Forum du plan C : pour une Constitution écrite par et pour les Citoyens

Ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.
Les membres de l'Assemblée constituante doivent être tirés au sort
et, bien sûr, inéligibles aux fonctions qu'ils instituent eux-mêmes.

Vous n'êtes pas identifié.

Bienvenue :o)

Bonjour :o)
Ici, depuis le 1er janvier 2006, nous parlons d'un sujet que les politiciens de métier voudraient bien garder pour eux : nous parlons de la Constitution, de ce texte absolument fondamental pour tous les citoyens (et pourtant complètement négligé par eux), de ce texte qui pourrait nous protéger tous contre les abus de pouvoir si nous le faisions nôtre au lieu d'en abandonner la maîtrise à ceux-là mêmes qu'il est censé contrôler.
Nous discutons principe par principe, méthodiquement. Nous avons d'abord suivi le plan de mon document "Les grands principes d'une bonne Constitution", mais nous avons ensuite élargi nos thèmes à partir de vos réflexions, critiques et suggestions. C'est simplement passionnant. Ce que nous avons mis au clair sur la monnaie, sur le vote blanc, sur les vertus méconnues du tirage au sort et sur le référendum d’initiative populaire, par exemple, est enthousiasmant.
Le prolongement de cette réflexion constituante, c’est d’écrire enfin nous-mêmes un exemple de constitution, article par article. C’est ce qui se passe sur la partie wiki-constitution de ce site. Je vous invite à venir y participer également, ne serait-ce que sur un article ou deux. Vous verrez, c’est passionnant ; on sent vite qu’on est là sur l’essentiel, sur la seule vraie cause (et aussi la solution !) de nos impuissances politiques.
C’est un projet pédagogique en quelque sorte, un objet concret, réel, qui montre que 1) c'est possible : des hommes dont ce n'est pas le métier peuvent écrire une Constitution, et 2) c'est beaucoup mieux : quand ils n'écrivent pas des règles pour eux-mêmes, quand ils n'ont pas un intérêt personnel à l'impuissance des citoyens, les délégués constituants écrivent les règles d'une authentique démocratie. Merci à tous pour ce travail formidable.
Amitiés. Étienne.
[19 août 2012 : ATTENTION : pour cause de spam ultra-actif mi 2012, je FERME la possibilité aux nouveaux venus de créer un compte sans moi : il faut m'écrire à etienne.chouard@free.fr (EN ME DONNANT LE PSEUDO QUE VOUS VOULEZ) et je créerai votre compte à votre place. Il faudra ensuite venir ici pour définir un nouveau mot de passe. Désolé, mais les spammeurs deviennent infects et je n'ai pas le temps de gérer les spams (je préfère vous aider un à un à nous rejoindre). Au plaisir de vous lire. ÉC]

#81 26-10-2007 20:53:27

Étienne
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Pétition pour l'indépendance des journalistes

Une pétition proposée par l'Intersyndicale des Journalistes :
blog (infos et commentaires) - pétition

Pétition : Il n'y a pas de démocratie sans liberté de la presse

Les syndicats de journalistes, réunis pour la première fois depuis quinze ans, s'adressent à tous les français pour proposer une loi garantissant  l'indépendance des rédactions, à l'heure où les dérives déontologiques, les rachats de médias et les pressions sur le contenu de l'information se multiplient, remettant en cause le droit de chacun à une information honnête, indépendante et fiable.

Je soutiens les syndicats de journalistes dans leur bataille pour la liberté de la presse et le droit des citoyens à une information honnête, indépendante et plurielle.

Avec eux je demande qu’un texte reprenant leurs revendications et consacrant l’indépendance des rédactions soit soumis aux votes du Parlement.


Cliquez ici pour signer la pétition en ligne...

...et faites circuler l'adresse du site a vos amis, collègues, blogueurs

Les syndicats avancent les propositions de modification législatives suivantes :

❚ CHAQUE TITRE (écrit, audiovisuel,multimédia) devra disposer d’une équipe rédactionnelle permanente et autonome composée de journalistes professionnels au sens de l’article L 761-2 du Code du travail, collaborant régulièrement au titre, qu'ils soient mensualisés ou rémunérés à la pige. L'intégration/mensualisation devra être proposée aux journalistes pigistes qui en expriment le souhait. Le recours à des journalistes en CDD ne sera autorisé que dans les cas prévus par la législation en vigueur.

❚ LA LOI FERA OBLIGATION à l’éditeur de remettre chaque année aux institutions représentatives du personnel, en même temps que ses comptes annuels, la composition de cette équipe rédactionnelle en y faisant apparaître le nombre de journalistes précaires et de correspondants locaux de presse. En cas de non-respect de tout ou partie de ces dispositions, les diverses aides publiques dont bénéficie l’entreprise de presse fautive seront suspendues.

❚ QUELLE QUE SOIT la forme juridique du titre, quelle que soit la forme juridique de l’équipe rédactionnelle, cette dernière sera obligatoirement consultée par la direction sur tout changement de politique éditoriale ou rédactionnelle.

❚ CETTE ÉQUIPE RÉDACTIONNELLE sera également obligatoirement consultée par l’employeur avant et lors de la nomination du responsable de la rédaction, quel que soit l’intitulé de sa fonction (directeur de l’information, directeur de la rédaction, rédacteur en chef…). Celui-ci devra présenter son projet éditorial à l’équipe rédactionnelle, qui pourra s’opposer à sa nomination ou à son projet.

❚ PAR LA SUITE, si la gravité de la situation l’exige, l’équipe rédactionnelle pourra prendre l’initiative d’un scrutin de défiance. La rédaction aura la faculté de saisir le comité d’entreprise. Celui-ci pourra agir dans le cadre d’un droit d’alerte aménagé et spécifique. Là encore, en cas de non-respect de tout ou partie de ces dispositions, les diverses aides publiques dont bénéficie l’entreprise de presse fautive seront suspendues jusqu’à ce que cesse ce manquement. Cette sanction sera publiée et diffusée par l’entreprise de presse.

En outre, sans prétendre apporter aujourd’hui de réponse au débat relatif au statut des entreprises de presse, nous rappelons qu’à tout le moins ces entreprises ont, du fait de leur activité, une responsabilité sociale particulière.
cette presse n'est plus indépendante

Il découle de celle-ci que ces entreprises doivent être soumises à des obligations accrues de transparence :

❚ ELLES DEVRONT PUBLIER et diffuser chaque année toutes les informations relatives à la composition de leur capital et de leurs organes dirigeants, l’identité et la part d’actions de chacun des actionnaires, personnes physiques ou morales. Elles devront porter ces informations à la connaissance du public.

❚ CETTE OBLIGATION DE PUBLICATION et de diffusion devra également s’appliquer dès qu’un changement est intervenu dans le statut, l’organigramme ou la composition du capital de la société éditrice et/ou propriétaire.

❚ LES NOMS DES PRINCIPAUX DIRIGEANTS et des principaux actionnaires (plus de 15 % du capital) devront également être mentionnés dans chaque numéro de la publication concernée.

Cliquez ici pour pour signer la pétition en ligne...

....et faites la circuler auprès de vos amis, collègues, blogueurs

Pour en savoir plus :
Téléchargez notre plaquette complète (PDF, 4 pages, 1,4 Mo)


Les syndicats européens de journalistes préparent la journée du 5 novembre.

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/stylo_vs_croco.png

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#82 07-12-2007 11:43:06

Étienne
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Ségolène Royal attaque les sondeurs d'OpinionWay... mais tape à côté (1/2)

http://arretsurimages.net/post/2007/12/ … -cible-1/2

Cette intéressante enquête (qui aurait pu être un peu plus fouillée, peut-être, au-delà des affirmations de part et d'autre) souligne l'importance, pour l'information des citoyens, de la stricte indépendance et du contrôle de l'honnêteté des instituts de sondage.

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#83 09-12-2007 02:12:02

Étienne
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Politiques et sondeurs: les liaisons sulfureuses
un autre papier intéressant, par Guillemette Faure cette fois, pour Rue89 :
http://www.rue89.com/2007/12/08/politiq … ulfureuses

Proches de politiques qui sont aussi leurs clients, les instituts de sondage font-ils le vote, comme les en accuse Royal ?

Aux dernières élections, "il ne fut pas indifférent que Laurence Parisot dirige l’Ifop, que Vincent Bolloré soit le principal actionnaire de CSA ou que Nicolas Bazire ait un pied chez Ipsos. Tous trois étaient de fervents supporters de la candidature de Nicolas Sarkozy, qui fut, avant et pendant la campagne, de loin le plus gros client des sondeurs", écrit Ségolène Royal dans son livre "Ma plus belle histoire, c’est vous" où elle écorche encore Opinionway qui "a des liens à l’UMP" et "livre, clés en main, des sondages plébiscitaires à l'interprétation pré-mâchée".

Ce n’est pas la première fois que le perdant d’une élection met en cause la proximité des instituts de sondage et des politiques. Il suffit de revoir la soirée électorale du 23 avril 1995. Pierre Giacometti, alors directeur politique de l’institut BVA, se fait allumer sur le plateau d’Antenne 2: "Il est difficile d’être un expert indépendant et de travailler pour un candidat", lui lance Nicolas Sarkozy. En campagne pour Edouard Balladur, il laisse entendre que Giacometti a œuvré au succès de Jacques Chirac au premier tour.

Giaco et Sarko vont au resto

Douze ans plus tard, Pierre Giacometti, désormais directeur général d'Ipsos, faisait partie des invités au Fouquet’s lors la soirée de victoire électorale du nouveau président. Le directeur d’Ipsos compte effectivement parmi les architectes de la victoire de Nicolas Sarkozy. Dans son livre "L’aube le soir ou la nuit", Yasmina Reza relate l’état d’esprit de Sarkozy en attendant le premier tour. "Ce que me dit Giacometti: on est sûr que les deux premiers, c’est elle et moi. Si Le Pen est bas, c’est la réussite de notre stratégie." Une quinzaine de pages plus loin, on retrouve Pierre Giacometti avec Nicolas Sarkozy et Claude Guéant, entre les deux tours: "On me tape tellement dessus", dit Sarkozy. "Ca c’est très bien", lui répond Giacometti. Il le conseille sur le débat à venir: "Sur la forme, moins tu l’interromps mieux c’est. Ecoute, sérénité, respect", et encore: "Les Français pensent qu’elle n’est pas dans le réel. Toi tu es dans le concret. Dites-nous, précisez-nous."

À présent, le monde des études bruisse de rumeurs sur l’avenir de "Giaco" que l’on croise régulièrement à l’Elysée et que l'on dit partant d'Ipsos… "Pour le moment, il n’y a rien d’officiel", nous assure son assistante, interrogée sur le sujet. Pierre Giacometti n’a pas souhaité nous répondre, mais les autres instituts que nous avons contactés se défendent d’avoir fabriqué la victoire de Sarkozy.

