Les forums de CECRI

Citoyens Européens Contre le Régime Illégitime

Protestations hebdomadaires, à date et heure fixes partout en Europe,
micro résistances durables contre tous les "traités constitutionnels".

Un seul objectif commun, original et fondamental, pour tous les citoyens européens :
Nous voulons des institutions honnêtes 1) écrites par une Assemblée Constituante désintéressée, et 2) validées par référendum.

Vous n'êtes pas identifié.

Bienvenue :o)

Bonjour,
Ce forum permet aux initiateurs d'une MOCRIE (voir le billet d'annonce) d'ouvrir un espace de discussion dédié à chaque micro-manifestation, à la fois pour tous ceux qui ont participé aux dernières protestations et pour ceux qui vont participer aux prochaines...
On peut aussi y faire des annonces générales. Vous trouverez également des forums pour partager les expériences et les idées à travers le pays.
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Nota : celui qui a créé une discussion peut à tout moment corriger ce premier message placé en tête d'échange : ce message d'introduction peut donc servir de synthèse actualisée pour la manifestation obstinée : dernier effectif constaté, photos, vidéos, bons slogans, super tracts, etc.
Vous pouvez vous abonner à un forum entier (pour être automatiquement prévenu de tout nouveau message), et je recommande de s'abonner au forum d'annonces générales et à celui des idées à partager.
Je nous souhaite à tous ténacité, longévité, gaîté, sérénité, efficacité, amabilité, fermeté, notoriété, impavidité, supériorité, tranquillité, ubiquité, fécondité, célérité, équanimité, opiniâtreté et... solidarité :o) Amitiés. Étienne.

#1 26-06-2008 22:18:39

gilles
Membre
Message n°705
Lieu: Orléans-La Source
Date d'inscription: 26-04-2008
Messages: 103

-001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Que faire avec l'Union Européenne  ?



Sur le site web , décidement très riche, Le Grand Soir, Jacques NIKONOFF ET Michèle DESSENNE analysent la situation après le vote majoritaire des Irlandais en faveur du « NON » au traité de l’Union européenne (dit traité de Lisbonne).

Ils passent au crible d'une analyse lucide et argumentée toutes les hypothèses envisageables pour une une Union Européenne plus sociale et plus démocratique.


http://www.legrandsoir.info/spip.php?ar … aire_forum


.

Dernière modification par gilles (13-10-2008 10:42:37)

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#2 28-06-2008 16:59:58

BA
Membre
Message n°713
Date d'inscription: 14-06-2008
Messages: 24

Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Autriche : Le SPÖ réclame désormais le référendum

Voici un article très intéressant, daté du vendredi 27 juin 2008. Cet article montre qu’il y aura peut-être un référendum sur le traité de Lisbonne en Autriche. Le chancelier, actuellement au pouvoir, Alfred Gusenbauer ( SPO = Parti Social-Démocrate ) et le président du SPO Werner Faymann sont tous les deux pour le référendum sur le traité de Lisbonne.

Alors que seuls 28 % des Autrichiens ont encore une opinion positive de l’Union Européenne, plus mauvais score parmi les 27 selon le dernier sondage Eurobaromètre, le chancelier Alfred Gusenbauer a souligné que l’Union Européenne devait oeuvrer en faveur d’une Europe " plus sociale " et chercher un dialogue ouvert avec ses populations. " Beaucoup de gens ont l’impression que l’UE ne s’occupe pas de leurs vrais problèmes, mais qu’elle s’occupe surtout d’elle-même ", a constaté le chancelier dans une lettre ouverte à l’éditeur du tabloïd " Kronen Zeitung ". Ce journal mène depuis de longues années une campagne anti-européenne et a ouvertement fait campagne pour un référendum sur le Traité de Lisbonne.

" Nous pensons que les modifications à venir du Traité de Lisbonne, qui touchent les intérêts des Autrichiens, doivent être décidées en Autriche par le biais d’un référendum ", écrivent le chancelier Alfred Gusenbauer et le nouveau président du SPÖ Werner Faymann dans cette missive publiée sur le site internet du Kronen Zeitung. Cet engagement vaut aussi, soulignent les deux dirigeants, pour un Traité de Lisbonne modifié si cela devait être décidé par les 27 après le rejet de la dernière version du texte par les électeurs irlandais. Et les deux hommes se sont également dits prêts à " persuader leurs partenaires (conservateurs ÖVP) de la coalition au pouvoir " de soumettre l’éventuel nouveau texte au verdict des électeurs.

http://oe1.orf.at/inforadio/92686.html?filter=1

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#3 08-07-2008 22:13:38

BA
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Message n°737
Date d'inscription: 14-06-2008
Messages: 24

Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Concernant l'Autriche, de nouvelles élections législatives auront lieu en septembre. Nous verrons si les NONistes autrichiens gagnent ces élections législatives.

Concernant l'Union Européenne, nous devons toujours avoir ce graphique en tête : regardez bien ce graphique tout en bas de cet article :

http://www.lepoint.fr/actualites-monde/ … 4/0/257547

Que signifie ce graphique ? Il signifie que, dans les années qui viennent, le pétrole va devenir de plus en plus cher.

Conséquences sur l'Union Européenne :

- les peuples français, allemand, italien, espagnol, etc. vont s'appauvrir de plus en plus ;

- conséquence de cet appauvrissement généralisé : des tensions sociales, des votes de protestation ;

- face à la paupérisation, nous savons quelle est la réaction des dirigeants politiques : le retour des égoïsmes nationaux. Je précise tout de suite que, dans cette expression " le retour des égoïsmes nationaux ", je ne donne pas au mot " égoïsme " un sens négatif : il s'agit d'un réflexe de survie dû à l'instinct de conservation ;

- en clair : les pays riches de l'Union Européenne ne voudront plus payer pour les pays pauvres de l'Union Européenne. De toute façon, les pays riches de l'Union Européenne n'auront plus les moyens de payer pour les pays pauvres de l'Union Européenne ;

- ce retour des égoïsmes nationaux se traduira par un repli de chaque nation sur ses intérêts vitaux ;

- chaque nation reprendra le contrôle de sa propre politique. Chaque nation reprendra le contrôle de sa propre monnaie. Ce sera la fin de l'euro. Ce sera l'éclatement de l'Union Européenne.

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#4 08-07-2008 23:36:57

gilles
Membre
Message n°738
Lieu: Orléans-La Source
Date d'inscription: 26-04-2008
Messages: 103

Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Que faire avec l'Union Européenne  ?


Je suis d'accord avec toi, mais attention, autant je suis pour la sortie (avec le minimum de dégâts) du piège de la construction européenne,

autant cette sortie doit être bien négociée, comme par exemple la séparation de la Tchéquie et de la Slovaquie, je ne veux pas que certains États profitent d'une déconstruction mal maîtrisée de l'Union Européenne pour assouvir je ne sais quels intérêts.

Je me souviens du cauchemar qui a suivi les mésententes entre les différentes républiques yougoslaves et les braises jetées sur le feu par le BND (les services secrets allemands), les États-Unis et le Vatican.

Ces mésententes avaient commencé justement par des divergences sur la redistribution des richesses des républiques les plus riches (Slovénie, Croatie ... vers les plus pauvres Serbie, Voïvodine ...).

Je suis pour une sortie négociée et équilibrée de l'union Européenne, je pense qu'un grand État muti-national ne pourra pas être gouverné suivant des principes démocratiques d'une part, d'autre part les principes libéraux sont trop gravés au coeur des institutions et des textes de l'Union Européenne pour que l'on puisse y changer grand-chose à ce stade.

Je ne pense pas que face au manque de réflexion des partisans déchaînés de l'Européïsme à tous crins que nous nous contentions de les imiter mais en sens inverse, dans un égoïsme exacerbé, il faut sortir pour nous, mais aussi pour rendre leur liberté aux autres peuples en Europe.

Il ne faudrait pas qu'une sortie mal maîtrisée de l'union Européenne la fasse regretter, ce qui serait un comble !

Pour revenir aux monnaies nationales, il faut déjà négocier le partage des avoirs de la Banque Centrale Européenne

C'est tout un ensemble de pistes de négociations et de réflexions qui est à explorer devant nous.

Gilles

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#5 10-07-2008 11:32:47

BA
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Message n°743
Date d'inscription: 14-06-2008
Messages: 24

Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Ce que nous devons imaginer, c'est le retour des passions :

- le retour des passions nationales

- le retour des passions populaires.

Comment vont réagir les peuples français, allemand, italien, espagnol, etc. lorsqu'ils vont vivre l'effondrement de leur niveau de vie ?

Pour qui vont voter les peuples français, allemand, italien, espagnol, etc. lorsqu'ils vont vivre l'appauvrissement généralisé ?

Dans les années qui viennent, en France :

- pour qui vont voter les conducteurs de camions qui vont être ruinés par l'explosion du prix du pétrole ?

- pour qui vont voter les chefs d'entreprises de transports routiers qui vont être ruinés par l'explosion du prix du pétrole ?

- pour qui vont voter les marins-pêcheurs qui vont être ruinés par l'explosion du prix du pétrole ?

- pour qui vont voter les agriculteurs qui vont être ruinés par l'explosion du prix du pétrole ?

- pour qui vont voter les chauffeurs de taxis qui vont être ruinés par l'explosion du prix du pétrole ?

- pour qui vont voter les ambulanciers qui vont être ruinés par l'explosion du prix du pétrole ?

- pour qui vont voter les infirmières libérales, qui font des dizaines de kilomètres en voiture chaque jour, et qui vont être ruinées par l'explosion du prix du pétrole ?

- pour qui vont voter les commerciaux, les VRP, qui font des dizaines de kilomètres en voiture chaque jour, et qui vont être ruinés par l'explosion du prix du pétrole ?

- pour qui vont voter les Français travaillant à Air France, qui vont être ruinés par l'explosion du prix du pétrole ?

- pour qui vont voter les stewards et les hôtesses de l'air qui vont être ruinés par l'explosion du prix du pétrole ?

- pour qui vont voter les Français travaillant dans les agences de voyage, qui vont être ruinés par l'explosion du prix du pétrole ?

- pour qui vont voter les simples citoyens, qui se seront fait siphonner l'essence du réservoir de leur voiture, une fois, deux fois, trois fois ?

Hypothèse : ils vont voter pour les extrêmes.

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#6 10-07-2008 12:31:10

Farid Y
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Message n°744
Date d'inscription: 07-05-2008
Messages: 29

Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

pas mal vu BA mais je pense qu'ils jongleront etre ump et ps, voire modem, en croyant "au changement"...

s'ils votent extrême, j'espère qu'ils ne voteront pas lcr car ce sont des mondialistes rouges à la sauce marxiste.

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#7 11-07-2008 14:34:08

gilles
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Message n°746
Lieu: Orléans-La Source
Date d'inscription: 26-04-2008
Messages: 103

Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Que faire avec l'Union Européenne  ?


Bonjour BA, je clarifie ma position:

j'ai cinquante ans, au départ il y a trente ans, (1978), j'étais pour la construction européenne, pour un avenir en commun des peuples du continent européen plus les îles aux alentours (Grande Bretagne, Irlande etc ...).

Aujourd'hui, je m'aperçois comme Étienne Chouard que la construction européenne devient de moins en moins démocratique et de plus en plus autoritaire et quelle est devenue un instrument pour les lobbies patronaux pour diminuer les droits des salariés.


Étienne Chouard pense que l'on peut encore rattraper la situation en protestant pour récupérer plus de démocratie et de droits sociaux.  = les MOCRIES

Je commence à douter de cette position puisque tous les NON ne servent à rien, les eurocrates continuent avec entêtement dans leurs positions.

D'autre part, je commence à me dire que les nations gigantesques sont celles où les opinions des citoyens de base sont le moins prises en compte.

Chine, Russie, États-Unis, (à la différence de la Suisse ou du Danemark), par différents moyens bien sûr, les dirigeants de ces grands pays se débrouillent pour ne pas prendre en compte ou orienter à leur manière les aspirations des citoyens.




Ceci en ayant une influence impérialiste sur les autres pays. L'Union Européenne veut prendre le même chemin (Politique de défense commune).

C'est pourquoi je pense à une sortie du dispositif comme Jacques Nikonoff et Michèle DESSENNE.

Le mieux serait qu'elle soit négociée.




Je suis quand même embêté par la persistence, même si l'Union Européenne est démantelée, des grands États, mais ceci est un autre débat.






Le retour des passions est bon si il veut dire le retour du débat d'idées et l'échange d'arguments clairs, sinon il est néfaste.



Donc clarifions le plus possible nos positions.

BA
, pour pouvoir bien te répondre, j'aimerais donc que tu clarifies ta position, parce que je ne comprends pas,


te réjouis-tu de la hausse du pétrole et de ses conséquences sur le vote des différents peuples européens et de l'effet possible sur l'Union Européenne,

ou

déplores-tu la hausse du pétrole mais malgré tout, tu te réjouis de ses conséquences sur le vote des différents peuples européens et de son effet possible sur l'Union Européenne

ou

déplores-tu la hausse du pétrole et ses conséquences sur le vote des différents peuples européens et mais malgré tout, tu te réjouis de son effet possible sur l'Union Européenne ???? .


à Farid (clin d'oeil humoristique), ce n'est un début, continuons le débat !


Gilles

Dernière modification par gilles (31-07-2008 10:00:49)

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#8 15-07-2008 10:33:04

gilles
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Message n°752
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Que faire avec l'Union Européenne  ?  Regardons des contres-exemples ailleurs dans le Monde.



Quelques images sur les Grands États Impérialistes Chine, Russie, États-Unis.

Chine, l'ordre au travail, Russie, les mères et les photos de leurs fils disparus en Tchéchénie, États-Unis          http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2125

http://files.myopera.com/anamorphose/blog/arton1642.jpghttp://files.myopera.com/anamorphose/politique/me_res_en_russie_qui_pleurent_leurs_fils.jpghttp://files.myopera.com/anamorphose/politique/Irak_de_truit_et_pille_par_gouvernement_Bush.jpg


Est cela que nous voulons pour notre continent, un autre proto-État impérialiste, l'Union Européenne ?

.
.
L'analyse de Christophe BEAUDOUIN :

http://www.observatoiredeleurope.com/Pr … f0db26a1f2

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#9 15-07-2008 10:45:58

gilles
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Message n°753
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Que faire avec l'Union Européenne  ?  Un exemple à méditer.

Un exemple de débat où les positions exprimées par les citoyens sont prises en compte, comme par hasard dans un pays à échelle humaine : La Suisse, le pays qui utilise le référendum d'initiative populaire.

http://files.myopera.com/anamorphose/politique/Dialogue_au_parlement_suisse_commission_parlementaire_OGM.jpg



Plus d'informations ici :
http://www.politique.com/dossiers/inter … e-2006.htm

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#10 24-07-2008 15:32:09

gilles
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Message n°790
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

-001 Que faire avec l'Union Européenne ?

La retranscription d'une interview de Jacques Nikonoff  du Mouvement Politique d'Education Populaire sur AligreFM.
Emission Des Sous...et des Hommes du 17 Juin 2008 sur AligreFM

http://dsedh.free.fr/transcriptions/Nikonoff201.htm

Bonne lecture

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#11 27-07-2008 22:54:28

BA
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Message n°798
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Gilles écrit : " BA, pour pouvoir bien te répondre, j'aimerais donc que tu clarifies ta position, parce que je ne comprends pas, te réjouis-tu de la hausse du pétrole et de ses conséquences sur le vote des différents peuples européens et de l'effet possible sur l'Union Européenne ? "

Non.

Je déplore les trois choses qui vont nous arriver :
1- la hausse du pétrole
2- ses conséquences sur le vote des différents peuples européens
3- l'effet possible sur l'Union Européenne : l'Union Européenne va éclater, et il y aura des morts.

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#12 27-07-2008 22:55:32

BA
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Message n°799
Date d'inscription: 14-06-2008
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Union Européenne / Traité : 71 % des Irlandais opposés à un nouveau référendum (sondage).

Près de trois-quarts des Irlandais sont opposés à la tenue d'un nouveau référendum portant sur le traité de Lisbonne, selon un sondage publié dimanche 27 juillet.

71 % des Irlandais rejettent l'hypothèse d'une nouvelle consultation populaire, après la victoire du "non" à 53 % au référendum du 12 juin, selon ce sondage réalisé pour le cercle de réflexion eurosceptique Open Europe, basé à Londres.

Seulement 24 % des personnes interrogées sont favorables à la tenue d'un second référendum.

Parmi les personnes ayant exprimé une opinion, 62 % disent qu'elles voteraient "non" en cas de nouvelle consultation, 34 % penchant pour le "oui".

Ces chiffres signifient que l'avance du "non" serait portée à 24 points dans l'éventualité où les Irlandais seraient appelés à voter à nouveau, a assuré Open Europe.

Ce sondage montre également que 17 % des personnes ayant voté "oui" en juin seraient désormais prêtes à dire "non", contre 6% de celles ayant voté "non" qui seraient maintenant décidées à approuver le traité.

Autre fait significatif, parmi les personnes s'étant abstenues en juin, 57 % disent être prêtes à voter "non", contre seulement 26 % "oui".

Ils sont 67 % à approuver le jugement que "les hommes politiques européens ne respectent pas le non irlandais", et 61 % à être en désaccord avec l'idée que "si les 26 autres membres de l'UE ratifient le traité dans leur parlement, alors l'Irlande doit changer d'avis et soutenir le traité".

53 % des Irlandais se disent moins susceptibles de voter en faveur du Premier ministre Brian Cowen aux prochaines élections législatives, s'il convoque un nouveau référendum.

"Les dirigeants européens qui tentent de forcer l'Irlande à voter à nouveau jouent un jeu très dangereux, et il semble que Brian Cowen pourrait mettre son avenir politique en jeu s'il demande un nouveau vote", a commenté le directeur d'Open Europe, Neil O'Brien.

"En paraissant forcer la main des électeurs, les hommes politiques européens conduisent en fait beaucoup de gens dans le camp du non ", a-t-il estimé.

Ce sondage a porté sur 1 006 personnes interrogées entre le 21 et le 23 juillet, dès la fin de la visite à Dublin du président français Nicolas Sarkozy.

M. Sarkozy, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, avait dû démentir lors de ce déplacement avoir dit que les Irlandais devraient "revoter" sur le traité de Lisbonne, et avait assuré qu'aucune solution ne leur serait imposée.

