politiciens de métier voudraient bien garder pour eux : nous parlons de la Constitution, de ce texte absolument fondamental pour tous les citoyens (et pourtant complètement négligé par eux), de ce texte qui pourrait nous protéger tous contre les abus de pouvoir si nous le faisions nôtre au lieu d'en abandonner la maîtrise à ceux-là mêmes qu'il est censé contrôler.
Nous discutons principe par principe, méthodiquement. Nous avons d'abord suivi le plan de mon document "Les grands principes d'une bonne Constitution", mais nous avons ensuite élargi nos thèmes à partir de vos réflexions, critiques et suggestions. C'est simplement passionnant. Ce que nous avons mis au clair sur la monnaie, sur le vote blanc, sur les vertus méconnues du tirage au sort et sur le référendum d’initiative populaire, par exemple, est enthousiasmant.
Le prolongement de cette réflexion constituante, c’est d’écrire enfin nous-mêmes un exemple de constitution, article par article. C’est ce qui se passe sur la partie wiki-constitution de ce site. Je vous invite à venir y participer également, ne serait-ce que sur un article ou deux. Vous verrez, c’est passionnant ; on sent vite qu’on est là sur l’essentiel, sur la seule vraie cause (et aussi la solution !) de nos impuissances politiques.
C’est un projet pédagogique en quelque sorte, un objet concret, réel, qui montre que 1) c'est possible : des hommes dont ce n'est pas le métier peuvent écrire une Constitution, et 2) c'est beaucoup mieux : quand ils n'écrivent pas des règles pour eux-mêmes, quand ils n'ont pas un intérêt personnel à l'impuissance des citoyens, les délégués constituants écrivent les règles d'une authentique démocratie. Merci à tous pour ce travail formidable.
Amitiés. Étienne.
[19 août 2012 : ATTENTION : pour cause de spam ultra-actif mi 2012, je FERME la possibilité aux nouveaux venus de créer un compte sans moi : il faut m'écrire à etienne.chouard@free.fr (EN ME DONNANT LE PSEUDO QUE VOUS VOULEZ) et je créerai votre compte à votre place. Il faudra ensuite venir ici pour définir un nouveau mot de passe. Désolé, mais les spammeurs deviennent infects et je n'ai pas le temps de gérer les spams (je préfère vous aider un à un à nous rejoindre). Au plaisir de vous lire. ÉC]

#681 26-04-2009 18:30:59

Sandy
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Message n°6874
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH a écrit:

@Sandy

Il ne s'agit donc pas de nationaliser toutes les banques dans votre esprit, mais d'avoir quelques banques nationalisées: on avait le Trésor Public avant 2001
http://www.fauxmonnayeurs.org/articles. … &pg=21

Le Trésor, qui gérait quelques 800 000 comptes  bancaires privés, essentiellement détenus par des fonctionnaires, a cessé cette activité au 31 Décembre 2001.
Le Trésor gérait, à fin novembre 2000,
574 000 comptes à vue, ( représentant un encours de 16,7 milliards de francs => 2,54 G€)
43 141 comptes à terme. ( 1,8 milliard de francs => 274 M€. )
144 410 codevi et livrets jeunes. ( 1,6 milliards de francs. => 243 M€)
189 000 comptes titres ( 32,9 milliard de francs. => 5 G€)

Pas vraiment

Il s'agit de nationaliser toutes les banques de dépot et de prêt, seules demeureraient privées les banques d'affaires qui n'auront pas le droit de faire du dépot et du pret

Et qui pourront faire joujou avec la bourse autant qu'elles veulent le temps que l'on traite le cas de spéculation ^^

On a pu constater avec la crise que si les banques tombaient, c'était nos encaisses nos paiements que l'on ne pouvait pas faire, c'était l'impossibilité de faire des prêts ou de déposer / retirer son argent, cela démontre que ces activités ont une utilité publique fondamentale, et on ne confie pas à des intérêts privés ce qui a une telle importance pour la collectivité

Même principe pour la monnaie

Dernière modification par Sandy (26-04-2009 18:35:07)

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#682 27-04-2009 11:10:24

Zolko
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Message n°6887
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH a écrit:

Il ne s'agit donc pas de nationaliser toutes les banques dans votre esprit, mais d'avoir quelques banques nationalisées

Moi je trouve ça bien.

Sandy a écrit:

Il s'agit de nationaliser toutes les banques de dépot et de prêt, seules demeureraient privées les banques d'affaires qui n'auront pas le droit de faire du dépot et du pret. Et qui pourront faire joujou avec la bourse autant qu'elles veulent le temps que l'on traite le cas de spéculation

Ca aussi c'est bien. Et ça correspond au Glass-Steagall Act qui justement séparait de façon étanche les banques de dépôt et les banques d'investissement.... et qui a été aboli et 1999. On pourrait alors avoir 2 types de banques:

- les banques de dépôts qui ne servent qu'à garder l'argent privé et permettre des moyens de paiement. Elles se paieraient sur la facturation des services rendus. Il pourrait y en avoir de types privé ou d'état (la banque postale par ex). Il faudrait inventer quelque-chose concernant les découverts, donc des prêts aux particuliers (personnes physiques uniquement).

- les banques d'investissement, qui ne prêtent qu'aux entreprises: celles-ci, il leur faudrait imposer des réserves pleines (100%) suivant l'école autrichienne, et ne pourraient donc investir qu'avec l'accord du client dépositaire. Elles pourraient se payer sur les bénéfices réalisés par leurs investissements. Elles n'auraient pas la possibilité de servir d'intermédiaires de paiement (et déposeraient la somme investie sur un compte de dépôt).

Une priorité devrait être d'interdire les intérêts sur de l'argent prêté grâce aux réserves fractionnaires: soit on prête avec intérêt son argent propre (réserve pleine 100%) soit on crée temporairement de l'argent lors d'un prêt mais alors à 0%. Alors, la création monétaire ne se fait plus par les banques privés. Il faut donc re-créer un autre système de création monétaire publique (la république de Weimahr et le Zimbabwe nous encouragent à ne pas confier la création monétaire à l'exécutif qui pourrait avoir la tentation d'en abuser pour camoufler une mauvaise gestion et/ou une politique clientèliste).

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#683 27-04-2009 11:19:34

Sandy
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Frédéric Lordon explique que supprimer l'intérêt serait dangereux du fait que c'est le seul frein à la folie dépensière qui généralement accompagne le crédit ou l'argent en général, vous en pensez quoi ?

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#684 27-04-2009 11:32:43

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Sandy a écrit:

Frédéric Lordon explique que supprimer l'intérêt serait dangereux du fait que c'est le seul frein à la folie dépensière qui généralement accompagne le crédit ou l'argent en général, vous en pensez quoi ?

Je pense qu'il a raison mais que l'intérêt payé sur les crédits (lors de création monétaire) doit revenir à la collectivité et non aux banques  privées.
Par contre, l'épargnant (qui a déjà payé son intérêt lors de la création monétaire) doit pouvoir demander un intérêt (contrat privé)


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
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#685 27-04-2009 11:44:40

Zolko
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Message n°6891
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Sandy a écrit:

Frédéric Lordon explique que supprimer l'intérêt serait dangereux du fait que c'est le seul frein à la folie dépensière qui généralement accompagne le crédit ou l'argent en général, vous en pensez quoi ?

AJH a écrit:

Je pense qu'il a raison mais que l'intérêt payé sur les crédits (lors de création monétaire) doit revenir à la collectivité et non aux banques  privées.

Oui, c'est pas mal.

AJH a écrit:

Par contre, l'épargnant (qui a déjà payé son intérêt lors de la création monétaire) doit pouvoir demander un intérêt (contrat privé)

Ca par contre je suis résolument contre: c'est la rente. "tout travail mérite salaire" mais je ne vois pas en quoi déposer de l'argent dans une banque devrait rapporter un revenu. On peut difficilement l'interdire, mais si une banque ne peut pas prêter l'argent déposé elle n'aura aucune raison de donner des intérêts à de l'argent déposé chez elle. Aujourd'hui, la banque paye des intérêts aux déposants car elle sait que 1000 de dépôts lui autorisent 9000 de prêts sur lesquelles elle peut réclamer des intérêts. C'est justement ça qu'il faut casser: l'usure, la rente, l'argent qui "travaille" en dormant.

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#686 27-04-2009 12:04:06

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@Zolko

Si la collectivité permet les prêts avec intérêt (lors d'une création monétaire), soit ces prêts seront accessible à un emprunteur parce qu'il est fiable, avec un taux X%, soit l'emprunteur n'arrivera pas à se faire financer par la collectivité (il n'est pas assez fiable, son projet n'est pas "compatible").

S'il se tourne vers l'épargnant qui va lui proposer un taux de X% + x% , il n'y a qu'un transfert de monnaie vers un épargnant (qui peut être une personne qui a travaillé et peu dépensé antérieurement) qui accepte de prendre un risque... mais il n'y a aucune "perte" pour la collectivité. C'est pour cela que j'écrivais "contrat privé".

Maintenant qu'il y ait des établissements financiers  (privés) qui sont payés en honoraires pour conseiller et mettre en relation l'un et l'autre, ça ne me gêne pas.

Je maintiens ma position: il y a des moments où il faut accepter un peu de libéralisme (dans son sens originel).


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#687 27-04-2009 12:09:27

AJH
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Message n°6893
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Zolko a écrit:

C'est justement ça qu'il faut casser: l'usure, la rente, l'argent qui "travaille" en dormant.

Quand il est prêté, l'argent travaille: il permet la création de richesses.
S'il ne travaille vraiment pas, il n'aura aucune rémunération

Dernière modification par AJH (27-04-2009 12:10:03)


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#688 27-04-2009 12:24:44

Zolko
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Message n°6896
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH a écrit:

Quand il est prêté, l'argent travaille: il permet la création de richesses.

Si l'argent prêté existe, oui. Si il est crée en route, non. Si je prête mon argent que j'ai dans la poche, je cours un risque. Si j'imprime de l'argent et le file à quelqu'un, je n'en cours aucun. Si j'imprime 100€ sur un billet, je n'ai crée aucun richesse. Si j'ai 100€ dans la poche et que je les investit dans un four à pain, j'ai crée de la richesse.

C'est pour cela qu'une banque d'investissement avec réserves pleines - qui prête donc du vrai argent - doit effectivement pouvoir payer des intérêts/dividendes/profits. Mais alors en assumant les risques, et les déposants courent un risque est acceptent de perdre leur argent. C'est le capitalisme à grand-papa, et je l'accepte.

Mais si on dépose son argent dans une banque de dépôt qui ne peut investir, elle ne peut pas non-plus payer des intérêts en retour. D'où viendrait l'argent des intérêts ainsi payés ? Si une telle banque peut prêter de l'argent et l'intérêt de ce prêt va à la collectivité, comment la banque pourrait payer des intérêts aux déposants ? C'est pas que je veuille l'interdire, mais si on sépare banques d'investissement et banques de dépôt, cela deviendra non-rentable.

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#689 27-04-2009 12:29:08

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Zolko a écrit:

si on sépare banques d'investissement et banques de dépôt, .

Je n'ai absolument aucune opposition à ce point, mais je me mets dans la situation où toute la monnaie est nationalisée. Les banques de dépôt ne peuvent absolument pas prêter les dépôts, ni évidemment créer de la monnaie : elles sont en fait des comptables des comptes de chacun, et des échanges monétaires commerciaux ou autres... elles sont rétribuées en honoraires pour ces services au public.

Dernière modification par AJH (27-04-2009 12:29:33)


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#690 27-04-2009 13:06:04

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Les intérêts comme frein indispensable à la fringale de pouvoir d'achat des hommes ? Non.

Sandy a écrit:

Frédéric Lordon explique que supprimer l'intérêt serait dangereux du fait que c'est le seul frein à la folie dépensière qui généralement accompagne le crédit ou l'argent en général, vous en pensez quoi ?

J'en ai longuement parlé avec Frédéric, plusieurs fois, et je pense que, sur ce point, il se trompe :

il y a d'autres freins (que les intérêts) à la déraison des emprunteurs potentiels, beaucoup plus puisants à mon avis, à commencer par la capacité à rembourser :

Quand on n'a pas la capacité de rembourser (quel que soit le taux),

1) on ne se lance pas dans un emprunt,

et (surtout) 2) le prêteur ne consent pas le prêt à un insolvable.

D'ailleurs, l'expérience confirme mon intuition : pendant les périodes où — de fait — les taux réels ont été nuls ou négatifs (taux courants inférieurs ou égaux à l'inflation), les crédits n'ont pas explosé de façon déraisonnable, que je sache.

Comme Maurice (et bien d'autres), je pense que la société serait plus juste et plus efficace avec des taux d'intérêts NULS (taux courants égaux à l'inflation).

Étienne.

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#691 30-04-2009 01:46:23

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonsoir,

Un article assez épatant. On a envie d'y croire…

Cette façon de créer la monnaie au moment où on en a besoin, ça me fait penser à la monnaie d'AJH dans son projet d'écosociétalisme. Mais AJ, lui, imagine un système centralisé quand même.

En tout cas, ils n'ont peur de rien, ceux-là, ça fait un courant d'air...

Open Money : bientôt chacun créera sa propre monnaie

Entretien avec Jean-François Noubel.

De la même façon que le micro-ordinateur a donné leur autonomie informatique à toutes les unités humaines (maisons, entreprises, écoles, institutions...) et que les technologies vertes promettent de leur donner une autonomie énergétique (solaire, éolien, géothermie, etc.), voilà qu’arrivent les monnaies libres (« open money »), censées donner à chacun son autonomie monétaire. En termes techniques, après la généralisation de l’html (protocole informatique qui permet à n’importe quel ordinateur de se brancher sur internet) et de l’http (langage universel du web) qui ont transformé chaque citoyen planétaire en émetteur/récepteur d’informations (au moins potentiel), préparez-vous au prochain protocole du world wide web : appellons-le provisoirement htxx. Grâce à lui, chacun pourra bientôt devenir émetteur/récepteur de monnaies - ce qui va métamorphoser l’économie et la société, mais aussi nos vies et nos esprits. Nous avons interrogé l’un des membres du petit groupe qui prépare cette révolution.

