Forum du plan C : pour une Constitution écrite par et pour les Citoyens

Ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.
Les membres de l'Assemblée constituante doivent être tirés au sort
et, bien sûr, inéligibles aux fonctions qu'ils instituent eux-mêmes.

Vous n'êtes pas identifié.

Bienvenue :o)

Bonjour :o)
Ici, depuis le 1er janvier 2006, nous parlons d'un sujet que les politiciens de métier voudraient bien garder pour eux : nous parlons de la Constitution, de ce texte absolument fondamental pour tous les citoyens (et pourtant complètement négligé par eux), de ce texte qui pourrait nous protéger tous contre les abus de pouvoir si nous le faisions nôtre au lieu d'en abandonner la maîtrise à ceux-là mêmes qu'il est censé contrôler.
Nous discutons principe par principe, méthodiquement. Nous avons d'abord suivi le plan de mon document "Les grands principes d'une bonne Constitution", mais nous avons ensuite élargi nos thèmes à partir de vos réflexions, critiques et suggestions. C'est simplement passionnant. Ce que nous avons mis au clair sur la monnaie, sur le vote blanc, sur les vertus méconnues du tirage au sort et sur le référendum d’initiative populaire, par exemple, est enthousiasmant.
Le prolongement de cette réflexion constituante, c’est d’écrire enfin nous-mêmes un exemple de constitution, article par article. C’est ce qui se passe sur la partie wiki-constitution de ce site. Je vous invite à venir y participer également, ne serait-ce que sur un article ou deux. Vous verrez, c’est passionnant ; on sent vite qu’on est là sur l’essentiel, sur la seule vraie cause (et aussi la solution !) de nos impuissances politiques.
C’est un projet pédagogique en quelque sorte, un objet concret, réel, qui montre que 1) c'est possible : des hommes dont ce n'est pas le métier peuvent écrire une Constitution, et 2) c'est beaucoup mieux : quand ils n'écrivent pas des règles pour eux-mêmes, quand ils n'ont pas un intérêt personnel à l'impuissance des citoyens, les délégués constituants écrivent les règles d'une authentique démocratie. Merci à tous pour ce travail formidable.
Amitiés. Étienne.
[19 août 2012 : ATTENTION : pour cause de spam ultra-actif mi 2012, je FERME la possibilité aux nouveaux venus de créer un compte sans moi : il faut m'écrire à etienne.chouard@free.fr (EN ME DONNANT LE PSEUDO QUE VOUS VOULEZ) et je créerai votre compte à votre place. Il faudra ensuite venir ici pour définir un nouveau mot de passe. Désolé, mais les spammeurs deviennent infects et je n'ai pas le temps de gérer les spams (je préfère vous aider un à un à nous rejoindre). Au plaisir de vous lire. ÉC]

#201 28-10-2009 12:50:31

Jacques Roman
Membre
Message n°7900
Date d'inscription: 06-02-2006
Messages: 4259

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Loi/règlement, pouvoir judiciaire

beo (7899), vous avez raison en ce qui concerne la séparation des domaines de la loi et du règlement : au législateur, les lois ; au pouvoir exécutif, les règlements (décrets, arrêtés, circulaires et textes analogues).

Il faut souligner que la loi empiète de plus en plus sur le règlement, et cela (paradoxe) avec la complicité du pouvoir exécutif, qui tâche de conférer une plus grande autorité à ses décisions en leur donnant le statut de loi même quand la matière est évidemment règlementaire.

Comme vous savez, changer ou invalider une loi relève du législateur ou du Conseil constitutionnel : par contre, tout particulier (en France) peut attaquer un règlement devant la juridiction administrative s'il y a intérêt, et c'est d'autant plus facile que ça coûte moins cher qu'une procédure judiciaire, ne serait-ce que parce qu'on peut se représenter soi-même sans avocat pourvu qu'on ne demande pas d'argent à l'État.

Mais ce n'est pas au pouvoir judiciaire (= aux tribunaux qui ont la Cour de cassation à leur sommet) de dire si une loi est respectée ou n'est pas respectée par le pouvoir exécutif ou par le pouvoir législatif - sauf quand il s'agit d'appliquer le droit à un cas particulier, à condition que le respect ou le non-respect de la loi ou du règlement affecte la situation d'un individu (notamment au pénal).

C'est pourquoi je trouve équilibrée la nouvelle procédure constitutionnelle qui permet à la Cour de cassation et au Conseil d'État de renvoyer la question de constitutionnalité d'une loi au Conseil constitutionnel en cas d'exception soulevée par un particulier lors d'une procédure judiciaire ou administrative.

Le pouvoir judiciaire est uniquement chargé d'appliquer la loi - pas de décider si une disposition relève de la loi ou du règlement : ça, c'est le rôle de la juridiction administrative et du Conseil constitutionnel. Sinon gare au gouvernement des juges et à ses excès (je pense aux ÉUA, dont nous commençons à suivre en France le coûteux exemple, sans parler de la juridisation de la vie sociale ordinaire).

Pour la même raison, ce n'est pas davantage au pouvoir judiciaire (ni d'ailleurs à la juridiction administrative) de fixer les délais dans lesquels les textes d'application doivent être pris - il lui manquerait d'ailleurs pour cela les éléments de réflexion nécessaires. C'est au législateur de fixer ces délais au moment d'adopter chaque loi, ou alors il faut inscrire les règles dans la constitution (c'est effectivement une question de fonctionnement des pouvoirs publics).

Même dans la situation actuelle, si le législateur tenait vraiment à ce qu'on prenne les textes d'application dans les délais il pourrait toujours recourir à la motion de censure contre le gouvernement.

Pour ce qui est de votre première remarque : si les citoyens s'activaient davantage et si les partis politiques étaient de vrais partis politiques, on aurait moins à parler de l'impuissance des citoyens.  JR

Dernière modification par Jacques Roman (28-10-2009 13:08:43)

Hors ligne

 

#202 29-10-2009 13:37:44

beo
Membre
Message n°7910
Date d'inscription: 08-01-2009
Messages: 384

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Jacques Roman a écrit:

Il faut souligner que la loi empiète de plus en plus sur le règlement, et cela (paradoxe) avec la complicité du pouvoir exécutif, qui tâche de
conférer une plus grande autorité à ses décisions en leur donnant le statut de loi même quand la matière est évidemment règlementaire.

Je ne vois pas le paradoxe, puisque le parlement en France est la la botte du gourvernement qui a une grande latitude quant-à l'ordre du jour du parlement, auquel il soumet d'ailleurs des projets de loi, C'EST LE GRAND N'IMPORTE QUOI.

[...] Mais ce n'est pas au pouvoir judiciaire (= aux tribunaux qui ont la Cour de cassation à leur sommet) de dire si une loi est respectée ou n'est pas respectée par le pouvoir exécutif ou par le pouvoir législatif - sauf quand il s'agit d'appliquer le droit à un cas particulier, à condition que le respect ou le non-respect de la loi ou du règlement affecte la situation d'un individu (notamment au pénal).

Je ne suis pas spécialiste, mais j'affirme que c'est au pouvoir judiciaire de dire si une loi est respectée ou non. Dans une constitution sérieuse bien entendu.

Le pouvoir judiciaire est uniquement chargé d'appliquer la loi - pas de décider si une disposition relève de la loi ou du règlement : ça, c'est le rôle de la juridiction administrative et du Conseil constitutionnel. Sinon gare au gouvernement des juges et à ses excès (je pense aux ÉUA, dont nous commençons à suivre en France le coûteux exemple, sans parler de la juridisation de la vie sociale ordinaire).

Le pouvoir judiciaire est chargé d'appliquer la loi, mais comment peut-il le faire s'il n'a pas compétence à distinguer ce qui relève de la loi de ce qui en est étranger ?

Après, en ce qui concerne les excès aux ÉUA, je ne connais pas la situation, ni comment l'améliorer, mais une judiciarisation excessive me paraît préférable à un déni de démocratie.

Pour la même raison, ce n'est pas davantage au pouvoir judiciaire (ni d'ailleurs à la juridiction administrative) de fixer les délais dans lesquels les textes d'application doivent être pris - il lui manquerait d'ailleurs pour cela les éléments de réflexion nécessaires. C'est au législateur de fixer ces délais au moment d'adopter chaque loi, ou alors il faut inscrire les règles dans la constitution (c'est effectivement une question de fonctionnement des pouvoirs publics).

Je ne suis pas d'accord. Si c'est le législateur qui fixe ces délais à l'exécutif il est à la fois juge et partie et il empiète sur le pouvoir exécutif, ce qui n'est pas davantage acceptable. Si c'est l'exécutif qui fixe ses propres délais, cela me fait penser aux gens qui décicdent eux-même de leur salaire, c'est nauséabond.

Maintenant est-ce vraiment au pouvoir judiciaire de faire cela, je dois avouer que j'ai un doute car il se trouve lui aussi en position de juge et partie (s'il ne veut pas appliquer une loi, alors, il peut fixer un délai arbitrairement long).

Même dans la situation actuelle, si le législateur tenait vraiment à ce qu'on prenne les textes d'application dans les délais il pourrait toujours recourir à la motion de censure contre le gouvernement.

Vu qu'il est élu dans la foulée du Président de la République, j'en doute fort.

Pour ce qui est de votre première remarque : si les citoyens s'activaient davantage et si les partis politiques étaient de vrais partis politiques, on aurait moins à parler de l'impuissance des citoyens.  JR

Le but d'un parti politique est de gagner les élections, donc de rendre puissant une poignée de ses membres, dans le "meilleurs" des cas le maximum de membres du partis pour que le système tienne. Donner du pouvoir aux citoyens en général est contradictoire avec la soif de pouvoir d'un parti.

Un peu naïf, je me force à penser le contraire mais jusqu'à present le faits m'ont invariablement donné tort sur ce point.

Hors ligne

 

#203 30-10-2009 03:54:32

Jacques Roman
Membre
Message n°7914
Date d'inscription: 06-02-2006
Messages: 4259

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

beo,

Vous écrivez :

Je ne suis pas spécialiste, mais j'affirme que c'est au pouvoir judiciaire de dire si une loi est respectée ou non. Dans une constitution sérieuse bien entendu.

Oui, mais uniquement au cas par cas, par rapport aux affaires qui lui sont soumises ; pas de manière générale en abrogeant une décision du gouvernement ou du parlement : c'est ce que j'ai dit, mais vous me citez en partie seulement et du coup vous changez le sens de mon affirmation.

Le pouvoir judiciaire ne doit pas s'immiscer dans les actes de gouvernement : ce serait contraire à la séparation des pouvoirs et à la démocratie. C'était d'ailleurs le système en vigueur avant la Révolution française, du temps des tribunaux de l'Ancien Régime (dits "parlements"), qui se mêlaient de tout avec les bons résultats qu'on connaît. JR

Hors ligne

 

#204 19-11-2009 13:16:40

Déhel
Membre
Message n°7954
Lieu: Le Havre, France
Date d'inscription: 27-07-2008
Messages: 543

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement


La meilleure forteresse des tyrans c’est l’inertie des peuples, Machiavel.
Le risque de la liberté: texte collégial d'insurection morale, ici.

Hors ligne

 

#205 08-07-2010 19:44:25

Déhel
Membre
Message n°9186
Lieu: Le Havre, France
Date d'inscription: 27-07-2008
Messages: 543

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

           Je relaie ici une lettre de Marie B., lettre adressée à Là-bas si j'y suis ces derniers jours.

Y’aura-il encore des auditeurs à la rentrée ?

Par Marie B.


C’est la question qui hante France inter. Suite à l’éviction de Didier Porte et de Stéphane Guillon, on ne compte plus les milliers de messages d’auditeurs qui continuent d’arriver pour dire leur colère et jurer qu’ils n’écouteront plus jamais cette radio.

Mais que fait la direction devant cette hémorragie sans précédent ?
Seul, barricadé dans son bureau, le directeur se frotte les mains. Oui, il est ravi, il se sourit à lui-même, tout fier de la mission accomplie. Une mission très claire : faire fuir le plus d’auditeurs possible.


La mise à pied brutale des deux humoristes n’est pas une gaffe stupide, c’est l’exécution d’une feuille de route bien précise. Aux yeux du pouvoir actuel, France inter est un repère de bobos socialistes et d’islamo- gauchiste, c’est surtout et avant tout un bastion de l’anti sarkozysme.

Or, à l’approche des présidentielles, pas question de négliger le moindre détail. Il faut restructurer cette antenne « de façon plus objective » selon l’Elysée.
Conseillé par sa compagne Carla Bruni, le Président lui-même a esquissé une nouvelle grille : Jean-Marie Bigard pour la matinale, Serge Dassault pour les banlieues, Alain Finkielkraut et Michel Sardou pour les grandes idées, Etienne Mougeotte pour le rire, Liliane Bettencourt pour parler d’amour...

Un bien beau projet mais de longue haleine. Le temps pressait, et - on l’a vu - les auditeurs n’apprécient guère que l’on change leurs habitudes.

Donc une autre idée s’est imposée. Pour lutter contre la propagande socialo-communiste, le moyen le plus efficace c’est de faire baisser l’audience. Mais encore fallait-il trouver celui qui l’appliquerait. Prendre une entreprise en bonne santé et la conduire dans le mur n’est pas à la portée du premier venu. Sauf à trouver quelqu’un de suffisamment incompétent et qui serait prêt à tout pour se voir dans le miroir du pouvoir. C’est ainsi que s’imposa le nom de Philippe Val. C’est, dit-on, Carla Bruni en personne qui suggéra le patron de Charlie hebdo, célèbre pour n’avoir pas hésité en juin 2008 à faire accuser d’antisémitisme le vieux dessinateur Siné dont il voulait se débarrasser. Le tribunal reconnut la complète innocence de Siné et les lecteurs laissèrent tomber ce journal comme un fruit pourri.

