Les forums de CECRI

Citoyens Européens Contre le Régime Illégitime

Protestations hebdomadaires, à date et heure fixes partout en Europe,
micro résistances durables contre tous les "traités constitutionnels".

Un seul objectif commun, original et fondamental, pour tous les citoyens européens :
Nous voulons des institutions honnêtes 1) écrites par une Assemblée Constituante désintéressée, et 2) validées par référendum.

Vous n'êtes pas identifié.

Bienvenue :o)

Bonjour,
Ce forum permet aux initiateurs d'une MOCRIE (voir le billet d'annonce) d'ouvrir un espace de discussion dédié à chaque micro-manifestation, à la fois pour tous ceux qui ont participé aux dernières protestations et pour ceux qui vont participer aux prochaines...
On peut aussi y faire des annonces générales. Vous trouverez également des forums pour partager les expériences et les idées à travers le pays.
Indiquez le code postal au début du titre de la discussion de la MOCRIE (pour permettre un classement géographique).
Nota : celui qui a créé une discussion peut à tout moment corriger ce premier message placé en tête d'échange : ce message d'introduction peut donc servir de synthèse actualisée pour la manifestation obstinée : dernier effectif constaté, photos, vidéos, bons slogans, super tracts, etc.
Vous pouvez vous abonner à un forum entier (pour être automatiquement prévenu de tout nouveau message), et je recommande de s'abonner au forum d'annonces générales et à celui des idées à partager.
Je nous souhaite à tous ténacité, longévité, gaîté, sérénité, efficacité, amabilité, fermeté, notoriété, impavidité, supériorité, tranquillité, ubiquité, fécondité, célérité, équanimité, opiniâtreté et... solidarité :o) Amitiés. Étienne.

#1 17-04-2008 19:18:55

catherine
Membre
Message n°89
Date d'inscription: 16-04-2008
Messages: 202

59270 BAILLEUL (nord)

22/04.

Dernière modification par catherine (20-06-2010 18:07:42)

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#2 23-04-2008 22:06:34

serena
Membre
Message n°214
Date d'inscription: 14-04-2008
Messages: 24

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Bonjour Catherine smile
Alors comme ça, je suis devenue la légaliste du groupe wink C'est vrai que vu mes posts...
Bon, pour les affiches, c'est vraiment pas compliqué : dans les magasins, locaux et autres espaces privés, tu demandes juste  à un responsable (au pire, demande à en voir un) si tu peux coller une affiche. Et sur la voie publique, les seuls espaces prévus sont les panneaux d'affichage libre. Ca répond à ta question ?
En espérant que tu arrives à trouver du monde smile

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#3 30-04-2008 23:44:37

Agnès
Membre
Message n°286
Lieu: Venelles, 13770
Date d'inscription: 13-04-2008
Messages: 55
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Courage Catherine...
Pensez que si vous êtes seule chez vous à Bailleul, on l'était à peine moins à Aix en Provence (trois), mais on était nombreux sur l'hexagone ?
smile

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#4 01-05-2008 07:43:54

marianapineda
Membre
Message n°288
Date d'inscription: 19-04-2008
Messages: 33

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Bonjour Catherine,

On est le pot de terre contre le pot de fer... On n'a pas de moyens, difficile de faire un affichage, de reproduire des tracts... Et c'est vrai, la lucidité est souvent douloureuse. Les gens sont absorbés dans leur routine, on pense pour eux, on agit en leur nom, ils sont tranquilles ou croient l'être. L'atomisation de notre société a fonctionné à fond. A Brest, quelques passants s'arrêtent,laissent leur e-mail (trois ou quatre hier). Mais il y a un petit groupe et de fil en aiguille... Et puis le mois de mai commence ! Les lycéens n'ont pas dit leur dernier mot, les dockers dans les ports non plus...
Bon 1er mai et bonne continuation.

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#5 01-05-2008 12:56:15

al1.2nantes
Nouveau membre
Message n°296
Date d'inscription: 21-04-2008
Messages: 8

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

contournons les grillages sans perdre de vue ce que nous visons "de l'autre côté": nos revendications urgentes sont servies par nos aspirations citoyennes et pas le contraire... les "manques matériels ont pour fonction (y compris le manque de temps libre) de nous aservir, il est normal que toute résistance s'y heurte.

Bon courage à "nous" !

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#6 01-05-2008 14:19:18

BouBou
Membre
Message n°297
Date d'inscription: 14-04-2008
Messages: 30

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Un ami allemand m'a montré récemment un reportage de 1999 sur la chute du mur.

Ce qui est clair c'est que le régime de la RDA, à l'image de la commission européenne aujourd'hui, aimait le secret et n'appréciait pas les émanations de la volonté populaire. La liberté d'expression n'existait pas et la Stasi (police secrète) exerçait un contrôle total. Si bien qu'aucune contestation ne s'était produite depuis les sanglantes émeutes du 17 juin 1953. Imaginez 35 ans sans manifs ! (2008 - 35= 1973 !).

En même temps, les conditions de vie étaient mauvaises. À moins de travailler pour la Stasi, on ne pouvait se payer une voiture, et les légumes et bien d'autres produits étaient réservés aux plus riches à cause des pénuries et des prix. Un cadeau de noël en RDA, c'était une orange ou un chocolat !

La première manif a eu lieu le 15 janvier 1989. Une poignée de jeunes ont distribué 5 000 tracts dans des boîtes aux lettres en appelant à manifester. 200 répondent à l'appel et marchent silencieusement en se tenant par les bras face aux agents de la Stasi venus à leur rencontre.

Ils remettent ça début mars, alors que la foire internationale de Leipzig avait attiré en ville de nombreux médias de l'ouest. Ils ne pesaient pas lourd face aux provocateurs de la stasi, mais ils avaient raison et la présence inhabituelle des médias les aidait.

En voyant ces images, je me suis dit deux choses. D'abord je voyais ça comme des évènements évidents : vu d'aujourd'hui, on sait qu'ils avaient raison et que ça a marché. Puis, je me suis mis à leur place, et vu de leurs yeux en ce début de 1989, ils ne pouvaient pas savoir que cette année 1989 serait le 1989 que nous avons connu. Ils étaient en position de faiblesse par rapport au régime, ils risquaient gros, ils avaient peur, mais ils ont fait ce qu'il y avait de plus juste à faire. Et ce qu'ils ont fait a restauré le courage et la fierté dans un peuple qui avait dû s'habituer à faire profil bas.

Ces révolutionnaires de 1989 ont ainsi tout de commun avec ceux de 1940... euh pas ceux de la "révolution nationale"... les autres, les résistants. Vus d'aujourd'hui, ils sont des héros, mais à l'époque, ils étaient des déviants, des fous, des extrémistes, des utopistes, des terroristes, etc.

Franchement, ce traité de Lisbonne, c'est la fin de la souverainté populaire et donc le début de la dictature. Ça se prête tout à fait à une action révolutionnaire (pacifique). Quand même, toutes les constitutions (au moins la française, l'allemande et l'italienne, à ma connaissance, mais ca semble être le principe de base) reposent sur la souverainté du peuple. Si effectivement les gens dans la rue sont souvent indifférents ou désespérés, comme en 1989, il faut restaurer le courage et la fierté, et peut être alors des choses nouvelles arriveront...

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#7 01-05-2008 18:19:45

BouBou
Membre
Message n°300
Date d'inscription: 14-04-2008
Messages: 30

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Je me dis que le captitalisme pour les gens de RDA c'était juste la liberté, matérielle certes mais aussi mentale, de pouvoir s'autodéterminer. Un tel mouvement ne peut qu'avoir été mené par un idéal auquel les réalités matérielles se sont retrouvées accrochées. Il y avait une véritabe joie humaine de se réunir et de se réunifier. Et les élites politiques européennes, qui ne voulaient pas d'une réunification au départ, ont bien dû s'y conformer !

À mon avis, pour commencer, ça pourrait être drôle de demander aux gens s'ils savent pourquoi le prix du gaz augmente alors qu'il y en a suffisamment, ou pourquoi il y a une pénurie alimentaire alors qu'on surproduisait en Europe il y a encore pas longtemps.

Ce qui était bien en 2005 dans le débat sur le TCE, c'est qu'il y avait plein de débats spécifiques qui rendait le TCE "concret", comme la directive Bolkenstein par exemple (qui d'ailleurs est déjà en application). On peut parler aussi de la PAC et de la politique de la commission européenne (la grosse commission) à l'OMC, ou comment, après avoir tué la production agricole européenne, ils veulent tuer l'agriculture africaine avec les APE. On peut aussi parler de comment la BCE prête sur gage douteux aux banques qui ont perdu gros sur les subprimes, et qu'elle n'est même pas foutue d'enrayer l'inflation alors que c'est censé être sa seule mission !...

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#8 02-05-2008 12:26:22

BouBou
Membre
Message n°312
Date d'inscription: 14-04-2008
Messages: 30

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

C'est vrai qu'on est dans une société qui ressemble à un centre psychatrique géant, mais si on prend les fous au sérieux, on risque de devenir fou soi même !

Pour revenir à l'Allemagne, le mouvement de contestation de 1989 a été réprimé/entravé systématiquement. Mais les manifestations du lundi ont réellement démarré en septembre 89, à nouveau quand les manifestants se sont lancés devant les médias de l'ouest venus pour la foire d'automne. Les contestations de janvier, de mars et de l'été 1989, si elles n'avaient pas eu de suites directes ont redonné l'idée qu'on pouvait revendiquer son désir de justice. Ainsi s'est créé un noyau/une communauté de gens, agissant publiquement et qui ont créé un climat dans lequel le citoyen "lambda" a à son tour envisagé de faire l'inenvisageable.

Devant la mobilisation populaire et les incidents de Berlin le week end du 7 octobre, la police avait reçu l'ordre de tirer sur les manifestations, de les empêcher coûte que coûte. Mais quand ils ont eu 70 000 habitants de Leipzig face à eux, l'ordre a été donné de se retirer... la peur avait changé de camp et c'est à ce moment-là que la chute du régime est devenue inévitable aux yeux de tous.

Après, effectivement, le régime socialiste d'Honecker n'était pas au plus haut de sa force ; mais il ne me semble pas qu'il y ait un gouvernement en Europe qui soit dans une position de force réellement, à commencer par la France.

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#9 02-05-2008 13:47:08

cosette
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Message n°314
Date d'inscription: 21-04-2008
Messages: 16

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Tout le monde a dans la tête les grandes manifs du Mouvement des Droits civiques dans les années soixante. Rappelons toutefois que c'est après plusieurs dizaines d'années qu'ils en sont arrivés là. Avant, même les membres de la communauté noire ne se déplaçaient pas aux sermons du Pasteur King. Ils n'y croyaient pas. Ils préféraient peut-être leur condition d'esclaves... ou avaient peur de l'inconnu.

Bon c'est pour dire que les premiers qui s'y collent ont intérêt à être obstinés et surtout à ne pas se disperser dans des activités "militantes secondaires" (parfois intéressantes) mais qui ne sont pas la solution.

De toute façon, la vérité ne fait jamais plaisir à Monsieur et Madame tout le monde et il va falloir être patients et ne pas lâcher.

J'ajoute une petite vidéo d'un type qui a fait des Mocries pendant 15 ans avant d'obtenir ça.