Ségolène Royal a aussi tourné aux sondages

Laurence Parisot a téléphoné à Nicolas Sarkozy pendant la soirée électorale? "Je pense qu’ils ont tous appelé!" répond Jérome Fourquet, directeur des sondages d’opinion de l’Ifop. "Nicolas Bazire est administrateur indépendant d’Ipsos, il passe trois fois par an", nous dit Jean-Marc Lech chez Ipsos. A l’idée que Ségolène Royal décrive Nicolas Sarkozy en premier consommateur de sondages, il éclate de rire: "La deuxième consommatrice c’est qui?"

Les comptes de campagne publiés au Journal officiel indiquent même que, contrairement à ce qu’écrit Ségolène Royal, sa campagne n’a pas dépensé moins en sondages que celle de Nicolas Sarkozy: 836807 euros pour la candidate du PS, 527800 euros pour celui de l’UMP (des chiffres à prendre avec des pincettes, assure le directeur d’un institut: "Il faudrait y ajouter les tests d’argumentaires ou de propositions commandés par les partis"). Dans un entretien au Monde, il y a un an, Ségolène Royal reconnaissait s’être penchée sur les sondages à l’époque où elle était conseillère de Mitterrand: "J’étais la seule à m’y intéresser."

Le cas Opinionway

Ségolène Royal épingle aussi Opinionway "nouveau venu particulièrement zélé". Lancé par des anciens d’Ipsos il y a huit ans, l’institut est entré il y a un an et demi dans le club fermé du sondage d’opinion que six entreprises (Ipsos, Ifop, BVA, CSA, Louis Harris, TNS Sofres) se partageaient depuis une vingtaine d'années.

Opinionway a été critiqué méthodologiquement parce que ses sondages sont réalisés en ligne, quand seulement 60% des Français ont accès à Internet. La plupart de ses concurrents prennent sa défense sur le sujet, rappelant que tous les instituts en font sur d’autres sujets que la politique et que les autres méthodes d’interrogation ont aussi des biais. "C’est plus facile de dire à un ordinateur qu’à un enquêteur qu’on a voté Le Pen", apprécie un concurrent.

Graphes à l’appui, Hugues Cazenave nous présente les résultats du sondage d’Opinionway après le deuxième débat : Ségolène Royal est à 31% d’opinions positives, Nicolas Sarkozy à 53%. "Ifop et BVA ont donné des résultats plus bas à Ségolène Royal." Ces scores, insiste-t-il, le placent au milieu de ses concurrents. Il estime qu'il a été dans la ligne de mire parce qu'il était le premier à publier ses résultats grâce au recueil en ligne (il s’est aussi défendu dans une lettre à Ségolène Royal).

"Je leur reproche de n’avoir fait que des posts-tests garantis sur facture", note Jean-Marie Lech chez Ipsos à propos du travail d'Opinionway pendant la campagne électorale. Autrement dit, recueillir les points de vue de ceux qui ont regardé une intervention de Nicolas Sarkozy à la télévision produira probablement des résultats positifs parce qu’on interroge ceux qui ont souhaité le regarder et l’ont regardé jusqu’au bout. "C’est une astuce commerciale, on l’a fait pour Mitterrand et 'Ca nous intéresse Monsieur le président'", se souvient Jean-Marc Lech au passage.

Pour Hugues Cazenave, les questions et leur exploitation éditoriale relèvent de la responsabilité des médias qui commandent ces sondages.

Un "suicide économique"

Enfin, dans son livre, Ségolène Royal reproche aux instituts d’avoir bien choisi les occurrences des sondages : rien sur le "calamiteux voyage de M. Sarkozy aux Etats-Unis", regrette t-elle, alors qu’elle accuse la formulation des questions sur l’incident de la Gare du Nord d’avoir favorisé Sarkozy. À Ipsos, Jean-March Lech considère que l'événement marque de fait un tournant dans la campagne: les incidents de la Gare du Nord suscitent "des interrogations dans la campagne de Royal" et "48 heures après (sous la forme d’un sondage), manchette dans le Figaro: c’est Sarko qui a raison".

À Opinionway, Hugues Cazenave rétorque encore qu’il serait "économiquement suicidaire" pour un institut d’être marqué politiquement, le marché français ne permettant pas à un institut de ne travailler que pour un parti (il n’a pas caché souhaiter travailler avec de médias de gauche ou indépendants pour corriger l'image à droite de son institut). D’autant que les instituts ne réalisent qu'une petite partie de leur chiffre d'affaires grâce aux sondages d'opinion: mais cette activité leur apporte la visibilité et la notoriété pour réaliser le gros de leurs revenus sur les sondages de grande consommation.

La proximité de Giacometti et Sarkozy met t-elle l’Ipsos en danger de perdre des clients? Ipsos a toujours "joué l’Elysée", dit un de ses concurrents, en référence entre autres au baromètre confidentiel qu’il réalise pour la présidence depuis François Mitterrand. Jean-Marc Lech ne nie pas: "Le premier compte dans la vie politique c’est l’Elysée. La première société doit avoir le premier compte." Mais il rappelle que d’autres membres d’Ipsos travaillaient pour la campagne de Ségolène Royal et qu’il a souhaité, lors de la dernière campagne, tester le système des "pollsters" à l’américaine (sondeurs attachés à un parti) en détachant une personne au siège de campagne de Ségolène Royal. "Ils sont côtés en bourse, ils ne vont pas s’amuser à mettre tous leurs œufs dans le même panier au premier tour", confirme Jérôme Fourquet à l’Ifop à propos des clients de l'Ipsos.

La commission des sondages doit rendre jeudi prochain son rapport annuel. À propos de ce qu’écrit Ségolène Royal laissant entendre que les instituts aient pu favoriser un candidat, le secrétaire général de la Commission, Matthias Guyomar, affirme n’avoir "pas eu quoi que ce soit qui puisse permettre de corroborer ce type d’accusation". Quant à la proximité de Nicolas Sarkozy et Pierre Giacometti, il fait valoir qu’"il n’y a pas de règle qui interdise le cumul de telle ou telle fonction. Nous contrôlons les sondages, pas les sondeurs".

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#84 30-12-2007 07:40:43

Étienne
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Sélection des candidats au grand concours pour élire "La Pravda de Paris" :

« Lagardère offre à son ami Sarkozy 16 pages de publi-reportage dans "Paris-Match" »


http://www.voltairenet.org/article153798.html

Paris-Match, principal hebdomadaire illustré français, consacre la « une » de son numéro 3057 et un dossier intérieur de 16 pages à « Nicolas Sarkozy intime ». « De son bureau aux appartements privés, de ses moments de détente avec ses fils aux heures de travail avec ses collaborateurs, [la photographe] Bettina Rheims a passé une semaine avec le président ».

Pour réaliser ce dossier, la photographe a été choisie par le service de communication du palais de l’Élysée et aucun reporter du magazine n’a été autorisé à assister aux prises de vues. Les textes illustrant les clichés ont également été fournis par l’Élysée.

Ce publi-reportage promotionnel du président de la république a suscité les protestation de la Société des journalistes de Paris-Match. Le magazine est membre du groupe Hachette-Filipacchi, propriété d’Arnaud Lagardère, ami personnel de Nicolas Sarkozy. M. Lagardère est aussi propriétaire d’un groupe industriel dont le chiffre d’affaire est principalement composé par des commandes de l’État.

En août 2005, Paris-Match avait publié une photo de Cécilia Sarkozy en compagnie de son amant Richard Attias. Arnaud Lagardère avait alors licencié le directeur de la rédaction pour crime de lèse-Sarkozy et l’avait remplacé par Olivier Royant.

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#85 30-12-2007 08:12:18

Étienne
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Orwell Rolls in His Grave
(Orwell se retourne dans sa tombe)

Le cinéaste Robert Kane Pappas utilise les concepts Orwelliens de « double langage » et de « guerre sans fin » pour décrypter la situation actuelle.

VO sous-titrée, 1 h 45.

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=126

Un film PA-SSIO-NNANT.


Quelques unes de mes notes :

• Les extraits de meeting de Michael Moore, qui sont désopilants... et excellents.
Il souligne par exemple que le taux de réélection au Congrès américain est de 98 % alors qu'il n'était que de 92 % au Politburo soviétique (ils avaient plus de roulement que nous !)...

• Ce qui intéresse très prioritairement Washington, ce sont les médias. Contrôler l'accès aux médias, c'est ça le pouvoir.

• Les lobbies paient des voyages par milliers aux députés, mais aussi aux membres de l'organe chargé de contrôler les médias, la FCC (et qui se laissent faire !)... et la plupart de ces membres, en quittant la FCC, vont travailler chez ceux qu'ils "contrôlaient"...

« Il y a dix ans, 50 compagnies se partageaient les médias. Aujourd'hui, c'est entre 5 et 7 ! J'ai appris en venant ici que la FCC (l'organe US de contrôle des médias), qui est sous le contrôle de Michael Powell, fils de Colin Powell, à qui on demandait s'il y avait un problème avec le numérique, a dit "je suis plus concerné par le problème des Mercedes. Je voudrais en avoir une mais je n'ai pas les moyens." Et c'est le président de la FCC, qui distribue les postes des chefs de groupe des médias, dans des tractations non couvertes par les médias. » (Dany Schechter, former CNN and ABC news producer) Michael Powell a dit "n'avoir aucune idée de ce qu'est l'intérêt public. L'oppresseur ici, a-t-il dit, c'est la régulation."

• Importance stratégique, pour commander sans opposition, de donner l'illusion du chix, l'illusion de la diversité...

Focaliser l'attention sur une foule de détails, quotidiennement renouvelés, pour distraire l'attention des quelques points essentiels auxquels la multitude ne doit surtout pas penser.

• «Si nous étions en auto-gestion, que demanderions-nous principalement à nos journalistes pour nous auto-gérer de façon éclairée ? (Cette question est essentielle et pourtant personne ne la pose dans les journaux aujourd'hui) D'abord, d'être des chiens de garde féroces qui traquent les hommes de pouvoir et ceux qui veulent le devenir. » (Prof. Robert W. McChesney)

• « Hitler disait dans "Mein Kampf" que l'aptitude des gens à oublier le pouvoir est énorme. Cela se vérifie dans toutes les sociétés de masse. Il faut un système médiatique sain pour contrer cette tendance naturelle. Il le faut, car les gens se sentiront alors concernés et seront attentifs. Alors que si tout est spectacle, poudre aux yeux et conneries, les gens auraont tendance à tout oublier au bout de deux jours et c'est plutôt à ce stade que nous nous trouvons aujourd'hui. » (Mark Crispin Miller, professor of media studies at New York City University)

• Comment le journalisme en est-il arrivé là ? « Pour éviter la controverse sur les sujets à traiter, les journalistes ne travaillent plus qu'avec des "sources officielles". C'est devenu une des bases du métier et c'est assez nouveau. » (Prof. Robert W. McChesney)

« Les médias ne parlent plus de politique, ils parlent des politiciens, ce qui est très diffférent. » (Tony Bern, Former Member of British Parliament). Les campagnes électorales doivent donc aujourd'hui passer par la publicité et coûtent des milliers de millions de dollars.