Coup double pour Val qui, en un temps record, réussit à perdre à la fois un procès et un journal. Cette prouesse allait lui ouvrir les portes de France Inter. C’est Carla qui lui annonça la bonne nouvelle.

Pour masquer sa parfaite ignorance de la radio, il eut l’idée de faire appel à son vieil ami Jean-Luc Hees, ancien grand professionnel de la profession retiré dans le bocage normand à cultiver ses tomates, ses choux et son cheval. Contre un bon salaire et une belle auto (avec chauffeur), Hees accepta le job de Président que lui offrit Nicolas Sarkozy, sur lequel il avait écrit un livre passé inaperçu. Etait-il à jeun en signant son engagement ? On l’ignore. Le lendemain, une fois dissipées les brumes matinales, il s’aperçut qu’il n’y avait pas de marche arrière ni même de frein dans son contrat. Et il comprit que jusqu’à la fin du film, il porterait le chapeau avec écrit en gros « Sarkozy » dessus. Oui, jusque dans son cercueil, sur son chapeau de cow-boy il y aurait, indélébiles, les sept lettres « Sarkozy ».

L’ordre d’éliminer les auditeurs ne fut jamais formulé par le pouvoir. On savait que ces deux-là ne manqueraient pas la première occasion pour combler les attentes de l’actionnaire-Président. On reconnaît les grands professionnels à ce qu’il n’est plus nécessaire de leur donner des ordres. Une petite tape sur le derrière de temps en temps leur suffit, ou une décoration.

En juin 2010, la façon de congédier les deux humoristes les plus populaires du pays et qui assuraient une excellente audience a surpassé toutes les attentes : la brutalité, la mauvaise foi, l’arrogance. Tous les ingrédients pour enrager l’auditeur et le faire fuir vers d’autres radios, Europe 1 par exemple, la radio de l’ami Lagardère.

« Barrez-vous, tas de cons ! Barrez-vous ! » répétait tout seul le directeur enfermé dans son bureau en voyant sur l’écran le nombre de messages et de signatures au bas des pétitions. Certes, pensait-il, il reste des émissions auxquelles les auditeurs sont attachés. Il faudra les déplacer à des horaires confidentiels, les gommer de la une du site de la chaîne, leur refuser toute promotion... Et puis, après tout, pourquoi France inter échapperait au sort de tous les Services Publics ? Nous sommes dans une époque de rigueur et de réduction des coûts. Il y a là des économies à faire et des bouches à faire taire.

Mais voilà qu’il est interrompu par la rumeur d’une manif sous ses fenêtres. Entre les lamelles du store il aperçoit sur le parking de la maison de la radio, la foule des auditeurs venus protester contre la mise à pied des deux chroniqueurs à l’appel de l’intersyndicale. Il les entend faire rire la foule en promettant du goudron et des plumes pour la direction, c’est-à-dire lui-même ! Et là, seul dans son bureau, il glousse de plaisir. Se faire haïr par une foule d’imbéciles est une rare jouissance pour un esthète.

Il sent son portable vibrer dans sa poche. C’est un message de félicitation, signé Nicolas. Il pense que c’est son ami Nicolas Demorand, l’animateur vedette de la chaîne, qui le félicite d’avoir viré Didier Porte. On se souvient en effet comment Demorand, sur Canal+, le 5 juin, avait condamné Didier Porte et approuvé son renvoi.

Mais non, le message est signé « Nicolas S. »

S. comme ... heu...

Le directeur ressent comme une bouffée de chaleur, il lui semble même éprouver une légère érection.

Malgré le tremblement de sa main, il parvient enfin à lire le message :

« Cass’toi pauv’con ! t’ es viré ! »

Marie B.
La-bas.org
3 Juillet 2010


La meilleure forteresse des tyrans c’est l’inertie des peuples, Machiavel.
Le risque de la liberté: texte collégial d'insurection morale, ici.

Hors ligne

 

#206 17-09-2010 02:24:01

Sandy
Membre
Message n°9320
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Une conférence sur les médias :

Au début l'animateur évoque le site en disant : "tout le monde se souvient du blog d'Etienne Chouard" wink

http://www.dailymotion.com/video/xeu9fw … -et-m_news

Hors ligne

 

#207 02-10-2010 00:36:59

Étienne
Message n°9530
Lieu: Trets (France, 13)
Date d'inscription: 28-01-2006
Messages: 1660
Site web

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Arnaud Montebourg condamne publiquement la toxicité de TF1 dans la "démocratie" française :

D'abord, en vidéo : http://www.purepeople.com/article/quand … s_a64806/1
(10 oct. 2010 : attention, la vidéo d'origine, celle qui a fait scandale, semble devenue difficile à trouver. Le lien ci-dessus pointe désormais vers une bande-annonce assez différente de la vidéo originale.
Voici un autre lien où l'on peut encore voir le premier entretien : Montebourg-TF1, chronologie d'un clash médiatique. ÉC)
:


Puis, par courrier :
http://www.arnaudmontebourg.fr/images/c … aolini.pdf

Monsieur le Président Directeur Général,

J’accuse volontiers réception de votre lettre reçue au Conseil général de Saône-et-Loire, le 20 septembre dernier, dans laquelle vous qualifiez “d’inadmissibles” les propos que j’ai pu tenir devant la caméra de Monsieur Pierre Carles, dans son film intitulé “Fin de concession”.

Comme vous le savez, la chaîne que vous dirigez utilise à des fins commerciales le domaine public hertzien, propriété publique appartenant à la Nation toute entière, et dont la chaîne TF1 et ses actionnaires ne sont, aux termes de la loi, que les utilisateurs à titre précaire et les dépositaires fragiles et éphémères. Le regard libre et sans concession d’un représentant de la Nation sur le comportement d’une chaîne qui fait un usage contestable de ce bien public national, relève de ses devoirs politiques et moraux élémentaires.

La chaîne TF1 n’a donc pas d’autre choix que d’accepter, quoi qu’il lui en coûte, toute critique publique de ses agissements, puisque la télévision reste un bien collectif appartenant à tous les Français même si celle-ci s’exerce dans la forme de l’entreprise privée que vous présidez.

Est-il nécessaire de rappeler que l’actionnaire majoritaire et opérateur de la chaîne TF1, la Société Anonyme Bouygues, exploite une activité quasi-exclusive de construction de bâtiments et de travaux publics, à travers des marchés publics, dans lesquels le pouvoir d’Etat et la diplomatie nationale disposent d’une influence avérée.

Les rapports de proximité politique entre les orientations éditoriales de TF1 et le pouvoir actuel posent le problème dans une démocratie comme la nôtre, du respect du pluralisme et de la séparation des intérêts publics et privés, et les échanges de services et de bons procédés entre eux.

TF1 dispose à ce sujet, en quelque sorte d’un long casier judiciaire, constitué de rappels à l’ordre et d’amendes pour violation des règles du pluralisme politique. Dernièrement, vous avez cru devoir donner la parole pendant plus de 2 heures au Président de la République, chef du parti majoritaire, à une heure de grande écoute, tout en ne permettant à la principale dirigeante de l’opposition de ne répliquer que pendant 4 minutes. Dernièrement encore, selon le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, au premier trimestre 2010, en cumulant TF1 et LCI, votre chaîne d’information, vous avez offert 32 heures de temps de parole au Président de la République, au Gouvernement et à l’UMP, contre 8 heures à des membres de l’opposition. Il y a quelques temps déjà, Monsieur François Bayrou, lui-même, avait dénoncé au mois de janvier 2007, votre arrogance et votre mépris du pluralisme en ces termes : “Vous n’êtes pas les patrons de la France. Nous ne cèderons pas à votre matraquage.”

La grossièreté des violations, la lourdeur des sanctions et la répétition des infractions depuis 15 ans, m’amènent à considérer que le comportement de la chaîne TF1 que vous présidez relève du piétinement systématique de nos lois et règlements. A mes yeux, j’ajouterai que les journalistes de TF1, dont le professionnalisme est connu et louable, n’ont pas la responsabilité qui est la vôtre dans cet état de fait condamnable.

Malgré ces comportements blâmables, TF1 a néanmoins obtenu des gouvernements et des majorités parlementaires qui se sont succédés, de nombreux privilèges et avantages indus : assouplissement du dispositif anticoncentration, renouvellement automatique de la concession sans mise en concurrence, droit à une deuxième coupure publicitaire dans les oeuvres de fiction, introduction forcée sur la Télévision Numérique Terrestre qui a provoqué des réactions extrêmement vives de vos concurrents, et allègement substantiel et régulier des obligations contenues dans votre cahier des charges. Au point qu’il me paraît possible de faire observer que sur un bien pourtant public, TF1 exerce désormais un monopole privé, profitable et incontrôlable avec la complicité de l’Etat.

Puisque vous employez dans votre lettre le vocable “inadmissible” au sujet d’une phrase de ma part qui, semble-t-il, vous aurait froissé, ne pensez-vous pas que ce mot devrait plutôt s’adresser au comportement de l’entreprise que vous dirigez ?

Mais le plus grave n’est pas là. Sur le plan culturel, il faut rappeler les dégâts considérables que votre chaîne a provoqués sur la vision que les Français ont d’eux-mêmes et de notre société contemporaine. Je m’autoriserai à dire, comme il est légitime qu’un représentant de la Nation puisse le faire, que vous avez participé avec méthode et constance à l’appauvrissement de l’imaginaire collectif des Français.

Dans la semaine du 29 septembre au 5 octobre 2010, vous avez choisi de consacrer 41 heures 30 à des émissions liées à l’argent, soit des émissions de vente (télé shopping) ou à des jeux dont l’appât du gain est le moteur (“Une famille en or”, “Les douze coups de minuit”, “Koh Lanta”, “Secret Story”). Les relations entre les hommes ne relèvent pas que de l’argent et une société ne pourra jamais se résumer à celui-ci. Pourtant, sur TF1, l’argent est malheureusement partout.

Les émissions où vous mettez en scène de façon artificielle la compétition acharnée et destructrice de la dignité, entre des êtres humains -jusqu’à leur faire manger des vers de terre-, occupent cette semaine plus de 23 heures d’antenne (“Master Chief”, “Koh Lanta”). Pourtant, les relations entre les humains peuvent être coopératives et non pas forcément conflictuelles, comme vous en conviendrez.

Enfin, je suis surpris par la contribution malheureusement décisive que TF1 a apportée à l’élévation du niveau de violence dans les oeuvres de fiction diffusées. Le nombre de meurtres, de viols, et de violences physiques a acquis en 15 ans une importance démesurée dans les programmes de votre chaîne.

En somme, les valeurs dominantes que vous diffusez et transmettez dans la société française ne seraient-elles pas celles de l’argent et de la cupidité, de la compétition acharnée et du conflit, de la violence et du règlement de comptes ?

En 1987, la société Bouygues avait obtenu le droit de racheter TF1 en faisant valoir un prétendu “mieux disant culturel”. Votre illustre prédécesseur, Monsieur Patrick Le Lay, déclara presque 20 ans plus tard, “ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible”. Je me souviens que quelques jours après cette déclaration en forme d’aveu, la Société des Compositeurs et Auteurs déclarait : “Les propos tenus par le président de TF1 témoignent du niveau de dégradation que peut atteindre la télévision, le signe du cynisme, du mépris et de l’arrogance”.

Je brise là une énumération éprouvante, pour tous ceux qui ont une meilleure idée de ce que mérite la France. Mais vous conviendrez qu’il n’est pas illégitime de penser que votre chaîne porte une responsabilité considérable dans la dégradation à la fois du niveau du débat démocratique français, mais également de la représentation que les Français peuvent avoir d’eux-mêmes.

Puisque vous vous hasardiez dans votre lettre à évoquer la question des excuses, je me permets de vous dire avec une sincérité dont je ne voudrais pas abuser, que s’il est des excuses à présenter, je crois que c’est plutôt TF1 qui devrait les présenter à la France.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président Directeur Général, en l’assurance de ma considération distinguée.

Arnaud MONTEBOURG

http://www.arnaudmontebourg.fr/images/c … aolini.pdf

De temps en temps, un dirigeant du PS sert à quelque chose.

Hors ligne

 

#208 02-10-2010 06:59:36

Sandy
Membre
Message n°9531
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Je ne comprends cette histoire de concession. Est-il possible de dire demain à TF1 qu'ils n'auront pas le droit de diffuser ?

Hors ligne

 

#209 10-10-2010 09:13:12

Étienne
Message n°9610
Lieu: Trets (France, 13)
Date d'inscription: 28-01-2006
Messages: 1660
Site web

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Lettre ouverte à Arnaud Montebourg
7 octobre 2010, par Marc Weinstein et Roger Evano
http://www.mediapart.fr/club/blog/roger … montebourg

La France a besoin de medias vraiment publics.


Monsieur,

Vous avez récemment fustigé l'extrême partialité de la chaîne TF1 dans son traitement de l'information et la vulgarité obstinée de ses programmes de "divertissement" où s'étalent complaisamment les non-valeurs de l'argent-roi et de la violence. Nous partageons votre indignation devant ce qu'il faut bien appeler une entreprise cynique et cupide de décervelage et de dé-moralisation de notre pays.

Cependant, l'indignation vertueuse dans les paroles ne nous paraît pas suffisante, surtout de la part d'un responsable politique. Toute parole indignée fait signe vers la positivité d'un acte destiné à mettre fin à la cause de l'indignation. C'est cet acte que nous appelons de nos voeux à présent. De toute évidence, la cause de la bassesse actuelle de TF1 est sa privatisation dans les années 1990, qui a livré la chaîne aux purs intérêts de l'argent-roi. Il faut donc en finir avec le statut privé de TF1. Un média, organisme qui a pour essence et vocation de s'adresser au public, doit appartenir au public.