Martin Luther King : I have a dream(sous-titres français) :
http://fr.youtube.com/watch?v=H57LxkuRZy0

Dernière modification par cosette (02-05-2008 13:48:50)

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#10 03-05-2008 06:30:44

Sonia J. FATH
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Message n°321
Lieu: Eckbolsheim -67201
Date d'inscription: 19-04-2008
Messages: 33
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

BouBou a écrit:

pourquoi le prix du gaz augmente alors qu'il y en a suffisamment?

Parce que nos "chers" dirigeants ont décidé un jour de coupler le prix du gaz au prix du pétrole, ce qui a évidemment pour effet que lorsque le pétrole augmente, le gaz augmente aussi. J'ai entendu cela récemment à la télé allemande, mais je ne sais plus l'année de ce changement majeur.


Résister, penser, vivre et travailler autrement, c'est la seule solution au vu de la casse sociale - www.alter-france.net - http://robin-monnaie-sociale.over-blog.com.

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#11 03-05-2008 16:12:49

cosette
Membre
Message n°329
Date d'inscription: 21-04-2008
Messages: 16

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

catherine a écrit:

Bonjour Cosette,

Bien sûr, vous avez tout à fait raison ,  c'est l'obstination et la persévérance qui sont  nécessaires, mais contrairement à vous je ne pense pas que ce soit se disperser que d'aller y voir au sujet des législations liberticides qui fleurissent de plus en plus, ça ne me semble pas être secondaire mais prioritaire au même titre que la Constitution, si demain on criminalise les mouvements d'expression , jugés "terroristes" car allant contre l'idéologie dominante,que restera-t-il à l'expression citoyenne?

Comme la mangouste, pour neutraliser le cobra, il faut longtemps le surveiller, bien le connaître et se jeter dessus au moment où il est fatigué et inattentif.

Ne te méprends pas sur ce que j'ai voulu dire. Je te donne raison.

À Nancy, nous étions quatre cette fois-ci. Mais je suis optimiste et c'est pour cela que j'ai fait parvenir le lien vers ce beau message de MLK.wink

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#12 17-06-2008 20:54:10

Julien
Membre
Message n°668
Date d'inscription: 17-04-2008
Messages: 28

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Bonjour catherine,

Est-ce que tu gardes le courage de tenir la MOCRIE du Nord? Je me demandais hmm

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#13 30-06-2008 10:08:16

Jean
Membre
Message n°720
Lieu: Nord, 59
Date d'inscription: 30-06-2008
Messages: 19

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Bonjour à tous,
je suis nouveau sur le forum et j'aimerais avoir des nouvelles de la MOCRI de Bailleul.
@ Catherine : J'imagine que tenir le rendez-vous seule n'a pas dû être très encourageant, et effectivement la première étape semble être de constituer un noyau dur. Aussi j'espère vraiment te rencontrer car je n'ai personne de motivé dans mon entourage, à part peut-être ma copine, à voir.
Je t'ai envoyé un mail donc tu as mon adresse, n'hésite pas à me contacter wink


"Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait" (Mark Twain)

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#14 11-07-2008 10:37:21

catherine
Membre
Message n°745
Date d'inscription: 16-04-2008
Messages: 202

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Petite réflexion du matin...

Quand une société valorise à ce point le travail et en fait le pivot essentiel de ce pourquoi l'être est au monde, il y a vraiment de quoi s'inquiéter me semble-t-il.

C'est aux fruits que l'on reconnait l'arbre nous dit l'Evangile , quand une société produit autant de tristesse, de misère et d'humiliation, il y a des leçons à en tirer et des questions à se poser sur la nature de l'arbre n'est-ce-pas?

Nous vivons dans une culture de mort, alors que c'est de vie, de joie et d'amour dont nous avons tous besoin.

L'homme est sur terre pour connaître, pour tenter de dévoiler l'inconnu, c'est sa fonction essentielle, et s'unir pourront dire certains à ce TOUT, quitter l'étroitesse de   son "égo" auquel on nous apprend à cultiver un respect  nuisible car il nous emprisonne mieux que le pire des guatanamos.

S'unir au monde, à cette voie que l'on peut appeler le Tao,pourquoi pas mais peu importe le nom, le nom n'est pas la chose, le monde dans lequel l'homme est placé, c'est cela l'apprentissage de l'humain, me semble-t-il. Il réclame la plénitude de la vie,comme immersion dans le monde qui se transforme en permanence. Rien n'est posé une fois pour toute, jamais.

Cela exige une vigilance qui a aucun moment ne peut s'assoupir.

Car ce n'est pas l'homme qui est sacré en tant que tel comme on veut bien nous le faire croire ce  qui sert  bien évidemment des intérêts sociaux précis , ce qui est sacré et pleinement humain, c'est LA RELATION- LE LIEN-L'ECHANGE à  l'autre, l'inter-respect, c'est Monsieur ROUSTANG qui en parle magnifiquement.

Re- située ainsi,  notre individualité et ses maux dérisoires s'épuisent et perdent leur raison d'être pour se dissoudre dans ce vaste mouvement de relation au monde, cette porosité qui permet l'échange, la vie donc dans sa pleine et entière expression.

Ce n'est pas pour rien que cette société a crée ce culte mortifère de l'individualité, de la personnalité, cette étroitesse dévitalisante qui est à la source de tant de souffrance.

Je pense bien modestement que le sens, c'est un ordre, une place, une situation et qu'il nous appartient d'interroger la place dans laquelle on nous enferme.

Nous replacer autrement, c'est fermer la porte à nos plaintes personnelles infimes et dérisoires pour s'ouvrir sur l'humanisation du monde, l'échange, l'inter-relation, et aller vers ce qui fait du bien au plus grand nombre.

Tout ça pour dire que je voudrais juste que les gens soient plus gentils et ça ne peut se faire qu'en s'ouvrant, les difficultés personnelles sont là, on ne peut les occulter, j'en ai moi-même, mais le salut de l'humanité passe par cette ouverture au monde, en résolvant les problèmes du monde, je résouds mes propres problèmes, mais c'est une posture diamétralement opposée à celle qui nous est proposée  , c'est pourtant celle qui est porteuse des meilleurs fruits me semble-til.

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#15 12-07-2008 00:21:01

Agnès
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Message n°750
Lieu: Venelles, 13770
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Messages: 55
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Ah Catherine, ça fait bien plaisir de vous relire !
Depuis tout ce temps... Je souhaite de la chair autour du noyau, et vogue le navire !
cordialement,
Agnès

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#16 12-07-2008 10:40:19

catherine
Membre
Message n°751
Date d'inscription: 16-04-2008
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Réflexion du matin(suite)

Le travail modifie le milieu, crée des produits.

Il avait sa raison d'être quand il s'agissait de lutter contre l'hostilité du milieu.

La vie en société a spécialisé les tâches.Ainsi le travail a été parcellisé.

Il y eut un contrat tacite entre l'homme et le groupe.

L'homme  assure un travail partiel nécessaire à la survie de la société moyennant quoi, la société lui assure en retour une protection en tant qu'individu,ça se tient.

Or, que se passe-t-il aujourd'hui?

L'homme produit des choses inutiles( pour la plupart ) et même nuisibles, hostiles à sa survie et à celle du groupe.

La société ne lui assure aucun retour à la mesure des efforts fournis ou très peu vous en conviendrez.

L'école ne rend pas intelligent, ça se saurait depuis le temps, elle rend bête  au contraire, en  imposant un mode de pensée propre au maintien de LA SURVIE de  la dite société.

Elle avantage une structure mentale favorable à la non-remise en cause sociale, elle n'est pas suicidaire en somme, ça se tient encore une fois.

Elle abêtit, elle dit CE qu'il faut penser au lieu d'apprendre COMMENT penser, mais les manières, ça s'apprend, et ça, ça ne s'apprend pas à l'école.

Car en spécialisant très vite le jeune élève sous prétexte de meilleure efficacité, on lui ôte toute possibilité de parvenir à cette imagination créatrice seul rempart éminemment détonnant contre ce nouvel ordre mondial.

L'imagination , ça ne tombe pas du ciel, ce n'est pas  une manne céleste dont il s'agirait seulement de recueillir les fruits, non, ça relève d'un processus d'accumulation de données multiples et variées touchant toutes les sphères de connaissance .

Si l'on veut faire des liens, il faut avoir des choses à lier n'est-ce-pas.

En spécialisant, on dévitalise le savoir, on le tue en quelque sorte  car on empêche toute compréhension réelle du monde, ce sera toujours une compréhension partielle à la mesure du champ que l'on aura investi.

Ce qui explique que l'on peut rencontrer des gens extrêmement pertinents, fins, et très perspicaces dans un domaine précis mais qui tombent, ces mêmes personnes, dans de crasses ornières du commun des mortels avec les préjugés et les conditionnements de pensée qui vont avec, dès que l'on sort de leur domaine de prédilection, ne trouvez-vous pas?

L'hôpital rend la plupart du temps malade, maladies nosocomiales à gogo, médicaments qui s'avèrent être de vrais poisons, on se dit souvent qu'il vaut mieux ne pas être malade, c'est en tout cas, ce que je me dis.

La protection de l'individu  est remplacée par un contrôle policier qui entrave ses libertés fondamentales.

Le travail législatif va à contre-courant de l'intérêt général duquel il se réclame cependant, pour s'orienter plein pot, vers l'intérêt de certains groupes restreints au détriment de tous , vous en conviendrez aussi me semble-t-il.

La justice officie-t-elle au service du citoyen? question encore.

La confusion des pouvoirs politique,législatif et judiciaire est évidente me semble-t-il sauf pour celui qui se refuse à voir, malgré tout ça, le tour de force de penser que nous sommes en démocratie, pour le plus grand bien de tous, prévaut, c'est comme dire qu'il fait beau quand il pleut n'est-ce-pas.

Le plus  grand ennemi à combattre c'est l'ignorance me semble-t-il.Elle est porteuse de tous ce qui nous est donné à vivre aujourd'hui.

Pour ne pas désespérer totalement, il faut se rappeler qu'il existe encore quelques îlots d'espèrance.

Les classes préparatoires littéraires par exemple, type khâgne, hypokhâgne qui offrent un enseignement pluridisciplinaire avec des enseignants de très grandes qualités, motivés, impliqués, intelligents , structure ouverte à tous les milieux socio-culturels.

Il doit exister encore de ci de là,  des structures sanitaires et sociales pas encore totalement asphyxiées par la chape des textes administratifs qui n'ont pour finalité que de détruire la vie sous couvert de conformité, conformité à quoi, c'est ça qu'il faut se poser comme question me semble-t-il encore une fois.

La justice et la police sont faites d'hommes au demeurant pris individuellement ni plus mauvais ni meilleur que d'autres , peut-être faut-il juste qu'ils se rappellent au service de qui ils officient, est-ce au service de ce nouvel ordre ou au service de l'humain?

La spiritualité se développe et renvoie le désir des individus  de sortir de cette prison égotique.

Pour terminer, en espérant ne pas vous avoir trop accablé; je pense comme Rousseau que l'homme est bon par nature, je vais même au-delà en pensant que la connotation morale n'est même pas nécessaire.

Il - EST-  tout simplement,

et-  SERA-  ce que son héritage personnel associé à sa socio-culture en feront, mais de cela il pourra encore tenter de s'en libérer au mieux de son avantage et de celui du plus grand nombre en se connaissant , connaître les lois de la gravitation dit LABORIT n'a pas permis de s'en libérer mais de les utiliser au mieux de son avantage et ainsi de voler .

