Forum du plan C : pour une Constitution écrite par et pour les Citoyens

Ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.
Les membres de l'Assemblée constituante doivent être tirés au sort
et, bien sûr, inéligibles aux fonctions qu'ils instituent eux-mêmes.

Vous n'êtes pas identifié.

Bienvenue :o)

Bonjour :o)
Ici, depuis le 1er janvier 2006, nous parlons d'un sujet que les politiciens de métier voudraient bien garder pour eux : nous parlons de la Constitution, de ce texte absolument fondamental pour tous les citoyens (et pourtant complètement négligé par eux), de ce texte qui pourrait nous protéger tous contre les abus de pouvoir si nous le faisions nôtre au lieu d'en abandonner la maîtrise à ceux-là mêmes qu'il est censé contrôler.
Nous discutons principe par principe, méthodiquement. Nous avons d'abord suivi le plan de mon document "Les grands principes d'une bonne Constitution", mais nous avons ensuite élargi nos thèmes à partir de vos réflexions, critiques et suggestions. C'est simplement passionnant. Ce que nous avons mis au clair sur la monnaie, sur le vote blanc, sur les vertus méconnues du tirage au sort et sur le référendum d’initiative populaire, par exemple, est enthousiasmant.
Le prolongement de cette réflexion constituante, c’est d’écrire enfin nous-mêmes un exemple de constitution, article par article. C’est ce qui se passe sur la partie wiki-constitution de ce site. Je vous invite à venir y participer également, ne serait-ce que sur un article ou deux. Vous verrez, c’est passionnant ; on sent vite qu’on est là sur l’essentiel, sur la seule vraie cause (et aussi la solution !) de nos impuissances politiques.
C’est un projet pédagogique en quelque sorte, un objet concret, réel, qui montre que 1) c'est possible : des hommes dont ce n'est pas le métier peuvent écrire une Constitution, et 2) c'est beaucoup mieux : quand ils n'écrivent pas des règles pour eux-mêmes, quand ils n'ont pas un intérêt personnel à l'impuissance des citoyens, les délégués constituants écrivent les règles d'une authentique démocratie. Merci à tous pour ce travail formidable.
Amitiés. Étienne.
[19 août 2012 : ATTENTION : pour cause de spam ultra-actif mi 2012, je FERME la possibilité aux nouveaux venus de créer un compte sans moi : il faut m'écrire à etienne.chouard@free.fr (EN ME DONNANT LE PSEUDO QUE VOUS VOULEZ) et je créerai votre compte à votre place. Il faudra ensuite venir ici pour définir un nouveau mot de passe. Désolé, mais les spammeurs deviennent infects et je n'ai pas le temps de gérer les spams (je préfère vous aider un à un à nous rejoindre). Au plaisir de vous lire. ÉC]

#1041 23-12-2009 14:41:36

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Les baisses d’impôts préconisées par les politiques de l’offre sont néfastes aux salaires
par Henry Liu

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2936

Les baisses d’impôts préconisées par les politiques de l’offre sont néfastes aux salaires
par Henry Liu. 23 décembre 2009

L’économiste Henry Liu s’élève contre la thèse affirmant que les baisses d’impôts sur les entreprises et les très hauts revenus généreraient de l’emploi. Toute baisse d’impôt sur les profits, note-t-il, incite les entreprises à arbitrer entre bénéfices et salaires, au détriment des derniers. De la même façon, les baisses d’impôts sur les hauts revenus encouragent la distribution de salaires mirobolants pour les directions. Notons au passage que ces revenus excessifs ont non seulement déprimé la demande, mais aussi alimenté la finance, avec un effet « deuxième tour » : les exigences de rémunération des investisseurs, bien supérieures à la croissance économique réelle, pressurant de plus en plus les salaires au fur et à mesure de l’accumulation du capital par le jeu des intérêts composés.

Par Henry Liu, New Deal 2.0, 16 décembre 2009 - extrait

Ces dernières décennies, les économistes partisans des politiques de l’offre ont répandu dans une opinion publique mal informée le mythe selon lequel des impôts peu élevés encourageaient les entrepreneurs à créer des emplois bien rémunérés.

Mais contrairement à cette affirmation apparemment de bon sens, la réalité historique montre que le régime d’impôt progressif des revenus, avec des prélèvements dépassant les 90% pour la tranche supérieure, a en fait encouragé les entreprises à augmenter les salaires. Pour la simple raison qu’il est plus facile d’être généreux avec l’argent du gouvernement.

Dans le passé, quand le taux d’imposition maximum sur les entreprises dépassait 50% et celui sur les revenus 90%, leurs directions étaient moins incitées à maximiser le bénéfice net en réduisant les coûts salariaux. Pourquoi auraient-elles donné de l’argent au gouvernement alors qu’il pouvait être mieux employé à la satisfaction de leurs salariés ?

La révolution économique de Ronald Reagan, inspirée par l’économie « vaudou » des politiques de l’offre, s’est traduite par réduction frénétique des taux d’imposition sur les bénéfices. Elle a incité les employeurs à maintenir des bas salaires, car les économies réalisées ainsi généraient des bénéfices que les entreprises et leurs directions pouvaient conserver, n’étant plus soumis à des taux d’imposition élevés.

Ce régime de faible imposition s’est traduit par des profits excessifs, autorisés par la stagnation des salaires, avec pour conséquence un surinvestissement, car la demande ne pouvait pas suivre le rythme de ces excédents nés des bas salaires.

La loi de Say affirmant que « l’offre crée sa propre demande », qui fait partie des présupposés sur lesquels s’appuient les économistes de l’offre, n’est vérifiée qu’en situation de plein emploi, lorsque les salaires sont corrects. Mais c’est une condition que les économistes de l’offre préfèrent ignorer.

Dans une économie à bas salaires, pour soutenir la demande, on propose aux salariés de l’argent facile sous forme crédits subprimes, au lieu de payer aux consommateurs des salaires décents, créant ainsi des profits fictifs pour le secteur financier au détriment du secteur manufacturier.

Ce dysfonctionnement a finalement conduit à la bulle de la dette qui a éclaté en 2007, avec des répercussions mondiales.

Source : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2936




Je viens justement de dénoncer cette escroquerie de la "relance par l'offre" (celle que nous imposent les voleurs en bande qui ont pris le contrôle du pays) dans deux commentaires sur le blog de Paul Jorion :

Premier commentaire :
http://www.pauljorion.com/blog/?p=6023#comment-45663

« (…) Bon. Merci Paul. Tu as été très bien.

Malheureusement, tu as oublié (ou tu n'as pas eu l'occasion), cette fois, de parler (comme tu le fais souvent, et tu es un des seuls "économistes" à le faire avec force) de la NÉCESSAIRE HAUSSE DES SALAIRES, de la nécessaire RELANCE PAR LA DEMANDE (au lieu de cette véritable escroquerie libérale — dénoncée comme escroquerie par Galbraith lui-même— qu'est la "relance par l'offre", technique d'enfumage qui n'a JAMAIS marché, comme on peut s'en douter quand on est de bonne foi). Tu n'as pas pu en parler cette fois, c'est dommage, ça manquait au tableau de la contradiction du chroniqueur-officiel-des-spéculateurs-et-des-privilégiés.

Car le niveau des salaires est bien l'enjeu central, l'enjeu de société que révèlent toutes ces crises : le capitalisme permet aux plus riches de trop accumuler et donc de ne pas distribuer assez de pouvoir d'achat, ce qui voue le système à la ruine (mais pas pour tout le monde) de temps en temps.

D'ailleurs, comme l'histoire le montre toujours et partout, la hantise éternelle des industriels et des banquiers, leur priorité absolue, au point de massacrer s'il le faut, c'est le niveau de salaires, salaires qu'ils tiennent par-dessus tout à garder le plus BAS possible. Vomitif. Tout part de là, tout s'explique par là, toute la théorie prétendument "classique" repose (sans le dire) sur cet objectif central injuste et révoltant.

L'union européenne sert ce même objectif lamentable, d'ailleurs, à mon avis.

Keynes lui-même soulignait cette mauvaise foi des prétendus "économistes", manifestement complices "professionnels" à la solde d'une classe privilégiée dont ils sont chargés d'assurer le fondement théorique, "scientifique", des privilèges.

Exemple (extrait tiré de la Théorie générale, Payot, p 58 et s.) :

« Dans l'Économie ricardienne, qui est à la base de tout ce qui a été enseigné depuis plus d'un siècle, l'idée qu'on a le droit de négliger la fonction de la demande globale est fondamentale.

À vrai dire, la thèse de Ricardo que la demande effective ne peut être insuffisante avait été vivement combattue par Malthus, mais sans succès. Car faute d'expliquer (si ce n'est par les faits d'observation courante) comment et pourquoi la demande effective pouvait être insuffisante, Malthus n'est pas parvenu à fournir une thèse capable de remplacer celle qu'il attaquait ; et Ricardo conquit l'Angleterre aussi complètement que la Sainte Inquisition avait conquis l'Espagne. Non seulement sa théorie fut acceptée par la Cité, les hommes d'État et l'Université, mais toute controverse s'arrêta ; l'autre conception tomba dans l'oubli le plus complet et cessa même d'être discutée. LA GRANDE ÉNIGME DE LA DEMANDE EFFECTIVE, à laquelle Malthus s'était attaqué, disparut de la littérature économique. On ne la trouve même pas mentionnée une seule fois dans toute l'œuvre de Marshall, d'Edgeworth et du Professeur Pigou, qui ont donné à la théorie classique sa forme la plus accomplie. Elle n'a pu survivre qu'à la dérobée, sous le manteau et dans la pénombre de Karl Marx, de Silvio Gesell et du Major Douglas.

Une victoire aussi décisive que celle de Ricardo a quelque chose de singulier et de mystérieux. Elle ne peut s'expliquer que par un ensemble de sympathies entre sa doctrine et le milieu où elle a été lancée.

Le fait qu'elle aboutissait à des conclusions tout à fait différentes de celles qu'attendait le public profane ajoutait, semble-t-il, à son prestige intellectuel. Que son enseignement, appliqué aux faits, fût austère et souvent désagréable lui conférait de la grandeur morale. Qu'elle fût apte à supporter une superstructure logique, vaste et cohérente, lui donnait de l'éclat. Qu'elle présentât beaucoup d'injustices sociales et de cruautés apparentes comme des incidents inévitables dans la marche du progrès, et les efforts destinés à modifier cet état de choses comme de nature à faire en définitive plus de mal que de bien, la recommandait à l'autorité. Qu'elle fournît certaines justifications aux libres activités du capitalisme individuel, lui valait l'appui des forces sociales dominantes groupées derrière l'autorité.

Jusqu'à une date récente la doctrine elle-même n'a jamais été contestée par les économistes orthodoxes, mais son inaptitude remarquable à servir à la prédiction scientifique a fini par diminuer grandement le prestige de ses adeptes. Car depuis Malthus les économistes professionnels paraissent avoir été insensibles au désaccord entre les conclusions de leur théorie et les faits d'observation. Le public au contraire n'a pas manqué de relever ce désaccord et c'est ce qui explique sa répugnance croissante à accorder aux économistes le tribut de respect qu'il alloue aux autres catégories de savants dont les conclusions théoriques sont confirmées par l'expérience, chaque fois qu'elles sont appliquées aux faits.

Quant au fameux optimisme de la théorie économique traditionnelle, optimisme en raison duquel on a fini par considérer les économistes comme des Candide, qui, ayant abandonné le monde pour cultiver leur jardin, enseignent que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles pourvu qu'on le laisse aller tout seul, il a pour origine, selon nous, la méconnaissance de l'obstacle qui peut être opposé à la prospérité par l'insuffisance de la demande effective. »

Source: J .M. Keynes, "Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie" (1936), Payot 2005, p 58 et s.

(…)

Amicalement.

Étienne. »
_______________

« Le premier qui, ayant enclos du terrain, s’avisa de dire : "Ceci est à moi" et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile.

Gardez-vous d’écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne.

Quand les héritages se furent accrus en nombre et en étendue au point de couvrir le sol entier et de se toucher tous, les uns ne purent plus s’agrandir qu’aux dépens des autres.

De là commencèrent à naître la domination et la servitude. »

Jean-Jacques Rousseau
(Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes)

Deuxième commentaire :
http://www.pauljorion.com/blog/?p=6023#comment-45812

Relance par la DEMANDE (ex. : New Deal), la seule qui vaille,
et RMA : revenu MAXIMUM autorisé


Merci Lisztfr.

Cette phrase de Malthus a du sens.

« La première chose dont on ait besoin (…), avant même tout accroissement du capital et de population, c’est une demande effective de produit, c’est-à-dire une demande faite par ceux qui ont les moyens et la volonté d’en donner un prix suffisant. »

Robert Malthus – Principes d’économie politique

Je me garderai cependant de prendre en référence ce triste sire qui a dit tant de sottises sur l'inopportunité de porter secours aux pauvres.


Le passage de Keynes ci-dessus sur l'extravagante négligence de la DEMANDE (et donc du niveau des SALAIRES) dans les théories économiques modernes, et l'explication qu'il suggère de chercher dans la corruption intellectuelle probable de la classe des "économistes", bien trop dépendante des privilégiés, ce passage me paraît éclairant pour la période actuelle et mérite d'être relu.

"Tout a été pensé ; l'important est d'y penser à nouveau" observait Goethe.

Votre citation de Malthus me conduit à renchérir un peu avec quelques mots d'un économiste que je trouve enthousiasmant : clarté, précision, humour, pédagogie, érudition… C'est un bonheur de le lire.

Il s'agit de John Kenneth Galbraith.

Voilà un auteur qui a prédit la crise actuelle avec… 53 ans d'avance ! Dans "La crise économique de 1929. Anatomie d'une catastrophe financière.", 1954, nouvelle préface en 1988 (Payot 2008), Galbraith propose une explication limpide des rouages fondamentaux — toujours en vigueur — et permet de comprendre à la fois la crise actuelle et les remèdes nécessaires.

Il faut lire ce petit livre, qui est comme un phare dans la nuit de la crise.

Au passage, Maurice Allais connaît Galbraith depuis longtemps (50 ans ?) ; on sent partout des filiations (comme avec Schumpeter).

Extrait de "La crise économique de 1929. Anatomie d'une catastrophe financière.", J. K. Galbraith, 1954 (Payot 2008, p. 12) :

« Une troisième condition déterminante [du déclenchement des crises], aussi peu mentionnée à l'époque que récemment, fut l'adoption, peu avant le krach, de réductions d'impôts dont bénéficiaient principalement les gens très riches — avant 1929, les réductions de Andrew Mellon, et avant 1987, celles, plus spectaculaires, des économistes de l'offre avec Ronald Reagan.

Dans les deux cas, ces réductions étaient censées donner un coup de fouet à l'investissement, et permettre la création de nouvelles entreprises, de nouvelles usines et de nouveaux équipements. DANS LES DEUX CAS, ELLES NE FIRENT QUE DÉTOURNER DES FONDS VERS LE MARCHÉ DES ACTIONS : c'est en effet ainsi que les gens gagnant bien leur vie emploient leurs excédents de trésorerie. »

Ceci est essentiel, il me semble, et mérite d'être lu et relu, (diffusé et propagé), porté à la connaissance du Président de la République et de ses conseillers "économistes" de l'offre, escrocs de la chimérique "relance par l'offre".

Il faudrait qu'ils sachent qu'ils sont repérés.

Extrait de "La crise économique de 1929. Anatomie d'une catastrophe financière.", J. K. Galbraith, 1954 (Payot 2008, p. 16) :

« En 1987, la situation, héritée des politiques de l'administration fédérale, était fort différente. Déjà sous le président Carter, l'inflation avait été combattue par la politique monétaire, par le biais surtout de taux d'intérêt élevés. Puis, au cours des années Reagan, les impôts furent drastiquement réduits, au nom de LA CHIMÈRE QUE REPRÉSENTE L'ÉCONOMIE DE L'OFFRE mentionnée plus haut, selon laquelle des taux d'imposition plus bas devaient encourager les initiatives individuelles et entraîner ainsi des recettes fiscales plus élevées.

Le résultat, en réalité, combiné à celui de dépenses militaires accrues, fut un énorme déficit budgétaire. Les effets inflationnistes de ces évolutions furent alors contenus par une politique monétaire encore plus agressive, et des taux d'intérêt encore plus assassins. C'était le monde né du croisement du professeur Arthur Laffer et du professeur Milton Friedman.

Les conséquences de cette politique aberrante ne font aucun doute. Les taux d'intérêt élevés attirèrent des capitaux de l'étranger qui, eux-mêmes, poussèrent le dollar vers le haut sur les marchés des changes. Il en résulta une subvention extraordinairement généreuse aux importations, une forte pénalisation des exportations et un énorme déficit de la balance commerciale américaine. Les produits étrangers, notamment japonais, s'installèrent solidement sur nos marchés et, contrairement aux bonnes vieilles matières premières, ne furent pas facilement délogés quand le dollar baissa. Une part substantielle des dollars qui s'étaient accumulés dans les mains des étrangers prirent le chemin de Wall Street. Il y avait là, pour le marché, une double source d'incertitude qui n'avait pas existé en 1929 : les investisseurs étrangers se préoccupaient à la fois du futur du dollar et du futur de leurs investissements boursiers. La panique de 1929 avait été, pour l'essentiel, un phénomène américain; celle de 1987 fut mondiale. »

Cette séquence — décrite dès 1988, il y 20 ans !— ne vous rappelle rien ?


Le fils de J. K. Galbraith, James Galbraith, de son côté, écrit ceci :

« La théorie prédominante s'appuie sur l'idée que prix et quantité s'établissent par l'interaction de l'offre et de la demande dans des marchés concurrentiels libres. Cette idée, et nulle autre, qui est au cœur de la pensée économique, est la source des errements qui font que les économistes ont presque toujours tort.

La présentation des concepts de l'offre et de la demande comme principes explicatifs universels date de plus d'un siècle (ce n'était pas le cas pour Adam Smith, David Ricardo, Thomas Malthus, Karl Marx ou John Stuart Mill). Les principaux protagonistes en sont Alfred Marshall, pour la tradition anglo-saxonne, et sans aucun doute Léon Walras en Europe continentale.

Au XXe siècle, de grands économistes, tels Keynes, Joseph Schumpeter et John Kenneth Galbraith, ont tenté de briser le pouvoir de ces notions dans l'imaginaire de la profession économique. En vain.

[color=red]Une approche de l'offre et de la demande sur le marché du travail sous-entend que le plein-emploi ne peut être réconcilié avec des prix stables, que l'évolution technologique entraîne l'inégalité des revenus et que l'augmentation du salaire minimum provoque obligatoirement le chômage.
Dans tous les cas, l'erreur théorique fondamentale est essentiellement la même : la réification d'une courbe d'offre pour laquelle il n'existe aucun fondement empirique. »

James Galbraith - Comment les économistes se sont trompés (2000)[/color]

On continue à se faire bien enfumer par les riches, qui détruisent la planète.

Tiens, à propos de riches qui détruisent la planète, vous devriez aller voir cette bonne conférence de Chavez à Copenhague : c'est intéressant et amusant.

C'est bien qu'on puisse dire ça à ce niveau.

L'ami Hervé Kempf se voit là honoré d'une publicité mondiale gratuite.

Publicité bien méritée, je trouve : son livre passionnant m'a fait découvrir (en l'articulant bien avec les problèmes écologiques) la pensée formidable de Thorstein Veblen qui moquait les pulsions puériles de la classe des loisirs, ultra riches forcément toujours insatiables parce que mus par une ridicule rivalité ostentatoire.

Cette rivalité irrépressible conduit à un gaspillage permanent et croissant, imposé par mimétisme à partir du haut jusque tout en bas de la pyramide sociale par le jeu de cette même rivalité ostentatoire qui nous anime tous. C'est assez bien vu. Et c'est la suite qui est particulièrement intéressante, car cette analyse permet de fonder une proposition politique radicale :

Ce gaspillage généralisé impulsé par un haut de pyramide inutilement riche justifie, pour la survie de l'espèce, l'intervention publique pour imposer UN REVENU MAXIMUM AUTORISÉ (RMA), puisqu'il est vain d'escompter que les riches s'arrêteront un jour spontanément d'accumuler et de gaspiller, une fois leurs besoins satisfaits (cela n'arrivera pas et ils détruiront la planète).

Dans cette optique, par le RMA, on impose les riches non pas pour obtenir de l'argent, ni pour les punir de quoi que soit, ni même pour répartir cet argent auprès de ceux qui en auraient plus besoin, mais prioritairement pour sauver tout le corps social d'un gaspillage mortifère sans fin.



Décidément, l'analyse de la DEMANDE est bien un pan stratégique de la réflexion économique, à travailler prioritairement pour la recherche du bien commun.

Ne comptons pas sur les "économistes" pour le faire : on dirait qu'ils sont, pour la plupart, payés précisément pour ne PAS le faire. C'est donc, peut-être, aux citoyens eux-mêmes de s'emparer du sujet et d'en imposer ensuite les conclusions politiques logiques ?


Amicalement.