Propos recueillis par Mélik N’Guédar

.
Nouvelles Clés : Avant les années 70, personne n’avait vu venir le micro-ordinateur et les bouleversements qu’il allait apporter. Dans les années 80, qui nous parlait d’Internet ? Aujourd’hui, vous dites que nous sommes à la veille d’un choc aussi grand, concernant non plus l’information, mais la monnaie ?

Jean-François Noubel : Finement comprendre la monnaie est une expérience incroyable, quelque chose de l’ordre du film Matrix. On se libère des conditionnements du système, pour le contempler du dehors, dans ses structures fines. La plupart des échanges sont aujourd’hui monétarisés. La monnaie imbibe tout, nos psychés, nos comportements, bien au-delà de ce que nous imaginons. L’ensemble du monde actuel est modelé par la monnaie. Réaliser cela est très secouant. C’est du même ordre que découvrir la rotondité de la terre. On passe par le déni, la colère, le marchandage, etc. Avant de pouvoir vous parler de l’arrivée des « monnaies libres » (open money), il est indispensable de comprendre deux ou trois choses sur notre système actuel.

Vous avez déjà joué au Monopoly, n’est-ce pas, avec des joueurs et une banque ? Si la banque ne donne pas d’argent, le jeu s’arrête, même si vous possédez des maisons. On peut entrer en pauvreté, non par manque de richesse, mais par manque d’outil de transaction, de monnaie. Dans le monde d’aujourd’hui, 90% des personnes, des entreprises et même des États sont en manque de moyens d’échange, non qu’ils soient pauvres dans l’absolu (ils ont du temps, des compétences, souvent des matières premières), mais par absence de monnaie. Pourquoi ? Parce que, comme dans le Monopoly, leur seule monnaie dépend d’une source extérieure, qui va en injecter ou pas. Il n’y a pas autonomie monétaire des écosystèmes.

Au Monopoly tout le monde commence à égalité. Puis, peu à peu, des déséquilibres s’introduisent. Si la banque décidait de faire payer la monnaie, avec taux d’intérêt, les déséquilibres s’accroîtraient encore plus vite, parce que, mathématiquement, l’intérêt évolue de façon exponentielle. Aujourd’hui, 95 % de la monnaie mondiale est payante. En moyenne, quand vous achetez un objet, le cumul des intérêts constitue 50% de son prix. Cette architecture fait que la moindre inégalité s’amplifie très vite : plus vous êtes riche, plus vous avez tendance à vous enrichir, plus vous êtes pauvre, plus vous avez tendance à vous appauvrir. Il y a un phénomène d’auto-attraction de la monnaie, quasiment comme la matière dans le cosmos. On parle de « loi de condensation », avec des boucles en feedback positif ou négatif.

Le premier a en avoir parlé, au XIX° siècle, est l’économiste Vilfredo Pareto, qui avait beaucoup voyagé et constaté que, quel que soit le système, 20% de la population humaine possédait en moyenne 80% des richesses. Le « principe Pareto » a montré que notre système monétaire n’était pas viable à long terme - tout le monde est d’accord là-dessus, même les dirigeants de l’US Federal Bank. C’est par nature un système à cycle court, où l’on doit régulièrement remettre les compteurs à zéro, par une crise grave, un crack général, une guerre. Ce système encourage fondamentalement le court terme, la compétition, la propriétarisation d’un maximum de choses, ressources, mais aussi savoir, espèces vivantes, etc. Dans la métaphore du Monopoly, le décalage entre riches et pauvres s’accroît jusqu’à l’absurde, puisque finalement, le riche élimine les pauvres et, se retrouvant seul, ne peut plus jouer. Même s’il dit qu’il a « gagné », c’est un jeu à mort collective. Si vous faisiez jouer à ce jeu les dix sages les plus sages du monde, ils ne pourraient rien y changer, car tout dépend de la règle, c’est-à-dire de l’architecture intrinsèque du système, notamment en ceci : les joueurs dépendent d’une source extérieure qui leur fournit l’outil de leurs propres transactions et, ce faisant, leur dicte sa loi.

.

LES LETS ET LA REDÉCOUVERTE DE LA MONNAIE LIBRE

N.C. : N’en a-t-il pas toujours été ainsi ?

J.F.N. : Au cours de l’histoire, l’humanité s’est inventé une foule de moyens monétaires et nous nous trompons quand nous pensons que notre système est le fruit d’une longue évolution universelle : il est jeune, droit sorti de l’Angleterre victorienne, qui l’a taillé pour servir l’idéologie industrielle. Depuis, c’est devenu un processus planétaire, qui a énormément évolué, notamment depuis vingt ans, en devenant digital. Les conséquences de la digitalisation sont considérables : nous vivons de plus en plus sur des cartes de crédit, donc avec de l’argent payant, et les puissants peuvent désormais transférer des sommes colossales d’un bout à l’autre de la planète d’un simple clic d’ordinateur.

La première monnaie libre remonte, elle, à environ un siècle. L’un de ses inventeurs, était un Autrichien qui, après un tour du monde, s’était retrouvé chez lui, une région économiquement sinistrée. Son idée fut de relancer l’activité en inventant une monnaie locale « fondante ». C’est une monnaie qui, non seulement ne rapporte pas d’intérêt, mais qui perd de la valeur si l’on ne s’en sert pas. Au bout d’un mois, par exemple, si vous ne l’avez pas utilisée, vous pouvez la jeter, car on imprime d’autres billets. Cette architecture décourage la thésaurisation monétaire et encourage la dépense, l’investissement et la thésaurisation de biens. Du coup les tendances inégalitaires décrites par Pareto se trouvent bloquées. Changeant la règle du jeu monétaire, vous changez les comportements et toute l’économie repart. Cet Autrichien a si bien réussi qu’on l’a... jeté en prison ! Il arrivait trop tôt. À cette époque, attaquer la centralisation étatique était un tabou.

Avec la crise de 29, on va voir les habitants de certaines zones totalement ruinées et démonétarisées se remettre au troc et, s’apercevant que celui-ci ne peut pas mener loin, redécouvrir le principe de base de la monnaie, qui correspond à un processus naturel. Toutes sortes de monnaies locales sont ainsi apparues dans les années 30, en Europe et en Amérique. Là aussi, la question deviendra politique et la réponse sera le New Deal, puis, de façon radicale, la seconde guerre mondiale.

N.C. : Pour notre génération, tout commence avec les fameux Lets canadiens...

J.F.N. : Lets que l’on a traduit par « Local exchange tip system », alors que le sens originel était simplement « let’s do it » ! C’est parti vers 1982, d’un certain Michael Lynton, membre de notre groupe actuel, qui vivait à l’époque près de Vancouver, dans une vallée en crise, après que l’armée ait quitté la zone. Lynton eut l’idée géniale de créer un système de crédit mutuel sans banque du tout. Pas de source extérieure, on se fait confiance : chaque fois que j’achète quelque chose, c’est noté en moins ; chaque fois que je vends quelque chose, c’est noté en plus. Nul besoin d’avoir accumulé de l’argent au préalable, c’est l’échange qui crée spontanément la monnaie.

Ces Canadiens qualifièrent leur nouvelle monnaie de « CC » (pour « Community Currencies »). Leur système fit tâche d’huile dans le monde entier. En France, on vit ainsi apparaître différents SEL (« système d’échange local »). On estime qu’il existe aujourd’hui dans le monde environ cinq mille monnaies locales de ce genre. Elles sont généralement restées en marge de la société, dans des réseaux de chômeurs, des quartiers défavorisés, chez des révolutionnaires de l’écologie, etc. Une version des Lets est indexée sur le temps. Le « time banking », qui fonctionne sur du « time dollar », est devenu une institution aux États-Unis. Dans les zones en crise, que la monnaie a désertées, les gens au chômage sont riches en temps ! Comme ils disposent aussi de savoirs faire, il suffit de mettre en place un système d’information et de comptabilité des échanges, pour que l’activité reparte.

N.C. : Pourquoi ces systèmes sont-ils restés marginaux ?

J.F.N. : D’abord parce que l’économie principale, hyper puissante, reste pour le moment opérationnelle. D’autre part, ces nouvelles monnaies supposent une participation très active, militante. Si vous avez du travail et que votre train de vie vous va, votre motivation restera molle. Il en est allé autrement dans certains cas, notamment en Argentine, où la monnaie s’est brusquement effondrée. Imaginez que tous vos euros ne vaillent plus rien du jour au lendemain, votre motivation va changer. D’abord, vous allez descendre dans la rue, pour chercher quoi échanger, afin de couvrir vos besoins fondamentaux. En moins d’une semaine, vous vous apercevrez que le troc pur ne marche pas, ou très mal, qu’il faut un système d’information derrière. Donc, pour pouvoir manger, vous allez devoir acquérir une culture de la monnaie. Celle-ci commence par un inventaire de vos richesses. Qu’avez-vous à offrir ? Enseigner l’anglais ? Les œufs de votre poulailler ? Transporter des personnes ou des marchandises dans votre voiture ? Tout le monde se livre à cette recherche. On découvre alors que des gens qui n’avaient aucune valeur dans le système étatique et bancaire, en trouvent soudain une. Par exemple des femmes illettrées, absentes des radars économiques « normaux », découvrent qu’elles ont de la valeur, parce qu’elles peuvent : cuisiner, jardiner, coudre, laver, garder des enfants, etc.

N.C. : En pleine crise, on imagine en effet que sont revalorisées les savoirs faire pragmatiques, liés à la survie. Par contre, si je suis épistémologue ou neurochirurgien, je risque d’avoir du mal à monnayer ça.

J.F.N. : Pas forcément. Certes, au moment d’un crack économique, les étages s’effondrent et on en revient à une base quasiment biologique. Mais le monde se reconstruit vite. On retrouve ce que les psychosociologues appellent la « pyramide de Maslow » : les premières semaines, vous avez besoin de boire, de manger, de vous chauffer, etc. ; au bout d’un mois, vous aurez peut-être envie de vous faire couper les cheveux ; puis de reprendre vos cours de yoga, ou de piano. La sophistication revient plus vite qu’on ne croit. Ce fut le cas des « réseaux de troc » argentins, qui ont rapidement adopté un modèle de « monnaie fondante ». Des spécialistes les ont rejoints, par exemple l’économiste Eloisa Primavera, qui fait partie de notre petit cercle...

Cette histoire argentine a bien marché, touchant des millions de personnes. Et puis tout s’est effondré, en quelques semaines. Pourquoi ? D’abord parce que la monnaie officielle est revenue en force et que les vieilles habitudes ont repris. Ensuite, sur un point essentiel, ce système restait classique : il y avait toujours une banque, qui créait la monnaie, fondante ou pas, une source extérieure aux transactions. Dans le meilleur des cas, cette source est honnête et indexe bien la masse monétaire aux besoins, mais au bout du compte, il y eut assez d’erreurs et de malversations, pour que la majorité se rabatte sur le système étatique réparé. On pourrait citer de nombreux autres exemples, l’Australie, l’Afrique du Sud et des tas d’endroits dans le monde, avec parfois le soutien des États. Ici même, il y a le projet européen Sol, dans lequel Patrick Viveret est très investi. Mais sur un point essentiel, ça reste classique : la source monétaire est extérieure à l’« écosystème », alors que la monnaie du futur, dont je voudrais vous parler maintenant, émane des agents eux-mêmes.

N.C. : Venons-en donc enfin à cette nouvelle vision !

.

DES MILLIONS DE MONNAIES SUR LE WEB !

J.F.N. : C’est un processus monétaire révolutionnaire, comparable à ce qui s’est passé pour les médias. Revenez vingt ans en arrière, nous avions quelques dizaines de mass-médias, journaux, télés, radios, pour des dizaines de millions de citoyens. Ces médias étaient tous propriété d’États ou de grands groupes. En face, l’individu était isolé, démuni. Aujourd’hui, grâce à Internet, nous sommes des millions à avoir des blogs et des sites, qui diffusent toutes sortes d’informations, provenant de millions d’émetteurs. La source n’est plus extérieure à nous. Ce phénomène est en train de bouleverser les flux d’information, la gouvernance et donc la réalité du monde.

La monnaie constitue la prochaine étape. Il n’y a plus aucune raison, ni économique, ni idéologique, ni technique, pour que la monnaie continue à émaner d’une source extérieure, prise dans une architecture centralisée et inégalitaire. Désormais, l’infrastructure technique, les connaissances, l’idéologie, tout est prêt pour que chacun puisse créer sa ou ses monnaies. Dans les années qui viennent, vous allez voir apparaître des millions de monnaies, comme vous avez aujourd’hui des millions de médias. Si je vous avais parlé de millions de médias il y a vingt ans, vous m’auriez ri au nez. En réalité, personne n’est relié à des millions de médias, chacun se relie plutôt aux vingt, dix, cinq ou trois médias dont il a besoin et qui lui correspondent. Pour la monnaie, nous allons assister à un phénomène similaire. Vous n’allez pas adhérer à des millions de monnaies, mais à quelques-unes, qui vous correspondront. Par exemple à la monnaie de votre quartier, avec laquelle vous allez pouvoir payer votre coiffeur, votre boulanger, votre épicier, etc. À l’autre extrême, admettons que vous soyez philatéliste spécialisé dans le papillon, vous allez adhérer à la communauté mondiale des collectionneurs de ces timbres-là, qui aura sa propre monnaie, le Butterfly, permettant de s’échanger des timbres sans passer par le dollar, l’euro ou le yen. Chacun va déterminer ses appartenances monétaires en fonction de ses besoins. Si vous vous apercevez que l’essentiel de vos achats provient de votre région, vous allez adhérer à une communauté monétaire régionale. Si vous voyagez beaucoup dans telle partie du monde, vous allez vous retrouver dans un réseau de gens comme vous, qui vont développer leur propre monnaie. Même votre immeuble peut avoir sa monnaie, pour acheter et vendre, par exemple du covoiturage, des cours particuliers, du baby-sitting, etc.

Toutes ces monnaies se créeront aussi facilement que se crée aujourd’hui un groupe de discussion sur le web. Au début tous les comptes sont à zéro et puis on commence les échanges et les comptes se mettent à bouger, en plus ou en moins...