Voilà ce qui nous est permis et c'est diablement stimulant et vivifiant.

Le meilleur apprentissage est semble-t-il, l'apprentissage vicariant ou apprentissage par l'exemple.

Par ce que nous sommes et ce que nous faisons, peut-être pouvons-nous offrir une réponse possible plus engageante, plus vivante que celle qui nous est proposée jusqu'alors.

La réponse actuelle est nuisible,à l'homme et à son environnement, il convient d'abord d'identifier cet état de fait , c'est la première étape.

Apprendre et laisser quelque chose de neuf émerger ensuite.

Respecter cet instinct de survie qui doit nous orienter vie et non mort.

Nous sommes des petits grains de sable , mais entassés ces petits grains de sable deviennent vite des dunes, et une dune, ce n'est pas rien n'est-ce-pas.

En conclusion, être des hommes debout, orientés vie, cela me semble être un bien beau programme, ne trouvez-vous pas?

Bonne journée à tous.

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#17 15-07-2008 18:12:03

Jean
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Message n°757
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Je confirme qu'il y aura bien mocrie le mercredi 16 juillet à 18h, nous serons 3, plus 1 invité mystère smile
Je reste optimiste sachant que si l'on parvient à motiver ne serait-ce qu'une personne de plus notre effectif sera boosté de 33% !!
A demain donc pour cette première mocrie (pour ma part wink )

Dernière modification par Jean (15-07-2008 18:13:51)


"Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait" (Mark Twain)

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#18 21-07-2008 12:27:04

catherine
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Message n°769
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Trois à Bailleul nous étions,ça y'est le noyau "dur" semble être constitué,  et ma foi, ça ne s'est pas  mal passé,Jean-Philippe est doué en pirouette et semble avoir le don d'unir n'importe quelle problématique au sujet qui nous occupe, tout est lié certes, n'empêche, il faut savoir le faire, et j'avoue que ça m'a fait plaisir?

Pour ce mercredi, nous devrions partir avec deux panneaux, le premier assez grand pour attiser la curiosité des badauds avec écrit dessus :

"Qu'est-ce qu'on fait là? "

et un second plus petit pour ceux qui auront fait la démarche de lire le premier :

"et vous, savez-vous ce que l'on fait en votre nom?"

Ça devrait, me semble-t-il, produire des choses intéressantes, bon courage à tous.

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#19 21-07-2008 13:27:34

catherine
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Message n°770
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Pour nourrir l'espoir, et apporter de la lumière, je vous offre ce joli poème d'Aldous Huxley, "la moutarde jaune", emblématique de ce mouvement citoyen me semble-t-il, c'est un vrai bijou... lisez, vous verrez.

À l'abri sous la voûte écrasante des nuages,
Lourds et calmes, les champs s'étendent,
Comme qui, drapé vivant dans son linceul,
Etouffe en silence.

Dépouillés de toute beauté qui ne leur soit propre-
Les gouffres d'ombre,les fleurs dorées-
Montagnes grises de scories et de pierres,
Mur dans la tombe silencieuse.

Je m'en allais lentement
Par cet emblème d'un esprit mécontent et plaintif,
Captif et confiné
Dans un même découragement.

Lorsqu'au détour du chemin
Une gloire soudaine s'en vint frapper mes yeux,
Comme si un unique et conquérant rayon
Avait occupé le ciel nuageux.

Touché, transfiguré par la lumière
Dans cette morne plaine, un champ lumineux:
Et là, le miracle de la lumière
Se révèle comme un tas d'or.

Pourtant les raisons de désespérer
Pesaient sombrement, sans une faille de bleu;
Sans une meurtrière par où l'air vivifiant
Auraient laissé passer la gloire.

Ces acres avaient trouvé dans leur propre sol
La lumière solaire d'une herbe en fleur;
Car ici encore,dorment dans toute terre
Quelques graines de moutarde.

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#20 23-07-2008 11:16:47

catherine
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Message n°773
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Comme Orwell , Huxley a fait un sacré travail d'analyse projective, j'en veux pour preuve quelques aspects de son livre que je vous soumets , vous constaterez par vous même, sachant que même les livres les plus acides,les plus décapants,  ne sont pas toujours reçus comme ils devraient l'être, en effet pour percevoir quelque chose, il faut avoir APPRIS à le percevoir, ainsi les hommes préhistoriques étaient soumis aux champs magnétiques comme nous le sommes aujourd'hui, mais ils n'en avaient pas conscience n'ayant pas appris à le percevoir et ne le percevez donc pas, même s'ils y étaient soumis.

Quelques extraits du livre" le meilleur des mondes"

Il n'y a bien  entendu, aucune raison pour que les totalitarismes nouveaux ressemblent aux anciens. Le gouvernement au moyen de triques et de pelotons d'exécution, de famines artificielles, d'emprisonnements et de déportations en masse, est non seulement inhumain, il est inefficace, et dans une ère de technologie avancée, l'inefficacité est le péché contre le Saint-Esprit.

Un état totalitaire vraiment "efficient" serait celui dans lequel le tout-puissant comité exécutif des chefs politiques et leur armée de directeurs auraient la haute main sur une population d'esclaves qu'il serait inutile de contraindre parce qu'ils auraient l'amour de leur servitude. La leur faire AIMER, telle est la tâche assignée dans les états totalitaires d'aujourd'hui aux ministères de la propagande, aux rédacteurs en chef de journaux, et aux maîtres d'école.

Les plus grands triomphes, en matière de propagande, ont été accomplis, non pas en faisant quelque chose, mais EN S'ABSTENANT DE FAIRE.

Grande est la vérité, mais plus grand encore, du point de vue pratique, est le silence au sujet de la vérité.

Mais le silence ne suffit pas.

Il y a la suggestion.

Au moyen du conditionnement dans l'enfance, et plus tard à l'aide de drogues.

Secundo, assigner à tout individu donné sa place convenable dans la hiérarchie sociale et économique (les chevilles rondes dans les trous carrés, c'est pas ça) elles ont tendance à avoir des idées dangereuses sur le système social et à contaminer les autres de leur mécontentement.

Tertio (puisque la réalité, quelque utopienne qu'elle soit, est une chose dont on sent le besoin de s'évader fréquemment), un succédané de l'alcool et des autres narcotiques, quelque chose qui soit à la fois nocif et plus dispensateur de plaisir que le genièvre ou l'héroïne.

Et quarto, (mais ce serait un projet à longue échéance, qui exigerait, pour être mené à une conclusion satisfaisante, des générations de mainmise totalitaire), un système d'eugénisme à toute épreuve, conçu de façon à standardiser le produit humain et à faciliter la tâche des directeurs.

Et plus loin, il dit, les équivalents du soma(l'équivalent des anxiolytiques d'aujourd'hui, type tranxéne, lexomyl, etc...), de l'hypnopédie et du système des castes-ne sont probablement pas éloignées de plus de trois ou quatre générations(1931 date de l'écriture du livre) . Et la promiscuité sexuelle du meilleur des mondes ne semble pas, non plus, devoir être fort éloignée.

A mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle a tendance à s'accroître en compensation.

A  cette époque dit-il encore, l'époque de l'écriture de son roman, il avait lancé l'idée de ce monde possible à six cents ans dans l'avenir.
Aujourd'hui dit-il encore, il semble pratiquement possible que CETTE HORREUR puisse s'être abattue sur nous dans le délai d'un siècle(selon ses prévisions, ça fait 2031)

J'espère que cela vous donnera l'envie de le re-découvrir à nouveau, c'est un grand monsieur, vraiment.

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#21 23-07-2008 14:03:04

Jean
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Message n°778
Lieu: Nord, 59
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Messages: 19

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Bonjour Catherine,
Effectivement ça donne envie de le lire, d'autant que j'en ai bcp entendu parler.
On se voit tout à l'heure.
Bye


"Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait" (Mark Twain)

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#22 24-07-2008 11:48:54

catherine
Membre
Message n°788
Date d'inscription: 16-04-2008
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

les idées se multiplient, des possibles voient le jour tout doucement,  ça germe, ça se développe gentiment quoi!

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#23 25-07-2008 07:50:30

Jean
Membre
Message n°791
Lieu: Nord, 59
Date d'inscription: 30-06-2008
Messages: 19

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Bonjour Catherine,
Je suis bien content de ces premières mocries. Ca avance lentement, certes, mais sûrement je pense. On commence à y voir plus clair sur la direction à prendre, les idées affluent, bref c'est sur la bonne voie et de plus l'expérience en elle-même se révèle instructive.

@tous :
Vacances obligent, la mocrie bailleuloise marque une courte pause de 2 semaines, nous ne serons donc pas présents les mercredi 30 juillet et 6 août (ni Catherine, ni Céline, ni moi-même).

Prochain RV le 13 août, je sens qu'on est tous motivés et comme qui dirait investis d'une mission ce sera donc un plaisir de se retrouver ! !
A bientôt

Dernière modification par Jean (25-07-2008 07:51:31)


"Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait" (Mark Twain)

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#24 10-08-2008 10:40:33

catherine
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Message n°823
Date d'inscription: 16-04-2008
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

A Céline , Jean-Philippe et à tous ceux bien sûr qui ne manqueront pas d'être là, je suis absente le 13/08 mais serai là le 20/08 bien évidemment, bonne mocrie, vous me raconterez.

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#25 11-08-2008 21:17:35

Jean
Membre
Message n°827
Lieu: Nord, 59
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Pas de souci wink


"Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait" (Mark Twain)

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#26 12-08-2008 07:59:02

catherine
Membre
Message n°828
Date d'inscription: 16-04-2008
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

juste un p'tit mot avant de partir travailler, je me fais l'écho d'une personne qui dit qu'on devrait écrire démocratie avec deux s, démocrassie, c'est déjà plus parlant, non?

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#27 12-08-2008 22:33:51

Pouvreau
Membre
Message n°831
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Messages: 31

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

catherine a écrit:

juste un p'tit mot avant de partir travailler, je me fais l'écho d'une personne qui dit qu'on devrait écrire démocratie avec deux s, démocrassie, c'est déjà plus parlant, non?

Pas mal...

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#28 14-08-2008 00:05:02

Jean
Membre
Message n°832
Lieu: Nord, 59
Date d'inscription: 30-06-2008
Messages: 19

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Démocrassie oui, pourquoi pas.

La mocrie d'aujourd'hui n'a pas été folichonne, on a vaguement fait acte de présence mais bon il faut se remettre dans le bain..
Je suis tombé sur le blog de VGE ce soir, ça parle de... la dette publique... (avec en prime une réponse d'André-Jacques Holbecq dans les commentaires hmm ) : http://vge-europe.eu/index.php?post/200 … nse-de-VGE

Dernière modification par Jean (14-08-2008 00:06:50)


"Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait" (Mark Twain)

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#29 17-08-2008 09:17:49

Étienne
Message n°833
Date d'inscription: 13-04-2008
Messages: 96

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Bonjour smile

Les mocrieurs sont à la plage et seule l'épine dorsale de la résistance nouvelle est mobilisée en août, c'était prévisible.

Pas grave : que des micro-résistances soient petites n'a rien d'étonnant, finalement hmm

Si vous cherchez du mouvement, voyez le forum, qui est très actif en ce moment sur la réflexion pour améliorer la Constitution existante, française, mais aussi européenne.