L'Irlande est le seul pays obligé, par sa Constitution, à soumettre le traité européen à référendum.

Les 26 autres pays de l'UE le soumettent à une ratification parlementaire.

Le gouvernement irlandais a commandé ses propres enquêtes d'opinion sur le résultat du référendum.

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14 … 644,0.html

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#13 28-07-2008 14:58:49

gilles
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Message n°800
Lieu: Orléans-La Source
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Messages: 103

Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Que faire avec l'Union Européenne  ?

Merci BA, d'intervenir dans ce sujet et de nous apporter des informations. Que penses-tu des propositions du M-PEP et de jacques Nikonoff concernant la sortie de l'Union Européenne ?

http://www.m-pep.org/spip.php?article246

Modification du message  : coupure en plusieurs parties de la longue déclaration de Jacques NIKONOFF (Le chargement du message d'un seul bloc bloquait certains navigateurs.)

PARTIE 2 : MESSAGE 21 de ce fil
PARTIE 3 : MESSAGE 22


La « construction » européenne : ce miroir aux alouettes

Par Jacques Nikonoff, le 24 mars 2007

En préparant cette conférence sur le 50e anniversaire de la signature des traités de Rome, j’ai relu et surtout lu de nombreux textes portant sur l’histoire de cette construction européenne. J’utilise volontairement l’expression « cette » construction européenne et non « la » construction européenne, pour bien marquer qu’on ne peut donner l’impression qu’il n’y aurait qu’une seule voie pour rapprocher les peuples européens, celle suivie jusqu’à présent, en supposant que le rapprochement des peuples fut un objectif de cette construction. Au risque de choquer, je dois dire que mon hésitation a été levée. J’hésitais, en effet, à affirmer qu’il fallait sortir de cette Union européenne-là, sortir de l’euro, mener une politique de la chaise vide tant qu’une autre logique de coopération entre les nations et peuples de l’Europe – et au-delà – ne serait pas mise en place.

De mon point de vue, une nouvelle bataille idéologique et politique doit s’engager, sur des bases radicalement différentes de ce qui a été fait jusqu’à présent à gauche, visant à ralentir puis à stopper la machine infernale de Bruxelles. Parallèlement, un nouveau processus politique doit être promu en faveur d’une coopération vraie entre les nations et les peuples d’Europe et leurs partenaires historiques.

Il faut bloquer le système de Bruxelles

• Obtenir le retrait de la signature de la France de la Constitution européenne signée le 29 octobre 2004 à Rome.

• Rejeter tout processus d’assemblée constituante qui pourrait déboucher sur une nouvelle constitution.

• Refuser tout nouveau traité de caractère général et institutionnel, qu’il soit ou non soumis à référendum.

• Mener une politique sélective de la chaise vide permettant la préservation des intérêts des citoyens en attendant la création de nouveaux dispositifs de coopération.

• Engager le retrait unilatéral de la France des traités européens.


Parallèlement, un nouveau processus politique doit être promu, articulant dynamique sociale et activité intergouvernementale

• D’un côté, aucune construction européenne ne pourra voir le jour en dehors de la volonté et de la mobilisation des peuples. Ces mobilisations n’ont pas encore atteint le niveau requis – et de loin – pour peser significativement sur le cours des choses. Il reste beaucoup à faire pour les forces progressistes en Europe : syndicats, partis politiques, associations diverses.

• D’un autre côté, des gouvernements progressistes peuvent arriver au pouvoir dans tel ou tel pays européen, selon des rythmes imprévisibles. Le système de Bruxelles a eu pour effet, jusqu’à présent, de les empêcher de mener des politiques que j’appelle, par raccourci, « anticapitalistes ». La recherche d’un accord sur un nouveau traité constitutionnel, ou même simplement institutionnel, ne peut que reproduire les erreurs du passé. C’est une diversion. C’est typiquement de l’européisme, c’est-à-dire, pour reprendre l’expression de Charles de Gaulle, sautiller sur sa chaise comme des cabris en criant « l’Europe, l’Europe, l’Europe ! ». La coopération entre les nations et les peuples d’Europe doit porter sur des questions concrètes : l’emploi, la protection sociale, les services publics, l’environnement, les relations commerciales internationales, etc. Sur chacun de ces points, des traités bilatéraux et multilatéraux peuvent être utiles.

Finalement, comment imaginer un instant que des gouvernements de droite, et parfois même très à droite, pourraient mener à l’échelle européenne des politiques différentes de celles qu’ils mènent dans chacun de leurs pays ? Quand tous les pays européens ou presque sont à droite, ils conduisent naturellement une construction européenne de droite ! Mais le système de Bruxelles a ceci d’étrange qu’il permet de mener des politiques de droite même quand les gouvernements sont à gauche !

Il n’y a pas de « neutralité » de la construction européenne, pas plus qu’il ne peut y avoir de traité « neutre » sur le plan des orientations politiques. Cette construction, par essence, est capitaliste dans le sens où elle est totalement, et dans tous les domaines, adossée à l’idéologie néolibérale, qu’elle favorise l’accumulation du capital dans un petit nombre de mains privées, qu’elle ne jure que par la concurrence, qu’elle contribue à l’exploitation des travailleurs en Europe mais aussi dans le reste du monde. Elle n’est pas amendable.


Mes hésitations, donc, ont été levées pour deux raisons :

• d’une part, le bilan de cette construction européenne est accablant ;

• d’autre part, la logique même de cette construction européenne, capitaliste dès l’origine, ne pouvait pas donner d’autre résultat et n’en donnera pas d’autre dans l’avenir.


Le bilan accablant de cette construction européenne

En 1951, le traité de Paris créant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) prévoyait dans son article 2 que sa mission était de « contribuer à l’expansion économique, au développement de l’emploi et au relèvement du niveau de vie dans les Etats membres ».

L’article 2 du traité de Rome, six ans plus tard en 1957, est encore plus ambitieux : « la Communauté [économique européenne] a pour mission, par l’établissement d’un marché commun et par le rapprochement progressif des politiques économiques des Etats membres, de promouvoir un développement harmonieux des activités économiques dans l’ensemble de la Communauté, une expansion continue et équilibrée, une stabilité accrue, un relèvement accéléré du niveau de vie et des relations plus étroites entre les Etats qu’elle réunit ».


Le bilan est simple à faire et tout le monde peut le faire. Il est accablant.

• Cette construction européenne s’est voulue dépassement des identités nationales, mais n’a pas produit d’identité de remplacement.

• Cette construction européenne prétendait œuvrer pour la paix, elle a été hier un instrument de la guerre froide, et elle est aujourd’hui rétive à la collaboration avec la Russie et la Turquie.

• Elle affirmait travailler pour l’intérêt général européen, elle a agit en réalité au profit des firmes multinationales à base européenne.

• Dans le domaine de l’agriculture, elle a favorisé la disparition de la petite et moyenne exploitation, l’endettement, la pollution, les excédents, le démantèlement des marchés agricoles des pays pauvres…

• Elle disait vouloir aménager le territoire : les disparités régionales se sont accrues.

• Quant à l’aide au développement des pays « associés », c’est un échec total.


Pour préparer cette conférence, je suis bien évidemment allé « surfer » sur le site Internet de l’Union européenne qui s’appelle Europa. Et par curiosité je suis allé voir ce qui était dit de l’histoire de la construction européenne. Celle-ci est racontée en 10 étapes :

- 1951 : Naissance de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) entre les six pays fondateurs.
- 1957 : Traités de Rome instituant un marché commun.
- 1973 : Les Communautés passent à neuf membres et développent leurs politiques communes.
- 1979 : Premières élections européennes au suffrage universel direct.
- 1981 : Premier élargissement méditerranéen.
- 1993 : Ouverture du grand marché intérieur.
- 1993 : Le traité de Maastricht institue l’Union européenne.
- 1995 : L’Union compte quinze membres.
- 2002 : Mise en circulation de l’euro.
- 2004 : Dix nouveaux pays membres entrent dans l’Union.

Tout est lisse. Tout est propre. Pas d’aspérités. C’est la langue de coton. C’est une façon particulière de présenter les choses, je vais pour ma part vous en proposer une autre en insistant sur un point qui me semblent caractériser ces 50 années de « construction » européenne : dès l’origine, cette construction européenne était atlantiste, capitaliste et démagogique.

La CECA en 1951 et le traité de Rome en 1957 portaient déjà clairement le fanatisme du marché. Ajoutons que la Grande-Bretagne a toujours été le « cheval de Troyes » des Etats-Unis au sein de cette construction européenne ; que la politique de la « chaise vide » est un exemple à suivre ; que les pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) ont été abandonnés par l’Union européenne ; que les instruments de la politique macroéconomique ont été détruits.

Tout le monde est d’accord pour fixer la date du début de cette construction européenne au 9 mai 1950 avec la Déclaration Schuman qui annonçait la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Mais cette Déclaration ne sort pas du néant, elle est le point d’aboutissement d’un processus dont on peut retracer quelques unes des étapes. Plus précisément, la Déclaration Schuman et la création de la CECA correspondent à la convergence et au mûrissement de trois préoccupations :

• celles des forces conservatrices, aux Etats-Unis et en Europe occidentale, qui voulaient assurer le leadership américain sur le monde, contrer l’URSS et les autres pays européens se réclamant du socialisme, et endiguer les forces de gauche au pouvoir dans plusieurs pays de l’Europe de l’Ouest ;

• celles des milieux d’affaires en Europe occidentale et aux Etats-Unis qui voulaient relancer le capitalisme dans l’immédiat après-guerre ;

• celles d’une partie de la gauche européenne qui croyait aux Etats-Unis d’Europe sur des bases généreuses mais parfaitement démagogiques.


La chronologie des évènements, entre la guerre et la Déclaration Schuman, est à rappeler :

•  De 1942 à 1946, la réflexion se développe essentiellement aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne (Churchill) sur les suites à donner après la victoire des Alliés. Peu à peu les idées se mettent en place et on peut dater la fin de cette séquence au discours de Churchill de septembre 1946 à Zurich. C’est la préparation idéologique et politique des dispositifs qui se mettront en place ultérieurement.

• 5 mars 1946 : début de la « guerre froide » lorsque Winston Churchill, à Fulton dans le Missouri, parle du « rideau de fer » qui se serait abattu sur le continent européen.

• 5 mai 1947, Paul Ramadier, président SFIO du Conseil, renvoie les ministres communistes français.

• 5 juin 1947 : annonce du Plan Marshall qui obligera les pays bénéficiaires de l’aide à mettre en place la première forme d’union européenne.

• 17 mars 1948 : signature du traité de Bruxelles instituant l’Union de l’Europe occidentale (UEO) qui est un pacte d’assistance économique et militaire dirigé contre l’URSS, autre forme de construction européenne.

• 16 avril 1948 : création de l’OECE, ancêtre de l’OCDE, qui servira à gérer les fonds du Plan Marshall.

• 7 au 10 mai 1948 : congrès de La Haye qui crée le Conseil de l’Europe dont l’ambition est la construction européenne.

• 4 avril 1949 : signature traité de l’Atlantique Nord entre les Etats-Unis et onze pays de l’Europe occidentale, dirigé contre l’URSS.



I.- Les forces conservatrices, aux Etats-Unis et en Europe occidentale, veulent assurer le leadership américain sur le monde, contrer l’URSS et les autres pays européens se réclamant du socialisme, et endiguer les forces de gauche au pouvoir dans plusieurs pays de l’Europe de l’Ouest

La préparation idéologique et politique

L’idée d’une « communauté atlantique », qui allait prendre plus tard la forme de l’OTAN, est apparue aux Etats-Unis en 1943-1944, promue par Walter Lippman (1889-1974). Secrétaire adjoint à la Guerre lors de la Première Guerre mondiale, qui critiqua ensuite sévèrement le New Deal de Franklin Roosevelt.

Champion du libéralisme le plus ultra, il a écrit de nombreux ouvrages (obtint deux Prix Pulitzer en 1958 et 1962) et se trouve à l’origine de la création du premier Think Tank au monde, le 26 août 1938. Ce jour-là, il réunit ceux qui souhaitaient devenir « l’avant-garde intellectuelle du libéralisme économique militant ». Participent à cette réunion, entre autres, Friedrich von Hayek, qui devait par la suite battre Keynes et le keynésianisme. Tous les participants se trouvent d’accord pour désigner le « collectivisme » comme l’ennemi à abattre. Dans leur esprit, le « collectivisme » ne concerne pas seulement l’URSS. Il vise également l’expérience du New Deal en cours aux Etats-Unis à l’époque, le Front populaire en France et le parti travailliste anglais, tout comme les régimes dictatoriaux allemands, italiens et japonais.

Ils veulent créer un centre international pour la rénovation du libéralisme, dont la mise en œuvre sera interrompue par la guerre. Ils reprendront leurs activités au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour populariser l’idéologie de Friedrich von Hayek, principalement à partir de la création de la Société du Mont-Pèlerin à laquelle participera Milton Friedman. C’est la naissance du néolibéralisme.

En 1943, dans un ouvrage, Walter Lippman écrit : « Notre tâche principale doit consister à soutenir le régime européen contre la Russie après que l’Allemagne… aura cessé d’exister en tant que grande puissance de l’Europe occidentale. Le destin a prédéterminé… la position centrale de l’Amérique dans la civilisation occidentale. C’est de là que découlent fatalement les tâches essentielles de l’Amérique. L’ensemble des nations de l’ancien monde surpasse en puissance les Etats-Unis. Cela oblige à réfléchir sur la nécessité de coalitions avec une série de pays de l’ancien monde, sur la création d’alliances sûres avec ces Etats ».


Les débuts de la guerre froide

La « guerre froide » a été inaugurée le 5 mars 1946 par un discours de Winston Churchill à Fulton, dans le Missouri, après qu’il ait quitté le pouvoir quelques mois plus tôt. Le président américain Harry Truman avait invité l’ex-Premier ministre britannique à prononcer un discours au collège de Westminster, à Fulton. Churchill s’y exclame : « De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l’Adriatique, un rideau de fer s’est abattu sur le continent (...). Quelles que soient les conclusions que l’on tire de ces faits, ce n’est certainement pas là l’Europe libérée pour laquelle nous avons combattu ; et ce n’est pas non plus celle qui porte en elle les ferments d’une paix durable ». Churchill invitait « les peuples de langue anglaise à s’unir d’urgence pour ôter toute tentation à l’ambition ou à l’aventure ». Il terminait son allocution en exhortant les pays d’Europe occidentale à contrecarrer le pouvoir communiste afin « d’établir dans tous les pays, aussi rapidement que possible, les prémices de la liberté et de la démocratie ».

Churchill, le 19 septembre 1946, lors d’un discours à Zurich, évoquait une éventuelle création des « Etats-Unis d’Europe ». Il s’opposait cependant à toute notion de supranationalité.

Le président américain Harry Truman, le 12 mars 1947, décidait de mettre en place la politique de containment (l’endiguement), appelée « doctrine Truman. Il annonçait sa vision d’un monde scindé en deux camps opposés et irréconciliables. A la tête du « monde libre », opposé au communisme, les Etats-Unis prennent rapidement la tête d’initiatives politiques, économiques et militaires qui avaient pour but d’empêcher l’expansion du communisme. Toutes les mesures d’ordre économique, militaire, diplomatique adoptées par le gouvernement américain entre 1947 et 1954 sont fonction de la préparation à un conflit militaire éventuel avec les pays socialistes.


La situation en Europe occidentale

En France, de 1945 jusqu’à leur éviction le 5 mai 1947, des ministres communistes siègent au gouvernement. Ils mettent en œuvre le programme du Conseil national de la Résistance et occupent les postes suivants selon les périodes : Santé publique ; Économie nationale ; Reconstruction et Urbanisme ; Défense nationale ; Anciens Combattants et Victimes de guerre ; Travail et Sécurité sociale ; Armement ; Production industrielle ; Réforme administrative ; Air ; vice-Président du Conseil.

On trouve également des ministres communistes en Allemagne fédérale, Autriche, Belgique, Danemark, Luxembourg, Italie.

En Grande-Bretagne le gouvernement travailliste accède au pouvoir en 1945 en battant Churchill et nationalise certains secteurs industriels.

Dernière modification par gilles (08-08-2008 13:54:01)

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#14 28-07-2008 15:31:04

BA
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

D'accord à 100 % avec l'analyse du M-PEP.

Je répète pour la 80ème fois : il faut sortir de l'Union Européenne.

Prochaine bataille : les élections européennes de juin 2009.

Comment gagner la bataille des élections européennes de juin 2009 ?

- 1ère possibilité : chaque mouvement NONiste présente sa liste. Résultat des élections européennes de juin 2009 : les NONistes subissent une branlée.

- 2ème possibilité : les mouvements Républicains NONistes se rencontrent ; ils se parlent ; ils discutent, loin des micros, loin des caméras ; ils négocient un programme commun, valable uniquement pour les élections européennes de juin 2009. Ensuite, les Républicains NONistes présentent une liste, je dis bien une seule liste. Cette confédération des Républicains NONistes devrait exclure les deux extrêmes : extrême-gauche, et extrême-droite.

Je préfèrerais la 2ème possibilité.

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#15 29-07-2008 13:39:59

NingúnOtro
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

BA a écrit:

D'accord à 100 % avec l'analyse du M-PEP.

Je répète pour la 80ème fois : il faut sortir de l'Union Européenne.

Prochaine bataille : les élections européennes de juin 2009.

Comment gagner la bataille des élections européennes de juin 2009 ?

- 1ère possibilité : chaque mouvement NONiste présente sa liste. Résultat des élections européennes de juin 2009 : les NONistes subissent une branlée.

- 2ème possibilité : les mouvements Républicains NONistes se rencontrent ; ils se parlent ; ils discutent, loin des micros, loin des caméras ; ils négocient un programme commun, valable uniquement pour les élections européennes de juin 2009. Ensuite, les Républicains NONistes présentent une liste, je dis bien une seule liste. Cette confédération des Républicains NONistes devrait exclure les deux extrêmes : extrême-gauche, et extrême-droite.

Je préfèrerais la 2ème possibilité.

BA, moi je pense (oui, cela m'arrive souvent)... qu'il ne faut PAS sortir de l'Union Européenne.