• « Le pouvoir corporatiste [des grandes entreprises] est défendu par nos médias comme le communisme était défendu par la presse soviétique. » (Prof. Robert W. McChesney)

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#86 31-12-2007 05:14:23

Jacques Roman
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Pouvoir médiatique

Le pouvoir entrepreneurial exerce en effet une influence indue sur les médias.  La campagne du référendum de 2005 l'a amplement démontré : en dehors des débats télévisés (qui ont quand même respecté la liberté d'expression : merci !) les présentateurs de la télévision étaient à près unanimes à faire passer les nonistes pour des demeurés ou des anti-européens.

Je distinguerais entre "pouvoir entrepreneurial" et "pouvoir corporatiste", dont le mobile est la défense des intérêts professionnels plutôt que la recherche du profit : "corporatiste" pour "entrepreneurial" me semble être un anglicisme.

Le pouvoir corporatiste (au sens véritable : ordres et associations professionnels, syndicats compris) n'exerce pas sur les médias, et de loin, une influence comparable à celle du pouvoir entrepreneurial (grandes sociétés, milieux d'affaires en général, et affidés). 

Il faut reconnaître l'existence du pouvoir médiatique et en réguler l'exercice en s'inspirant des modalités applicables au pouvoir judiciaire.  Ce ne sera pas facile, car il ne s'agit pas de services publics à proprement parler : les questions d'argent, de libre entreprise et de libre expression s'entremêlent inextricablement.

L'internet constituera sans doute (c'est peut-être déjà le cas) le principal contrepoison de la monopolisation du pouvoir médiatique par d'autre pouvoirs (publics et privés). JR

Dernière modification par Jacques Roman (02-01-2008 03:39:57)

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#87 02-01-2008 12:08:06

Sandy
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Vous voulez surement parler du pouvoir financier ?

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#88 02-01-2008 12:52:47

Jacques Roman
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Sandy,  par "pouvoir entrepreneurial" j'entendais le pouvoir économico-financier exercé par le secteur privé et, aussi parfois, par le secteur public.  JR

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#89 04-01-2008 05:00:41

Sandy
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Je pense qu' "economico-financier" sonne mieux à l'oreille et est beaucoup plus parlant ^^

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#90 12-01-2008 10:28:07

Étienne
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

La privatisation de TF1

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1340


Extraordinaire émission : ne ratez pas ça, c'est un point central dans l'analyse de l'agonie (en cours) de la démocratie en France, un point clef pour comprendre et faire connaître ce levier terrifiant de la décrépitude de la République, inespéré pour les oligarques.

TF1 et LCI, instruments décisifs du pouvoir, abandonnés à l'industriel Bouygues qui a complètement inversé les rapports entre l'État et les industriels : les politiques sont devenus demandeurs (et soumis).

Les industriels et banquiers des années 30, — Goebbels lui-même — auraient rêvé d'un tel outil de fabrique du consentement.

La propagande antidémocratique n'a jamais été aussi puissante qu'aujourd'hui.
Pas d'issue à ce piège sans prise de conscience et réaction à la base, comme le souligne bien Annie Lacroix-Riz.


PS : notez que je viens d'alléger la page 'Liens et documents utiles', en reportant en archive tous les liens de l'année 2007 : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/L … talite.pdf
Ce déplacement rend plus rapide le téléchargement quotidien de cette revue de presse hmm
Vous avez aussi remarqué que j'utilise plutôt des fichiers pdf (dans lesquels j'arrive à insérer des liens cliquables, comme dans une page web) qui s'ouvrent et s'impriment mieux que les pages php.

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#91 14-09-2008 16:04:55

Bérot
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Bonjour,

Les revenus de la presse, sous toutes ses formes, ne sont pas seulement générés par la diffusion du support, mais pour une part importante par la publicité.

Il serait judicieux d'avoir une régie centralisant les offres de publicité et où les organes de presse viendraient faire leur marché, sans pouvoir être boycottés par les annonceurs qui pratiquent ainsi une pression sur l'information quand elle leur déplaît.

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#92 14-09-2008 19:48:41

NingúnOtro
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Certes, la publicité est une arme puissante, et le disfonctionnement qui s'introduit dans les moyens de communication quand ils dépendent trop d'elle pour subsister et que donc ils doivent leur loyauté à ceux qui ont les moyens pour la payer... doit être combattu.

Mais on ne peut pas imposer à des producteurs qui ont besoin de se faire de la pub la façon dont ils doivent la faire. Comment et ou la faire, c'est un choix qui est le leur.

Mais on peut bien inventer d'autres façons pour faire de la pub... qui ne donne pas tant d'influence à ceux qui gèrent des budgets publicitaires énormes.

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#93 06-12-2008 15:59:39

Étienne
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Appel de Marianne pour l'indépendance et le pluralisme des médias
http://www.marianne2.fr/L-appel-de-Mari … 93992.html

Bientôt, le président de la République pourra nommer et révoquer les présidents de France télévisions et de Radio France.

Internautes, réagissez !

Rejoignez les premiers signataires de l'appel de Marianne pour l'indépendance et le pluralisme des médias.


Au nom des principes de la démocratie et des valeurs républicaines, les soussignés demandent au Parlement de renoncer à la loi qui permettrait au président de la République de nommer et de révoquer les présidents de France Télévisions et de Radio France.

Ils rappellent que la télévision et la radio publiques n’appartiennent pas au pouvoir politique, quel qu’il soit, mais à tous les citoyens.

Ils réitèrent leur engagement à défendre l’indépendance de la presse et le pluralisme de l’information.

Martine Aubry (première secrétaire du Parti socialiste), Ségolène Royal (présidente de la région Poitou-Charentes), François Bayrou (député, président du MoDem), François Léotard (ancien ministre de la Culture et de la Communication), Jean-Pierre Chevènement (sénateur), Nicolas Dupont-Aignan (député), Jack Lang (député), Noël Mamère (député), Jean-Luc Mélenchon (sénateur), Marielle de Sarnez (députée européenne).

Annick Coupé (porte-parole du syndicat SUD), Jean-Claude Mailly (secrétaire général de Force ouvrière), Bernard Van Craeynest (président de la CFE-CGC), Jacques Voisin (président de la CFTC), Anousheh Karvar (secrétaire nationale de la CFDT).

Hervé Bourges (ex-PDG de TF1, de France Télévisions et du Conseil supérieur de l’audiovisuel), Michèle Cotta (ex-présidente de la Haute Autorité audiovisuel), Jean-Claude Guillebaud (écrivain, journaliste), Laurent Joffrin (président de Libération), Jean-François Kahn (écrivain, journaliste, cofondateur de Marianne), Edwy Plenel (directeur de Médiapart), Philippe Val (directeur de Charlie Hebdo), Bernard Stiegler (philosophe).


Vous aussi, signez l'appel de Marianne pour le pluralisme des médias, cliquez ici.

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#94 06-12-2008 17:00:41

NingúnOtro
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Décidément, Étienne... vous avez osé signer à coté de tant de dignes défenseurs du pluralisme politique et médiatique?

Ces derniers temps vous devez être malade, je ne vous reconnais plus.

Vous n'avez même pas laissé un petit commentaire.

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#95 06-12-2008 18:19:33

Étienne
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Qu'est-ce qu'il y a, NingúnOtro ?

Selon vous, il n'y a pas, en cette occurrence dramatique (même Poutine, même Berlusconi, n'osent pas faire ce que va faire notre "élu"), matière à protester, le plus énergiquement que nous le pouvons ?

La pétition étant le squelettique et humiliant "pouvoir" qui nous est laissé, vous nous conseillez d'y renoncer ?

Je ne résiste pas en fonction de la fréquentablilité des résistants voisins.

Je me fous du qu'en dira-t-on.

Quant au commentaire, j'ai signé le 6/12 à 15h57 avec ce petit mot :

www.cecri.info : citoyens européens contre le régime illégitime.

Seule une HONNÊTE CONSTITUTION (écrite par des auteurs désintéressés, cad ni parlementaires, ni ministres, ni juges, ni journalistes, ni candidats au pouvoir) peut garantir aux citoyens des journalistes à la fois responsables et indépendants, politiquement et économiquement.

Ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.

C'est pitié de voir les trouffions se tirer dessus au lieu de s'en prendre à leur vrais ennemis.

sad

Étienne.

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#96 06-12-2008 20:32:38

NingúnOtro
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Voilà donc Jean Moulin qui ne retrouve plus son Charles de Gaulle pour donner l'ordre de préparer le débarquement le jour D...

... et il se fait dire qu'il n'est plus un poilu...

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#97 07-12-2008 13:34:36

gilles
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Bonjour à Étienne, NingúnOtro et à tous ceux qui nous lisent.

NingúnOtro, je crois qu'Étienne est en phase avec le sujet que j'ai remis en titre, en gras et en couleur. D'habitude, cela ne te plaît pas le bourrage de crâne, l'information orientée, les mensonges et les manipulations. Quoi, il ne faudrait pas protester et envisager de gaîté de coeur les médias contrôlés et formatés. Sous pretexte que l'on est en mauvaise compagnie, il ne faudrait rien faire. Où est le NingúnOtro anarchiste, le libertaire de jadis ?


http://endehors.org/news/contre-ce-gouv … terroriste

Dernière modification par gilles (07-12-2008 17:36:53)

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#98 07-12-2008 14:24:12

NingúnOtro
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Le libertaire de JADIS?

Il est toujours la, mais il désespère de ses copains...

C'est bien ce que je dis en haut... Jean Moulin ne trouve plus son Charles de Gaulle, mais Jean Moulin reste Jean Moulin.

Le seul regret est qu'il manque de reconnaissance publique, d'autorité morale reconnue, et que de ce pas l'effort qu'il saurait faire ne sera pas assez pour obtenir des résultats. En plus, si tout seul il ne peut rien faire, en compagnie de copains qui ne savent pas quoi faire... il ne peut que convaincre, et pas vaincre, car il est démocrate.

L´éducation, l'instruction, la capacité d'analyse, etc. ne s'improvise pas lorsque la nécessité surgit... elle doit être cultivée préventivement, sans quoi le moment venu toute improvisation est chaotique et vouée à l'échec.