Par ailleurs, sur la monnaie, voyez cette passionnante discussion sur le blog de Paul Jorion : tout notre débat sur la monnaie.

Amitiés obstinées.

Étienne.

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#30 17-08-2008 15:07:28

gilles
Membre
Message n°834
Lieu: Orléans-La Source
Date d'inscription: 26-04-2008
Messages: 103

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

à Catherine et à ceux du Nord, vu sur le forum de Macgénération  :

La démocratie est un lieu où aucune parcelle d'intelligence ne doit être perdue. Périclès

Je ne sais pas si la citation est authentique, mais cela donne du courage.

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#31 18-08-2008 21:50:39

Jean
Membre
Message n°835
Lieu: Nord, 59
Date d'inscription: 30-06-2008
Messages: 19

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Merci pour vos encouragements.
Et merci pour les liens.

Littéralement hypnotisé par tous ce qui touche à la dette publique, j'ai passé la journée à parcourir les liens du débat sur la monnaie.
J'ai posté qqs réponses (qqs questions en fait). J'espère en apprendre davantage sur le sujet mais j'ai le sentiment que les arguments allant à l'encontre de ce livre (...une affaire rentable) sont biaisés par l'idéologie dominante et les croyances par forcément fondées (pas d'intérêts sur l'emprunt = dépréciation = situation du Zimbabwé ou encore de l'Allemagne dans les années 20 ... hmm ).

Dernière modification par Jean (29-08-2008 22:47:48)


"Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait" (Mark Twain)

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#32 03-09-2008 21:02:24

catherine
Membre
Message n°846
Date d'inscription: 16-04-2008
Messages: 202

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Bonsoir à tous,
J'ai fait une proposition dans la rubrique "propositions diverses", ce serait intéressant que vous donniez  vos avis.
Merci d'avance.

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#33 04-09-2008 20:49:20

catherine
Membre
Message n°847
Date d'inscription: 16-04-2008
Messages: 202

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Bon, ma proposition de rencontre ne semble pas intéresser grand monde, dites au moins ce qui vous retient, ce serait sympa, une autre proposition , cette semaine sur France culture de 20hres à 20hres30, il y a une très grande dame qui parle, il s’agit de l’essayiste Viviane Forester, la dernière émission a lieu demain, mais il est encore possible de réécouter les émissions de la semaine, c’est elle qui avait écrit “l’horreur économique”,à vos cassettes!

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#34 05-09-2008 00:54:53

NingúnOtro
Membre
Message n°848
Date d'inscription: 01-05-2008
Messages: 49

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Bonjour, Catherine. J'ai bien peur que l'organisation tarde un peu à se remettre en route après le parenthèse d'août . Peut-être devrions nous envoyer quelques mails à tout ceux qui ont été concernés en les invitant à bouger pour la prochaine, le mercredi 10. On pourrait envoyer des mails à travers le forum, et commencer à rassembler les gens pour redémarrer la campagne de diffusion avant cette date, bien sûr.

Des temps assez passionnants s'approchent, avec un climax autour de juin 2009... et il faut préparer l'infrastructure pour qu'elle puisse jouer son rôle.

Mais on n'a pas de budget pour acheter la collaboration des gens, et on ne le ferait pas même si on l'avait... si ce ne sont pas les mêmes gens qui sont amenés à bouger... rien de ce qu'on pourrait faire ne vaudra la peine.

Alors, fais ce que tu peux. Nous t'aiderons, mais les mocries ne sont pas la seule chose qui requiert notre attention et le temps et les appuis nous manquent cruellement. Bonne chance.

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#35 05-09-2008 12:35:27

Étienne
Message n°850
Date d'inscription: 13-04-2008
Messages: 96

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Bonjour Catherine,

Je trouve que c'est une bonne idée de se rencontrer entre mocrieurs éloignés, autant que possible,
mais Paris c'est trop loin pour moi qui me suis durablement ruiné en bouquins... smile

Et la rentrée, pour un prof, c'est vraiment une période très prenante, pardon de peu intervenir ces jours-ci (il y a aussi le forum qui a été très actif cet été).

Amitiés.

Étienne.

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#36 06-09-2008 11:20:17

catherine
Membre
Message n°851
Date d'inscription: 16-04-2008
Messages: 202

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Bonjour à tous,

Je constate le peu d'écho de ma proposition, mais je comprends bien entendu les argumentaires ci-dessus, disons alors que c'est une petite graine juste ensemencée, laissons-lui le temps de se développer, on verra ce qu'elle produira au fil du temps.

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#37 07-09-2008 17:24:19

catherine
Membre
Message n°853
Date d'inscription: 16-04-2008
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Voici un article qui interroge mieux que je ne saurais le faire le positionnement des altermondialistes, je trouve cette vision très en adéquation avec ce que ce mouvement nous donne à voir de lui.

En effet, je m'interroge beaucoup sur sa fonction réelle. Qui il sert vraiment.

Bien sur, il s'agit d'une opinion sur le mouvement et non sur ses membres qui pris individuellement sont animés le plus souvent des meilleures intentions du monde.

La  diversion altermondialiste

D’abord, les altermondialistes sont des gestionnaires, et non des critiques radicaux. José Bové s’en vante : "A Seattle, dit-il, personne ne brandit le drapeau rouge de la révolution chinoise, ni le portrait du Che, ni la victoire révolutionnaire dans un pays devant bouleverser les autres ; c’est bien fini et c’est porteur d’espoir".

Les altermondialistes vitupèrent en effet le capitalisme, mais n’ont en fait nulle intention de le renverser. Ils désirent seulement l’amender. La taxe Tobin, le prélèvement qu’ils veulent instaurer sur les transactions spéculatives, ne s’attaque en réalité qu’à une infime partie de la spéculation et cache le fait que la crise du capitalisme ne porte pas uniquement sur la spéculation mais sur l’ensemble du capitalisme. La crise générale du capitalisme a pour trait distinctif l’accentuation extrême de toutes les contradictions de la société capitaliste. Et ces contradictions sont aujourd’hui portées à un point d’incandescence jamais atteint.

La campagne pour la suppression des paradis fiscaux, autre thème de campagne des altermondialistes, vise quant à elle à moraliser le capitalisme. Mais, à nouveau, la spéculation et les trafics financiers ne sont nullement la cause de la crise. Ils sont seulement la conséquence directe de l’impasse où est acculé le mode de production actuel. Aucune mesure de ce type n’empêchera jamais la crise de se poursuivre ni d’étendre ses ravages.

Au lieu de proposer une alternative efficace, les altermondialistes militent pour un système de redistribution à l’intérieur du capitalisme : les pays riches doivent partager leur richesse avec les pays pauvres, les patrons avec ceux qu’ils exploitent, etc. Ils espèrent ainsi qu’un capitalisme revu et corrigé sera porteur de justice, perpétuant l’utopie d’un capitalisme viable, à orienter dans un sens favorable. Pourtant, il n’y a pas de société "juste" dans le cadre du capitalisme dont l’essence conflictuelle nourrit des antagonismes en cascade. La seule réponse historique valable est de le dépasser, d’abolir le salariat en développant les luttes contre l’exploitation de la force de travail et les rapports capitalistes de production.

Les altermondialistes croient au soft-capitalisme, au capitalisme à visage humain, comme s’ils avaient lu l’oeuvre de Karl Marx avec les lunettes de plage d’Alain Minc. À l’instar de José Bové, avatar actuel de Proudhon, la plupart d’entre eux voudraient retourner au capitalisme de papa, celui des petits producteurs. Leur rêve est de freiner la concentration monopolistique par des institutions internationales qui superviseraient l’économie mondiale. Mais ils oublient que c’est la libre concurrence, constitutive du capitalisme, qui a depuis plus d’un siècle donné naissance aux monopoles mondiaux. C’est la libre concurrence qui a produit le monopole. C’est la libre concurrence du XIXe siècle qui a accouché de la dictature de deux cents multinationales du XXe siècle. Combattre la dictature des multinationales sans combattre en même temps la libre concurrence et le libre marché capitaliste qui les engendrent est un non-sens.

Comme le monopole, la mondialisation est contenue en germe dans le capitalisme : le capitalisme la porte en lui, c’est son produit inéluctable, sa déduction. Les multinationales, les délocalisations, comme les inégalités sociales et la flexibilité, sont les effets naturels de sa logique, le déroulement d’un processus autodynamique irréversible tant que l’on ne se décide pas à le subsumer.

Poussés par le besoin incessant de trouver des débouchés toujours nouveaux, les marchands ont envahi le monde entier. L’exploitation du marché mondial a du coup donné un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Déplorer le cour sur la main "l’horreur économique" comme Viviane Forrester, scander "no logo" comme Noami Klein , hurler "le monde n’est pas une marchandise" ou manifester sous les murailles des forteresses de Big Brother pour que le monde capitaliste reparte du bon pied, ce n’est pas prendre le problème à la racine : c’est le décentrer. Couper les mauvaises herbes sans désherber, c’est leur permettre de repousser.

Le capitalisme est, par nature, une économie poussant à la mondialisation et à la marchandisation. Or tout est marchandisation en puissance, et puisque Dieu est provisoirement mort, il n’y a plus aucune limite humaine connue à l’expansion universelle de la marchandisation si on la laisse suivre son cours. Les marchands ont tout le temps devant eux, et ce ne sont pas les comités d’éthique officiels qui les empêcheront d’agir. Comme ces institutions spectaculaires nourrissent une pensée théologique coupée du terreau social, les marchands ont raison de prendre patience, car la théologie s’écroule toujours un moment donné de l’histoire, lorsque l’infrastructure la rend caduque.

Pour s’opposer concrètement à la marchandisation du monde, il ne suffit donc pas de minauder sur quelques-unes des conséquences annexes du Système, il faut dénoncer celui-ci dans son ensemble et en son fondement. Il importe en premier lieu de commencer par lui donner un nom, car "ce qui est censé être atteint, combattu, contesté et réfuté", comme disait Carl Schmitt, doit être nommé afin de viser la cible en son coeur : ici, il s’agit du mode de production capitaliste. Et il faut également proposer une alternative radicale, car nuancer, c’est considérer que la mécanique mérite de fonctionner, qu’il suffit de l’adapter et d’y incorporer de menus arrangements régulateurs : c’est au fond rester keynésien et marcher main dans la main avec MM. Attali et Fukuyama. "La compréhension de ce monde ne peut se fonder que sur la contestation, et cette contestation n’a de vérité qu’en tant que contestation de la totalité", écrivait Guy Debord.

Au temps où on évoquait (déjà) les États-Unis d’Europe, un révolutionnaire célèbre avait (déjà) remarqué que les gauchistes - ancêtres des altermondialistes - étaient les meilleurs alliés des opportunistes. Les gauchistes partagent en effet la vision de ceux qui veulent perpétuer le Système à la solde duquel ils vivent. Si l’ex-animateur du Mouvement du 22-Mars, Daniel Cohn-Bendit est devenu le meilleur allié de l’ancien cofondateur du mouvement atlantiste Occident, Alain Madelin, formant ainsi le noyau du libéral-libertarisme, ce n’est pas à cause d’une conjonction astrale fortuite : c’est parce que leurs destins convergents étaient inscrits dès l’origine dans leurs gènes idéologiques. Nous revivons cycliquement cette situation, aujourd’hui avec les altermondialistes, qui ne sont en somme que des antimondialistes de papier.