Je comprends que "sortir de l'Union Européenne" soit une solution fétiche pour beaucoup de gens, le genre à satisfaire ceux qui ne savent pas se mettre d'accord sur quoi-que-ce soit si ce n'est pas en imposant leurs points de vue exclusivement. Il est évident qu'en plafonnant le niveau de compétences au summum national, une certaine "aristocratie" politique et economique nationale s'assure un role préponderant. On ne peut leur vouloir d'essayer d'obtenir de l'influence ainsi...

... mais ils se trompent si ils pensent que tout le monde qui se replie apparamment sur les limites de la nation sont des nationalistes convaiçus... le "nationalisme" de la plupart des gens n'est pas nationaliste, il est seulement opportuniste du au fait que hors les règles actuels de l'Union Européenne, et encore plus les règles futures qu'ils essayent encore de mettre en place, ces foutus euro-politichiens et politichiens tout courts, les seuls remparts sur lesquels se réplier sont les structures nationales et leurs lois correspondantes.

Ors, le repli sur les limites nationaux, et la desarticulation tout simple de l'Union Européenne, n'est pas désirable dans le contexte international mondial actuel... parce-que les états-nations européennes n'ont pas la force ni l'autonomie de moyens nécessaire pour faire un poids décisoire dans l'arène mondiale.

Je suis d'accord sur une chose... nous ne voulons évidamment pas d'une Europe qui soit la championne de la dérégulation sociale et économique sur Terre, en concurrence directe avec les Américains, les Chinois, les Russes, etc. L'Europe n'est pas le berceau des droits humains et civiles pour rien et ne peut se convertir dans le pire de ces bourreaux.

Mais enterrer l'Europe n'aide en rien dans la défense de cet acquis en matière de droits humains et civiles, bien au contraire, c'est faire le jeux de ceux qui veulent tout démanteler au plus vite, parce-que chaque pais en soi n'aura pas le pouvoir de résister. C'est par contre une Europe Unie, forte dans ces convictions humanitaires et civiques, qui pourra faire l'example aux autres "potences" et servir d'appui à d'autres pais pour progresser dans la voie de l'humanisation de notre civilization terrestre, au lieu de sombrer tous dans le puits sans fond de la compétence sans limites.

Une Europe forte de ces convictions dans une civilization terrestre multipolaire pourra jouer un role stabilisateur si elle est capable de forger des alliances peut-être différentes dans différents domaines d'une telle façon que ceux qui choisissent pour la confrontation à l'aide de leur potentiel militaire, économique et politique soient chaque fois mis en minorité et hors état de nuire parce-que ils ne seront pas capables de gagner la partie à l'alliance, même temporaire de tous ceux qui ne seront pas d'accord pour le laisser faire.

Dans un monde multi-polaire (à 3, 4, 5, voire plus de poles)... être le plus fort dans un domaine n'est pas assez... il faudrait être plus fort que n'importe quelle coalition possible entre les autres. C'est comme ça qu'on est capable de freiner des gens comme les américains... ils auront l'armée la plus grande du monde, mais ils ne peuvent lutter contre toutes les autres armees réunies. Ils ne sont même pas capables de faire trop d'aventures unilaterales sans l'acquiescense des autres... on voit bien l'impasse dans laquelle ils se sont aventurées dans l'Irak. Et la encore, ce ne sont que les iraquiens qui résistent... ils n'ont pas eu d'aide active des autres poles!

Alors, nous avons besoin de l'Europe comme instrument benéfic pour exercer une influence décisive sur le devenir de la race humaine sur la Terre.

Mais nous sommes bien tous d'accord... l'Europe que voulait instaurer le "Traité Constitutionnel" et que veut encore instaurer le "Traité Modificatif" est justement le contraire de ce que nous pensons qu'est nécésssaire comme Europe pour exercer cette influence bénéfique dont nous revons, nous les peuples. Elle est justement le pire des cauchemars, avec sa compétitivité débridée promue par les marchés libres et non faussées.

Il ne faut donc en aucun cas sortir de l'Union Européenne si nous voulons avoir un quelconque poids sur l'évolution future du devenir de l'humanité.

Il nous faut fédérer autour de nos idées non seulement les NONnistes, même ceux qui le feraient temporairement en se trompant de but, mais aussi les OUIistes qui pourraient comprendre qu'ils se trompent de but en appuyant la construction européenne telle que les politichiens actuels en servants utiles des élites économiques l'ont conçue.

Les peuples, dont la majorité à bien compris le fond de l'enjeu... nous appuierá.

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#16 29-07-2008 14:17:55

gilles
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Que faire avec l'Union Européenne  ?

Merci NingúnOtro d'intervenir dans ce débat, actuellement nous ne sommes pas d'accord et cela qui est intéressant.
Je pense aussi que nous devons remercier Étienne Chouard pour la gentillesse et la générosité avec lesquelles il héberge nos débats.


NingúnOtro a écrit:

BA, moi je pense (oui, cela m'arrive souvent)... qu'il ne faut PAS sortir de l'Union Européenne.

NingúnOtro a écrit:

Je comprends que "sortir de l'Union Européenne" soit une solution fétiche pour beaucoup de gens, le genre à satisfaire ceux qui ne savent pas se mettre d'accord sur quoi-que-ce soit si ce n'est pas en imposant leurs points de vue exclusivement. Il est évident qu'en plafonnant le niveau de compétences au summum national, une certaine "aristocratie" politique et economique nationale s'assure un role préponderant. On ne peut leur vouloir d'essayer d'obtenir de l'influence ainsi...

... mais ils se trompent si ils pensent que tout le monde qui se replie apparamment sur les limites de la nation sont des nationalistes convaiçus... le "nationalisme" de la plupart des gens n'est pas nationaliste, il est seulement opportuniste du au fait que hors les règles actuels de l'Union Européenne, et encore plus les règles futures qu'ils essayent encore de mettre en place, ces foutus euro-politichiens et politichiens tout courts, les seuls remparts sur lesquels se réplier sont les structures nationales et leurs lois correspondantes.

Étienne Chouard, d'autres personnes et toi NingúnOtro, vous pensez que "cette" construction européenne actuelle, n'est pas démocratique, mais que l'on peut encore arriver à rectifier le tir. C'est une opinion que je respecte car c'est celle que j'avais encore il y a peu de temps.

Tu indiques justement que notre position, la mienne, celle de BA et du M-PEP n'est pas une position nationaliste. Tu as raison, pour moi tel que le conçois, et j'invite BA à rebondir dans le débat, c'est le constat qu'après les référendums de 1975 en Grande-Bretagne, en France et aux Pays-Bas en 2005, en Irlande récemment, leur "Union Européenne" ne peut être réformée dans un sens démocratique.

C'est donc pour nous une position opportuniste qui consiste simplement à sortir d'un piège.

Tu es peut-être convaincu à ton insu toi aussi que leur "Union Européenne" ne peut être réformée, mais la vision des États impérialistes te fais peur ou tout du moins te fais réfléchir sur l'opportunité du démantelement de leur "Union Européenne" qui tu le reconnais n'est pas la tienne, mais comme tu le dis toi-même, celle des "politichiens actuels  servants utiles des élites économiques l'ont conçue".

Tu te dis que peut être leur "construction européenne" va te protéger et protéger tes valeurs dans l'arène mondiale mieux que si tu restais isolé et retranché dans un seul pays.

C'est ce que je pensais il n'y a pas si longtemps, donc je comprends ton état d'esprit. L'Europe, notre Europe va se faire le fer de lance de la démocratie, des droits de l'homme, des droits des travailleurs, de la civilisation et de la paix.

Or, examine les faits, je t'en cite que quelques uns, tu pourrais aisément compléter : la démocratie est malmenée par le non-respect des référendums et les directives dont la majorité de la population européenne ne veut pas, (Bolkestein, libéralisation des services postaux, ferroviaires), les droits de l'Homme s'alignent vers le bas tirés par l'influence néfaste du gouvernement actuel des États-Unis, les droits des travailleurs vont aussi vers le bas par la fameuse concurrence libre et le temps de travail doit faire l'objet d'un "libre" (hum, hum) choix de la part du travailleur.

Leur "construction européenne" ne te protège en rien, ni toi, ni tes valeurs, si tu n'est pas un "décideur", comme ils disent. Elle ne constitue même pas un pôle comme tu le souhaites, car sa politique de défense privilégie le développement et l'extension de l'OTAN, sa politique commerciale le libre-échange version US.


En ce qui concerne l'Irak et l'agression des États-Unis envers ce pays, leur "Union Européenne" a brillé par son absence et tant mieux finalement, ce sont les pays, La france de Chirac, l'Espagne de Zapatero qui ont réagi, tu en conviendras.

NingúnOtro, sois honnête avec toi-même, que reste-il franchement à ton goût dans leur "contruction européenne" ?

Merci en tout cas d'avoir exposé tes arguments.

Je remercie BA d'être intervenu, je m'efforcerai de compléter et d'étendre son argumentation de manière plus générale à d'autres pays et à d'autre situations dans une autre contribution.

Dernière modification par gilles (25-11-2008 12:40:44)

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#17 29-07-2008 15:17:18

BA
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

NingúnOtro, je suis en désaccord total avec tout ce que tu écris.

Les OUIstes répètent souvent cet argument : " Hors de l'Union Européenne, la France s'effondrerait ".

En ce qui me concerne, je ne trouve pas cet argument valable. Aujourd'hui, il existe 208 nations. Par exemple, la Fédération Internationale de Football (FIFA) compte 208 fédérations de football différentes.

Vous vous rendez compte ?

208 nations !

Or, la France est la 5ème puissance mondiale.

Et pourtant la France ne pourrait pas résister seule aux puissances émergentes ?

Et pourtant, hors de l'Union Européenne, la France s'effondrerait ?

Ca voudrait donc dire que les 203 nations qui sont moins puissantes que la France s'effondreraient elles-aussi ?

C'est ridicule.

En réalité, c'est le contraire : c'est le fait même d'être à l'intérieur de l'Union Européenne qui est en train de couler la France. Ce sont les contraintes suicidaires de l'Union Européenne qui sont en train d'entraîner la France vers le fond. Je vais comparer la France à un bateau. Le bateau France est aujourd'hui attaché à 26 autres bateaux. Si le bateau France reste attaché aux 26 autres bateaux, les 27 bateaux couleront tous ensemble.

Seule possibilité : reconnaître la réalité, reconnaître que l'Union Européenne est un désastre pour le peuple français, et couper les amarres qui nous relient à l'Union Européenne. En clair : sortir de l'Union Européenne.

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#18 29-07-2008 16:36:57

NingúnOtro
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

BA... j'aurais juré que cela allait être le cas.

Tu as une vue trop étroite sur les faits, si tu ne veux que les interpréter en foncion des besoins que tu croix cruciaux pour la France toute seule.

Peut-être la France ne s'éffondrera pas... mais moi je voudrais bien voir que les autres ne s'éffondrent pas non plus. Pas seulement les plus puissants comme encore l'Allemagne, la Grande Bretagne, les Pays Bas, l'Italie ou l'Espagne... mais j'aimerais aussi voir hors de problèmes tous les autres. Je n'aimerais surtout pas laisser tomber maintenant l'Irlande, après l'énorme faveur qu'ils nous ont fait le 12 juin dernier.

Parce-que la France, rapelle-toi, même si tu crois qu'elle ne s'éffondrera pas... elle à quand même choisi un Sarkozy pour faire tout son possible wink .

En fin, je sais que nous n'arriverons pas à nous trouver tous autour d'un même projet, même partiel, si nous avons des buts incompatibles. Alors, il faudra se separer pour l'organisation de plusieurs groupes qui puissent s'organiser avec une coherence interne complête, et qui ne feront campagne "ensemble mais pas mélées" que pour les points qu'ils puissent partager.

Puis je donc croire, BA, que pour vous ce n'a aucun sens de rejoindre un projet qui travaillerait sur la date d'écheance de juin 2009... puisque en séparatiste net vous allez travailler au niveau national et vous n'avez aucun intéret à faire élire qui que ce soit au Parlement Européen en 2009?

Parce-que nos projets divergeraient donc tant que toute coopération serait inutile et contreproducente.


gilles a écrit:

NingúnOtro, sois honnête avec toi-même, que reste-il franchement à ton goût dans leur "contruction européenne" ?

Ce n'est pas l'analyse que je fais, moi. Indépendamment de ce qui à été fait jusque ici dans la construction européenne, sans tenir compte qui à été à l'origine de quoi... moi je vois ce qui est.

Alors, depuis ma position privilegiée sur la surface de la lune, en réfléchissant selon mes propres convictions et à l'aide de mes propres analyses... je me fais une certaine idée de ce que je voudrais moi que fusse l'Union Européenne...

Après, en comparant les deux... il me faut décider si mon but est plus facile à atteindre en reformant ce qu'il-y-à maintenant tel quel, ou si ce serait plus facile de mettre tout à plat et de recommencer depuis la case départ, a zero.

Et puis... est-ce que le reste du monde va me laisser faire avec la même facilité l'une chose ou l'autre?

Moi, j'ai de sérieuses doutes ladessus.

Pas vous?

Ce dont je suis bien sur, par contre, c'est du fait que les laisser adopter la "Constitution Européenne" ou le batard "Traité Modificatif", ou même un clon génétiquement manipulée pour le faire avaler en deuxième par les irlandais est une tres mauvaise idée!

Même leur laisser l'opportunité de s'amparer de la majorité du Parlement Européen en juin 2009 me paraît une bétise impardonnable.

Dernière modification par NingúnOtro (29-07-2008 18:15:14)

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#19 29-07-2008 18:47:20

BA
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

" Puis je donc croire, BA, que pour vous ce n'a aucun sens de rejoindre un projet qui travaillerait sur la date d'écheance de juin 2009... puisque en séparatiste net vous allez travailler au niveau national, et vous n'avez aucun intéret à faire élire qui que ce soit au Parlement Européen en 2009 ? "

Si.

J'ai un intérêt à faire élire des députés européens qui auront écrit comme priorité dans leur programme électoral : " il faut sortir de l'Union Européenne ".

Si des Républicains NONistes (hors extrême-gauche et hors extrême-droite) ont cette priorité, alors je voterai pour eux en juin 2009.

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#20 04-08-2008 23:16:44

gilles
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Que faire avec l'Union Européenne  ?

http://files.myopera.com/anamorphose/politique/L-ide_ologie_europe_enne.gif


Bonjour à tous, NingúnOtro, BA et tous les autres, je ne rebondis pas sur les derniers propos pour le moment.

Je signale la parution d'un livre d'histoire sur la construction européenne et l'idéologie qui la sous-tend.

http://www.rezolibre.com/detail.php?article=1891

L'histoire est écrite par les vainqueurs, pas par les victimes.

Si nous voulons "gagner", nous devons nous souvenir des luttes de nos prédécesseurs pour la sauvegarde de la démocratie en Europe.


Bonne lecture à tous.

Dernière modification par gilles (05-02-2009 13:37:23)

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#21 08-08-2008 13:44:21

gilles
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Que faire avec l'Union Européenne  ?


PARTIE 2 du message de Jacques Nikonoff

Le Plan Marshall

Le secrétaire d’Etat américain George Marshall propose le 5 juin 1947 un programme d’aide destiné à stimuler la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale. Il sera directement à l’origine de la construction européenne. Ses objectifs sont multiples :

• aider financièrement l’Europe pour empêcher la pauvreté de s’installer, terrain qui serait favorable au communisme et enrayer ainsi l’essor des mouvements populaires en Europe occidentale ;

• permettre à l’économie des Etats-Unis, qui a été modifiée pendant la guerre, de se maintenir à un bon niveau grâce aux exportations vers l’Europe. Les Etats-Unis aident l’Europe qui, avec ces capitaux, peut ainsi acheter des produits américains ;

• favoriser le relèvement économique des pays de l’Europe occidentale en vue de renforcer leur potentiel militaire et économique dans l’éventualité d’une guerre contre les pays socialistes ;

• échapper à la crise économique que les Etats-Unis connaissaient en 1948-1949. Ne trouvant pas sur le marché intérieur une demande solvable suffisante pour leur potentiel de production, le plan Marshall leur permet de financer l’exportation des marchandises par l’Etat.

Les Etats-Unis entendaient, avec ce plan, ne plus « disperser » leur aide. La « coordination » des ressources et des efforts des pays d’Europe occidentale, la marche vers une alliance des Etats capitalistes européens sous la protection américaine étaient une condition à l’obtention des crédits Marshall. C’est ainsi qu’en juillet 1947 se tient la conférence à Paris où 16 pays qui acceptaient les conditions de l’aide américaine créent un Comité de coopération économique européenne. Il avait pour tâche de recenser les ressources économiques de ces pays et leurs demandes d’aide américaine. L’année suivante était créée l’Organisation européenne de coopération économique (OECE), toujours dans le cadre du plan Marshall.


Le 16 avril 1948, création de l’Organisation européenne de coopération économique (OECE)

L’OECE est chargée de dépenser équitablement les crédits entre les différents Etats d’Europe occidentale. Son but consiste aussi à renforcer les relations économiques entre ses membres ainsi que de libéraliser les échanges commerciaux et monétaires. En 1961, l’OECE se transformera en Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). ?


Le 17 mars 1948, signature du traité de Bruxelles instituant l’Union de l’Europe occidentale (UEO)

Les représentants du Benelux, de la Grande-Bretagne et de la France signent le traité de Bruxelles qui institue l’UEO (Union de l’Europe occidentale). Il s’agit d’un pacte régional d’assistance militaire et économique valable sur une période de 50 ans auquel d’autres pays peuvent se rallier. Pour la première fois depuis l’armistice de 1945, les alliances politiques et militaires ne sont plus dirigées contre l’Allemagne mais contre l’URSS. Cet accord précède d’un an la création d’un accord militaire de plus grande ampleur : l’OTAN.

Pour bien montrer le caractère de cette institution, un des présidents de l’UOE, Arthur Conte (député SFIO à l’époque), déclare en 1962 : « dans notre esprit, il ne s’agit, à aucun moment, de constituer en Europe une troisième force… La Communauté européenne n’aura pleine signification et pleine légitimité qu’au sein de la grande famille occidentale… du haut de cette tribune, dès le premier jour de notre session, je tiens à proclamer hautement notre entière solidarité… avec toutes les nations qui sont à nos côtés au sein de l’Alliance atlantique, premier rempart de notre bonheur, et plus particulièrement avec les Etats-Unis d’Amérique qui y portent la plus large charge ».