Étienne.
_______________

Discours par lequel MIRABEAU exhorte l'Assemblée constituante, face à la crise, à décider la confiscation d'un quart des plus grandes fortunes (1789) :

« Il faut le combler, ce gouffre effroyable. Eh bien ! Voici la liste des propriétaires français. Choisissez parmi les plus riches, afin de sacrifier moins de citoyens ; mais choisissez ; car ne faut-il pas qu'un petit nombre périsse pour sauver la masse du peuple ? Allons, ces deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit. Ramenez l'ordre dans vos finances, la paix et la prospérité dans le royaume (...). Vous reculez d'horreur... Hommes inconséquents ! Hommes pusillanimes ! Et ne voyez-vous pas qu'en décrétant la banqueroute, vous vous souillez d'un acte mille fois plus criminel ? (...) Croyez-vous que les milliers, les millions d'hommes qui perdront en un instant, par l'explosion terrible ou par ses contrecoups, tout ce qui faisait la consolation de leur vie, et peut-être leur unique moyen de la sustenter, vous laisseront paisiblement jouir de votre crime ? Contemplateurs stoïques des maux incalculables que cette catastrophe vomira sur la France, impassibles égoïstes, êtes-vous bien sûrs que tant d'hommes sans pain vous laisseront tranquillement savourer les mets dont vous n'avez voulu diminuer ni le nombre ni la délicatesse ? Non : vous périrez. »

Amicalement.

Étienne.

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#1042 23-12-2009 16:28:42

Sandy
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH a écrit:

Sandy a écrit:

Maurice Allais se trompe sur l'idéal socialiste, enfin, si on ne doit considérer que sa composante économique comme il le fait : il ne s'agit pas de l'équité de la REdistribution des richesses mais de la distribution des richesses tout court. Cette nuance est extrêmement importante car elle vise à lutter contre les inégalités en amont, contre ce qui les produit et non pas uniquement en aval, après que ces inégalités soient produites.

Alors, cela ne change pas grand chose à ce qu'il dit ici, mais néanmoins, cela ôte toute compatibilité entre libéralisme et socialisme, contrairement à ce qu'il pense.

Je ne comprends pas ...
Expliquez moi ce que proposent les socialistes en terme de distribution "en amont" des richesses, et que ne proposerait pas Allais (avez vous lu http://osonsallais.wordpress.com/2009/1 … fiscalite/ ?).

EDIT: on ne peut distribuer (ou redistribuer) une richesse si elle n'a pas été produite, extraite ou "cueillie" , les 3 par le travail.
Bien sur certains considèrent que c'est aux autres de travailler pour pouvoir profiter des fruits du travail de ceux là: ce n'est pas mon point de vue, hormis un pourcentage de répartition (impôts, revenu citoyen, quotas)

Les inégalités interviennent par exemple dès le départ au niveau de l'entreprise parce que l'organisation interne des entreprises est fondée sur un système dictatorial.

Par exemple pour une grande entreprise, c'est la direction et le conseil d'administration de l'entreprise qui vont décider de la répartition des revenus entre les actionnaires la direction et ensuite les salariés, il existe surement des conventions collectives qui définissent une base de revenu en fonction des qualifications mais il y a surement un DRH sous les ordres de la direction et du conseil d'administration qui décide des revenus de chaque salarié au final.

Il est évident que dans ces conditions la direction et le conseil d'administration ayant quasiment un pouvoir absolu, ils en abusent pour s'attribuer à eux même une part des revenus totalement abusive comparé aux revenus des travailleurs de l'entreprise. La théorie d'Etienne qui explique que derrière chaque injustice il y a forcément un abus de pouvoir semble se vérifier, c'est par ce bais que se créent les premières inégalités.

Donc soit on règle ce problème en amont en agissant sur l'organisation interne de l'entreprise en y établissant une organisation démocratique ( ce qui réglera en même temps tous les pbs internes aux entreprises liés aux abus de pouvoir qui y sont perpétrés ), soit on tente de régler le problème en aval en bidouillant au niveau de l'imposition, mais il est clair qu'on n'arrivera jamais à régler réellement ce problème de distribution des richesses car la méthode de l'imposition reste peu flexible, et on ne réglera rien des pbs internes aux entreprises.

L'exemple des SCOP est flagrant, dans ces entreprises dirigées collectivement, soit les gens choisissent d'avoir tous la même part de revenu, quelque soit leur tâche, soit ils choisissent une hiérarchie de revenus en fonction de différents critères, comme la responsabilité ou la qualification du travail, mais une hiérarchie qui ne comporte pas d'abus ( les écarts entre les plus hauts revenus et les plus faibles restent faibles ) et personne n'est sous payé ou exploité.

Dernière modification par Sandy (23-12-2009 16:30:47)

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#1043 23-12-2009 16:43:25

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@ Sandy
Je ne puis qu'être d'accord .. donc imposons un système économique différent (que des coop ou des scoop ... aucune autre forme de société autorisée)
Mais votre banque n'est-elle pas déjà coopérative (ou mutualiste) ... et n'y a t'il pas en son sein des écarts de salaires importants ?
Je sais envisager des systèmes utopiques , l'écosociétalisme http://www.ecosocietal.org/ en est un ... mais pour le moment il faut faire avec ce que nous avons

Dernière modification par AJH (23-12-2009 16:44:09)


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
http://www.societal.org

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#1044 23-12-2009 17:21:52

Sandy
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Je ne crois pas qu'un système économique qui serait basé uniquement sur des entreprises comme les SCOP soit viable. Cela ne laisse aucune place aux initiatives individuelles. Or, les initiatives individuelles prennent une place importante dans l'innovation. Il est important je pense de préserver précieusement cette liberté individuelle de pouvoir réaliser une idée sans avoir à convaincre d'autres personnes.

Je n'ai cité les SCOP que pour appuyer ce que je disais sur un exemple réel.

Non, la démocratie dans les entreprises, c'est plus, en quelque sorte, l'aboutissement du droit du travail. Tout comme on a jusqu'à présent retiré ou limité certaines décisions aux propriétaires de l'entreprise comme par exemple en faisant intervenir les syndicats et des décisions collectives, il faut simplement aller plus loin et identifier les décisions qui doivent être collectives à l'intérieur de l'entreprise par exemple, celles qui doivent être collectives et donner lieu à des accords de branche, etc ...

Qu'est ce qui est utopique selon vous ? Qu'est ce que cela a de plus utopique que de vouloir modifier le système monétaire ?

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#1045 23-12-2009 17:49:23

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Sandy a écrit:

Qu'est ce qui est utopique selon vous ? Qu'est ce que cela a de plus utopique que de vouloir modifier le système monétaire ?

Rien .. vous avez raison . Mais je n'ai toujours pas compris ce que vous reprochiez à Allais  wink


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
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#1046 25-12-2009 23:59:44

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Ma banque s'enrichit en m'incitant à vivre à crédit
Par Armelle Vincent | Journaliste | 20/12/2009 | 18H08
http://www.rue89.com/california-dreamin … dit-130629


J'ai récemment changé de carte de crédit. Le taux d'intérêt de la précédente était passé de 12,3% à 29% sans aucun préavis. Ma nouvelle carte ne m'accorde que la moitié du crédit de la précédente, mais c'est précisément ce que je voulais.

Par les temps qui courent, moins on a de dettes, mieux on se porte. Je supposais que je ne serais pas autorisée à dépasser ma ligne de crédit. Jusqu'à présent, il ne m'était jamais arrivé de le faire. Sinon, j'ai toujours payé ma facture à l'heure et respecté les modalités de la banque.


Une amende de 39 dollars pour un dépassement de 10 dollars

Quelle n'a donc pas été ma surprise, la semaine dernière, de constater que Chase, la compagnie de crédit, me facturait une « amende » de 39 dollars pour avoir dépassé ma limite de seulement 10 dollars ! Coup de fil pour leur demander des comptes : pourquoi m'avoir autorisée à dépenser au-delà d'une limite qu'ils m'ont eux-mêmes fixée ? Je connaissais bien-sûr déjà la réponse : pour mieux m'exploiter ensuite.

Il y a un an, une aventure similaire m'est arrivée avec ma banque. En ouvrant mon compte, je leur avais demandé de m'interdire les découverts. Pour être sûre de ne pas vivre au-dessus de mes moyens, vu que je ne suis pas la meilleure comptable. Ma banque n'en a rien fait. Elle m'a laissé tirer de l'argent au distributeur et payer des additions. Jusqu'à ce que je constate qu'elle m'avait facturé 39 dollars d'amende pour chaque transaction.

Virée chez mon banquier : je demande pourquoi il n'a pas respecté mon souhait de ne pas m'autoriser de découvert.

- Parce que c'est notre politique, me répond-il.
- Mais enfin, puis-je l'empêcher ?
- Non.


Les banques prennent leurs clients en otage

La banque ne va évidemment pas se priver de vous prendre de l'argent à chaque fois qu'elle le peut. Chaque jour, des millions d'Américains se font arnaquer par leurs banques ou compagnies de crédit. Libres de changer les règles du jeu, c'est-à-dire d'augmenter les taux d'intérêt, même rétroactivement, ainsi que le montant et la nature des amendes, elles ont pris leurs clients en otage, leur maintenant la tête sous l'eau à l'heure où ils sont parfois abattus par la perte d'un emploi ou d'une maison.

Excédée par les manoeuvres de ma banque, j'ai fait quelques recherches et je suis tombée sur un excellent documentaire de l'émission d'information « Frontline » de la chaîne PBS. Voici ce que j'ai appris : les consommateurs américains utilisent leurs cartes de crédit au rythme de 100 000 transactions par minute. Le montant de leur dette s'élève à 1 trillion de dollars.

À l'origine de cet endettement, on trouve une institution financière, Providian Financial et son ex-PDG Shailesh Mehta. Il y a trente ans, Providian a révolutionné le marché du crédit en le mettant à la portée de tous, et surtout des plus insolvables. L'objectif : recruter de 30 à 40 millions de bougres qui n'avaient jamais auparavant eu accès au crédit, se contentant par la force des choses, de vivre selon leurs moyens.

« Des gens qui seraient incapables de payer la totalité du solde mensuel, resteraient donc endettés et continueraient ainsi à payer des intérêts. L'objectif étant qu'ils nous soient redevables à perpétuité », admet Shailesh Mehta.


Les pauvres sont les victimes du système

Peu à peu, les consommateurs se sont enfoncés dans les dettes. Ils se sont mis à refinancer leurs emprunts immobiliers pour payer les dettes galopantes de leurs cartes de crédit.

Ce système pervers a engendré une injustice criante : les plus riches paient le moins puisqu'ils sont à même de régler leur solde mensuel tandis que les plus vulnérables paient le plus.

Alors que des millions d'Américains luttent pour survivre, les compagnies de cartes de crédit continuent de jouir d'une entière liberté pour déterminer les taux d'intérêt et amendes sans aucune limite. Une loi régissant leurs pratiques a bien été signée par Obama en mai dernier, mais elle ne doit prendre effet qu'en janvier prochain.

En attendant, les compagnies de cartes de crédit ont profité des huit mois de liberté écoulés pour faire payer les consommateurs à l'avance en leur imposant des augmentations vertigineuses de taux d'intérêt, souvent rétroactivement.

Source : Rue89 :
http://www.rue89.com/california-dreamin … dit-130629

Les grandes entreprises, et particulièrement les banques, se comportent (de plus en plus ?) comme des ennemis de l'humanité. Si une personne physique se comportait comme le font les personnes morales, on l'internerait aussitôt, comme psychopathe.

Voir la thèse de Joël Bakan : PSYCHOPATHES & CIE. LA SOIF PATHOLOGIQUE DE PROFIT ET DE POUVOIR

Étienne.

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#1047 26-12-2009 00:56:39

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

L'administration Obama soutient massivement Fannie Mae et Freddie Mac
LEMONDE.FR Avec AFP | 25.12.09 | 11h33  •  Mis à jour le 25.12.09 | 11h38
http://www.lemonde.fr/ameriques/article … _3222.html


L'administration du président américain [b]Barack Obama a offert, jeudi 24 décembre, un immense cadeau de Noël à deux entreprises cruciales pour l'immobilier, Fannie Mae et Freddie Mac, leur donnant carte blanche sur leurs pertes jusque fin 2012, pertes qui seront comblées par l'Etat. Le département du Trésor a annoncé qu'il modifiait le plafond de 200 milliards de dollars par entreprise assigné aux deux organismes semi-publics de refinancement hypothécaire, qui limitait les injections de capital auxquelles pouvait procéder l'Etat [/b](lire notamment l'article du Wall Street Journal).


D'accord, pas d'accord ? Réagissez à l'article que vous venez de lire
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Concrètement, ce plafond sera relevé chaque trimestre pendant trois ans à chaque fois que ces organismes réaliseront des pertes nettes respectives. Après avoir reçu déjà 111 milliards de dollars depuis leur mise sous tutelle en septembre 2008 pour les renflouer, ils auront droit à des montants désormais illimités. Le Trésor fait là un pari relativement risqué, nul n'étant en mesure de dire jusqu'où ira l'hémorragie financière de Fannie Mae et Freddie Mac.

PRÈS DE 200 MILLIARDS DE DOLLARS DE PERTES

Les deux groupes en sont à leur neuvième trimestre de pertes d'affilée, pour un total de plus de 120 milliards de dollars chez Fannie, et de plus de 70 milliards chez Freddie. Les deux sociétés ont déjà prévenu que 2010 serait une année très difficile. Le marché immobilier américain, s'il a vraisemblablement touché le fond courant 2009, reste déprimé, avec des niveaux de transactions historiquement faibles, des saisies qui se poursuivent à un rythme élevé et une construction très ralentie.

Ces organismes semi-publics sont considérés comme portant à bout de bras la majorité du marché. Ils détiennent ou garantissent plus de 40 % de l'encours des prêts immobiliers du pays. Et, dans les prêts actuellement émis, leur part de marché est encore plus élevée, étant d'autant plus prépondérante que les emprunteurs sont modestes.

"Les mesures annoncées aujourd'hui [jeudi] sont nécessaires pour préserver la solidité et la stabilité à l'avenir du marché immobilier", a rappelé le Trésor. La banque centrale américaine (FED) a aussi consacré des montants astronomiques à ces deux organismes. Elle prévoit qu'elle aura racheté d'ici au 31 mars pour 1 425 milliards de dollars de leurs titres de dette.

Source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article … _3222.html

Le contraste entre cette débauche de création monétaire pour aider les pires crapules et l'avarice sordide à l'égard des milliards de crève-la-faim dont quelques miettes seulement assureraient la fin des malheurs, ce contraste est proprement révoltant.



À propos de révolte, je viens d'écouter (et je vous conseille) une vidéo d'Alain Soral dont l'analyse m'a paru très intéressante, sur la monnaie et l'empire, mais aussi sur l'islam : il propose des clefs de lecture de l'actualité à la fois originales et sensées, tout sauf extrêmistes ou violentes, en tout cas (il évoque la fausse monnaie US dans la vidéo n°2) :

http://www.egaliteetreconciliation.fr/i … Itemid=115

On dirait un homme libre, sans souci du qu'en dira-t-on.

Étienne.

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#1048 28-12-2009 14:26:46

Sandy
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Message n°8133
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Il faudrait vraiment avoir un débat sur les références qui sont prises. Alain Soral est très libre en effet, tellement libre que c'est un fachiste notoire ...

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#1049 28-12-2009 14:42:27

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Soral, fasciste ?

Vous avez des élements de preuve, Sandy ? Des citations ?

À l'entendre, à le lire, ce serait plutôt un virulent anti-fasciste, plutôt, non ?

Étienne.

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#1050 28-12-2009 15:19:15

Sandy
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Message n°8138
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

http://www.dailymotion.com/video/x1td0v … e-pen_news

son soutien à lepen en 2007

Il faut faire attention à ce genre de personnage qui est passé maître dans l'art de la récupération, tout ce qui combat le système, tout ce qui alimentera ses idées complotistes, tout ce qui lui permettra de montrer son idée de "tous pourris" est une de ses sources favorites de récupération.

Ne faites pas l'erreur d'y voir une convergence intellectuelle ou une conquête idéologique.

Quand l'extrême droite dont Soral ou Le pen font partie défend le non au TCE ce n'est pas pour les mêmes raisons que quand la gauche défend le non au TCE, et s'ils se mettent à utiliser les mêmes idées que nous au final il ne faut pas oublier que c'est uniquement de la triangulation, parce qu'en défendant leurs idées ouvertement ils n'arrivent pas à convaincre, alors ils nous empruntent les nôtres. Mais ce n'est pas parce qu'ils empruntent nos idées qu'ils ont abandonné les leurs !

Dernière modification par Sandy (28-12-2009 15:31:38)

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#1051 28-12-2009 16:11:46

Sandy
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Message n°8147
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Une question qui peut vous paraître bête mais c'est quelque chose que je ne comprends pas bien. Est-ce que le commerce extérieur ne nous contraint pas à accepter les dogmes des économies avec lesquelles nous commerçons, est-il possible réellement d'avoir un système indépendant des leurs à partir du moment où nous commerçons avec eux ?

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#1052 28-12-2009 16:20:45

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Sandy a écrit:

Une question qui peut vous paraître bête mais c'est quelque chose que je ne comprends pas bien. Est-ce que le commerce extérieur ne nous contraint pas à accepter les dogmes des économies avec lesquelles nous commerçons, est-il possible réellement d'avoir un système indépendant des leurs à partir du moment où nous commerçons avec eux ?

Je vous renvoi à un petit apologue; Histoire 2: Les Valbans et les Mélans

http://www.onpeutlefaire.com/articles/a … olique.php

Ceci dit, il faut aussi modifier totalement les régles de l'OMC ( lire un résumé de la Charte de la Havane http://wiki.societal.org/tiki-index.php … teLaHavane  )


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
http://www.societal.org

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#1053 28-12-2009 17:33:27

Étienne
Message n°8149
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Sandy,

Avant de porter une appréciation sur quelqu'un (Soral ou un autre), j'écoute et je lis la personne incriminée elle-même, et, si j'ai bien compris ce que j'ai lu et entendu, Soral est un révolutionnaire, révolté par le présent, et qui, après l'avoir rejoint, a quitté le PC (finalement incapable, selon lui, de foutre en l'air l'oligarchie) ; il a ensuite, après l'avoir rejoint, quitté aussi le FN (finalement incapable, selon lui, de foutre en l'air l'oligarchie).

Cette trajectoire en zigzag (assez courageuse, reconnaissez-le, s'il s'avère qu'elle ne cache aucune pensée dangereuse pour la République) ne fait pas de lui un fasciste : pour traiter qui que ce soit de "fasciste", il me semble qu'il faut qu'il ait accompli ou fait faire lui-même des actes, ou tenu lui-même des propos, ou écrits lui-même des lignes, spécifiquement fascistes ; c'est bien le moins, non ?

Je trouve au contraire que ce qu'il dit dans sa dernière vidéo sur les conditions de l'intégration des musulmans est d'un humanisme et d'une tolérance irréprochables, une pondération intéressante et originale : écoutez-le, c'est le meilleur moyen de ne pas vous tromper. Il faut respecter les droits de la défense, non ?

Quant à la "salissure Le Pen", je trouve le reproche commodément monté en épingle: accepteriez-vous d'être puni pour ce qu'aurait fait ou dit de mal une de vos connaissances, collègues ou partenaires ? Sans doute pas. En droit, on n'est responsable que de ses propres faits et gestes (et c'est déjà pas mal).

Pour tout dire, j'en ai marre du chiffon-rouge-Le-Pen qui fait tout pour je ne regarde pas le vrai fascisme déjà au pouvoir, en France, aux USA et ailleurs. Je ne veux pas qu'on m'impose de me déterminer par rapport à Le Pen, serait-ce même en miroir inversé : je veux rester libre de mes pensées, une par une, et il se peut qu'il en ait en commun avec celles de Le Pen, je m'en fiche pas mal.

Avez-vous noté que Le Pen dénonce depuis longtemps l'oligarchie des industriels et des banquiers, et qu'il est donc tout à fait utile pour les privilégiés ainsi dénoncés qu'on puisse amalgamer (et salir) toute résistance à cette oligarchie en l'associant à un épouvantail infamant si commode ? Pour le dire autrement, est-ce que les antiracistes (avec toute leur sincère et intransigeante générosité) ne sont pas les idiots utiles de l'oligarchie financière ? Ne lui rendent-ils pas un fier service en disqualifiant eux-mêmes tous les résistants à l'oligarchie des industriels et des banquiers qui se sont de près ou de loin, à un moment de leur vie de résistant, rapproché de Le Pen ?

Soyons concrets :

Pouvez-vous me citer des propos fascisants de la part de Soral ?

Moi, je n'en ai jamais vu. Si c'était arrivé, je ne l'aurais pas cité.

De toute façon, je ne cèderai pas à l'ordre d'exclure quelqu'un sans l'entendre se défendre, sur simple injonction comminatoire. Me comprenez-vous ? Vous-même, vous ne vous laisseriez pas intimider de la sorte, n'est-ce pas ? Vous demanderiez des preuves. Et vous auriez raison.

C'est tout simple. J'attends ces preuves.

Étienne.


PS : Comprenant maintenant les liens évidents entre le projet de fédération européenne anti démocratique et le fascisme industriel et financier d'entre deux guerres, je ne me laisse plus imposer les étiquettes "démocratique" ou "fasciste" : je juge sur pièces.

PPS : pour aller tout à fait dans votre sens, je veux bien faire attention, mais pas seulement à ce personnage-là : comme le suggère fortement Alain, je fais attention et je me méfie de tous les politiciens de métier.

_______________

Ou tu défends la liberté d’expression pour des opinions que tu détestes, ou tu ne la défends pas du tout. Même Hitler et Staline étaient ravis de défendre la liberté d’expression pour des idées qui leur convenaient.

Voilà les enjeux essentiels. Pour pouvoir éluder ce débat, il y a toujours le flot de mensonges habituels.

Noam Chomsky

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#1054 28-12-2009 19:18:08

Sandy
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Et moi Etienne je juge sur les actes et pas uniquement sur les paroles, et vous savez pourquoi ? Parce que les gens mentent, les gens manipulent, les gens trompent, les gens dissimulent, et j'en passe et des meilleurs.