Les altermondialistes au service de l’oppression

Face la mondialisation du capital, on assiste à une mondialisation des résistances et des luttes. Seulement il ne s’agit pas de courants authentiquement antimondialistes - telle était leur dénomination première, et le changement de terminologie, opéré à leur instigation, est lumineux -, car ils militent de facto pour une "autre mondialisation", comme l’assure et l’assume François Houtart, directeur la revue Alternatives Sud. Susan George, présidente de l’Observatoire de la mondialisation se détermine, elle, en faveur d’une "mondialisation coopérative". Les chefs de file de l’altermondialisme médiatique se veulent ainsi des mondialistes. L’un des livres de Bové s’intitule Paysan du monde. Les altermondialistes revendiquent simplement l’avènement d’un mondialisme plus humain.

Du coup, et ce n’est pas un hasard, les voici réclamant l’avènement de la mondialisation des Droits de l’homme. Lorsque José Bové se rend Cuba, la première pensée qui lui traverse l’esprit, c’est qu’il y a "beaucoup de policiers dans les rues" et "des queues devant les magasins". Ce distrait vient d’oublier les quarante années d’embargo américain. Il aurait pu dire : "La mortalité due à la maternité est dix-sept fois plus basse à Cuba que la moyenne mondiale". Mais il est passé à côté, car il raisonne en métaphysicien, articulant des catégories fixes d’usage obligatoire dans un Système que de telles notions ont pour unique mission de soutenir. Il n’a pas compris que les Droits de l’homme sont devenus l’idéologie par laquelle les pays riches s’ingèrent dans les affaires des pays pauvres (hochet kouchnerien à vocation exterministe, depuis le Vietnam jusqu’à l’Irak, en attendant mieux). Et qu’au final, les Droits de l’homme sont devenus le cheval de Troie des oppresseurs d’aujourd’hui.

Comme l’a démontré Noam Chomsky, c’est en se fondant sur ces principes universels datant de la révolution bourgeoise que les États-Unis ont déclaré toutes leurs guerres depuis cinquante ans. Preuve éclatante de leur manque de logique, MM. Bové et ses amis ne se sont pas demandé qui ferait régner ces Droits précieux sur le monde, ni quelle puissance idéalement autonome parviendrait à lutter contre les diverses influences économiques et politiques pour les appliquer avec impartialité. Ni par qui serait élue cette autorité mondiale suprême. Ni comment elle gouvernerait. Ni quel parti ou quelle tendance de parti la dirigerait. Ni avec quelles forces armées elle se ferait respecter.

La tendance despotique de ce Léviathan serait, de plus, consubstantielle à son existence, puisque l’expérience a prouvé que plus un organisme est éloigné des individus qu’il encadre, plus son déficit démocratique est levé. On peut donc s’étonner que des anarchistes et des gauchistes soutiennent l’édification d’un tel monument d’oppression.

L’utopie des altermondialistes est donc totale. Ils croient en la vertu opératoire de la parole magique : "Monde, ouvre-toi !" , et le trésor des 40 voleurs nous sera acquis. Or le monde est un rapport de forces entre puissances économiques, et il ne suffit pas de vouloir avec détermination, ni de crier à tue-tête que les États-Unis, fer de lance de l’impérialisme, réduisent leur puissance pour que celle-ci décline dans les faits. Croire le contraire relève de la naïveté. Être naïf, c’est se payer le luxe d’être inopérant. Et tout mouvement inopérant encourage nolens volens la persistance du système qu’il prétend combattre.

La nation, comme foyer de guérilla

De glissement en compromis, d’accommodement en complicité objective, les altermondialistes reprennent ainsi dans leurs discours les arguments qui soutiennent le plus puissamment les intérêts des capitalistes. C’est-à-dire qu’ils s’inoculent à haute dose - et inoculent à ceux qui les écoutent - le virus qui justifie l’oppression, en retour.

Le mépris qu’ils affichent pour le fait national, auquel ils substituent un antiracisme formel, sentimental et terroriste, est à ce titre révélateur. Si les peuples désorientés par l’évolution actuelle et le dynamitage des frontières se jettent parfois dans les bras de partis qui semblent ici et là leur proposer un barrage provisoire au mondialisme, ce n’est pas, comme le prétendent les belles âmes de l’altermondialisme, parce qu’ils sombrent dans le fascisme, notion datée et dépassée. C’est d’abord parce que ces populations vivent au quotidien des situations dramatiques et déchirantes, et que nul ne leur propose un avenir digne d’être vécu, les altermondialistes moins que les autres, avec leur programme gauchiste de tabula rasa. C’est sur cette base qu’il faut édifier une réflexion.

A contrario, il est bien sûr parfaitement ridicule de prôner le raidissement identitaire comme solution-miracle. "Le repli sur la tradition, frelaté d’humilité et de présomption, n’est capable de rien par lui-même, sinon de fuite et d’aveuglement devant l’instant historial" écrivait Martin Heidegger. Le désir de rejouer le passé est vain, car "l’histoire ne repasse pas les plats", ainsi que le disait plaisamment Céline. Tout autre est l’affirmation d’une communauté nationale populaire vivante, une communauté de culture et de destin qui entend conserver son indépendance, sa volonté de puissance, sa capacité d’agir sur son avenir en puisant dans un héritage partagé, et qui offrirait la possibilité d’un contrôle populaire réel et conscient sur le pouvoir et l’expression libre des aspirations et des besoins.

La nation, catégorie historique du capitalisme ascendant, demeure en effet, contre de nombreuses prévisions, une réalité à l’époque du capitalisme déclinant. Elle devient même, selon la conception de Fidel Castro, un "bastion", un pôle de résistance révolutionnaire. La défense d’une communauté attaquée dans sa substance s’avère d’autant plus révolutionnaire que l’agression provient d’un système coupeur de têtes et aliénant. Le world-capitalisme a en effet intérêt à trouver devant lui des peuples désagrégés, des traditions mortes, des hommes fébriles et sans attache, disposés à engloutir son évangile standardisé. Ce qui freine la consommation de ses produits mondiaux, ce qui est susceptible de ralentir l’expansion de ses chansons mondiales formatées, de ses films mondiaux compactés, de sa littérature mondiale normalisée, doit disparaître, ou finir digéré dans ses circuits, ce qui revient au même. Le capitalisme est uniformisateur et l’arasement préalable des esprits encourage son entreprise uniformisatrice. Il ravage l’original, les particularismes, sauf ceux qui vont momentanément dans le sens qui lui profite.

Or la communauté, aspiration profonde des hommes, voit dans la forme nationale son actualité la plus aboutie. Passant pour les altermondialistes comme un résidu passéiste, une province pourrissante, un paradoxe historique au temps du cosmopolitisme triomphant, la nation conserve sa justification historique, a minima par le "plébiscite de tous les jours" qu’évoque Ernest Renan. Le patriotisme est un des sentiments les plus profonds, consacré par des siècles et des millénaires. Aujourd’hui, la nation conserve donc un contenu réel, qui, même s’il est épars et dilapidé, est à retrouver et à se réapproprier : "Délivré du fétichisme et des rites formels, le sentiment national n’est-il pas l’amour d’un sol imprégné de présence humaine, l’amour d’une unité spirituelle lentement élaborée par les travaux et les loisirs, les coutumes et la vie quotidienne d’un peuple entier ? ", disait Henri Lefebvre. L’étude du contenu national doit être au cour du programme d’un projet de renaissance.

Évidemment, la démocratie formelle n’a réalisé jusqu’ici qu’une pseudo-communauté abstraite qui frustre la plus grande partie du peuple, à commencer par les couches populaires (classe ouvrière et classes moyennes) sur qui pèse le fardeau le plus lourd. Car le Parlement, fût-il le plus démocratique, là où la propriété des capitalistes et leur pouvoir sont maintenus, reste une machine à réprimer la majorité par une minorité ; la liberté y est d’abord celle de soudoyer l’opinion publique, de faire pression sur elle avec toute la force de la money. La nation telle qu’elle doit être envisagée dans le cadre d’une pensée radicale ne peut qu’aller de pair avec le progrès social et l’alliance internationale avec les forces qui partagent cette ambition subversive totale. L’identité nationale doit être conçue comme une réorganisation sociale sur la base d’une forme élaborée de propriété commune, sous peine de nous ramener à un passé désuet, qui nous conduirait immanquablement au point où nous en sommes.

La nation doit être le cadre de l’émancipation, de l’épanouissement, et non une entité oppressive. C’est seulement comme instrument du progrès qu’elle conserve sa mission historique. Conception qui faisait dire à Lénine : "Nous sommes partisans de la défense de la patrie depuis le 25 octobre 1917 (prise du pouvoir par les bolcheviks en Russie). C’est précisément pour renforcer la liaison avec le socialisme international, qu’il est de notre devoir de défendre la patrie socialiste."

La souveraineté nationale - non pas le souverainisme libéral ou le national-libéralisme, des oxymores dont il faut apprendre à se dépolluer - constitue ainsi, dans le meilleur des cas (exemple frappant du Venezuela bolivarien de Hugo Chávez), un pôle vivant de résistance à l’homogénéisation, une structure servant d’appui à la contestation globale, un foyer possible de guérilla au sens guévarien du terme. Si elle s’intègre dans une lutte émancipatrice au plan national (engagement dans un processus anticapitaliste) et international (retournement des alliances, nouvelle forme d’internationalisme rationnel, et non abstrait ou mystique, c’est-à-dire avec des allés objectifs et partisans), elle ne peut plus être considérée comme un vulgaire sédatif aux luttes sociales, comme elle le fut un temps (le nationalisme bourgeois désunissant les ouvriers pour les placer sous la houlette de la bourgeoisie). Elle devient au contraire l’avant-garde de la radicalité. Sans l’autonomie et l’unité rendues à chaque nation, l’union internationale des résistants au Système (une fraternité, une collaboration et des alliances nouvelles qui ne sont pas à confondre avec la mélasse mondialiste) ne saurait d’ailleurs s’accomplir. C’est lorsqu’un peuple est bien national qu’il peut être le mieux international.

La nation ainsi comprise est tout l’inverse des duperies formalistes à fuir à tout prix : niaiserie sentimentale, chauvinisme étriqué version Coupe du monde, cocardisme sarkozyste à choix multiple, roublardise mystificatrice d’un Déroulède germanopratin digéreant mal l’oeuvre de Charles Péguy, crispation irraisonnée sur les mythes fondateurs, etc. Elle devient l’une des pièces agissantes du renversement du Système. Dans des conditions historiques différentes, Sultan Galiev pour les musulmans, Li Da-zhao pour les Chinois ont en leur temps théorisé une notion approchante, considérant que le peuple musulman, d’un côté, chinois de l’autre, pouvaient, par déplacement dialectique provisoire, être dans leur ensemble considérés comme une classe opprimée en prise avec le Système à renverser. Chaque nation entrant en résistance frontale, pour autant qu’elle s’identifie avec l’émancipation générale, devient ainsi de nouveau historiquement justifiée. On a peut-être une chance de voir alors se produire l’encerclement des villes de l’Empire par les campagnes, les bases arrières et les focos.

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#38 07-09-2008 17:25:58

catherine
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Message n°854
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Messages: 202

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

J'ai oublié de préciser que cet article (de Paul-Éric BLANRUE, dans Le Grand Soir, lundi 12 mai 2008, www.legrandsoir.info) a été lu sur le blog "des mains sales"

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#39 07-09-2008 20:54:06

NingúnOtro
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Message n°855
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Catherine, merci pour ce texte assez intéressant... et merci pour la précision.