Le 10 mai 1948, au congrès de La Haye, est créé le Conseil de l’Europe

C’est Churchill qui préside ce congrès dont l’objet est de réfléchir à une possible union européenne. Près de 800 délégués de toutes les tendances politiques de l’Europe occidentale sont réunis en présence d’observateurs américains. Le but du congrès est de mettre en place une union européenne économique, politique, culturelle et monétaire. De cette réunion naîtra le Mouvement européen et le Conseil de l’Europe. ?


Le 4 avril 1949, signature du traité de l’Atlantique Nord (OTAN)

Douze pays occidentaux signent le traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à Washington pour faire face à ce qu’ils appellent la menace soviétique. A cette occasion, le général Bradley, chef d’état-major de l’armée des Etats-Unis, parle de l’Allemagne comme « frontière de défense collective loin de leur territoire, au cœur même de l’Europe ». Les Américains attribueront toujours un rôle particulier à l’Allemagne, pays devant absorber le « premier choc » avec les troupes soviétiques.



II.- Les milieux d’affaires en Europe occidentale et aux Etats-Unis veulent relancer le capitalisme

Les Etats-Unis étaient intéressés au relèvement de l’Europe car leur économie en dépendait pour une part non négligeable. Les grandes entreprises américaines avaient besoin d’ouvrir les marchés européens. Elles disposaient d’un surplus de stocks au lendemain de la victoire et l’industrie de guerre devait être reconvertie en industrie civile.

Mais assez vite les Etats-Unis se trouvent en échec. En effet, les exportations des Etats-Unis vers l’Europe occidentale baissent de 4,2 milliards de dollars (33,7 % du total de leurs exportations) en 1948, à 2,8 milliards en 1953 (18,1%). Les exportations de l’Europe occidentale vers les USA, quant à elles, augmentent légèrement de 1 milliard (5,5 % du total de leurs exportations) en 1948, à 2,2 milliards (7,5 %) en 1953.

Les Etats-Unis cherchent donc à obtenir l’abrogation des restrictions aux importations européennes de produits américains, ainsi que l’abaissement des barrières douanières « sur la base de la réciprocité ». Comme le taux moyen des droits de douane était aux USA supérieur à celui des droits perçus en Europe occidentale, l’abaissement des tarifs douaniers dans des proportions égales par tous les pays, comme le demandent les Américains, ferait que les tarifs seraient toujours plus élevés aux Etats-Unis qu’en Europe occidentale.

Les statistiques du commerce extérieur des Etats-Unis et de l’Europe occidentale montrent que les Etats-Unis n’ont pas réussi à réaliser leurs plans d’expansion économique à un degré qui aurait permis de consolider leur domination économique sur les marchés extérieurs.

De leur côté, les pays d’Europe occidentale, dépendant de leurs réserves de devises pour les achats de produits américains, préféraient les économiser dans leurs échanges réciproques. C’est pourquoi, au début de l’après-guerre, ils pratiquèrent essentiellement des échanges bilatéraux. Les accords bilatéraux fixaient la quantité et l’assortiment des marchandises, ainsi que les modalités de règlement. L’export-import s’effectuait contre une monnaie convenue, et il était ainsi possible de compenser les échanges (clearing). Mais il apparut dès la fin de 1947 que cette méthode freinait l’extension du commerce intra-européen, car effectuant les échanges sur la base du clearing, les pays ne pouvaient pas satisfaire leurs besoins croissants.

C’est ainsi qu’en novembre 1947, la Belgique, le Luxembourg, la France et l’Italie signèrent un accord de clearing multilatéral auquel adhéra peu après la zone d’occupation anglo-américaine en Allemagne de l’Ouest. Chaque mois les banques centrales de ces pays présentaient à la Banque des règlements internationaux (BRI) les montants à régler par compensation. Mais les devises manquaient toujours aux pays d’Europe occidentale pour couvrir ce solde.

Sur l’initiative des Etats-Unis, un accord était passé le 16 octobre 1948 entre les pays participant au plan Marshall. Le pays devenu créancier à la suite du clearing était tenu de fournir au pays débiteur la somme nécessaire pour couvrir sa dette en monnaie nationale. En échange il recevait des USA une somme équivalente en dollars, au titre de l’aide conditionnelle – déjà les aides conditionnelles ! - prévue par le plan Marshall. Les Etats-Unis prenaient ainsi en charge la dette du pays débiteur et augmentaient de ce montant leurs exportations vers l’Europe. Tout cela plaçait l’extension du commerce de l’Europe occidentale sous la dépendance des Etats-Unis.

Mais ce système de règlements ne satisfaisait entièrement ni les grandes entreprises américaines, ni les pays d’Europe occidentale. D’une part, en maintenant leurs restrictions aux importations, certains pays freinaient l’accroissement des exportations américaines vers l’Europe occidentale. D’autre part, la dette d’un pays vis-à-vis d’un autre étant couverte à 100 % par des marchandises américaines, le pays créancier était obligé d’accepter ce que lui proposaient les Etats-Unis, et cela ne correspondait pas toujours aux besoins.

Tout cela déboucha sur l’Union européenne des paiements (UEP) en septembre 1950 : Autriche, Belgique, Luxembourg, Angleterre, Grèce, Islande, Irlande, Pays-Bas, Norvège, Danemark, Portugal, France, République fédérale d’Allemagne, Suède, Turquie. L’UEP devait principalement effectuer le clearing des règlements entre les pays membres concernant tous les chapitres de la balance des paiements. L’UEP accordait ou obtenait d’autre part des crédits et procédait aux règlements en dollars et en or de la dette ainsi formée. L’UEP exista jusqu’en 1958 date à laquelle la plupart des pays européens avaient établi la convertibilité partielle des monnaies, les restrictions sur les changes avaient été atténuées et le clearing s’avéra superflu.

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#22 08-08-2008 13:49:07

gilles
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Que faire avec l'Union Européenne  ?

Partie 3 du long message de Jacques Nikonoff

III.- Une partie de la gauche européenne croit aux Etats-Unis d’Europe sur des bases généreuses mais parfaitement démagogiques

Je ne vais pas remonter à Saint-Simon ou à Victor Hugo et à son discours au Congrès de la paix du 21 août 1849, un an après la révolution de 1848, où il évoque les « Etats-Unis d’Europe ».

Je partirais de 1930 quand Aristide Briand, co-fondateur avec Jean Jaurès du parti socialiste français, rédacteur du rapport sur le projet de loi établissant la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ministre des Affaires étrangères, propose à 27 pays européens (URSS exceptée) de créer un lien fédéral : l’ « Union fédérale européenne ». Ce projet devait favoriser les positions de la France en Europe, étant dirigé contre l’influence prépondérante de l’Angleterre et aussi des Etats-Unis qui conquéraient des positions toujours nouvelles sur les marchés étrangers. Il a été rejeté en France comme à l’étranger.

Mais c’est en Allemagne de l’ouest que l’on se mit à propager, immédiatement après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’idée de l’union économique et politique des pays d’Europe occidentale. En été 1945, dès que les autorités d’occupation eurent commencé à fonctionner en Allemagne, le peuple allemand fut autorisé à fonder des partis politiques. La CDU fut fondée dans la zone britannique et l’Union chrétienne sociale (CSU) dans la zone américaine en Bavière. Dès la première déclaration de la CDU on pouvait lire : « L’Allemagne ne peut pour le moment mener qu’une politique extérieure limitée. Son but doit être de participer sur un pied d’égalité à la coopération pacifique des peuples, à l’union des nations ». Il s’agissait clairement d’utiliser toutes les opportunités de construction européenne comme d’un marchepied pour la restauration de la puissance allemande.

Pour la CSU : « nous sommes en faveur d’une Confédération européenne pour préserver et développer en commun la culture chrétienne occidentale, aucun pays d’Europe ne peut exister isolément. Nous préconisons la création d’une union européenne économique et monétaire. Nous exigeons la suppression des frontières douanières entre les Etats d’Europe ». Observons au passage que le mythe de la prétendue impossibilité du célibat politique en Europe existait bien avant la mondialisation !

Quant aux socialistes, ils tenaient les 24 et 25 avril 1948 une Conférence internationale des partis socialistes européens. Ils y décidaient que « c’est dans le cadre des Etats-Unis de l’Europe libre, considérés comme une étape vers l’unification du monde, que peuvent le mieux être atteints dans la paix les objectifs économiques, sociaux, politiques et culturels des travailleurs de ces pays ».

Sur le plan politique en France, les choses sont désormais claires : reniement progressif des gaullistes ; enthousiasme sans cesse répété des démocrates-chrétiens ; opposition constante des communistes ; double langage des sociaux-démocrates qui font dorénavant de la construction européenne un substitut au socialisme auquel ils ont renoncé.

Cette stratification politique française s’observe lors des 3 référendums qui ont concerné l’Europe.


1.- Les Français ont été consultés par référendum le 23 avril 1972 sur l’élargissement de la CEE au Royaume-Uni, l’Irlande, le Danemark et la Norvège.

Les Norvégiens diront « non » et depuis ce temps ne font pas partie de l’Union européenne. Ils ne s’en portent d’ailleurs pas trop mal, et même mieux que la plupart des pays membres, particulièrement de ceux faisant partie de la zone euro. En France, il y a 40 % d’abstentions, 7 % de blancs, 67,7 % de « oui ». Le « oui » obtient 10 850 000 voix et le « non » 5 millions.

• Ont appelé à voter « oui » : le Centre démocrate de Jean Lecanuet (CD), le Centre démocratie et progrès de René Pleven, Jacques Duhamel et Joseph Fontanet (CDP), l’UDR de Jacques Chirac, les Républicains indépendants de Giscard d’Estaing (RI).

• Ont appelé à voter « non » : le PCF et l’Association pour la fidélité à la mémoire du général de Gaulle (Pierre Lefranc).

• Le Parti socialiste s’est abstenu.


2.- Le 20 septembre 1992 les Français étaient appelés à se prononcer par référendum sur le traité de Maastricht.

Il est approuvé à une majorité de 51 %. Le « oui » obtient 13 100 000 voix et le « non » 12 600 000.

Ont appelé à voter « oui » : le PS, le PRG, l’UDF, Jacques Chirac, Alain Juppé, Édouard Balladur du RPR.

• Ont appelé à voter « non » : le PCF, Jean-Pierre Chevènement (PS), Philippe Séguin, Charles Pasqua (RPR), Philippe de Villiers (UDF), le FN.

• Le RPR n’a pas donné de consigne de vote.


3.- Le 29 mai 2005, les Français étaient appelé par référendum à se prononcer sur le projet de Constitution européenne.

Une majorité de français, 55 %, répondent « non » (15 450 000 voix, et 12 800 000 pour le « oui »).

• Ont appelé à voter « oui » : le PS, les Verts, le PRG, l’UDF, l’UMP.

• Ont appelé à voter « non » : l’extrême gauche (PT, LCR, LO), le PCF, des Verts minoritaires, le MDC, le FN, le MPF, Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon, Henri Emmanuelli, Marc Dolez (PS minoritaires), Émile Zuccarelli (PRG minoritaires).


Au total :

Au nom de l’Europe, la construction de l’Europe a organisé la division de l’Europe ; au nom de la paix, elle s’est érigée en bloc militaire contre une autre partie de l’Europe. La mystique de l’Union européenne, nourrie par l’horreur de deux guerres mondiales, est retombée : les peuples européens sont aujourd’hui profondément pacifiques. Aucune guerre ne saurait plus éclater entre les grands pays européens sur un continent que les rêves d’hégémonie ont déserté depuis plus d’un demi-siècle. Ce n’est pas l’Union européenne qui a permis la paix, mais c’est la paix, obtenue par la victoire sur le nazisme, qui a permis l’Union européenne. Faire aujourd’hui de l’Europe un rempart contre la guerre, comme nous l’entendons tous les jours, relève d’une propagande grossière, même si nous ne sommes pas à l’abri de conflits ethniques, voire tribaux, ou d’affrontements intercommunautaires sur notre continent. Ces risques réels nous font d’ailleurs mieux apprécier les vertus de la nation républicaine.

L’Europe dont on nous parle n’est pas l’Europe mais une partie de l’Europe. Bien sûr elle réalise des coopérations techniques et économiques, mais c’est entre oligarchies. Elle a organisé les marchés, mais c’est en fonction d’énormes intérêts privés. Son ressort est la recherche du profit privé, pas l’intérêt des nations et des travailleurs. Le Marché commun n’a apporté aucune satisfaction aux travailleurs.

L’intégration européenne est une intégration capitaliste. Elle se traduit donc, inévitablement, par la mainmise des groupes capitalistes et notamment des plus forts, ceux des USA. Dès sa naissance, cette « construction » européenne était à dominante atlantiste. Les Etats-Unis d’Europe sont en réalité l’Europe des Etats-Unis.


La CECA en 1951 et le traité de Rome en 1957 portaient déjà clairement le fanatisme du marché

Schuman propose un plan pour l’Europe

Le ministre des Affaires étrangères Robert Schuman, dans une déclaration faite le 9 mai 1950, lance l’idée d’une Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Ce plan renforce le rapprochement franco-allemand et les bases de l’Union européenne qui avait été établies précédemment. Malgré le refus de l’Angleterre, la CECA sera mise en place lors du traité de Paris le 18 avril 1951. Schuman sera surnommé « le père de l’Europe » et le 9 mai deviendra le « Jour de l’Europe ». ? Ce plan est le fruit du travail secret d’une équipe restreinte de 9 technocrates (Jean Monnet, Etienne Hirsch, Pierre Uri, etc.), tous aussi attachés à la « solidarité atlantique » et à la « défense du monde libre » qu’à l’idée européenne, et dépourvus de tout mandat du parlement ou du gouvernement. Même le président du Conseil, Georges Bidault, n’était pas au courant, et pourtant son gouvernement adopte la Déclaration le 9 mai. Jean Monnet, dans ses mémoires, appelle cette équipe les « conjurés ». Le secret fut total, à l’exception de Dean Acheson, le secrétaire d’Etat américain, qui fut consulté la veille…

Dans cette façon de faire, qu’on appellera la méthode Monnet, reprise ensuite par Jacques Delors, figurent trois ingrédients principaux :

• D’abord une vision stratégique du « détour » (l’union politique par l’économie ou ultérieurement par la monnaie).

• Ensuite l’idée d’un intérêt général européen distinct des intérêts nationaux dont la définition n’appartiendra pas seulement aux gouvernements mais à une institution originale : la Commission européenne conçue comme un catalyseur de cet intérêt européen commun, grâce en particulier à son monopole de la proposition.

• Enfin la règle du vote à la majorité, à l’intérieur du Conseil.

La méthode Monnet permet de progresser de biais, de l’économie à la monnaie, puis de celle-ci à une union politique fédérale, en court-circuitant le débat démocratique. L’autre méthode, celle de la coopération intergouvernementale, implique l’unanimité et débouche soit sur le plus petit dénominateur commun, soit sur une Europe à géométrie variable. C’est celle qu’il faut promouvoir.


La création de la CECA

La CECA rassemble six États fondateurs (Belgique, République fédérale d’Allemagne, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas). Ils signent le traité de Paris qui a pour but de faciliter le rapprochement politique des Six en instituant un marché commun du charbon et de l’acier et en éliminant entre eux les entraves à la libre circulation de ces marchandises. Il entrera en vigueur le 23 juillet 1952. L’objectif proclamé est d’assurer « l’établissement de bases communes de développement économique, première étape de la Fédération européenne ».

La CECA possède déjà des organismes internationaux supranationaux : une Haute Autorité, un Conseil Consultatif, un Conseil des Ministres, une Assemblée parlementaire et une Cour de justice.

L’Angleterre refusa de participer à cette union pour maintenir le régime préférentiel sur les marchés impériaux, au sein du bloc sterling. A l’égard des pays tiers, la CECA pratique une politique commune qui dépend de la conjoncture économique. Elle ne prévoyait pas la circulation libre et illimitée des marchandises de tous les pays et à tous moments.

C’est ainsi que de 1954 à 1964, les Etats-Unis, l’Angleterre et le Japon ne parviendront pas à augmenter leurs exportations d’acier vers les pays de la CECA (2 millions de tonnes, alors que les trusts de l’acier des Six augmentaient leurs ventes globales entre eux de 10 millions de tonnes).


Ouverture de la Conférence de Messine

Les ministres des Affaires étrangères des six Etats membres de la CECA se réunissent à Messine le 1er juin 1955 afin de relancer la construction européenne afin de ne pas rester sur l’échec de la Communauté européenne de défense (CED). Ils envisagent d’unifier leurs économies nationales respectives au sein d’un même marché. De cette conférence vont naître deux traités, l’un créant la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom) et l’autre la Communauté économique européenne (CEE). Ces deux textes seront signés à Rome par les Six, le 25 mars 1957.


Signature du traité de Rome

Les six États membres de la CECA décident donc le 25 mars 1957 de construire une Communauté économique européenne sur la base d’un marché commun plus large, couvrant toute une gamme de biens et de services. Les droits de douane industriels sont totalement éliminés le 1er juillet 1968 et les politiques communes, principalement la politique agricole et la politique commerciale, seront mises en place durant la décennie qui suivra. La CEE devait aboutir à la création d’un marché commun, fondé sur les quatre libertés de circulation des marchandises, des personnes, des capitaux et des services, et conduire au rapprochement progressif des politiques économiques.

Il est prévu que la CEE soit régie par plusieurs institutions : la Commission, qui veille au respect du traité et tient un rôle d’exécution ; le Conseil des ministres, rassemblant, selon les sujets, les ministres des Etats membres ; l’Assemblée et la Cour de justice, qui sont également chargées de la CECA et de l’Euratom. Le traité de Rome entrera en vigueur le 1er janvier 1958. ? Toutes ces institutions et leur activité sont antidémocratiques et au service des milieux d’affaires européens. Elles sont aux mains d’un appareil entièrement technocratique. Par delà les justifications idéologiques ou rhétoriques qu’on a prétendu lui donner, le Marché commun a été créé par les monopoles et pour les monopoles. Il n’a jamais été le cadre « neutre » que certains affirmaient.

Il visait à :

• la division internationale du travail ;

• évincer la concurrence des pays tiers grâce à un système de protectionnisme collectif ;

• créer une zone économique privilégiée pour les monopoles des Six en « association » avec des pays peu développés (Grèce et Turquie) et 18 pays africains (francophones). L’objectif était de maintenir ces pays dans la sphère d’influence des Six, de faciliter la monopolisation de leurs marchés, d’évincer de ces marchés les concurrents extérieurs.