Je ne prends pas à la légère non plus ce qui est écrit dans un programme politique, surtout quand il s'agit de celui du FN.

Je ne suis donc pas dutout d'accord pour m'arrêter uniquement à des points de convergence et à mettre de côté tout le reste comme si cela n'existait pas, Etienne c'est de la naïveté.

C'est bien beau de se prétendre révolutionnaire, mais pourquoi devrais-je être solidaire avec Soral ? Est-ce que la révolution c'est juste tout détruire au point de justifier le fait de retourner sa veste et de passer des communistes au FN puis à Dieudonné etc ... ? Ou est-ce que la révolution c'est surtout mettre en place une société nouvelle ? C'est bien beau de vouloir faire sauter l'oligarchie en place, mais moi je ne veux pas faire sauter l'oligarchie en place pour les mêmes raisons que Soral ou que Lepen et ça je ne peux pas ne pas le prendre en compte dans mes jugements.

Soral comme je vous ai dit mange à tous les rateliers idéologiques du moment qu'ils peuvent lui servir dans sa révolution et il a franchit des limites qui sont pour moi innacceptables.

Le projet du FN est un projet ouvertement fasciste, n'avez vous jamais entendu parlé de la préférence nationale ?, et ce malgré tout le lissage apporté sous la pression de Marine Lepen qui pense que la réussite du FN se fera par un regain de respectabilité. Soral a adhéré et a milité ouvertement pour ce projet, Soral a soutenu Lepen et l'a présenté comme un sauveur, on est loin de "la simple connaissance qui aurait dit ou fait qqchose de mal". Ce sont des actes ! Que vous faut-il de plus pour mettre la sonnette d'alarme ?

Et expliquez moi en quoi ne pas vouloir être associé avec un individu comme Soral ou plus globalement refuser tout lien idéologique ou politique avec cet individu ou avec le FN, l'extrême droite ou tous les groupuscules qui s'y rattachent, équivaudrait à faire tout pour vous empécher de regarder le fascisme déjà au pouvoir, en France, aux USA et ailleurs ?
Depuis quand Soral est l'unique espoir de toute révolution ? Vous éxagérez et vous amalgamez deux choses totalement indépendantes.

Bien sur que vous avez le droit d'être d'accord ponctuellement avec les propos d'un tel ou d'un tel sans devoir vous défendre de partager dans ce cas toutes ses idées même les plus nauséabondes. Et tant mieux pour vous si vous ne craignez pas les jugements des autres et d'avoir à vous défendre de vos accords avec de tels personnages.

Mais vous n'êtes pas tout seul, pensez aux gens qui partagent aussi vos idées et qui eux ne veulent pas voir ces idées être associées aux idées de ces gens.

Regardez comment fonctionne la récupération idéologique, vous en donnez une belle preuve. En récupérant des idées, ils ratissent plus largement, et arrivent à rammener des poissons dans leurs filets idéologiques, voyez comme ils vous ont aggripé grâce à leur récupération des idées contre l'oligarchie financière, pour vous rammener dans leurs filets idéologiques et leurs idées sur les anti-racistes, qu'est ce que cela peut bien avoir à la base avec les idées qu'il y a sur ce forum, ou avec l'oligarchie financière ? ...

On appelle cela un glissement idéologique. C'est comme cela qu'ils fonctionnent et qu'ils opèrent.

Vous vous rendez compte, vous expliquez que disqualifier Lepen ou Soral c'est disqualifier TOUS LES RESISTANTS à l'oligarchie financière. Vous insultez ainsi tous ceux qui se battent contre l'oligarchie financière ET CONTRE les idées du FN ou de Soral.

Pouvez-vous me citer des propos fascisants de la part de Soral ?

Non, je ne suis pas une encyclopédie universelle, mais je vous ai cité les propos prouvant son adhésion au projet du FN et au soutien actif de Lepen en 2007, et je peux surement vous retrouver le programme du FN en 2007 si vous voulez.

Dernière modification par Sandy (28-12-2009 19:22:58)

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#1055 28-12-2009 21:37:39

Étienne
Message n°8151
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Préférence nationale = fascisme ???

Sandy, ne vous énervez pas, s'il vous plaît : la colère n'est pas une démonstration.

Vous voudriez (apparemment) que je diabolise avec vous la préférence nationale, comme si c'était un marqueur fasciste (les bras m'en tombent), alors que, tenez-vous bien, TOUS LES PAYS DU MONDE, sans exception, PRATIQUENT DEPUIS TOUJOURS ET ÉVIDEMMENT, LADITE PRÉFÉRENCE NATIONALE (comme n'importe quel être vivant, d'ailleurs) ? Mais c'est idiot : c'est précisément le contraire, c'est le mortel dogme libre-échangiste de l'OMC (voulu pour nous manifestement par nos pires adversaires qui sont en train de parvenir à se faire élire par nous-mêmes, comprenez-le, c'est ça le drame) qu'il faut condamner avec la plus grande fermeté : je ne considère pas la préférence nationale comme un trait fasciste, pas du tout, ou bien les mots n'ont plus de sens ou nous ne parlons pas de la même chose : quand je milite personnellement pour un protectionnisme rigoureux contre les pays déloyaux, ceux qui traitent les salariés comme des esclaves, c'est de la préférence nationale... ben oui, et ça tombe sous le sens.

Et si ce qui vous choque dans l'expression "préférence nationale", c'est de mieux traiter dans un pays les nationaux que les étrangers, vous aurez du mal à me faire admettre, —même si je suis d'accord avec vous pour trouver ça idiot (financièrement, il s'agit de broutilles) et contestable (la plus élémentaire hospitalité conduit à traiter mieux les étrangers que soi-même)—, vous aurez du mal à me faire parler là de "fascisme" : vous exagérez et vous perdez la mesure. Je répète que tous les pays du monde font de même et que, donc, sans être bien (ne me faites pas dire que j'en suis solidaire), ce n'est quand même pas "fasciste"... ou bien vous videz de son sens (grave) ce mot important en l'appliquant à tout le monde.

Et ne me faites pas le procès de la non hospitalité ou de repli sur moi-même, alors que je milite pour que TOUS les étrangers aient TOUT DE SUITE des papiers et que cessent immédiatement les camps de concentration et autres déportations, bien françaises et bien actuelles. Je trouve l'UMP et le PS mille fois plus dangereux que le FN : eux, ils internent et ils déportent, en ce moment, Sandy.

Et le racisme, c'est pareil : encore une fois, c'est une évidence, le racisme est bête et méchant, je combats le racisme. Mais ouvrez les yeux, Sandy : si vous traitez de fascistes tous les racistes, mais le mot fasciste ne sert plus à rien du tout : tout le monde sur Terre est raciste, ouvrez les yeux ! Je sais que c'est effrayant et déplorable, je sais que c'est à pleurer, mais je ne vais pas m'interdire même de lire les idées de quelqu'un sous prétexte qu'il est raciste !!! Sinon, je vais m'enfermer dans ma petite bulle antiraciste, avec les trois pelés antiracistes comme moi, et ça avancera à quoi, Sandy.

En plus, Soral n'est sûrement pas raciste : écoutez-le, vous verrez. Et puis, s'il était raciste, il ne serait pas avec Dieudonné qui est black : regardez leur parti, quand même, c'est une vraie tour de Babel. Non, raciste, c'est une accusation invraisemblable. Antisioniste, oui, mais ça n'est pas du racisme, c'est même précisément le contraire...

Pendant ce temps, pendant que les antiracistes tirent sur tous les résistants qui ne sont pas antiracistes, les privilégiés se goinfrent et mettent en place subrepticement un nouvel ordre mondial sans aucune démocratie ni possibilité de résister, et vous, honnête résistant, mais surtout antiraciste, au lieu de tirer devant, vous tirez sur les côtés sur les autres résistants ! Mais qu'est-ce qui est le plus dangereux et le plus urgent, Sandy ? Où sont vos priorités ? Lutter contre le racisme qui est présent dans TOUTES les têtes, que vous le vouliez ou non ? Ou lutter contre la progression de la synarchie ? Avez-vous lu (cf. message précédent) mon hypothèse des antiracistes comme idiots utiles, sincères mais objectivement assassins de la résistance la plus importante ? Qu'en dites-vous ?

Je suis bien plus efficace quand j'écoute et lis un raciste (plus ou moins avoué), quand je trouve intéressantes certaines de ses idées de résistance contre les privilégiés, les vrais fascistes (souvenez-vous qui finançait Mussolini et Hitler : et bien, ils sont encore là ! Ça urge, Sandy), et quand je profite de ces échanges pour, secondairement mais bien réellement, argumenter et faire reculer ou tempérer son racisme, je suis plus efficace que celui qui a exclu de son monde politique le raciste (raciste qui devient alors de plus en plus raciste, dans son coin, avec d'autres racistes). Ne me dites pas que c'est théorique : je vis souvent ces discussions où l'on peut prouver que le racisme est une sottise ; je ne sais pas si vous avez remarqué, Sandy, mais nous sommes cernés par des racistes, le monde entier en regorge... Mais vous leur parlez quand même, Sandy, ne mentez pas.

Alors ?

Vous n'avez pas bien lu mon message précédent, peut-être :

Ou tu défends la liberté d’expression pour des opinions que tu détestes, ou tu ne la défends pas du tout. Même Hitler et Staline étaient ravis de défendre la liberté d’expression pour des idées qui leur convenaient. Voilà les enjeux essentiels. Pour pouvoir éluder ce débat, il y a toujours le flot de mensonges habituels.
Noam Chomsky

Que répondez-vous à cela, Sandy ? Moi, je trouve cette ligne de Chomsky imparable. C'est d'ailleurs toute la philosophie du Parlement d'Athènes, la moelle épinière de la démocratie véritable, qui réside là, dans cette absolue liberté de parole.

Et vos intimidations visant à conduire d'autres que vous à pourchasser et exclure des citoyens parce qu'ils osent défendre une idée que vous, vous estimez profondément indéfendable, choquante, et que vous qualifiez de "fasciste" pour faire passer votre police de la pensée, excusez-moi, Sandy, c'est très exactement le contraire de la démocratie, c'est même le début du... fascisme. En effet, Sandy, le fascisme c'est bien la pensée imposée, la fin de la liberté, non ? Qui va décider, selon vos principes, des pensées interdites ? Vous ? La rumeur ? Dites-moi : qui va être le fonctionnaire de police de la pensée qui va attribuer (ou pas) les étiquettes infamantes ? Qui ?

Non, votre interdiction est une impasse, je crois.
Le politiquement correct, c'est un signe avant-coureur de Big Brother.

Vous devinez bien que, pendant que vous, vous estimez que c'est la préférence nationale qui est un blasphème valant anathème et exclusion rendant maudits non seulement ceux qui les profèrent mais aussi leurs amis !... (vous comptez contaminer les gens jusqu'à quel degré de proximité avec l'excommunié ?), pendant ce temps, donc, tel autre, un autre que vous Sandy, décidera que ce sont les caricatures antireligieuses qui valent épouvantable ostracisme contagieux, et d'autres décideront (sans vous) que sont maudites, haïssables, et doivent être pourchassées les idées de collectivisation, etc. etc. etc. STOOOP !

On pense ce qu'on veut. C'est facile, c'est simple, et il n'y a pas de meilleur moyen pour voir les adversaires en face et les mettre publiquement en déroute, par l'argumentation, par la démonstration, par la parole publique (démocratie = mise en scène des conflits, parlement, pour remplacer la violence physique par la violence verbale) : Sandy, vous et moi, on va leur montrer publiquement que le racisme est une sottise déshonorante et que la préférence nationale est un slogan débile et honteux quand il vise l'étranger qui travaille chez nous comme nous.

Mais si vous interdisez à tous vos amis de parler à un raciste (et je suis sûr que Soral n'est pas raciste : je n'ai jamais rien lu et entendu chez lui que le radical contraire, très crédible, mille fois plus que l'UMP-PS, en tout cas), vous n'allez plus parler à personne : tous vos meilleurs amis sont plus ou moins racistes, Sandy, c'est effrayant mais c'est comme ça. Alors, arrêtez de monter en épingle ce qui est triste, ce qui doit changer, mais qui n'est sûrement pas impardonnable et encore moins définitif.

Bon, on peut s'empailler ferme là-dessus, je pense.

Pourtant, Sandy, vous êtes un des acteurs de ce forum avec qui je me sens le plus en phase : souvent, vous me prenez les mots de la bouche et je me reconnais parfaitement en vous. C'est rare, cette proximité, et j'y tiens. Je suis un peu triste de ce dernier échange, mais je le relativise : je sais qu'on peut se friter de temps en temps, tous les deux, ça nous est déjà arrivé, un peu pour les mêmes raisons d'ailleurs, parce que vous me reprochiez de ne pas rester aussi "pur" que vous le souhaitiez, vous me reprochiez déjà, si je me souviens bien, d'avoir osé lire (et parler de) gens que vous aviez complètement diabolisés.

Ce qui serait vraiment triste (c'est possible, malheureusement), c'est que nous soyons irréconciliables là-dessus, car je vous sens très remonté et très intransigeant sur vos interdits, alors que je tiens, moi, plus que tout au monde, à ma liberté d'aller lire (et utiliser la pensée de) qui je veux, en prenant en compte vos éventuelles mises en garde certainement, et en restant très vigilant assurément, mais en restant parfaitement libre. Vous m'annoncez le discrédit le plus total. Vous avez peut-être raison (j'espère que non, quand même), mais tant pis : je ne travaille pas pour une renommée ; rester libre de penser et de choisir mes idées partout sur terre est, pour moi, une priorité absolue. Je ne veux obéir à personne sur ce point.

Ni dieu, ni maître.

Amicalement, vraiment.

Étienne.

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#1056 28-12-2009 23:31:08

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

La fin du Consensus de Washington
une passionnante analyse, par Michael Hudson & Jeffrey Sommers (Traduction, 18 décembre 2008) :
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2412

Résumé : « La « nouvelle économie » d’aujourd’hui n’est pas basée sur les nouvelles technologies et les investissements, comme Greenspan le clamait dans les années 1990, mais sur l’inflation des actifs qui produit des gains en capitaux.

Les surplus de l’économie sont absorbés par le service de la dette et non pas par l’investissement productif ou par un partage des gains de productivité au bénéfice des salariés. Les salaires et les niveaux de vie restent stagnants pour le plus grand nombre lorsque l’économie tente de s’enrichir par le « miracle des intérêts composés, » et quand les gains en capitaux en provenance du secteur financier servent à octroyer de nouveaux crédits qui poussent à la hausse le prix des actifs, en une sorte de mouvement perpétuel de la machine du crédit et de la dette. »

Depuis vingt ans, les partisans du Consensus de Washington nous répétaient « le marché y pourvoira, » promettant richesse et prospérité pour tous. La réalité leur donne tort.

En généralisant la concurrence à outrance sur les facteurs de production, la mondialisation exerce une pression perpétuelle à la baisse sur les salaires. Le remplacement des industries à forte productivité par des services à faible valeur ajoutée déforme la structure de la rémunération et affaiblit la demande. Une part grandissante de la population est privée de la possibilité de s’insérer dans l’échange marchand, car elle n’est plus en mesure de défendre le niveau de salaire qui permettrait de contrebalancer le différentiel de productivité.

Contrairement aux proclamations des défenseurs du marché dérégulé, cette nouvelle donne produit un appauvrissement structurel bien réel, comme nous le rappelle chaque jour le sort subit par ceux que l’on appelle les « exclus, » toujours plus nombreux. Il est temps, grand temps, de se détourner de cette dangereuse illusion qu’est le Consensus de Washington, et de remettre en cause les traités qui lui donnent force de loi.

L’implosion financière de Wall Street marque la fin d’une ère. C’en est fini de la crédibilité du consensus de Washington - marchés ouverts aux investisseurs étrangers et aux programmes d’austérité (taux d’intérêts élevés et restrictions de crédits) « pour assainir » les déficits des balances de paiements, les déficits budgétaires des états et l’inflation. Par son aspect négatif, ce modèle a totalement failli à engendrer la prospérité qu’il promettait. L’augmentation des taux d’intérêt, le démantèlement droits de douanes protecteurs et des subventions nuit au commerce et à la balance des paiements au lieu de les aider, il aggrave les déficits budgétaires au lieu de les réduire, et au final favorise la hausse des prix. La raison ? Le coût des intérêts pèse sur les entreprises tandis que la dépendance au commerce extérieur et la dépréciation de la monnaie locale augmentent les prix à l’importation.

Mais l’aspect positif qu’offrent les alternatives au consensus de Washington est encore plus frappant. Les 700 milliards de dollars dépensés le 3 octobre par le trésor U.S pour renflouer Wall Street victime des créances douteuse, démontrent que les Etats-Unis n’ont aucune intention d’appliquer ce consensus à leur propre économie. L’austérité et « la responsabilité budgétaire » sont bonnes pour les autres pays. L’Amérique agit toujours impitoyablement quand son propre intérêt économique est en jeu. Elle dépense librement plus qu’elle ne gagne, inondant l’économie globale avec près de 4 mille milliards de dollars de dette du gouvernement que les États-Unis ont envers les banques centrales étrangères.

Cette dette ne sera pas remboursée, eu égard au déficit commercial chronique des États-Unis et aux dépenses militaires extérieures. Il se pose un problème intéressant : pourquoi les autres pays ne pourraient-ils pas faire la même chose ? L’asymétrie de politique actuelle est-elle une donnée naturelle ? N’est-ce pas délibérément le résultat de l’ignorance (entretenue par un programme idéologique intensif de propagande en faveur de la globalisation, pour la garantir) ? L’Inde, par exemple, a-t-elle besoin de privatiser ses banques d’Etat comme cela a été envisagé, ou aurait-elle raison de faire marche arrière ? Les programmes néo-libéraux imposés à l’ancienne Union Soviétique ont-ils réussi à « américaniser » son économie, à développer sa capacité de production et son niveau de vie comme promis ? N’était-ce pas un rêve qui à viré au cauchemar ?

Les trois pays baltes, Lettonie, Estonie et Lituanie, ont longtemps été célébrés par la presse occidentale pour leur succès exemplaires. La banque mondiale les a classé parmi les pays les plus « favorables aux affaires », dont les prix immobiliers se sont envolés, dopés par les crédits hypothécaires en devises étrangères octroyés par les banques scandinaves voisines. L’industrie y a été démantelée, l’agriculture y est ruinée, la population masculine de moins de 35 ans émigre. Les prix de l’immobilier y ont été comptabilisés en valeur nette dans les bilans nationaux pendant près d’une décennie. Sommes nous parvenus à un nouveau « moment de vérité » ? Si le système économique soviétique a culminé en une « cleptocracie » bureaucratique, le modèle néo-libéral a-t-il vraiment été bien meilleur ? Plus important encore, existait-il une meilleure alternative ?

On peut s’attendre à ce que d’autres économies post soviétiques subissent le sort de l’Islande, avec une dette extérieure visiblement disproportionnée, impossible à rembourser par les exportations (comme la situation dans laquelle se trouvent les Etats-Unis), ou même par davantage de vente d’actifs. Les transferts de fonds des émigrants deviennent le soutien principal de la balance des paiements, reflétant la contraction de l’économie aux mains des « réformateurs » néo-libéraux et la dépendance au libre échange international que le consensus de Washington favorise. Au moment où cette crise a obligé le gouvernement des États-Unis à « changer de vitesse », le moment est-il donc venu pour les pays étrangers de se rapprocher du modèle « des économies mixtes » ?

Après tout, cela a été le chemin pris par chaque réussite économique au cours de l’histoire. Les économies entièrement privatisées (en pratique, les économies contrôlées par les banques et les gestionnaires financiers) se sont révélées aussi destructives, qu’inutiles et corrompues, aussi centralisées et planifiées que les économies d’Etat de la Russie de Staline ou l’Allemagne de Hitler. Le balancier politique va-t-il revenir en arrière vers un meilleur équilibre public-privé ?

L’image idéalisée vue de Washington de la façon dont les marchés libres fonctionnent (en admettant que cela ait jamais existé) promettait que les pays extérieurs s’enrichiraient rapidement, se rapprocheraient du niveau de vie des Etats-Unis, à condition de laisser les investisseurs internationaux s’approprier leurs principales industries et leurs infrastructure de base. Pendant près d’un demi- siècle, ce modèle néo-libéral a pris la forme d’un exercice hypocrite de politique indigente au mieux, décevante au pire, pour convaincre d’autres économies de s’imposer des politiques financières et budgétaires suicidaires permettant aux investisseurs U.S. d’attaquer par surprise et de s’emparer des actifs clés à des prix de liquidation. (Occasion pour les États-Unis de payer ces sorties de capitaux sous forme de bons du Trésor, au rendement faible ou même négatif lorsqu’il est exprimé en devises fortes.)

Le système néo-libéral global n’a jamais été ouvert en pratique. L’Amérique ne s’est jamais imposée à elle-même le genre de thérapie de choc que Robert Rubin, Secrétaire d’état au Trésor du Président Clinton (et maintenant conseiller d’Obama) a promu en Russie, dans le reste de l’ancien bloc soviétique, aux pays baltiques dans le nord-ouest, à l’Asie centrale dans le sud-est. Bien au contraire ! Malgré l’augmentation du solde du commerce et des paiements de l’Amérique, les prix à la consommation sont en hausse, les marchés financiers et de l’immobilier plongent, on n’entend personne parmi l’élite des puissants demander de laisser le système s’auto réguler. Le département du Trésor subventionne les marchés financiers des Etats-Unis afin de sauver sa classe financière (si l’on excepte quelques agneaux sacrificiels) et soutenir le marché des capitaux. Les taux d’intérêt sont abaissés pour regonfler le prix des actifs, ils ne sont pas augmentés pour stabiliser le dollar ou pour ralentir l’inflation des prix à la consommation.