Encore faut-il ne pas confondre "public" et "Etat".

Nous vous demandons, ainsi qu'à tous les démocrates de vous engager publiquement, en cas de retour au pouvoir, à déprivatiser TF1 et les autres chaînes de l'argent-roi et à les rendre au public. Cela ne signifie pas que ces chaînes doivent retourner dans le giron étatique. La privatisation privée et la privatisation étatique sont deux manières de priver les citoyens de la possibilité de créer des institutions autonomes et démocratiques. Il faut inventer un statut nouveau, moderne, autonome et démocratique pour les organismes publics. Cela suppose que lesdits organismes soient dirigés collégialement par des représentants du public (nous les auditeurs et spectateurs) et par des représentants des personnels (techniciens, journalistes, artistes, animateurs). Alors sera assurée l'indépendance des médias publics.

Cette future indépendance est la garantie que les médias publics pourront mener une politique d'information pluraliste et contradictoire et viser une élévation générale de la qualité culturelle de leurs programmes. Tout cela à l'abri des pressions des Etats-gouvernements et des intérêts financiers privés.

Nous sommes prêts à soutenir toute initiative qui irait dans ce sens

Marc Weinstein  Professeur à l'université de Provence
Roger Evano Ebéniste retraité

Ceux qui sont d'accord avec cette lettre peuvent l'envoyer en leur nom à Mr Montebourg et la faire circuler.

amontebourg@assemblee-nationale.fr   

Pour lire la lettre d'Arnaud Montebourg  à Nonce Paolini: http://www.arnaudmontebourg.fr/ma-repon … dg-de-tf1/

Source : http://www.mediapart.fr/club/blog/roger … montebourg

Hors ligne

 

#210 10-10-2010 15:15:34

Déhel
Membre
Message n°9613
Lieu: Le Havre, France
Date d'inscription: 27-07-2008
Messages: 543

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Médias et tirage au sort
           J'ai peine avec ce discours. Que TF1 soit une télé poubelle, soit, mais lui retirer sa concession (@Sandy, les ondes radio tv appartiennent à l'état qui autorise tel ou tel à les utiliser via des concessions de durée limitée) alors même qu'elle est la première chaîne française et européenne en termes d'audimat mènerait à la confusion. En gros, "vous êtes trop cons pour comprendre que ces émissions vous sont néfastes alors on va vous en priver contre votre gré".
           Si pour lutter contre une dictature il faut avoir recours à une autre...
           Maintenant, veiller à ce que le cahier des charges soit respecté avec fortes amendes dans le cas contraire pourrait constituer une première réponse. Resterait à définir ce cahier des charges, ce qu'une assemblée citoyenne tirée au sort serait légitime d'assumer.
           Ce débat citoyen devrait commencer alors par déterminer si oui ou non télévision et médias sont un pouvoir à part entière, débat qui devrait naturellement mener à une constitution particulièrement attentive à la séparation de tous ces pouvoirs.
           En fait, s'intéresser à la télévision devrait être très mobilisateur, tant elle concerne tout le monde ou presque; au point que la question des médias pourrait ainsi devenir le point de départ de la refonte de notre démocratie.


La meilleure forteresse des tyrans c’est l’inertie des peuples, Machiavel.
Le risque de la liberté: texte collégial d'insurection morale, ici.

Hors ligne

 

#211 10-10-2010 21:30:43

Zolko
Membre
Message n°9617
Date d'inscription: 17-07-2008
Messages: 545
Site web

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Déhel a écrit:

Maintenant, veiller à ce que le cahier des charges soit respecté.

Ou alors, prendre l'ex directeur au mot ("proposer du temps de cerveau disponible pour Coca-Cola") et lui couper l'herbe sous les pieds, et tout en lui autorisant à proposer les émissions actuelles, réduire la place de la publicité (interdiction de coupure publicitaire au milieu des émissions....)

Hors ligne

 

#212 10-10-2010 22:45:45

alainguillou
Membre
Message n°9620
Lieu: Nantes
Date d'inscription: 19-02-2006
Messages: 432
Site web

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

L'audimat est "démocratique" comme le tirage au sort...je fais cette provocation car je crois bien qu'elle est utile: le tyran parfait pourra lire dans nos soifs de fantasmes, et nous satisfaire, ensuite nous lui obéirons en animaux démocratiques statistiquement comblés.

Ne faudrait-il pas mettre la maîtrise de la chaîne entre les mains des associations , culturelles et autres, y compris celles qui peuvent représenter les personnels ("attachés à leur chaîne", bien sûr...wink) et effectivement, , confronter à ces organisations un jury tiré au sort, lequel n'apprendra rien de plus à ses interlocuteurs que l'audimat, mais peut-être, par contre, en apprendra-t-il des choses utiles pour l'édification du sens critique populaire...Notament: "d'où viennent les pressions dominantes"?

Dernière modification par alainguillou (10-10-2010 22:46:50)


... une « arme miraculeuse » (Aimé Césaire) pour la Résistance(...)contre ce qui endeuille l’être, souille, mutile, brise, l’élan de l’individu vers le « Champ des possibles »...(site de "poesie urgente")

Hors ligne

 

#213 15-10-2010 15:41:58

Déhel
Membre
Message n°9653
Lieu: Le Havre, France
Date d'inscription: 27-07-2008
Messages: 543

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Les Mutins de Pangée a écrit:

Cher(e)s SMG*,

Mardi prochain, on sort une nouvelle surprise : un COFFRET DVD DE 2 FILMS DE RAOUL SANGLA sur une histoire de la télévision française de ses débuts jusqu’à la grève de mai 68 à l’ORTF. Vous pouvez déjà vous le procurer sur notre Officine avant tout le monde.

Compagnon de route, Raoul Sangla a participé à l’aventure Zalea TV, mais son expérience de réalisateur remonte aux débuts de l’ORTF qu’il a secoué dans tous les sens avec notamment la célèbre émission Discorama, présentée par Denise Glaser, dont il dévoilera souvent le décor jusqu'à hériter du titre de "l'homme des échelles". A force de dé-sacraliser la télévision de ses facéties filmiques, Raoul Sangla obtiendra aussi le titre du réalisateur le plus "remercié" de l'histoire de la télévision.

N'ayant rien perdu de sa verve, Raoul Sangla est retourné voir d'autres "anciens", ceux qui ont inventé la télévision française, puis ceux qui ont participé à la grève de l’ORTF en Mai 68. On a eu envie de vous faire partager ces récits et cette réflexion sur la télévision à travers ce coffret “collector”.

Dans le  premier DVD, DES INVENTEURS DE LA RTF (une production Les Mutins de Pangée - 2006), Raoul Sangla récolte les témoignages exceptionnels des pionniers, inventeurs de la caméra portable, du direct, du documentaire-fiction, du reportage télévisuel, des feuilletons ...  Au-delà des prouesses techniques de l’époque, on découvre aussi comment la télévision pouvait être un formidable laboratoire de création et d’éducation populaire grâce aux histoires racontées par ceux dont les noms et les réalisations résonnent encore comme des souvenirs d’enfance ou de jeunesse (selon nos âges) : Marcel Bluwal, Alexandre Tarta, Jean-Noël Roy, Jean-Marie Drot et les regrettes Jac! ques Krier et Jean-Claude Bringuier, tous deux disparus récemment. En savoir plus.

Le deuxième DVD, DU JOLI MAI 68 A l’ORTF (une production Label video - 2008), revient en détail sur l’histoire de la lutte contre la censure d’Etat en Mai 68 à la télévision française, aventure qui ne fut, étonnamment, jamais racontée jusque-là. En savoir plus.

Au fil du récit poétique de Raoul Sangla, ces documents constituent des témoignages exceptionnels sur les premières années (quasiment oubliées) de l’histoire de la télévision… Histoire qui a basculé juste après les évènements de Mai 68, comme un retour de bâton, lorsque la publicité a fait son entrée pour formater peu à peu les esprits à travers le poste de télévision, “sorte d’alambic du consensus” comme dit Raoul Sangla, pour fabriquer du “temps de cerveau disponible” comme dit le moins poète Patrick Lelay, ex-patron de TF1.

Dans chacun de ces deux DVD Raoul Sangla propose aussi des exercices de style et autres “sanglades en sus”, petits films de réflexion sur l’image et sur la manière de filmer et de toujours s’interroger sur le pouvoir de la caméra.



Un dernier mot, pour vous faire remarquer qu’on est très fiers de la jaquette et du livret, confectionnés par le génial graphiste Gérard Paris-Clavel, fauteur de troubles visuels depuis Mai 68 (l’auteur notamment de “Joyeux bordel”,  “Rêve générale” et “Je lutte des classes” qu’on voit partout dans les manifs !) et maintenant pilier du collectif Ne Pas Plier.

Bon… si tout ça vous donne envie de vous procurer ce DVD (et par la même occasion soutenir notre coopérative), vous pouvez bien sûr le commander sur notre Officine.

Plus de détails, extraits vidéos, revue de presse, etc... sur le site dédié www.utopierevolte.org.

Chaleureusement.

Les Mutins de Pangée
contact@lesmutins.org


*SOUSCRIPTEURS MODESTES ET GÉNÉREUX (en achetant nos DVD et autres objets sur notre officine, vous soutenez la coopérative Les Mutins de Pangée)


La meilleure forteresse des tyrans c’est l’inertie des peuples, Machiavel.
Le risque de la liberté: texte collégial d'insurection morale, ici.

Hors ligne

 

#214 05-11-2010 15:36:39

Déhel
Membre
Message n°9721
Lieu: Le Havre, France
Date d'inscription: 27-07-2008
Messages: 543

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Extrait d'une intervention lors d'un débat sur la liberté d'expression à Istanbul, 20 octobre 2010.

Noam Chomsky a écrit:

France is much worse. It has laws on the books that effectively grant the state the right to determine Historical Truth and to punish deviation from it, laws that Stalin and Goebbels would have admired. These laws are used regularly though selectively. Primarily they are used, with much cynical posturing, to punish questioning of the Nazi Holocaust. The term “cynical” is entirely appropriate. Right at the same time the intellectual classes remain silent about France’s own participation in monstrous slaughters, which we would certainly call genocide if perpetrated by enemies. We are, in fact, witnessing the cynicism right at this moment. Far worse than denying the Holocaust would be punishing the victims, exactly what France is now doing, by illegally expelling Roma — Gypsies — to misery in Romania. They too were victims of the Holocaust, much in the manner of Jews. This too passes without comment.


La meilleure forteresse des tyrans c’est l’inertie des peuples, Machiavel.
Le risque de la liberté: texte collégial d'insurection morale, ici.

Hors ligne

 

#215 06-11-2010 06:22:46

Jacques Roman
Membre
Message n°9723
Date d'inscription: 06-02-2006
Messages: 4259

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Noam Chomsky et l'holocauste en France

Les intellectuels sont particulièrement susceptibles d'exagérations idéologiques, c'est leur déformation professionnelle.  Sartre en était un bon exemple, Noam Chomsky en est un autre.

Noam Chomsky semble ignorer - et pourtant je crois qu'il connaît le français - qu'on a beaucoup écrit en français sur l'holocauste en France et la complicité des autorités françaises de l'époque (voir google). Il passe aussi sous silence le fait que l'État français a officiellement reconnu en 1995 par la voix de Jacques Chirac, alors président de la République, la responsabilité générale de la France en relation avec les actes connexes commis par le régime de Vichy (tout récemment, en 2009, le Conseil d'État a spécifiquement reconnu la responsabilité de l'État en rapport avec les opérations de déportation des Juifs de France). J'aimerais bien qu'on nous dise quels autres États, à part l'Allemagne, ont eu le courage de reconnaître officiellement au nom de leur peuple des vérités et des responsabilités analogues : très peu sans doute.

Pour ce qui est du révisionnisme, toutefois, je suis de l'avis (si c'est bien son avis) de Noam Chomsky : la loi pénale qui condamne des gens parce qu'ils affirment publiquement le contraire d'une vérité historique officielle est inique et dangereuse. Chacun devrait avoir le droit de dire publiquement ce qu'il veut, quitte à subir la correction publique de ses erreurs, et à cet égard la loi pénale devrait se contenter de sanctionner la diffamation et les appels à commettre des infractions (incitation au meurtre, etc.) - comme c'est le cas aux ÉUA, qui nous donnent pour une fois un exemple à suivre.

Quant au lien établi par Chomsky entre l'holocauste et le prétendu "châtiment imposé à ses victimes roms ou gitanes" par l'actuel gouvernement français, il est totalement artificiel et ne constitue rien moins qu'un recours au sentimentalisme indigne d'un philosophe : si vraiment  les expulsions de Roms et de gitans sont illégitimes, les expulsions d'Africains noirs ou arabes dans les mêmes conditions le seraient tout autant, même s'ils n'ont pas été victimes de l'holocauste.

Noam Chomsky devrait relire ses manuels de logique. 

Pour la traduction du texte de Noam Chomsky cité en anglais par Déhel, on peut utiliser http://translate.google.com/# (copier-coller le texte anglais). JR

Dernière modification par Jacques Roman (06-11-2010 07:07:29)

Hors ligne

 

#216 06-11-2010 16:15:03

gilles
Membre
Message n°9729
Date d'inscription: 16-07-2008
Messages: 1354

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Bonjour Déhél.