N.C. : Admettons que je m’installe au fond de la campagne, et que je veuille adhérer à une monnaie locale pour payer ma nourriture. Mon compte va très vite se trouver dans le rouge, car je n’aurai rien à offrir en échange dans cette région, n’étant hélas ni artisan, ni jardinier, ni cuisinier, ni infirmier, ni même enseignant - seule une grande ville sophistiquée peut éventuellement avoir besoin des services d’un journaliste, non ?

J.F.N. : Je poursuis ma description, vous allez voir comment tout cela se met en place. En allant du plus petit vers le plus grand, vous avez d’abord une monnaie de quartier utilisée par quelques dizaines de personnes ; puis une monnaie locale ou régionale comptant quelques centaines de milliers d’utilisateurs ; puis des monnaies nationales ou transnationales, qui auront des dizaines de millions, voire des centaines de millions de membres. Vous pouvez par exemple très bien imaginer une monnaie internationale « Créatifs Culturels », dont les tenants garantiront : « Tout ce qui circule chez nous est garanti durable, éthique, pacifique, clean, bio, etc. » À l’intérieur d’un cercle d’une telle ampleur, s’établiront une éthique, une gouvernance, une fiscalité interne... et là, on aura besoin de journalistes, vous trouverez votre place.

N.C. : Quelqu’un comme moi ne peut donc fonctionner qu’avec la monnaie d’un gros réseau mondial ?

J.F.N. : Même si c’était le cas, cela ne poserait pas de problème. Comme aujourd’hui, vous aurez des gens dont 80% des échanges continueront à se faire sur le plan local et qui n’utiliseront que des monnaies de la région. Mais même eux ont besoin de s’acheter, mettons, de l’essence, pour laquelle ils auront besoin d’une monnaie globale - cela représentera peut-être 10% ou 20% de leurs transactions. À l’inverse, d’autres fonctionneront majoritairement avec des monnaies internationales. Tout cela donnera toutes sortes d’échanges.

N.C. : Concrètement, si j’arrive chez le boulanger, j’arrive avec quoi en poche : des pièces, des billets, un chéquier ?

J.F.N. : Une carte magnétique, vraisemblablement. De ce point de vue, la carte de crédit bancaire a bien préparé le travail. Aujourd’hui, il peut arriver que vous entriez dans un magasin qui ne prend pas votre type de carte de crédit. Vous choisissez alors un autre mode de paiement, ce n’est pas plus compliqué que ça.

N.C. : Mais ce système ne représente-t-il pas une sorte de régression hyper compliquée, comme au temps où chaque seigneurie frappait sa propre monnaie et où les gens passaient leur temps à changer une monnaie contre une autre ?

J.F.N. : Internet aurait semblé horriblement compliqué si j’avais dû vous l’expliquer en théorie avant que ça n’existe. Nous allons vers un monde qui comportera des millions de monnaies et donc des millions de parités, et pourtant ça ne sera pas compliqué. L’immense différence avec l’époque que vous évoquez tient au fait que toutes ces « open moneys » (monnaies libres) seront créées par les gens eux-mêmes et non par les seigneurs locaux. Cela change tout.

N.C. : Mais nous, Européens, qui sommes si contents d’avoir aujourd’hui le même euro, de Gibraltar à Varsovie, n’allons-nous pas juste à rebours de ce que vous dites ?

J.F.N. : Ça n’est pas contradictoire. En gros, il s’agit de laisser chaque écosystème exprimer spontanément ses besoins. Le projet « Open Money » consiste à dire : « Voilà l’outil pour créer toutes les monnaies que vous voulez, avec les architectures, la gouvernance et les limites que vous voulez, indexée sur ce que vous voulez : des dollars, des heures, des kilowatts, rien... » C’est donc un métasystème que nous sommes en train de mettre en place. De la même façon qu’ont été établis le protocole http, avec interface utilisateur, qui permet à des machines très différentes de communiquer les unes avec les autres sur le réseau mondial, et aussi le système html, qui permet à toute personne de faire du contenu et de le communiquer sur ce réseau (cf encadré ci-contre), nous sommes en train de créer un nouveau protocole, appelons-le provisoirement htxx, qui permettra à tout collectif de se créer sa ou ses monnaies.

N.C. : Des experts monétaires partagent-ils votre point de vue ?

J.F.N. : Oui, par exemple Bernard Lietaer, cofondateur de l’euro, ancien de la banque centrale européenne, qui s’explique dans son best-seller "The future of money" et aussi sur [a href="http://www.transaction.net/money/book/index.html"]The Future of Money…[/a] Il vient de produire pour le Club de Rome un document faisant le lien entre ce qu’il appelle les « monnaies complémentaires » et la durabilité. C’est un réformiste, très politique. Selon lui, la monnaie principale est yang, masculine, compétitive, dynamique, et les « monnaies complémentaires » sont yin, féminines, servant quand on n’a pas besoin d’être en compétition, mais en collaboration, avec partage de savoir, développement durable, etc. Il pense qu’un bon dosage entre monnaies yin et yang nous permettra de naviguer à long terme. Je ne partage pas tout à fait son point de vue, même si c’est un ami que j’estime beaucoup.

N.C. : Le prospectiviste Mark Luyckx nous disait récemment que plusieurs milliers d’entreprises belges fonctionnaient déjà en partie avec leur propre monnaie... Mais pouvez-vous nous en dire plus sur ce nouveau protocole ?

J.F.N. : Il permettra à chacun de se créer des comptes, à partir desquels il pourra émettre et recevoir autant de monnaies qu’il voudra. Aujourd’hui, vous avez par exemple un compte email, que vous pouvez communiquer, pour participer à des groupes de discussion ou à des réseaux de toutes sortes. À partir de ce compte, vous émettez et recevez des emails. Eh bien, de la même façon, vous aurez un compte CC (community currency) qui vous permettra de vous connecter à n’importe quelle monnaie en quelques clics et de pouvoir émettre et recevoir de ces monnaies-là.

.

UNE GOUVERNANCE ÉTHIQUE INTÉGRÉE DANS UN LOGICIEL

N.C. : Il y a une différence de taille entre l’information et la monnaie : par définition, la première est illimitée - si j’utilise une information, je n’en prive personne -, alors que la monnaie symbolise une richesse qui, quelle qu’elle soit, ne peut malheureusement pas se démultiplier ! Qu’est-ce qui va ancrer ces monnaies libres dans le réel matériel de la rareté ?

J.F.N. : Imaginez une partie de Monopoly où, à la place de la banque, chacun des joueurs achète et vend librement, avec des comptes, initialement égaux, qui montent et qui descendent en fonction des échanges. Les joueurs de ce collectif décident du type de produits ou de services échangés. Ils fixent aussi les limites du marché : jusqu’où peut-on descendre dans le débit et grimper dans le crédit ? Exemple simple pour faire comprendre, un groupe de personnes pratiquant le covoiturage peut décider de prendre comme règle de gouvernance que personne ne pourra descendre plus bas que -200 km, ni monter plus haut que +200 km. Si vous avez déjà donné 200 km, vous devez absolument vous faire covoiturer par les autres, tout ce que vous donnerez en plus ne sera pas comptabilisé. Inversement, si vous avez déjà pris 200 km, vous avez épuisé votre crédit et il vous faut covoiturer les autres si vous voulez continuer à fonctionner dans ce collectif. Autrement dit, un collectif peut décider que personne ne s’endettera ni ne s’enrichira au-delà d’un certain pourcentage de la masse monétaire globale de ce collectif.

Cas de figure plus élaboré, qui va forcément se retrouver dans les grandes monnaies libres : un système de « réputation », comme sur e-bay. Imaginons par exemple que vous ayez cinq ans d’ancienneté dans tel système monétaire, avec 4000 transactions, dont 99 % tout à fait réussies, votre réputation sera très positive et votre ligne de crédit très large - vous pourrez même prétendre à un emprunt pour acheter votre maison. Si par contre vous avez été souvent dans le rouge, que plusieurs fois vous n’avez pas rempli vos engagements, votre marge de crédit sera plus étroite. Si vous vous comportez vraiment mal, vous allez même être repéré par tout le net et aucun groupe monétaire ne vous acceptera plus. Bien sûr, quand vous démarrez dans un nouveau réseau, vous avez une petite marge, qui s’élargira en fonction de votre plus ou moins bonne réputation. Tout cela est en fait de la gouvernance engrammée dans la technologie.

N.C. : C’est automatique...

J.F.N. : Mieux que ça. Réfléchissez à l’essence même de cette technologie : en soi, c’est de la conscience embarquée, ou engrammée. Pensez aux premières heures de e-bay. Combien de gens ont dit, à l’époque : « Ça ne marchera jamais ! On a déjà du mal à acheter la tondeuse du voisin, ou à la lui vendre par peur des chèques en bois, comment irais-je faire des enchères avec un type à l’autre bout du monde que je n’ai jamais vu ?! » La réponse, c’est que vous n’avez pas à faire confiance à cet inconnu, mais à la technologie, non pas parce qu’elle serait « automatique », mais parce qu’on y a engrammé une structure de gouvernance. L’accord tacite est intégré au mode opératoire. Les transactions en ligne sur la toile n’ont pas besoin d’une confiance explicite, le protocole mis en place règle ces problèmes-là.

L’une des grandes erreurs de la plupart des économistes aujourd’hui, est de dire qu’il faut d’abord la confiance pour qu’une nouvelle monnaie soit possible. C’était vrai dans l’ancien paradigme, mais faux dans le nouveau. C’est ce qu’on voit aussi dans Wikipédia, dont on se moquait : « Ça ne peut pas marcher ! » Mais on a créé la gouvernance dans la technologie du Wiki. Eh bien, nous sommes en train de préparer la même chose pour la monnaie !

N.C. : Une rumeur récente prétend que beaucoup d’articles de Wikipédia sont manipulées par les multinationales, les maffias, les services secrets, etc.

J.F.N. : Soyons pratique : tout système se jauge à sa résilience, c’est-à-dire à sa capacité d’embrasser les forces en présence. Wikipédia peut-il continuer, malgré la pathologie humaine ? Jusqu’à preuve du contraire, la réponse est oui. Bien sûr que les lobbies, les grandes entreprises, les États, sans compter certains groupes extrémistes, tentent d’influencer certaines informations stratégiques. Malgré cela, Wikipédia est déjà la plus grande encyclopédie du monde.

N.C. : Jusqu’à présent, la plupart des expériences de « monnaie locale » réussies - dans les années 30 à Wörgel (Autriche), les années 50 à Lignières-en-Berry, les années 90 à Buenos Aires - ont été finalement stoppées par l’État, jaloux de son supposé monopole monétaire. Vous pensez que les « monnaies libres » pourront tranquillement se développer sur le web, sans que les États ne les sabotent ?

J.F.N. : Ça embête surtout les puissances financières qui contrôlent les États. Cela dit, toute grande innovation s’installe en deux temps : un premier temps d’activisme social, souvent idéologique, qui crée un contexte, où se coulent, dans un second temps, des inventions beaucoup plus pragmatiques. Celles-ci sont forcément confrontées à l’ancien ordre établi, menacé dans sa survie. C’est valable à toutes les époques. Au Moyen-âge, vous avez des gens qui disent : « Il faut traduire la Bible pour que tout le monde puisse la lire. » Cette idée révolutionnaire révulse l’Église, qui voit le monde s’effondrer et s’abrite derrière le fait que c’est techniquement impossible. Mais voilà que Güttenberg résout la question en inventant l’imprimerie, qui va métamorphoser la culture et fonder une nouvelle civilisation ! La même chose est en train de se passer aujourd’hui avec la monnaie. La première phase est accomplie, le contexte est là, creusé par toutes sortes d’expériences, dans une situation de crise économique larvée. L’étape suivante ? D’un côté, les activistes sociaux des forums alter-mondialistes réclament que l’on passe par la voie politique, en légiférant, interdisant, fiscalisant, bref en utilisant le système présent. De l’autre côté, vous avez les inventeurs, parmi lesquels je situe notre petit groupe. Nous ne sommes pas dans une logique de combat, même si nous voyons bien les défauts du système. Nous sommes juste en train d’inventer le système suivant !

N.C. : Qui appartient à votre groupe ?

J.F.N. : Une dizaine de personnes, dont Eric Harrys Brown, Ernie Jacob ou le fameux Michael Lynton, l’inventeur des Lets qui, en vingt-cinq ans, a vraiment connu la traversée du désert du visionnaire. Aujourd’hui, nous avons quasiment achevé, l’architecture du protocole - c’est le plus complexe -, la gouvernance, les modèles économiques sous-jacents, la stratégie de lancement, puis de déploiement... Mon propre rôle a été de diffuser la nouvelle. De plus en plus de gens dans le monde veulent en être ! Prochaine étape, début février 2008, nous nous réunissons une semaine au Mexique, pour mettre quelques dizaines de personnes au diapason, puis nous répartir en groupes de travail sur les modèles économiques, ou les vecteurs de diffusion, ou encore la levée de fonds... car ce qui nous sépare désormais du lancement, ce sont les quelques millions de vieux dollars ou d’euros nécessaires aux deux années de travail à plein temps qui le précèderont - il s’agira forcément de fonds éthiques, reposant sur une stratégie à long terme, et je n’hésite pas à dire : sur une vision spirituelle.

N.C. : De quelle façon ?

J.F.N. : La réponse est multiple. Toutes les grandes inventions humaines, depuis la maîtrise du feu ou de la roue, ont contribué à l’évolution spirituelle de l’humanité. Quand un rêve réussit à s’incarner dans la matière, la conscience se déploie. Il y a plus de conscience dans un monde qui contient des livres que dans un monde qui n’en contient pas. Mais ça va plus profond. Des êtres qui auraient toujours vécu en prison, se verraient eux-mêmes comme naturellement limités. Transposés dans une nature fleurie, quelque chose se déploie en eux. La vie moderne actuelle rogne une grande partie de notre éventail de possibilités. Tout ce qui n’est pas monnayable a du mal à prouver sa valeur. Connaissez-vous le « Wealth Aknowlegment System » (WAS) ou « système de reconnaissance de la richesse » ? C’est une façon d’interroger la personne sur sa richesse intrinsèque, son identité profonde, son âme. Le système monétaire actuel permet des échanges globaux, entre humains qui ne se connaissent pas, mais seulement pour une toute petite partie de leurs vraies richesses. Que deviennent les autres richesses ? Une partie d’entre elles n’a pas besoin d’être comptabilisée, ne concernant que la sphère intime. La plupart des autres sont niées, ou dégradées. Alors que dans des systèmes d’échanges différents, comme ceux que permettront les monnaies libres, tout un pan de la richesse, donc de la conscience humaine pourra se révéler. Mais pour vraiment vous parler du WAS, il faudra que vous reveniez nous voir. C’est l’autre moitié de notre programme.