Tout cela n’a rien à voir avec le rêve idéaliste et démagogique de l’ « abolition des frontières ». Il était question au contraire d’ériger de nouvelles barrières économiques : tarif douanier commun discriminatoire notamment avec les pays de l’Europe de l’Est.

Bloc d’Etats capitalistes, le Marché commun était un instrument de lutte contre les pays socialistes, quelque soit l’opinion que l’on porte sur les régimes politiques de ces pays. Pour les Etats-Unis, c’était la base économique de l‘OTAN. C’est tellement vrai que lorsqu’on discuta en 1962 de l’adhésion éventuelle de la Suède et de la Suisse au Marché commun, on leur dit que c’était impossible car ces pays étaient « neutres » !


L’élargissement de la CEE

Le premier élargissement fait passer les Communautés de six à neuf membres en 1973 en intégrant l’Irlande, le Royaume-Uni, le Danemark. Il s’accompagne de la mise en œuvre de nouvelles politiques sociale, environnementale, régionale avec la création du Fonds européen de développement régional (FEDER).

L’élargissement n’a nullement pour objectif de constituer une « troisième force » entre le bloc soviétique et les Etats-Unis, mais, pour des raisons économiques, politiques et stratégiques, de consolider la composante européenne du bloc atlantique. Pour les monopoles les frontières sont devenues trop étroites. Les autres élargissements, méditerranéens cette fois-ci, seront une sorte de redéploiement Nord-Sud à l’intérieur de l’Europe géographique dans des pays où le coût de la main d’œuvre est très avantageux, sur le plan industriel et agricole…


Le démantèlement des protections

L’union douanière était le moyen le plus immédiat de l’intégration. Elle supposait l’abaissement progressif des barrières douanières et la suppression des contingentements. A cette époque les droits de douane dans de nombreuses branches étaient tels qu’ils assuraient en général un abri suffisant face à la concurrence étrangère. C’était particulièrement vrai pour la France : les automobiles allemandes ou italiennes devaient payer 30 % de droits de douane à l’entrée en France, pour les vins, ce droit s’élevait jusqu’à 40 %, pour les appareils photo à 25 %, pour les tissus entre 10 et 25 %, etc.

Des contingentements, en outre, limitaient la pénétration étrangère sur le marché national. Dans de nombreux cas, les importations ne pouvaient excéder 1 % de la production nationale.

Tout cela était gênant pour l’expansion du capital. Le 1er janvier 1959, un premier abaissement de 10 % des droits de douane intervenait entre les Six, tandis que les contingentements étaient relevés à 3 % de la production nationale de chaque pays.

Le grand capital n’eut de cesse d’accélérer l’ouverture des frontières, notamment par l’élargissement de l’Union européenne...

Jacques Nikonoff

Dernière modification par gilles (10-08-2008 21:54:19)

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#23 30-09-2008 21:43:10

gilles
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Que faire avec l'Union Européenne  ?


L’Union européenne est une machine à fabriquer du néolibéralisme, du nationalisme, de la xénophobie, de l’extrême droite et de la pauvreté !

Les forces nationalistes, xénophobes et d’extrême droite n’ont fait que proliférer au sein de l’Union européenne, comme conséquence, d’une part, des politiques néolibérales appliquées dans chaque pays et à l’échelon communautaire, et d’autre part d’un fonctionnement totalement antidémocratique. L’idée qu’il faut « sortir de l’Europe » (comprendre sortir de l’Union européenne) est en passe de devenir majoritaire, mais pour de mauvaises raisons car fondées sur le nationalisme et la xénophobie et non sur un rejet conscient du néolibéralisme, dans le but de reconstruire une véritable union internationaliste. Le résultat des élections législatives en Autriche de septembre 2008 en est une illustration tragique qui devrait amener à réfléchir tous les eurobéats. La gauche européiste a été battue pratiquement partout en Europe. Quant à la gauche du « non », elle n’est pas audible : comment comprendre qu’elle tire à boulets rouges – avec raison – sur les politiques de l’Union européenne, qu’elle demande de « sortir de l’eurolibéralisme », contribuant ainsi à alimenter le sentiment « anti-européen », et qu’elle n’en tire pas les conséquences logiques qui sont de sortir de ce système pour bâtir autre chose ?

Du coup, il n‘existe pas en Europe de débat politique digne de ce nom sur la question européenne. Tout effort de reconstruction d’un autre ensemble européen, et intégrant peut-être les deux rives de la Méditerranée, ne sera possible qu’en politisant et repolitisant la population. Pour y parvenir, la mise en mouvement des vecteurs traditionnels de l’éducation populaire et du débat idéologique est nécessaire : intellectuels, élus, syndicats, partis politiques, associations ont un rôle à jouer. Or, parmi les Vingt-Sept, rares sont les pays disposant de forces militantes susceptibles de faire bouger les lignes à court et même à moyen terme sur de telles bases politiques. Dès lors, le message qui consisterait à demander aux peuples ayant eu l’opportunité de s’exprimer par référendum, comme en France, aux Pays-Bas et en Irlande, d’attendre que les autres peuples soient au même niveau, ne peut aboutir qu’à une profonde démobilisation et à encourager les forces les plus radicalement réactionnaires.

C’est pourquoi, aujourd’hui, la mobilisation des peuples pour un nouveau traité passe par le démantèlement de l’Union européenne telle que nous la connaissons et par la construction, parallèlement, d’un nouvel ensemble politique. Les peuples les plus avancés (Irlande, France, Pays-Bas) ne resteraient plus l’arme au pied, au risque de se démobiliser. De surcroit, l’électrochoc d’une sortie de l’Union européenne à la suite d’un référendum dans un des Etats-membres – particulièrement dans un Etat fondateur comme la France – serait susceptible de mettre du débat là où il n’y a plus que le silence.

Dernière modification par gilles (24-11-2008 16:43:04)

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#24 07-10-2008 12:55:53

gilles
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

De bons débats sur leur "Union Européenne" sur la section politique des Questions-Réponses de Yahoo.


http://fr.answers.yahoo.com/question/in … oUS76gOqF1

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#25 24-11-2008 16:38:36

gilles
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Faut-il mettre « plus de social et de démocratie » dans le « projet » européen ?


Bien sûr ! Tout le monde, d’ailleurs, est d’accord, de la gauche à la droite. Personne ne peut dire le contraire, et une telle affirmation n’engage pas vraiment à grand chose. La vraie question n’est pas là, elle est de savoir à quelles conditions c’est possible. Or tant la situation politique et idéologique actuelle au sein de l’Union européenne que les réalités juridiques des traités européens rendent cette aspiration légitime très peu probable.

Nous serons probablement tous d’accord pour reconnaitre que les 27 gouvernements qui composent l’Union européenne ne veulent pas renoncer au traité de Lisbonne. Ce traité, nous en conviendrons tous, non seulement n’est pas propice à l’épanouissement de politiques sociales et démocratiques, mais il vise au contraire à leur étouffement. Donc, avec le traité de Lisbonne, il n’y a rien à attendre dans ces domaines.

Il faudrait par conséquent un autre traité qui prenne en compte ces préoccupations. Comme les 27 gouvernements actuels de l’UE ne veulent pas de nouveau traité, il n’y a que deux solutions : soit les peuples concernés renversent leurs gouvernements, soit les gouvernements changent lors des prochaines élections. Des renversements de gouvernements sont toujours possibles, mais pour qu’ils aient un impact à l’échelle de l’Union européenne il en faudrait plusieurs à échéances rapprochées afin de créer une masse critique susceptible de peser sur l’orientation de l’Union européenne. Nous ne croyons pas à une telle stratégie qui ne repose que sur des chimères.

Reste la deuxième solution : les gouvernements dans les 27 pays de l’UE changent lors des prochaines élections, et de nouvelles équipes favorables à une Europe sociale et démocratique se mettent en place. C’est ce que nous espérons. Mais le chemin de croix ne sera pas terminé pour autant, car la signature d’un nouveau traité nécessitera l’accord dans les mêmes termes de tous les pays signataires. Qui peut croire, à horizon humain, qu’une telle configuration politique puisse advenir ? Et encore ne reste-t-on ici que dans le cadre étriqué des Vingt-Sept, sans évoquer, entre autres, l’entrée de la Turquie et de la Russie dans une forme d’union européenne.

Ces deux hypothèses – renversement des gouvernements et élections de majorités favorables à une Europe sociale et démocratique dans les 27 pays – sont donc toutes les deux parfaitement chimériques.

Elles sont, de surcroit, démobilisatrices. En effet, une telle stratégie revient à dire à chaque peuple de l’Union : « renversez votre gouvernement, ou changez de majorité lors de la prochaine élection, et attendez que les 26 autres peuples en fassent autant chez eux ». Et si les autres peuples ne le font pas, que fait-on ?

Bref, il existe tellement de conditions nécessaires pour mettre davantage de démocratie et de social dans le cadre actuel de l’Union européenne, que c’est le cadre lui-même qu’il convient de changer.

Dernière modification par gilles (24-11-2008 16:45:32)

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#26 24-11-2008 20:52:44

NingúnOtro
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Quel est donc votre point? J'avoue que je n'arrive pas à trouver ou vous voulez arriver.

Déconstruire, surtout quand c'est aux autres qu'on demande un effort, est facile... mais qu'est-ce qu'il nous restera une fois déconstruit... et qu'est-ce que vous pensez pouvoir construire d'alternatif à partir de la?

Faudrait peut-être proposer quelques-unes de vos idées, qu'on puisse établir si cela vaut la peine de vous écouter... avant de faire ce que vous demandez aveuglement.

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#27 24-11-2008 23:30:57

Étienne
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#28 25-11-2008 12:39:44

gilles
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Que faire avec l'Union Européenne  ?

à Étienne, merci pour les liens url, je n'ai vu qu'encore que la première vidéo, Pierre Hillard a l'air prometteur, son analyse basée sur le long terme est pertinente. Bon, il faut du temps pour tout voir.

à NingúnOtro, tu conviendras avec moi qu'il est impossible structurellement de  part les traités d'améliorer dans un sens plus démocratique et plus social leur "construction européenne". À moins que tu penses le contraire et que tu argumentes en ce sens.

Faut-il que les Vingt-Sept se réunissent pour trouver une issue ?

Nous ne pensons pas que les 27 gouvernements actuellement en place en Europe soient aptes à trouver une issue favorable au progrès social et démocratique en Europe, à son indépendance et à la solidarité internationale. La seule issue qu’ils peuvent trouver – et c’est ce qu’ils ont annoncé - relève des combines, des artifices et des manœuvres pour continuer à faire vivre le traité de Lisbonne alors qu’il est juridiquement mort.

Dernière modification par gilles (25-11-2008 13:11:57)

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#29 25-11-2008 13:00:34

gilles
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Après l'Union Européenne, quoi d'autre  ?

à NingúnOtro, voilà les propositions auxquelles je souscris et la construction politique alternative à laquelle j'adhère. Tu remarqueras qu'elle n'est pas étroitement nationaliste et qu'elle en prend compte un point de vue mondial d'équilibre des échanges.

Il s'agit de la position partagée par le M-PEP, le mouvement pour une éducation populaire.


http://www.m-pep.org/

Les pays européens sortis du carcan "Union Européenne", agiraient pour construire un nouvel ordre international. Le contenu de la Charte de La Havane, concernant le commerce international, serait proposé à chaque pays membre de l’Ex-Union européenne – mais aussi à tous les pays - dans le cadre de traités bilatéraux.

Élaborée du 21 novembre 1947 au 24 Mars 1948 par 53 pays capitalistes, la Charte de la Havane devait déboucher sur une Organisation Internationale du Commerce (OIC), dans le cadre de l’ONU, en complément du FMI et de la Banque mondiale. Il s’agissait de reconstruire un ordre économique international cohérent après la Seconde Guerre mondiale. Cette OIC n’a jamais vu le jour car le Congrès américain, qui venait de changer de majorité, s’est opposé à sa ratification. Il estimait que les Etats-Unis devaient s’assurer une totale liberté pour écouler leur surplus de marchandises aux pays qui en étaient dépourvus au lendemain de la guerre.

Le point le plus important de la Charte de la Havane est :

L’article 1 qui en fixe les buts indique clairement qu’il s’agit « d’atteindre les objectifs fixés par la Charte des Nations Unies, particulièrement le relèvement des niveaux de vie, le plein emploi et les conditions de progrès et de développement ». De même, l’article 2 précise que « la prévention du chômage et du sous-emploi est une condition nécessaire pour (…) le développement des échanges internationaux et par conséquent pour assurer le bien-être de tous les autres pays ».

La recherche de l’équilibre de la balance des paiements (art. 3- 4- 21) est le principe essentiel de la Charte. Il montre le mieux les différences entre les mesures préconisées par l‘OIC et celles pratiquées par l’OMC. Selon la Charte, les relations bilatérales doivent reposer sur ce principe : « Aucun pays, à long terme ne peut fonctionner avec une balance déficitaire ». Le texte précise que « les Etats membres chercheront à éviter les mesures qui auraient pour effet de mettre en difficulté la balance des paiements des autres pays ». Et l’article 21 détaille « les restrictions destinées à protéger la balance des paiements », cependant strictement encadrées par l’OIC.

Tout ceci est à l’opposé de la concurrence effrénée pour la conquête des marchés et de la « priorité aux exportations » pratiquées dans le cadre de l’OMC et de l’UE. La Charte par ailleurs n’hésite pas à avoir recours à des mesures de protection, diabolisées par le néolibéralisme. Grâce à ce principe d’équilibre de la balance des paiements, le commerce international devient une pratique de coopération et non d’affrontement : c’est la fin de la guerre commerciale.


Je t'ai répondu, les alternatives sont à la portée de notre volonté, à toi d'étudier, de te renseigner, de réfléchir, d'argumenter et de me répondre.

Dernière modification par gilles (25-11-2008 13:27:00)

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#30 25-11-2008 13:22:43

NingúnOtro
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

gilles a écrit:

à NingúnOtro, patience, mon raisonnement pour sortir du piège de leur "construction européenne" doit être aussi construit que le piège lui-même. Il ne s'agit de se débattre sans réfléchir et resserer les mailles du filet. Déjà, tu veux sauter aux conclusions, alors que je pense que tu conviendras avec moi qu'il est impossible structurellement de  part les traités d'améliorer dans un sens plus démocratique et plus social leur "construction européenne". À moins que tu penses le contraire et que tu argumentes en ce sens.

Je suis bien d'accord, aparamment, sur la méthode... réfléchir profondement, et patience. Mais je pratiquerais cela d'une forme globale et consistente, et pas seulement comme argument lapidaire quand cela convient ocasionellement.

Je veux bien te croire quand tu dis que le piège est assez élaboré et qu'il faut réfléchir pour que la réponse soit encore plus effective que le piège... mais, faudrait croire, entre toi et moi... qu'on ne se sent pas dans le même genre de piège. Ou plutôt... que tu voudrais utiliser l'existence du piège pour élaborer une sortie de celui-ci dans une direction concrète qui se trouve plus proche de tes propres idées que certaines autres. Voire que comme tes idées et les miennes sont impossibles de reconcilier on ne va manifestement pas collaborer pour essayer de sortir de "ce piège" ensemble.

Ce que je ne trouve pas consistent dans tes actions vis à vis de tes paroles... c'est que tu reclames le droit à la patience et à l'élaboration de raisonnements "aussi construits que le piège lui-même, mais que tu est pret à ne pas laisser l'usage de ces mêmes methodes aux autres, ou plutôt que t'es pas prêt à renoncer aux mêmes stratégies insidieuses que tu reproches à tes adversaires... tes arguments dans le commentaire de 17:38h hier sont tout sauf profonds et d'une construction éthique et logique irréprochable... de la pure propagande visant les bas instincts plutôt que le raisonnement judicieux. Des jours ou je faisais un petit cours expréss pour être vendeur du Club des Lecteurs en faisant du porte à porte, payé à comission sur les résultats... je n'aurais trouvé mieux.

Je vois qu'il y à du nouveau... je contuinue tantôt.

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#31 05-12-2008 10:17:17

Étienne
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Frédéric Lordon a produit un papier très intéressant sur son blog :

Cette Europe-là est irréparable
http://blog.mondediplo.net/2008-11-30-C … rreparable


Jean Quatremer a réagi (de triste façon, comme d'habitude quand on ose critiquer son dieu UE) :

Europe et concurrence: l'imposture Frédéric Lordon
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/co … -frdr.html


Et Frédéric a rédigé une réponse que je trouve absolument délicieuse :

RQPJQ (Rien Que Pour Jean Quatremer)
http://blog.mondediplo.net/2008-12-01-R … -Quatremer




Cette Europe-là est irréparable
30 novembre 2008, par Frédéric Lordon

Dans une sorte d’apothéose de bêtise doctrinaire et avec un insurpassable sens de l’à-propos historique, la Commission européenne, en l’occurrence incarnée par Mme Kroes, gardienne des règles de la concurrence, vient d’intervenir dans le grand débat de la crise financière. Pour dire que les injections d’un total de 10,5 milliards d’euros décidées par l’Etat français pour recapitaliser six banques (BNP Paribas, Crédit agricole, Banques populaires, Crédit mutuel, Société générale, Dexia) étaient illégales au regard des saintes lois de la concurrence libre et non faussée [1].

Le Traité européen piétiné par ses partisans mêmes

Il faut bien lui accorder que, sur le papier et d’un point de vue tout à fait formel, elle n’a pas complètement tort. Il y a bien en effet dans l’adorable Traité de Lisbonne un article 107 qui interdit les aides d’Etat [2]. À la vérité il — l’article 107 — n’est pas le seul à connaître les derniers outrages en cette époque de sauve-qui-peut-tout-va-s’écrouler. À cet égard, on pourra voir le symptôme d’une certaine gêne dans le silence discret des usuels admirateurs de l’Union européenne, hormis peut-être Bernard Guetta et Jean Quatremer, qui ne connaissent aucun jour férié et, en toute occasion, trouvent l’Europe à son meilleur. Le fait est qu’en un mois à peine les impérieuses nécessités du bord du gouffre n’ont pas laissé aux gouvernements européens d’autre choix que de cesser de finasser et de faire tout ce que devaient sauf à aller au grand effondrement — entre autres piétiner allègrement une bonne poignée d’articles jusqu’ici réputés intouchables du Traité européen. Mieux valait donc ne pas trop s’étendre sur ces irrégularités et rester discret à propos de ces intempestifs piétinements en espérant que, le gros de la crise passé, et quelques effets d’amnésie aidant, tout rentrerait dans l’ordre de la légalité européenne un instant suspendue, d’ailleurs c’est déjà oublié.