J'ai traduit le texte de Noam Chomsky

La France est bien pire. Elle a légiféré sur la nature des publications, ce qui pour effet d'accorder à l'État le droit de déterminer la vérité historique et de punir tout écart par rapport à cette vérité d'État, des lois que Staline et Goebbels auraient admiré. Ces lois sont régulièrement utilisées mais de manière sélective. Elles sont utilisés principalement, de manière très cynique, pour punir le questionnement et la recherche sur l'Holocauste nazi. Le terme « cynique » est tout à fait approprié. En même temps les intellectuels gardent le silence sur les participations propres à la France dans des massacres monstrueux, qui auraient été certainement appelés génocides, si ils avaient été perpétrés par des ennemis de la France. Nous sommes, en effet, témoins de l'application cynique du droit en ce moment. Bien pire que de nier l'Holocauste serait de punir les victimes, et c'est exactement ce que la France est en train de faire, par l'expulsion illégale des Roms - Tsiganes - vers la misère roumaine. Les Roms ont été aussi victimes de l'Holocauste, d'une manière qui ressemble beaucoup à celle des Juifs. Ceci se passe sans trop de commentaires.

Mon commentaire : Les lois sur la vérité historique sont devenues à la longue responsables d'effets pervers, même si l'intention était bonne au départ. Sétif 1945, Madagascar 1947 sont des massacres honteux et j'en oublie comme ceux de l'indépendance du Cameroun commis par des français. Et c'est vrai que l'on en parle pas beaucoup. C'est moche l'expulsion des Roms, mais je me demande quels emplois ces personnes auraient pu occuper, vu que la plupart ne parlent pas français. L'argent donné par les pays d'Europe par le truchement de la Commission Européenne à la Roumanie pour l'intégration des Roms en Roumanie a été dépensé pour d'autres motifs que le motif initial. On ne peut donc pas charger le gouvernement français à 100 % dans cette histoire. Par contre la mondialisation et le libre-échange sont responsables de bien des drames de licenciement, de chômage, de migrations, de perte de souveraineté face aux entreprises qui menacent de délocaliser.

Dani Rodrik est un professeur d'économie à Harvard, très orienté sur les problématiques de développement macroéconomique. Il a fait apparaître le triangle d'incompatibilité suivant :  on ne peut pas avoir à la fois la démocratie, la souveraineté nationale et accepter  la mondialisation.


En anglais version originale ici …

Version française traduite par le blogueur Edgar

Cela sera tout pour cette fois-ci, j'utilise trop Internet, je vais reprendre une activité normale.

Dernière modification par gilles (06-11-2010 16:41:51)

Hors ligne

 

#217 07-11-2010 06:07:57

Jacques Roman
Membre
Message n°9730
Date d'inscription: 06-02-2006
Messages: 4259

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Démocratie/souveraineté nationale/mondialisation

Si, comme c'est apparemment le cas de Dani Rodrik, on entend par "souveraineté nationale" la possibilité pour chaque nation de faire tout ce qu'elle veut sans se soucier de ce que font les autres nations et de ce qui se passe ailleurs dans le monde, il y a belle lurette que cette "souveraineté nationale" est incompatible avec la mondialisation.

Il serait hypocrite de ne pas reconnaître que le processus de mondialisation a pour condition et conséquence inéluctables la création d'une nation supérieure qui se substitue plus ou moins rapidement, en dépit de toutes les dénégations, aux États-nations actuels. Ce processus n'a rien de nouveau ni de scandaleux : ou alors soyons honnêtes et demandons-nous pourquoi  les régions, les départements et les communes ne sont pas "souverains".

Par contre, la démocratie est parfaitement compatible avec la mondialisation dans la mesure où les peuples, agissant directement ou par leurs représentants librement choisis (c'est-à-dire élus, pas nommés par le dictateur ou tirés au sort !) délèguent expressément l'exercice de leurs pouvoirs souverains à des organismes internationaux tels que l'ONU (maintien et rétablissement de la paix), le Conseil de l'Europe (protection des droits fondamentaux),  et bien sûr l'Union européenne (large délégation dans tous les domaines). La thèse de Rodrik est à corriger sur ce point, sous réserve de vérifier ce qu'il a dit exactement (je ne l'ai pas fait). JR

Dernière modification par Jacques Roman (07-11-2010 06:10:06)

Hors ligne

 

#218 20-12-2010 20:35:31

Étienne
Message n°9907
Lieu: Trets (France, 13)
Date d'inscription: 28-01-2006
Messages: 1660
Site web

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

L’art de la fuite.
La philosophie politique de Julian Assange par lui-même.

http://www.contretemps.eu/print/930

À titre de document et de contribution au débat, Contretemps publie un texte écrit par Julien Assange en 2006, au moment de la fondation de Wikileaks. Ce texte théorique éclaire rétrospectivement sa visée stratégique. Contrairement à ce qu’une lecture hâtive peut laisser penser, ce qui est proposé ici n’est pas tant une théorie du complot - du moins pas sous la forme classique de la dénonciation paranoïaque - qu’un usage heuristique du modèle organisationnel de la conspiration : un réseau de pouvoir dont on peut tracer la carte. Assange est un hacker. S’il modélise la structure d’un pouvoir, c’est pour en découvrir les failles. Son but n’est pas de crier à la conspiration, mais de trouver les instruments à même de rendre tout « pouvoir conspiratif » - c'est-à-dire toute gouvernance autoritaire fondée sur le secret partagé - impossible. Que faire pour qu’un pouvoir de ce type ne puisse plus exister ?  Ce moyen, ce contre-dispositif, il l’entrevoit dans ces lignes. Ce sera l’organisation de « fuites » massives, ceci dans une stratégie de désorganisation et d’affaiblissement cognitif des régimes de gouvernance autoritaire. Par l’organisation de fuites de masse, produire des effets structurels sur ces régimes, alors supposés être contraints, par pression adaptative, par modification de leur environnement informationnel, de se réformer ou de s’écrouler.


Préambule : Des effets non-linéaires des fuites sur les systèmes de gouvernance injustes.

Il se peut que vous lisiez La route d’Hanoï ou La conspiration comme mode de gouvernance, un texte d’orientation obscur, à peu près inutile tiré de son contexte, et peut-être même dès le départ. Mais si vous pensez, en lisant ce document, à la façon dont différentes structures de pouvoir peuvent être diversement affectées par des fuites (la défection de l’intérieur vers l’extérieur), les motivations vous apparaîtront peut-être plus clairement.

Plus une organisation est secrète ou injuste, plus des fuites vont entraîner de la peur et de la paranoïa dans son leadership et dans la coterie qui le dirige. Il en résultera immanquablement un affaiblissement de ses mécanismes efficaces de communication interne (un alourdissement de la « taxe du secret » cognitive) et une détérioration cognitive systémique entraînant pour cette organisation une capacité moindre à conserver le pouvoir dans un contexte où l’environnement exige son adaptation.

Ainsi, dans un monde où les fuites deviennent faciles, les systèmes secrets ou injustes sont touchés de façon non-linéaire par rapport à des systèmes justes et ouverts. Puisque des systèmes injustes engendrent par nature des opposants, et qu’ils ont bien du mal à garder la haute main sur un grand nombre de domaines, les fuites de masse les rendent délicieusement vulnérables à ceux qui cherchent à les remplacer par des formes plus ouvertes de gouvernance.

L’injustice ne peut trouver de réponse que lorsqu’elle est révélée, car, pour que l’homme puisse agir intelligemment, il lui faut savoir ce qui se passe réellement.


La conspiration comme mode de gouvernance.

« Conspiration, conspirer : faire de façon concertée des plans secrets pour commettre un acte nuisible; travailler ensemble à produire un résultat, généralement au détriment de quelqu’un. Origine : moyen Anglais tardif, de l’ancien Français conspirer, du latin conspirare, s’accorder, intriguer, de con-, ensemble, et de spirare, respirer. »

« Le meilleur parti n’est rien qu’une forme de conspiration contre le reste de la nation. » (Lord Halifax)

« La sécurité cède le pas à la conspiration ». (Jules César, acte 2, sc. 3. Message du devin, mais César est trop occupé pour y prêter attention)



Introduction.

Pour changer radicalement le comportement d’un régime, nous devons penser clairement et courageusement car, si nous avons appris quelque chose, c’est que les régimes ne veulent pas être changés. Il nous faut penser plus loin que ceux qui nous ont précédés et être capables de découvrir les mutations technologiques susceptibles nous doter de moyens d’action dont nos prédécesseurs ne disposaient pas. Nous devons comprendre quelle structure-clé engendre la mauvaise gouvernance [1]. Nous devons développer une conception de cette structure qui soit suffisamment forte pour nous sortir du bourbier des morales politiques rivales et pour accéder à une position de clarté. Plus important encore, nous devons nous servir de ces vues pour inspirer, en nous et en d’autres, un plan d’action noble et efficace qui nous permette de remplacer les structures qui conduisent à la mauvaise gouvernance par quelque chose de mieux.


La conspiration comme mode de gouvernance dans les régimes autoritaires.

Lorsque l’on se penche sur les détails du fonctionnement interne des régimes autoritaires, on observe des interactions de type conspiratif au sein l’élite politique, non seulement afin d’obtenir de l’avancement ou les faveurs du régime, mais aussi en tant que principale méthode pour planifier le maintien ou le renforcement du pouvoir autoritaire. Les régimes autoritaires, en ce qu’ils contrecarrent dans le peuple la volonté de vérité, d’amour et de réalisation de soi, engendrent des forces qui leur résistent. Une fois révélés, les plans qui sous-tendent l’action d’un régime autoritaire provoquent une résistance accrue. Les pouvoirs autoritaires victorieux sont par conséquent ceux qui parviennent à dissimuler leurs plans jusqu’à ce que toute résistance soit devenue futile ou dépassée face à l’efficacité sans fard d’un pouvoir nu. Cette pratique du secret collaboratif, exercée au détriment d’une population, suffit pour qualifier leur comportement de conspiratif.

« Même chose arrive dans les affaires d’Etat : en les prévoyant de loin, ce qui n’appartient qu’à un homme habile, les maux qui pourraient en provenir se guérissent tôt; mais quand pour ne les avoir pas prévus, on les laisse croître au point que tout le monde les aperçoit, il n’y a plus de remède. ». (Nicolas Machiavel, Le Prince) 


Les conspirations terroristes comme graphes connexes.

Avant et après les attentats du 11 septembre, le « Maryland Procurement Office »[2], entre autres, a financé les recherches de mathématiciens visant à étudier les conspirations terroristes comme des graphes connexes (précisons qu’aucune connaissance en mathématiques n’est requise pour suivre la suite cet article). Nous élargissons cette façon de concevoir les organisations terroristes et nous l’appliquons à des organisations telles que celle qui a financé la recherche en question. Nous l'utilisons comme un scalpel pour disséquer les conspirations qui permettent à des structures de pouvoir autoritaires de se maintenir.

Nous allons nous servir du modèle des graphes connexes afin d’appliquer nos facultés de raisonnement spatial aux rapports politiques. Ces graphes sont très faciles à visualiser. Prenez d’abord quelques clous (les « conspirateurs ») et enfoncez-les au hasard dans une planche. Ensuite, prenez de la ficelle (la « communication ») et reliez les clous entre eux, en boucle, de façon continue. Le fil qui relie deux clous s’appellera un lien. Un fil continu signifie qu’il est possible de passer de n’importe quel clou à n’importe quel autre via le fil et des clous intermédiaires. Les mathématiciens disent que ce type de graphe est connexe. L’information circule de conspirateur à conspirateur. Tout conspirateur ne connaît pas tous les autres, ni ne fait confiance à tous, même si tous sont connectés. Certains sont en marge de la conspiration, d’autres sont au centre et communiquent avec un grand nombre de conspirateurs, d’autres encore ne connaissent peut-être que deux conspirateurs mais constituent un véritable pont entre des sections ou des groupes majeurs de la conspiration.


Scinder une conspiration.

Si tous les conspirateurs sont assassinés ou si tous les liens entre eux sont détruits, alors la conspiration n’existe plus. Cela exige ordinairement plus de ressources que nous n’en pouvons déployer, d’où notre première question : quel est le nombre minimum de liens qui doivent être sectionnés afin de scinder la conspiration en deux groupes égaux ? (Diviser pour mieux régner). La réponse dépend de la structure de la conspiration. Parfois, il n’existe pas de canaux de communication alternatifs pour que l’information conspirative puisse continuer à circuler entre les différents conspirateurs, parfois il en existe de nombreux. Il s’agit là d’une caractéristique utile et intéressante pour une conspiration. Il peut par exemple être possible de diviser une conspiration en assassinant un conspirateur faisant office de « pont ». Mais notre propos est de dire quelque chose qui vaille en général pour toutes les conspirations.


Certains conspirateurs dansent plus serré que d’autres.

Les conspirateurs font souvent preuve de perspicacité : certains se font confiance et dépendent les uns des autres, tandis que d’autres parlent peu. Les informations importantes circulent souvent via certains liens déterminés, et les informations triviales à travers d’autres. Nous étendons donc notre modèle de graphe connexe simple afin d’y inclure non seulement des liens, mais aussi leur « importance ».

Mais revenons à notre analogie du tableau et des clous. Imaginez une grosse corde entre certains clous et un fil très fin entre d’autres. L’importance, l’épaisseur ou la lourdeur d’un lien, s’appellera son poids. Entre des conspirateurs qui ne communiquent jamais, le poids est égal à zéro. L’ « importance » de la communication qui transite par un lien est difficile à évaluer a priori, puisque sa valeur réelle dépend de l’issue de la conspiration. Nous disons simplement que « l’importance » de la communication détermine à l’évidence le poids d’un lien, que le poids d’un lien est proportionnel à la quantité de communications importantes qui y transitent. S’interroger sur les conspirations en général ne nécessite pas de connaître le poids de chaque lien, sachant celui-ci change d’une conspiration à l’autre.