Source : Nouvelles clés http://www.nouvellescles.com/article.ph … ticle=1366.

Je trouve que ça remue ;-)

Amitiés.

Étienne.

______________

"L'utopie, c'est proprement ce qui n'est nulle part ; c'est un édifice d'idées dans une tête ; et cela n'est pas peu de chose. Je respecte l'utopie." ALAIN, Propos (21 juin 1906).
______________

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#692 30-04-2009 07:50:52

AJH
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Message n°6937
Lieu: Aix en Provence
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Salut Étienne.

C'est un article déjà ancien..

RIEN À VOIR avec la monnaie écosociétale (qui n'est pas créée quand on en a besoin, mais quand on travaille et produit des richesses ou des services) ; mais surtout, il n'y a pas 36 sortes de monnaies...

Je connais bien J-F Noubel (il habite dans le coin) et je ne suis pas du tout d'accord avec ses idées d'open money, mais alors pas du tout, pour 3 raisons :

- aucune garantie pour le détenteur de cette monnaie (il y aura des "pigeons") car pas de garantie de valeur,

- moyen d'échapper à la solidarité nationale,

- merdier sans nom pour s'y retrouver dans les différentes monnaies (taux de change indémerdable ou monnaies réservées à un groupe de personnes ayant des modes de vie communs).

Bref, c'est revenir au moyen âge où chaque hobereau avait sa propre monnaie...

Bon, tu me dois "200 AJH" pour cette intervention sur ton forum smile)

Amitiés

AJ


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#693 30-04-2009 12:14:26

Sandy
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Message n°6939
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

je suis d'accord avec AJH,
il est évident que la mise en place de monnaies libres créerait des instabilités absolument hallucinantes au niveau des changes ce qui implique des effondrements de monnaie sans arrêt avec tous les dégats pour les gens qui utilisent cette monnaie que l'on peut imaginer
on rentre ici dans l'idéologie ultra libérale la plus radicale où les effondrements de système et les dégats sociaux qu'ils peuvent causer n'embarassent pas les adeptes de ces idées, pour eux c'est une nécessaire étape dans l'auto régulation à laquelle ils croient

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#694 02-05-2009 22:02:33

Étienne
Message n°6947
Lieu: Trets (France, 13)
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

« Conférence internet de LaRouche du 28 avril »
http://www.solidariteetprogres.org/article5395.html

Une longue intervention, très pessimiste, mais très intéressante.
La condamnation du plan anti CO2 y est radicale. Débat interdit ?

À propos de débat interdit (apparemment rien à voir avec la monnaie => ne rebondissez pas trop ici, svp, sauf si, comme Larouche, vous voyez une corrélation) :

« Le réchauffement climatique (incontestable) n'aurait pas de cause humaine »
http://video.google.com/googleplayer.sw … &hl=fr

Ce film développe un des points de vue que défend Larouche ci-dessus.
On y trouve une avalanche de témoignages scientifiques tout à fait troublants :

Encore un débat interdit, comme celui sur le 11 septembre,
alors qu'une bonne démocratie devrait mettre en scène toutes les opinions dissidentes.

Le site Pensée unique prend le contre-pied de l'orthodoxie du moment :
http://www.pensee-unique.fr/

Ils se trompent sûrement, comme tout le monde, mais il est bon qu'ils aient la parole.

Étienne.

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#695 03-05-2009 09:39:29

AJH
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Message n°6948
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour

Pour ceux qui auraient l'envie et les compétences pour creuser ce sujet (ce qui n'est pas mon cas wink )

http://fr.wikipedia.org/wiki/Controvers … climatique

Critiques à propos de ce film vidéo que nous cite Etienne:  http://www.climateofdenial.net/?q=node/3 
et analyse sur WP  http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Great_ … ng_Swindle

Je ne dis pas pour autant que Al Gore n'a pas dis aussi quelques bêtises et qu'il n'a pas d'intérêts financiers sur les "taxes carbone" ... wink

Mais ne faut-il pas également remettre en question la réalité même  du réchauffement climatique  ? http://www.zetetique.ldh.org/rechauffem … tique.html


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#696 05-05-2009 22:55:35

catherine
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Message n°6968
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Messages: 170

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

André-Jacques,
ça n'entre pas vraiment dans la rubrique, n'empêche, j'aimerais bien avoir un peu plus de renseignement, peut-être sauras-tu m'apporter une explication, je suis allée voir Let's make money, il est dit à un moment que la guerre d'Irak tenait au fait que Saddam Hussein menaçait de faire payer dans une autre monnaie que le dollar le fameux or noir, cela me semble tout à fait probable, en quoi et comment cela aurait-il pu avoir une influence dévastatrice sur l'économie américaine, excuse-moi déjà pour mon inculture en la matière, ça doit être évident pour toi, mais ça ne l'est pas pour moi, merci déjà quoiqu'il en soit !

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#697 06-05-2009 05:26:52

Jacques Roman
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Message n°6969
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Messages: 4259

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Le dollar américain

Catherine,

En attendant la réponse d'AJH, voici mon avis.

Si toutes les transactions internationales se font en dollars, tout le monde a besoin de dollars pour payer, d'accord ? On se débarrasse donc de sa monnaie pour acheter des dollars, et comme les États-Unis ont le monopole de l'émission du dollar ils prélèvent à volonté leur dîme au passage et s'en servent pour leurs besoins propres et ceux de leurs citoyens, cela sans contrepartie.  De plus, ils peuvent faire fonctionner la planche à billets à volonté.

La dîme permet de financer les guerres, d'acheter à bas prix des maisons en bois et de grosses voitures dévoreuses d'essence. 

D'autre part, la force militaire hégémonique (payée sur cette rente de situation) rassure les détenteurs d'espèces, qui sentent que dans un pays si bien militarisé leur fortune sera adéquatement protégée.  D'où afflux outre-Atlantique de capitaux en quête de sécurité  - même provenant de pays pauvres - et, pour l'Américain moyen, possibilité (puisque l'argent abonde) de recevoir des prêts quasi à volonté sans offrir aucune garantie de remboursement de s'empiffrer dans les restauvites à coup de portions deux fois plus copieuses que celles de l'Européen moyen. Vous aurez reconnu la situation actuelle ou récente : la bourse a chuté de 50 % environ, ce qui est sans doute représentatif du rabiot.

Deux questions :

1) Pensez-vous que si le dollar cessait d'être la monnaie internationale de paiement et si l'euro ou le yuan (je ne parle pas du yen ou du franc suisse, qui sont des babioles) se mettaient à lui faire concurrence, les ÉUA pourraient continuer de se faire entretenir par le reste du monde à concurrence de 50 % de leurs revenus ?

2) Et dans la négative, ne pensez-vous pas que leur économie en souffrira ?

Cela dit, je ne crois pas que ce soit une raison majeure de l'invasion de l'Iraq.  La raison majeure, c'est le pétrole(plus, sans doute, la situation israélo-palestinienne).

Ceci sous réserve de l'opinion d'AJH, qui s'y connaît sans doute mieux que moi.  JR

Dernière modification par Jacques Roman (07-05-2009 11:05:31)

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#698 06-05-2009 07:29:24

AJH
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Message n°6971
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour Catherine

Globalement d'accord avec la réponse de Jacques Roman ... inutile que j'en rajoute une couche.
Le fait que Saddam voulait effectivement vendre son pétrole en euro était à mon sens secondaire pour les USA ... ce qu'ils voulaient avant tout c'est avoir la main sur les réserves de pétrole de l'Irak (les 2° ou 3° du monde, je crois)

Amicalement

AJ


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#699 06-05-2009 10:50:40

Zolko
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Message n°6976
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Catherine,

une autre explication possible est qu'ils étaient en train de se faire mettre dehors par l'Arabie Saudite, où ils avaient d'énormes bases militaires, car les Princes de là-bas craignaient plus que tout une révolte dans leurs rues, et la présence d'infidèles militarisés sur la terre sainte de l'Islam était source de tension. Du coup, les "stratèges" américains ont du regarder la carte de la région et ils ont du penser que l'Iraq serait la cible la plus facile - tant militairement que diplomatiquement - pour y créer les conditions de présence militaire. Voir la méga-ambassade fortifiée qu'ils ont construit en Iraq.

Bien-sûr, cette explication ne fait que se rajouter à celles d'AJH et Jacques, et c'est probablement une combinaison de tout-ça qui a poussé à l'invasion.

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#700 06-05-2009 14:55:34

sam17
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Message n°6980
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Messages: 657

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Pourquoi opposer des raisons qui poussent dans le même sens ? Il y avait bien des raisons à cette guerre à l'Irak, dont plusieurs sont triviales.
Au lieu de focaliser sur je ne sais quel gouvernement américain, puisque celui qui est officiel est de toutes manières esclave d'une certaine raison "d'État", autant considérer l'intérêt et la logique de l'empire néolibéral, un empire en crise.

Je commence par répondre à la question n°2 de JR (message n°6969) -- je suis bien d'accord avec ce message pour le reste.

Si vous entendez par "leur économie" la seule chose qu'un humaniste peut considérer, autrement dit si vous vous placez du point de vue de l'intérêt général du peuple étatsunien, en considérant le bien être de la (grande) majorité des gens, alors je répondrais, à rebours de l'économisme ambiant et sans aucune hésitation que non, elle n'en soufrirait pas ; bien au contraire (sauf passagèrement).

L'empire néolibéral est extrêmement inégalitaire, on le sait. On oublie parfois que c'est aux États-unis, pour ne pas dire au coeur de cet empire (image réductrice) que les inégalités sont les plus marquées. C'est donc là qu'il faut justement distinguer le plus, disons, bien être commun et indicateurs économiques satisfaisant l'idéologie dominante, c'est à dire le discours assimilant les intérêts particuliers des puissants à l'intérêt commun.

Il ne s'agit pas que de comptabilité. Chacun peut constater de manière éclatante que la logique néolibérale, qui n'a eu de cesse de se développer dans ses excès, fait exploser jusqu'aux "valeurs", au sens que chacun peut donner à son existence, infiltrant jusqu'aux tréfonds de la shère privée. Nous sommes là dans l'économie dans toute sa plénitude.

L'impérialisme dévore tout dans la "métropole", des institutions aux moeurs. Arendt explique ça très bien. Ajoutant que le totalitarisme qu'il engendre directement ou indirectement possède une logique qui se fiche même de l'efficacité économique. Contrairement aux idées reçues, le système totalisant néolibéral est extrêmement anti-économique ; son "allocation efficae des ressources" doit être comprise comme... dans la poche des riches financiers, ça ne va pas plus loin ; pire, c'est une logique de très court terme, de plus en plus court ; or, de quelle efficacité économique peut-on parler si elle est tout à fait antagoniste avec une logique soutenable ? La "gestion de la maison", si elle est affaire "féminine" selon le cliché, l'est parce qu'il y a là la base de notre conservation, de notre "reproduction".

Pas de logique coloniale, pas d'OMC, pas d' "accords" de "libre-échange", pas besoin pour les élites politiques de se faire les toutous des puissances financières et pas de possibilité pour les secondes d'imposer leur logique aux premières, pas besoin pour celles-ci de s'enfoncer dans le mensonge et d'éloigner le siège du pouvoir des institutions officielles, pas de concurrence impitoyable entre inégaux, pas de tyrannie des actionnaires sur les salariés, pas de délires managériaux et de salaires affolants pour les managers, ... Des lois stables, claires et peu nombreuses ; une moralité possible ; un vivre-ensemble. Une économie qui a du sens. Etc.

Pour illustrer la question par la caricature, j'évoque parfois le chapitre "La guerre c'est la paix" du roman 1984 : c'est précisément parce qu'il existe un tiers-monde, que l'empire exploite et écrase, que la terreur et la folie règne au sein de l'empire, d'autant plus même dans les "classes" élevées ; que les prolétaires n'y arriveront jamais à se révolter, et même à percevoir leur accord ; ... A l'extrême, il n'y a plus d' "économie" puisqu'il s'agit au maximum possible d'une économie de guère, de destruction. Les USA et nous en sommes encore loin, mais poser la question de l'économie c'est poser celle du partage, celle du nombre et celle de la conservation : toutes choses que le dogme autoréalisateur néolibéral méprise.

La question de l'impérialisme est une question très importante ici, notamment au sens où on a là, dans le "facteur extérieur", une explication majeure de ce qu'il faut comprendre de la jonction entre souveraineté populaire et souveraineté nationale. "La guerre est mère de toutes choses" disaient les Athéniens libres...

Pour en revenir aux raisons de la guerre à l'Irak : celle que je placerais en première, c'est la nécessité de la terreur. L'effet de "relance par la terreur" associé à un évennement comme celui du 11/09 doit être prolongé, faute de quoi il est inutile. La terreur requiert par ailleurs le mensonge et l'injustice manifeste. Ainsi, je situe cette raison avant même la question de la dépendance au pétrole, bien qu'un empire dans le besoin... redescend sur terre et n'en est plus un.

J'avais entendu dire que les vieux contrats obtenus par les pétroliers "étatsuniens" en Arabie saoudite arrivaient à leur terme au tournant du millénaire.

Il est vrai aussi que Saddam avait annoncé vouloir faire payer le pétrole en euros. Et AJH n'a pas besoin d'être si binaire quand il repousse ce paramètre -- il n'est sans doute pas le plus important, c'est autre chose que de le négliger. L'analyse que fait JR, qui est en gros celle de "L'escroquerie monétaire mondiale" (pour sa partie "économique" et "sérieuse", du moins), ne me semble pas pouvoir être écartée, et je ne pense pas qu'AJH le fasse à ce point, en fait.

Bien d'autres raisons s'ajoutent, qui vont toujours dans le même sens. La volonté de développer des bases militaires, donc la nécessité d'installer des conditions menaçantes ; les intérêt des marchands d'armes ; l'aubaine de pouvoir tester des armes faites à base de déchets nucléaires, et d'écouler ces déchets.