La démocratie, c'est mettre en commun les idées, et implémenter les plus utiles peu importe qui les à apporté. Pour cela, il faut s'instruire pour être capable, et reconnaître et accepter les idées meilleures quand elles sont apportées, sans sombrer dans la comparation de mérits de façon compétitive ni tomber dans une lutte de protagonismes.

Quand on réduit la démocratie au simple vote majoritaire, la tyranie de la médiocrité entre en grand par la porte de devant, et l'intelligence saute comme elle peut par les fenêtres.

Voilà donc que vous flirtez avec la tyranie de la médiocrité qui est la gauche doctrinaire (même version soft réciclé pour les besoins d'une élection comme celle de juin 2009), et bien sur... j'en désespère et je me tourne ailleurs voir s'il-y-a encore de l'espoir.

Si j'étais Jesus... je dirais... Dieu, pardonne-les parce-que ils ne savent pas ce qu'ils font...

Dommage du temps perdu à croire que quelque chose était possible ensemble avec vous tous.

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#99 07-12-2008 15:27:41

catherine
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Cher NingúnOtro,

Je crois com-prendre ta réaction , comme je peux com-prendre aussi celles d'Etienne et de Gilles, même si je ne la partage pas, (l'opinion  d'Etienne et de Gilles j'entends) .

C'est vrai qu'a priori voir son nom figurer auprès de tels personnages, Aubry, Val et consorts , y'a comme une mauvaise donne quelque part , on ne peut en effet être juge et partie, les socialistes ont  à répondre de leur action ou inaction de jadis, ils ne sont pas blancs comme neige, ils sont grandement responsables eux aussi de ce qui se passe aujourd'hui et c'est bien malhonnête de leur part  de crier haro sur le baudet alors qu'ils  sont les instigateurs de cette situation  au même titre que les politiques  d'aujourd'hui, pour la bonne raison, qu'il n'y a qu'un nom qui les différencie, ils sont semblables sur le fond à l'équipée sarkosiste.

Est-ce bien judicieux de se rallier à une pétition qui ne vaudra pas un pet de lapin de toute façon,ça revient à Etienne d'en décider en son nom, ça reste une position personnelle qui n'engage que lui et qui lui revient INDUBITABLEMENT, ,et puis les erreurs si erreur il y a c'est de l'ordre de l'humain, ça apprend toujours, alors...

Personnellement je pense qu'exprimer son désaccord au travers de pétitions c'est improductif, même si j'en signe quand même parfois en pur désespoir,car c'est un aveu d'impuissance, ça donne surtout l'illusion qu'on fait quelque chose alors que ceux à qui elle est destinée, n'en n'ont rien à faire me semble-t-il.

Surtout , ça endort les consciences, ça canalise les mécontentements, on se dit que qq chose se fait alors qu'en réalité dire son désaccord ça ne fait rien avancer du tout , ça se saurait depuis le temps.

même tu es seul NingúnOtro, ce combat est un combat qui te dépasse, l'enjeu ce n'est pas toi c'est le monde et les rapports que les hommes tissent entre eux , l'effort que tu fais tu le fais au nom de ce principe de justice et non  au nom d'une hypothétique reconnaissance personnelle, la reconnaissance n'est pas nécessaire ce n'est pas ça l'enjeu , elle peut même parfois être une entrave.

Les valeurs procèdent de régles que l'on s'impose et  auxquelles on décide d'obéir, nul n'est besoin d'avoir l'aval ou la reconnaissance de qui que ce soit,  si on l'a,  tant mieux si on ne l'a pas,  tant pis

C'est l'idée qui nous porte, c'est cet engagement qui nous  dépasse l'important  me semble-t-il les retours éventuels de nos "proches" ce n'est pas le moteur.

Continue ton chemin, à te regarder faire d'autres te suivront peut-être ...tout commence tout re-commence à chaque minute!

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#100 07-12-2008 22:56:27

NingúnOtro
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Message n°5506
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

http://www.m-pep.org/spip.php?article1028

Voilà, le cirque commence...

... ils pourront se mettre d'accord sur tout... SAUF SUR L'ORDRE DANS LEQUEL LE CHEF DE CHACUN DES PARTIS FIGURERA SUR LA LISTE. Et bien sur, plus de place pour aucun lieutenant, moins encore pour des militants peut-être plus intélligents et capacités mais avec moins d'expérience avec les coudes et les dents de réquins.

Triste spectacle, celui de la gauche (il n'est pas différent chez la droite).


La seule solution c'est la NEUTRALITÉ idéologique ET le refus d'inclusion pour TOUS ceux qui ont gouté déjà à un poste politique dans un parti.

Au moins, on pourrait se faire élire par ceux qui sont dégouttés par cet éternel spectacle honteux.

L'utopie, c'est ce qu'on n'a pas encore essayé...

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#101 08-12-2008 08:12:29

catherine
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Message n°5507
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Je suis allée sur le site que tu nous proposes NingúnOtro mais je n'ai même pas lu en entier tellement c'est du réchauffé, c'est vrai que c'est grand guignol, désolé pour ceux qui y croient encore, le monde passe par sa réforme disent la plupart des gens que je connais, y'a sans doute du vrai, mais je ne peux me résoudre à penser qu'en réformant c'est les conditions de vie à l'intérieur de la prison qu'on change et je me demande alors si ce n'est pas la prison elle-même qu'il faut balayer!

ça reste un point de vue très personnel et qui ne fait guère école je l'admets, mais pourtant,  à bien y regarder,  peut-on construire une maison solide sur des fondations aussi peu sûres?

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#102 08-12-2008 10:11:31

gilles
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Message n°5510
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Pas de copié-collé, pas d'aphorismes, que de la réflexion personnelle, chiche, je tiens le pari

et puisque NingúnOtro nous y invite, analysons

premièrement )
Les médias

nos positions concernant les médias : Ma position ainsi que celle d'Étienne est une position de conservation des acquis (une télévision publique un peu détachée de la tutelle directe du pouvoir exécutif), une position prudente à court terme, d'attente de jours meilleurs sans stratégie à long terme. Elle mise petit avec une pétition et donc elle ne séduit pas ceux qui pensent mettre de "grosses cartes sur la table".

À titre personnel, je joue un peu plus gros, je boycotte la télévision en n'ayant plus.

Les médias traditionnels "presse écrite, radios, télévisions" nécessitent soit de gros capitaux, des rotatives cela coûte cher, des émetteurs chaînés par des relais hertziens pour les chaînes d"audience nationale coûtent cher, donc ce sont seulement des groupes d'influence fortunés ou l'État qui peuvent les posséder,

soit si ils coûtent peu cher : par exemples les radios et télévisions locales, ils sont soumis à une autorisation du CSA (pas si bêtes quand même).

Voir par exemple  : http://etienne.chouard.free.fr/forum/vi … 2647#p2647

Point A : Je suis prêt à changer d'avis si Catherine ou NingúnOtro ont à nous proposer quelque moyen d'action qui leur paraîtrait mieux adapté que les pétitions pour obtenir plus de pluralisme dans les médias traditionnels.

Reste les nouveaux médias électroniques qui coûtent moins cher en capital, mettre du contenu en ligne ne nécessite que l'achat d'un ordinateur, d'un bon système d'exploitation ( il y a en de très bon qui sont gratuits, je pense à GNU/Linux), une base de données et du courant électrique, c'est à la portée de beaucoup plus de monde. D'où l'enjeu de la liberté sur Internet.


deuxièmement )
Notre combat

On pourrait même généraliser cette analyse à l'ensemble de nos combats pour plus de démocratie sur la partie occidentale du continent eurasiatique. ( Il n'y a pas de continent européen, c'est une erreur des Grecs de l'Antiquité).  Il y a toute une gamme de comportement à choisir, dont :

1 Parler de ses opinions à ses amis et ses proches,
2 parler de ses opinions à des relations
3 aller des réunions publiques
4 participer sur des forums électroniques
5 signer des pétitions
6 créer un nouveau parti
7 créer une association politique à but non-électoral
8 militer dans un parti
9 militer dans  une association politique à but non-électoral
10 quitter un parti
11 créer un front de partis
12 animer une tendance dans un parti
13 militer dans la rue avec des tracts
14 faire grève
15 voter
16 s'abstenir
17 dissoudre un parti
18 boycotter
19 se présenter à un poste dans un parti
20 se présenter aux élections
21 manifester pacifiquement
22 manifester de manière spontanée
23 manifester de manière organisée avec une organisation et un service d'ordre
24 manifester violemment
25 saboter
26 participer à un coup d'État, un complot
27 participer à une insurrection, une révolution
28 prendre le pouvoir par des moyens armés

vous pouvez compléter, diversifier, complexifier la liste et bien évidemment les différents pouvoirs ont eux aussi à choisir dans une gamme de moyens d'action qui leur est propre.

Jusqu'ici Étienne a préconisé les moyens 1,2,3,4, 13, il préconise maintenant en plus le 5, mais refuse le 6 et le 7 si j'ai bien compris.

Je suis d'accord avec les moyens d'action proposés jusqu'ici par Étienne, j'y ajouterais le moyen d'action 7 qui est nécessaire pour structurer le mouvement et pérenniser (que se passe-t-il si Étienne a un problème ou si il veut arrêter) qui s'est créé autour des différents forums et du mouvement des mocries.

Point B:  Quel est l'avis des différents participants sur la création d'une association politique à but non-électoral pour pérenniser ce que nous faisons actuellement ?

à titre personnel, je suis avec bienveillance les positions du M-PEP sur leur site Internet et je me pose la question de l'adhésion à ce mouvement.

Si j'ai bien compris NingúnOtro, lui veut y ajouter les moyens 6,8,19,20 à condition que les anciens membres des anciens partis n'aient pas le droit de se présenter aux élections. C'est qui se produit qu'en cas de mouvement populaire important du genre "Printemps de Prague" ou "Chute du mur de Berlin", sinon dans les situations les plus courantes, c'est impossible. Donc pour lui si sa solution est la seule solution et si il est tombé amoureux de sa solution, il va devoir s'armer de beaucoup de patience et de courage comme Don Quichotte qui combattait les moulins.

Point C:  Quelle stratégie NingúnOtro compte-t-il mettre en oeuvre pour arriver à ce que les anciens membres des anciens partis n'aient pas le droit de se présenter aux élections ?

Point D : Quant à Catherine, on devine ce qu'elle ne veut pas, mais nous ignorons ce qu'elle veut, je l'invite amicalement à faire des propositions concrètes sur les quelles nous pourrions débattre.