Les conspirations sont des dispositifs cognitifs. Leur capacité de pensée excède celle du même groupe d’individus agissant seuls.

Les conspirations recueillent des informations au sujet du monde dans lequel elles opèrent (l’environnement conspiratif), les transmettent aux conspirateurs, et agissent ensuite en conséquence. Nous pouvons considérer les conspirations comme un type de dispositif ayant des inputs (les informations au sujet de l’environnement), un réseau computationnel (les conspirateurs et les liens qui les relient les uns aux autres) et des outputs (les actions visant à modifier ou à conserver l’environnement).


Tromper les conspirations.

Puisqu’une conspiration est un type de dispositif cognitif agissant sur la base d’informations obtenues dans son environnement, la distorsion ou la restriction de ces intrants peut rendre « déplacées » les actions qui en découlent. Les programmeurs appellent ça l’effet « déchets à l’entrée, déchets à la sortie » (« garbage in, garbage out »). D’habitude, l’effet joue en sens inverse puisque c’est la conspiration qui est l’agent de la tromperie et de la restriction de l’information. Aux États-Unis, l’aphorisme du programmeur est aussi parfois appelé « l’effet Fox News ».


Qu’est-ce que calcule une conspiration ? Elle calcule la prochaine action de la conspiration.

À présent, la question est la suivante : à quel point un tel dispositif est-il efficace ? Peut-on le comparer à lui-même à différents moments ? La conspiration se renforce-t-elle ou s’affaiblit-elle ? Une telle question implique de comparer deux valeurs dans le temps.


Peut-on trouver une valeur décrivant le pouvoir d’une conspiration ?

Nous pourrions compter le nombre de conspirateurs, mais cela ne tiendrait pas compte de la différence cruciale entre une conspiration et les individus qui la composent. En quoi différent-ils ? Dans une conspiration, les individus conspirent, alors qu’ils ne le font pas lorsqu’ils sont isolés. La différence apparaît si l’on fait la somme de toutes les communications importantes entre tous les conspirateurs, la somme de leurs poids. On appellera cela le « pouvoir conspiratif total ».


Le pouvoir conspiratif total.

Ce nombre est une abstraction. Le schéma des connexions au sein une conspiration est en général unique. Mais en considérant cette valeur, qui est indépendante de la disposition spécifique des connexions entre les conspirateurs, on peut dire quelque chose au sujet des conspirations en général.


Si le pouvoir conspiratif total est nul, il n’y a pas de conspiration.

Si le pouvoir conspiratif total est égal à zéro, alors il n’y a clairement aucun flux d’informations entre les conspirateurs et, partant, pas de conspiration. Un accroissement ou une diminution importante du pouvoir conspiratif total signifie presque toujours ce à quoi il faut s’attendre, à savoir une augmentation ou une diminution de la capacité de la conspiration à penser, agir et s’adapter.


Scinder les conspirations pondérées.

Nous revenons maintenant à notre idée précédente, sur la façon de scinder une conspiration en deux. Nous avions pensé pouvoir diviser une conspiration en deux groupes de même nombre en rompant les liens entre les conspirateurs. Nous voyons à présent apparaître une idée plus intéressante : fractionner en deux le pouvoir conspiratif total. Toute moitié détachée pouvant à son tour être considérée comme une conspiration en elle-même, nous pourrons continuer indéfiniment à la scinder sur le même mode.


Étrangler les conspirations pondérées.

Au lieu de couper les liens entre les conspirateurs afin de scinder une conspiration pondérée, nous pouvons obtenir un résultat similaire en étranglant la conspiration – par constriction, en réduisant le poids des liens lourds qui font le pont entre des régions dotées d’un égal pouvoir total de conspiration.


Attaques contre les capacités cognitives des conspirations.

Un homme enchaîné sait qu’il aurait dû agir plus tôt, car sa capacité à influer sur l’action de l’Etat touche à sa fin. Face à de puissantes actions conspiratrices, nous devons anticiper et nous attaquer au processus qui les sous-tend, puisque nous ne pouvons pas prendre pour cible ces actions en elles-mêmes. Nous pouvons duper ou aveugler une conspiration en distordant ou en restreignant les informations dont elle dispose. Nous pouvons réduire le pouvoir conspiratif total par des attaques non-structurées sur certains liens ou bien en procédant par étranglement et par scission. Une conspiration qui aurait été suffisamment attaquée de cette façon ne serait plus en mesure de comprendre son environnement ni de formuler un plan d’action cohérent.


Conspirations traditionnelles / conspirations modernes.

Les formes traditionnelles d’attaques contre les groupes de pouvoir conspiratif, telles que l’assassinat, sectionnent des liens qui ont un poids important. L’acte de l’assassinat - le ciblage d’individus visibles, est le résultat d’inclinations mentales forgées dans le cadre des sociétés sans écriture dans lesquelles notre espèce a évolué. L’essor révolutionnaire de l’alphabétisation et des communications a doté les conspirateurs de nouveaux moyens pour conspirer, leur permettant d’accroître la vitesse de précision de leurs interactions et, partant, la taille maximale qu’une conspiration peut atteindre avant de sombrer.

Les conspirateurs qui disposent de cette technologie sont en mesure de distancer les conspirateurs qui en sont dépourvus. Pour le même coût, ils sont en mesure d’atteindre un pouvoir conspiratif total plus élevé. C’est la raison pour laquelle ils adoptent ces technologies.

En se rappelant le mot de lord Halifax, on peut par exemple considérer deux groupes  de pouvoir qui sont au coude à coude et qui sont largement conspiratifs : le parti démocrate et le parti républicain aux États-Unis. Que se passerait-il si l’un de ces partis abandonnait ses téléphones portables, ses fax et ses emails - sans parler des systèmes informatiques qui gèrent les souscripteurs, les donateurs, les budgets, les sondages, les centres d’appels et les campagnes de publipostage ? Il tomberait immédiatement dans une sorte de stupeur organisationnelle et l’autre l’emporterait.


Une conspiration autoritaire qui perd sa capacité de penser est impuissante à se préserver face aux adversaires qu’elle suscite.

Si l’on considère une conspiration autoritaire comme un tout, on voit un système d’organes en interaction, une bête avec des artères et des veines dont le sang peut être épaissi et ralenti jusqu’à ce qu’elle s’écroule, stupéfaite, incapable de comprendre et de contrôler de façon suffisante les forces qui peuplent son environnement.

Nous verrons plus tard comment les nouvelles technologies et l’analyse des motivations psychologiques des conspirateurs peuvent nous fournir des méthodes pratiques permettant de stopper ou de réduire les flux de communications importantes entre les conspirateurs autoritaires, de fomenter un fort mouvement de résistance contre la planification autoritaire et de créer de puissantes incitations à adopter des formes de gouvernance plus humaines.

Julian Assange.

Traduit par Grégoire Chamayou.

Textes originaux :  “The non linear effects of leaks on unjust systems of governance”, Sun 31 Dec 2006, et « Conspiracy as Governance », December 3, 2006.

Source : http://web.archive.org/web/200710200519 … hmm/iq.org/

--------------------------------------------------------------------------------

[1] Chaque fois que nous assistons à un acte que nous estimons être injuste et que nous n’agissons pas, nous nous faisons les partisans de l’injustice. Ceux qui restent de façon répétée passifs face à l’injustice voient bientôt leur caractère se corrompre dans la servilité. La plupart des actes d’injustice dont nous sommes témoins sont liés à la mauvaise gouvernance, car lorsque la gouvernance est bonne, l’injustice sans réponse est rare. Par l’affaiblissement progressif du caractère d’un peuple, l’impact de l’injustice signalée mais restée sans réponse est de très loin supérieur à ce qu’il semble de prime abord. Les États de communication modernes, de par leur échelle, leur homogénéité et leurs excès, fournissent à leur population un déluge sans précédent d’injustices avérées, mais sans réplique apparente. (Note de l’auteur)

[2] Paravent de la NSA pour le financement universitaire. Pour en savoir plus sur ce programme de recherche, cherchez sur google le code de bourse « MDA904 ». (Note de l’auteur)

date:
15/12/2010 23:58

--------------------------------------------------------------------------------

URL source: http://www.contretemps.eu/interventions … r-lui-meme

Hors ligne

 

#219 21-12-2010 04:06:24

Sandy
Membre
Message n°9908
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Jacques Roman a écrit:

Démocratie/souveraineté nationale/mondialisation

Si, comme c'est apparemment le cas de Dani Rodrik, on entend par "souveraineté nationale" la possibilité pour chaque nation de faire tout ce qu'elle veut sans se soucier de ce que font les autres nations et de ce qui se passe ailleurs dans le monde, il y a belle lurette que cette "souveraineté nationale" est incompatible avec la mondialisation.

Il serait hypocrite de ne pas reconnaître que le processus de mondialisation a pour condition et conséquence inéluctables la création d'une nation supérieure qui se substitue plus ou moins rapidement, en dépit de toutes les dénégations, aux États-nations actuels. Ce processus n'a rien de nouveau ni de scandaleux : ou alors soyons honnêtes et demandons-nous pourquoi  les régions, les départements et les communes ne sont pas "souverains".

Par contre, la démocratie est parfaitement compatible avec la mondialisation dans la mesure où les peuples, agissant directement ou par leurs représentants librement choisis (c'est-à-dire élus, pas nommés par le dictateur ou tirés au sort !) délèguent expressément l'exercice de leurs pouvoirs souverains à des organismes internationaux tels que l'ONU (maintien et rétablissement de la paix), le Conseil de l'Europe (protection des droits fondamentaux),  et bien sûr l'Union européenne (large délégation dans tous les domaines). La thèse de Rodrik est à corriger sur ce point, sous réserve de vérifier ce qu'il a dit exactement (je ne l'ai pas fait). JR

La souveraineté c'est le droit pour un peuple de décider librement ce qui est bon pour lui, et comment s'organiser sur son propre territoire, quelles lois mettre en place, quel type de société, quel système politique économique et social etc ...

Il est évident qu'il existe un intérêt général mondial, les enjeux écologiques en sont le parfait exemple, ce qui oblige les différents peuples à se concerter et à prendre des décisions communes à un niveau supérieur à la nation.
Il y a d'autres domaines comme la préservation de la paix, la guerre, les échanges économiques, les possibles coopérations dans d'autres domaines, comme la lutte contre la criminalité, contre le terrorisme etc ... Tout cela justifie en effet encore une fois des concertations à un niveau supérieur à celui de la nation.

Mais là où vous vous trompez Jacques, et lourdement, c'est quand vous confondez le processus de mondialisation,  qui est principalement un processus de libéralisation financière, d'accords de libre échange économique, et d'uniformisation des systèmes monétaires, avec tous ces enjeux qui lient les différents peuples.
Et vous vous trompez encore plus quand vous assimilez ce processus de mondialisation avec la construction d'une nation plus grande et avec l'extention de la démocratie à un niveau supérieur. C'est en réalité dans la direction totalement contraire que nous allons.

Les accords de libre échange organisent une guerre économique entre les peuples. C'est donc tout le contraire des relations qui peuvent lier les mêmes régions dans une même nation, ce serait une catastrophe si les régions se faisaient la guerre, au contraire il n'y a pas de cohésion nationale si il n'y a pas un lien des liens de solidarité entre les régions.
Le libre échange, par la mise en concurrence des peuples et des systèmes fiscaux et sociaux, oblige, pour des raisons de compétitivité les peuples à adopter des conduites automatiques, il les met sous contraintes, ce qui évidemment rogne sur leur souveraineté.
A partir du moment où vous acceptez l'idée que votre pays doit être compétitif dans une guerre économique mondiale, c'est simple, vous renoncez dès lors à la démocratie et vous vous soumettez à ces conduites automatiques qui mènent au moins disant social / fiscal.

La libéralisation financière, on le voit avec la crise actuelle, constitue un large transfert de souveraineté vers les puissances économiques, créant ainsi une dépendance aux marchés financiers, leur donnant des possibilités de nuisance et de chantage qui encore une fois ont les mêmes but, contraindre les peuples à adopter des conduites automatiques, privatisation et réduction de l'état, des services publics, augmentation de l'age de départ à la retraite, baisse des salaires etc ... C'est encore une fois renoncer à la démocratie.

On ne va donc pas vers la construction d'une nation et d'une démocratie plus grande, mais vers la construction d'une dictature où les citoyens n'ont plus de pouvoir sur rien, où les décisions sont toutes prises par une oligarchie trans nationale.

Si les accords entre gouvernements, si les accords dans des institutions internationales, si les accords dans des entreprises privées, si les accords dans des autorités indépendantes des peuples remplacent la souveraineté du peuple, alors on atteindra une bonne vieille dictature mondiale, comme celle imaginée par des auteurs de science fiction dans des romans d'anticipation, où ce sont des corporations et conglomérats financiers qui dirigent tout. Je pense que c'est plutôt à combattre.

Il ne faut pas laisser votre idéal fédéraliste vous aveugler, comme c'est le cas malheureusement pour bon nombre d'européeistes qui à cause de leur fédéralisme n'arrivent pas à voir le caractère antidémocratique de l'UE et qui défendent toutes les régressions démocratiques dès lors qu'on leur présente ces mesures comme plus d'europe et plus d'intégration européenne.

Hors ligne

 

#220 21-12-2010 04:46:47

Jacques Roman
Membre
Message n°9909
Date d'inscription: 06-02-2006
Messages: 4259

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

WikiLeaks a raison !

La police australienne (sinon le gouvernement australien, qui semble partagé) vient de conclure qu'Assange et Wikileaks ne sont rendus coupables  d'aucune infraction pénale par rapport à la loi australienne lorsqu'ils ont publié des documents confidentiels du gouvernement américain.