J'irai jusqu'à ajouter qu'un effet de cette guerre allait être d'exarcerber la "prise de conscience" d'une pénurie de pétrole à venir, ce qui permettrait d'imposer des changements d'orientations mais aussi et surtout, de le faire en "gardant la main" pour les puissants, en gardant le bon peuple et ses élus dans l'illusion, et les pays pauvres sous dépendance encore accrue. Exemples : le cas des marchés de droits d'émission de CO2 ; les divers "petits secteurs" énergétiques qui végètent tant qu'ils n'ont pas été mis dans le giron de gros agents financiers, et qui émergent subitement ensuite. Pour moi, on a là l'explication majeure de la propagande du réchauffement climatique d'origine humaine.

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#701 06-05-2009 15:41:38

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Je vous signale un très bon article du Monde: " Crise du capitalisme ou crise de la monnaie ?", par Jean Peyrelevade... Je le sauvegarde ici (Étienne, s'il y a des problèmes de copyright, tu peux l'effacer..). Le lien c'est : http://www.lemonde.fr/opinions/article/ … _3232.html

Crise du capitalisme ou crise de la monnaie ?, par Jean Peyrelevade
LE MONDE | 06.05.09 | 13h37

Faillite, crise, disparition, refus, refondation ou moralisation du capitalisme ? Ces qualifications, venant des diverses parties de l'échiquier politique, ont un point commun. Invectivant un coupable désigné, elles manquent la vraie cible. La facilité d'expression empêche la lucidité. Crise du capitalisme ? Non mais, ce qui est plus grave, crise de l'économie menacée dans l'une de ses fonctions essentielles : la fonction monétaire. La monnaie est un bien collectif, ciment du vivre ensemble dans l'ordre économique. C'est son acceptation indiscutée par tous les acteurs qui permet de passer de l'économie de troc à l'économie d'échanges, de la tribu néolithique à la société moderne. Elle est apparue au début des temps historiques, à la fin du VIIe siècle avant J.-C., en Asie mineure, dans le royaume de Lydie qui devint bientôt celui de Crésus. La richesse des sables aurifères du fleuve Pactole explique sans doute que des pièces d'or furent pour la première fois frappées par le souverain pour payer ses mercenaires.

Bien sûr, le crédit permit bientôt d'augmenter la flexibilité des échanges. Il engendra une nouvelle forme dématérialisée de monnaie, mais convertible en or à première demande du porteur. C'est le principe même de convertibilité qui limitait l'émission monétaire et assurait la stabilité de la construction. Ce système gouverna la circulation monétaire de chaque pays et du monde entier jusqu'à la première guerre mondiale où les belligérants furent contraints de l'abandonner. Il avait vécu plus de 2 500 ans. L'or, cette "relique barbare", disait Keynes, qui l'accusait de favoriser la déflation. Force est de constater que l'univers monétaire où nous vivons aujourd'hui, complètement dématérialisé, a un siècle d'existence (ce qui est bien court à l'échelle historique) pendant lequel il a failli exploser deux fois (1929 et 2008). Problème de régulation ? Peut-être, mais surtout défaut de conception.

Telle Aphrodite, la monnaie porte en soi la marque contradictoire de son origine. Sa création est le fait du système bancaire qui en a le monopole, en contrepartie exacte des crédits consentis à l'économie. Le crédit bancaire crée la monnaie. Celle-ci, bien public, naît de prises de risques multiples sur des emprunteurs privés. Tout crédit non remboursé, a fortiori toute défaillance bancaire, mettent en cause la confiance dans la monnaie, instrument irremplaçable de l'échange. En ce sens, la banque est un service public, qui doit être gérée comme telle. On en est loin.

Faut-il réguler les agences de notation, les hedge funds (fonds spéculatifs), ceux de private equity (fonds d'investissement) ? Certes. Faut-il interdire les paradis fiscaux ? Bien entendu. Faut-il intervenir sur la rémunération des traders et celle des présidents de grandes sociétés ? Sans aucun doute. Faut-il imposer la transparence partout où les risques financiers peuvent s'accumuler ? Oui, une fois de plus. Et exiger de toutes les institutions financières, quel que soit leur métier, le respect de normes minimales de fonds propres et de liquidité. Ce sont là des conditions nécessaires de la stabilité. Elles ne sont pas suffisantes.

Le système bancaire est le coeur du réacteur. C'est lui qu'il faut protéger. Souvent contre lui-même, parfois contre les demandes de l'opinion ou du pouvoir politique. La création d'une banque centrale indépendante a été un premier pas. Mais beaucoup reste à faire. Le système bancaire, dépositaire de la confiance publique, doit être en toutes circonstances invulnérable. Pour ce faire, pas d'autre solution que de le ramener dans les strictes limites de sa fonction originelle, ce qui passe par deux règles.

La première rappelle que le métier de la banque n'est pas de prendre des risques, mais au contraire de créer de la monnaie sans risque. Donc de se borner à anticiper de quelques semaines ou de quelques mois des règlements dont le caractère est certain, en un mot de financer le fonds de roulement de l'économie et rien d'autre. Le risque long, le risque entrepreneurial, le risque d'investissement ne relèvent pas de la banque mais de l'épargne déjà constituée, c'est-à-dire de fonds propres. Quant aux risques spéculatifs, découlant d'un pari sur le prix futur d'actifs existants, ils doivent lui être purement et simplement interdits. Le périmètre de la banque de dépôts doit correspondre à son appellation : ce qu'il faut vraiment réguler demain, mieux qu'aujourd'hui, c'est d'abord le risque bancaire.

À cet égard, la seconde règle devrait consister, dès la sortie de crise, à accroître fortement les exigences de fonds propres des banques et cela d'autant plus que leur taille fait peser un risque systémique plus important. Le danger naît de la convergence de deux facteurs : la concentration des structures, d'une part, l'effet d'endettement, de l'autre, qui rendent illusoire l'efficacité des amortisseurs de chocs que constituent les fonds propres (et incertaine la capacité d'intervention en dernier ressort des Etats). Sait-on que le passif total des banques françaises, qui ne sont pas les pires et de loin, mesuré au niveau de leur seul bilan représente dix-sept fois leurs fonds propres ? Comment expliquer que la puissance publique, garante ultime de la monnaie, accepte pour les banques des ratios d'endettement que les banques elles-mêmes interdisent à toute entreprise industrielle ou commerciale ? Les risques bancaires seraient-ils plus faibles ? Ou leurs conséquences moins désastreuses ? On sait bien que non.

Il est vrai que quand tout va bien, un tel effet de levier a des effets enivrants. Les rentabilités obtenues pour le capital (dix-sept fois le taux de marge nette) se situent à des sommets qui simultanément font la fortune des directions générales et sont interprétées comme autant de preuves de leur excellence professionnelle. Mais comment faire atterrir l'économie réelle vers des niveaux de rentabilité de long terme moins excessifs si l'aristocratie qui occupe le coeur du système bancaire est jaugée sur sa seule capacité à entretenir l'illusion ? Ce n'est pas le capitalisme qu'il faut moraliser mais les conditions de la création monétaire (États-Unis compris, bien entendu) que l'on doit revoir de fond en comble.

Jean Peyrelevade est économiste.

Dernière modification par AJH (06-05-2009 15:43:20)


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#702 06-05-2009 15:53:13

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@Sam
Je n'ai pas repoussé "ce paramètre" (j'ai écrit " secondaire") ... c'est d'ailleurs aussi ton analyse : ce fait - de l'éventuelle volonté de se faire payer son pétrole en euro -  est "secondaire" (tiercere, même wink )

Mais je n'ai pas eu le courage de développer autant que toi...

Amitiés
AJ


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#703 07-05-2009 03:03:13

Sandy
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH a écrit:

Mais ne faut-il pas également remettre en question la réalité même  du réchauffement climatique  ? http://www.zetetique.ldh.org/rechauffem … tique.html

Bonjour AJH, je ne maîtrise pas bien le sujet donc je ne peux pas vous répondre objectivement, mais néanmoins ayant fait des études scientifiques et ayant notamment fait l'experience, l'effet de serre n'a rien d'une croyance, il est d'ailleurs largement utilisé dans l'agriculture, et je ne vois aucune raison qui puisse rendre sa transposition à l'échelle planétaire inexacte.
Si de plus en plus de gaz à effet de serre compose l'atmosphère je ne vois pas pourquoi les mêmes causes n'auraient pas les mêmes effets que dans une experience en laboratoire.

Il me parait quand même assez prudent de ne pas prendre de risque et de conserver l'état actuel de notre atmosphère et de ne pas le polluer. Même s'il n'est pas exclu que l'effet de serre soit surestimé, j'estime qu'il vaut mieux le surestimer que de le sous-estimer non ?

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#704 07-05-2009 09:33:45

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Oui Sandy, ayant un certificat de licence en météorologie (très ancien, il est vrai smile ), je sais cela ... je voulais seulement dire que si on met en cause l'origine du réchauffement climatique ( d'origine anthropique ou non), on peut aussi remettre en cause la réalité du réchauffement lui-même.

Mais comme toi, je ne peux pas répondre objectivement... c'est beaucoup trop complexe à mon niveau.
On est donc, me semble t-il, dans "la foi" ... réchauffement ou non, dans quelles proportions?  l'homme ou pas l'homme, dans quelles proportions ? Faut il agir sur nos comportements, dans quelle proportion ?


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#705 07-05-2009 22:24:49

catherine
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Merci à vous Jacques, André-Jacques et Zolko, pour vos éclairages respectifs,

Du haut de mon inculture  en  matière économico-financière , je vais vous dire à quoi ça me fait penser tout cela...

A priori, ça semble très simple, et tellement simple  que je me dis, c'est pas possible, j'ai forcément oublié ou raté  quelque chose, simple car pour faire se casser la figure du  soi-disant colosse américain, il semblerait très facile de refuser que les transactions commerciales  se fassent en dollars, car rien ne justifie que ce soit l'étalon de référence, si ce n'est les pressions ahurissantes auxquelles ils  nous soumettent , et auxquelles  nous obéissons bêtement .C'est le fait d'obéir à cette règle SUICIDAIRE  qui devrait être érigée en bouclier et servir de catalyseur , d'accélérateur de réactivité  ... mais non, rien .

Tout cela semble relever des règles du poker menteur et tant qu'on accepte que les USA produisent les billets verts qui serviront ensuite à nous dépouiller , nous et le reste  du monde, y'a pas de raison que ça change, et en effet rien de nouveau sous le soleil , c'est toujours la même rengaine! On a des arguments " béton" à opposer mais non, ça ne  passe pas le mur de l'entendement, la propagande Bernays et consorts  est passée par là et ça marche du tonnerre, c'est aussi fort que  de faire admettre à un aveugle qu'il voit clair, chapeau bas quand même,  ils méritent vraiment des applaudissements!

Des bémols à cette réflexion par trop simpliste.

Le premier, les gouvernants et nos soi-disant représentants ne représentent qu'eux-mêmes et sont tenus par des intérêts personnels qui les empêchent d'oeuvrer pour le bien public, tout englués qu'ils sont dans leurs petites personnes et leurs petits intérêts propres ils n'oeuvrent que pour eux et leurs intérêts de classe, tout le monde le sait maintenant, à moins d'être totalement insensé.

Le deuxième, ce pouvoir mondial étend ses tentacules partout, c'est 1984 et son pouvoir policier, sa novlangue, son conformisme, sa misère digérée, ses cerveaux lessivés,  etc...

Je tiens compte aussi de ce que disent certaines personnes, comme F  Lordon, qui nous dit qu'avant de casser le système financier, il faut le sauver!!!!!  le sauver pour  refonder  ensuite un tout autre système ...?????

Et puis aussi, cette insidieuse pensée qui me revient en leit-motiv et qui me fait craindre le pire, la volonté qu'auraient certains de créer des monnaies continentales pour chaque bloc, bloc Nord- Américain qui s'associerait au bloc européen , le fameux bloc euro-atlantique , qui serait une claque définitive à toute tentative de résistance ultime par cette voie monétaire ???

Voilà vite fait à quoi ça me fait penser cette histoire de monnaie...

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#706 07-05-2009 22:54:45

catherine
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Pour ce qui est de la météo et de l'appel à tous pour sauver la planète ,  consensus oblige, amen, il y avait,  il y a peu , chez  mon copain Jorion,  le dernier billet de Daniel Dresse, très intéressant, j'essaie de le retrouver demain matin, et je vous l'envoie sur le forum, il offre des perspectives nouvelles qui méritent d'être explorées consciencieusement à mon avis

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#707 08-05-2009 02:16:15

Sandy
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Message n°6996
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH a écrit:

Oui Sandy, ayant un certificat de licence en météorologie (très ancien, il est vrai smile ), je sais cela ... je voulais seulement dire que si on met en cause l'origine du réchauffement climatique ( d'origine anthropique ou non), on peut aussi remettre en cause la réalité du réchauffement lui-même.

Mais comme toi, je ne peux pas répondre objectivement... c'est beaucoup trop complexe à mon niveau.
On est donc, me semble t-il, dans "la foi" ... réchauffement ou non, dans quelles proportions?  l'homme ou pas l'homme, dans quelles proportions ? Faut il agir sur nos comportements, dans quelle proportion ?

Justement ce que je vous expliquais c'est qu'on n'a absolument aucune bonne raison de faire le choix de la foi vu que de toute façon il vaut toujours mieux surestimer un danger que de le sous-estimer.

Alors quand dans la balance c'est l'ensemble de la vie sur notre planète qui est en jeu, il vaut mieux prendre les plus grandes précautions et ne prendre aucun risque. Pourquoi prendre des risques et nous demander dans quelles proportions nous pouvons polluer notre atmosphère alors qu'à l'évidence ne pas la polluer dutout serait le plus sage des choix ?

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#708 08-05-2009 04:43:32

Sandy
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Message n°6999
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Petite question qui n'a rien à voir. Pourquoi les assignats lors de la révolution française n'ont pas fonctionné et ont conduit à une inflation et à une dévaluation aussi importante ?