Il va falloir pourtant rester vraiment discret pour que tout ceci ne se voie pas car pour quelques unes de ses dispositions d’ordre économique les plus fondamentales, le Traité, mine de rien, est à l’état de courageuse pelouse municipale un dimanche de rugby un peu pluvieux.

L’article 130 qui interprète le principe d’indépendance de la banque centrale comme l’obligation d’une absence complète de rapport avec les gouvernements, n’en a pas moins vu Jean-Claude Trichet faire estrade commune avec Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, José-Manuel Barroso et Gordon Brown (hors euro !). Bien mieux : l’article 123, qui interdit à la Banque centrale européenne de prêter « aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales aux autres autorités publiques des Etats membres » ne l’a pas retenue d’ouvrir un crédit de 5 milliards d’euros à un gouvernement, hongrois en l’espèce, qui plus est pas même membre de la zone euro ! L’article 126, qui encadre strictement les déficits et les dettes des Etats, s’apprête pour sa part à passer un moment difficile alors que les milliards d’euros volent en direction des banques, que les dettes publiques enflent par demi-douzaines de points de PIB pour sauver la finance et, surtout, que s’annonce une récession d’une extraordinaire sévérité.

Et puis il y a la concurrence… L’article 101, qui interdit les constitutions de positions dominantes et sert plus généralement de dissuasion aux opérations de concentration, n’a visiblement pas fait le moindre obstacle aux mouvements de restructuration bancaire, d’ailleurs encouragés par les Etats qui n’y ont vu que l’opportunité d’économiser un peu les finances publiques en organisant la reprise des banques les plus fragiles par celles qui l’étaient un peu moins. Du rachat de Fortis par BNP-Paribas, de HBOS par Lloyd-TSB, de LBBW par la banque régionale de Bavière, de Dresdner par Commerzbank, ou de Bradford&Bingley dont les bons morceaux ont été partagés entre Abbey et Santander, la « consolidation » du secteur bancaire a connu une accélération prodigieuse en se passant visiblement de toute approbation européenne. Enfin l’article 107…

À un moment, ça fait trop. Nellie Kroes veut bien tout ce qu’on veut — se taire quand les banques jouent au monopoly sous ses fenêtres, laisser faire de terribles dérèglements qui ont beau ne pas être de son ressort, la font souffrir quand même —, mais on ne peut pas lui demander non plus de se renier toujours plus et indéfiniment sinon quel sens pour l’existence et à quoi bon commissaire à la concurrence ? On notera l’occasion choisie pour craquer : l’article 107, les aides d’Etat. Car dans la hiérarchie des abominations, c’est toujours l’Etat qui vient en premier. On bafoue les articles anti-concentration, c’est sans doute très mal mais, à titre exceptionnel, Mme Kroes peut se faire une raison puisque c’est celle du capital : le privé sait ce qu’il fait même s’il faut parfois gentiment le gourmander. Mais l’Etat, c’est vraiment l’horreur, lui passer quoi que ce soit est un inadmissible manquement avec des principes pour lesquels on ne transige pas, puisqu’il est l’anti-marché par excellence. Il était donc logique que, parmi toutes les violations caractérisées du Traité européen, ce fussent les aides d’Etat qui poussassent la commissaire à bout — et à sa première révolte.

Les contresens de l’universalisme concurrentiel

Mais cette « logique » n’a, comme telle, pas d’autre titre que l’acharnement dans la cohérence doctrinaire. Car il faut être à demi-fou, et même en bonne voie de le devenir complètement, pour envisager de soumettre au droit commun de la concurrence les mesures d’extrême urgence qu’une crise financière séculaire rend vitales. Mais rien n’arrête la Commission, et d’autant moins qu’elle n’en est pas à son coup d’essai en cette matière. En 1998, le dingue de service s’appelait Karel Van Miert, et dans le bras de fer qui l’opposait à l’Etat français à propos du plan de sauvetage du Crédit lyonnais, il avait trouvé malin, sans doute pour refaire le rapport de force à son avantage, de menacer de laisser la banque aller à la faillite si le gouvernement ne passait pas sous ses fourches caudines en matière de contreparties — car, en matières d’aides d’Etat, la doctrine européenne veut qu’on ne les tolère qu’à titre tout à fait exceptionnel et surtout qu’on les fasse payer de « contreparties » consistant à exiger de l’entreprise aidée qu’elle se coupe un bras et deux jambes, probablement pour qu’elle garde un souvenir plus net de son « sauvetage » et qu’elle soit dissuadée d’y revenir de sitôt.

La seule chose qui avait échappé alors à Karel Van Miert, comme à Mme Kroes aujourd’hui, est qu’une banque n’est pas tout à fait une entreprise ordinaire, et qu’on ne devrait envisager la possibilité de sa faillite — ne parlons même pas de l’annoncer publiquement à grand son de trompe — qu’avec la plus extrême circonspection, peut-être même quelques tremblements. C’est qu’à l’inverse d’une entreprise ordinaire, une banque quand elle s’écroule, n’a pas le bon goût de tomber seule, ou de n’entraîner « que » quelques malheureux sous-traitants avec elle. La densité des engagements interbancaires est telle qu’une faillite locale, dès lors qu’elle est un peu importante, en induit immanquablement d’autres, qui à leur tour etc. Les ruées de déposants qui s’en suivent intensifient l’état de panique bancaire et rendent encore moins contrôlable la série divergente des faillites en cascade, au bout de laquelle il n’y a plus que la perspective de l’effondrement du système financier dans son ensemble. C’est cette caractéristique absolument singulière à l’univers bancaire, seule susceptible d’activer ce qu’on nomme le risque systémique, qui devrait dissuader à tout jamais de soumettre le traitement des faillites bancaires à des procédures de droit commun ; et c’est précisément sur cette prévention élémentaire — on pourrait même dire vitale, car autant le dire carrément : même à ceux qui détestent les financiers, le spectacle d’une ruine totale de la finance n’est pas beau à voir — que s’asseyent depuis le coup de force de 1994 [3] tous les commissaires européens à la concurrence successifs, avec une parfaite tranquillité et une certitude dogmatique qui font froid dans le dos. Non sans faire penser aux témoins de Jéhovah qui préfèrent laisser mourir plutôt que d’offenser leurs interdits de la transfusion, la doctrine européenne de la concurrence prend, l’âme claire, le risque du cataclysme financier ultime plutôt que de renoncer si peu que ce soit à ses parfaits principes – et paraître céder à la bête étatique.

La Commission d’aujourd’hui à l’image de la Réserve Fédérale… de 1929 

À l’extrême rigueur, la commissaire Kroes veut bien envisager quelques dérogations mais tient tout autant à faire savoir qu’elles seront chèrement payées : les fameuses « contreparties » en l’espèce prendraient pour les banques aidées la forme d’une obligation… de réduire leurs encours de crédit ! Réduire leurs prêts à l’économie, à un moment où tout le monde se bat pour tenter de dénouer le credit crunch et pour faire redémarrer à la manivelle les crédits sans lesquels nous allons à la récession meurtrière, n’est-ce pas là une idée proprement géniale ?! Seule la Commission européenne grande époque — la notre — peut en avoir de pareilles et camper en toute bonne foi dans le sentiment d’une impeccable logique. Si, dans son esprit hélas implacablement « cohérent », les contreparties consistent en mesures destinées à détordre ce qui a été tordu, et à rétablir en vérité ce qui a été faussé — la concurrence bien sûr — alors il faut imposer aux entreprises indûment aidées de restituer sous une forme ou sous une autre les parts de marchés qu’elles ont injustement captées (ou pas perdues) grâce aux aides, c’est-à-dire « logiquement », dans le cas présent, empêcher les banques de recruter plus d’emprunteurs… L’occasion est donc donnée de redécouvrir que la logique n’est pas qu’un innocent jeu de l’esprit mais, plongée dans certains contextes et prospérant dans certains cerveaux, mute en effrayante tare et en fléau social. Les Étasuniens doivent n’en pas croire leurs yeux d’observer le spectacle européen, et se féliciter chaque jour davantage de ne pas avoir sur le dos l’équivalent d’une institution aussi nuisible que la Commission dans sa forme actuelle. Eux, au moins, ont-ils compris l’urgence de la situation et des mesures impératives qu’elle requerrait, fussent-elles tout à fait hors du commun — et prouvent-ils chaque jour davantage que l’exceptionnel ou la transgression des règles ne leur font pas peur quand il s’avère que respecter les règles est plus dangereux que de s’en affranchir. En fait des règles aussi stupides, ils ont surtout la sagesse de s’en donner assez peu, en tout cas sous forme juridique « dure » — quant aux règles simplement doctrinales, plus molles, ils les trouvent les plus faciles à renverser et ne s’en privent pas chaque fois qu’ils l’estiment nécessaire.

En Europe c’est l’inverse. Les règles doctrinales sont aussi résistantes que le reste — en fait, par une aberration typique de l’esprit dogmatique, toutes ont été scrupuleusement transcrites en règles dures — juridiques : ces Traités que le monde entier nous envie —, et qui ne laissent plus aucune marge d’interprétation, de flexibilité, ou d’adaptation, bref le piège parfait. Un instant toutefois, en ce mois d’octobre 2008, on a été tenté de penser qu’à l’épreuve de la crise majuscule, le juridisme européen borné l’avait cédé à la réaffirmation des souverainetés politiques — pour une fois à peu près coordonnées —, et que la situation extrême avait commandé. Nous sommes en train de nous apercevoir qu’il n’en est rien et que la grande caractéristique des extrémistes doctrinaires est qu’ils ne renoncent jamais, en aucune circonstance — de ce point de vue la Commission d’aujourd’hui, dans son entêtement dans l’aberration, n’est pas sans faire penser à la Réserve Fédérale de 1929, qui prit un soin particulier à faire tout ce qu’il ne fallait pas faire, mais dans le plus parfait respect de ses principes orthodoxes d’alors.

Ouvrir une crise politique européenne

Il faut bien reconnaître, à la décharge de ces pauvres commissaires, qu’à l’issue de ces plans de sauvetage, la construction européenne se retrouve en grand déséquilibre juridique. Articles 101, 107, 123, 126, 130, ça commence à faire beaucoup. Mais que peut-on dire d’articles qui ont été si mal pensés, et doivent être répudiés à la première crise sérieuse, sinon qu’il faut les réécrire de fond en comble — et en fait bien d’autres avec eux —… et que la période présente en offre la formidable opportunité ? C’est pourquoi le gouvernement français, s’il avait deux sous de sens historique, saisirait cette occasion sans pareille pour ouvrir une crise politique positive, aussi brutale que nécessaire, mais tolérable, et même désirable, justement parce qu’elle offre de refaire à chaud ce qui est depuis si longtemps avéré impossible à froid — fut-ce avec quelques « non » retentissants à tous les référendums… — c’est-à-dire de relancer enfin la construction européenne sur de nouvelles bases expurgées de la pollution concurrentielle. Et en effet, jamais casus belli européen ne s’est si bien présenté. La Commission qui a le don de se mettre en tort pulvérise ici ses propres records : se proposer d’exiger des restrictions de crédit, au moment où toute l’économie en attend la reprise comme de son oxygène vital, est une véritable performance dans l’art de nuire – et aussi dans celui de ne rien comprendre –, une sorte d’équivalent de la mise en danger d’autrui mais à l’usage des collectivités.

Comme tous les grands pouvoirs dérangés, la Commission a perdu tout sens commun et, n’ayant jamais eu le moindre contact avec la population de ceux qu’elle baptise dans un irrésistible élan d’humour involontaire « les citoyens européens », elle est fatalement exposée au pas de trop, à l’excès marginal insupportable, mais commis d’une parfaite bonne foi et en toute bonne conscience. Et puisque l’analyse des dynamiques historiques requiert sa dose de cynisme, on observera qu’une fraction non négligeable des dominants pourrait parfaitement apporter son concours à l’ouverture de cette crise. Car le capital lui-même n’a pas vraiment intérêt aux outrances d’une Commission, qui l’a certes beaucoup et bien servi, mais finira par tuer tout le monde à force de pureté idéologique. Que ce soit un gouvernement de droite qui se retrouve le protagoniste possible de cette épreuve de force possible est une ironie qui ajoute au charme de la période. Quand ce gouvernement est celui de Nicolas Sarkozy évidemment il y a lieu de s’en tenir à des anticipations modérées, connaissant la disproportion entre ses aboiements et ses passages à l’acte. Le drame politique est cependant que s’il devait y avoir le moindre espoir c’est de ce côté qu’il se situerait. Car on ne doit se faire aucune illusion : jamais au grand jamais aucune contestation de cette sorte ne pourrait venir des rangs du socialisme de gouvernement. Eux feraient don de leur personne et se jetteraient pour faire barrage de leur corps à pareille infamie puisqu’il est désormais irréversiblement engrammé dans leurs esprits que s’en prendre à cette Europe c’est s’en prendre à l’Europe. Nous voilà donc au bout d’un certain chemin, là où quelque espoir paradoxal renaît en même temps que le nombre des solutions restantes s’effondre. Car, si ce que les verdicts de la supposée « démocratie » et ses référendums parodiques n’ont pas pu faire, le moment décisif de la crise maximale ne le peut pas non plus, quelles issues restera-t-il ? L’Europe dans sa forme actuelle prend un soin particulier à écœurer autant qu’elle le peut, parfois même, mais dans le silence de leurs âmes tourmentées, jusqu’à ses défenseurs les plus sincères et, voudrait-elle précipiter des accès de refermements nationaux, qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. Si vraiment c’est là le produit chaque jour plus probable de cette délirante aventure, on se demande presque si, pour l’idée européenne elle-même, il ne faudrait pas souhaiter qu’un beau jour les manants — je veux dire les « citoyens européens » — se rendent sur place dire un mot en direct aux grands malades qui ont rendu cette Europe irréparable. Et le cas échéant se proposent de les virer à coup de lattes dans le train.


Ce texte, qui en visiblement excité plus d’un, est suivi d’une réponse à la (charmante) réponse de Jean Quatremer.

_____________
Notes

[1] « Brussels blocks French bank bail-out », Financial Times, 28 novembre 2008.

[2] Au passage, il y a matière à s’interroger : pourquoi le plan français et pas les autres ? La réponse est très probablement à trouver dans la forme technique prise par l’intervention française qui, à l’inverse de ses homologues britanniques et allemandes par exemple, a choisi (Dexia mise à part) de recapitaliser les banques par des injections de « faux » fonds propres, plus précisément par des instruments de dette hautement subordonnée. Par son exigibilité très faible, la dette subordonnée est admise dans la définition de la base de capitaux propres entrant dans le calcul du ratio de solvabilité dit « Tier-1 ». Mais ce ne sont pas de véritables fonds propres — puisque c’est toujours de la dette —, de sorte que le plan français ne constitue ni de près ni de loin une nationalisation (partielle), à l’inverse de la formule qu’ont retenue les autres Etats membres. L’avantage du plan français est qu’il ménage un peu les finances publiques, puisque ces dettes sont remboursables (elles sont à échéance de cinq ans), là où une injection de vrais capitaux propres est par définition non récupérable. L’inconvénient symétrique tient au fait que, dans le cadre européen, si, par extraordinaire, les nationalisations sont encore tolérées — le Traité se vante dans sa grande largesse de ne pas se prononcer sur les régimes de propriété, publique ou privée, des entreprises — les aides publiques, qui sont neutres du point de vue de la propriété, ne le sont pas.

[3] Karel Van Miert, commissaire à la concurrence de 1994 à 1999, n’a jamais caché qu’il avait fait du dossier Crédit lyonnais une opportunité de soumettre « enfin » au droit européen de la concurrence les secteurs bancaires des Etats membres, jusqu’ici sanctuarisés sous l’exclusive tutelle des Trésors nationaux. Les discussions entre la France et la Commission à propos du sauvetage du Lyonnais commencent en 1994.




Europe et concurrence: l'imposture Frédéric Lordon
30 novembre 2008, par Jean Quatremer :

Je suis tombé par hasard sur le blog de Frédéric Lordon, "la pompe à phynance", un économiste très à la mode en ce moment au sein de l'ultra gauche. Plus précisément sur un papier intitulé: "cette Europe là est irréparable". Je suis tombé de ma chaise devant un tel tissu d'inanités et de mensonges. Se fondant sur un article du Financial Times qu'il n'a manifestement pas bien compris, Lordon affirme: "dans une sorte d’apothéose de bêtise doctrinaire et avec un insurpassable sens de l’à-propos historique, la Commission européenne, en l’occurrence incarnée par Mme Kroes, gardienne des règles de la concurrence, vient d’intervenir dans le grand débat de la crise financière. Pour dire que les injections d’un total de 10,5 milliards d’euros décidées par l’Etat français pour recapitaliser six banques (BNP Paribas, Crédit agricole, Banques populaires, Crédit mutuel, Société générale, Dexia) étaient illégales au regard des saintes lois de la concurrence libre et non faussée".

Le problème est que le point de départ de la charge violemment anti-européenne qui suit est faux: la Commission n'a pris aucune décision et discute simplement avec le gouvernement français. Au passage, j'ai aussi droit à une volée de bois vert avec mon collègue Bernard Guetta: "on pourra voir le symptôme d’une certaine gêne dans le silence discret des usuels admirateurs de l’Union européenne, hormis peut-être Bernard Guetta et Jean Quatremer, qui ne connaissent aucun jour férié et, en toute occasion, trouvent l’Europe à son meilleur". Je me demande à quoi je dois d'être ainsi désigné à la vindicte populaire, mais, vu la bêtise de l'article, je prends cela comme un honneur.

Voici la réponse que j'ai postée sur son blog hébergé par le Monde diplomatique ne pouvant laisser passer un papier aussi mensonger. J'attends avec impatience la réponse du sentencieux économiste.

Je tombe par hasard sur ce billet qui montre que Frédéric Lordon ne comprend non seulement rien au droit européen de la concurrence, mais accumule les affirmations inexactes voire les mensonges purs et simples, le tout mêlé à un euroscepticisme qui n’a rien à envier à celui d’un Vaclav Klaus ou d’un Declan Ganley. Quelques exemples d’inepties.