Au contraire !

La publication de ces documents constitue en réalité une magnifique et efficace application des Quatorze Points du Président Wilson (son programme pour mettre fin à la première guerre mondiale, proclamé en session conjointe du Congrès le 8 Janvier 1918 – voir http://www.ladocumentationfrancaise.fr/ … ints.shtml).

Les Quatorze Points commencent ainsi :

"Ce que nous voulons, c'est que le monde devienne un lieu où tous puissent vivre en sécurité, ... (un lieu sûr) pour toute nation qui désire vivre sa propre vie en toute liberté, décider de ses propres institutions, et être assurée que les autres nations la traitent en toute justice et loyauté, au lieu de se voir exposée à la violence et aux agressions égoïstes de jadis....C'est donc le programme de paix dans le monde qui constitue notre programme. Et ce programme, le seul que nous croyons possible, est le suivant :

"1. Des conventions de paix préparées et conclues publiquement; par la suite, il n'y aura plus d'accords secrets entre les nations, mais une diplomatie qui procédera toujours franchement et ouvertement, à la vue de tous [...]
" (voir http://www.ladocumentationfrancaise.fr/ … ints.shtml) :

Ce point - le premier, donc - a donné l'Article 18 de la Société des Nations Pacte et plus tard  l'Article 102 de la Charte des Nations Unies, lesquels ont rendu obligatoires l'enregistrement et la publication par l'organisation internationale de tous les accords internationaux quelle que soit leur forme.

Nul ne peut nier qu'il est dans l'intérêt de l'humanité de savoir ce qui se passe dans les coulisses des gouvernements lorsque le bien-être de toute la planète est en jeu :  surtout lorsqu'il s'agit d'un État qui se considère comme la seule superpuissance au monde et détenteur d'une autorité de droit quasi divin.

Il est évidemment embarrassant pour un tel pays de se révéler publiquement incapable de garder des secrets, légitimes ou non, et l'on pourrait comprendre qu'il veuille punir  ses citoyens activement responsables de la divulgation,  mais Assange et WikiLeaks, quant à eux, ne méritent qu'une chose :  le prix Nobel, pour éminent service rendu à la Paix. JR

Dernière modification par Jacques Roman (21-12-2010 05:34:09)

Hors ligne

 

#221 22-12-2010 10:56:35

Étienne
Message n°9914
Lieu: Trets (France, 13)
Date d'inscription: 28-01-2006
Messages: 1660
Site web

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Pourquoi le monde a besoin de WikiLeaks ?
Un entretien très intéressant, de TED (sous-titré en français) avec Julian Assange


http://www.ted.com/talks/julian_assange … leaks.html

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/JulianAssange3.jpg
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/JulianAssange4.jpg http://etienne.chouard.free.fr/Europe/JulianAssange5.jpg


J'ai relevé ceci (traduit à la hache, mais clair et important) :

Il y a la question de savoir
quelle est l'information importante pour le monde,
quel type d'information peut permettre le changement.

Et il y a une grande quantité d'information.


Alors, l'information que les organisations font un effort économique pour cacher,
c'est vraiment un bon signal que, quand l'information sort, il y a un espoir que ça fasse du bien.

Parce que les organisations qui la connaissent le mieux, qui la connaissent de l'intérieur, travaillent à la dissimuler.

Et c'est là l'histoire du journalisme.

Julian Assange.

Séduisant whistleblower, vraiment.
______

Pourtant, il reste à creuser (croiser / recouper / confirmer ou infirmer) les accusations d'être sous l'influence de Rothschild et de préparer psychologiquement les foules à une guerre contre l'Iran :
http://www.daily.pk/cia-mossad-and-soro … aks-19280/
http://www.alterinfo.net/Wikileaks-Une- … 52233.html
http://www.infowars.com/rothschild-and- … orshipers/
http://birdflu666.wordpress.com/2010/12 … ng-family/

Pas facile d'y voir clair.

Étienne.

Hors ligne

 

#222 24-12-2010 06:26:36

Sandy
Membre
Message n°9955
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Jacques Roman a écrit:

Il est évidemment embarrassant pour un tel pays de se révéler publiquement incapable de garder des secrets, légitimes ou non, et l'on pourrait comprendre qu'il veuille punir  ses citoyens activement responsables de la divulgation,  mais Assange et WikiLeaks, quant à eux, ne méritent qu'une chose :  le prix Nobel, pour éminent service rendu à la Paix. JR

Pour les révélations sur la guerre en Irak et en Afghanistan tout à fait.

Pour les révélations sur ce que pensent les diplomates d'un tel ou d'un tel franchement non là ç'est pas comme si cela avait le moindre intérêt wink

En tout cas ils mériteraient plus le prix Nobel qu'Obama ^^

Hors ligne

 

#223 25-12-2010 08:32:44

Jacques Roman
Membre
Message n°9966
Date d'inscription: 06-02-2006
Messages: 4259

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Joyeuse journée de Noël, Sandy (et les autres participants).

En fait, ces jugements des diplomates sur les responsables locaujx ne manquent pas d'importance : ils influencent efficacement les jugements et les approches des gouvernement dans leurs rapports avec le pays concerné : exactement comme dans les relations privées.  JR

Hors ligne

 

#224 06-01-2011 00:46:11

Étienne
Message n°10007
Lieu: Trets (France, 13)
Date d'inscription: 28-01-2006
Messages: 1660
Site web

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Côte d'Ivoire : MANIPULATION MÉDIATIQUE
- de la part des journalistes professionnels (c'est prévisible puisque, en droit, salarié = subordonné)
- en faveur du chef d'État mondialiste soutenu par l'establishment anglo-américain (BM, FMI, UE...)
- et contre le chef d'État protégé de l'ancienne puissance coloniale à remplacer (par celui de l'Empire)
- avec même un appel répété à l'intervention militaire étrangère...
... Apparemment, un nouveau cas d'école de journalisme, pour Serge Halimi et son analyse des chiens de garde du système :




• Pour relativiser (voire désactiver, si nécessaire) la propagande quotidienne à sens unique qui sévit dans nos médias de désinformation, je vous recommande d'abord cette très courte vidéo au vitriol :

Roland Dumas & Jacques Vergès, de retour de Côte d'Ivoire, s'expliquent sur France-Info, le 5 janvier 2011 :
http://www.dailymotion.com/video/xgf4ad … ;start=532

C'est passionnant.

Je suis en train de lire plusieurs livres de Jacques Vergès, et je le trouve remarquable.
Pas parfait, évidemment, mais remarquable.

• Sur la propagande des journalistes français en faveur du candidat du FMI, j'aime bien aussi la position de Jean-Luc Mélenchon, qui souligne avec juste raison que la presse occidentale (désormais largement sous contrôle des marchands et des banquiers) fait un scandale quotidien de ce qu'elle présente comme un coup d'État (ce qui reste pourtant assez incertain), alors que la même presse soi disant libre n'a pas dit un mot à propos du vrai coup d'État, bien sanglant, qui vient d'avoir lieu au Honduras (où la différence, c'est vrai, c'est que c'est l'Empire qui a organisé et financé le coup d'État contre un progressiste régulièrement élu sans contestation possible) et où on tue (aujourd'hui encore) des civils et des journalistes... Là, pas un mot — pas un mot ! — de nos vierges effarouchées soi-disant éprises de démocratie...

Mélenchon a raison de souligner cette détestable partialité de nos prétendus journalistes qui, à mon avis, en perdant leur indépendance financière ont perdu toute légitimité et toute utilité pour la cité. Les journalistes aux ordres sont nuisibles et illégitimes. Ils sont l'incarnation d'une perversion aboutie de l'institution des sentinelles du peuple dont la cité a besoin.

Mélenchon qui était sur France-Inter ce matin : formidable encore !
• Première partie :
http://sites.radiofrance.fr/play_aod.ph … D=05012011
• Deuxième partie :
http://sites.radiofrance.fr/play_aod.ph … D=05012011

Il tient la grande forme, JLM : c'est un bon bol d'air politique. Merci smile

_______________

• Dernier point sur la Côte-d'Ivoire, le CV de Ouattara (pour le vérifier, je n'ai trouvé que son site personnel : http://www.ado.ci/rubrique.php?np=7&ns=22) semble parler de lui-même : cela devrait suffire à mettre la puce à l'oreille à tout citoyen un peu actif :

"Alassane Dramane Ouattara l’enfant sacré du FMI, pourquoi faire de longs discours ?
Il suffit de regarder son CV :


Avril 1968 - août 1972 Economiste au FMI à Washington

Août 1973 - février 1975 Chargé de mission au siège de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à Paris

Février 1975 - décembre 1982 Conseiller du gouverneur et directeur des études de la BCEAO à Paris puis à Dakar

Janvier 1983 - octobre 1984 Vice-gouverneur de la BCEAO à Dakar

Novembre 1984 - octobre 1988 Directeur du département Afrique au FMI à Washington

Octobre 1988 - décembre 1990 Gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest à Dakar

Avril à novembre 1990 Président du comité interministériel de la Coordination du programme de stabilisation et de relance économique de la Côte d’Ivoire

Novembre 1990 - décembre 1993 Premier ministre de la Côté d’Ivoire

Mai 1994 - juillet 1999 Directeur adjoint du Fonds monétaire international

Sa femme Dominique Nouvian juive sépharade née en 1953 se marie à Neuilly, en 1990 et, devient Dominique Ouattara, et l’homme qui unis cette union n’est autre que (roulement de tambour) ……… Nicolas Sarkozy (sic) le maire de l’époque."

(...)

Source : http://www.egaliteetreconciliation.fr/A … -5004.html

Si des lecteurs ont des infos qui permettent de contester les faits ci-dessus, ils sont priés de le signaler.

Sur la position de la France à propos des événements en Côte d'Ivoire, Jacques Vergès a donné son point de vue de façon un peu plus détaillée :

Dans une interview accordée au quotidien Burkinabé “Le Pays”, le célèbre avocat français Jacques Vergès prend position dans la crise post-électorale en Côte d’Ivoire et sur la justice internationale. Extrait !

Quelle lecture faites-vous de la situation en Côte d’Ivoire ?

Jacques Vergès : mon avis, les Occidentaux ont poussé à faire des élections en Côte d’Ivoire. On fait des élections pour confirmer un consensus. Il n’y a pas de consensus en Côte d’Ivoire. Il vaut mieux attendre 12 ans que d’arriver à la situation actuelle. D’autre part, l’Occident appui un candidat. Je pense que c’est une erreur. Ce candidat apparaît comme un candidat de l’étranger. l

Pour vous, le candidat auquel vous faites allusion n’a pas gagné les élections ?

J. V. : Je n’en sais rien. Même s’il a gagné… Je n’habite pas la Côte d’Ivoire, je ne connais pas exactement la Côte d’Ivoire. Je ne peux pas, comme les Occidentaux, rester à l’étranger et dire que c’est comme ci ou comme cela. l

Quelle appréciation faites-vous de la justice internationale ?

J.V. : Je préfère parler plutôt d’injustice internationale. Vous savez, les colonialistes ont toujours un masque. Ils ne disent jamais du bien de vous. Ils pillent vos ressources naturelles. Ils ont commis des génocides à l’égard des Indiens d’Amérique, détruit des civilisations comme celle des Aztèques. Au nom de la liberté du commerce, ils ont imposé à la Chine trois guerres d’opium. Au nom de l’esclavage, ils sont venus imposer le travail forcé en Afrique.

Aujourd’hui, c’est au nom de la justice qu’ils interviennent. Quelle est cette justice ?

J’ai travaillé pour le tribunal de la Yougoslavie et pour celui du Cambodge. Les magistrats appliquent des règles, mais eux n’ont pas de règles. Ils font leurs règles eux-mêmes. Au Burkina ou en France, un juge dit que telle personne est gardée à vue 30 jours. La loi dit que c’est le délai maximum. Mais le juge dit que je veux le garder plus longtemps. La loi est faite par le Parlement et non pas par le juge. Dans le cas de Milosevic (ndlr, il était un de ses clients) au tribunal pour la Yougoslavie, on a changé la loi 22 fois. Ils violent le principe de Montesquieu. C’est la première chose.

Au Cambodge, le tribunal vient de décider de faire appel à des donateurs privés. Quand un homme riche vous donne de l’argent, ce n’est pas pour rien. Vous vous vendez. Quand vous acceptez l’argent de n’importe qui, vous faites n’importe quoi.

Je prends l’exemple du tribunal pour le Liban. Il y a 4 ans, les commanditaires de ce tribunal ont dit qu’il faut mettre en cause les Syriens. On a arrêté 4 Généraux réputés pro-Syriens. Il n’y avait rien contre eux. Les commanditaires ont dit ensuite que les Syriens ne les intéressaient plus, mais cette fois c’est le Hezbollah. On a libéré les captifs et on a essayé de mettre en cause le Hezbollah. Un tribunal est responsable devant l’opinion. On a fait le procès de Milosevic sans un Serbe dans le tribunal. On fait un procès au Cambodge où le chef du gouvernement dit qu’il ne veut pas qu’on accuse d’autres personnes, autrement il y aura la guerre civile. Le procureur qui est Canadien dit qu’il a le droit d’avoir une opinion.

Les magistrats de la Cour internationale sont atteints de ce qu’on appelle un daltonisme au noir. Le dalton ne voit pas certaines couleurs. Ils ne voient que le noir. Si vous allez à la Cour internationale, tous les inculpés sont noirs, pas parce qu’il ne s’est rien passé à Gaza, pas parce qu’il ne s’est rien passé à la prison d’Abugraïb.