3) à suivre : Le front des gauches

a) les enseignements de l'Histoire

l'Histoire de la guerre d'Espagne et front ou pas front anti-nazi en Allemagne

b) la situation actuelle

Dernière modification par gilles (08-12-2008 10:21:19)

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#103 08-12-2008 11:00:04

catherine
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Message n°5513
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Un grand merci à toi Gilles , pour ce retour au réel.

Tu déclines tous les moyens de combattre et tu fais bien, j'ai lu ton message avec beaucoup d'attention, et je vais y réfléchir davantage.

Je réponds quand même tout de suite  à ton invitation à faire des propositions concrétes.

En fait, tu résumes très bien ma position

," Quant à Catherine, on devine ce qu'elle ne veut pas, mais nous ignorons ce qu'elle veut, je l'invite amicalement à faire des propositions concrètes sur les quelles nous pourrions débattre."

je ne suis pas  en capacité aujourd'hui de les définir ces propositions, car je ne me pose  qu'au travers de ce que je ne veux pas,  c'est tout à fait vrai .

Pour le reste je n'ai pas de modèle, c'est peut-être quelque chose de neuf qui doit émerger de cet écroulement de l'humanité.

Alors je tâtonne, je m'essaie à des trucs pas toujours judicieux mais il faut que je m'y essaie pour le savoir, je tente de tenir compte de mes erreurs pour avancer et c'est ce qui  fait que je  nourris des doutes envers cette coalition de partis, mais j'ai peut-être tort, je ne sais pas, disons que ce qu'il nous a été donné de vivre avec eux n'incite guère à la propension joyeuse , à la confiance aveugle, voilà, c'est tout, j'essaie de glaner des infos à droite, à gauche pour voir s'il est possible de monter des projets comme celui de Di Girolamo, et aussi, peut-être un travail sur les consciences, ça c'est absolument indispensable,  mais là je crains que n'ayons plus guère de temps car la maison brûle et il faut sauver ce qu'il y a à sauver sans s'encombrer de poids qui risquent de nous asphyxier au final en ralentissant la sortie du tunnel.

Qu'est-ce qui ferait qu'on pourrait avoir confiance en eux, que nous ont-ils montré de leur bonne foi?
Qu'ont-ils réalisé de tangible?

Alors je sais bien, c'est beaucoup de refus de compromis, ce qui est peut-être une erreur, mais personne ne peut vraiment le savoir, il y a juste que lorsqu'il s'est passé quelque chose avant, on ne peut pas faire comme s'il ne s'était rien passé, on est bien obligé d'en tenir compte, non?

Merci en tout cas de susciter cet échange qui permet d'avancer et d'affiner les points de vue respectifs.J'y pense davantage à ce que tu avances  et je partage s'il en sort quelque chose.

A bientôt.

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#104 08-12-2008 21:49:20

Étienne
Message n°5528
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Ni copié-collé, ni aphorismes ? Depuis quand ?
Et pourquoi donc cette censure ? Quel intérêt ?

Allons allons : ici, on fait ce qu'on veut, naturellement,
pourvu qu'on s'aide mutuellement à réfléchir, à progresser et à résister.

Tiens justement, j'ai là un petit copié collé...
... truffé d'aphorismes... wink
mais attention : bien dans le sujet du fil ("les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement") :

Presse: les mots de la liberté
par Edwy Plenel
http://www.mediapart.fr/club/edition/et … la-liberte

Lors de la soirée RSF/Mediapart au Théâtre National de la Colline, lundi soir 24 novembre 2008, Anouk Grinberg et François Marthouret nous ont fait le cadeau d'une lecture, aussi émouvante que superbe. Il s'agit d'un montage de textes autour de la liberté de la presse, montage tout en résonance avec notre présent et textes d'une évidente jeunesse démocratique.

Les voici aussi ci-dessous, dans l'ordre et selon la présentation choisis par les deux comédiens.
À lire et relire, méditer et diffuser…

Victor Hugo, 1848, discours à l'Assemblée constituante de la IIe République:

Permettez-moi, messieurs, en terminant ce peu de paroles, de déposer dans vos consciences une pensée qui, je le déclare, devrait, selon moi, dominer cette discussion: c'est que le principe de la liberté de la presse n'est pas moins essentiel, n'est pas moins sacré que le principe du suffrage universel. Ce sont les deux côtés du même fait.

Ces deux principes s'appellent et se complètent réciproquement. La liberté de la presse à côté du suffrage universel, c'est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous.

Attenter à l'une, c'est attenter à l'autre.

1945, Fédération nationale de la presse, issue de la Résistance :
projet de déclaration des droits et des devoirs de la presse libre:

Article 1er: La presse n'est pas un instrument de profit commercial. C'est un instrument de culture, sa mission est de donner des informations exactes, de défendre des idées, de servir la cause du progrès humain.

Article 2: La presse ne peut remplir sa mission que dans la liberté et par la liberté.

Article 3: La presse est libre quand elle ne dépend ni de la puissance gouvernementale ni des puissances d'argent, mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs.

1971 : déclaration des droits et des devoirs des journalistes, adoptée à Munich par les syndicats et les fédérations de journalistes des six pays constituant la Communauté européenne d'alors :

Le droit à l'information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de tout être humain. De ce droit du public à connaître les faits et les opinions procède l'ensemble des devoirs et des droits des journalistes. La responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime toute autre responsabilité, en particulier à l'égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics.

Albert Londres, journaliste, 1929 :

Je demeure convaincu qu'un journaliste n'est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie.

Paul Krugman, prix Nobel d'économie 2008 et éditorialiste au New York Times :

Les journalistes sont gênés face à des arguments manifestement mensongers. Leur formation et leur disposition naturelle les incitent à envisager systématiquement tous les points de vue en présence, et ils ont même du mal à imaginer qu'une figure publique de premier plan puisse mentir ouvertement sur le contenu de son programme. Un boutade lancée dans un de mes articles aurait, paraît-il, sérieusement vexé plusieurs journalistes ; si M. Bush affirmait que la Terre était plate, ai-je écrit, on aurait droit le lendemain à des gros titres du style : "Des vues divergentes sur la forme de la Terre". Évidemment, les journalistes vexés sont ceux qui s'étaient sentis visés.

Toujours Paul Krugman, cette fois décrivant les règles du métier de journaliste :

1. Ne jugez pas les propositions politiques en fonction des objectifs qu'elles affichent.
2. Faites travailler vos méninges et découvrez les intentions véritables.
3. N'allez pas imaginer que les règles en vigueur sont celles que vous avez toujours connues.

Paul Ricœur, philosophe, dans sa préface au livre de Jean Schwœbel, La presse, le pouvoir et l'argent :

La lutte pour l'indépendance des rédacteurs de presse, face au Pouvoir et à l'Argent, est un combat avec et contre le reste des mass media. Ceux-ci ont deux pentes : descendante et montante.

La pente descendante, c'est celle de la presse commercialisée, pour qui l'information est une marchandise. Soumise aux impératifs de la publicité et des gros tirages, livrée à la recherche du sensationnel, elle amplifie les préjugés et les haines, et entretient l'égoïsme collectif des nations nanties, le chauvinisme instinctif et le racisme latent de la population.

La presse de qualité est alors responsable, non seulement d'informer sur les faits et les événements, non seulement d'expliquer les tendances profondes de la société, mais encore de "parler contre" les préjugés de la foule.

Ce que le public doit réclamer, ce dont il doit avoir l'appétit, c'est d'une presse qui résiste à cette pesanteur des mass media et lutte contre la tentation de manipuler, de dégrader, et parfois d'avilir, qui est celle de la presse commercialisée.

Albert Camus, éditorial de Combat, le 31 août 1944 :

Notre désir, d'autant plus profond qu'il était souvent muet, était de libérer les journaux de l'argent et de leur donner un ton et une vérité qui mettent le public à la hauteur de ce qu'il y a de meilleur en lui. Nous pensions alors qu'un pays vaut souvent ce que vaut sa presse. Et s'il est vrai que les journaux sont la voix d'une nation, nous étions décidés, à notre place et pour notre faible part, à élever ce pays en élevant son langage.

Robert Ezra Park, journaliste et fondateur de l'Ecole de sociologie de Chicago :

Ce sont les informations plutôt que les commentaires qui font l'opinion... Il ne peut y avoir d'opinion publique sur aucune action politique si la population ne sait pas ce qui se passe, ne serait-ce que dans les grandes lignes...

Un journaliste en possession de faits est un réformateur plus efficace qu'un éditorialiste qui se contente de tonitruer en chaire, aussi éloquent soit-il.

Marc Bloch, historien, résistant et martyr, août 1940 :

N'avions-nous pas, en tant que nation, trop pris l'habitude de nous contenter de connaissances incomplètes et d'idées insuffisamment lucides ?

Notre régime de gouvernement se fondait sur la participation des masses. Or, ce peuple auquel on remettait ainsi ses propres destinées et qui n'était pas, je crois, incapable, en lui-même, de choisir les voies droites, qu'avons-nous fait pour lui fournir ce minimum de renseignements nets et sûrs, sans lesquels aucune conduite rationnelle n'est possible ? Rien en vérité. Telle fut, certainement, la grande faiblesse de notre système, prétendument démocratique, tel fut le pire crime de nos prétendus démocrates.

Hannah Arendt, philosophe, dans Vérité et politique, 1967 :

Les chances qu'a la vérité-de-fait de survivre à l'assaut du pouvoir sont très minces : elle est toujours en danger d'être mise hors du monde, par des manœuvres, non seulement pour un temps, mais, virtuellement, pour toujours.

Les faits et les événements sont choses infiniment plus fragiles que les axiomes, les découvertes et les théories produits par l'esprit humain. [...] La liberté d'opinion est une farce si l'information sur les faits n'est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l'objet du débat. [...] L'histoire contemporaine est pleine d'exemples où les diseurs de vérité-de-fait ont passé pour plus dangereux, et mêmes plus hostiles, que les opposants réels. [...]

Sans les journalistes, nous ne nous y retrouverions jamais dans un monde en changement perpétuel, et, au sens le plus littéral, nous ne saurions jamais où nous sommes.

À ce propos, voici une confidence rapportée par la dramaturge Yasmina Reza, en 2007. Elle cite ici Laurent Solly, conseiller de Nicolas Sarkozy durant la campagne :
Il est candidat... Dès le lendemain, Laurent Solly s'enthousiasme au téléphone... Quelques jours plus tard, le même Laurent me dira: "La réalité n'a aucune importance. Il n'y a que la perception qui compte".


"Nous ne saurions jamais où nous sommes..." disait Hannah Arendt.

Voici ce qu'en dit le poète Henri Michaux :

Dans une société de grande civilisation, il est essentiel pour la cruauté, pour la haine et la domination, si elles veulent se maintenir, de se camoufler, retrouvant les vertus du mimétisme. Le camouflage en leur contraire sera le plus courant. C'est en effet par là, prétendant parler seulement au nom des autres, que le haineux pourra le mieux démoraliser, mater, paralyser. C'est de ce côté que tu devras t'attendre à le rencontrer.