Les implications politiques dépassent de loin les Etats-Unis eux-mêmes. Si les Etats-Unis peuvent créer autant de crédit aussi rapidement et aussi librement - et si l’Europe peut suivre le mouvement, comme elle l’a fait ces derniers jours - pourquoi les autres pays n’en feraient-t-il pas autant ? Pourquoi ne deviendraient-ils pas riches en suivant la voie prise réellement par les Etats-Unis, plutôt que de se conformer simplement à la rhétorique douce mais égoïste de ses diplomates économiques ? L’expérience des États-Unis eux-mêmes fournit la principale raison pour laquelle le marché libre, dirigé par les institutions financiers allouant le crédit, est un mythe, une falsification de la réalité afin que les autres pays ouvrent leurs marchés des capitaux aux investisseurs des États-Unis et leurs marchés agricoles aux fermiers des États-Unis.

En revanche, le modèle financier et commercial que les oligarques U.S. et leurs alliés encouragent relève du deux poids deux mesures. Le plus notoirement, quand la crise financière asiatique a éclaté en 1997, le FMI a exigé que ces gouvernements vendent leurs banques et leurs industries aux capitaux étrangers à des prix bradés. Les firmes vautours U.S. étaient particulièrement agressives pour s’emparer du patrimoine Asiatique ou mondial. Mais le plan de sauvetage financier des États-Unis est en totale opposition avec ce que les institutions du consensus de Washington ont imposé à d’autres pays. Il n’y a aucune intention de laisser les investisseurs étrangers acquérir aux États-Unis des actifs stratégiques, sauf à des prix exorbitants. Et pour l’industrie, les Etats-Unis une fois de plus ont violé les règles du commerce international en offrant des subventions de sauvetage et des fonds spéciaux aux seuls trois grands constructeurs d’automobiles U.S. (General Motors, Ford et Chrysler) à l’exclusion des constructeurs d’automobiles étrangers installés aux Etats-Unis. Favorisant de ce fait sa propre industrie nationale et prenant des mesures punitives pour porter atteinte aux investissements étrangers, les Etats-Unis fournissent un nouveau cas d’espèce de politique économique nationaliste.

Le plus important c’est que le plan de sauvetage des États-Unis fournit un modèle de loin préférable au Consensus de Washington prêt-à-exporter. Il démontre que les pays n’ont aucun besoin du crédit des banques étrangères. Les gouvernements auraient pu créer leur propre monnaie et système de crédit plutôt que de laisser les créanciers étrangers accroître les frais d’intérêt devenus à présent une surcharge constante et une ponction apparemment irréversible de la balance des paiements. Les Etats-Unis ont prouvé que n’importe quel pays peut monétiser son propre crédit, au moins son crédit intérieur. Une grande partie du problème pour les économies du tiers monde ou de la sphère post soviétique est qu’ils n’ont jamais eu l’occasion d’éprouver le modèle réussi de capitalisme gestionnaire qui a précédé le modèle néo-libéral, préconisé par Washington depuis les années 80.

Le modèle gestionnaire du capitalisme, dominant de l’après deuxième guerre mondiale jusqu’aux années 80 (avec comme antécédents le mercantilisme britannique du 18ème siècle et le protectionnisme américain de 19ème siècle), permettait une croissance élevée. Les planificateurs d’après-guerre, tels que John Maynard Keynes en Angleterre et Harry Dexter White aux Etats-Unis, ont favorisé la production plutôt que la finance. Winston Churchill disait ironiquement « les nations font vraiment le bon choix [silence...], après avoir épuisé toutes les autres options. » Mais il aura fallu deux guerres mondiales, séparées par une dépression économique déclenchée par l’accumulation de dettes insolvables, suivit d’un ultime effort pour enfin favoriser la production au détriment de la finance et finalement « faire le bon choix. »

La finance a été subordonnée au développement industriel et au plein emploi. Quand cette philosophie économique a atteint son sommet au début des années 60, le secteur financier ne représentait que 2 % seulement des bénéfices des entreprises aux États-Unis. Aujourd’hui, c’est 40 % ! Les charges de remboursement de l’Amérique accroissent exponentiellement la dette et l’empêchent de produire les marchandises et les services pour payer les créanciers, qui utilisent ces capitaux pour proposer de nouveaux prêts et à pousser à la hausse l’offre immobilière et le cours des actions. Le capital nécessaire aux équipements réels des entreprises provient presque entièrement de leurs fonds propres - et ceux-ci sont aussi mis à contribution pour payer les intérêts d’une dette industrielle croissante. Le résultat est la déflation par la dette - un rétrécissement de pouvoir d’achat puisque l’excédent économique est « financiarisé », un nouveau mot récemment ajouté au vocabulaire économique mondial.

Depuis les années 80, le système fiscal des États-Unis a favorisé la recherche de rente et la spéculation sur le crédit en surfant la vague d’inflation de prix des actifs. Cette stratégie a profité aux bilans tant que le prix des actifs augmentait plus rapidement que les dettes (c’est-à-dire, jusqu’à l’année dernière). Mais elle n’a pas renforcé la capacité industrielle. Et en attendant, les réductions d’impôts ont accrues la dette nationale, amenant le Vice-président des États-Unis Dick Cheney à dire que « Reagan a prouvé que les déficits n’ont aucune importance. »

Sur le front international, plus le déficit du commerce et du paiement des États-Unis augmente, plus on injecte des dollars dans les mains étrangères. Leurs banques centrales les ont recyclés aux États-Unis en achats des bons du Trésor et, quand les taux d’intérêt sont tombés presque à zéro, ont investi dans des paquets d’hypothèques. Le secrétaire de trésor actuel, Henry Paulson a assuré les chinois et les autres investisseurs étrangers que le gouvernement se tiendrait derrière Fannie Mae et Freddie Mac agences privatisées de garantie d’hypothèques, à hauteur de 5,2 mille milliards de dollars. Ce qui donne un ordre de grandeur de la dette publique des États-Unis aux mains privées.

En attendant, le trésor a conclu des ententes particulières avec les Saoudiens pour qu’ils réutilisent leurs revenus du pétrole dans Citibank et d’autres institutions financières U.S.- investissements, sur lesquels ils ont perdu plusieurs dizaines de milliards de dollars. Pour couronner le tout, libeller le prix du pétrole mondial en dollars a permis de maintenir la valeur du dollar à un niveau que les fondamentaux sous-jacents de l’économie des Etats-Unis ne justifiaient pas. L’économie des États-Unis a payé ses importations avec la dette publique que personne ne prévoyait de rembourser, même si elle aurait pu l’être (le montant actuel de 4 mille milliards de dollars l’interdit, comme dit plus haut). L’économie américaine, a vu ainsi son déficit commercial augmenter en même temps que le prix de ses actifs selon des lois économiques inconnues de toute autre nation, avec en plus la possibilité de recourir librement et sans limite à la dette internationale.

Le capitalisme gestionnaire a mobilisé la hausse de la valeur nette d’entreprise et le cours des actions pour construire l’économie réelle. Mais depuis les années 80, une nouvelle variété de directeurs financiers a mis en gage les actifs en garantie de nouveaux emprunts utilisés au rachat d’actions d’entreprises ou même à payer des dividendes. Ce qui poussé à la hausse le prix des actions et donc la valeur des stocks-options que les dirigeants d’entreprises s’attribuent à eux-mêmes. Mais cela n’a contribué à aucune formation de capital réel.

La bulle immobilière internationale a été alimentée par l’expansion de la dette hypothécaire. Pour l’achat d’une maison, les acheteurs doivent s’engager à une dette à vie. Ce qui a dissuadé beaucoup d’employés de faire grève ou même de revendiquer de meilleures conditions de travail, parce qu’ils sont « à la dernière station avant de devenir sans-abri » ou de la forclusion d’hypothèque. Pendant ce temps, les entreprises ont externalisé et procédé à des réductions d’effectifs, supprimant les avantages acquis, imposant de horaires de travail allongés, et incorporant plus de femmes et d’enfants dans la main d’oeuvre.

La « nouvelle économie » d’aujourd’hui est basée non sur la nouvelle technologie et l’investissement dans l’équipement, comme l’ancien Président de la Fed Alan Greenspan l’a annoncé à grand coup de trompe à la fin des années 90, mais sur l’inflation des prix générant des plus-values (principalement des prix du foncier, les terrains représentent toujours le patrimoine le plus important aux États-Unis comme dans d’autres économies industrielles). L’excédent économique est absorbé par le service de la dette (et des soins de santé plus onéreux), non par l’investissement dans la production ou le partage des gains de productivité avec les travailleurs et les salariés qualifiés. Les salaires et le niveau de vie de la plupart des personnes stagne, alors que l’économie essaye de s’enrichir par « le miracle des intérêts composés » tandis que les plus-values issues du secteur financier fournissent la base d’un nouveau crédit qui offre des prix d’actifs en hausse, en un pseudo mouvement perpétuel de la machine du crédit et de la dette. Mais seul le 1 % le plus riche de la population en a profité pour augmenter sa part de la richesse nationale en intérêts, dividendes et plus-values de 37 % il y a dix ans, à 57 % il y a cinq ans, et presque 70 % aujourd’hui. L’épargne se porte bien, mais seuls les 10 % les plus riches peuvent épargner - et cet argent est re-prêté aux 90 % restant de la population, de sorte qu’aucune épargne nette n’en résulte.

Au plan international aussi, l’économie globale a contribué à augmenter les inégalités plutôt que de les réduire. Beaucoup de pays du tiers monde ont accédé à l’indépendance, sur fond de modes injustes de propriété des terres (latifundia, possédé par les oligarchies local) mis en place par les anciennes puissances coloniales européennes avec une production centrée sur l’exportation. L’indépendance des anciens pays satellites du bloc soviétique est survenue après la mue du capitalisme gestionnaire en modèle néo-libéral considérant la « création de richesse » logée uniquement dans la hausse des prix de l’immobilier, des actions et des obligations.

Des conseillers occidentaux ainsi que d’anciens émigrants sont venus convaincre ces pays d’entrer dans la partie à leur tour - sauf que, pour plusieurs de ces pays, la dette immobilière y fut libellée en devises étrangères, en raison de l’inexistence d’un système bancaire local. C’est devenu de plus en plus dangereux pour ces économies qui n’ont pas réussi à mettre en place une capacité d’exportation suffisante à couvrir le prix des importations ainsi que le volume croissant de service de la dette en devises générées par le marché immobilier local. Presque tous les anciens pays satellites du bloc soviétique ont développé un déficit commercial structurel, suite à la désorganisation de la production entraînée par la dissolution de l’URSS.

Les plus-values immobilières et l’inflation des prix des actifs financiers (formation de capital non industriel) ont été promues comme seule voie vers la prospérité future dans des pays où les profits industriels étaient bas et les salaires stagnants. Le problème est que cette alchimie ne fonctionne pas et n’est pas supportable. L’illusion du succès subsistait tant que Washington inondait le monde avec de l’argent bon marché. Ce qui a conduit les Suédois et d’autres Européens à rechercher des plus-values en développant des prêts destinés aux marchés immobiliers des pays voisins d’Islande et de Lettonie. Pour quelques pays exportateurs (particulièrement la Russie), la hausse des prix du pétrole et des métaux sont venues alimenter des sorties de capitaux vers les marchés financiers du tiers monde et des anciens pays satellites. Une partie de ce flux s’est investi en opérations bancaires dans le milieu agité des places financières off-shore et des secteurs immobiliers mondiaux - qui ont subi un coup d’arrêt brutal après l’explosion de la bulle immobilière.


Dans ces circonstances, que faut-il faire ? En premier lieu, la communauté internationale hors des Etats-Unis doit prendre conscience à quel point l’économie néo libérale mondiale fut dysfonctionnelle, et décider quels principes sous-jacents au modèle néo-libéral doivent être abandonnés. La préférence accordée en matière de politique fiscale et financière au monde de la finance plutôt qu’à l’industrie, a favorisé la spéculation, l’inflation du prix des actifs, plutôt que la formation d’excédent de capital réel. Les politiques d’austérité dirigées contre le monde du travail, la non imposition de l’immobilier, des actions et des obligations ont détourné les moyens nécessaires à la croissance et à l’amélioration des niveaux de vie.

Le pouvoir destructif des intérêts composés et des plus-values en capital est ravageur à long terme. L’économie réelle ne gagne au mieux que quelques pour cent par an. Par conséquent, il est mathématiquement impossible que les intérêts composés restent en l’état et que les plus-values qui en résultent se situent à des niveaux très supérieurs au taux fondamental de croissance économique. L’histoire montre que les crises économiques effacent ces gains quand ils excédent trop la vraie croissance économique. La morale est que les intérêts composés et les espoirs de plus-values ne peuvent garantir le revenu des retraités ou constituer une attraction continue pour les capitaux étrangers. Á l’échelle d’une vie, les investissements financiers ne devraient pas fournir des gains significatifs. Aux Etats-Unis, il aura fallu environ vingt-cinq ans aux marchés, de 1929 au milieu des années 50, pour revenir aux valeurs d’avant la crise.

La tentative désespérée des États-Unis aujourd’hui pour faire remonter les prix des actifs financiers après le krach ne réglera pas le problème de la mauvaise dette. Les tentatives faites par les pays étrangers aideront simplement les banquiers locaux et les financiers, pas les économies. Les pays doivent investir dans la vraie économie afin d’augmenter la productivité et les salaires. Les gouvernements doivent punir la spéculation et les plus-values financières qui reflètent simplement l’inflation du prix des actifs financiers, et non la valeur réelle. Autrement, conformément au modèle néo-libéral, les forces productives de l’économie réelle et les niveaux de vie seront altérés et écrasés par la dette. Les politiques devraient encourager l’entreprise, pas la spéculation.

L’investissement recherche des marchés en expansion, qui sont gênés par les objectifs macro-économiques de maîtrise de l’inflation et d’équilibre budgétaire. Nous ne prétendons pas que l’inflation et les déficits puissent être ignorés, mais plutôt qu’inflation et déficits ne sont pas tous identiques. Certaines formes sont nuisibles pour l’économie, alors que d’autres reflètent l’investissement sain dans la vraie production. Distinguer les deux formes est essentiel, alors même que les économies évoluent vers l’autonomie.

Au final, le rejet du modèle financier de Washington fait de programmes d’austérité, de privatisations et de dépendance commerciale, financés par du crédit en devises étrangères, peut déboucher sur une bien meilleure économie. La prospérité ne peut s’atteindre dans un climat où le capital étranger met une économie en coupe réglée, ni par des restrictions de crédit et des budgets en équilibre, décennie après décennie. Les Etats-Unis eux-mêmes ont toujours rejeté ces politiques, les autres pays doivent le faire également s’ils souhaitent suivre les voies qui ont permis à l’Amérique de devenir réellement riche et non pas celles que les conseillers néo-libéraux U.S. préconisent pour complaire aux banques U.S. et investisseurs américains à l’étrangers.

Il faudra rejeter également la politique fiscale néo-libérale défavorable aux travailleurs (impôts lourds pour les salariés et les employeurs, impôts bas ou inexistants sur l’immobilier, les finances et les plus-values financières), en finir avec les politiques hostiles aux travailleurs, étendre la protection et la sécurité à la santé et aux conditions de travail. L’économie des États-Unis a gagné la prépondérance grâce aux efforts de réglementation de l’ère progressiste précédant la première guerre mondiale, renforcés par les réformes populaires du New Deal mises en place au moment de la grande dépression.

Les politiques économiques néo-libérales ont été utilisées pour revenir sur ces réformes. En procédant de la sorte le consensus de Washington dénierait aux autres pays la stratégie de développement efficace pour créer un marché intérieur prospère, l’augmentation de la productivité, l’accumulation de capital et l’amélioration du niveau de vie. On a découplé l’économie de la formation de capital réel. Ils doivent être raccordés, ce qui n’est possible qu’en reconstituant le système d’économie mixte qui a permis à l’Amérique du Nord et à l’Europe de réaliser leur propre croissance économique.



Michael Hudson est professeur des sciences économiques à l’université du Missouri (Kansas City) et conseiller économique en chef de Dennis Kucinich. Il a conseillé les gouvernements des États-Unis, du Canada, du Mexique et de Lettonie ainsi que l’institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR). Il a écrit beaucoup d’ouvrages, dont : l’impérialisme superbe : La stratégie économique de l’empire américain (nouvel ed., Pluto Press, 2002). On peut lui écrire à : mh@michael-hudson.com.

Jeffrey Sommers est professeur à l’université de Raritan Valley College, NJ, professeur associé à l’école de Stockholm des sciences économiques de Riga, ancien Fulbrighter en Lettonie, intervenant à l’institut de Boris Kagarlitsky pour des études globales à Moscou. On peut lui écrire à : jsommers@sseriga.edu.lv.



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Publication originale Counter Punch, traduction communiquée par Gilbert Wiederkehr

Hors ligne

 

#1057 29-12-2009 03:39:33

Sandy
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Message n°8153
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Mais d'où vous sortez vos informations sur le FN et sur la préférence nationale ? Ce n'est pas dutout ça.

L'idée de préférence nationale défendue par le FN c'est l'idée qu'il faut mettre en place des discriminations sur l'emploi au profit de ceux qui en France ont la nationalité française et au dépend de ceux qui n'ont pas la nationalité française.
Ca commence par l'emploi sous prétexte de chomage comme en 29 et qu'est ce que sera la suite ?

C'est du fascisme.

Et ne me faites pas le procès de la non hospitalité ou de repli sur moi-même, alors que je milite pour que TOUS les étrangers aient TOUT DE SUITE des papiers et que cessent immédiatement les camps de concentration et autres déportations, bien françaises et bien actuelles. Je trouve l'UMP et le PS mille fois plus dangereux que le FN : eux, ils internent et ils déportent, en ce moment, Sandy.

Mais si vous militez pour que tous les étrangers aient tout de suite des papiers et que cessent imédiatement les expulsions alors vous devriez militer contre l'UMP et aussi contre le FN parce que ces derniers soutiennent activement ces politiques d'immigration et sécuritaires et parce que cela fait partie de leur projet politique. Soyez logique !

Qu'ils ne soient pas au pouvoir n'est pas une bonne raison pour moi pour oublier leur projet et ce qu'ils compteraient faire s'ils obtenaient le pouvoir, c'est profondément absurde comme raisonnement.

Je ne veux pas qu'ils obtiennent le pouvoir, pas plus que je veux que l'UMP le conserve, je ne partage pas leur projet politique, alors je ne m'associe pas avec eux et je refuse que les idées que je défends soient associées avec les leurs.

En plus, Soral n'est sûrement pas raciste : écoutez-le, vous verrez. Et puis, s'il était raciste, il ne serait pas avec Dieudonné qui est black : regardez leur parti, quand même, c'est une vraie tour de Babel. Non, raciste, c'est une accusation invraisemblable. Antisioniste, oui, mais ça n'est pas du racisme, c'est même précisément le contraire...

Lepen aussi a des copains noirs ( pourquoi vous dites black ? noir ce n'est pas un gros mot c'est juste une couleur ). C'est même sa grande excuse pour tenter de se défendre d'être raciste comme vous le faites ici. Mais le racisme vise une population entière, pas des gens en particulier, il n'y a aucune incohérence à ce que dans le lot ils puissent considérer qu'il y en a qui sont admissibles à leurs côtés ou qui ne sont pas concernés par leurs idées racistes.

Et ces gens sont intelligents ils savent saisir les occasions qui se présentent et dissimuler leurs idées profondes quand c'est nécessaire.

Car quand il s'agit des arabes en France, là le FN explique qu'il faut les virer et que la france doit rester la possession de français dits "de souche", comprennez par là des français purs nous souillés par du sang étranger. Mais dès qu'il s'agit des arabes en palestine qui se battent contre Israel un pays qui se déclare comme la patrie des juifs, là bizarrement les arabes et en particulier le hamas ou l'iranien Aminedjad deviennent ses amis.

Et l'antisionisme a bon dos, maintenant bizarrement il n'y a plus personne qui est anti israelien ou anti sémite tout le monde est anti sioniste qu'est ce que c'est pratique.


Et vos intimidations visant à conduire d'autres que vous à pourchasser et exclure des citoyens parce qu'ils osent défendre une idée que vous, vous estimez profondément indéfendable, choquante, et que vous qualifiez de "fasciste" pour faire passer votre police de la pensée, excusez-moi, Sandy, c'est très exactement le contraire de la démocratie, c'est même le début du... fascisme

Etienne vous avez un incroyable défaut, c'est celui de faire des procès d'intention énormes à partir de pas grand chose, comme si vous ne répondiez pas à votre interlocuteur mais à une personne caricaturale et imaginaire qui la remplace dans votre esprit.
Vous en arrivez presque à faire les questions et les réponses à vous tout seul.

Non je ne défends absolument pas les idées que vous me prêtez c'est totalement faux.

Je ne demande à personne de pourchasser ou d'exclure qui que ce soit.

Je ne souhaite pas que les idées qui sont partagées ici sur ce forum soient entachées en étant associées à celles de Soral et du FN. Et franchement je ne vous connait pas, mais malgré tout ça me fait de la peine tout simplement de vous voir dériver idéologiquement et que vous vous fassiez avoir par les idées nullissimes et nauséabondes de ces gens.

Et pourtant vous y consentez vous même, vous acceptez l'idée qu'il faut poser des barrières, qu'on ne peut pas s'associer à tout le monde parce qu'ils portent des idées auxquelles on ne veut pas être associés nous même ou parce que l'on combat nous même leurs idées. Alors pourquoi extrapoler ? je n'ai rien dit de plus ...