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#709 08-05-2009 07:15:14

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@Sandy

Tu as de très bonnes explications ici http://fr.wikipedia.org/wiki/Assignat

@Catherine
Tu as globalement raison (un bemol pour ton dernier paragraphe "et puis aussi...")
La monnaie (quelque soit sa forme) n'est qu'un problème de confiance...
L'erreur de l'après guerre c'est d'avoir laissé la prééminence au dollar pour tous les échanges internationaux... il fallait une "banque centrale des banques centrales" avec le "bancor" (proposé par Keynes) comme monnaie centrale


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#710 08-05-2009 07:22:23

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@Sandy, à propos du réchauffement.

J'essayais d'expliquer quelles sont les différentes idées sur la situation. En ce qui me concerne, je pense que le réchauffement c'est 80% dû à l'activité humaine... mais par contre, je sais que les efforts que nous ferons ne serviront à rien tant que la population n'aura pas sérieusement diminué, simplement parce que 6 milliards d'individus veulent accéder aux "standards' des 800 millions les plus aisés (lire Hervé Kempf) ... Je n'ai aucun espoir s'il est confirmé que le réchauffement a une origine "humaine", sauf celui qui correspondrait à la fin du pétrole, du charbon et des schistes bitumineux (quand il n'y en aura plus, on ne pourra plus consommer), sauf celui qui correspondrait à une fabuleuse découverte, et sauf celui qui correspondrait à une "aide extérieure" !

Dernière modification par AJH (08-05-2009 07:22:38)


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#711 08-05-2009 08:47:29

catherine
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Message n°7002
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour à Tous,

Voilà donc le texte en question, je m'autorise à faire un copié/collé du message de Daniel car il me semble révélateur de certains mouvements de pensée, c'est diffusé sur un espace "public" je m'en expliquerai auprès de lui (Daniel bien sûr!)  s'il le faut mais je ne l'imagine pas refuser cela...

LETTRE OUVERTE À PAUL JORION ET À TOUS LES NEURONES DU CERVEAU (gentiment) MONOMANE

Quelques précisions avant de prendre définitivement congé. Je n’y peux rien, c’est Paul Jorion lui-même qui m’y a invité par allusion (« Roulez jeunesse » Farceur, va !). Oui, je sais, mon histoire c’est un peu « The long goodbye » (l’interminable adieu) de Raymond Chandler. Je remercie donc tous ceux (celles) qui daigneront m’accorder un dernier petit moment de patience et d’agacement, sur ce coin déjà oublié du blog de Paul.

J’ai découvert le blog de Monsieur « Jean Martin » (voir mes liens du 22/04 à partir de 2h40), à la fin de l’hiver 2006/2007, c’est-à-dire à peu près en même temps que celui de Paul Jorion. Ayant appris à me méfier des verts pour les avoir longtemps côtoyés, je l’avais accueilli aussi favorablement que le livre du très sage et très prudent journaliste scientifique Pierre Kohler en 2002 (L’imposture verte, Albin Michel). Je l’ai lu ensuite de loin en loin, mais régulièrement, me laissant petit à petit gagner par sa thèse, celle-là renforcée par la lecture du plus polémique mais excellent « Les prêcheurs de l’apocalypse » de Jean de Kervasdoué (Plon 2007) et du plus récent « À qui profite le développement durable » de la géographe Sylvie Brunel (Larousse 2008).

N’en déplaise à Paul, je n’ai jamais douté qu’il s’agisse d’un sujet brûlant, même si, à court terme, il est plutôt question de refroidissement (en tout cas chez nous, au cours des deux années écoulées, nous nous sommes plutôt gelé l’anatomie !). Je n’ai pourtant levé le lièvre que la semaine passée, non sans avoir prévenu « Jean Martin » de la chose (vous pouvez vérifier par vous-mêmes) lequel m’a souhaité ironiquement bon courage.

Pourquoi avoir tant tardé, même en considérant qu’il y a un début à tout ?

Accessoirement parce que je savais bien, la Doxa étant ce qu’elle est en matière de « réchauffement planétaire » que j’allais me heurter à un mur d’incrédulité et surtout à une montagne d’indifférence. J’ai tout de même suscité les commentaires de deux écolos déclarés (Pierre Yves et Barbe Bleue), un bon résultat si l’on admet qu’à toute infection microbienne il suffit d’une minuscule porte d’entrée (je vous rappelle que j’ai aussi été aide-soignant).

J’ai surtout attendu parce que ce sujet là ne m’apparaissait pas prioritaire dans le contexte des deux années écoulées, durant lesquelles j’avais été initié, en grande partie par les soins de Paul Jorion, aux arcanes de la crise financière mondiale.

Ce n’est en fait que très récemment que le lien m’est apparu patent entre ce faux problème de réchauffement et certaines des idées force de Paul comme cette fameuse constitution pour l’économie, dont l’universalité et la globalité qu’il cite à plaisir répondent au « gouvernement mondial » cher à Jacques Attali, car je ne vois pas comment l’efficience de l’une pourrait se passer de l’existence de l’autre.

Mais c’est surtout la lecture de la majorité des commentateurs ici qui m’a ouvert les yeux. Hormis les développements considérables et éminemment compétents en matière économique et financière, une autre musique résonne tout au long des pages de ce blog, et qui n’a rien à voir avec les variations de la musique populaire anglo-saxonne. Toutes ces professions de foi affichées et obligées à propos de tout et rien sur la planète martyrisée et à l’agonie finissent par lasser, comme n’importe quelle plage sonore qui passe en boucle, et surtout par mettre la puce à l’oreille. Quelles sont la raison d’être et la signification d’un tel mur des lamentations ?

Il y a dix ans (déjà) J’avais été très marqué par l’affaire du bombardement de la Serbie par l’OTAN. J’avais en effet une amie monténégrine qui était à Belgrade au moment des évènements et qui nous en donnait par Internet ses impressions à chaud, lesquelles n’avaient pas grand-chose à voir avec les informations officielles de nos médias à nous. Déjà soupçonneux vis-à-vis des cent mille viols et des cinquante mille martyrs albanais massacrés par les fascistes serbes (comme Mme la présidente du TPI j’attends toujours les témoignages et les charniers correspondants), j’ai surtout compris, dès cet instant, que toute entreprise guerrière moderne devait cacher la multiplicité de ses buts derrière un seul grand principe qui puisse lui garantir d’être immédiatement identifié dans « LE CAMP DU BIEN ». Il s’agissait ici de « sauver la paix en Europe » menacée par l’armée de chasseurs de la Grande Serbie, comme elle l’était après Munich par les armées de chasseurs (bombardiers ceux-là) de l’Allemagne nazie.

Ceux que j’appelle aujourd’hui les mondialistes, les clercs qui à des degrés divers théorisent la chose, et la multitude des mondiolâtres (les mystiques et les opportunistes, j’aime bien ce terme) qui marquent les premiers à la culotte, sont tout à fait dans la même démarche.

« À problème global, solution nécessairement globale » martèlent-ils la main sur le cœur. Le problème pour eux est que la nécessité absolue de leur action globale n’apparaît jamais comme évidente. L’objection de Paul Jorion par exemple sur ce qu’il est possible ou non d’empêcher avec les paradis fiscaux -rétorsion possible pour les particuliers mais impossible pour les entreprises- relève pour moi plus d’un choix « raisonnable » (c’est-à-dire en fait aussi idéologique que le mien) que d’une nécessité. Je crois moi encore possible d’inventer des solutions pour enrager l’hémorragie fiscale qui saigne nos sociétés à blanc. Pourquoi par exemple ne pas obliger toute société nationale à produire une déclaration fiscale établie par le pays d’accueil, avec paiement d’une franchise compensatoire en cas de déséquilibre (solution Lordon) ? Et puis pourquoi ne pas interdire, au moins sur le principe, toute installation d’une société nationale dans un paradis fiscal ? De telles mesures relèveraient bien pour les intéressés de « L’inquisition fiscale », suivant un discours rebattu depuis des lustres, mais ne seraient pas forcément perçues comme la nouvelle incarnation du Goulag par le reste de la population.

En tout état de cause, la force exécutoire des lois appartient encore aux États et si les entreprises « font ce qu’elles veulent au dessus des lois » c’est aussi qu’il manque du volontarisme là où il devrait être. Il est clair que les formes nouvelles de domination passent et passeront encore par l’entreprise déterritorialisée. Faire le pari de ne pouvoir réguler que globalement cette domination là ne pourra que renforcer le processus en lui donnant sa légitimité sous couvert d’une autorité de contrôle. La question du bras armé pour faire respecter cette autorité reste également posée.

« Mais l’horizon indépassable de l’humanité c’est le global » martèle toujours le chœur. Alors, face aux récalcitrants qui restent toujours droits dans leurs bottes, il faut trouver ce fameux principe général qui balaiera toutes les objections et toutes les résistances. C’est à ce moment que le ciel se met à flamboyer, le vent à hurler, et la mer à monter à l’assaut de nos plaines basses : « Le global est indépassable parce qu’IL FAUT SAUVER LA PLANÈTE ! » Le voilà l’alibi sanctificateur qui permet TOUT, à commencer par faire honte au mécréant. Le destin est collectif, parce que le danger est collectif et la responsabilité du danger tout autant collective (repens-toi, Maudit !).

Cette histoire n’est pas neuve. Elle fait penser à la grande dépression collective qui a frappé le monde occidental au milieu du XIV siècle, par le bouleversement climatique (et oui !), le choc épidémique et les longues guerres civiles. En ces temps lugubres, le principe général qui légitimait tous les malheurs, tous les renoncements et tous les sacrifices, était d’ordre religieux. Dieu châtiait les hommes par où ils avaient péché et l’apocalypse était proche. Pourtant, l’apocalypse ne se produisit pas, et toutes ces terribles catastrophes, qui avaient jeté à bas le bel édifice du « monde plein » de la fin du moyen âge (expression chère à Braudel), firent repartir le balancier de l’aventure humaine dans un sens inattendu. À peine plus d’un siècle plus tard, le monde civilisé s’était à nouveau RÉTRACTÉ dans l’entendement des hommes, ouvrant ainsi à ceux qui voulaient voir au-delà, d’immenses espaces vierges propices à l’aventure individuelles, aux grandes découvertes et aux expériences locales les plus diverses (c’est aussi l’époque ou apparaît la perspective c’est-à-dire l’ESPACE sur les représentations picturales). Cette rétractation, qui ne manquera pas non plus de survenir à la nouvelle époque d’apocalypse qui est la nôtre, obnubilés que nous sommes par le châtiment climatique qui frappe notre monde souffreteux et fini.

Il est vrai que le thème de la globalité « a pris » possession de nos mentalités collectives au moins dans le champ culturel visible, celui qui est accaparé par les grands moyens de diffusion de l’information et du savoir. Cela peut paraître contradictoire en regard de l’individualisme exacerbé de notre modernité, mais la contradiction n’est qu’apparente. Notre individualisme est celui d’un coureur de marathon de masse, tout tendu à dépasser son concurrent et à se dépasser lui-même, pourvu que le troupeau continue à courir dans le même sens. Et aujourd’hui, il est patent que beaucoup de monde est prêt à galoper « pour la planète » (l’image d’un peloton de marathonien colle d’ailleurs bien mieux, à mon avis, à la réalité d’un blog que celle d’un « cerveau collectif », vu l’application mise par certains à marcher sur les pieds de leur prédécesseur immédiat. Pour l’avoir pratiqué moi-même, je parle en tant que neurone terriblement vicieux, je dois avouer que c’est jouissif !).

Je considère bien sûr comme très présomptueux de ma part d’avancer que tout le monde se sent réellement concerné par cette course haletante vers le nouveau Graal. Il est évident que des pans entiers de la société, empêtrés dans la glue du quotidien, échappent complètement à la fascination du mirage, et qu’une énorme réaction de rejet ne tardera pas à se faire sentir à ce niveau. (Curieux, toutes ces épaves de bicyclettes massacrées qui jonchent désormais les trottoirs de nos villes, comme si la rage nocturne des exclus s’excitait sur ce qui est devenu le symbole de la bourgeoisie verte des centres villes).

Les croyances collectives prospèrent toujours sur les tendances lourdes qui affectent les structures des sociétés et les tensions qui résultent de leur évolution. J’avais été très impressionné, au milieu des années quatre vingt dix, par le livre du journaliste Edward Behr « Une Amérique qui fait peur », vilipendé comme « réac » par une grande partie de la presse d’alors, surtout de gauche.

Behr s’était attaché à décrire tout un ensemble de croyances et de comportements qui caractérisaient l’Amérique de l’époque, et paraissaient quelque peu exotiques aux observateurs extérieurs que nous étions (Tous ces phénomènes ont depuis largement déferlé sur l’Europe, France incluse). À côté d’une charge contre toute la palette de la « political correctness » (multiculturalisme et féminisme poussés jusqu’à l’absurde, juridisme obsessionnel au service d’un puritanisme inquiétant), le doigt était mis sur le nouvel essor du fondamentalisme religieux, l’explosion des sectes, et surtout d’étranges lubies et hallucinations collectives touchant aux extraterrestres et leurs vaisseaux de déplacement.

L’aspect troublant et dérangeant de ce livre résidait dans le volet sociologique de sa démonstration. Il apparaissait en effet que les classes les plus perméables à ces dernières croyances n’étaient pas les couches inférieures de la société, c’est-à-dire les moins instruites, mais bien ce que nous appelons les classes moyennes, et bénéficiant à ce titre déjà d’un haut niveau d’éducation. Ce fait trahissait à vrai dire l’entrée en crise de ces classes, largement confirmée depuis et pas seulement en Amérique (les américains ont toujours un train d’avance sur le reste du monde). Elles se sont vues en effet depuis irrésistiblement tiraillées entre deux pôles antagonistes : « l’upper middle class » proche des classes supérieures parce qu’oeuvrant dans la même sphère de pouvoir, et la masse de la lower middle class, qui a fini par rejoindre les franges des classes inférieures, évolution achevée par le coup de grâce donné par la crise de l’immobilier et du crédit.

Avec quelques variantes, les sociétés européennes ont-elles aussi enregistré les mêmes tendances. En France par exemple, la social-démocratie triomphante des trente glorieuses avait largement permis la promotion d’une énorme et dynamique classe moyenne qui avait fait croire un moment à la « moyennisation » définitive des sociétés modernes. Par un processus classique de verrouillage propre aux couches sociales ayant franchi un cap dans l’amélioration de leur statut, les classes moyennes ont eu tendance à « fermer la porte » derrière elles à partir des années quatre vingt, d’abord en manipulant à leur profit les rouages de l’ascenseur social, et surtout en se conformant aux mêmes choix idéologiques (politique et économique) que les classes supérieures. L’heure de l’adaptation sans retenue « de tous » (en fait des classes les plus faibles) à la mondialisation financière et libre échangiste avait sonné.