Après un copier-coller d'un texte aussi long, et qu'on est obligé de lire par respect parce-que autrement on est incapable de savoir si son contenu est intéressant, il eut été utile d'avoir quand-même un condensé avec votre opinion sur les points que vous trouvez reflètent mieux que vous ne sauriez le dire ce que vous pensez.

De fait, je n'ai point trouvé le blog "des mains sales", et c'est dommage parce-que le contexte d'un texte en dit souvent beaucoup sur les raisons pour lesquelles il est proposé... J'aurais préféré un lien pour pouvoir lire le texte complet dans sa sauce, et ici un exposé de vos raisons indiquant pourquoi je devrais faire l'effort de le lire.

Faute de quoi, j'ai dû faire ma petite enquête personnelle pour le tracer.

Pas trop facile, d'abord parce que le blog "des mains sales" n'est pas facile à tracer sans l'URL complet, et ensuite parce que l'article que vous copiez-collez n'est pas complet non plus! En effet, l'auteur n'est pas cité, et ce que je supposais être le titre de l'article n'est pas un titre d'article non plus, mais d'une section d'article.

Tant pis, malgré tout, San Google fait le miracle...

Il s'agit d'un texte de l'auteur Paul-Éric Blanrue http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul-%C3%89ric_Blanrue http://www.blanrue.com/auteur, et le texte ne se trouve même pas dans sa rubrique personnelle d'articles, c'est à dire qu'il ne doit pas en être très fier (ou peut-être son contenu ne case pas très bien parmi les sujets habituels qu'il aborde (allez jeter un œil, moi, j'ai surtout apprécié http://www.blanrue.com/protocoles.html parce-que ils ont une certaine utilité (générale, je précise, pas anti-sémite) par les temps qui courent.

Je l'ai trouvé finalement sous le titre "De la contestation mondiale bobo-docile et du souverainisme de libération" http://www.comite-valmy.org/spip.php?article63 et http://rebellion.hautetfort.com/archive … nisme.html. Sans doute, il à été repris, en sa totalité ou partiellement, autrepart, comme dans le blog que vous citez.

Ce que moi je vois dans ce texte, c'est l'intention de diaboliser l'altermondialisme comme moyen de propulser le nationalisme par opposition en lui supposant comme vertus non exprimés l'opposé des "qualités" qu'on suppose à  l'altermondialisme. C'est-à-dire... nous sommes mieux parce que nous ne sommes pas cela.

C'est un exercice intellectuel malhonnête qui évite de se faire juger soi-même sur ce qu'on est ou n'est pas, car "ne pas être quelque chose" est loin d'être équivalent à "être son opposé" et donc cette technique évite clairement qu'on donne une image claire de soi-même.

Une image claire qui est difficile à établir. Je crois avoir mentionné quelque part que je trouve que le nationalisme est une chose, et puis la nécessité de se replier sur les frontières nationales pour défendre la souveraineté populaire et citoyenne parce que ce sont les seuls remparts existants en est une autre. Bien sûr, les nationalistes nationalistes se font une joie de pouvoir dire que leur nombre augmente spectaculairement ces derniers temps, et les défenseurs des "Traitres" se font une joie de pouvoir dire que tous leurs opposants sont des sales nationalistes comme Jean Marie Le pen. Cela simplifie le populisme de leur propagande...

Puis, dans l'altermondialisme il y a des gens de tous bords aussi... des intelligents, des primaires, des libéraux et des communistes, des gens qui ont tort et des gens qui ont raison, difficilement en tout mais souvent sur des aspects concrets... ils essayent, comme tout le monde, comme nous, de trouver des solutions.

Ouvrons un débat si vous voulez, mais alors déplaçons-le dans un fil plus adapté que la Mocrie de 59250 BAILLEUIL.

Au plaisir de vous lire.

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#40 07-09-2008 22:47:38

Étienne
Message n°857
Date d'inscription: 13-04-2008
Messages: 96

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Merci Catherine,

Pour ma part, je trouve ce texte passionnant et je trouve que vous n'avez commis aucune erreur.
J'ai pris l'initiative de mettre  en forme votre message et j'ai ajouté un lien vers le blog.

Je souligne cependant que l'idée majeure de faire écrire la Constitution de l'État par une assemblée désintéressée échappe complètement à l'auteur (comme d'habitude, je dirais) : c'est pourtant une modalité décisive qui manque au projet de résistance nationale que l'auteur imagine contre la mondialisation anarcho-capitaliste :

QUI va écrire le droit du droit de l'État qui permettra au peuple d'enfin résister ?
Sûrement pas une assemblée composée de parlementaires ou de ministres.

 

Quoi qu'il en soit, encore merci pour ce très bon texte.

hmm

Étienne.

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#41 08-09-2008 00:51:56

NingúnOtro
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Message n°858
Date d'inscription: 01-05-2008
Messages: 49

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Si les mots ont un sens, et ils devraient, Étienne, que vient faire la juxtaposition de anarcho et capitaliste comme adjectif de mondialisation dans votre commentaire?

Anarchisme, selon WikiPédia:  http://fr.wikipedia.org/wiki/Anarchisme
Capitalisme, selon WikiPédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Capitalisme
Anarcho-Capitalisme, selon WikiPédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Anarcho-capitalisme

Comme vous voyez Anarcho-Capitalisme est un mot avec un sens concret, pas trop accepté comme terme, car polluant par juxtaposition impossible la réputation de ceux qui se voient comme anarchistes tout courts.

Vous avez peut-être voulu dire ... contre la mondialisation chaotique capitaliste?

Dernière modification par NingúnOtro (08-09-2008 13:37:05)

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#42 08-09-2008 10:19:10

Étienne
Message n°859
Date d'inscription: 13-04-2008
Messages: 96

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Anarcho-capitalistes : accapareurs cupides hostiles aux pouvoirs publics institués capables de les réguler

Je trouve que cet assemblage de mots désigne bien le spectacle de ces grands patrons de firmes multinationales championnes de l'accumulation du capital, personnes soit-disant "morales" qui accaparent maladivement toutes les ressources de la terre et qui, pour augmenter sans fin leur profit, sont en train, objectivement et incontestablement, de détruire toutes les formes de contrôle public des pouvoirs institués, toutes les régulations démocratiques qui permettaient de surveiller et sanctionner les abus de pouvoirs.

Pensez au scandale absolu de l'AGCS pour réaliser que, sur toute la terre, les États se font dépouiller — en douce, sans publicité ni débats — de leurs droits de protéger les populations, au profit des grandes compagnies privées (capitalistes).

Partout dans le monde, les pouvoirs publics sont menacés par des pouvoirs privés.

Cette haine des pouvoirs publics, cette méfiance radicale de l'État, est donc effectivement une forme dévoyée d'anarchisme. Mais ces anarchistes-là — anti-pouvoirs publics — ne traquent que les pouvoirs sous contrôle démocratique (le peu qui existe aujourd'hui), et ils mettent en place discrètement une autre forme de pouvoir, occulte et sous contrôle privé celui-là, d'une violence féodale (où la police (armée) et les prisons sont les rouages clefs pour assurer le contrôle social des résistants (désarmés) au travail forcé), pouvoir qu'ils contrôlent parfaitement grâce aux élections (et aux campagnes électorales qu'ils sont, de plus en plus, seuls à pouvoir financer et médiatiser).

La "mondialisation", comme ils disent, ne sert qu'à ça, j'en suis sûr : dépouiller les peuples des moyens de résister (des outils pour défendre leurs salaires) que leur donnaient leurs institutions républicaines dans le cadre des États Nations. Il est donc essentiel pour ces anarchistes ultra-libéraux (c'est-à-dire ANTI-libéraux, à mon sens) que le mot "nation" soit sali, haï ou méprisé par le peuple lui-même.

Mais les salariés seraient bien fous de croire les prétendus "journalistes" (subordonnés à des industriels et à des banquiers, ce n'est pas un hasard et ce n'est pas sans conséquences) qui rabâchent tous les jours leur propagande de salissure du concept de nation, car le niveau national est encore, pour le moment au moins, un bon niveau de protection contre les abus de pouvoir — bien meilleur, en tout cas, qu'un empire où les individus ne contrôlent plus RIEN.

Cet assemblage n'est donc pas un oxymore et il a un vrai sens, je persiste hmm

(Au passage, la mondialisation actuelle n'a rien de chaotique, elle sert méthodiquement des intérêts bien réels, qui n'ont rien à voir avec l'intérêt général.) 

Étienne.

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#43 08-09-2008 13:59:14

NingúnOtro
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Message n°860
Date d'inscription: 01-05-2008
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Rassure-toi, je suis complêtement d'accord avec toi en ce qui concerne le contenu de ton discours, ce que je ne partage pas, c'est l'utilisation à tort du terme anarchiste par le fait que cela crée de la confusion. Le terme anarcho-capitalisme a un sens propre, un sens qui ne plaît pas aux anarchistes tout courts. Le sens que tu donnes au terme est encore différent de celui qui figure enregistré et qui ne plaît pas non plus.

Moi, j'essaie d'éviter toute terminologie traditionnelle, justement parce qu'aujourd'hui on n'est maître du sens des mots que quand on les invente soi-même et on l'introduit. Tous les vieux termes ont transité par tant de batailles et tant de tranchées propagandistiques qu'ils veulent dire tout et leur contraire selon l'usine d'où sortent les dictionnaires que chacun a chez soi. On est fou de les utiliser parce qu'on ne contrôle pas les dictionnaires chez les gens et on ne sait donc jamais quel sens ils donneront à nos expressions. Nous ne devons pas seulement contrôler ce que nous voulons diffuser comme message... il est encore plus important de soigner le sens que les récepteurs de ceux-ci vont pouvoir extraire de celui-ci. Des fois, on veut dire bleu, mais on doit dire vert pour que les autres "voient" bleu, selon la couleur des lunettes avec lesquelles nous prétendons savoir qu'ils nous regardent...

Je sais, c'est impossible de contenter tout le monde... mais bien que l'anarchisme revendique l'absence de pouvoir, il tient très haut dans sa bannière la responsabilité personnelle.

Ce serait plutôt le libéralisme (pas le traditionnel, mais le déchaîné pendant à neo-) que tu vises ?

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#44 28-09-2008 20:35:06

NingúnOtro
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Message n°875
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Catherine...

"Une chose m’étonne prodigieusement – j’oserai dire qu’elle me stupéfie – c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose. Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ? Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l’électeur moderne ? et le Charcot qui nous expliquera l’anatomie et les mentalités de cet incurable dément ? Nous l’attendons.

Je comprends qu’un escroc trouve toujours des actionnaires, la Censure des défenseurs, l’Opéra-Comique des dilettanti, et le Constitutionnel des abonnés, M.Carnot des peintres qui célèbrent sa triomphale et rigide entrée dans une cité languedocienne ; je comprends M. Chantavoine s’obstinant à chercher des rimes ; je comprends tout. Mais qu’un député, ou un sénateur, ou un président de la République, ou n’importe lequel parmi tous les étranges farceurs qui réclament une fonction élective quelle qu’elle soit trouve un électeur, c’est-à-dire l’être irrêvé, le martyr improbable, qui vous nourrit de son pain, vous vêt de sa laine, vous engraisse de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspective de recevoir, en échange de ces prodigalités, des coups de trique sur la nuque, des coups de pieds au derrière, quand ce n’est pas des coups de fusils dans la poitrine, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal pessimistes que je m’étais faites jusqu’ici de la sottise humaine, en général, et de la sottise française en particulier, notre chère et immortelle sottise, o chauvin !