Robespierre, discours à la Constituante, le 24 août 1789 :

Vous ne devez pas balancer de déclarer franchement la liberté de la presse.

Il n'est jamais permis à des hommes libres de prononcer leurs droits d'une manière ambiguë. Le despotisme seul a imaginé des restrictions : c'est ainsi qu'il est parvenu à atténuer tous les droits.

Napoléon Ier, lettre à Joseph Fouché, son ministre de l'Intérieur :

Réprimez un peu les journaux. Faites-y mettre de bons articles. Faites comprendre aux rédacteurs des Débats et du Publiciste que le temps n'est pas éloigné où, m'apercevant qu'ils ne sont pas utiles, je les supprimerai avec tous les autres, et je n'en conserverai qu'un seul... Le temps de la Révolution est fini, et il n'y a plus en France qu'un seul parti. Je ne souffrirai jamais que les journaux disent ni fassent rien contre nos intérêts.

Thomas Jefferson, l'un des pères fondateurs des États-Unis d'Amérique, dont il fut troisième président :

Je préférerais vivre dans un pays qui ait des journaux et pas de gouvernement plutôt que dans un pays qui ait un gouvernement mais pas de journaux.

François Mauriac, écrivain, "Bloc-notes" de L'Express, 29 mai 1954 :

Saisie de L'Express. Je doute s'il existe pour la presse un crime d'indiscrétion. Mais il existe un crime de silence. Le jour du règlement de comptes, nous ne serons pas accusés d'avoir parlé mais de nous être tus.

Et voici un autre, qui avait su voir, dans la "main tendue", une volonté de main mise :

Paris, 23 juin 1870

Monsieur le Ministre,

C'est chez mon ami Jules Dupré, à l'Isle Adam, que j'ai appris l'insertion au Journal Officiel d'un décret qui me nomme Chevalier de la Légion d'Honneur. Ce décret, que mes opinions bien connues sur les récompenses artistiques et sur les titres nobiliaires, auraient dû m'épargner, a été rendu sans mon consentement, et c'est vous, Monsieur le Ministre, qui avez cru devoir en prendre l'initiative.

Mes opinions de citoyen s'opposent à ce que j'accepte une distinction qui relève essentiellement de l'ordre monarchique. Cette décoration de la Légion d'honneur que vous avez stipulée en mon absence et pour moi, mes principes la repoussent.

En aucun temps, en aucun cas, pour aucune raison, je ne l'eusse acceptée. Bien moins le ferais-je aujourd'hui que les trahisons se multiplient de toutes parts et que la conscience humaine s'attriste de tant de palinodies intéressées. L'honneur n'est ni dans un titre ni dans un ruban, il est dans les actes et dans le mobile des actes. Le respect de soi-même et de ses idées en constituent la majeure part. Je m'honore en restant fidèle aux principes de toute ma vie ; si je les désertais, je quitterais l'honneur pour en prendre le signe.

Mon sentiment d'artiste ne s'oppose pas moins à ce que j'accepte une récompense qui m'est octoyée par la main de l'Etat. L'Etat est incompétent en matière d'art. Quand il entreprend de récompenser, il usurpe sur le goût public. Son intervention est toute démoralisante, funeste à l'artiste qu'elle abuse sur sa propre valeur, funeste à l'art qu'elle enferme dans les convenances officielles et qu'elle condamne à la plus stérile médiocrité. La sagesse pour l'Etat serait de s'abstenir. Le jour où il nous aura laissés libres, il aura rempli vis-à-vis de nous ses devoirs.

Souffrez donc, Monsieur le Ministre, que je décline l'honneur que vous avez cru me faire. J'ai cinquante ans et j'ai toujours vécu en homme libre ; laissez-moi terminer mon existence libre ; quand je serai mort, il faudra qu'on dise de moi : celui-là n'a jamais appartenu à aucune école, à aucune église, à aucune institution, à aucune académie, surtout à aucun régime, si ce n'est le régime de la liberté.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, avec l'expression des sentiments que je viens de vous faire connaître, ma considération la plus distinguée.

Gustave Courbet

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#105 08-12-2008 22:02:39

Étienne
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Merci Gilles pour cette belle liste.

Il y manque une chose importante à faire, par certains citoyens au moins, une activité souvent solitaire qui, pour ma part, vole mes jours et mes nuits (pour l'instant en pure perte, je le reconnais tristement) :

lire, réfléchir et chercher la faille, comprendre pourquoi nous sommes toujours si faibles, chercher ce que nos parents n'ont pas encore essayé (pour résister et imposer la justice) et qui pourrait marcher...

Le simple fait d'articuler les idées comme il faut peut permettre des changements, il me semble, avec en plus, de la chance, et aussi un intelligence collective, partagée, ouverte, multiple.

Penser est aussi une action.

Non ?

hmm

Merci d'exister.

Étienne.

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#106 08-12-2008 22:20:06

catherine
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Message n°5530
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

oui, lire ces réflexions et  se rendre compte encore plus cruellement que le pouvoir médiatique est celui du pouvoir de l'argent et qu'il parle en son nom  forcément, mais le fin du fin dans ce système pernicieux, c'est que l'info pertinente est là, mais entrelacée, mêlée à tant de superflu qu'il faut savoir ce que l'on cherche pour le trouver, et surtout faire les liens adéquats, c'est du lien qu'opère la compréhension, il me semble.

En attendant, l'opinion, la doxa, ce n'est que cela, ce voisinage avec cette voix uniforme et il est bien difficile d'y trouver une place avec une pensée un peu plus libre, moins occupée par tout ce fatras.

L'imagination, la création , sont peut-être nos vrais remparts, quelque chose de neuf qui surgira car il faudra que quelque chose surgisse sinon ce sera la mort , peut-être reste-t-il encore quelque chose à perdre, quand nous aurons tout perdu, il faudra qu'il se passe quelque chose, en espèrant que ce quelque chose ne soit pas la mort.

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#107 09-12-2008 10:17:48

catherine
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Message n°5534
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Bonjour à tous,

Je vais m'adresser plus particulièrement à Etienne, s'il  le permet.

Ce qui serait intéressant de savoir , ce sont vos motivations pour la signature de cet appel de Marianne, sans doute avez-vous jugé que cela serait un plus plutôt qu'un moins.

En quoi donc cela est un plus?

C'est sur de telles argumentations que nous pourrons avancer me semble--il;

Merci et amicalement.

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#108 09-12-2008 12:14:54

NingúnOtro
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Je serais un clône de Gustave Courbet... je ne m'en déplaiserai pas. Si jamais on essaie de m'acheter avec une gloire octroyée (tiens, cela me rapelle une certaine "Constitution" qu'ils ont aussi osé octroyer...), je ne serais même pas poli, ministre ou pas... j'en veux pas, de votre merde symbolique, que je dirais tout court...

Penser seulement, ou même seulement lire des pensées d'autrui, sans agir, est un peu comme accepter des médailles... on se sent quelqu'un en base à des idées d'autrui, et c'est la pire des esclavitudes, parce-que on en oublie, parfois par commodité, de créer soi-même.

Je prêfère de loin penser moi-même, et il m'arrive de temps en temps (beaucoup plus depuis que je fréquente ce site ou vous citez tant) de lire quelque-chose et d'y trouver des resemblances dans les faits et les logiques décrites avec des pensées à moi, ou des constructions radicalement différentes... des fois j'apprends quelque chose que je ne savais pas et que j'intègre dans ma base de données, d'autres fois je me rejouis du fait de ne pas être le seul à être intelligent, en constatant qu'il y à bien d'autres capables de penser des choses pareilles (une chance que je ne cherche pas la gloire, j'en deviendrai jaloux de ne pas l'avoir pendant que d'autres...).

La seule chose problématique avec les choses intéressantes à lire... c'est qu'avant d'agir... il-y-à toujours un autre livre à commander smile ... la bibliothèque est si inmense qu'on pourrait très bien y voir une excuse pour oublier de vivre cette vie autrement si médiocre qui nous est généralement reservée de nos jours, on pourraît même y trouver une raison pour ne jamais trouver le temps et/ou les raisons pour essayer RÉELLEMENT de la changer, en prenant même des risques (la, je dois sembler hérétique... oser mentionner des risques, de nos jours, c'est comme nommer le diable en personne. Il y à des risques pour lesquels les compagnies d'assuances n'acceptent pas de paris.)

Les faits ne se changent pas en lisant, mais en agissant, éventuellement en voyant la nécessité de cela après avoir lu. Se réfugier perpétuellement dans la lecture est tant une fuite en avant comme perpétuer le système économique actuel...

Mais, outre faire des commentaires, à prendre ou à laisser, je n'oserais pas limiter la liberté d'autrui à faire ce qui bon lui semble tant que celle-la ne limite pas celle d'autres, Étienne. L'éfficience dans la pensée et dans l'action ne s'impose pas... parce-que l'imposition en soi-même n'est point éfficiente... On peut juste déplorer qu'elle manque, et faire usage de la liberté d'éxpression pour le manifester même si cela peut déranger.

On ne sait jamais... seul le silence n'à point d'utilité quand on veut changer les choses.




Gilles, merci... faut que tu me donnes quelques jours pour structurer une réponse...

Dernière modification par NingúnOtro (09-12-2008 15:13:19)

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#109 09-12-2008 13:54:23

catherine
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Message n°5546
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Bien intéressant  NingúnOtro ce que tu développes comme argumentation.

En fait je pense que ce que tu exprimes c'est toute la problématique du "savoir" , il est indispensable ce savoir pour structurer notre pensée, notre vision de nous-même, des autres et du monde , on ne saurait s'en dispenser.

Mais ensuite c'est vrai  pour com-prendre  et non plus savoir ,  il faut s'en émanciper de ce savoir pour accueillir ce qui se présente dans sa nouveauté et répondre en AGISSANT de façon adéquate à ce qui EST là,  sous nos yeux.

Il y a  une différence entre savoir et compréhension me semble-t-il ,le savoir renvoie à l'ordre du passé, la compréhension renvoie à l'im-media-teté (sans media justement) ce qui est immédiat et direct,  ici et maintenant  c'est à dire ce qui nous occupe - là tout de suite- présentement.