La troisième génération des classes moyennes de l’après seconde guerre mondiale est en train de faire son apparition, avec la même bonne fortune promise que celle d’une vague d’assaut à l’offensive du Chemin des Dames. Apparemment la mieux lotie sur le plan de l’éducation (E. Todd souligne que pour la première fois de notre histoire, une classe d’âge porte en son sein 28 % de diplômés de l’enseignement supérieur), cette génération ne pourra que faire l’amer constat de ce que ses parents ont contribué à lui léguer, une société qui n’a plus besoin d’elle au même rang et aux mêmes statuts. Cette prise de conscience sera violente et douloureuse, et à fortiori plus laborieuse encore la conclusion que leur sort sera désormais lié à celui des innommables et intouchables qui s’accumulent dans les ponts inférieurs de la société dite « postindustrielle ».

C’est à ce point précis qu’intervient ce que j’appelle la « tentation de l’irréel ». Inévitable en effet sera la croyance qu’après avoir enterré la vieille social-démocratie et ses valeurs jetées avec l’eau du bain (nation universaliste, sens de l’état, protectionnisme), une nouvelle social-démocratie pourra être construite à un échelon supérieur, même plus seulement supra national, mais supra européen, c’est-à-dire MONDIAL. Le projet des classes dominantes étant lui aussi un projet puissamment « mondialiste », l’apparente contradiction se trouve magiquement surmontée par un saut dans l’ALTÉRITÉ, laquelle, comme toute altérité se démarque par la pureté de ses intentions. Cette future « alter social-démocratie », manne bureaucratique de bienveillance pour tous les diplômés de l’occident à reconstruire, aura pour mission de contribuer au SAUVETAGE DE LA PLANÈTE, promise à une mort subite s’il n’en est pas ainsi.

La ceinture est bouclée mais fait l’impasse sur d’autres dérives possibles et qui viendraient se loger dans le vide sidéral qui caractérise notre vie politique. La dérive sectaire en est une. Les dérives crypto fascistes de l’avenir pourraient bien prendre la forme de sectes puissantes dont on a vu des prémices dans nombre de pays, USA inclus. Le dictateur fou revêtirait lui le masque benoîtement bonhomme du gourou. Je ne ferais pas l’affront à Paul Jorion de lui trouver le profil intellectuel de l’emploi (en plus avec la tête de Capitaine Haddock qu’il s’est fait ces derniers temps…). Je n’en trouve pas moins désagréable (non, insupportable en fait) cette lubie grotesque et inquiétante de « cerveau collectif ». Avec mon sens pratique d’employé aux basses œuvres de carrière, je ne peux m’empêcher de songer qu’un cerveau s’inscrit dans l’harmonie générale d’un organisme complexe (ou alors c’est l’ordinateur maboul de « 2001 l’odyssée de l’espace »). Pour être utile à quelque chose, il lui faudra prolonger son action par d’autres organes et c’est là où le bât blesse. Qui va faire les pieds, et qui va faire les mains ? Ou plutôt qui vont être les valets de pieds et qui vont être les aides manucures ? Sans parler des préposés à l’aisance… Un sacré « nouveau gisement d’emploi » en perspective !

Le Maître nous dit que le vieux monde s’écroule, dûment remplacé par LE NÔTRE, avec « le cerveau » aux manettes, fine alchimie des globaux et des zappeurs. Moi, je lui trouve souvent –sur la monnaie et bien d’autres sujets- les symptômes de la tournante du mouton, au « cerveau » ! Non les gars ! Non les filles ! Vous, moi, Paul Jorion et les autres, nous ne sommes pas l’avant-garde d’un monde nouveau, lequel n’a plus grand-chose à faire du grand cortex de nos lubies. Nous sommes bien, par contre, les témoins plus ou moins conscients d’un monde que est en train de disparaître avec nos (vos) illusions : le nôtre et rien que LE NÔTRE. Avec ou sans nous, la relève n’en est pas moins prête. La Grande Rétractation est en marche, imprévisible, violente (zap zap fait le manieur de coupe coupe) et pourtant génératrice de nouveaux paradigmes et de nouveaux rêves portés par les peuples (nous n’auront même plus la chance de nous référer à cette identité-là) parce qu’ils seront plus ivres de protection que jamais. Par exemple le grand rêve de l’Afrique ne serait-il pas une belle perspective, et une sacrée revanche de l’histoire ? Oui, je sais ! Vilaine ruse de la sorcière Clio, qui passe toutes les belles idées au filtre de ses fioles, et obligerait tous nos répugnants bienfaiteurs à ne plus penser l’homme africain qu’en victime pantelante échouée sur nos plages. Mais zappez les gars ! Zappez les filles ! Vous ne savez pas encore qui vous zappera.

Ce texte est donc le dernier que j’aurai écrit en ces lieux, il n’y en aura pas d’autre car je ne me sens plus concerné par les débats qui ont lieu ici. Je n’ai plus de temps à perdre à discutailler avec Machin ou Truc, lequel déplore la fuite des nouvelles technologies dans les pays à bas salaire pour mieux pointer comme principal danger pour l’avenir d’Internet… le protectionnisme. Qu’il aille donc dans le mur avec sa carte de libre échange sous son bonnet porté bas (estampillée NPA Verts PS Modem UMP peut importe, c’est la même daube !). Je ne pardonne pas non plus à Paul Jorion sa diatribe sur les « intermittents » de son blog, il n’avait qu’à inscrire un avis d’interdiction au fronton de ses pages dès le départ. Nous aurions été ainsi nombreux à ne pas oser l’importuner. Je le remercie néanmoins de tout cœur de m’avoir laissé m’exprimer ici, chaque fois que j’en ai eu le loisir. Je lui souhaite bonne chance, ainsi qu’à vous tous et toutes. Nous avons des opinions très différentes, que le meilleur gagne ! … Je veux dire le plus perspicace…

http://www.pauljorion.com/blog/?p=2930#comment-25019

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#712 08-05-2009 08:55:19

sam17
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Réchauffement climatique

Note (pas faite au titre de "modérateur"...) : le réchauffement climatique et le dogme associé ne sont pas ici très hors sujet, à mon sens (au débat d'expliquer pourquoi ?) -- quant à l'idée d'ouvrir un fil dédié, ici, elle ne s'impose peut-être pas.

@ Sandy, en réponse à deux de tes propos récents :

Le mécanisme de l'effet de serre est une réalité scientifique, il se vérifie et s'utilise en divers cas, bien sûr. Mais la question, ici, est évidemment plus complexe. Je n'entends biens sûr pas en faire le tour en un message.

Je veux déjà insister surtout sur un point : ce qui sent mauvais dans cette affaire, c'est qu'il y a un flot hallucinant de recherches pour démontrer toutes les causes secondaires d'une chose qu'on veut démontrer, mais étrangement peu de sérieux, d'application et même de bonne foi pour étudier tout ce qui pose problème. On ne peut pas ne pas être frappé par cette disproportion complète. On ne peut pas ne pas être scandalisé devant l'accumulation d'études scientifiques méprisant complètement le principe d'exclusion, c'est à dire traitant nombre de paramètres comme s'ils n'existaient pas, tandis qu'ils ne retiennent que ceux qu'ils étudient... Et ne pas en déduire que ça pue la mainmise politique (économique) sur la science.

Parmi les pistes dénigrées les plus grosses : on voit de nombreuses études qui s'amusent à corréler des courbes de température terrestre avec la seule évolution des concentrations de GES. C'est parfaitement ridicule, puisqu'il existe nombre de facteurs naturels qui font varier cette température, facteurs dont beaucoup, pseudo-cycliques, sont bien connus (même s'il est toujours difficile d'en quantifier l'effet) : paramètres de trajectoire terre / soleil ; activité nucléaire - magnétique solaire ; activité magnétique terrestre. On peut ajouter ici qu'un des grands facteur est probablement l'activité cosmique tout court, car la formation des nuages serait liée aux bombardements de particules (type gamma) venant de l'espace, particules qui sont écartées quand le soleil a de forts vents magnétiques. Curieusement, on s'en fout bien que personne n'infirme ces thèses. (C'est ainsi, d'ailleurs, que l'explosion d'une énorme supernovae pourrait avoir été à l'origine du dernier fameux tsunami). Etc.

Ensuite, ce "détail" : les volcans, les rots des ruminants (dont des dinosaures), ... émettent des gaz à effet de serre (GES) depuis des lustres. Plus, le premier gaz à effet de serre est de très loin la vapeur d'eau -- cf. l'albédo, couverture nuageuse de basse altitude. On a beau dire, la production d'origine humaine est de très loin minoritaire. Une grosse éruption volcanique dans l'année et la proportion d'origine humaine varie en gros de 2 à 1.

Tout ça n'a pas empêché que, pendant des millions d'années, ce ne fut pas la hausse / la baisse des masses de GES qui entraina la hausse / la baisse de la température terrestre, mais l'inverse. Avec un décalage d'environ... 8 siècles. Tous les scientifiques savent ça. Pourtant ça n'a pas empêché la crapule Al-Gore d'énoncer, dans son "oeuvre" célèbre, entre autres, ce magnifique "mensonge par omission" (21:05) : « Ceci est la température qui a été sur notre Terre […] maintenant, une chose qui saute aux yeux, en quelque sorte, est « est-ce que les courbes [CO2 et température]  collent l’une avec l’autre ? » - c’est la chose la plus ridicule que j’aie jamais entendue. La relation est en fait très compliquée, mais il y a une relation qui est de loin la plus importante : quand il y a plus de CO2, la température « devient plus élevée » (« gets  warmer »).» Il y a une relation qu’il oublie de mentionner : il a cité le lien dans le mauvais sens… Pr Ian Clark : « si on regarde le forage de Vostok, on voit le CO2 augmenter, et il suit la hausse de température ; vous avez un retard d’environ 800 ans. » Il y a maintenant plusieurs forages glaciers ; tous montrent la même chose : la température monte ou baisse, et plusieurs centaines d’années après, le CO2 suit... - Note  base = données Vostok, Antarctique – mais son graphe remonte nettement avant - 400 000 ans, soit la date la plus reculée estimée pour se prélèvement (il y a donc nécessairement collage de résultats d’origines différentes).

Autre chose : les volcans comme les hommes émettent également des aérosols, qui eux, tendent au contraire à refroidir la planète. Or, d'après les rapports du GIEC eux-mêmes, un élève de seconde le comprendra, si on essaie d'additionner ("soustraire") les effets des GES et des aérosols, en tenant compte des incertitudes énormes sur chacun de ces deux effets... on obtient une moyenne négative (c.à.d. un refroidissement...) et une marge d'incertitude égale à plusieurs fois le nominal (la moyenne) ! Quand la conclusion parle de quasi-certitudes... Cela n'est vraiment pas sérieux.

Le goût si répandu pour la notion de "forçage" (terme que M.Mme lambda connaissent déjà presque eux-mêmes) indique que nos scientifiques font essentiellement du "linéaire", c.à.d. additionnent les effets (supposés) des diverses causes (celles consiédérées, du moins) pour obtenir l'effet (supposé) de la somme des causes. Bref, entre ça et le tri qui est fait dans les paramètres (cf. plus haut) on est très loin d'avoir des modèles scientifiques fiables. Mais au-moins, s'ils étaient partiellement validés par les mesures...

Or il y a un "petit" problème avec les modèles employés pour simuler l'effet de serre et notamment pour évaluer le "forçage" (la part) qui serait due à l'origine humaine : les mesures atmosphériques s'obstinent à ne pas valider la théorie, une théorie pourtant admise par tous et employé dans tous les modèles. Voir l'encadré en bas de mon message. Très emmerdant, car la moindre des choses pour un simulateur (je suis ingénieur calcul en mécanique), c'est de valider ses modèles... Il faut croire qu'un tas de chercheurs s'obstinent, donc, à ne pas s'inquiéter de ce détail ou à utiliser sciemment des modèles donc la base même n'est pas validée.

À l'autre bout (d'une investigation qu'il est bon de mener un peu soi-même), il y a toujours l'incertitude, et cet argument qui revient partout : il vaut mieux se baser sur l'hypothèse du risque le plus fort. Question de foi ? Non. Mais question de... terreur. Cet argument d'impuissance, je le hais, parce que mes conclusions à moi, au-delà des incertitudes fortes sur le fond, sont qu'on a affaire à un grave problème de "relance néolibérale", qui implique aussi bien la terreur au sens plein du terme que les logiques impérialistes, ... etc. Je ne peux pas m'étendre ici, mais je veux réagir contre la "banalisation" d'une telle idée bien pratique.

Pour se sensibiliser au sujet, je conseille vivement de visionner le reportage vidéo IT'S NOT TRUE. The great global warming swindle -- sous-titré en français. Il faut supporter un montage très "show" à l'anglosaxone, mais ça vaut le détour.

Entre autres éléments très bien documentés dans ce reportage, une question très épineuse (ennuyeuse pour pas mal) de l'absence de corrélation entre la théorie et les mesures, s'agissant de l'effet de serre.
J'ai pris le soin de transcrire (cf. ci-dessous) ce qui s'y rapporte, dans la vidéo, ainsi que la liste (à peu près complète) des intervenants et leurs pedigrees - nom et l'intitulé de métier / poste des personnes et les propos qu'ils tiennent chacun à ce sujet.

It’s not true / un problème élémentaire de validation des modèles d'effet de serre -- notes / contributeurs :

Pr. John Chritsy, Former Leader Author, IPCC
(Scientifique de renom pour l’apport de mesures de températures dans l’athmosphère. 1991 : médaille de la NASA pour performance scientifique exceptionnelle ; 1996, prix exceptionnel de la Société Météorologique Américaine pour avoir fondamentalement contribué à faire avancer notre capacité de surveillance du climat.)
"Ce que nous avons trouvé, de manière consistante, est que sur une grande partie du globe, le gros de l’atmosphère n’est pas en train de se réchauffer autant que la surface dans ces régions. Ce qui est un vrai casse-tête pour nous, parce que la théorie est assez claire, et la théorie dit que si la surface se réchauffe, alors l’atmosphère au-dessus devrait se réchauffer rapidement. La hausse de température dans cette partie de l’atmosphère n’est vraiment pas importante, et ne colle vraiment pas avc ce que prévoit la théorie des modèles sur le réchauffement climatique."