Il n'est pas question ici de liberté d'expression. Il est question de clarté et de cohérence idéologique !

Ouvrez-les yeux, ces gens ne défendent pas l'intérêt général, ce qui les motive ce sont leurs haines, leurs peurs, leurs ignorances, leurs obsessions. Nous n'avons pas à nous associer à leurs idées, nous devons les combattre au même titre qu'il faut combattre les idées de ceux qui dirigent.

S'ils se mettent à défendre des idées proches de celles que nous défendons, où s'ils se positionnent de la même façon que nous dans un débat, tant mieux, mais qu'ils restent dans leur coin et nous le nôtre !

PS: Vous savez ce que font les acolytes de Dieudonné sur Dailymotion pour tenter de se faire de la publicité ? Ils innondent le site de vidéos dieudonnéennes ou soraliennes en mettant comme mots clés des mots qui n'ont rien avoir avec leurs vidéos, généralement des noms de personnalités politiques en vue pour être surs que si les gens cherchent des vidéos concernant ces personnalités politiques ils tombent aussi sur leurs vidéos.

Hors ligne

 

#1058 29-12-2009 20:00:01

Sandy
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Message n°8156
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Messages: 2421

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Revenons sur les vidéos de Soral que vous avez jugé intéressantes et originales. Personnellement je n'y ai quasiment rien entendu d'original, ses réflexions sont pour la plupart peu profondes, toujours orientées par ses obsessions antisionistes ou réactionionnaires ( le péril de l'invasion musulmane en France ) et il évoque beaucoup d'idées qu'il n'a fait que récupérer et détourner selon son intérêt.

On remarque une chose, pour lui, la scène politique, c'est "tous pourris". Seuls dieudonné et le FN trouvent grâce à ces yeux. Et il est très violent à l'égard de tous ceux qui ne partagent pas ses idées, particulièrement violent vis à vis de mon courant politique et de notre représentant Jean-Luc Mélenchon.

Nous à gauche, si nous considérons effectivement comme pourri une bonne partie du corps politique, nous essayons au contraire de nous rassembler autour de projets et de convictions, même entre gens qui ne sont pas d'accord.

D'abord il parle du parlement européen, où selon lui la droite comme la gauche voteraient 97% des lois ensemble. Cela me rappelle bizarrement un argument utilisé par mon parti politique pendant la campagne européenne et évoqué publiquement notamment par Mélenchon, qui s'interrogeait alors, pourquoi voter PS quand le PS vote 97% des lois avec la droite au parlement européen ? ...

Voici un lien :
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualit … mp;xtcr=20

Bizarrement l'argument récupéré et détourné par Soral ne spécifie plus le PS mais désigne la gauche dans son ensemble ( histoire d'alimenter le "tous pourris" ), qu'en dites vous Etienne ?

Ensuite vient les thèmes du référendum suisse sur les minarets et du débat sur l'identité national. Là on touche à toute la subtilité de la rhétorique de Soral qui veut se faire passer pour quelqu'un de tolérent et d'humaniste, mais pour qui le plus grand péril qui menace de détruire la france est le péril de la colonisation ethnique et culturelle arabo-musulmane de la France, un péril que la population ressentirait mais que nos courants politiques nieraient provoquant ainsi sa colère, notamment vis à vis de Mélenchon par rapport à sa confrontation télévisuelle avec Bruno Golnish du FN.

Malgré toute sa construction rhétorique, le fond de la pensée de Soral apparait dans quelques détails, et en parlant et parlant encore il finit par l'évoquer.

Evidemment tout ceci s'accorde très bien avec les idées du FN qui depuis 30 ans explique que l'immigration est la plus grande menace et que tous nos problèmes découlent de l'immigration. Son adhésion passée au FN et sa proximité encore aujourd'hui n'ont donc rien d'étonnant et de fortuit.

Le fait qu'il fasse de cette question le problème central de tout, le problème numéro 1, un péril qui pourrait provoquer carrément la destruction de la france ( apocalypse annoncé pour bien faire peur ) est typique d'une obsession et d'un comportement ultra réactionnaire et doit vous alerter sur la direction dans laquelle il veut vous mener. Toute son action, tout ce qu'il peut dire, tout ce qu'il peut faire, n'ont qu'un seul but, celui là. C'est uniquement cela son projet. En fait non il a une deuxième obsession, l'anti-sionisme, allez savoir laquelle prend le pas sur l'autre. En tout cas, il le dit lui même, il faut résoudre ce problème pour pouvoir résoudre tous les autres.

Est-ce que vous pensez réellement Etienne que toutes les idées ici sur ce forum doivent être subordonnées à je ne sais quel péril colonisateur arabo-musulman de la France ?

Dans sa construction rhétorique, Soral utilise bon nombre de récupérations qui viennent d'où ? encore de notre parti politique et notamment des propos de Melenchon.

Soral évoque à juste titre la tentative des dirigeants, et notamment de Sarkozy, d'entrainer à l'instar de Bush aux états unis, les gens à adhérer à une idéologie de conflit de civilisation entre d'un côté le monde "occidental" et d'un autre côté le monde "musulman", dans un but de guerre et de guerre civile.
Malheureusement ce sont une nouvelle fois des idées récupérées à partir des sorties de la gauche et notamment de Jean-luc Mélenchon contre Sarkozy à l'occasion de son discours devant l'église catholique et au moment où il a été intronisé "chanoine de Latran".
A cette occasion ont été dénoncées la volonté de Sarkozy de reconfessionaliser la population Française, et d'entrainer la france dans une idéologie de "conflit de civilisations" d'après l'idéologie du choc des civilisations, si chère à Bush, et pensée à l'origine par un certain Huntington dans son livre "le choc des civilisations".

On retrouve ici sur le blog de ... Jean-luc Melenchon... une nouvelle fois, tous les arguments utilisés dans sa rhétorique par Soral :
http://www.jean-luc-melenchon.fr/2008/0 … questions/

Les mensonges de la guerre d'afghanistan, la vraie raison : les intérêts énergétiques : les pipelines, le conflit de civilisation comme justification, l'impérialisme, etc ... tout y est ...

Alors que Soral semble reprendre à peu près tous les arguments de la gauche et notamment de Melenchon, on note toute fois quelques différences, quelques petites touches apportées par Soral.
Il omet totalement de parler et de s'opposer à la tentative de Sarkozy de reconfessionaliser la population en France, alors que c'est pourtant un objectif important pour que l'idéologie de "conflit de civilisation" puisse réussir à fonctionner réellement. Cet "omission" n'a rien d'anodin.
Il va plus loin que Melenchon en évoquant "l'empire", le fameux nouvel ordre mondial, désignant ainsi l'oligarchie financière, les dirigeants et les politiciens de tous les pays, mais sans oublier évidemment "les sionistes" qui rappellons le sont sa deuxième obsession.
Sionistes qui rappellons le sont, selon Soral, ceux qui dictent la politique étrangère de la France.
Alors il faudrait savoir, soit ce sont les sionistes qui dictent la politique étrangère de la France ( preuve en serait faite par un diner des dirigeants de l'UMP avec le CRIF), soit il s'agit de l'oligarchie financière ( pour des intérêts économiques ), soit il s'agit des américains ( qui se servirait des soldats francais comme supplétifs comme les empires coloniaux autrefois se servaient des populations des colonies enrolés de force ou de leur plein gré et envoyés au front car ayant moins de valeur aux yeux des colons ), il y a une certaine incohérence à ce niveau là ... L'idée c'est qu'il n'y a pas trop à se poser de questions tous sont d'accord sur un nouvel ordre mondial à mettre en oeuvre, donc peu importe qui dirige, ils poursuivent les mêmes buts et font tous partis du "nouvel ordre mondial"

J'ai dit que l'omission n'avait rien d'anodin car elle est très éclairante sur les raisons qui font que Soral s'en prend avec virulence à quelqu'un comme Jean-Luc Melenchon ou envers la gauche radicale dont il fait partie avec des gens comme Besancenot. Soral s'oppose au principe de laïcité. Sarkozy le remet en cause lui aussi. Et sur ce point ils sont sur la même longueur d'onde.
En vérité, Soral s'oppose à la laicité, et il réfute l'universalité des droits de l'homme et y voit la marque du lobby mondialiste.
Si à cause de ces deux divergences avec la gauche il fait ainsi de la gauche ses pires ennemis ( bien plus tout à coup que Sarkozy ou les sionistes ou encore le lobby financier ) c'est parce qu'on touche une nouvelle fois ici au coeur et à l'essentiel de son idéologie, toujours à la même obsession, celle du péril de la colonisation arabo musulmane de la société.
Sa construction rhétorique est complexe.
S'il réfute l'universalité des droits de l'homme, et si au contraire pour lui les seuls droits de l'homme qui vaillent sont ceux "des droits de l'homme et du citoyen" parce que je le cite "ils s'ancrent dans la nation française", tandis que les déclarations "universelles" sont un moyen pour le lobby mondialiste ( le nouvel ordre mondial ) de démenteler les nations.
Quand on se rappelle que pour Soral ce qui menace la nation française de destruction c'est la colonisation arabo musulmane, et quand on s'apperçoit avec quelle virulence il s'en prend aux "droits de l'hommistes" ( idiots utiles du lobby mondialiste ) à chaque fois qu'ils défendent l'immigration au nom des droits de l'homme ( et de leur universalité ), on retrouve alors bel et bien ce qui fait son obcession et celle du FN en général.

Quand il s'oppose à laïcité républicaine, on est dans le même genre de construction rhétorique.
Il est nécessaire pour le comprendre de revenir sur le conflit entre Bruno Golnish et Jean Luc Melenchon à l'émission Mots Croisés qui provoque le courroux de Soral.
Soral accuse Melenchon d'être anti-religieux, d'être animé lui même d'une foi haineuse, la religion maçonique, anti religieuse et anti francaise, il en tiendrait pour preuve les propos de Melenchon qui expliquait à Bruno Golnish que la france n'existait pas avant 1789.
Et cette discussion renvoie au débat sur l'identité nationale.
Melenchon parlait ici de la France comme nation justement, et à partir de quand le mot nation et l'idée de nation est associée à la France ? C'est bien en 1789. Avant 1789 la france n'était pas une nation, elle était éclatée en plusieurs morceaux aux mains de seigneurs différents imposant leurs propres lois, basée sur un système monarchique et féodal. Encore avant le territoire aujourd'hui désigné comme territoire français était partagé par plusieurs peuples qui se sont en partie mélangés et ont formé le peuple français.
Et on voit bien toute l'idéologie qui anime le FN et les gens comme Soral, ces gens là ne comprennent pas que notre identité nationale est ce que nous en faisons chaque jour, qu'elle change chaque jour et c'est pourquoi ils incluent notre histoire dans notre identité, alors que notre histoire n'est en réalité que les identités successives par lesquelles notre peuple est passé.
Tout comme notre identité individuelle, pour chacun d'entre nous, est ce que nous sommes aujourd'hui, et certainement pas ce que nous étions hier ou par le passé, et notre identité inviduelle sera ce que nous serons demain et dans le futur.
En incorporant ainsi notre histoire dans notre identité nationale, ils nous expliquent que tout ce qui vient à modifier notre identité menace notre identité, alors qu'en réalité notre identité est le résultat de telles modifications depuis toujours.

Même erreur quand ils veulent inclure la culture dans notre identité nationale. Alors que logiquement à condition qu'une identité nationale existe elle est ainsi forcément commune à tous. Hors aucune culture n'est commune à tous les français, cela n'a jamais été le cas et cela ne le sera jamais. La culture fait partie du domaine individuel, une culture peut être partagée par des tas d'invidus et devenir collective, mais une culture ne s'arrête pas aux frontières d'une nation.
Et s'ils incluent ainsi la culture dans l'identité nationale c'est pour les mêmes raisons que l'histoire, parce qu'ils refusent le changement, alors qu'encore une fois les différentes cultures en france sont le résultat du mélange et de l'échange d'innombrables cultures différentes.

Bien sur il existe des cultures françaises ( car elles sont nées ou se sont développées uniquement en France ) mais la france ce n'est pas ces cultures, parce que ces cultures ne sont pas communes à tous les français.

La seule chose qui est commun à tous les habitants de notre nation c'est la république, c'est la citoyenneté, c'est la langue française qui est la langue officielle de notre république, ce sont nos lois etc ...
Et tout cela de même cela change.

Et Melenchon ne dit rien d'autre que cela.

Le fond de tout cela, c'est que le FN et Soral s'opposent aux changements que subissent la france en terme de société et au niveau culturel, ils y voient un colonialisme, là où en fait il n'y a qu'une évolution multi culturelle de la France, évolution qui n'est pourtant que la conséquence obligatoire de la liberté de pensée et de confession. Cette évolution multi culturelle n'est une menace que si elle se transforme en communautarisme, hors malgré toute la construction rhétorique qu'ils peuvent produire, on se rend bien compte qu'inévitablement on retombe toujours sur ce "péril de l'immigration", comportement typiquement réactionnaire.

Ils font de la gauche et des gens comme Melenchon leurs pires ennemis parce qu'on est justement totalement pour cette évolution multi-culturelle de la France, non pas parce que nous voulons "détruire la nation française" mais parce que pour nous la nation française ce n'est ni notre histoire ni je ne sais quelles cultures franchouillardes, mais ce que nous choisissons d'en faire collectivement, et parce que nous pensons que les gens ne peuvent vivre en paix ensemble que si la liberté de conscience et de religion est respectée, et si la religion est séparée de la sphère publique et subordonnée aux lois républicaines.

Pour nous la laïcité c'est la séparation stricte de la religion et de l'état, bref le confinement de la religion à la sphère privée, parce que nous nous rappellons l'obscurantisme religieux auquel le peuple français a été soumis pendant des siècles, alors que  la religion et l'état n'étaient pas séparés, et parce que nous le constatons toujours aujourd'hui dans de nombreux pays, comme par exemple en Israel, aux états unis ou dans des pays musulmans.
Et ce que Soral prend pour de l'"anti-religion" n'est rien d'autre qu'une lutte contre la religion les religieux ou les politiciens quand ils tentent de faire regagner à la religion le terrain qu'elle a perdu depuis la révolution. Quand Soral nous accuse de nier la réalité, comme si nous tentions de nier les problèmes comme celui de la Burqa ou de l'intégrisme religieux c'est évidemment totalement faux, en fait il ment parce que pour nous il ne s'agit que d'une de ces tentatives pour la religion de regagner du terrain, ce qui n'a rien d'isolé, toutes les religions cherchent à se développer, tout pouvoir cherche toujours à s'aggrandir, et ça vaut pour toutes les religions et pour tout pouvoir.
Pour nous il ne s'agit pas d'un péril apocalyptique, d'un problème central à tout le reste, et c'est uniquement pour cette raison, parce que nous ne partageons pas son obsession qu'il nous accuse de nier la réalité.

La seule réflexion originale et interessante de Soral c'est la distinction qu'il fait entre ceux qui pratiquent la religion qui sont souvent effectivement les victimes et ceux qui justement tentent de les manipuler pour leurs propres intérêts.

Mais sachant tout ce que je démontre ici, est-ce que cela vaut vraiment d'être cité ici sur ce forum, est-ce qu'il y a la moindre raison objective à ce que les idées développées ici soient associées aux idées de fascistes comme Soral ou Lepen ? Je ne crois pas.

Et je vous demande de réfléchir à cela Etienne, et de comprendre que vous faites fausse route en vous laissant séduire par ces gens là.

Dernière modification par Sandy (29-12-2009 20:10:55)

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#1059 30-12-2009 05:36:05

Jacques Roman
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Trois choses qui me plaisent dans l'intervention de Sandy (8156)

- Sa reconnaissance que les droits de l'homme ne peuvent être qu'universels ;

- Son soutien au principe de laïcité ;

- Surtout, sa remarque que l'identité française n'est pas figée, comme voudraient le faire croire les nationalistes étroits, mais qu'elle repose sur une succession d'identités désormais fermement ancrées (on l'espère) dans l'idéal républicain, générateur ou conforteur de la volonté de vivre ensemble en dépit de frictions occasionnelles ou temporaires.

Sur la question des droits de l'homme (droits fondamentaux), il faut se souvenir que la Déclaration universelle de 1948 reprend largement  les termes mêmes de la Déclaration de 1789. Ce n'est pas un hasard puisque le projet de la déclaration de 1948 a été rédigé en grande partie par le juriste français René Cassin. Aux droits "classiques" (civils et politiques) de la Déclaration de 1789, la Déclaration universelle ajoute, sur l'insistance du bloc soviétique, les droits économiques et sociaux - lesquels correspondent à des obligations de moyen plutôt qu'à des obligations de résultat.

Si Soral explique effectivement le principe d'universalité par l'action d'un quelconque lobby mondiale ou mondialiste, il se trompe : ce principe découle automatiquement du fait que les deux instruments de 1789 et de 1948 ont entendu non pas innover, mais proclamer explicitement des droits universels, inaliénables et imprescriptibles de l'être humain jusque-là ignorés, méconnus ou méprisés : c'est ce que signifie le terme même de "déclaration".

La confirmation de l'universalité des droits de l'homme sous la plume de Sandy me fait particulièrement plaisir parce que je me rappelle avoir lu sur notre site des remarques en sens contraire qui m'avaient inquiété.

PS.  Nous sommes loin de la monnaie, mais comment éviter les incidentes ? JR

Dernière modification par Jacques Roman (30-12-2009 05:51:02)

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#1060 30-12-2009 10:53:41

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Les idées appartiennent à ceux qui s'en emparent

Cher Sandy,

On s'éloigne de la monnaie, effectivement.
Je vais essayer d'être bref (je suis assez mauvais à ce jeu-là, en général).

Ne le prenez pas mal, mais on voit que vous êtes d'un parti (peu importe lequel) : cette façon de considérer que DES IDÉES SONT À VOUS (à Mélenchon et à son groupe, en l'occurrence) est typiquement partisane.

Je ne vais pourtant sûrement pas dire du mal de Mélenchon car je trouve que ce parlementaire est un des politiciens les plus honnêtes et les plus courageux en France, avec Jacques Généreux et quelques autres "gauchistes" (comme les qualifie la "droite" ouvertement fasciste —c'est-à-dire au service des industriels et des banquiers, avec camps d'internement et déportation, et LA PEUR du "terroriste" comme outil de contrôle social— actuellement au pouvoir en France).

D'ailleurs, j'observe que, sans mâcher ses mots quand il le désapprouve, Soral apprécie souvent Mélenchon, puisqu'il en dit parfois le plus grand bien. D'ailleurs, c'est marrant, des pans entiers de votre long message montrent l'incroyable proximité de vue entre Soral et Mélenchon. Vous prétendez que l'un copie sur l'autre, et pourquoi ne serait-ce pas l'inverse ?... smile

Ces revendications de propriété des idées sont des enfantillages...
Mais grâce à vous, je comprends mieux pourquoi Soral m'intéresse wink

Finalement, dans vos reproches, à part un manque d'originalité (qui n'est pas grave du tout), à part des pensées contestables sur des sujets de société ordinaires (pas graves non plus, à mon sens), vous êtes bien obligé de faire des tas de procès d'intention et de monter en épingle de microscopiques détails ambigus pour condamner Soral et son parti. Vous ne démontrez rien de diabolique chez Soral, Sandy, je n'ai pas les citations que j'attendais, vous n'apportez aucune PREUVE à vos accusation. Vous montrez vos propres peurs, ça oui, et je peux comprendre (surtout que j'en partage plusieurs), mais ça ne fait pas une culpabilité.

À propos de laïcité, Soral défend une laïcité tout à fait intéressante (pour ce que j'en ai entendu, car je ne connais pas le bonhomme à fond), contrairement à ce que vous prétendez : donnez-nous des faits, s'il vous plaît Sandy, au lieu de simples accusations non fondées.

______________

Mais surtout, et ce sera ma conclusion, parce que je me suis promis d'être bref (comment ça "c'est raté" ? smile), je voudrais pointer ce qui nous différencie, tous les deux, sur ce qui distingue essentiellement un homme de parti et un homme libre (puisque oui, j'oppose ces deux mots, en constatant tous les jours que les hommes de parti ne sont pas libres du tout et sont comme tenus en laisse par "la ligne" de pensée de leur parti et par l'inévitable et obligatoire compétition mortelle avec tous les autres partis) :

Pour vous, les idées de votre chef de parti sont LES IDÉES DU PARTI, ELLES APPARTIENNENT AU PARTI, et ceux des autres partis qui invoquent les idées défendues par votre parti les "récupèrent" (mot incroyable, vraiment incroyable, pour quelqu'un qui n'a pas l'esprit de parti), et d'après vous ce serait malhonnête, condamnable...

Il semble intellectuellement inaccessible à un homme de parti d'apprécier positivement et sans réserve une idée défendue par un adversaire du parti ennemi d'en face. Selon vous, vos idées vous appartiennent et ceux d'en face qui les défendent aussi "les récupèrent".

Si le parti d'en face a une bonne idée (exactement la même que vous !!!), vous la salissez par amalgame, et cela revient à discréditer votre propre idée… Je trouve ça profondément absurde et contre-productif pour l'intérêt général.

• Sandy, pour moi, c'est clair : les idées n'appartiennent à personne.

Non, c'est encore plus fort que ça :

les idées appartiennent à ceux qui s'en emparent.

Comprenez-vous ?

Tout est là.

Et c'est cette ouverture à toutes les idées, vraiment toutes, y compris chez des hommes dont je trouve certaines idées détestables, qui caractérise, selon moi, un esprit libre.