Le savoir est  une action en soi,c'est vrai Etienne,  il produit quelque chose au niveau des re-présentations en cela je vous rejoins bien sûr,  mais il faut ensuite en faire quelque chose et agir de façon peut-être plus tangible et en cela je rejoins NingúnOtro , les deux aspects sont donc tout à fait conciliables me semble-t-il c'est une question de rythme  et peut-être aussi d'idée  qu'on se fait de demain en fonction d'hier, et c'est là qu'est le piège peut-être, chaque instant est neuf, unique , et ne peut être lu à l'aune du passé, de l'histoire,sinon on ne vit jamais le présent réellement mais avec toujours ces schémas d'hier en tête qui pervertissent  et paralysent surtout,   demain c'est aujourd'hui, demain  sera en fonction de ce que nous faisons aujourd'hui,si nous ne faisons rien, si nous nous contentons de signer des pétitions et de nous rallier à des gens qui nous ont trompés,je m'inclus bien sûr et  je ne jette la pierre à personne que ce soit bien clair, bref si nous en restons là,  ne nous étonnons pas alors que demain soit pire qu'aujourd'hui.En cela, je suis tout à fait d'accord avec NingúnOtro . Ce que vous faites Etienne est tout à fait remarquable mais maintenant c'est vraiment une question de survie et je pense qu'il est temps d'agir de façon plus manifeste, plus lisible et plus visible  pour tous car si nous ne faisons rien c'est sûr, c'est la mort , une mort symbolique et à jamais de l'humanité et cette mort symbolique est pire encore que la mort physique et  je ne peux m'y résoudre.

Regardez autour de vous, les gens se dégradent, perdent leur humanité faudra-t-il attendre qu'il n'y ait plus rien du tout, que l'humain soit broyé sur l'autel du profit?

Je pense qu'il faut agir, qu'il est temps, grandement temps, demain il sera trop tard, rassemblons nos forces nos idées au service d'un possible autrement.Nous n'avons plus rien à perdre, nous avons tout perdu, la mort physique n'est presque rien au regard de cette perte essentielle, il nous reste un peu d'énergie, utilisons nos forces à bon escient s'il vous plait...nous nous rejoignons tous sur ce désir d'un monde autrement, c'est cela qui importe, c'est cette idée qui doit nous guider.

Ces échanges permettent d'avancer, c'est vraiment très prometteur

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#110 10-12-2008 13:16:31

NingúnOtro
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Message n°5557
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Pour les médias et leur liberté...

... faudraît peut-être commencer par mettre en commun ce qu'on sait d'eux et de leur fonctionnement.


Puis, leur situation actuelle, en milieu de cette crise, est spécifique aussi...

... entre les tentatives de contrôle des pouvoirs factices, et la crise du modèle publicitaire et de dimensionnement sur les marchés... ils sont en train de licencier massivement du personnel, et même de faire carrément faillite...


Alors, que penser?, que vouloir?, que faire?

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#111 14-05-2009 19:09:25

gilles
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Message n°7136
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement - message #111

Aucun scrupule arrête les oligarques européens pour diffuser par tout médias interposés leur vision de l'Union Européenne, ils utilisent même maintenant cette année la fête des voisins du 26 mai pour véhiculer leurs idées de ce qu'est, pour eux, la "démocratie". Chiche, prenons-les au mot, profitons de l'occasion pour y participer et diffuser nos propres idées à nos voisins qui, eux aussi, se rendent bien compte des résultats de la politique de l'Union Européenne.

http://www.immeublesenfete.com/fichiers … 2009BD.pdf

http://www.europarl.fr/ressource/static … oisins.pdf

Dernière modification par gilles (14-05-2009 19:34:41)

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#112 20-07-2009 19:29:14

Déhel
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

À propos de la connivence sulfureuse entre pouvoir et médias:

Tout cela confirme l'embarras des intéressés, mais aussi l'existence d'un système de coproduction et de connivence dont la finalité n'est pas l'étude de l'opinion, mais la maîtrise du débat politique dont les termes sont pipés.


La meilleure forteresse des tyrans c’est l’inertie des peuples, Machiavel.
Le risque de la liberté: texte collégial d'insurection morale, ici.

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#113 22-07-2009 13:06:24

Déhel
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Propaganda
       Je vous propose à ce propos de lire l'ouvrage Propaganda d'Edward Bernays, neveu de Freud et considéré comme le père des relations publiques. On lui prête rien de moins que la participation des États-Unis à la première guerre mondiale alors que le gouvernement en place avait été justement élu  sur un programme pacifiste; on lui attribue aussi la conversion des femmes au tabagisme, grâce à l'exploitation du mouvement féministe. Il est aussi la référence majeure du travail de Goebbels qui, associée aux théories d'Henry Ford ( ici, un entretien de Mermet avec Chomsky à ce propos), a définitivement mutilé l'histoire.

       Et si vous n'avez pas le temps de lire Propaganda, vous pouvez vous rabattre sur cet entretien avec Normand Baillargeon, toujours chez Mermet.


La meilleure forteresse des tyrans c’est l’inertie des peuples, Machiavel.
Le risque de la liberté: texte collégial d'insurection morale, ici.

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#114 22-07-2009 19:33:39

gilles
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Message n°7467
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Déhel dans la fougue de la jeunesse nous a écrit:

Et oui, je trouve que c'est un point crucial du débat général sur le forum, incluant ce fil: la situation d'aujourd'hui est le Rosemary's baby, l'engence diabolique, d'un tournant libéral entamé dans les années 80 et accepté dans les faits par beaucoup -là je suppose- des participants à ce forum. Pourquoi? Effet de la propagande? Plaisirs personnels à l'individualisation? Progrès général? Satisfaction générale? Flatterie de nos travers? Encore une fois, il ne s'agit pas de faire le procès des attitudes de chacun mais bien de comprendre le mécanisme qui nous a amenés à la déception d'aujourd'hui et au sentiment général d'impuissance face à l'histoire en marche, en particulier économique. Estimer aujourd'hui sans l'appui de l'analyse d'hier et en particulier de nos erreurs collectives comme des rêves que nous nourrissions ou nourrissons me paraît inepte et unijambiste. Je renouvelle donc ma proposition de témoignages, d'analyses, de ce que vous voulez bien sur cette époque ou expliquez-moi au moins pourquoi ça nous vous intéresse pas.

D'abord, je suis allé contrôler l'imputation des charges concernant les locataires de ma Résidence HLM cette après-midi, personnellement, et puis les autres participants ont bien le droit de vivre autre chose que d'obéir à une injonction impatiente, non ? Ensuite, c'est le regard dans le rétroviseur que nous voyons maintenant un tournant, à l'époque nous vivions des faits isolés sans les relier les uns aux autres, après coup c'est facile d'expliquer, d'analyser à froid. Déjà accepté par beaucoup, c'est vague et il faudrait y revenir en détail, accepté oui pour le journal « Libération », Serge July, Yves Montand et son émission resté célèbre : « Vive la crise ! ». Et puis, je ne me souviens plus de la référence mais ce tournant n'est pas tombé du ciel, il a été préparé bien en amont, pour que la résistance soit la plus faible possible, il y a des livres qui en parlent, « La stratégie du choc » de Naomi Klein pages 66 à 122, par exemple. Je ne vais pas t'infliger un copié-collé. Il y aurait plein d'évènements à décortiquer, le coup d'État au Chili en 1973, comme par exemple la stratégie de la tension en Italie pour empêcher l'arrivée au pouvoir du Parti Communiste Italien malgré les suffrages immenses qu'il recueillait. Ceci par l'infiltration coordonnée par la CIA et mise en oeuvre par les services secrets italiens, des Brigades Rouges et l'assassinat d'Aldo Moro. Alors qu'il s'apprêtait à former un gouvernement d'Union Nationale avec les communistes.
L'éclatement intensément préparé de la République Fédérale de Yougoslavie par le BND, le service secret allemand à titre de revanche de la seconde guerre mondiale et pour avoir le maximum de champ libre en Europe Orientale en finançant en secret des groupes armés croates, par les États-Unis pour saboter une démocratie autogestionnaire dont l'existence ne servait plus pour diviser les pays dits "socialistes", par le Vatican pour mettre en avant la Slovénie Catholique face à la Serbie Orthodoxe.

Tant et tant d'évènements, alors oui, c'est vrai qu'en jeune homme ou jeune femme arrivant à la conscience politique, comme toi, plus jeune, j'ai pensé que mes prédécesseurs étaient responsables du Monde qu'ils me léguaient et qu'ils ne pouvaient être donc que des héros ou des salauds, d'ailleurs Victor Hugo lui-même n'a-t-il pas dit : « Mon père ce héros au sourire si doux … », maintenant je m'aperçois qu'il y a aussi beaucoup d'anonymes qui ont longtemps évolués dans cette immense zone grise entre héros et salauds et que leurs incursions aux extrêmes de l'échelle étaient brèves et parfois involontaires.

Tu veux un rappel de la mémoire des années 80, mais la mémoire est capricieuse, elle ne se laisse pas dompter, j'essaie de me rappeler des années 80 et je n'y arrive pas vraiment, beaucoup se mélange maintenant.

Le slogan peint sur les murs, les transformateurs électriques que nous voyions souvent en Provence : « Touriste, n'oublie pas que sous le maillot, tu restes un travailleur. OC » Quelle année 1969, 1975, 1982 ?

Dernière modification par gilles (22-07-2009 19:37:47)

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#115 17-09-2009 23:26:08

Alex6
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Et si Montesquieu avait oublié des pouvoirs ?

J'essaye de trouver l'endroit le plus adéquate pour parler de la séparation des pouvoirs et plus particulièrement de l'idée suivante : Montesquieu a-t-il oublié des pouvoirs ?
Certains pouvoirs n'existaient pas à son époque : Il semblerait qu'il ait oublié de prendre en compte des pouvoirs dont nous citoyen subissons aujourd'hui la force et parfois les abus :  Le premier pouvoir oublié par Montesquieu est le pouvoir d'informer et d'éduquer (Ecole, média, internet....), le second pouvoir est le pouvoir économique :

- Le pouvoir informatif est indispensable à la démocratie, or il est souvent soumis au joug du pouvoir exécutif (ORTF) parfois par le biais de pouvoir économique, ou parfois directement soumis au pouvoir économique qui en est propriétaire au détriment du citoyen qui peut être abusé (voir par exemple comment les citoyens des USA ont été abusés en 2003 pour faciliter l'invasion  de l'Irak). De la même manière le citoyen peut s'interroger quand le président du pouvoir exécutif est très proche du propriétaire et du responsable d'une grande chaine de télévision.