La question que je me pose maintenant est : Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle cela ? Je ne dis pas que tout le monde est innocent, mais si ces gens sont coupables, c’est aux Africains de les juger.

Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle que ses dirigeants soient jugés par une bande de cosmopolites qui la méprisent. Il y a le cas de Béchir au Soudan. Je pense que les pays africains ont raison de ne pas appliquer le mandat international. L’Afrique n’est plus sous tutelle. Les Américains accepteront-ils qu’un pays africain juge Georges Bush pour sa guerre d’agression contre l’Irak ?

Source : http://www.egaliteetreconciliation.fr/E … -4998.html

_____________________

Je vous signale aussi un intéressant message d'AMG (auditeur modeste et génial) sur Là-bas si j'y suis cet après-midi, qui nous rappelait l'histoire de quelques intrigues médiatiques de Bolloré & fils, avant et après la campagne de Sarkozy : Havas, sondages CSA, télés Direct 8 et Direct Star, gratuits Direct Soir et Direct Plus...

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/m … 110105.mp3

_____________________

Dans une société correctement instituée, les médias ne devraient pas pouvoir être appropriés par les plus riches, et surtout pas par des entreprises.

Une bonne Constitution devrait
1) garantir aux citoyens que cette règle existe toujours,
2) leur permettre de vérifier à tout moment sa stricte application
et 3) leur permettre d'engager eux-mêmes les procédures en cas de doute.



Étienne.

Hors ligne

 

#225 06-01-2011 10:13:45

Sandy
Membre
Message n°10009
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

J'espère pour vous que vous n'avez pas allumé votre télévision pour visionner le journal de 20h hier sur France 2 car c'était écoeurant de propagande. France 2 a donné au moins 5 min à Ouattara pour dire à quel point Gbagbo était un dictateur, qu'il était le président légitime, sans pour autant donner le moindre argument qui le prouve, avec France 2 qui expliquait bien à quel point la communauté internationale condamnait le coup d'état de Gbagbo etc ... etc ... Bref tout pour désinformer les français, pas une seule seconde accordé à des contradicteurs rien que de la pure propagande ...

http://www.youtube.com/watch?v=43hjwcli … r_embedded
Dans cette interview assez remarquable réalisée pour Euronews ( là on a vraiment l'exemple d'un journaliste qui fait son travail en restant neutre mais tout en posant les questions que les gens se posent ) on peut entendre Gbagbo se défendre.

Alors personnellement j'suis mal placé pour me faire une idée, mais quand j'entend gbagbo et ouattara, j'entends d'un côté quelqu'un qui argumente, de l'autre qqun qui enchaine les accusations sans argument, ce qui ressemble à des médisances et à de la diffamation, et quand j'écoute Dumas et Vergès, et à l'inverse les membres du gouvernement, j'ai encore tendance à trouver Dumas et Vergès beaucoup plus sincères et convaincants par leurs arguments.
Et le fait que Ouattara reçoive le soutien de Sarkozy et des puissants, son camp idéologique étant celui du FMI, j'ai encore tendance à penser qu'on est bien en présence d'un bon gros coup d'état, mais dans le sens inverse de celui présenté par les médias.

Hors ligne

 

#226 06-01-2011 18:46:35

Étienne
Message n°10012
Lieu: Trets (France, 13)
Date d'inscription: 28-01-2006
Messages: 1660
Site web

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Merci Sandy, c'est très intéressant.

J'ai vu aussi ça :
tortures et assassinats dans les bureaux de vote du nord (invalidés par le Conseil constitutionnel) :
http://www.youtube.com/watch?v=uZ-yRzBxnDo

Fait essentiel :
Gbagbo demande expressément à RECOMPTER LES VOIX,
ce que refusent ses adversaires et la "communauté internationale".

C'est quand même très étrange, non ?

Quels journaux, quelles télés, quels "journalistes professionnels" (oxymore) insistent sur ce point décisif et apaisant ?

Certes, des manipulations et mensonges peuvent exister de part et d'autre, bien sûr,
mais l'unanimité des médias mainstream autour du candidat de la BM et du FMI est tout simplement suspecte.

Et le scandaleux silence des mêmes médias autour du coup d'État crapuleux au Honduras confirme leur malhonnêteté crasse.

Étienne.

Hors ligne

 

#227 07-01-2011 11:37:24

Étienne
Message n°10015
Lieu: Trets (France, 13)
Date d'inscription: 28-01-2006
Messages: 1660
Site web

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Bonjour,

Dans un message plus haut (n°10007), je signale deux enregistrements d'un Mélenchon très en forme sur France Inter, le 5 janvier 2011.

Les fichiers audio de Radio France sont au format RealAudio, et il faut donc avoir installé RealPlayer (gratuit) pour réécouter n'importe quelle émission : http://france.real.com/realplayer

Faites attention à bien choisir la version gratuite : RealAudio vous incite plusieurs fois pendant l'installation, si vous n'y prenez garde, à installer la version payante...

Sinon, on peut voir carrément la binette de Mélenchon en vidéo pendant ces mêmes entretien, là :

http://sites.radiofrance.fr/franceinter … p?id=99688

Étienne.

Hors ligne

 

#228 08-01-2011 05:06:30

Jacques Roman
Membre
Message n°10023
Date d'inscription: 06-02-2006
Messages: 4259

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Gbagbo/Ouattara

Je me garderai de ne prononcer : j'aurais trop peur de me tromper !

Deux questions, cependant, en ce qui concerne le recomptage:

1) Où les bulletins et les procès-verbaux des bureaux de vote se trouvent-=ils actuellement ? Au Conseil constitutionnel ?

2) Comment expliquer l'extraordinaire efficacité du Conseil constitutionnel ivoirien, qui a réussi à faire en quelques heures les vérifications et le recomptage infirmant les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante ?  JR

Hors ligne

 

#229 08-01-2011 13:22:13

Sandy
Membre
Message n°10025
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Jacques Roman a écrit:

Gbagbo/Ouattara

Je me garderai de ne prononcer : j'aurais trop peur de me tromper !

Deux questions, cependant, en ce qui concerne le recomptage:

1) Où les bulletins et les procès-verbaux des bureaux de vote se trouvent-=ils actuellement ? Au Conseil constitutionnel ?

2) Comment expliquer l'extraordinaire efficacité du Conseil constitutionnel ivoirien, qui a réussi à faire en quelques heures les vérifications et le recomptage infirmant les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante ?  JR

Ils n'ont rien recompté vu que leur constitution spécifie que s'il y a fraude dans une région les résultats sont annulés tout simplement.
Il semble que le contentieux ne concerne qu'une seule région. En englobant les résultats de cette région c'est Ouattara qui gagne, en les annulant c'est Gbagbo.
Et le conseil constitutionel s'appuie sur des preuves de ces fraudes j'ai cru comprendre, ce que Dumas et Vergès viennent confirmer avec des résultats comme 100% pour Oauttara dans certains bureaux de vote et avec plus de voix que de votants wink

Le problème dans ces histoires c'est que nous ne sommes que spectateurs, nous n'avons pas accès aux preuves et nous ne pouvons pas faire confiance à nos propres autorités vu qu'elles sont mises en cause.


Moi les questions que je me pose c'est à propos de cette commission électorale indépendante, quelqu'un a des infos sur sa composition et sa légitimité ?

Dernière modification par Sandy (08-01-2011 13:26:56)

Hors ligne

 

#230 08-01-2011 13:42:04

Jacques Roman
Membre
Message n°10027
Date d'inscription: 06-02-2006
Messages: 4259

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Gbagbo/Ouattara (suite)

Sandy (10025) :

Le Conseil constitutionnel ivoirien n'a pas annulé les élections : il a déclaré Ggbabo élu, ce qui signifie donc (à en juger par votre citation de la constitution ivoirienne) qu'il n'y a pas eu fraude.  Alors,sur quelles bases, à votre avis, le Conseil constitutionnel a-t-il pu inverser en 24 heures la décision de la Commission?

Autant que je me rappelle, lors de son annonce publique le président du Conseil constitutionnel a seulement invoqué le fait que la Commission électorale indépendante était chargée d'annoncer les résultats provisoires dans un certain délai et que puisqu'elle ne l'avait pas fait la décision était automatiquement renvoyée au Conseil constitutionnel. Sur quoi, la décision a été prise, vous savez laquelle.

Quant à la Commission électorale indépendante, je vais aller sur Google et je vous dirai ce que je trouve.  JR

PS. 1. Je reviens de Google et j'y trouve ce document que devrait vous intéresser : http://www.ceici.org/elections/ci/organisation-cei.php ,  à partir duquel vous pouvez trouver d'autres renseignements concernant le fonctionnement de la CEI. Je ne vois rien pour ma part qui permette de douter de la sincérité du résultat proclamé par la Commission. Quelles sont vos raisons ?

PS2. Quelle source avez-vous utilisée pour votre rappel des dispositions de la constitution ivoirienne ?

PS. 3. Vous êtes-vous interrogé sur l'indépendance du Conseil constitutionnel ivoirien ? J'ai lu qu'il était à la solde de Gbagbo - mais peut-être que ce n'est pas vrai ?

PS. 4. Le Conseil de sécurité a conclu (c'est-à-dire que les cinq membres permanents étaient d'accord) que les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante étaient les bons. L'évènement est assez rare pour qu'on le remarque (je crois même qu'il est unique) : pour en arriver là, il faut que les vérificateurs de l'ONU sur le terrain soient assez sûr de leurs observations. Ce qui ne veut pas dire que l'ONU ne se soit pas mise dans une mauvaise situation (intervenir contre une forte minorité de la population).

Dernière modification par Jacques Roman (08-01-2011 14:39:43)

Hors ligne

 

#231 08-01-2011 22:43:59

Sandy
Membre
Message n°10030
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Je n'ai aucune source fiable Jacques Roman.

C'est la parole des uns contre la parole des autres.

Selon ce que j'ai compris à propos de la constitution ivoirienne, selon Gbagbo et Vergès et Dumas, une fraude constatée n'annule pas les élections, ce n'est pas ce que j'ai dit relisez moi, j'ai dis que la fraude constatée annulait les résultats obtenus dans la région où il y a eu fraude. Seules les résultats dans les régions où il n'y a pas eu fraude étaient comptabilisés.

C'est comme si il y avait fraude en Alsace, on comptabilisait toutes les voix des autres régions sauf l'Alsace. Je ne trouve pas cela très démocratique, mais si c'est comme cela dans la constitution, après tout, c'est leur problème.

Votre lien ne fonctionne pas j'ai une erreur 404. Vous avez mis une virgule en trop dans le lien.

Sinon à la vue de la composition de cette commission indépendante, à première vue, rien n'empêche qu'elle soit corrompue, comme le conseil constitutionnel, qui peut très bien être à la botte de Gbagbo je suppose.

Quand aux organisations du style ONU, c'est comme le FMI, l'OMC etc ... je les considère comme non fiables et corrompues.
Je vous ai dit on ne peut pas faire confiance aux autorités dans cette histoire vu qu'elles sont accusées et ont des intérêts.

Je reste donc dans ma position, seul le camp Gbagbo apporte des vrais arguments tangibles. Il est le seul à vouloir recompter les voix et donc à montrer bonne volonté. Toute la version de Ouattara repose sur des arguments d'autorité, autant dire sur du vent ( déclaration de la commission indépendante dont on ne peut savoir si elle est vraiment indépendante, soutien de l'ONU, soutien de la France etc ... ).

Dernière modification par Sandy (08-01-2011 22:46:28)

Hors ligne

 

#232 09-01-2011 06:14:26

Jacques Roman
Membre
Message n°10031
Date d'inscription: 06-02-2006
Messages: 4259

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Gbagbo/Ouattara (suite)

Sandy,

1) Vous ne trouvez pas qu'il y a contradiction entre, d'une part vos affirmations que "c'est la parole des uns contre les autres" et que "vous n'avez aucune source fiable", et d'autre part votre position que seul le camp Gbagbo apporte des preuves tangibles ?

Quelles sont ces preuves tangibles apportées selon vous par le camp Gbagbo ?

Je vous renvoie au commentaire http://www.connectionivoirienne.net/?p=47303  où vous trouverez une analyse intéressante de la décision du Conseil constitutionnel ivoirien.

(Au fait, le lien donné dans mon dernier message au sujet de la Commission électorale indépendante marche bien, je viens de m'en servir : faites contrôle + clic.)

2) En ce qui concerne l'annulation des élections, je vous avais en effet mal compris : votre texte autorisait les deux interprétations, mais la première – la plus plausible pourtant – m'avait complètement échappé " : autant pour moi. Cependant vous ne nous dites pas quel texte de la constitution ivoirienne vous avez consulté.

3) On peut savoir si la Commission électorale était indépendante en allant consulter le document signalé dans mon dernier message. : vous y verrez en particulier sa commposition.

4) On peut aussi se douter que le Conseil constitutionnel ivoirien n'est peut-être pas aussi indépendant que la Commission électorale quand on considère que, d'après ce que disent les médias, son président est un proche de M. Gbagbo nommé par lui quatre mois avant le scrutin.

À part ça, naturellement, "tout le monde il est pourri" et "tout le monde il a qu'à s'en aller", je sais : l'ONU, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, l'Union africaine, l'UE et les observateurs sur le terrain ont conclu à la sincérité globale de l'élection, le camp Bgabgo est le seul qui la conteste : mais pour vous c'est le camp Gbagbo qui détient la vérité : dites-moi, Sandy, n'auriez-vous pas un préjugé favorable à M. Gbagbo ?