Je sais que c'est dangereux, Sandy, et j'écoute attentivement vos appels à la vigilance : je suis vigilant, croyez-moi, mais si ce que je lis me semble bon (et je lis ce que je veux), il ne suffit pas de me dire que le parti de celui qui s'exprime est un affreux parti pour me décourager, j'espère que vous l'avez compris.

J'en veux aux partis, vous le savez, mais je sais bien qu'il y plein d'humains formidables et généreux dans les partis, vous le savez aussi (tiens, vous par exemple). Tout en le déplorant, je comprends qu'ils aillent dans les partis, puisque la perverse procédure de l'élection nous pousse inéluctablement au régime des partis.

Avec toute mon amitié, donc.

Étienne.
_________________

Les politiciens ne trouvent pas intéressante une opinion qui ne se prête pas à des déclamations de parti, et le commun des mortels préfère des opinions qui attribuent son malheur aux machinations de ses ennemis. Par conséquent, les hommes luttent pour ou contre des mesures tout à fait inapplicables, tout en se gardant bien d’écouter les quelques hommes dont l’opinion est rationnelle mais qui ne flattent les passions de personne.
Bertrand Russel (Essais sceptiques, 1933).

__________________

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#1061 30-12-2009 11:44:30

Jacques Roman
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Message n°8160
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

... Et deux choses qui me plaisent dans l'intervention d'Étienne (8159)

- Sa condamnation de l'esprit de parti et du régime des partis ;

- Sa conviction que les idées appartiennent à tout le monde et qu'on a le droit et le devoir de s'emparer de toutes celles qui peuvent être utiles, sans considération de droits d'auteur.  JR

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#1062 30-12-2009 15:08:39

Sandy
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Message n°8162
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Vous n'avez pas saisit le sens de mes propos. Encore une fois vous me prêtez des intentions qui ne sont pas les miennes ... Et franchement Etienne en quelle langue dois-je vous le dire pour que vous comprenniez l'horrible et désagréable défaut que vous avez à extrapoler et à faire des procès d'intention complètement abhérents à partir de si peu de choses comme si vous répondiez à une personne caricaturale imaginée à partir de quelques propos ?

Je vous ai dit si des gens se mettent à défendre les mêmes idées que je défends tant mieux, même si ce sont des adversaires politiques, ce n'est pas pour autant que j'oublierai que ce sont des adversaires politiques. Les idées sont faites justement pour être empruntées ou partagées et c'est par ce processus que les idées s'enrichissent, il n'existe pas de droit de propriété sur les idées, et les idées n'appartiennent certainement pas à un parti sur ces points je suis totalement d'accord avec vous et j'espère que cela va enfin peut être vous permettre d'essayer de comprendre ce que je vous ai expliqué ( relisez svp en gardant cela à l'esprit cette fois ci ).

Et je vous rappelle que je défends tout comme vous la démocratie et l'idée qu'un parti politique ne doit pas avoir de chef et doit refléter la démocratie que l'on compte installer une fois au pouvoir. Alors Melenchon n'est qu'un porte parole à mes yeux, il n'est pas un chef, il n'a aucun ordre à nous donner, les décisions doivent être collectives et il n'a pas le droit de nous diriger et nous travaillons activement à l'intérieur de mon parti à la formation de nouveaux portes paroles parce que justement nous ne voulons pas que notre mouvement politique ne repose que sur quelqu'un comme Melenchon.
Malgré tout j'ai pleinement conscience des dangers du pouvoir et qu'à tout moment, Melenchon ou n'importe quels responsables peuvent vouloir se mettre à diriger tous les autres, et c'est pourquoi moi en tout cas je défends les idées de "contrôle et de séparation des pouvoirs" au niveau de notre démocratie interne, ( en vain pour l'instant car évident n'étant qu'un simple militant je ne suis qu'une voix parmi de nombreuses autres ).

Pour moi un parti politique n'est qu'un rassemblement et un outil de rassemblement des citoyens pour pouvoir s'organiser et porter au plus haut niveau politique un projet de société, c'est un outil pour les citoyens, alors svp ne m'insultez pas en m'attribuant je ne sais quel fanatisme partisan c'est faux je suis tout le contraire justement.

Donc tout ce dont vous m'accusez est faux et votre réponse est complètement hors sujet.

Alors svp relisez ma réponse précédente et répondez franchement.

Ce que j'ai essayé de vous expliquer c'est que Soral récupère ces idées et les détourne pour vous emmener dans son délire d'invasion de la France. Est-ce que vous niez cela ?
Je ne lui reproche pas le droit de le faire et je n'émets aucun droit de propriété sur ces idées, mais si je vous ai démontré cela c'est pour vous alerter et vous faire comprendre quelle pente ils vous faisaient emprunter par ces méthodes de récupération.

Si j'ai mis en avant le fait qu'il reprennait excessivement les idées de mon parti et en particulier de Mélenchon, c'est pour le mettre en parallèle avec la virulence des propos qu'il tient vis à vis de nous ( gauchistes, droits de l'hommiste, anti racistes idiots utiles, fanatiques maconiques et j'en passe et des meilleurs ) et en parallèle vis à vis des propos qu'il tient sur Mélenchon dans les mêmes vidéos alors qu'il s'inspire pourtant abondament des idées qui proviennent de notre courant politique et en particulier de Mélenchon.

Ce paradoxe illustre très bien la différence de but qui l'anime, si nous défendons la démocratie, c'est pour la démocratie, si nous défendons la laicité c'est pour la laicité, et parce que nous pensons que la démocratie et la laicité sont des idées qui sont dans l'intérêt général de tous.
Par contre si Soral défend la démocratie, c'est pour vous ammener à adhérer à ses idées d'invasion de la france, s'il défend la laicité, c'est pour vous ammener à adhérer à ses idées d'invasion de la france, tout ce qu'il va dire ou faire sera dans le but de vous faire adhérer à ses idées d'invasion de la france, parce que comme il l'a très bien expliqué c'est pour lui le problème central, le problème numero 1 qu'il faut résoudre avant tous les autres. Pourquoi m'accuser de procès d'intentions alors que ce sont des choses qu'il dit lui même. Est-ce que vous adhérez à cette idée répondez franchement ? Si oui alors il est trop tard, sinon alors réfléchissez svp et comprennez que les idées de Soral n'ont rien à faire sur ce forum.

Ce paradoxe illustre aussi très bien ses propres contradictions et ses mensonges. Il est obligé d'inventer des mensonges dans ses contructions rhétoriques pour pouvoir détourner ces idées ( c'est comme ça que vous reconnaissez qui a récupéré sur qui par exemple ^^ ).
Je vous ai démontré les qqs mensonges qu'il pouvait utiliser, je vous ai expliqué les erreurs de raisonnement qu'il faisait. Ces mensonges et ses erreurs ne vous gènent-ils pas ? Je pensais au contraire que vous défendiez plutôt l'honnêteté et la vérité ?

Ouvrez les yeux personne ne trouve grâce à ses yeux mis à part les plus fachos comme Golnish ou Lepen. N'est ce pas une des propriétés du fachisme justement que de rejeter toute pensée différente ?

L'extrême droite sera toujours populiste, le populisme a toujours su séduire les gens, alors ne confondez pas le populisme et la démocratie, ne vous laissez pas séduire. Ces gens n'en ont rien à faire de la démocratie, la seule chose qui les interesse c'est qu'aujourd'hui adopter un discours de "défenseurs de la démocratie"  alors que les reculs démocratiques se font de plus en plus nombreux et de plus en plus visibles, c'est un moyen de récupérer des gens dans leurs griffes pour les embrigader dans leur lutte contre le péril de "colonisation" de la france qui les obsède.

Etienne je défends tout comme vous la liberté d'expression pour tous même pour ces gens là, mais eux ne défendent que leur propre liberté d'expression.

Toutes ces choses devraient vous alerter.

Vous dites que vous faites preuve de vigilance, mais non c'est faux vous êtes en pleine dérive à accorder du crédit à quelqu'un comme Soral.

Vous vous rappellez on avait eu le même genre de discussion concernant Nicolas Dupond Aignan, et je le reconnais, à l'époque j'ai eu tord, c'est maintenant quelqu'un à qui je reconnais beaucoup de qualités, et même s'il est de droite et si je ne partage pas ses idées, je partage volontier avec cette personne et son courant l'attachement à la république et à la démocratie. Mais ici cette fois-ci c'est vous qui avez tort, avec quelqu'un comme Soral on n'a rien en commun, ce n'est pas un résistant, des vrais résistants il y en a des millions en France et vous les insultez en considérant que Soral ne serait le seul, et il n'en fait pas partie, lui c'est une obsession, ce sont des haines et des peurs qui le motivent.

PS : Merci à Jacques qui a mieux compris mon message.

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#1063 30-12-2009 16:51:18

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Sandy, les voilà, vos procès d'intention (c'est un exemple pris parmi dix) :

Sandy dit :

"Par contre si Soral défend la démocratie, c'est pour vous ammener à adhérer à ses idées d'invasion de la france, s'il défend la laicité, c'est pour vous ammener à adhérer à ses idées d'invasion de la france, tout ce qu'il va dire ou faire sera dans le but de vous faire adhérer à ses idées d'invasion de la france, parce que comme il l'a très bien expliqué c'est pour lui le problème central, le problème numero 1 qu'il faut résoudre avant tous les autres."

Comment savez-vous POURQUOI quelqu'un dit quelque chose ? Êtes-vous donc devin ? En fait, vous n'en savez rien, vous inventez ce qui vous arrange ou ce que vous croyez vrai, sans preuve : vous faites des procès d'intention, et puis c'est tout. Cette histoire de "peur de l'invasion" me paraît à la fois 1° inventée (je n'ai pas entendu ça de la part de Soral) et 2° tout à fait anodine : si certains ont peur d'être envahis (ce qui n'est pas mon cas), c'est bien leur droit le plus strict (et s'ils avaient raison, hein, quelle sottise cela aurait été de les faire taire, non ?) et ça n'en fait en aucun cas des "fascistes" : il faut arrêter d'utiliser ce mot criminalisant pour des banalités. C'est pénible, cette outrance.

Fascisme (épouvantable violence) et crainte de l'étranger-racisme (banalité humaine universelle) ne sont PAS SYNONYMES.

À part ça, en vous relisant et en vous imaginant libre de votre parti, comme vous me le suggérez, je vous sens plus proche de moi que jamais... smile
Et Soral reste calomnié, sans fondement à ma connaissance.
Laissez-moi tranquille avec mes "dérives" et mes prétendues "insultes", s'il vous plaît : c'est moi qui tiens la barre de ma pensée et soyez moins susceptible, moins intransigeant.
Vous, qui défendez la liberté d'expression... de ceux qui sont d'accord avec vous. C'est drôle.

Reparlons de monnaie, si vous voulez bien.

Étienne.

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#1064 30-12-2009 17:04:38

Sandy
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Mais ce n'est pas un procès d'intention je vous en fait la démonstration en vous montrant que derrière les différences qu'il apporte aux idées qu'il récupère et les constructions rhétoriques qu'il utilise, il y a TOUJOURS les mêmes raisons, ses OBSESSIONS d'invasion de la France et je vous le prouve par ses propres propos quand il nous explique que c'est le problème centrale qu'il faut résoudre avant tous les autres car il résoudra tous les autres problèmes. Réécoutez bien sa vidéo si vous ne me croyez pas.

Comprennez-vous mieux mon raisonnement ? Sa pensée est complexe et je conçois totalement qu'il soit difficile de la déconstruire, peut être n'ai je pas bien réussit, mais c'est ce que j'ai essayé de faire ici pour vous démontrer dans quel sens il compte vous emmener et pour vous faire comprendre que si vous refusez d'aller dans ce sens, alors vous devez aussi le combattre, qu'il n'a rien d'un résistant avec qui il faudrait être solidaire ou complaisant.

Peur de l'invasion, peur de colonisation, peur de l'immigration, c'est la même chose, et je vous invite à regarder ses deux vidéos si vous ne vous rappellez pas tous ses propos, regardez ses vidéos à la lueur de ce que je vous explique et vous verrez bien que je n'invente rien.

Libre à vous de penser qu'il ne s'agit que d'un racisme ordinaire de la part de Soral, pour moi c'est un fasciste, et je n'ai pas envie de le voir au pouvoir pour me le voir confirmer. Le fascisme est d'abord une idéologie qui se nourrit du populisme de la colère ou de la peur, avant de devenir ensuite une épouvantable violence comme vous dites. Ce n'est pas avec une "épouvantable violence" que l'on arrive à convaincre les gens de nous porter au pouvoir.

Pour combattre le fascisme qui ne montre son vrai visage qu'une fois au pouvoir, il n'y a pas d'autre solution que de fermement refuser toute évolution qui pourrait y conduire, et de combattre donc tous les courants d'idées qui militent pour de telles évolutions.
Même si vous pensez que Soral ne l'est pas, au moins pouvez vous reconnaitre que ses idées mènent dans ce sens ?

Vous, qui défendez la liberté d'expression... de ceux qui sont d'accord avec vous. C'est drôle.

Pourquoi vous dites ça exactement ?

Dernière modification par Sandy (30-12-2009 17:35:45)

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#1065 30-12-2009 18:28:30

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Sandy dit : "Pourquoi vous dites ça exactement ?"

Parce que "Ou tu défends la liberté d’expression pour des opinions que tu détestes, ou tu ne la défends pas du tout. Même Hitler et Staline étaient ravis de défendre la liberté d’expression pour des idées qui leur convenaient." (Chomsky).

Et parce que votre injonction intimidante de cesser de parler de quelqu'un revient —mécaniquement— à museler ce quelqu'un. Et ça, c'est précisément le contraire de la liberté d'expression.

Vous ne pouvez pas prétendre défendre la liberté d'expression tout en l'interdisant à ceux qui vous dérangent.
_____

À quels moments (précis, s'il vous plaît) de la vidéo, Soral dénonce-t-il l'invasion dont vous parlez ?

Hé ! Peur de la colonisation ? Je la partage ! (s'il y a lieu, évidemment.) Quoi, pas vous ?!? Ce n'est pas possible, c'est un malentendu : vous ne dédramatisez pas la colonisation, quand même ? Tiens, le sionisme est un colonialisme, d'ailleurs, et salement sanglant, n'est-ce pas ? Mais peut-être êtes-vous un peu complaisant avec certains colonialismes, si les raisons historiques permettent de le comprendre ?... Non... Je n'ose pas y coire, et j'espère que vous vous bondirez en lisant cette hypothèse que je formule comme une bourrade, amicale parce que forcément impossible. enfin, dites-moi quand même...
_____

Et qui vous parle d'avoir le pouvoir, enfin ? Nous sommes des gueux, Sandy. Nous sommes tous les prisonniers d'une geôle politique dont nous ne sommes pas prêts de sortir... Et moi, tout le monde ayant un pouvoir me fait peur, Sandy, pas seulement Soral : tout le monde, même vous, même moi ! C'est pour ça que je lutte pour des institutions honnêtement protectirces, au-dessus des pouvoirs et hors de portée des pouvoirs institués.

Avec de telles institutions (non utopiques, mais dépendant de notre prise de conscience de l'importance du tirage au sort contre les intrigues des plus malins), je ne crains rien des pouvoirs, ni de Soral ni de vous-même wink

Étienne.

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#1066 30-12-2009 20:02:58

Sandy
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Et parce que votre injonction intimidante de cesser de parler de quelqu'un revient —mécaniquement— à museler ce quelqu'un. Et ça, c'est précisément le contraire de la liberté d'expression.

Etienne ? Vous vous prennez pour le journal de France 2 ? Pour un service public ? Soral n'a pas demandé à être publié sur ce forum, et vous n'êtes pas une tribune, ce n'est pas à vous de vous faire le porte parole de toutes les opinions même celle des fascistes ... Et si vous ne publiez pas leurs idées comme vous ne l'aviez pas fait jusqu'à présent cela ne fait pas de vous quelqu'un qui veut les museler, juste quelqu'un qui défend d'autres idées et qui utilise ce forum pour défendre ses idées.

Ce que vous appellez injonction intimidante, et que j'appelle pour ma part tentative de vous convaincre, vu que je ne vous ai mis aucun flingue sur la tempe et que je n'ai qu'utilisé des arguments et des explications, elle a pour but non pas de museler je ne sais qui,  mais de vous demander de ne pas faire la propagande des idées de Soral sur ce forum pour éviter de créer le moindre lien entre leurs idées et celles qui sont exprimées ici, et tentative aussi de vous faire comprendre vers où mène la voie que propose Soral.

À quels moments (précis, s'il vous plaît) de la vidéo, Soral dénonce-t-il l'invasion dont vous parlez ?

C'est vers la fin de la 2eme vidéo après avoir parlé de la "laicité maconique" je crois.

Hé ! Peur de la colonisation ? Je la partage ! (s'il y a lieu, évidemment.) Quoi, pas vous ?!? Ce n'est pas possible, c'est un malentendu : vous ne dédramatisez pas la colonisation, quand même ? Tiens, le sionisme est un colonialisme, d'ailleurs, et salement sanglant, n'est-ce pas ? Mais peut-être êtes-vous un peu complaisant avec certains colonialismes, si les raisons historiques permettent de le comprendre ?... Non... Je n'ose pas y coire, et j'espère que vous vous bondirez en lisant cette hypothèse que je formule comme une bourrade, amicale parce que forcément impossible. enfin, dites-moi quand même..

Son obsession c'est la colonisation ethnique et culturelle arabo-musulmane de la france. Ne soyez pas de mauvaise foi en me répondant sur la colonisation en général.

Et effectivement comme je vous l'ai expliqué, pour moi je ne vois en France que des tentatives de conquête ou de reconquête des religions en général, de toutes les religions, pas seulement de la religion musulmane, sur la citoyenneté et la république, et ce n'est effectivement pas pour moi un problème central d'où tout découle, je crois au contraire qu'il s'agit d'un problème annexe et marginal, qui se nourrit d'autres problèmes bien plus importants et bien plus graves.
Je reste convaincu que la première des choses à faire c'est surtout de rétablir une vraie démocratie en France et que beaucoup de problèmes viennent déjà de là.

Dernière modification par Sandy (30-12-2009 20:50:56)

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#1067 03-01-2010 23:35:46

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Un document littéralement passionnant, qui jette des rais de lumière puissants et originaux sur la crise :

(La joie de lire des phrases de résistance puissante et crédible m'a fait jouer avec les tailles et les couleurs, mais vous pouvez parfaitement aller lire l'original, parfaitement sobre wink )

La Crise : Scénario pour 2010

par Jean-Claude Werrebrouck, professeur d'économie à Lille 2 :
http://www.lacrisedesannees2010.com/art … 24131.html

PLAN :
Les États et la monnaie.
Les États de Droit et la monnaie.
La perte du pouvoir monétaire.
La difficile répudiation douce de la dette.
Les voies souterraines du desserrement de l’Étau monétaire et financier.
Vers la guerre monétaire ?

Au seuil d’une année nouvelle il est inutile de rappeler les causes ultimes de la grande crise qui se déploie partout dans le monde : une mondialisation, sans projet ni sens, a développé de grands déséquilibres entre pays, déséquilibres à la fois créés, gommés, et aggravés par la finance. Le fordisme des 30 Glorieuses a laissé la place à un modèle où une épargne et une production excessives en un point du monde comble et creuse à la fois des revenus, et une production insuffisantes en d’autres points . Le compromis fordien laisse la place à ce que certains appellent le « modèle wall Street ». Avant, parait-il, de passer au « modèle Wall- Mart ». Et s’il est probablement abusif de parler de modèle au vu de l’inventaire de la réalité, il est bien sûr impensable de parler de « compromis Wall Street ».

C’est que le modèle ne peut fonctionner que sur la base d’un endettement sans cesse croissant et donc forcément limité. Le déclenchement de la crise exprime le dépassement du seuil de soutenabilité de la dette. En 2008 mais surtout en 2009, parce que l’endettement privé, est devenu insoutenable, notamment aux USA, la crise financière qui s’en est suivie a pu être contenue par la montée sur le front des États. La demande globale, partout dans le monde s’effritant voire s’effondrant, fût réanimée par des déficits budgétaires massifs (5000 milliards de dollars à l’échelle mondiale). Les perfusions les plus gigantesques furent entreprises aux USA et en Chine. Les entrepreneurs politiques de tous pays n’avaient d’autre choix que cette aussi gigantesque fuite en avant. Et aussi fuite en avant intellectuelle, car quel sens donner à l’action d’entrepreneurs politiques- dits libéraux -obligeant Keynes à plonger dans la tempête pour sauver Hayek ?

Au seuil de l’année 2010 il apparait que l’insoutenabilité de la dette privée est toujours présente, mais accompagnée par les menaces de l’insoutenabilité de la dette des Trésors Publics. L’examen de la multitude d’indicateurs, et il est aisé de se les procurer, révèle que la demande globale n’est toujours pas capable d’équilibrer l’offre globale sans crédits supplémentaires …qui ne peuvent naître en situation d’endettement excessif. D’où le maintien des perfusions même à échelle plus modeste. D’où le vote du 24/12/2009 du sénat US qui ajoute 90 milliards de dollars au plafond de la dette US, le comblement sans limite des pertes de Fannie Mae et Freddie Mac jusqu’en 2012, la mise en activité d’unités de production industrielle sur dimensionnées en Chine, la construction frénétique de logements, de voitures qui ne peuvent être vendues sans subventionnements disproportionnés, etc.