Pr. Richard Lindzen, IPCC & MIT
"On devrait trouver un δT croissant avec l’altitude, jusqu'au au milieu de la troposphère, c.à.d. les 10-12 premiers km plutôt qu’à la surface – il y a de bonnes raisons théoriques pour le dire - or ça ne colle pas. Ces données nous prouvent que ce que nous voyons n’est probablement pas dû aux gaz à effet de serre."

Pr. Patrick Michaels, Dept of Environmental Sciences, University of Virginia
"Un des problèmes qui plombe les modèles est qu’ils prévoient que lorque vous montez dans l’atmosphère, excepté pour les régions polaires, le rythme de réchauffement devrait augmenter. Et il est très clair que nous ne voyons pas cet effet, au regard de deux séries de données : les satellites et les ballons sondes. En fait, tout se passe comme si les températures de surface augmentent plus que la température là-haut : ça fait une grosse différence."

Pr. Frederick Singer, Former Director, US National Weather Srevice -
"Tous les modèles sans exception ont dit que le rythme de réchauffement devrait être de plus en plus rapide au fur et à mesure que vous vous élevez dans l’atmosphère. En fait, le maximum devrait se produire à une altitude d’environ 10 Km. Les observations ne montrent aucune élévation de température avec l’altitude ; en fait la plupart des observations montrent une baisse du rythme de réchauffement avec l’altitude. Ainsi, dans un sens, vous pouvez dire que l’hypothèse d’un réchauffement global causé par l’homme est réfuté par les preuves."

Pr. Syun-Ichi Akasofu, Director, International Artic Research Center
Pr. Ian Clark, Dept of Earth sciences (Spéc. Climatologie de l’Artique), University of Ottawa
Pr. Philipp Stott, Dept of Biogeography, University of London
Pr. Nir Shaviv, Institute of Physics, University of Jerusalem
Pr. Paul Reiter, IPCC & Pasteur Institute, Paris
Dr. Piers Gorbin, Climate Forecaster, Wether action
Dr. Roy Spencer, Weather Satellite Team Leader, NASA
Lord Lawson of Blaby, Former Chanceller of the exchecker ( ?), ‘80’s, (England) , House of Lords’ Inquiery (2005)
Patrick Moore, Co-founder, Greenpeace
James Shikwati, Economist & Author (Africa ?)
Nigel Calder, Former Editor, New Scientist

http://video.google.fr/videoplay?docid= … &hl=fr
...

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#713 08-05-2009 09:07:51

catherine
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

André-Jacques,

Je viens de lire l'article " L'Irak et la guerre secrète entre l'euro et le dollar" de William Engdahl, c'est clair et limpide ,  on a les moyens d'affaiblir l'hégémonie américaine via son talon d'Achille, le dollar...

Pourquoi mets-tu un bémol sur cette crainte de voir créer une monnaie pour le bloc euro-atlantique,ne serait-elle pas à craindre cette monnaie -là ?  pour ma part,  si je nourris des inquiétudes  , c'est car il me semble qu'alors on perd un levier radical de contrevenir aux intérêts de ce système du dollar roi  ? Si les intérêts se fondent DANS  ce bloc euro-atlantiste  , il n'y a plus de prise me semble-t-il et c'est bien pourquoi il veut être mis en place à mon avis , mais je réfléchis sans trop savoir , et  avec une vision très généraliste, excuse-moi, c'est pourquoi j'essaie de savoir ce que pensent les uns et les autres de cette question.Merci déjà et pour tout .

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#714 08-05-2009 09:18:24

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

catherine a écrit:

André-Jacques,

Je viens de lire l'article " L'Irak et la guerre secrète entre l'euro et le dollar" de William Engdahl, c'est clair et limpide ,  on a les moyens d'affaiblir l'hégémonie américaine via son talon d'Achille, le dollar...

Pourquoi mets-tu un bémol sur cette crainte de voir créer une monnaie pour le bloc euro-atlantique,ne serait-elle pas à craindre cette monnaie -là ?  pour ma part,  si je nourris des inquiétudes  , c'est car il me semble qu'alors on perd un levier radical de contrevenir aux intérêts de ce système du dollar roi  ? Si les intérêts se fondent DANS  ce bloc euro-atlantiste  , il n'y a plus de prise me semble-t-il et c'est bien pourquoi il veut être mis en place à mon avis , mais je réfléchis sans trop savoir , et  avec une vision très généraliste, excuse-moi, c'est pourquoi j'essaie de savoir ce que pensent les uns et les autres de cette question.Merci déjà et pour tout .

Catherine

Simplement parce que je ne pense pas qu'il soit possible avant longtemps de voir apparaître une monnaie commune entre les USA et l'Europe... déjà que la stabilité interne de l'euro est mal en point (quelques pays "à la marge" risquent de vouloir en sortir).
Je crois plus à la possibilité que le dollar perde son hégémonie, avec quelques devises importantes (en quantité) qui resteront néanmoins "locales" (euro, dollar, yen, yuan, livre...) et des pays qui n'ont rien à faire de celles ci et vivent (mieux) avec leur propre monnaie moins diffusée il est vrai.
Une monnaie d'échange mondiale (basée sur l'énergie ?) pourrait mettre ensuite tout le monde d'accord.
Mais je ne suis pas devin wink


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#715 08-05-2009 11:17:00

catherine
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Merci André-Jacques,

Alors somme toute, on devrait presque s'en réjouir...

Mais  il y a aussi le fait me semble-t-il que ça veuille dire de moins en moins de choses, monnaie ceci ou cela, euro, yen ou dollar ???? j'exagère sûrement en disant cela, mais il y a quand même un peu de cela...

Car derrière ces monnaies soi-disant distinctes, c'est toujours un peu les mêmes puissances financières que l'on retrouve DERRIERE  , que l'on soit en Inde, en Chine ou en Europe?????

Alors ce serait QUOI le noeud du problème?

Pour les tenants de ces quelques  banques privées qui se concentrent de plus en plus ,

surtout depuis la soi-disant crise dont ils sont les géniteurs et dont ils sortent grands gagnants ( personne ne peut le contester, je parle bien sûr des grands cartels et non des petites banques qui elles ont été phagocyté) , c'était l'enjeu de la crise, LA CONCENTRATION BANCAIRE  ,

plus tous les effets bénéfiques collatéraux pour eux aussi, faire assimiler des coupe-sombres qui n'auraient jamais été assimilés s'il n'y avait pas eu ce contexte de soi-disant CRISE ,affaiblir l'opinion pour lui faire accepter des choses qu'elles n'auraient pas accepté  etc, etc...

Des monnaies différentes  un  peu comme si nos globules rouges selon les organes qu'ils oxygènent prenaient des formes différentes,le yen ce serait pour oxygéner les reins, l'euro, les poumons, etc, en soi, ça n'a guère d'importance vitale car ce qui prévaut c'est que tous ces globules soient au service de la vitalité du  système et que tous les organes soient  oxygénés pour assurer la survie du tout   , en revanche en quoi, le fait de déséquilibrer cet ordre des choses au détriment  d'une forme tout à fait particulière ,  celle du coeur pour faire le parallèle avec le dollar contreviendrait à l'intérêt de cette hégémonie américaine  à un moment donné précis ????

A mon humble avis, c'est car  toutes les pièces du puzzle ne sont pas encore parfaitement mises en place, une question de temps encore une fois, le soufflé risque fort de tomber si l'on ouvre la porte du four trop tôt, et ça me fait penser à une phrase de Marcel Proust, qui dit de mémoire, combien de choses ne sont-elles pas gâchées faute de précipitation...on en est là, je crois!

Rockfeller et consorts seraient-ils des lecteurs avisés de notre grand écrivain français?  petit clin d'oeil  humoristique dans cet imbroglio ...n'empêche, j'ai l'impression qu'ils sont entrain de faire un ré-étalonnage, de re-fixer les constantes du système, un peu comme si nos constantes thermiques du corps passaient du 37°au 40° .

Quand tout sera mis en place ça n'aura tout simplement plus d'importance euro ou dollar ou yen ou j'sais pas quoi, ouvrir la porte du four ou la laisser fermée, plus d'importance aucune, le temps sera une variable inconséquente alors,   car le système sera réglé de telle sorte qu'il permette l'homéostasie du tout , à tout moment ,  c'est à dire permettre  l'équilibre du système impérial  comme   les constantes humaines permettent l'équilibre de l'organisme humain  , même chose il en sera alors , des constantes au service exclusif du système ....réglées comme du papier à musique, et alors, des Saddam Hussein ou autre pourront bien dire et faire ce qu'ils veulent car ça n'aura tout simplement aucune espèce d'importance, car tout sera solidement cadenassé, c'est donc encore de TEMPORALITE  dont il s'agit aujourd'hui, MAIS  la faiblesse américaine aura tôt fait de se transformer en force si nous ne lui opposons aucune résistance, ce sont les derniers sursauts, bientôt, ce sera cloué, opinion personnelle bien sûr!

Pour mémoire, au chapitre 27, David Rockfeller se lâche... Certains croient même que nous faisons partis  d'une cabale secrète agissant contre les grands intérêts et ils vont jusqu'à prétendre que nous allons avec d'autres capitalistes dans le monde pour construire une structure politique économique mondiale plus intégrée, un seul monde si vous voulez. Si c'est ce dont on m'accuse, je plaide coupable et j'en suis fier!!!!!

Dernière modification par catherine (08-05-2009 17:05:35)

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#716 08-05-2009 17:59:05

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@Catherine

Tu n'as pas tort dans ta réponse ... mon message 7005 n'était qu'une réponse à ta question précédente.

Tu veux le fond de ma pensée ? Il n'y a plus rien à faire, "ils" ont toutes les armes et nous n'en avons aucune... ou dit autrement, le Titanic est sur sa lancée, il ne peut plus virer, l'inertie est trop grande.

Désolé de te gâcher peut être votre week end. Comme je l'ai souvent écrit, le monde qui vient c'est 300 millions de riches, 1 milliard qui travaillent pour eux et 5,6, et bientôt 8 milliards dont plus personne n'a rien à faire et que certains pensent sûrement à éliminer...

Sauve qui peut... mais HEUREUSEMENT je puis me tromper...

EDIT ... message modifié ... je ne sais pas pourquoi je t'avais vouvoyée dans le premier jet wink

Dernière modification par AJH (08-05-2009 18:27:54)


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#717 08-05-2009 18:47:17

catherine
Membre
Message n°7013
Date d'inscription: 27-11-2008
Messages: 170

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Et oui, j'avais remarqué, je me suis dit , c'est la gravité de la situation qui me vaut le vouvoiement, bon, pour être tout à fait honnête, j'arrive aux mêmes conclusions sinistres que toi,  c'est l'énergie du désespoir qui fera peut-être des miracles, dans tous les cas, la manière de tomber est importante, il en est qui valent mieux que d'autres, ce germe de liberté perdurera au-delà de notre existence quoi qu'il en soit, je l'espère, c'est quand on n'a plus rien qu'on a tout, paraît-il, je fais ce que je peux pour décrocher des sourires, amicalement.

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#718 11-05-2009 10:28:26

Sandy
Membre
Message n°7029
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

On a une arme qu'ils n'ont pas, la formidable chaine humaine qui est prête à se mobiliser pour changer tout ça. Ca peut paraître dérisoire, mais c'est pourtant la force la plus importante qui soit.
Et ce qui est triste, c'est que si nous n'utilisons pas cette force c'est uniquement de notre propre faute, parce que nous sommes incapables de nous rassembler, parce que nous restons divisés.

Toutes les armes qu'ils possèdent ne font pas le poids contre la volonté générale. Ils le savent et c'est bien pour ça qu'ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour gagner les élections.
Ils conservent l'élection car il est nécessaire pour eux d'entretenir l'illusion de démocratie, mais malgré tous les verrous qu'ils peuvent mettre, c'est avec l'insurrection, les deux failles à leur système.
Sarkozy par son ego risque de les conduire à leur perte vu qu'il cherchera toujours l'epreuve de force et vu qu'il veut trop de pouvoir et aller trop vite dans ses réformes.

Dernière modification par Sandy (11-05-2009 10:32:23)

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#719 11-05-2009 11:18:58

Zolko
Membre
Message n°7030
Date d'inscription: 17-07-2008
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Sam17 a écrit:

de manière chronique, depuis sa création, la BCE émet environ 10% de monnaie supplémentaire par an

On sait bien maintenant qu'une très grosse partie de l'argent public est créé par les banques privés, contre intérêts. Mais j'ai une question d'ordre technique, pour laquelle je n'arrive pas à trouver une réponse claire:

Est-ce que TOUTE - 100% - de la monnaie du système "occidental" est crée par les banques privés ou les banques centrales - BCE en particulier - en créent aussi ? Et dans ce cas, quel est le mécanisme ? Et quelle en est la proportion ?

Autre formulation, l'impression des billets est-il fait en création pure ou les billets sont-ils vendus aux banques privés qui créent l'équivalant comptable ?

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#720 11-05-2009 12:13:06

AJH
Membre
Message n°7031
Lieu: Aix en Provence
Date d'inscription: 18-08-2006
Messages: 1559
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour Zolko

Pour le mécanisme, tu apprendras beaucoup si tu veux bien lire http://www.societal.org/monnaie/creatio … esnuls.pdf

93% de ce qui est considérée comme "monnaie" ("M3" => c'est à dire avec une illiquidité ne dépassant pas 2 ans), est émis par les banques privée (commerciales)
Si on se limite à de la monnaie immédiatement disponible (liquidité totale), la Banque Centrale a émis 15% (les billets de banques), les banques commerciales ont en dépôt à vue 85% du total.

Les billets sont émis par la BCE sous forme d'un passif ... les banques commerciales ne gardent que très peu de billets qu'effectivement elles achètent à la banque centrale et revendent au public.. c'est une obligation liée à leur statuts.


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
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