Il est bien entendu que je parle ici de l’électeur averti, convaincu, de l’électeur théoricien, de celui qui s‘imagine, le pauvre diable, faire acte de citoyen libre, étaler sa souveraineté, exprimer ses opinions, imposer – ô folie admirable et déconcertante – des programmes politiques et des revendications sociales ; et non point de l’électeur « qui l’a connaît » et qui s’en moque, de celui qui ne voit dans « les résultats de sa toute-puissance » qu’une rigolade à la charcuterie monarchiste, ou une ribote au vin républicain. Sa souveraineté à celui-là, c’est de se pocharder aux frais du suffrage universel. Il est dans le vrai, car cela seul lui importe, et il n’a cure du reste. Il sait ce qu’il fait. Mais les autres ?   

Ah ! oui, les autres ! Les sérieux, les austères, les peuple souverain,  ceux-là qui sentent une ivresse les gagner lorsqu’ils se regardent et se disent « Je suis électeur ! Rien ne se fait que par moi. Je suis la base de la société moderne. Par ma volonté, Floque fait des lois auxquelles sont astreints trente-six millions d’hommes, et Baudry d’Asson aussi, et Pierre Alype également ». Comment y en a-t-il encore de cet acabit ? Comment, si entêtés, si orgueilleux, si paradoxaux qu’ils soient, n’ont-ils pas été, depuis longtemps, découragés et honteux de leur œuvre ? Comment peut-il arriver qu’il se rencontre quelque part, même dans le fond des landes perdues de la Bretagne, même dans les inaccessibles cavernes des Cévennes et des Pyrénées, un bonhomme assez stupide, assez déraisonnable, assez aveugle à ce qui se voit, assez sourd à ce qui se dit, pour voter bleu, blanc ou rouge, sans que rien l’y oblige, sans qu’on le paye ou sans qu’on le soûle ?

A quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion peut bien obéir ce bipède pensant, doué d’une volonté, à ce qu’on prétend, et qui s’en va, fier de son droit, assuré qu’il accomplit un devoir, déposer dans une boite électorale quelconque un quelconque bulletin, peu importe le nom qu’il ait écrit dessus ? … Qu’est-ce qu’il doit bien se dire, en dedans de soi, qui justifie ou seulement qui explique cet acte extravagant ? Qu’est-ce qu’il espère ? Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l’assomment, il faut qu’il se dise et qu’il espère quelque chose d’extraordinaire que nous ne soupçonnons pas. Il faut que, par de puissantes déviations cérébrales, les idées de député correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement, de travail et de probité ; il faut que dans les noms seuls de Barbe et de Baihaut, non moins que dans ceux de Rouvier et de Wilson, il découvre une magie spéciale et qu’il voit, au travers d’un mirage, fleurir et s’épanouir dans Vergoin et dans Hubard, des promesses de bonheur futur et de soulagement immédiat. Et c’est cela qui est véritablement effrayant. Rien ne lui sert de leçon, ni les comédies les plus burlesques, ni les plus sinistres tragédies.

Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu’un fait unique domine toutes les histoires : la protection aux grands, l’écrasement aux petits. Il ne peut arriver à comprendre qu’il n’a qu’une raison d’être historique, c’est de payer pour un tas de choses dont il ne jouira jamais, et  de mourir pour des combinaisons politiques qui ne le regardent pas.

Que lui importe que ce soit Pierre ou Jean qui lui demande son argent et qui lui prenne la vie, puisqu’il est obligé de se dépouiller de l’un et de donner l’autre ? Et bien ! non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a ses préférences et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces. Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours. Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne disent rien , eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit.

O bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent chaque matin, pour un sou, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau ; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t’arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes ; si tu lisais parfois, au coin du feu, Schopenhauer et Max Nordau, deux philosophes qui en savent long sur tes maîtres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles. Peut-être aussi, après les avoir lus, serais-tu moins empressé de revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d’avance le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d’humanité, que la politique est un abominable mensonge, que tout y est à l’envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n’as rien à y voir, toi dont le compte est réglé au grand livre des destinées humaines.

Rêve après cela, si tu veux, des paradis de lumières et de parfums, des fraternités impossibles, des bonheurs irréels. C’est bon de rêver, et ça calme la souffrance. Mais ne mêle jamais l’homme à ton rêve, car là où est l’homme, là est la douleur, la haine et le meurtre.

Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est pas d’ailleurs, en son pouvoir de te donner.

L’homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi ; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens. Pour te réconforter et ranimer des espérances qui seraient vite déçues, ne va pas t’imaginer que le spectacle navrant auquel tu assistes aujourd’hui est particulier à une époque ou à un régime, et que cela passera. Toutes les époques se valent, et aussi tous les régimes, c’est à dire qu’ils ne valent rien. Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel. Tu n’as rien à y perdre, je t’en réponds ; et cela pourra t’amuser quelque temps. Sur le seuil de ta porte, fermé aux quémandeurs d’aumônes politiques, tu regarderas défiler la bagarre, en fumant silencieusement ta pipe.

Et s’il existe, en un endroit ignoré, un honnête homme capable de te gouverner et de t’aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuse des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n’accordes jamais qu’à l’audace cynique, à l’insulte et au mensonge.

Je te l’ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fait la grève."

Texte original publié dans Le Figaro de 28 novembre 1888 (Octave Mirbeau). Lucide, comme aucun autre! Mais aussi naïf, dans le sens que ne rien faire leur laisse la voie libre pour mieux s'organiser pour nous exploiter comme du bétail.

Alors, entre ne rien faire et TOUT faire... ou se situe l'engagement de chacun?

On est fin septembre... Est-ce que l'inactivité sur ce site des MOCRIES peut toujours être attribué au parenthèse des vacances estivales?

On peut théoriser sur l'efficacité du mouvement alter-mondialiste... mais il ne faudrait pas, en le faisant, perdre de vue une certaine fable concernant une paille et une poutre. Eux aussi font ce qu'ils peuvent, avec une forte opposition en face et une critique interne souvent stérile.

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#45 30-09-2008 19:14:01

gilles
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Bonjour à tous, Catherine, NingúnOtro, Étienne et tous les personnes qui nous lisent.

Merci NingúnOtro de nous transmettre ce texte, je commençais à douter de la qualité de tes interventions, mais avec ce texte tu remontes dans mon estime.

à Catherine, tous mes chaleureux sentiments, mais il me semble qu'en parlant de mutisme et de sommeil, à mon avis, que tu oublies que

· Premièrement depuis toujours les mobilisations se produisent par flambées puis retombent, tiens pense à celle contre la guerre en Irak en 2003, il y avait eu une très grosse mobilisation, il y a toujours la guerre, mais actuellement, très peu de mobilisation anti-guerre.


· Deuxièmement, tu oublies toutes les personnes qui sont écrasées par trop de travail, pas assez de travail, trop d'enfants, malades, déprimées, occupées à traquer les moindres miettes de bonheur, les jeunes amoureux, trop jeunes, trop vieux, mal insérées en France, handicapées etc, je ne vais pas citer toutes situations où les personnnes sont indisponibles pour la politique, car je crois que tu m'as compris. Ces personnes et celles qui ne s'expriment pas, si on les interroge sont pour la plupart d'accord avec nos analyses, il faut voir les résultats des référendums sur l'Europe, malgré les tirs de barrage incessants des médias dominants à ces périodes.

""La patience et l'ironie sont les vertus principales des révolutionnaires." disait quelqu'un de connu autrefois.






AMÉRIQUE LATINE - Des raisons d’espérer

Je retransmets ce message à ceux qui se désolent du cours des événements afin de leur donner à nouveau du courage.

En effet,  l'Amérique Latine nous apporte un exemple d'intégration régionale qui ne repose pas sur la concurrence libre et non-faussée, sur le néo-libéralisme, les délocalisations, les privatisations.
C'est l'entraide entre les pays, l'appropriation des richesses naturelles, l'élévation du sort des plus pauvres, un repas de plus par jour, un accès à l'école facilité pour les enfants qui sont le résultat de ces politiques.

Cette autre Europe, c'est à dire une intégration régionale au service des populations, dont tout le monde rêve, se manifeste là-bas avec les luttes des populations concernées, les politiques menées en liaison avec ou poussées par les mobilisations des gens.



Diffusion de l'information sur l'Amérique Latine   http://www.alterinfos.org/

publie un texte d’Emir Sader, sociologue et secrétaire exécutif du Conseil latino-américain de sciences sociales (CLACSO) lors du colloque sur altermondialisme et post-altermondialisme qui s’est tenu à Paris le 26 janvier 2008.


"L’Amérique latine bouge. Elle est de nouveau porteuse d’espoirs. Il y a 15 ans, Clinton a réalisé tout son mandat sans même croiser le Rio Grande, sans même aller au Mexique pour signer l’Accord de libre-échange d’Amérique du Nord (ALÉNA). L’Amérique latine se comportait bien, de leur point de vue.

Dix ans après, le gouvernement Bush n’a pas pu compter sur l’appui d’un seul gouvernement d’Amérique latine pour l’invasion de l’Irak – ni même celui du Mexique, son allié proche. La ZLÉA (Zone de libre-échange des Amériques, ALCA en espagnol), le projet stratégique des États-Unis d’Amérique pour l’Amérique latine, a échoué.

Après avoir été le laboratoire mondial pour les expériences néolibérales – et précisément pour cette raison – l’Amérique latine est devenue le maillon le plus faible de la chaîne néolibérale dans le monde.



Suite de l'intervention http://www.alterinfos.org/spip.php?article2346

Bonne lecture à tous

Lire aussi, si vos activités vous en laissent le temps.

Malmö 2008, un forum social de mobilisation

http://www.france.attac.org/spip.php?article8924

Dernière modification par gilles (07-10-2008 21:40:58)

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#46 01-10-2008 07:24:23

gilles
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Re: 59270 BAILLEUL (nord)

59270 BAILLEUL (nord)


Bonjour à tous, Catherine, NingúnOtro, Étienne et tous les personnes qui nous lisent.


Je viens de trouver ce texte, il illustre assez bien je crois mon état d'esprit actuel sur les fluctuations des mobilisations et la nécessité des vigies, des sentinelles pour que les braises reprennent plus tard leur vigueur de flammes grâce au soufflet que tu as évoqué. Marat nous parle de la crise de la démocratie, de la crise financière presque comme si il était toujours parmi nous.

"Un pessimisme assumé

Marat fonde la dynamique historique de l'humanité sur un profond «pessimisme». Il constate que dans leur grande majorité, les humains se retrouvent soumis, infantilisés, complices, aliénés. En même temps, c'est ce «pessimisme assumé» qui lui permet d'affronter la complexe réalité de l'univers politique et d'envisager une action adulte susceptible de dépasser un jour les assujettissements brutaux ou aménagés. Mais sur quoi fonder une telle dynamique ?
Pour Marat, aucune «nécessité», aucune détermination précise ne poussent l'humanité en ce sens, mais rien d'essentiel non plus ne s'oppose à cette maturation. Un bouleversement, un nouvel horizon sont concevables, l'histoire humaine en apporte des preuves. Plusieurs moments de ce type ne jalonnent-ils pas le déroulement des événements entre 1789 et 1792 ? Ces «bulles» apparaissent fortuitement et sont éphémères. Mais dans cette Révolution, elles éclatent certes, mais se reforment aussi assez souvent, comme le faisaient peut-être les simples bulles du vivant, il y a des millions d'années.
Marat écrit :

«Nous ne faisons que de naître à la liberté.»