Les entrepreneurs politiques - au-delà des discours, et interprétations ou avertissements des financiers, des banquiers, de la presse dite spécialisée, etc,discours et interprétations qui tomberont progressivement dans le comique et le dérisoire- seront obligés en 2010 d’aggraver les déficits et dettes publiques. Les prévisions de vente de dette souveraine,(plus de 2000 milliards de dollars pour le trésor US en 2010 et déjà 1945 milliards en 2009), minorées parfois pour ne pas effrayer les marchés comme celles de l’Agence France Trésor, ne sont pas en congruence avec les capacités de remboursement. D’où la question déjà évoquée de la répudiation de la dette. (cf « le trou noir de la finance n’engloutira pas les États »).

C’est ainsi que le mode de la répudiation de la dette sera la question centrale des années 2010 et 2011. Et pour comprendre ce qui pourrait advenir, il est fondamental d’effectuer un bref retour historique sur le fonctionnement des États.


Les États et la monnaie

Considérons comme acquis la fondation historique de ces derniers sur la violence. L’État repose historiquement sur la monopolisation de l’extériorité, qui caractérise tout groupe humain, par des acteurs soucieux d’utiliser le levier correspondant à des fins privés. Les libertariens comme les marxistes diront plus tard qu’il s’agissait et qu’il s’agit toujours d’utiliser la contrainte publique à des fins privées. Seuls les paradigmes ultra-libéraux et marxistes sont relativement capables d’interpréter assez correctement les travaux des ethnologues et donner une vision assez convenable de la naissance de l’État. Il en va autrement des néo-classiques et des keynésiens, qui glissent ce dernier dans leur modèle, mais ne peuvent rendre compte des conditions de sa naissance, voire même ne cherchent pas à en rendre compte. Or la chose est capitale pour comprendre la finance, sa gestion et sa ou ses crises. Et parce que ces deux écoles ne disent mot de l’essence de l’État, ils ne peuvent énoncer une théorie monétaire très satisfaisante.

Lorsque l’État est né mais qu’il n’est pas encore État de droit, l’utilisation de la contrainte publique à des fins privées concerne massivement l’accaparement de ressources privées à des fins privées, notamment guerrières. Concrètement il s’agit d’effectuer des prélèvements pour financer des guerres toujours ruineuses. Des prélèvements qui seront des impôts, des pillages (même Napoléon dira que c’est la guerre qui doit nourrir la guerre, d’où la création administrative d’un « volet extraordinaire » de ressources budgétaires issues du pillage des territoires conquis) des emprunts obligatoires ou non, de la dilution de métal précieux dans les monnaies métalliques, des papiers dépourvus de valeur ou dont on organise la dévalorisation. Il s’agit au fond de renoncer à l’échange volontaire de la théorie des marchés.

Les États dans leur version brutale, et les individus qui en tiennent les leviers, utilisent la violence prédatrice en s’invitant dans l’espace monétaire pour le faire fonctionner, au moins partiellement, comme machine prédatrice. Mais précisément apparait ici la contradiction fondamentale. Celle du loup dont l’intérêt est que les moutons soient gras : il faut autant que possible, surtout si l’avenir est le passage à l’État de droit, respecter les contrats qui existent dans la sphère privée tout en les violant.

Parce que Rome est apparemment moins habile qu’Athènes dans ce difficile exercice, le Denarius ne jouira pas du prestige de la Drachme, et il est vrai que les ruptures de contrat envisagées par Néron et surtout Septimus Severus, ruptures sous forme de dilution- politiquement décidée- de métal précieux, développeront déjà les premières apparitions de la loi de Gresham. Il s’agit déjà d’un problème de dette publique et de tentative de sa répudiation.

En raison même de la nature du fait étatique, les ruptures de contrat, souvent violentes, et toujours très consciemment décidées par les détenteurs du pouvoir, resteront très nombreuses jusqu’au seuil de l’avènement de l’État de droit. Durant l’ensemble de cette très longue période, les Trésors fonctionnent à la fois comme Trésor et comme banque centrale, une banque centrale qui n’existe pas et qui naitra dans le premier État de droit, c'est-à-dire la Grande Bretagne avec la création en 1694 de la Banque d’Angleterre.

Jusque là on peut considérer qu’effectivement « battre monnaie est un attribut de la souveraineté », ce qu’il faut entendre- plus correctement- comme violence monétaire de groupes privés ( les détenteurs du pouvoir) à l’encontre d’autres groupes privés (les sujets). L’émission de ressources monétaires au profit des détenteurs du pouvoir passe par le seigneuriage, la dilution, plus tard l’émission d’assignats dont on organise la dévalorisation y compris par la voie légale.

Ce sont bien les Trésors publics qui produisent par violence les ressources tant attendues. Ainsi l’assignat créée le 19 décembre 1790 repose sur des biens confisqués ( les biens de Clergé). Il s’agit de papiers imprimés par l’administration que l’on « achète » à l’État contre de la monnaie classique qui viendra résorber le déficit public. Cet achat est obligatoire pour ceux des acteurs qui souhaitent acquérir des biens confisqués, lesquels ne se négocient qu’en assignats. Il s’agit donc au fond d’une sorte de modernes bons du trésor puisqu’émis par le trésor, ce qu’on appelle aujourd’hui de la dette souveraine, sauf que l’État n’a pas à les rembourser, puisque le dit remboursement se fera sur la base d’actifs spoliés issus de la violence étatique. Et comme cette première forme de violence est insuffisante pour couvrir les charges publiques, il suffira de remettre en circulation des assignats ayant déjà apporté leur tribut aux détenteurs du pouvoir et aux groupes qui le soutiennent. Concrètement les assignats issus de la vente réelle de biens du clergé ne seront plus détruits ( on faisait semblant de respecter un contrat qui pourtant repose sur un sous-jacent mal acquis) et seront remis en circulation : on ne fait plus semblant et après avoir spolié le clergé on se met à spolier les acquéreurs d’assignats. Si maintenant la machine s’emballe et que nait une méfiance mimétique, alors il suffira aux détenteurs du pouvoir d’imposer l’assignat comme instrument de circulation. Avec toute la violence nécessaire : le seul fait pour un commerçant de refuser l’assignat comme moyen de paiement est passible de la peine de mort (décret du 8 septembre 1794) . Aujourd’hui, les États Unis vont-ils couper la tête des chinois ?

C’est la loi du 30 septembre 1797 qui organisera avec brutalité la dernière répudiation active de la dette souveraine française. Après bien des gesticulations, dont l’affranchissement par l’État du paiement annuel des arrérages ( ce qui fût désigné par le terme de « mobilisation de la dette ») et même la naissance acrobatique d’un premier marché secondaire de la dette, il est décidé que le capital sera aux deux/tiers répudié. Ce que l’histoire appellera la « banqueroute des deux/tiers ».


Les États de Droit et la monnaie.

L’irruption de l’État de droit devait modifier largement les moyens d’action de ceux qui devaient devenir des entrepreneurs politiques sur des marchés démocratiques. C’est qu’en démocratie, les marchés politiques sont instables, ce qui signifie qu’en théorie tous les groupes constitutifs de la société peuvent être amenés à utiliser la contrainte publique à des fins privées. La démocratie permet, à tour de rôle, aux moutons de devenir eux-mêmes des loups et inversement. Ce qui signifie par conséquent une main moins lourde de la part de ceux qui désirent utiliser la contrainte publique à leur avantage. La gestion de la dette publique devra donc être revue et corrigée : moins de violence affichée et recours caché aux forces du marché pour la répudiation.

Tout d’abord, l’expérience de la Grande Bretagne fera école : la présence d’une banque centrale ayant le monopole de l’émission monétaire diminue la prime de risque, et c’est la raison pour laquelle la dette souveraine britannique sera durablement moins couteuse. Les Trésors de la plupart des pays vont donc s’équiper d’une banque centrale qui, dans nombre de cas, va devenir la banque du Trésor. La Banque centrale sera ainsi amenée à gérer par voie conventionnelle avec le Trésor le compte de ce dernier. Evidemment des opérations de crédit peuvent être envisagées : avances simples, crédits à plus long terme, mais tout simplement achats de bons du trésor, ce qu’on va en France appeler « planchers de bons du trésor » jusqu’aux débuts des années 1970, et qui signifiait l’obligation de la, part de la banque centrale, mais aussi des autres banques, d’acheter un minimum de bons du trésor. Minimum évidemment politiquement décidé. Les facilités correspondantes peuvent aussi être acquises sur le système bancaire et tous les agents économiques. Il s’agira encore de bons, par exemple ceux de la défense nationale ou d’emprunts, volontaires le plus souvent, obligatoires parfois.

En période difficile, guerre, changement de régimes et donc d’entrepreneurs politiques, l’émission de dette souveraine se fait sur des bases moins indolores : cours forcé des billets en 1914, avances illimitées de l’institut d’émission, emprunts obligatoires sur la base de taux organisateurs de la spoliation (Vichy) etc. Mais le 19ième et surtout le 20ième siècle sont doux et la dette souveraine ne dépasse que fort rarement le seuil de l’insoutenabilité. L’État de droit respecte mieux les contrats que son ancêtre. Surtout les entrepreneurs politiques et leurs mandants peuvent se cacher derrière des processus inflationnistes, qui annulent la dette souveraine, sans passer par la violence de sa répudiation officielle. Surtout enfin, ces mêmes entrepreneurs bénéficient d’une croissance encore jamais rencontrée dans l’histoire de l’humanité. La dette est ainsi mangée par les deux bouts : inflation d’une part, croissance d’autre part. Keynes le voulait, les États l’ont fait : les groupes rentiers disparaissent sans le recours à la violence de l’État dans sa version brutale. C’est, en idées, le temps de la sociale démocratie et, en théorie, celui du Fordisme triomphant, le fameux compromis fordien. Compromis large, avec utilisation massive de la contrainte publique au profits de classes moyennes de plus en plus nombreuses faisant émerger un État providence redistribuant souvent massivement des prélèvements à l’intérieur même de ces classes moyennes, mais laissant le groupe des rentiers en voie de marginalisation.

Mais l’histoire ne s’arrête pas, et des groupes, en quête d’un élargissement de marchés devenus trop provinciaux, vont au nom de l’universalisme des droits, au nom de la liberté, et donc au nom de la liberté d’échanger, exiger des entrepreneurs politiques, l’affaissement des nations et le triomphe du marché. C’est aussi le triomphe de la finance, puisqu’il faudra bien au nom du respect des contrats couvrir les risques d’un marché mondialisé : taux de change, taux d’intérêts, marché des futures risques fournisseurs et risques pays, etc. Sans Finance, et donc sans les entrepreneurs politiques chargés de la promouvoir, pas de réelle mondialisation.Il est essentiel que les entrepreneurs politiques abandonnent leurs outils traditionnels dans le champ de la finance et de la monnaie. Il faut donc interdire – avec radicalité-leurs activités prédatrices traditionnelles, fussent- elles devenues plus douces.


La perte du pouvoir monétaire.

Cela s’appellera indépendance des banques centrales et lutte contre l’inflation. Mais auparavant, la loi du 3 Janvier 1973, en France, viendra déjà quasiment interdire toute possibilité d’abondement du compte du trésor à la banque centrale. Comme si une entreprise solide et réputée, ou un particulier aisé se voyait refuser un crédit par son banquier traditionnel. Changement de statut inouï : Le loup qui avait intérêt à ce que les moutons soient gras et à cet effet avait construit cette belle bergerie qu’est l’État Providence, devient subitement mouton. Quelques années plus tard, en 1993, les nouveaux statuts de la Banque de France, en conformité avec ce qui va devenir le système européen de banques centrales, confirmeront une interdiction radicale. Interdiction qui se reportera évidemment sur la Banque centrale européenne. Le loup est devenu le mouton.

Les Trésors n’ont ainsi plus accès au pouvoir monétaire qui, de tous temps, menaçait les rentiers. Le champ monétaire ainsi dégagé devait autoriser un nouveau développement de ce groupe en voie de disparition dans le compromis Fordien. En même temps le pouvoir monétaire est transféré à la finance. Et les groupes correspondants ont beaucoup œuvré pour orienter les choix des entrepreneurs politiques. Depuis les accords de la Jamaïque du 8 Janvier 1976, qui vont ouvrir l’immense marché de la régulation des changes flottants, au détriment de la souveraineté des États, jusqu’aux G20, et la nouvelle régulation financière qui n’en finit pas d’accoucher, le fil conducteur est le même depuis 35 ans. Et il est difficile pour les participants de ces grandes conférences de nier que l’enjeu en est à chaque fois – au-delà des apparences techniciennes -l’utilisation de la, ou des contraintes publiques à des fins privées.

En 2010 le transfert de la montagne de dette sur les Trésors, repose la question éternelle de la répudiation par un acteur qui reste d’essence prédatrice, qui était depuis la nuit des temps pourvu d’une formidable mâchoire, mais que la mondialisation a édenté.

Toutefois les entrepreneurs politique n’ont pas disparu et continuent à travailler pour les groupes qu’ils représentent tout en travaillant pour eux-mêmes. Ce qui va les amener à retourner leurs armes et trouver alliances avec les groupes victimes de la grande crise.

C’est qu’en 2010, une masse croissante d’individus va constater que la crise n’est pas finie, et qu’elle s’est simplement enrichie de victimes nouvelles : Les États. Déjà aux USA un mouvement se constitue pour s’inquiéter de l’énormité de la dette souveraine. Des États à l’intérieur de la confédération sont au bord de la cessation de paiement. Il en est de même en Europe. Surtout il n’est pas impossible que l’on apprenne dans le grand public ce que tout banquier sait parfaitement : le grand prédateur devenu trop gentil, est lui-même pillé par les banques qu’il vient de sauver. En achetant des bons du Trésor on se constitue un actif construit sur une matière première à coût d’acquisition presque nul ( cf « Taxer les bonus ou l’art de l’immobilisme ») Comme si les maçons construisaient des murs, sans devoir payer les brique et le ciment. C’est que la création monétaire est aujourd’hui en d’autres mains. Il sera – malgré le technicisme des discours et l’opacité des bilans- de moins en moins difficile en 2010 de faire comprendre aux victimes déboussolées de la crise, qu’ils paient 2 fois : une fois comme victime de la crise économique, une autre fois comme contribuable devant payer « la valeur ajoutée des banques ».

Quel scénario de déploiement de la crise pour la période à venir ?


La difficile répudiation douce de la dette.

En premier lieu, les banques centrales continueront à injecter massivement des fonds à coût approximativement nul au profit du système bancaire. Les choses peuvent durer longtemps, car le crédit ne peut redémarrer alors que la cause (intermédiaire et non pas ultime) de la crise est un excès d’endettement. On ne guérit pas un drogué en lui demandant d’accroitre sa consommation de stupéfiants. Ne dit-on pas que le rythme des prêts à l’économie ne cesse de baisser, en particulier aux USA avec une chute de 11% en octobre dernier, dont 18% pour le seul Citigroup ?

Et les choses vont durer, car les banques commencent à subir les « effets de second tour » qui se manifestent par une augmentation des défauts partout dans le monde, y compris en Chine. La base monétaire continuera donc son ascension. Mais toujours sans risque inflationniste immédiat. Nous ne sommes pas dans un monde connaissant une pénurie de marchandises associées à un pouvoir d’achat non négligeable. Durant la première guerre mondiale il y eut augmentation gigantesque de la base monétaire distribuée, d’abord par la banque centrale, ensuite par le Trésor. Il y avait donc un pouvoir d’achat, en face duquel les marchandises échangeables se contractaient puisque, pour raisons militaires, une bonne partie du PIB n’était pas constitué de marchandises échangeables. La situation était donc directement inflationniste. Nous sommes presque dans une situation inversée : l’augmentation considérable de la masse monétaire n’est pas pouvoir d’achat, et les marchandises échangeables ne font pas défaut. Simplement la surliquidité bancaire actuelle continuera à développer des bulles d’actifs toujours dangereuses. Aussi bien en Occident qu’en Asie.

Au-delà, la situation restera donc de tendance déflationniste sur l’ensemble de l’année 2010.

Il n’est pas sûr que la surliquidité permettrait de supporter une éventuelle nouvelle crise financière dans la crise économique. Ne dit-on pas en cette fin d’années qu’il y aurait 21millions de ménages américains endettés pour un montant supérieur à la valeur de logement ? La BCE ne vient t-elle pas d’annoncer, pour 2010, 187 milliards d’euros de dépréciations nouvelles d’actifs financiers ? Mais cette crise potentielle serait autrement gérée : les États épuisés ne pourront plus sauver le système bancaire,et l’essentiel de l’effort éventuel sera reporté sur les seules banques centrales. Cela pouvait être le choix de septembre- octobre 2008. Et si tel ne fût pas le cas, c’est en raison du malthusianisme aujourd’hui disparu des banques centrales. Probablement aussi en raison de 35 années de réglementation financière ayant eu pour effet, d’éloigner les États du grand banquet de la finance. Choix extraordinairement coûteux qui ne pourra, le cas échéant, être reproduit en 2010. L’apparition d’une nouvelle crise financière à l’intérieur de la crise économique, serait probablement favorable à l’accélération d’un processus de rapprochement entre Banques centrales et Trésor comme ci-dessous imaginé.


Les voies souterraines du desserrement de l’Étau monétaire et financier.

En second lieu, l’année 2010 verra probablement augmenter le stock de dette souveraine mondiale qui dépassera en fin d’année très largement le cap des 50 000 milliards de dollars (49500 en fin 2009) . Le risque d’un krach obligataire sera multiplié en raison des maillons faibles qui déjà subissent un spread de taux important (prés de 3% entre le taux allemand et le taux grec en fin 2009). La grande question qui émergera, est celle du rapprochement des banques centrales avec les Trésors : est-il possible pour les entrepreneurs politiques de casser le développement de la rente financière et d’en revenir à une situation où prévalait l’euthanasie des rentiers ? La question se posera régulièrement en 2010 avec l’élargissement du cercle de ceux qui réaliseront, qu’au nom du désarmement financier des États, (indépendance des banques centrales) un puissant marché secondaire de la dette souveraine s’est créée au grand avantage des banques, et au grand désavantage des États. Le nombre de ceux qui partout dans le monde, exigeront la fin des rentiers ira croissant et les entrepreneurs politiques seront progressivement amenés à réexaminer, et leurs convictions, et leurs bases électorales. Et c’est bien ce que l’on constate depuis l’automne 2009 dans les débats qui agitent le congrès américain : volonté d’en découdre avec la FED et ses opacités, menaces de démantèlement des méga banques contre la toute puissante et très écoutée « American Bankers Association » etc.

Il sera très difficile en 2010- sauf peut-être emballement de la crise-de revenir sur 35 années de législation nationale et internationale qui ont consacré la victoire de la finance et de la rente. L’idée étant pourtant, de revenir à une situation où les Trésors seront capables de répudier la dette, comme ils le faisaient si bien, avant la naissance des États de droit. Nous retrouvons ici toute l’ambiguïté des États garants du respect des contrats qu’ils cherchent pourtant à violer. Dans ce contexte, le scénario de l’implosion de l’Euro serait un boulevard pour précipiter un rapprochement musclé des banques centrales et des États, les premières ne devenant que les gestionnaires obéissants des Trésors, comme au « bon vieux temps ». Un tel scénario vaudrait évanouissement de la dette souveraine au profit de nouvelles aventures. Crise dans la crise (point 1) et prise de conscience du siphonage des Trésors (point 2) seraient une conjonction éminemment favorable au réarmement des États et la répudiation de la dette. La réalité 2010 sera une situation intermédiaire entre cette conjonction et ses effets considérables, et le maintien du statut quo, donc celui du maintien de la présente fuite en avant.

On peut pourtant imaginer un exemple de situation intermédiaire annonciatrice de répudiation de la dette par rapprochement des Banques centrales et des trésors en 2010. Les agences des Trésors chargées de la commercialisation de la dette souveraine (AFT pour le Trésor français) peuvent progressivement renoncer, aux adjudications compétitives (respect du marché) et imposer des taux proches de zéro (violence réglementaire). Situation qui nous rapprocherait de l’époque où l’État, disposant d’une solide mâchoire, pouvait s’affranchir du « paiement annuel des arrérages ». Bien sûr il ne saurait s’agir d’inviter la banque centrale dans le club très fermé des banques SVT ( spécialistes en valeurs du Trésor) ce qui est encore, bien sûr, juridiquement interdit aujourd’hui. Mais si le Trésor est édenté, on peut lui adjoindre des prothèses, le club des SVT étant fermement invité, à faire des propositions d’achat à des prix très proches du coût d’accès à la matière première, par la banque centrale, qui précisément fournit cette matière première à taux proche de zéro. Voilà qui ressemble au contrôle des marges dans la grande Distribution. Cela suppose une certaine autorité sur les banques centrales. Et si bien sûr les banques étrangères quittent le club pour d’autres lieux plus rémunérateurs, il n’y a pas à craindre d’assèchement de la liquidité, les robinets des banques centrales restant ouverts pour les banques nationales. En clair si HSBC quitte le club rattaché à l’AFT, il est toujours possible d’élargir la part de marché de BNP PARIBAS qui elle aussi fait partie des SVT françaises. Il serait même possible d’envisager la composition d’un club des « États nouvellement prothèsés », faisant face aux clubs des SVT, et bien décidés à mettre fin à la « fausse valeur ajoutée » des banques qui développent encore aujourd’hui l’insoutenabilité des dettes souveraines. Il n’est donc pas impossible de voir apparaitre en 2010 ce club des « États prothèsés », club sans doute plus porteur que le G20.

Le schéma proposé ci dessus n’est qu’une piste possible, parmi les dispositifs qui se mettront progressivement en place en 2010 sous la conduite d’entrepreneurs politiques qui – poussés par les victimes de la rente financière-ne pourront plus très longtemps se contenter de la fuite en avant.