-Le pouvoir économique le plus puissant et dont le citoyen cherche le plus à se protéger est détenu par des entreprises à irresponsabilités illimités (voir par exemple http://www.ccfd.asso.fr/hold-up/img/RapportRSEbon1.pdf ou encore ) plus généralement connus sous le nom de multinationales.
En tant que citoyen de la future constitution je souhaiterais être protégé du pouvoir de plus en plus de ces "multinationales qui gouvernent le monde" (David C. Korten Ed. Yves Michel) et détruisent l'état (Jean Ziegler Les nouveaux maitres du monde, Ed. Points) construisent la mauvaise europe dont nous nous méfions ( Belen Balanya, Ann Doherty, Olivier Hoedeman, Adam Ma'anit, Erik Wesseliuis, Europe Inc. Comment les multinationales construisent l'europe et l'économie ondiale, Ed. Agone) corrompent et détourne le bien public en ne payant pas l'impôt (Francois Xavier-Verschave, del a Fran çafrique à la mafiafrque, Ed. Tribord). Or la séparation des pouvoirs même aussi bien achevée que celle présentée dans ce projet de constitution ne semble pas me protéger (ni moi ni les autres citoyens ) de ces pouvoirs, sauf à inscrire l'équivalent d'une loi antitrust dans cette future constitution.

Si l'on part du principe que le citoyen doit chercher dans la constitution à diviser les pouvoirs qui s'opposent à son propre pouvoir de créer la constitution des citoyens, alors la séparation des pouvoirs non seulement législatifs, exécutifs et judiciaires mais aussi informatifs et économiques s'impose.
Cette séparation des pouvoirs imposerait par exemple qu'un président du pouvoir informatif soit élu, et qu'il dispose d'un budget pour garantir l'indépendance d'au moins une source d'information. (service public que de l'information).
La même séparation des pouvoirs et l'interdiction de confusion des pouvoirs interdirait par exemple à quiconque d'appartenir à plus d'un pouvoir, un laps de temps minimum de 3 ans pourrait par exemple empêcher un ex ministre d'aller travailler pour une multinationale, ou un ex responsable d'une multinationale d'aller favoriser son entreprise au détriment du citoyen en devenant ministre.
Je n'aime pas particulièrement la période de la terreur, mais il me semble que le pouvoir judiciaire doit pouvoir disposer du droit de vie et de mort sur les entités à "irresponsabilités illimités" notamment celles qui cherchent à réduire l'influence du citoyen et à renforcer le leurs sur les autres pouvoirs : Une multinationale ou une très grande entreprise qui "complote" pour assujettir le pouvoir exécutif ou se faire voter des lois sur mesure, ou encore assujettir les sources d'informations en devenant monopolistique  doit pouvoir être dissoute et ses bien doivent pouvoir être confisqués.

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#116 18-09-2009 13:37:27

Déhel
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Message n°7728
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Le problème Alex c'est de trouver qui se fera juge de décider s'il y a complot ou non. Problème qu'a d'ailleurs rencontré la Terreur.
Peut-être trouveras-tu davantage de matière à réflexion sur la partie Ecrire nous mêmes une constitution.


La meilleure forteresse des tyrans c’est l’inertie des peuples, Machiavel.
Le risque de la liberté: texte collégial d'insurection morale, ici.

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#117 18-09-2009 16:25:50

Jacques Roman
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Pouvoir informatif/éducatif, pouvoir économique

Je vois bien ce que veut dire Alex6 (7726), mais l'information et l'économie ne sont pas des pouvoirs constitutionnels au sens du principe de la séparation des pouvoirs envisagé par Montesquieu.

Le pouvoir législatif a pour fonction d'adopter la loi, expression de la volonté générale. Le pouvoir exécutif a pour fonction de donner corps à la volonté générale (à la loi, donc) au moyen de règlements. Le pouvoir judiciaire a pour fonction d'appliquer la loi aux cas particuliers.

On voit que c'est par rapport à la loi que ces trois pouvoirs véritablement constitutionnels se définissent.

Quelle serait la relation entre un éventuel "pouvoir informatif" et la loi? Je n'en vois aucune.

Il s'agit d'autre chose : il faut que tout fait intéressant le public soit exactement porté à la connaissance du public. À la rigueur, on pourrait  penser à un organisme constitutionnel de contrôle chargé de s'assurer que tel est bien le cas : mais à mon avis on ne peut pas parler dans ce contexte de  "pouvoir informatif" comme on parle de "pouvoir législatif", de "pouvoir exécutif" ou de "pouvoir judiciaire". La même remarque s'applique à un éventuel "pouvoir éducatif".
   
Quant à l'économie", elle consiste dans les activités des agents économiques privés et publics (surtout privés - à moins qu'on veuille réserver toutes les activités économiques à la puissance publique), donc d'un pouvoir très diffus.  Là encore, il ne peut donc être question de "pouvoir économique" analogue aux trois pouvoirs constitutionnels classiques.   Tout au plus peut-on édicter des principes constitutionnels économiques (ce qui me semble à peu près exclu dans le cas de l'information). JR

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#118 19-09-2009 13:24:55

Sandy
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Message n°7736
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

La relation est complexe Jacques c'est pour cela qu'elle ne vous apparait pas évidente mais elle existe néanmoins.

Si la loi est l'expression de la volonté générale, on voit bien que dans tout le processus législatif qui débute des citoyens et qui se termine au vote de la loi, le pouvoir médiatique intervient de manière critique.

La liberté d'expression et le débat public sont nécessaires à la confrontation des idées, et donc nécessaires pour que les choix des citoyens se fassent en connaissance de cause, par la raison, ce qui est indispensable dans une démocratie vu que ce sont les citoyens qui doivent décider de ce qu'est l'intérêt général. On voit bien que les médias jouent donc un rôle essentiel dans l'expression de la volonté général. Ce sont eux qui doivent garantir la liberté d'expression, et ce sont eux qui doivent organiser le débat public.

Et c'est parce que l'organisation du pouvoir médiatique est critique dans la qualité de l'expression de la volonté générale, que la possession des médias par le pouvoir économique pose problème, mais aussi que la séparation entre ce pouvoir médiatique et le pouvoir exécutif par exemple s'impose aussi ...

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#119 19-09-2009 17:32:18

Jacques Roman
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Message n°7739
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Sandy,  c'est bien parce que la relation est complexe qu'il sera difficile d'aller plus loin sans définir "pouvoir informatif" et "pouvoir économique".

En d'autres termes, qui sont les agents de ces pouvoirs ? Ces pouvoirs sont-ils contrôlables par les autres pouvoirs ? Dans l'affirmative, selon quelles modalités ?

Il est possible de répondre clairement à ces questions pour ce qui est des pouvoirs classiques (exécutif, législatif, judiciaire).  Je doute qu'il en soit de même pour les "pouvoirs" informatif et économique.  JR

Dernière modification par Jacques Roman (19-09-2009 17:35:58)

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#120 19-09-2009 19:32:50

Étienne
Message n°7743
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Re: 2E Les médias d'information doivent être libres, politiquement et économiquement

Il n'existe pas de "pouvoirs constitutionnels" par nature :
tous les pouvoirs dangereux doivent être limités.


Jacques Roman a écrit:

Pouvoir informatif/éducatif, pouvoir économique

Je vois bien ce que veut dire Alex6 (7726), mais l'information et l'économie ne sont pas des pouvoirs constitutionnels au sens du principe de la séparation des pouvoirs envisagé par Montesquieu.

Le pouvoir législatif a pour fonction d'adopter la loi, expression de la volonté générale. Le pouvoir exécutif a pour fonction de donner corps à la volonté générale (à la loi, donc) au moyen de règlements. Le pouvoir judiciaire a pour fonction d'appliquer la loi aux cas particuliers.

On voit que c'est par rapport à la loi que ces trois pouvoirs véritablement constitutionnels se définissent.

Quelle serait la relation entre un éventuel "pouvoir informatif" et la loi? Je n'en vois aucune. (...)

JR

Bonjour Jacques.

Il n'existe pas de "pouvoirs constitutionnels" par nature ; tous les pouvoirs dangereux doivent être limités.

Et le fait que Montesquieu n'avait pas la télé ne doit pas nous conduire à baisser la garde par rapport aux médias.

Je crois que vous vous trompez (ou au moins, que nous sommes en désaccord — persistant) sur la signification et l'objectif du concept de constitution :

• Pour vous, la constitution sert seulement à organiser et limiter les trois pouvoirs repérés par la théorie classique, de façon à faire émerger et faire respecter la volonté générale (et donc la loi, qui doit en être l'expression).

• Pour moi, la constitution est bien plus importante puisqu’elle a été conçue — beaucoup plus généralement — pour nous protéger contre les abus de pouvoir ; voilà l’ADN du processus constituant, à ne jamais oublier : dans cette optique-là, la constitution est un outil juridique servant à limiter les pouvoirs susceptibles de nuire à l'intérêt général ; limiter TOUS les pouvoirs dangereux.

Montesquieu ne disait pas autre chose quand il observait brillamment :

« La liberté politique ne se trouve que dans les gouvernements modérés. Mais elle n'est pas toujours dans les États modérés ; elle n'y est que lorsqu'on n'abuse pas du pouvoir ; mais c'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites. Qui le dirait ! la vertu même a besoin de limites.

Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »

Montesquieu, "De l'esprit des lois", Livre XI : des lois qui forment la liberté politique dans son rapport avec la constitution, Chapitre IV : Ce que c'est que la liberté (suite)

Puis, Montesquieu a examiné les trois pouvoirs connus — à l’époque ! — pour être dangereux : exécutif, législatif et judiciaire.

Mais, il est facile de comprendre pourquoi Montesquieu n’a envisagé, dans son étude, ni le pouvoir de la télévision wink , ni celui des multinationales wink y compris bancaires.

Pensez-vous, Jacques, qu’aujourd’hui, Montesquieu aurait laissé libre cours au pouvoir des conglomérats médiatiques, industriels et financiers ? Pensez-vous qu'il n'aurait pas constaté, comme nous, l'influence, que dis-je, la corruption dévastatrice exercée par les multinationales sur les organes institutionnels classiques ?

Pensez-vous vraiment que Montesquieu aurait été assez naïf pour limiter seulement les trois pouvoirs qui sont directement au contact du processus législatif, sans dire un mot des pouvoirs émergeant et menaçant directement (et clandestinement) l'honnêteté des premiers ?

Je trouve dangereuse l'idée d’enfermer le contrôle constitutionnel des pouvoirs dans une vision dépassée, et donc inadaptée, des pouvoirs réels : je ne comprends pas quel avantage nous aurions à renoncer (comme vous semblez nous y inviter de façon récurrente) à nous protéger des abus de pouvoir des humains propriétaires de multinationales.

Le pouvoir sur l’information et le pouvoir sur la monnaie sont encore plus dangereux que le pouvoir de faire les lois. Alors, pourquoi renoncer à les limiter ?!

Et le bon niveau juridique pour limiter ces pouvoirs, c’est sûrement, comme les trois pouvoirs classiques, le plus haut niveau du droit : la constitution.

Non ?

Amicalement.

Étienne.

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