1/ L’auteur fait référence à une décision de la Commission déclarant les aides de l’Etat français illégales. Il n’est est rien : il s’agit simplement d’une discussion, comme il y en a toujours entre les Etats et la Commission, lorsqu’il y a aides d’Etats. Il n’y a donc aucune décision. Donc son emportement est charmant, mais passe complètement à côté de sa cible : comment, la Commission ose assumer le rôle qui lui a été assigné par les traités, traités encore en vigueur aux dernières nouvelles ? Effectivement, il y a de quoi s’énerver...

2/ Je précise à l’auteur que le traité de Lisbonne ne peut servir de cadre juridique de référence, celui-ci n’étant pas encore entré en vigueur. Il devrait tout simplement se rapporter aux traités existants. Je précise aussi que les règles de concurrence figurent dans les traités depuis 1957.

3/ L’auteur explique que : " l’Etat, c’est vraiment l’horreur, lui passer quoi que ce soit est un inadmissible manquement avec des principes pour lesquels on ne transige pas, puisqu’il est l’anti-marché par excellence. Il était donc logique que, parmi toutes les violations caractérisées du Traité européen, ce fussent les aides d’Etat qui poussassent la commissaire à bout – et à sa première révolte". Sait-il que chaque année, la Commission valide environ 60 à 70 milliards d’euros d’aides d’Etat ? La pointe a été, si mes souvenirs sont bons, de 140 milliards d’euros (au moment de l’unification allemande). Le nombre de décision d’interdiction est infime au regard de cette masse. Ce chiffre montre effectivement la dureté de la Commission dans ce domaine...

4/ La Commission a décidé, dès le début de la crise, d’appliquer encore plus souplement ses critères en matière d’aide d’Etat. Elle a publié des guides lines sur ce sujet. Tous les plans nationaux déjà acceptés sont ici : http://ec.europa.eu/comm/competitio... Seuls les plans autrichien, espagnol et hongrois sont encore à l’étude.

5/ Les affirmations contestables pleuvent comme à Gravelotte : "L’article 130 qui interprète le principe d’indépendance de la banque centrale comme l’obligation d’une absence complète de rapport avec les gouvernements". C’est intéressant. L’auteur sait-il que le président de la BCE siège chaque mois à l’Eurogroupe et le président de l’Eurogroupe siège chaque mois au conseil des gouverneurs ? J’ajoute que Trichet se rend tous les deux mois devant le Parlement européen pour répondre aux questions des eurodéputés et qu’il tient une conférence de presse mensuelle. Et, contrairement à ce qu’affirme Lordon, Trichet s’entretient régulièrement avec les gouvernements au téléphone ou lors de rencontre bilatérales.

6/ L’auteur nous dit encore que les mouvements de restructuration bancaire en cours se font "en se passant visiblement de toute approbation européenne". J’aime beaucoup le "visiblement" : en petit effort de recherche lui montrerait qu’il n’en est rien.

7/ Je passe sur les insultes : qualifier Karel van Miert de "dingue" apporte beaucoup au débat. Je note que lorsque le commissaire à la concurrence a menacé de laisser le Crédit Lyonnais aller à la faillite, c’était au moment où l’Etat français refusait toute mesure sérieuse de restructuration. Finalement un accord a été trouvé -qui ne nuisait pas aux concurrents qui eux n’avaient pas sombré dans les folies du CL- et le Crédit Lyonnais a été sauvé (mais la facture a été payée par les contribuables faut-il le rappeler).

8/ Frédéric Lordon affirme que "les règles doctrinales (européennes) sont aussi résistantes que le reste – en fait, par une aberration typique de l’esprit dogmatique, toutes ont été scrupuleusement transcrites en règles dures – juridiques : ces Traités que le monde entier nous envie –, et qui ne laissent plus aucune marge d’interprétation, de flexibilité, ou d’adaptation, bref le piège parfait". Or l’assouplissement actuel des règles de concurrence montre exactement le contraire. Je dois dire qu’en matière "d’esprit dogmatique", l’auteur semble en connaître un rayon.

9/ L’auteur, dans sa note 2, dit enfin ce qu’il en est : en effet, ce qui coince à Bruxelles, c’est le fait que l’Etat Français, conseillé par Michel Pébereau de BNP-Paribas, a choisi un mécanisme juridique de recapitalisation qui la prive de rémunération et d’une place au conseil d’administration des banques ainsi aidées. Tous les autres pays ont choisi de faire payer les banques pour leur aide (un intérêt de 9% en Grande-Bretagne, si mes souvenirs sont bons, 5% en Belgique), pas la France. Cela ne choque pas l’auteur, c’est pour le moins curieux. C’est cette aide sans contrepartie, ce cadeau aux banquiers dirait l’auteur, qui est critiqué car cela revient à accepter une grave distorsion de concurrence. Personnellement, ce mécanisme me pose problème et je suis surpris qu’il ne fasse pas débat : Nicolas Sarkozy, ce grand socialiste, conseillé par son ami banquier, choisi de ne pas faire payer les banques. Curieux, non ? Mais Frédéric Lordon trouve cela très bien et s’indigne que l’on s’interroge.

Je pourrais continuer longtemps. Je suis atterré de lire autant de contrevérités assénées avec la force de conviction de "celui qui sait". La critique est bienvenue lorsqu’elle se fonde sur des faits, pas sur des convictions idéologiques. Mais bon, dès qu’il s’agit de taper sur "Bruxelles", tout est bon. Même dénoncer une "décision" qui n’a pas été prise.




RQPJQ (Rien Que Pour Jean Quatremer)
lundi 1er décembre 2008, par Frédéric Lordon

À mon dernier texte, Jean Quatremer a pris le mors aux dents. Il a mis en ligne sur son blog une réaction délicieuse intitulée « L’imposture Frédéric Lordon ». On notera l’oubli, volontaire évidemment, de la préposition génitive « de », qui aurait normalement donné « l’imposture DE Frédéric Lordon », en vue de suggérer qu’une imposture peut m’être imputée. Mais non, c’est toute ma personne qui est une imposture, une imposture ontologique et sur pattes. C’est charmant, courtois comme pas deux et tolérant à souhait, bref démocrate-européen façon Quatremer.

Normalement, il ne faudrait pas répondre à ça. Mais on voit bien que c’est difficilement possible. Donc je le fais. D’autres que Jean Quatremer (et ses affidés) jugeront sur pièces de la teneur analytique respective des deux propos, puisque avec lui (eux) il y a visiblement lieu de ne pas chercher à poursuivre un de ces « débats-causes perdues » dont les conditions de possibilité mêmes sont parfaitement absentes.

Ce n’est pas que je tienne les autres critiques pour négligeables, mais, pour bon nombre, ce sont si visiblement ses petits amis rameutés par blog interposé, j’imagine, et armé d’arguments si semblables qu’il est préférable de regrouper – il n’est d’ailleurs nul besoin, comme Jean Quatremer me le prêtera sans doute par réflexe, d’imaginer que je ferais de lui une sorte de chef d’orchestre coordonnant la manœuvre, il suffit de s’en remettre à la similitude des formes de pensées qui, spontanément accordées par une même foi, produisent nécessairement des discours identiques en dehors de toute coordination et de toute orchestration. N’eût-été l’effet d’avalanche d’ailleurs, j’aurais presque trouvé estimable que Jean Quatremer s’aventure chez les « méchants » pour leur porter la contradiction. Evidemment sur le fond, et puis dans ces conditions…

Juridisme mal placé et maltraitance des mouches 

Par un effet d’imprégnation qui doit être le propre de l’amour d’institution, les amis de cette Europe ont épousé leur chose si complètement qu’ils ont le juridisme européen plus juridiquement européen que n’importe quel juriste européen. Il faut n’avoir pas peur du ridicule pour trouver à opposer comme premiers arguments que le Traité de Lisbonne n’est pas en vigueur et que la Commission n’a encore rien décidé… Faudra-t-il mettre sur le compte de l’affreuse déception irlandaise cette réaction très étrange de Jean Quatremer qui croit bon de faire du foin à propos de cette sottise de troisième ordre ? – il est vrai que cette obstination des peuples bornés à refuser le bien qu’on veut leur faire a de quoi mettre en rage, mais normalement pas au point de conduire à ce genre d’âneries.

L’ineffectivité du Traité de Lisbonne en tout cas n’avait échappé à personne (JQ-2) [1] – pas même à moi, c’est dire. Mais cette imputation d’ignorance rectifiée, on ne voit pas bien ce que ça change à l’économie générale de l’argument. N’y a-t-il pas un traité européen en vigueur prohibant les aides d’Etat, dont l’article adéquat est repris mot pour mot dans le Traité de Lisbonne, et Jean Quatremer n’a-t-il pas compris que tel était le véritable sujet de ce texte ? Que le Traité soit de Lisbonne, de Nice ou de Vesoul, que l’article soit numéroté 107 ou 87, peut-il expliquer plus en détail ce que ça change ? Et s’il ne le peut pas, peut-il alors expliquer à quoi rime cette entrée en matière ? Peut-il comprendre le concept de « convention » qui, dans la sorte d’entre-deux où nous sommes, choisit de prendre une référence et ici, arbitrairement, celle du texte le plus frais à l’esprit de l’opinion publique, précisément parce qu’il n’est pas encore voté, et qu’il représente encore un enjeu politique. Pour ma part en tout cas, je peux lui expliquer une chose : eussé-je retenu la référence du Traité de Nice et sa numérotation, il aurait été le premier à me faire remarquer ma scandaleuse ignorance de l’état des choses européennes et que c’était Lisbonne, presque déjà là, notre radieuse réalité.

On ne sort pas davantage du jardin d’enfant avec l’argument-massue qu’« il n’y a donc aucune décision » (à propos de la menace de la Commission de bloquer le plan français), mais en revanche « de quoi s’énerver » (qu’on en parle quand même) (JQ-1) [2]. Que Jean Quatremer soit révulsé de l’épouvantable négativité qui est sans doute à ses yeux la tare fondamentale du débat démocratique, en tout cas quand il prend son Europe pour objet, on le savait déjà et même d’assez longue date. Il faudra toutefois lui expliquer que tel est malheureusement le propre du débat contradictoire qu’il s’y émet de la critique, c’est-à-dire, pour celui dont les investissements psychiques passent un peu la raison, de cruelles attaques contre ses objets d’amour. Comme une sorte d’agent représentatif, Jean Quatremer d’ailleurs livre à lui seul, mais à son corps défendant, toute la conception de la démocratie en vigueur dans la sphère européenne. Car mutatis mutandis, il faudrait déduire de son argument formel qu’on ne saurait émettre la moindre critique contre le Traité de Lisbonne puisqu’il ne s’applique pas, qu’il est injuste d’objecter à une mesure quelconque de politique publique tant qu’elle n’est qu’un projet, et que probablement il était illégitime de critiquer Nicolas Sarkozy pendant sa campagne puisqu’il n’était pas encore président. C’est seulement quand on est assommé qu’on a le droit de faire la critique du gourdin.

Comme l’a abondamment montré le débat, je veux dire, le trauma, de 2005, la fuite dans le formalisme et la dépolitisation, est une tendance désormais permanente des amis de cette Europe, ce dont témoigne une fois de plus la référence faussement érudite et vraiment inepte à la présence de la prohibition des aides publiques dès le Traité de Rome (JQ-2). Car là encore, il faut avoir l’œillère du juridisme bien accrochée pour ne pas voir, ou pour feindre de ne pas voir, tout ce que le régime présent des aides publiques, à esprit juridique quasi constant depuis son écriture originelle, doit à une histoire multidécennale dont l’enjeu a été précisément de faire passer ces dispositions de l’état d’encre sur du papier à l’état de mesures véritablement exécutoires. Contrairement à ce qu’imagine Jean Quatremer, il y a une histoire de la concurrence européenne et, comme toute histoire, c’est une histoire politique, une histoire de conquêtes, de consolidations institutionnelles, de modification d’équilibres de pouvoirs et de coups de force réussis. Réussis par qui ? Par la Commission bien sûr, mais il est vrai poussée, à partir du sommet de Fontainebleau, par les Etats eux-mêmes, qui la tenaient jusqu’ici pour quantité négligeable et s’amusaient de ses avertissements, mais à partir de 1984 consentent pour de bon à l’élever comme autorité supérieure à la leur – et spécialement en matière de concurrence. Si le marché commun existait de toute éternité (1957) pourquoi a-t-il donc fallu un acte unique en 1986… si ce n’est parce qu’il fallait faire passer bon nombre des propositions juridiques du Traité à l’état de politiques effectives et que cette transition n’allait pas de soi ? Il en va de même des aides d’Etat auxquelles on ne comprendra pas grand chose si on se borne à psalmodier les textes sacrés de 1957.

Il faudrait raconter à Jean Quatremer quelques histoires, pas si anciennes d’ailleurs, qui lui montreraient dans quel mépris les Etats membres ont tenu jusqu’à la fin des années 70 les avertissements de la Commission en matière d’aides publiques – mais Jean Quatremer pourrait être horrifié de découvrir qu’on ait vécu si longtemps dans le péché et dans l’irrespect de ce qui était écrit. De la restructuration de la sidérurgie européenne qui, à la fin des années 70, marque véritablement le commencement du passage au réel du droit européen des aides d’Etat, jusqu’à la « conquête » du secteur bancaire au milieu des années 90, il s’est passé des choses dont nulle observance lettrée des parchemins ne donnera la moindre intelligence. Et s’il advenait qu’il était injuste de supposer Jean Quatremer ignorant de tout cela, la question, subsidiaire s’en déduirait simplement : pourquoi cette référence répétitive, et finalement sans objet à 1957, sinon par goût des amulettes ou des arguments sophistiques ?...

Nouvelles lignes directrices sur les aides d’Etat et conduite sur glace 

Mais il faut être juste : il n’y a pas que diversion formaliste et juridique dans les remarques de Jean Quatremer, il y a aussi des objections de fond. Ce n’est pas qu’elles soient beaucoup plus pertinentes cependant. « La Commission valide environ 60 à 70 milliards d’aides d’Etat » (JQ-3) ? La belle affaire ! Il va falloir un peu plus que ça pour faire un argument qui tienne debout. Le Traité (de la ville qui sied à Jean Quatremer et sous les numéros qui lui agréent) reconnaît en effet des cas d’aides publiques admissibles – ça échappe difficilement à la lecture de l’article… Mais lesquels ? « Sont compatibles avec le marché intérieur : les aides à caractère social octroyées aux consommateurs individuels (…) ; les aides destinées à remédier aux dommages causés par les calamités naturelles » (article 107) mais aussi les aides au développement économique des régions, aux projets d’intérêt commun européen et – oui ! – les aides à certaines régions de la RFA. Jean Quatremer peut donc observer triomphalement que les aides publiques ont atteint « une pointe, si (ses) souvenirs sont bons de 140 milliards d’euros (au moment de l’unification allemande) ». Ses souvenirs sont bons, mais pas très profonds puisque, comme avec le Port-Salut, c’était « écrit dessus ». Oui, le Traité reconnaît les aides à la réunification et oui, nous aussi, Jean Quatremer, nous avons un vague souvenir de ceci, c’est peut-être la raison pour laquelle nous retenons nos larmes de joie de découvrir que ces aides ont été effectivement validées. Mais Jean Quatremer a-t-il saisi ce dont mon texte est l’objet ou faut-il lui faire un dessin : il ne s’agit pas des aides aux consommateurs, aux réparations des tempêtes ou à la réunification allemande, ce sont les aides aux entreprises. Sans doute par simplicité d’esprit et par inaptitude scolastique je m’interroge en effet sur l’interdiction des aides publiques qui sont interdites, et pas sur celle, plus difficile à concevoir, des aides qui sont autorisées...

C’est à ce moment enfin qu’on entre véritablement dans l’argumentation – pas trop tôt… Jean Quatremer met gracieusement à ma disposition un lien sur le relâchement du régime des aides publiques dans le cas de la crise financière (JQ-4), il est bien aimable. Il se trouve que je l’avais lu, mais que je n’en tire pas la même conclusion que lui (on peut grouper avec JQ-8) et pour au moins deux raisons. La première est qu’il a été nécessaire de torturer des textes qui prohibaient formellement ce qu’on essaye d’autoriser aujourd’hui, moyennant des arrangements dont je me demande, confessant mon défaut de technicité juridique européenne, comment ils survivront à l’après-crise et, plus précisément, comment ils éviteront de créer un précédent dont sauront se saisir plus tard des agents privés avisés. C’est là la faiblesse des constructions institutionnelles fortement juridicisées, comme l’Union européenne, qu’elles admettent très peu de flexibilité et que toute tentative de faire un pas hors des clous, fût-ce dans l’urgence d’une situation de crise, crée potentiellement un problème de droit.

On pourrait objecter que le droit rectifie le droit et que les nouvelles lignes directrices opèrent de fait l’adaptation dont Jean Quatremer admire la fluidité. Il faudra toutefois soumettre à des juristes plus qualifiés la validité, non pas de l’apparition de nouvelles lignes directrices, mais de lignes directrices temporaires et réversibles, c’est-à-dire ad hoc. Que la Commission émette à jet continu de nouvelles lignes directrices à propos de tout et n’importe quoi, tout monde le sait. Mais cette émission continue est tout de même régulée par un principe de cumulativité et de non-contradiction tolérable. Je demande à voir ce que la CJCE, par exemple sollicitée par quelque banque désireuse d’être aidée également, dira de cet équivalent d’un « blip » juridique. Qu’il y ait des revirements de jurisprudence qui défont ce qui avait été fait et semblent briser la dynamique cumulative est une chose bien connue, mais ces revirements mêmes sont en général appelés à faire droit pour longtemps. Le tête-à-queue juridique « je-détends-je-resserre » – car on a bien compris que cette tolérance de la Commission n’est pas appelée à durer – équivalent du double-demi tour au frein à main est un genre assurément très neuf, dont il reste à savoir si le droit européen va l’épouser entièrement. Et si jamais, le nouveau paradigme juridique du « blip » ou du tête-à-queue était in fine validé, il faudrait s’en réjouir comme d’une bonne nouvelle annonçant que ce que la Commission aura été capable de faire une fois, elle pourra donc le refaire, ceci signifiant qu’à ce degré de révision discrétionnaire et ad hoc on est en bonne voie de sortir du droit pour refaire de la politique.