Vers la guerre monétaire ?

En troisième lieu, les inéluctables tentatives de rapprochement des Trésors et des banques centrales seront en 2010 porteuses de troubles monétaires internationaux de grande ampleur, et ce dans un contexte déjà fort complexe. Les contraintes du Trésor américain et déjà les modalités du financement de sa dette, continuent de peser sur le cours du dollar. C’est que d’une certaine façon, ce dernier est émis dans les mêmes conditions que les assignats. Avec toutefois une différence : les assignats étaient en principe gagés sur une richesse réelle, comme les premières coupures fiduciaires l’étaient sur l’or, ce qui n’est pas le cas du dollar de l’époque du « Quantitative Easing ».

Cette baisse est porteuse de deux effets vis-à-vis de la nouvelle seconde économie mondiale (La Chine). En premier lieu les chinois continueront en 2010 à protester pour l’obligation qui leur sera faite de maintenir des réserves en monnaie fondante. A l’inverse des citoyens français de 1794 ils ne sont pas réellement obligés d’accepter des assignats et tenteront de diversifier leurs placements. En termes plus crus, ils partageront le poids de la monnaie fondante avec d’autres acteurs intéressés par les investissements chinois sur leur territoire : Afrique, Amérique Latine, etc. Autre façon d’échapper à ce qu’ils croient être des assignats : le lancement en 2010, en Asie, de la plus grande zone de libre échange du monde, avec création en mars 2010 d’un fonds d’urgence de devises, et la tentative de populariser le Yuan comme monnaie internationale. Opération difficile ne se déployant que dans la durée. En 2010 le Yuan restera une monnaie inconvertible, mais, si la Chine ne connait pas de catastrophe, l’ avenir du yuan comme monnaie de réserve, n’est pas impossible.

En retour, les USA seront de moins en moins disposés à voir leur demande globale siphonnée par une monnaie de combat. Même si le déséquilibre commercial des USA est divisé par deux en 2009, il représentera encore 4% de PIB. Accroché au dollar le yuan fluctue au rythme de la devise américaine, ce qui signifie qu’en cas de baisse du dollar, toutes les autres monnaies sont victimes d’un yuan trop faible. En particulier l’euro qui voit le yuan se déprécier de 17% depuis mars 2009 et le Yen qui le voit se déprécier de 11% pour la même période. Cela signifie que tous les pays dont la monnaie n’est pas rattachée au dollar, peuvent en théorie adopter le point de vue des USA. Le risque d’entrer dans une guerre des monnaies est donc relativement important. Déjà des propos équivalents à ceux tenus dans les années 30 à propos des dévaluations massives de l’époque, refont surface : « La Chine exporte son chômage », « il faut compenser l’agressivité monétaire chinoise par des taxations douanières » etc. Déjà très consciente de ce risque la Chine en 2009, a dans la précipitation, décidé de se diriger vers l’auto centrage par le biais de son gigantesque plan de relance économique. D’où un premier résultat : la chute de la contribution négative des échanges extérieurs à la croissance a pu être compensée par 12% de PIB de la demande intérieure. Résultat spectaculaire.

Insuffisant, diront les Occidentaux et nombre d’autres États qui vont exiger en 2010, de façon de plus en plus pressante, une réévaluation du yuan. Sans se rendre compte que la chine, est aussi dans une fuite en avant tout aussi dangereuse. Société aujourd’hui tout aussi inondée par l’économicité que le monde occidental, son État, à peine de graves déconvenues, se doit de produire 24 millions d’emplois chaque année. La relance fût classiquement keynésienne avec surtout des investissements pharaoniques d’infrastructures et la naissance de surcapacités industrielles par obligation, de la part de ses dirigeants d’accepter des crédits bancaires massifs, décidés par un État qui lui, n’est pas encore État de droit et dispose d’une belle dentition. Mais qui est aussi dans une fuite en avant dangereuse et inquiétante. La base monétaire s’étant accrue de 30% en 2009, les bulles en formation sont nombreuses, notamment dans l’immobilier. La croissance chinoise peut-elle s’effondrer en 2010 en raison même de cette fuite en avant ? Il est impossible de répondre à une telle question. Le risque étant toutefois, que la volonté de maintenir un Yuan sous évalué pour des raisons de politique interne, entraine un réarmement douanier ailleurs dans le monde, accélérant le processus de mondialisation déjà bien avancé.

Les 3 points sus –évoqués (difficile répudiation douce de la dette souveraine par une inflation qui restera absente en 2010 ; tentatives de répudiation par reprise plus ou moins souterraine du pouvoir monétaire, et donc desserrement de l’étau monétaire ; conséquences de la tentative de reprise du pouvoir monétaire sur les taux de change et la situation internationale) constituent la colonne vertébrale du déploiement de la crise au cours de l’année 2010. Son centre de gravité étant le réarmement des États face à l’endettement public.

La prise de distance toujours croissante entre les Trésors et les banques centrales a autorisé la mondialisation, et les déséquilibres que cette dernière a elle-même engendrée, par rupture de la cohérence Fordienne. En 2010, le rapprochement pour cause de la répudiation de la dette, de ce qui était séparé, marquera la confirmation du processus de mondialisation.

À partir de ces lignes de force essentielles pourront se comprendre les phénomènes qui vont accompagner la trajectoire de la crise: puissance de la croissance, ou hélas,plus probablement de la dépression, importance du chômage, niveau d’agitation des marchés politiques, niveau d’agitation des instances médiatiques chargées de l’interprétation du déroulé des évènements, rapports de forces autour des tables de négociation internationales ; etc.

Jean Claude Werrebrouck ; le 1er janvier 2010.
Source (avec d'autres textes formidables) : http://www.lacrisedesannees2010.com/art … 24131.html

Je voudrais remercier solennellement Monsieur Werrebrouck pour la puissance de ses textes. Il me rend des forces smile

Merci, merci, merci !

Demain, c'est la rentrée.
Bonne nuit à tous smile

Étienne.

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#1068 03-01-2010 23:51:03

Zolko
Membre
Message n°8175
Date d'inscription: 17-07-2008
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Sandy a écrit:

Et parce que votre injonction intimidante de cesser de parler de quelqu'un revient —mécaniquement— à museler ce quelqu'un. Et ça, c'est précisément le contraire de la liberté d'expression.

Etienne ? Vous vous prennez pour le journal de France 2 ? Pour un service public ?

Ce qui est intéressant sur ces forums publics, c'est l'historique:

Sandy a écrit:

PS. Si les modérateurs veulent bouger ces messages pour qu'ils ne pourrissent pas ce fil interessant merci d'avance, j'suis oki.

oui, Sandy, tu demandes la censure. Et malgré tous les dérapages et accrochages que j'ai pu avoir avec Étienne, je suis heureux de voir qu'il résiste à ces appels à lanti-iségoria.

Si tu n'est pas capable de prouver la justesse de tes idées par tes mots, c'est que, probablement, tes idées sont fausses.

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#1069 04-01-2010 03:44:00

Sandy
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Message n°8176
Date d'inscription: 28-11-2006
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Zolko a écrit:

Sandy a écrit:

Et parce que votre injonction intimidante de cesser de parler de quelqu'un revient —mécaniquement— à museler ce quelqu'un. Et ça, c'est précisément le contraire de la liberté d'expression.

Etienne ? Vous vous prennez pour le journal de France 2 ? Pour un service public ?

Ce qui est intéressant sur ces forums publics, c'est l'historique:

Sandy a écrit:

PS. Si les modérateurs veulent bouger ces messages pour qu'ils ne pourrissent pas ce fil interessant merci d'avance, j'suis oki.

oui, Sandy, tu demandes la censure. Et malgré tous les dérapages et accrochages que j'ai pu avoir avec Étienne, je suis heureux de voir qu'il résiste à ces appels à lanti-iségoria.

Si tu n'est pas capable de prouver la justesse de tes idées par tes mots, c'est que, probablement, tes idées sont fausses.

Dans ce cas si on suit votre raisonnement vous ètes aussi d'effroyables censeurs ennemis de la liberté d'expression de ne pas vouloir exprimer ici les idées de Sarkozy, de la CIA, du FMI, de la commission européenne etc ...

C'est un raisonnement absurde.

Ici on défend des idées, on est des militants, et la conséquence c'est qu'on exprime certaines idées, et que tout un tas d'autres idées que nous partageons pas on ne les exprime pas. On ne menace en rien la liberté d'expression de quiconque on exerce juste la nôtre et il est fort logique de défendre les idées auxquelles ont croit et de ne pas exprimer les idées que l'on combat.

Et moi je combats les idées de Soral qui ne fait ici que de la récupération dans le seul et unique but de mener les gens à se joindre à ses deux obcessions.

Je trouve légitime, parce que je crois vraiment aux idées exprimées ici, de soulever cette question, je crois qu'il faut s'opposer aux tentatives de  récupération de Soral et bien mettre un cordon sanitaire entre ce qu'il va raconter et ce qui est raconté ici. Je pense que les gens qui se sont exprimés ici ont pour priorité les idées de démocratie, pour Soral la priorité c'est de lutter contre l'invasion culturelle et ethnique de la france, ce sont deux priorités bien différentes, et bien distinctes et il faut bien mettre en évidence ces différences et ne surtout pas tomber à pied joint dans le piège tendu par Soral et ses mensonges et manipulations.

Dernière modification par Sandy (04-01-2010 03:53:54)

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#1070 04-01-2010 04:24:33

Jacques Roman
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Message n°8177
Date d'inscription: 06-02-2006
Messages: 4259

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Sandy,

Faut-il rappeler que les idées exprimées sur notre site sont assez diverses et qu'à ma connaissance Étienne, patron du forum, n'a pas fixé de limites ?  JR

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#1071 04-01-2010 13:58:05

Sandy
Membre
Message n°8181
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Et donc à ce titre il serait normal d'accepter une récupération des idées exprimées ici par l'extreme droite ?

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#1072 04-01-2010 14:29:52

AJH
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Message n°8182
Lieu: Aix en Provence
Date d'inscription: 18-08-2006
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Sandy a écrit:

Et donc à ce titre il serait normal d'accepter une récupération des idées exprimées ici par l'extreme droite ?

Je ne vois pas comment empêcher d'une quelconque manière "une récupération d'idées", par qui que ce soit...
Mais à tout prendre, j'aime autant que ce soit mes (nos) idées qui soient récupérées.


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
http://www.societal.org

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#1073 04-01-2010 14:34:39

Sandy
Membre
Message n°8183
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

On l'empêche en s'interdisant tout lien avec l'extrême droite et en combattant et dénonçant cette récupération comme je l'ai fait plus haut.

En tissant des liens comme l'a fait Etienne, on tombe au contraire en plein dans le piège de la récupération, on la facilite, et on permet à l'extrême droite de récupérer des gens dans leur filet grâce aux idées qui peuvent être exprimées ici, c'est le risque immédiat qui découle de l'ambiguité qui consiste à faire croire qu'il y aurait une compatibilité, un rapprochement, une fraternité entre l'extrême droite et ce qui est défendu ici.

Au contraire, en observant une telle distinction, malgré l'apparence de convergence de discours, les personnes s'interesseront alors à ce qui peut nous distinguer et en faisant appelle à leur intelligence, on leur permet ainsi de choisir et de ne pas tomber dans le piège de cette récupération.

Vous semblez pensez que vous allez en retirer un quelconque bénéfice alors que c'est faux, en les détournant de leur but, ces récupérations de vos idées ne vont pas vous servir à vous, à votre cause, elles vont servir à la leur uniquement et s'il réussissent à imposer leurs idées récupérées et à vous marginaliser qu'est ce que vous aurez gagner ?.

Le combat d'idées n'est pas seulement un combat contre des idées contraires ou la défense de ses propres idées, c'est aussi une lutte contre la triangulation des idées ou contre leur récupération et leur détournement.

Dernière modification par Sandy (04-01-2010 14:44:12)

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#1074 04-01-2010 14:48:46

Zolko
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Message n°8184
Date d'inscription: 17-07-2008
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Sandy a écrit:

On l'empêche en s'interdisant tout lien avec l'extrême droite

Et c'est quoi exactement le problème avec "l'extrême droite" ? Qu'ont-ils *fait* de si terrible ?

En quoi sont-ils pires que la bande du 92 au pouvoir actuellement ?
Ou que les socialos du FMI-OMC ?

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#1075 04-01-2010 16:22:51

Déhel
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Message n°8185
Lieu: Le Havre, France
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Messages: 543

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie


      Et si les succès de l'extrême droite n'étaient que la conséquence de la frustration, frustration provoquée par la condescendance protectrice de savants à l'égard de ceux qui ne savent rien, pas même voter?


La meilleure forteresse des tyrans c’est l’inertie des peuples, Machiavel.
Le risque de la liberté: texte collégial d'insurection morale, ici.

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#1076 04-01-2010 19:07:08

Sandy
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Message n°8186
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Zolko a écrit:

Sandy a écrit:

On l'empêche en s'interdisant tout lien avec l'extrême droite

Et c'est quoi exactement le problème avec "l'extrême droite" ? Qu'ont-ils *fait* de si terrible ?

En quoi sont-ils pires que la bande du 92 au pouvoir actuellement ?
Ou que les socialos du FMI-OMC ?

Eux ils n'ont encore rien fait politiquement, mais ils défendent des idées qui mènent tout droit au fachisme qui a été un des fléaux du 20ème siècle avec les innombrables crimes contre l'humanité qui ont été commis, à ce titre, je n'ai évidement pas envie de voir ce qu'ils pourraient faire une fois au pouvoir.

Je ne me base donc pas sur une comparaison, je pense qu'il est possible et même nécessaire de combattre idéologiquement plusieurs idéologies à la fois.

Serais-tu un adepte toi aussi de l'extrême droite ?

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#1077 04-01-2010 19:10:05

Sandy
Membre
Message n°8187
Date d'inscription: 28-11-2006
Messages: 2421

Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Déhel a écrit:


      Et si les succès de l'extrême droite n'étaient que la conséquence de la frustration, frustration provoquée par la condescendance protectrice de savants à l'égard de ceux qui ne savent rien, pas même voter?

A mon avis, c'est surement un élément de réponse mais certainement pas le seul.

Dernière modification par Sandy (04-01-2010 19:10:20)

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#1078 04-01-2010 19:12:39

AJH
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Message n°8188
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Sandy a écrit:

On l'empêche en s'interdisant tout lien avec l'extrême droite et en combattant et dénonçant cette récupération comme je l'ai fait plus haut.

Je n'ai pas de liens avec l'extrême droite, mais il ne me gêne pas qu'ils "intègrent" des idées que je défends.


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
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#1079 04-01-2010 23:01:26

Étienne
Message n°8189
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Le racisme n'est pas le fascisme.

Assimiler les deux comme des équivalents,
intimider ceux qui aimeraient bien que la mesure et la raison restent la priorité,
c'est diaboliser "l'autre" et imposer une police de la pensée, de sa propre pensée…
C'est devenir soi-même typiquement ce qu'on prétend combattre…
Quel paradoxe !



Sandy,

Probablement sans vous en rendre compte, vous nous tendez vous aussi un piège, peut-être : vous êtes en train d'assimiler racisme à fascisme. Tous ceux qui sont racistes seraient, d'après vous, des fascistes. Je trouve que c'est une absurdité et une énormité, une grossière exagération, en plus d'être une insulte, puisqu'il y a sans doute mille façons différentes d'être raciste.

C'est complètement idiot, et contre productif pour la paix entre les hommes, d'être raciste, j'en suis convaincu de mon côté, OK : le racisme est, je crois, une erreur de perception qui vient surtout d'une ancestrale et instinctive peur de l'inconnu et, je le répète, le racisme est extraordinairement répandu sur la surface de la terre, au point qu'on est parfois tenté de dire que tout le monde est plus ou moins raciste. Peut-être que moi aussi, Sandy ! (Mais c'est vrai que moi, je me soigne vigoureusement.) Et vous ? Qui sait ?

Si on vous suit, si tout le monde est raciste, alors tout le monde est fasciste... C'est proprement délirant. Je connais des tas de racistes pépères, le croiriez-vous, qui se contenteraient bien d'un "chacun chez soi, allez les bleus et paix entre les hommes" : rien à voir, rigoureusement rien à voir avec le fascisme !

Votre amalgame conduit à faire (et à nous imposer de faire) de votre combat (qui est un beau combat, ce n'est pas la question, il faut combattre, à mon avis, le racisme, vous avez bien compris ma position) le seul combat qui vaille, avec priorité sur tout, et il conduit même à diaboliser (d'une façon quasiment maladive) ceux qui assument leur racisme ordinaire et l'intègrent dans leur politique sans violence.

Il faut arrêter de diaboliser les pensées haïes (par les uns ou par les autres, ce ne sont pas les mêmes) : cette diabolisation est le rigoureux contraire de la démocratie qui, elle, garantit la liberté à toutes les pensées détestées. On doit pouvoir signaler une des idées d'un groupe éloigné de nous sans en devenir un adepte, sans en devenir solidaire, (évidemment ! vous nous prenez pour qui ?) sans avoir envie d'y être amalgamé (comme à n'importe quoi d'autre) et surtout sans subir vos foudres, bien sûr : vous êtes en train de devenir un Torquemada d'une sorte de "dieu antiraciste", beaucoup trop intolérant à mon goût, et surtout, avec cet esprit partisan qui contraint à salir un homme entier ou un parti entier pour une seule pensée interdite.

On dirait que, presque par définition, les hommes ayant l'esprit de parti ne voient que des ennemis en dehors de leur parti, et je trouve que c'est le comble de la sottise.

Alors voilà : figurez-vous que je conchie cet esprit partisan et que je ne vous laisserai pas m'embringuer dans votre croisade antiraciste à œillères partisanes, pour la bonne raison que cette croisade transforme un beau combat forcément de longue haleine et presque inaccessible en une priorité absolue et urgente, au point de nous distraire de bien plus graves urgences : je rappelle que les fascismes des années 30 (ceux que vous redoutez avec juste raison) ont été voulus, financés, aidés, propulsés, soutenus, par les industriels et les banquiers, les mêmes, Sandy, qui sont au pouvoir aujourd'hui : le racisme, toujours latent partout, a été à l'époque exploité, manipulé, exacerbé par des fous furieux, mais ce n'est pas le racisme, la cause décisive, ce sont les fous furieux qui s'en servent : c'est la synarchie qui attisait violemment les flammes en coulisse et qui aiguillonnait les pulsions racistes latentes.

Vous vous trompez, je crois, sur la vraie causalité du fascisme (qui n'est pas le racisme, mais bien la cupidité des ultra riches qui ne veulent rien lâcher), et ça vous conduit à une sorte d'aveuglement, à ne pas voir les nouveaux habits des vrais fascistes, ceux qui, ici et maintenant, mettent l'État au service du capital (parce que c'est ça le fascisme, au fond) comme le rappelle opportunément Emmanuel Todd dans un bon article du Monde.

En nous interdisant de signaler toute analyse, toute réflexion résistante, qui nous semblerait utile à notre propre résistance au vrai fascisme, vous divisez la résistance à nos pires ennemis, et, comme je le disais récemment, les antiracistes sont peut-être les nouveaux idiots utiles des vrais fascistes (en toute bonne foi, je ne doute pas de ça).

C'est peut-être vous qui êtes manipulé et récupéré, Sandy.

Étienne.
____________

Les convictions sont des ennemies de la vérité, parfois plus encore que le mensonge.
Nietzsche.
____________

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#1080 05-01-2010 03:10:47

Sandy
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Message n°8190
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Le racisme, toujours latent partout, a été à l'époque exploité, manipulé, exacerbé par des fous furieux, mais ce n'est pas le racisme, la cause décisive, ce sont les fous furieux qui s'en servent.

Mais Etienne, vous savez très bien que l'histoire peut se répêter. Que faisons nous en ce moment même à gauche ? Nous essayons de construire un nouveau front populaire comme dans les années 1930. Et comment réagirons les "riches industriels", "les puissants" si jamais un jour nous sommes en position d'accéder au pouvoir ici en France ?

Qu'est ce qui vous permet de croire qu'ils n'exploiteront pas, ne manipuleront pas, n'exacerberont pas à nouveau le racisme ou le nationalisme comme ce fut le cas respectivement en Allemagne ou en Italie, et alors que c'est déjà ce qu'a fait Sarkozy pour obtenir le pouvoir et ce qu'il continue de faire encore aujourd'hui à chaque nouvelle élection, la preuve avec le débat sur l'identité nationale ?

Qu'est ce qui vous permet de croire qu'ils ne se reporteront pas alors sur des gens comme lepen ou soral qui justement se nourissent exploitent et exacerbent déjà le racisme et le nationalisme ? Qu'est ce qui vous permet de croire que ces gens là seront vos alliers contre les riches industriels ou les puissants ?  parce qu'ils vous le disent ? wink

Ces gens là ne sont pas des résistants. Ils se parent aujourd'hui de l'habit du résistant parce que c'est dans leur intérêt. Si demain un nouveau front populaire était en position d'accéder au pouvoir, leur intérêt serait différent, la droite et l'extreme droite feraient front commun, vos supers résistants deviendraient demain les meilleurs amis de vos ennemis riches industriels et financiers, comme ce fut le cas en Allemagne et en France pendant les années 30.

Ouvrez les yeux et comprennez que les gens sincères qui défendent la démocratie c'est nous, ce n'est pas eux, ils font seulement de la récupération, eux la seule chose qui les interesse ce sont leurs obsessions xenophobes racistes ou nationalistes, la démocratie n'est pour eux qu'un moyen de ratisser plus large, ils n'ont pas le même but que vous.

Dernière modification par Sandy (05-01-2010 03:50:06)

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