5) Quant au recomptage, ce serait en effet une bonne solution : M. Gbagbo en avait parlé, mais il me semble qu'il n'insiste plus trop là-dessus ces temps-ci ? Les mauvais esprits pourront  penser que demander un recomptage est un bon moyen de laisser le plâtre de la situation actuelle se durcir... dans l'intérêt de M. Gbagbo ; mais d'un autre côté, si le recomptage ne donnait pas les résultats escomptés par le président sortant, l'avenir serait peut-être moins rose pour lui que s'il se retire maintenant : terrible dilemme !

6) Au passage, à propos des déclarations des Vergès-Dumas – celles que j'ai entendues du moins jusqu'à présent :

Ces déclarations ne concernaient pas la validité de l'élection ivoirienne, mais la politique néocolonialiste de la France, ce qui est une question entièrement différente.

J'admire M. Vergès, défenseur systématique des causes antipathiques à l'opinion publique, et ne serait-ce que par là grand avocat.

J'ai moins d'admiration pour M. Dumas. À mon avis un ancien membre – surtout un ancien président ! – du Conseil constitutionnel devrait se sentir tenu toute sa vie à une réserve stricte.même si la constitution ne le dit pas nettement, ce à quoi il conviendrai de remédier.  JR

Dernière modification par Jacques Roman (09-01-2011 08:11:41)

Hors ligne

 

#233 09-01-2011 16:13:02

Étienne
Message n°10033
Lieu: Trets (France, 13)
Date d'inscription: 28-01-2006
Messages: 1660
Site web

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Information sur la Côte d'Ivoire :

À l'indice 1:02 (1h 2min) de cette émission (signalée par ailleurs pour sa première partie sur le RIC), vous trouverez des informations intéressantes sur la Côte d'Ivoire :

http://www.dailymotion.com/video/xgd2rf … 12-10_news

Les données exposées par Bernard Lugan pour expliquer la guerre ou l'absence de guerre sont édifiantes.

Étienne.

Hors ligne

 

#234 09-01-2011 16:40:50

Sandy
Membre
Message n°10034
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Jacques, l'indépendance ou non je m'en moque, la question qui importe c'est : est-ce que ceux qui composent cette commission peuvent être corrompus par ouattara ou des intérêts privés ou des puissances étrangères.

Si par exemple la commission avait été composée de citoyens tirés au sort, là j'aurais pu écarter les risques de corruption.
Mais vu qu'il s'agit de gens élus ou désignés, de notables, ils sont tous corruptibles.

Hors le camp de gbagbo accuse ces gens d'êtres corrompus, je ne peux donc pas m'y fier.

De la même manière, il n'est pas possible de se fier au conseil constitutionnel vu qu'il peut très bien être à la solde de Gbagbo et vu que Ouattara accuse le conseil constitutionnel d'être corrompu.

Par preuves tangibles, je veux parler de deux choses.

Les règles inscrites dans la constitution ivoirienne qui annulent les résultats d'une région en cas de fraude. Je n'ai pas vérifié la constitution ivoirienne, mais vu que le camp de ouattara ne semble pas contester ce point, je n'en ressens pas le besoin, mais si vous arrivez à trouver les textes de lois correspondant pourquoi pas.
De plus, Gbabo parle de fraudes, et donc il possède normalement les documents qui montrent les résultats obtenus dans les bureaux de vote où il y aurait eu fraude.
Vergès et Dumas ont dit avoir récupéré des copies de ces documents pour les présenter aux médias français.
Il est donc à la portée des médias de vérifier si ces documents sont vrais ou si c'est pure invention.

Il me semble donc que pour démonter la version de gbagbo il suffirait de vérifier la constitution et ces documents, ce qui est à la portée des médias vous en conviendrez, ptet pas à notre portée.

Par contre Ouattara lui de son côté n'apporte rien de tel, il faut le croire sur parole parce que des autorités comme l'ONU, la France ou cette commission ont dit qu'il a gagné.
D'ailleurs le camp de Gbagbo ne conteste absolument pas il me semble que les résultats totaux donnent Ouattara gagnants. Le contentieux il me semble est justement sur cette question de fraudes.
Bref il n'essaie pas d'apporter de preuve de quoi que ce soit, il n'a que des arguments d'autorité.

Vous comprennez la différence ?

Moi j'ai tendance à plus croire celui qui essaie d'apporter des trucs vérifiables pour prouver qu'il dit la vérité, plutôt que celui qui demande à ce qu'on le croit uniquement sur parole ou par autorité, surtout quand nous savons que ces "autorités" n'ont rien de vertueuses. Nous savons que Sarkozy est un pourrit. Et pourquoi cette propagande en faveur de Ouattara dans les médias français ?

Mais il est vrai que Gbagbo peut très bien bluffer et penser que personne n'ira vérifier. Et quand on connait les médias français par exemple, si c'est pareil dans leur pays, c'est aussi très plausible. Nos médias sont des fainéants, ils n'ont aucune rigueur intellectuelle, ils ne font plus que commenter des sondages et répéter comme des péroquets la propagande gouvernementale et les dépèches AFP qui bien souvent se confondent.

Pour le recomptage c'est peut être aussi du bluff en effet, mais dans ce cas pourquoi Ouattara n'accepte pas ? Ce serait le meilleur moyen pour lui de confondre Gbagbo si c'est réellement du bluff.

En tout cas, pour l'instant, tout me laisse penser qu'on a affaire à un coup d'état soutenu par la France qui veut mettre Ouattara au pouvoir.

Dernière modification par Sandy (09-01-2011 16:46:31)

Hors ligne

 

#235 09-01-2011 18:25:36

Étienne
Message n°10036
Lieu: Trets (France, 13)
Date d'inscription: 28-01-2006
Messages: 1660
Site web

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Encore de l'information sur la Côte d'Ivoire :

Bernard Lugan interrogé par Ménard sur I-télé :

http://www.dailymotion.com/video/xgfkvq … from=embed

Étienne.

Hors ligne

 

#236 10-01-2011 05:06:24

Jacques Roman
Membre
Message n°10039
Date d'inscription: 06-02-2006
Messages: 4259

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

1) Outtara/Gbagbo (suite) – 2) tirage au sort et corruption

Sandy,  il n'y a pas à discuter sur votre 10034 : j'attendais des éléments tangibles, vous répondez par vos croyances.

Vous comprenez la différence ?

Je ne le pense pas, mais je laisse à d'autres le soin de vous l'expliquer et de vous montrer les erreurs de vos raisonnements. Vos croyances, je n'ai aucun pouvoir de les changer.

2) Une chose que je ne laisserai pas passer sans commentaire, c'est votre affirmation que :

"si par exemple la commission avait été composée de citoyens tirés au sort, là j'aurais pu écarter les risques de corruption. Mais vu qu'il s'agit de gens élus ou désignés, de notables, ils sont tous corruptibles
",

Cette affirmation est d'une incroyable naïveté.

Il est évident pour moi que des tirés au sort sont plus susceptibles de corruption que des élus, parce que 1) la nature humaine des tirés au sort est exactement celle des élus, et 2) les tirés au sort opérent seuls, en toute liberté, sans contrôle d'un mouvement, d'un parti ou d'un appareil électoral, et sans obligation  de concerter leurs décisions avant le tirage au sort et de s'en justifier ensuite. Ils sont donc ouverts à toutes les influences corruptrices qui s'exercent sur les élus... plus quelques autres ; et bien sûr il est plus simple et moins coûteux de corrompre un isolé institutionnellement irrespondable qu'un élu qui doit se présenter devant les électeurs avec un programme et répondre à leurs questions.

C'est pourquoi le tirage au sort des décideurs est une hérésie par rapport au bon sens et à la démocratie.JR

Hors ligne

 

#237 10-01-2011 15:56:13

Sandy
Membre
Message n°10043
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Vous emmelez tout je crois.

La constitution de la côte d'ivoire.
Les résultats des élections et les preuves de fraudes avancés par le camp de Gbagbo sont des éléments tangibles.

Que moi je n'aille pas les vérifier et que je me contente de "croire" qu'ils sont fondés est une autre histoire, c'est surtout du au fait que je suis français, j'habite à des milliers de km, et n'ait donc pas accès à ces documents pour les vérifier par moi-même.

Mais, parce qu'ils sont tangibles, les opposants à Gbagbo peuvent eux faire ce travail de vérification et publier et rapporter des preuves qui infirment les arguments de Gbagbo.
Si je voulais démontrer que Gbagbo est un menteur c'est la première chose que je ferais ! Vous êtes bien d'accord ? Vu que toute sa position repose là-dessus.
Hors je constate que ce n'est pas fait, pourquoi ?

Non, à la place de ça, le camp de Ouattara fonde ses arguments uniquement sur le soutien de sa version des faits par des "autorités". Ce que j'appelle des arguments d'autorité. Il faut le croire parce que le gouvernement de sarkozy, la "communauté internationale", et la commission soit disant indépendante etc ... le soutiennent. Et moi je suis allergique aux arguments d'autorité et à ce genre de demande de moutonage, j'espère que vous comprennez ? De plus vous connaissez ma méfiance vis à vis de Sarkozy, surtout qu'il est accusé d'agir au nom d'intérêts impérialistes, et nous savons que cette accusation est fondée.

Voilà pourquoi, et pour l'instant cela me suffit, je crois beaucoup plus le camp de Gbagbo, ne vous en déplaise.


2) Vous faites encore la même erreur à propos du mot corruptible / corruption, vous avez décidément du mal à comprendre que pour être corrompu il faut avoir un pouvoir et qu'il y ait un corrupteur.

En effet tout humain risque d'être corruptible, qu'il soit tiré au sort ou élu.

Mais ce que vous ne comprennez pas c'est que le tirage au sort dissuade la corruption. Voyons pourquoi.

Il y a certes des gens malhonnêtes qui pourraient agir de leur propre chef par idéologie ou partisianisme, mais ce n'est pas de la corruption vu que personne ne les corrompt, ils ne recoivent rien en échange. Et ça vous avez du mal à le comprendre.
Mais il est probable que l'on tire au sort des gens honnêtes vous en conviendrez ?

Alors si quelqu'un essayait de corrompre les tirés au sort malgré tout, comment pourrait-il savoir s'ils sont corruptibles ou non sans essayer de les corrompre ? il suffirait qu'il tombe sur quelqu'un d'honnête qui le dénonce pour se retrouver en prison, c'est trop risqué pour que qui que ce soit tente de les corrompre.

Donc les tirés au sort sont forcément non corruptibles.

Ce qui n'est pas le cas des élus.

Hors ligne

 

#238 10-01-2011 17:36:35

Sandy
Membre
Message n°10046
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Étienne a écrit:

Encore de l'information sur la Côte d'Ivoire :

Bernard Lugan interrogé par Ménard sur I-télé :

http://www.dailymotion.com/video/xgfkvq … from=embed

Étienne.

Ménard n'invite que des intervenants d'extrême droite.

Hors ligne

 

#239 10-01-2011 22:11:03

Étienne
Message n°10047
Lieu: Trets (France, 13)
Date d'inscription: 28-01-2006
Messages: 1660
Site web

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Bonsoir Sandy,

Je l'ignorais.

Mais surtout : et alors ?
Que voulez-vous dire ?

On a déjà parlé de ça, non ?
C'est quoi, pour vous, les critères qui fixent pertinemment quelqu'un à l'"extrême droite" ?

Ce n'est pas intéressant, ce que dit l'historien ?

Étienne.

Hors ligne

 

#240 10-01-2011 23:04:52

Sandy
Membre
Message n°10048
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Ben extrême droite = racistes xenophobes et intégristes religieux.

J'ai remarqué que leurs propos extrémistes, ou leur vision extrémiste des choses, venaient assez souvent du fait qu'ils sont animés par un certain tropisme, une obsession, qui influence leur vision d'ensemble des choses.

Pour les racistes, leur tropisme est évident.
Pour les xénophobes, c'est une peur.
Pour les intégristes religieux, c'est leur volonté de propager leur religion.

Bien sur tout le monde est différent, et ce n'est pas aussi simpliste, il y a une infinité de nuances.
J'ai rencontré beaucoup de personnes à la fois intégristes et xénophobes, ayant à la fois la volonté d'une france uniquement catholique, mais à la fois ayant peur que leur culture disparaisse à cause d'une invasion des musulmans. Vous voyez le mélange.

Si ménard invite cet historien c'est qu'il est d'extrême droite, vu qu'il n'invite que des personnes d'extrême droite, ménard est un propagandiste, et vous me direz au moins lui il ne s'en cache pas et vous aurez raison, il a tout à fait le droit de s'exprimer et ses invités aussi ^^, et nous si on n'adhère pas à ces idées on a juste à zapper.

Mais bon, si cet historien est d'extrême droite, alors il a un tropisme. S'il est sincère et s'il dit la vérité, étant un historien expert de l'afrique, connaître son tropisme peut permettre de tempérer ses propos.

Ici son propos extrême est que ce n'est qu'une question ethnique. Il est catégorique à ce sujet.
Il y a fort à parier que son tropisme est contenu dans cette affirmation. Vous conviendrez que même si l'aspect ethnique est surement très important et très influent, c'est très réducteur pour les gens qu'il prive ainsi de toute raison et tout recul par rapport à leurs origines ou groupes sociaux, les imaginant incapables de faire un choix autrement que sur ce critère, incapables de penser l'intérêt général pour tous.
Il y a surement plus que des histoires ethniques. Il y a forcément des raisons politiques aussi. Sinon il y aurait des scores de 100% pour tels ou tels candidats partout.

Mais pour vous répondre, oui, ce que dit l'historien est intéressant malgré tout.

Dernière modification par Sandy (10-01-2011 23:13:30)

Hors ligne

 

Pied de page des forums

Propulsé par PunBB 1.2.12
© Copyright 2002–2005 Rickard Andersson
Traduction par punbb.fr