Mais la vraie raison est ailleurs bien sûr. Elle est dans ce fait que, manifestement saisie d’un spasme de répugnance au spectacle de ses propres actes, la Commission retire politiquement d’une main ce qu’elle a semblé accorder juridiquement de l’autre. Jean Quatremer pourra-t-il nous expliquer comment on peut dans le même élan saluer l’admirable flexibilité des nouvelles lignes directrices et ne rien trouver à redire au fait que la Commission incrimine aussitôt un plan d’aides publiques ? Je me demande si la raison qu’il allèguerait ne tient pas à la seule chose qu’il consente à m’accorder (JQ-9), hélas bien maladroitement le monde est mal fait : ce serait le choix de l’instrument financier retenu par le plan français (dette subordonnée plutôt que « vrais » fonds propres) qui justifierait entièrement sa disgrâce ; les vraies recapitalisations seraient les seules admissibles puisqu’elles touchent au régime de propriété de l’entreprise aidée à propos duquel la Commission, dans sa parfaite tolérance idéologique, s’interdit de trouver à redire. Que ce soit très probablement le raisonnement fait par la Commission, je le maintiens, sous l’accord bienveillant de Jean Quatremer. Mais il faut tout de même se souvenir que cette tolérance rencontre rapidement ses limites puisque l’une des contreparties exigées du Crédit lyonnais pour son sauvetage consistait précisément en un engagement du gouvernement français à privatiser la banque… Il y a surtout que, dans l’enveloppe de ce sauvetage, outre la structure de cantonnement, la Commission n’avait pas oublié de mettre en cause les 4 milliards de Francs de recapitalisation en vrais fonds propres accordés en 1996 et qu’à l’époque aucune distinction chinoise n’avait été faite à propos de la nature des instruments financiers.

Risque systémique ? Qu’est-ce qu’on risque ? 

Puisque cet épisode du Lyonnais a connu un moment particulièrement gratiné et que Jean Quatremer ne peut permettre qu’on « insulte » le Commissaire de l’époque Karel Van Miert (JQ-7), je voudrais préciser ceci : qualifier de « dingue de service », comme je l’ai fait, un de ces responsables irresponsables qui prend sciemment ( ?) le risque de déclencher une panique bancaire sur l’un des plus importants établissements d’un Etat-membre me paraît avec le recul une qualification assez adéquate, presque technique, et au total d’une grande modération. Il aurait fallu dire d’autres choses à propos de ce que fit alors M. Van Miert, je me demande même si ne gît pas quelque part dans les profondeurs d’un code oublié quelque chose comme une incrimination pour mise en danger de l’épargne publique qu’on pourrait (aurait pu) opportunément exhumer. Oui, je ne vois que l’hypothèse de la granitique bêtise idéologique pour faire des choses pareilles, c’est-à-dire pour déstabiliser délibérément une banque majeure au nom des principes concurrentiels standard auxquels les banques ne ressortissent notoirement pas, et, ce faisant, activer un risque systémique [3] dont les conséquences sont incalculables, tout ceci pour arracher au gouvernement de français de l’époque quelques milliards de cessions d’actifs de plus… [4] On cherche en vain une métaphore suffisamment parlante pour faire saisir l’ampleur du délire – par exemple une compagnie privée d’électricité qui refuserait de plonger les barres de graphite dans un réacteur en voie de diverger au motif d’obtenir une subvention du conseil régional ?

Sous une forme maximale, l’épisode Van Miert revient à sa façon sur ce qui fait le véritable objet de ce texte, et qu’au demeurant, Jean Quatremer a soigneusement évité. Toutes arguties juridiques et diversions (cf. infra) mises à part, pourrait-il nous dire ce qu’il pense sur le fond de la décision de bloquer, en situation de collapsus financier majeur, des plans d’aide au secteur bancaire sinistré, dont les Etats-Unis montrent à quelle ampleur il est urgent de les déployer [5], ou bien de les assortir de contreparties exigeant la réduction de leurs bilans (c’est-à-dire de leurs encours de crédit) au moment où leur expansion est un enjeu économique vital ? Tout le reste est littérature.

BCE et politique économique 

Terminons-en donc avec la « littérature ». JQ-5, à propos de l’article 130 et de l’indépendance de la BCE. Je serais assez prêt à plaider la rédaction élastique – ce point toutefois était périphérique. Je ne retire cependant pas grand-chose et persiste, explicitement cette fois, puisque Jean Quatremer n’a pas compris ou pas voulu comprendre le fond de mon propos. Effectivement sauf à prêter à Jean-Claude Trichet une névrose troglodyte, il n’est pas difficile de lui accorder qu’il lui arrive de sortir, de rencontrer des gens, parfois des dirigeants gouvernementaux – même il leur parle. Mais Jean Quatremer a visiblement du mal à décoller du sens propre et à envisager le sens figuré des mots. Que Jean-Claude Trichet admette à son conseil le vaillant président de l’Eurogroupe et, je suis prêt à l’imaginer aussi, lui accorde de prendre la parole, qu’est-ce que ça change ? Jean Quatremer a-t-il observé une seule décision significative de coordination du policy-mix depuis que l’euro a été lancé – ou bien, variante, une seule décision de politique monétaire « coordonnée » autrement que du simple fait que les gouvernements s’étaient trouvés fortuitement d’accord avec une décision que M. Trichet avait déjà prise souverainement ? Si, oui, qu’il nous en présente une seule, et même plusieurs si possible, pour qu’on puisse le prendre au sérieux. Et s’il désire aller plus loin, pourra-t-il nier cette chose évidente à n’importe quel économiste normalement éveillé que le modèle européen des relations Gouvernement(s)-Banque centrale est aux antipodes de son homologue étasunien où la coordination – la vraie, la coordination substantielle et pas seulement les rituels formels de la parlotte sans effet, celle où on dit des choses qui pèsent et où on décide de les faire de concert – est, sinon un principe, du moins une pratique quasi-constitutive.

L’argument des conférences de presse est encore plus dérisoire. Bien sûr on peut, si l’on veut, appeler « conférences de presse » ces scènes où Jean-Claude Trichet est assis à une tribune face à des journalistes et des mots sortent de sa bouche. Mais enfin il ne faut pas être trop regardant pour confondre le genre, sous son habituelle définition, avec une séance de lecture d’un communiqué, suivie des relectures du même communiqué en guise de réponse à toutes les questions quelles qu’elles soient. Jean Quatremer pour qui ces moments de communication unilatérale sont sûrement de grands moments de grâce, de démocratie et de publicité a dû remarquer que le mot que le président Trichet prononce le plus souvent est « again ». Placé au début de chaque réponse-relecture, il a vocation à signaler au questionneur que ce sera « encore » la même chose, sans doute pour qu’il soit prévenu et, par après, pas trop déçu.

De nouveau le risque systémique et les « bonnes » contreparties

Enfin dernier point (JQ-9, « again »). Jean Quatremer se refait à peu de frais une santé de gauche en stigmatisant le sauvetage unilatéral et sans contrepartie des banques : « Personnellement ce mécanisme me pose problème et je suis surpris qu’il ne fasse pas débat » – on a vu en effet que Jean Quatremer a l’art de soulever des débats, non pas sans pertinence intrinsèque, mais sans rapport avec l’objet circonscrit du texte, et que dès qu’il est question de l’Europe, tout vient d’un coup et sans distinction. Il serait toutefois utile à l’avenir qu’il le fasse d’une manière qui ne soit pas totalement incohérente car, écrire dans la même phrase (JQ-9) que, oui, le gouvernement français intervient avec de la dette subordonnée, mais que non, à l’inverse de ses homologues britannique et belge, il fait un cadeau aux banques, c’est n’avoir pas deux sous de suite dans les idées : si l’Etat prête, et puisque jusqu’à plus ample informé, on prête en général moyennant taux d’intérêt, alors c’est à titre onéreux pour les banques. De fait l’Etat facture ses prêts subordonnés aux banques récipiendaires 400 points de base au dessus des taux de ses propres titres d’échéance équivalente, ce qui fait bien plus que le taux belge que Quatremer admire tant – comme quoi, en matière de contrevérités et d’ineptie, Jean Quatremer se défend également. « Nicolas Sarkozy, poursuit-il vaillamment, ce grand socialiste conseillé par son ami banquier, choisit de ne pas faire payer les banques. Curieux non ? Mais Frédéric Lordon trouve cela très bien et s’indigne qu’on s’interroge ». Jean Quatremer est bien gentil d’attirer mon attention sur ce problème. Il ne sait pas cependant que je viens de publier un livre sur la question et qu’elle y est extensivement traitée – d’ailleurs, ironie, dans un sens qui, au tout début au moins, devrait lui convenir. Il ne sait pas non plus que je suis intervenu à d’assez nombreuses reprises (au regard de mes critères de présence médiatique) dans des médias, mais évidemment dans aucun de ceux qui lui servent de références habituelles. De cette ignorance-là, il n’est pas question de lui en vouloir. Un peu plus de parler sans savoir et de ne pas même prendre la peine de se renseigner avant de sortir ce genre de… contrevérité, son mot préféré mais à l’usage des autres.

Or une simple intuition aurait pu lui suggérer qu’avec les positions qui sont les miennes sur cette Europe, je ne suis pas particulièrement un ami de la finance, et qu’il était possible que je me fusse posé le problème. Ceci mis à part, notre accord n’en sera pas moins de courte durée car, si j’ai dit et répété autant que je le pouvais depuis août 2007 qu’il n’y avait pas plus impérieuse nécessité qu’un sauvetage de la finance, et pas plus grand scandale que ce sauvetage demeure sans sévérissimes contreparties, ce ne sont visiblement pas les mêmes – contreparties – que nous avons à l’esprit. Pour faire simple, on ne voit pas en quoi de pures pénalités financières ponctuelles (à la sauce Commission) auraient quelque pouvoir que ce soit de modifier durablement le comportement des banques. Comme toujours les grands libéraux, Jean Quatremer ne voit que des agents individuels et est incapable de voir les structures qui les déterminent. Or on ne change significativement aucun comportement d’agent tant qu’on n’a pas profondément modifié le système des contraintes et des autorisations dans lequel ils s’ébattent. En l’espèce ce système est celui de la libéralisation des marchés de capitaux. « Mes » contreparties, si je puis m’exprimer ainsi, ne consistent pas en stupides pénalités d’un jour, mais en transformation radicale du jeu même de la finance marchéisée tel qu’il réengendre continûment des crises, et en le retour à une configuration des structures de la finance dans laquelle les marchés eux-mêmes seront réduits autant qu’il le faut pour neutraliser les emportements concurrentiels-cupides et les invraisemblables prises de risque qui les accompagnent.

Le sort que je propose de réserver à la finance de marché en crise maximale est, j’en conviens paradoxal, puisque il tient en quelque sorte qu’il faut la tuer mais rétablie ! C’est une position pas trop compliquée, mais dont je vois bien pourtant ce qu’elle a de déconcertant de prime abord – et ce n’est plus tant à Jean Quatremer que je m’adresse ici qu’à certaines critiques relevées sur ce blog. Laisser la finance d’aujourd’hui mourir d’elle-même, comme elle y va tout droit sans plans publics, nous offre pour seule certitude de la suivre de très près dans la tombe. Je voudrais voir la tête des partisans, d’ailleurs très légitimement révoltés, de la « mort bancaire tout de suite », au moment où le plaisir d’avoir vu les banques en ruine sera suivi du constat que leur banque également est allée au tas, et que leurs petites économies sont entièrement parties en fumée – car c’est cela le niveau du risque systémique dans lequel nous vivons depuis la mi-septembre. J’ai qualifié, depuis longtemps déjà, cette situation qui force littéralement les pouvoirs publics à venir au secours des irresponsables de la finance, de prise d’otage [6] – est-ce assez clair ?

Là où il m’est infiniment plus facile de les rejoindre c’est sur ce qu’il conviendrait de faire après – après qu’on ait d’une manière ou d’une autre sauvé les banques pour éviter cela. Lorsque les dépôts et les épargnes du public sont à nouveau convenablement sécurisés, alors oui, là il peut être question de tuer, non pas les banques, mais la finance marchéisée, et pour ainsi dire à froid – je veux dire par « tuer » réduire aussi drastiquement que nécessaire l’emprise des marchés sur le secteur bancaire. Rien ne sortira du débat buté opposant frontalement « laisser crever les banques » ou « les sauver », car ce sont deux solutions également insatisfaisantes – l’une tout de suite, l’autre pour plus tard, puisque sauvées et rétablies à l’identique, propulsées à nouveau dans le même « jeu », elles referaient immanquablement les mêmes erreurs. La contrepartie pour laquelle je plaide depuis un peu plus d’un an (mais pas sur TF1 ou dans Libération), c’est celle-là : abolir ce « jeu », et accessoirement tout ce qui va avec, enrichissements obscènes, bonus faramineux, etc. On comprend que Jean Quatremer ne veuille surtout pas porter le débat sur terrain aussi gênant. Il lui faudrait consentir à mettre en cause l’un des principes les plus sacrés de la construction de son Europe, à savoir la libéralisation intégrale des marchés de capitaux. Et on voit d’ici son air interdit : « reréglementer les marchés ?! peut-être même en fermer certains ??!! Mais ça n’est pas du tout notre Europe ! ». Il est vrai.

Et maintenant, rions un peu : bien chauffé, Jean Quatremer va venir nous expliquer, comme le mamamouchi Delors et Philippe Riès, que les traités européens « ne sont pour rien dans la crise financière » [7]. Cette fois-ci, on le laissera faire tout seul.

______
Notes :
[1] La notation JQ-n désigne le point n du commentaire laissé par Jean Quatremer sur ce blog.

[2] Par défaut, toutes les citations en italiques viennent des remarques de Jean Quatremer.

[3] Certes la Commission avait alors confié à quelques banquiers centraux à la retraite le soin de rédiger un rapport certifiant qu’il n’y avait aucun risque systémique à la faillite du Crédit lyonnais – ben voyons, l’une des toutes premières banques du pays, peut-être même la première à l’époque – c’est-à-dire pour se donner la certitude qu’on pouvait user sans crainte de la menace de la faillite...

[4] Rappelons que, pour un total d’aides reçues estimé à 140 milliards de francs, la Commission avait exigé que le Crédit lyonnais s’ampute de 600 milliards d’actifs...

[5] Et seule une lecture malhonnête pourra faire de cette proposition un blanc-seing à tous les plans étasuniens, et ne pas faire la différence entre impératif d’un plan et nature du plan – mais comme cette lecture malhonnête est quasi-certaine avec Jean Quatremer, autant prendre les devants.

[6] « Quand la finance prend le monde en otage » ; « Comment protéger l’économie réelle » ; Crises financières, n’en tirer aucune leçon... » ; « Le jour où Wall Street est devenu socialiste »

[7] « Jacques Delors : comment l’Europe doit affronter la crise » (Mediapart.fr).

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#32 02-02-2009 16:02:33

gilles
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

Contextualisation, mise en perpective des messages de Pierre Hillard - réponse au message 923 d'Étienne Chouard

Bonjour à tous les participants aux forums d'Étienne Chouard.

Je suis partisan de gauche de la sortie de l'Union Européenne et un adversaire du marché commun transatlantique. Je pense que les forces de gauche ont tort de légitimer une Union Européenne qui vise à faire disparaître toute politique effective et efficace en faveur des salariés. Je redoute comme la peste le pouvoir et l'abus de pouvoir de l'Empire en construction qu'est l'union Européenne. Je suis d'autant plus fondé à dénoncer les manipulations qui ont lieu en ce moment.

Même si je trouve le travail de recherche de Pierre Hillard remarquable sur la volonté de la direction de certaines grandes firmes bancaires et industrielles à promouvoir un monde unifié sous la bannière d'un capitalisme anglo-saxon dominateur, j'en appelle à la plus grande vigilance vis de l'utilisation et de la récupération politique qui est en train d'être faite de ces thèses. Notamment par l'association Égalité & Réconciliation proche du Front National et qui a pour but de faire basculer des personnes du monde du travail situées à gauche, mais exaspérées par la politique néo-libérale de l'Union Européenne vers l'extrême droite.

Une séquence audio-visuelle de Pierre Hillard hébergée sur le site Égalité & Réconciliation :
http://www.egaliteetreconciliation.fr/i … amp;id=225

Le site en lui-même  :

http://www.egaliteetreconciliation.fr/

L'article de Wikipédia sur Égalité & Réconciliation :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Égalité_et_Réconciliation

Si votre navigateur Internet n'accepte pas encore la nouvelle norme Internet d'adresse URL avec accents, le lien précédent ne marchera pas, dans ce cas tapez Égalité & Réconciliation dans Wikipédia.

Un débat sur la rupture avec l'Union Européenne, à lire attentivement, je précise à nouveau que je suis en désaccord avec les thèses d'Égalité & Réconciliation présentées ici de "Gauche du Travail et Droite des valeurs" même si certaines idées avancées peuvent séduire, les citations des positions du PCF et de la LCR présentées sur ce site sont tronquées.

http://www.egaliteetreconciliation.fr/i … Itemid=115

L'époque troublée dans laquelle nous vivons, de la même manière que celle des années 1930, crise financière, économique, écologique aujourd'hui est propice à la confusion des idées et à la manipulation politique. Penchons-nous à nouveau sur  l'histoire de Jacques Doriot qui est passé de l'anti-colonialiste, du pacifisme et du communisme vers le fascisme et la collaboration avec le nazisme.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Doriot

Une vidéo dont j'ignore si les évènements tel que relatés sont exacts, mais les commentaires sont révélateurs de la volonté des auteurs de manipuler.

http://www.alterinfo.net/Les-neo-sionis … b6969ceb10

Je recommande à tous sur le site la plus extrême vigilance et la plus grande circonspection en cette période de crise avant de se déterminer à choisir une opinion et à la répercuter sur le site.

Merci de votre attention.

Dernière modification par gilles (02-02-2009 16:34:03)

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#33 16-03-2009 19:31:51

gilles
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Re: -001 Que faire avec l'Union Européenne ?

-001 Que faire avec l'Union Européenne ? - message #33

Comment enfumer avec de faux débats : un cas d'école : les "débats" sur leur "europe" décryptés par l'Union populaire républicaine 

60 ans de pseudo-débats et d'interrogations-bidons !
http://www.u-p-r.fr/pdf/Mensonge-9.1-quelle-Europe.pdf

mentions légales relatives au droit d'auteur :
Vu sur le site de l'Union populaire républicaine : http://www.u-p-r.fr/

UPR 60 Avenue de la République 75011 PARIS

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