Jusqu'à ce jour, aux éclats de liberté répondent encore les remises sous tutelle. Les humains se connectent un temps sur le désir de la liberté et témoignent de l'intrépidité requise à sa conquête, mais ils n'ont pas encore trouvé les moyens d'établir durablement cet état. A l'époque révolutionnaire, cet autre grand journaliste, Elisée Loustalot trace une bien curieuse phrase :

«Rien n'égalait la folie des puissants et l'imprudence des partis, rien n'égala le merveilleux des moyens fortuits qui nous ont sortis de l'abîme. »

Et si les puissants sombraient dans leur démence? Et si le caractère fortuit s'enracinait? Et s'il existait une école des citoyens qui évitât la reprise du cycle infernal? Telles sont des questions que Marat reprend à bras-le-corps.

Une théorie de la contre-révolution
Dès 1774, Marat montre que pour établir leur emprise sur des bases moins fluctuantes, les puissants phagocytent la souveraineté et les prises de responsabilité des citoyens afin d'apparaître, après des troubles et des guerres qu'ils ont souvent eux-mêmes provoqués ou encouragés, comme l'unique recours. Plutôt que de promouvoir une vie honorable pour tous, en interdisant, par exemple, l'expansion effrénée du luxe et de la consommation, en établissant des lois somptuaires qui limitent les enrichissements abusifs, le pouvoir tire parti de la publicité pour une soi-disant marche vers la «civilisation», où la confusion entre licence et liberté est érigée en précepte. A la logique des diktats, ils substituent celle de la persuasion appuyée sur une prétendue «liberté économique». Ces nouveaux maîtres, ces «Charlatans modernes», ces «Hommes d'État» établissent, sous un blabla hypocrite à propos des droits de l'homme, de la justice et de la bienfaisance humanitaire, une barbarie raffinée." Fin de citation.

Plus ici : http://www.metavolution.org/modx/les-ch … -1793.html

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#47 01-10-2008 12:38:40

NingúnOtro
Membre
Message n°882
Date d'inscription: 01-05-2008
Messages: 49

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Plutôt que pessimisme, Gilles, j'y vois l'impuissance qui nous est organisée...

... personellement, ces jours-ci, pendant que je suis presque le seul à écrire quelque chose sur les différents forums (je vous jure, cela m'arrive de penser... non, je ne vais pas repondre à cela, j'ai mon pseudo déjà comme porteur du dernier message sur trop de sujets... il faut que les autres disent quelque-chose aussi), je me bats aussi becs et ongles contre un insidieux procés d'éviction qui dure déjà depuis mars et ou c'est moi-même qui doit chercher les lignes de défense et préparer les argumentations pour mes avocats pro-deo (j'en suis au troisième, et je dois me battre contre leur inmobilisme manque de moyens et "realpolitik", en plus de la malhonnêteté du juge et les pièges de l'avocat d'une partie contraire qui n'a pas hésité à falsifier des reçus pour construire de toutes pieces une accusation fausse). Ma réputation comme honnête citoyen m'est assez précièuse pour me battre jusqu'au bout a fin de ne pas avoir à recevoir une sentence défavorable qui fasse tâche, mais je vous assure que personne, même les peu d'amis que j'ai se demande pourquoi je ne laisse pas tomber. Parce-que j'ai des principes, bien sur, et on ne négocie JAMAIS avec les principes.

Mais j'avoue que je dois renoncer à beaucoup de choses pour pouvoir maintenir intactes ces principes...


Je viens de m'informer sur la réunion des mouvements alter-mondialistes à Malmo, dont je ne savais rien du tout (c'est à dire si c'est difficile de se tenir au courant de ce qui est important... et je suis déçu du résultat. Toujours la même soupe idéologo-théorique qui se recicle dans des manifestations stériles et nous renvoie au domaine de la pensée exclusivement de gauche qui en plus ne mobilise guère tant elle à été coopté par le système. Rien de valable à espérer, donc... dommage.


Marat est interessant, mais, au moins dans ce texte il reste aussi dans le domaine de l'analyse... sans enchainer avec un mouvement d'action intellectuellement structurée et donc effectif d'une façon organisée.

C'est un peu en quoi nous sommes en train de dériver ici... nos MOCRIES peinent à se réactiver et à être pleines de vie... et nous nous replions trop sur l'analyse intellectuel contemplatif qui lui, bien que interessant, ne changera jamais grand chose...

Je continue à me battre pour essayer de motiver plus de gens à faire quelque chose d'utile. Il faut penser globalement, mais il est aussi indispensable d'agir localement, chacun autour de nous.

Nous pourrions dinamiser les MOCRIES avec une campagne massive d'inscription des citoyens dans le sens électoral, façon d'empecher une meurtrière abstention de plus de 60% dans les élections européennes de juin 2009... cela nous donnerait le prétexte idéal pour nous relancer (au moins si dans la tête de ceux qui comptent se présenter à cettes élections est toujours une option envisageable - je sais que pour quelques-uns elle ne l'est pas des le début et cela je trouve dommage... quand un prédateur vous traque une façon de se défendre est d'empecher qu'il puisse dormir tranquilement la nuit... faut pas leur laisser le Parlement Européen, il est trop important... si non par son pouvoir réel, par sa fonction symbolique... c'est notre bastille de l'an 2009... faut la prendre à l'assault.

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#48 03-10-2008 12:51:50

catherine
Membre
Message n°884
Date d'inscription: 16-04-2008
Messages: 202

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Cher NingúnOtro,

J'aime beaucoup ta pugnacité et cette volonté farouche de respecter tes engagements.

On y sent souffler la responsabilité, la liberté et la vie, des sentiments qui font plutot ( pourquoi je n'arrive pas à faire ce type d'accent, circonflexe, juste sur ce site, bizarre!) défaut de nos jours.

Je désespère un peu de ce mouvement, je dois le confesser.

Nous sommes comme des petites cellules mais sans lien réel, ces cellules se mortifient fatalement après avoir recentré toute leur énergie d'abord en exprimant cette nécessité pour elles, mais sans réponse , elles s'épuisent et finissent par mourir.

Il faut savoir entendre le frémissement de la plainte, si on y reste sourd, la mort n'est pas loin il me semble.

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#49 04-10-2008 11:42:36

NingúnOtro
Membre
Message n°887
Date d'inscription: 01-05-2008
Messages: 49

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Merci, Cathérine

Ce qui nous tue, je crois, c'est l'excés d'individualisme... trop de gens occupés à lutter en tant que petit David contre ce Goliath qui, il faut que nous nous en rendions compte pour décrocher, n'est un monstre que parce-que nous le construisons ainsi entre tous. Quand on se bat en solitaire, c'est perdu d'avance... parce-que la même énergie que nous employons pour le combattre, cette rage pas très bien organisée, il la retourne contre nous magnifiée!

Chacun pour soi croit bien faire... mais le caos qui est crée par toutes les contributions individuelles des autres est le principal obstacle de la contribution de chacun. Celles des autres contribuent à notre impuissance, MAIS... la notre contribue aussi, décisivement, à l'impuissance des autres.

Pour ne pas foutre le bordel, pour tout le monde... il faut IDENTIFIER ce que serait une action EFFECTIVE, et travailler pour que ASSEZ de gens s'appliquent prioritairement à la mettre en place. Quand le problème c'est l'Europe... la seule solution possible se situe à echelle européenne!

C'est pour cela que je tiens tant à boulverser les élections de juin 2009, parce que c'est l'instance européenne que nous avons à tir dans l'assez court terme. Avec la vitesse à laquelle s'accumulent actuellement les évenements... attendre 5 ans de plus sans rien faire est suicidaire!

Mais ne me malinterpretez quand-même pas... j'aime plutôt qu'il y ait plein de gens qui se battent... même s'ils foutent un bordel presque impossible à gérer. Je me plains seulement du fait qu'il soit si difficile de les faire se coordonner pour obtenir les résultats qui bénéfieraient tous...

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#50 04-10-2008 15:04:54

catherine
Membre
Message n°888
Date d'inscription: 16-04-2008
Messages: 202

Re: 59270 BAILLEUL (nord)

Bonjour NingúnOtro,

Merci pour ta réponse rapide  comme d'habitude.

Pas de surprise avec toi, on sait que tu répondras, de cela merci aussi.

Je suis bien entendu tout à fait d'accord avec  la première partie de ta proposition, à savoir,  c'est l'individualisme, l'atomisation  des individus qui tuent toute efficacité  réelle contre le pouvoir .Pouvoir que nous acceptons de lui donner et qui ne se gene pas pour le prendre toujours plus.Mais là, c'est vraiment une question de temps, il y a urgence, la maison brule!

Il me semble que ce mouvement des mocries tout à fait intéressant au départ et porteur de beaucoup d'espoir tend à s'épuiser et à s'éteindre à force de négliger qu'un groupe est comme un organisme humain, il a besoin de liens, sans cela c'est la mort, des petites cellules laissées dans leur coin sans l'énergie du flux et du reflux vitalisant  s'asphyxient, c'est mon point de vue, je ne sais pas ce qu'en pensent les autres pour la bonne raison qu'ils ne se manifestent pas.

De plus, comme je le disais il y a encore peu, je n'aime décidément pas les choses tièdes, les choses sont ou elles ne sont pas, on s'engage ou on ne s'engage pas, mais les voies du milieu c'est peut-etre bien pour un bouddhiste mais je ne suis pas bouddhiste c'est le hic.

Je crains d'ailleurs que ces manifestations n'en viennent à terme à épuiser toute vélléité d'aller plus avant dans la lutte contre ce nouvel ordre, ce qui serait un comble.

Bien entendu, cette critique n'est pas dirigée contre Etienne, initiateur du mouvement, reconnaissons-lui le mérite de l'avoir initié comme sont à reconnaitre ses énormes qualités de travail ,de courage et d'intelligence il ne peut etre sur tous les fronts, c'était à nous tous de prendre le relais de cette impulsion méritoire, en faire quelque chose , reprendre à notre compte cette initiative qui appartient à tous dès lors qu'on y participe, et la déployer largement, le plus largement possible.

Je me donne encore un petit délai de réflexion,  mais je crois fort que je vais m'essayer à d'autres choses sans vouloir me disperser ce qui stérilise toute action.

Quant à la deuxième partie de ta proposition , elle me laisse  dubitative vraiment. Le parlement européen n'est pas une bonne chose, c'est un euphémisme que de le dire n'est-ce-pas, nous ne cessons de le vitupérer, c'est un organisme fantoche, un pur alibi du système lobbyiste qui nous étouffe, c'est une chambre d'enregistrement qui sert à valider des décisions qui ont été prises par des organes non démocratiques.

Accepter ou vouloir participer à cette mascarade ce serait faire le contraire de ce que l'on dit.Mais je ne suis pas rigide non plus, je sais entendre des arguments et peser le pour et le contre en fonction de ce que l'on avance. N'empeche, de prime abord, je ne suis vraiment pas pour du tout.Cela me semble etre en totale contradiction avec ce que nous faisons.

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