Forum du plan C : pour une Constitution écrite par et pour les Citoyens

Ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.
Les membres de l'Assemblée constituante doivent être tirés au sort
et, bien sûr, inéligibles aux fonctions qu'ils instituent eux-mêmes.

Vous n'êtes pas identifié.

Bienvenue :o)

Bonjour :o)
Ici, depuis le 1er janvier 2006, nous parlons d'un sujet que les politiciens de métier voudraient bien garder pour eux : nous parlons de la Constitution, de ce texte absolument fondamental pour tous les citoyens (et pourtant complètement négligé par eux), de ce texte qui pourrait nous protéger tous contre les abus de pouvoir si nous le faisions nôtre au lieu d'en abandonner la maîtrise à ceux-là mêmes qu'il est censé contrôler.
Nous discutons principe par principe, méthodiquement. Nous avons d'abord suivi le plan de mon document "Les grands principes d'une bonne Constitution", mais nous avons ensuite élargi nos thèmes à partir de vos réflexions, critiques et suggestions. C'est simplement passionnant. Ce que nous avons mis au clair sur la monnaie, sur le vote blanc, sur les vertus méconnues du tirage au sort et sur le référendum d’initiative populaire, par exemple, est enthousiasmant.
Le prolongement de cette réflexion constituante, c’est d’écrire enfin nous-mêmes un exemple de constitution, article par article. C’est ce qui se passe sur la partie wiki-constitution de ce site. Je vous invite à venir y participer également, ne serait-ce que sur un article ou deux. Vous verrez, c’est passionnant ; on sent vite qu’on est là sur l’essentiel, sur la seule vraie cause (et aussi la solution !) de nos impuissances politiques.
C’est un projet pédagogique en quelque sorte, un objet concret, réel, qui montre que 1) c'est possible : des hommes dont ce n'est pas le métier peuvent écrire une Constitution, et 2) c'est beaucoup mieux : quand ils n'écrivent pas des règles pour eux-mêmes, quand ils n'ont pas un intérêt personnel à l'impuissance des citoyens, les délégués constituants écrivent les règles d'une authentique démocratie. Merci à tous pour ce travail formidable.
Amitiés. Étienne.
[19 août 2012 : ATTENTION : pour cause de spam ultra-actif mi 2012, je FERME la possibilité aux nouveaux venus de créer un compte sans moi : il faut m'écrire à etienne.chouard@free.fr (EN ME DONNANT LE PSEUDO QUE VOUS VOULEZ) et je créerai votre compte à votre place. Il faudra ensuite venir ici pour définir un nouveau mot de passe. Désolé, mais les spammeurs deviennent infects et je n'ai pas le temps de gérer les spams (je préfère vous aider un à un à nous rejoindre). Au plaisir de vous lire. ÉC]

#41 26-01-2007 02:02:11

Candide
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Message n°2350
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Et puisqu'on en serait à ce régime, pourquoi maintenir le salariat, pourquoi pas donner à tous un revenu, sans conditions ? C'est un autre débat, je crois. Et je sais qu'Etienne est plutôt favorable à une forme de récompense au mérite, de ce point de vue (salaud de droite, va  ...)

À mon avis, cela ne fait même pas débat. C'est non car c'est injustifiable en termes d'humain. En gros, concrètement, il y a risque de dévaloriser l'effort individuel, de démotiver les individus, de supprimer l'un des moteurs les plus puissants de l'investissement/engagement personnel (je parle en termes non monétaires, bien sûr). Insérez ici votre meilleur souvenir de Picsou avec un symbole "$" scintillant dans chaque œil.

Un revenu minimum de survie, peut-être, en cas de pépin (on tombe là dans des schémas déjà essayés, même si mal), mais au-delà, pour moi, on n'obtiendra pas l'effet escompté.

Quant à la récompense au mérite, c'est un peu un corrollaire de ce que je viens de dire. L'inconvénient, et il est de taille, c'est que le mérite est relatif, et son appréciation, trop souvent des plus arbitraire... (C'est un ancien salarié qui parle.)


Mais alors, je pense qu'il faudrait garder un léger impôt sur le revenu, qui garde un caractère progressif. Tout simplement pour limiter la vitesse d'accroissement des inégalités, afin que les inégalités justifiées par les efforts fournis ne se maintiennent pas au delà de l'année rémunérée (schématiquement).

Tu veux dire un peu comme le système actuel des primes (d'objectif), dont l'effet est généralement limité dans le temps à leur seule année de perception ?...


Si une nation espère pouvoir rester à la fois ignorante et libre, elle espère ce qui n'a jamais été possible et ne le sera jamais.
(Thomas Jefferson)

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#42 26-01-2007 10:15:49

sam17
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Salut Candide,

ça fait débat, alors ? ... je crois qu'il faudrait alors le déplacer sur un autre volet, mais c'est un plaisir de te revoir passer par là, alors ça attendra. Et puis finalement, c'est peut-être tout à fait dans la continuité du sujet.

La "récompense au mérite pour les salariés", tous ou presque connaissons le problème de la subjectivité.
Une anecdote, qui symbolise assez bien ce que je vis et vois dans le travail depuis des années : quand j'ai commencé dans la vie active, je faisais un stage chez un concepteur-fabriquant réputé d'enceintes acoustiques. J'y étudiais les déformations par vibration de membranes de hauts-parleurs. C'est un domaine très pointu, qui fait travailler mettons vingt personnes à temps-plein dans le monde ; ça s'appuie en particulier sur des mesures par hologrammes, pulsées à haute fréquence (il faut un gros laser avec de grosses armoires électriques, des théories, des logiciels d'acquisition, de traitement, ...) Un jour, le patron, sortant de son bolide rutillant, m'a adressé un peu la parole, au lieu de me serrer la pogne sans même me regarder dans les yeux : j'avais sur mon bureau de superbes images en 3D que j'avais faites sur un des hauts-parleurs. On y voyait une très belle "déformée", bien régulière, et bien marquée, qui faisait un motif très... esthétique. Comme en plus, j'ai mon côté artiste, c'était traité, retouché, ... D'un point de vue technique, ça voulait dire que "son" haut-parleur avait un défaut pas catastrophique, mais pas terrible pour la qualité et, sur le papier, pour l'image de la boîte. Seulement, on l'a collé dans le catalogue, ça en jette. Et les concurrents l'avaient fait déjà, ce genre de pub. Pire, la plupart des concurrents commandent ces images pour environ 1 000 euros et deux jours pièce, sans faire la moindre étude dessus. Quant aux boîtes sous-traitantes qui amortissent leur matériel avec peine, elles sont ravies de prendre ces miettes. Ca fait aussi se déplacer un commercial par-ci, ça paye un aller retour en train ou en avion par-là (il y a peu de boîtes spécialisées), un hotel, un restau, ... Bref, l'économie. Que nous dit le résultat ? L'image dit au gogo : "on fait des études très poussées pour étudier nos super hauts-parleurs", et personne ne saura que c'est  un pur mensonge, du moins sous cet aspect. Et même, comme le patron, le gogo croira qu'une belle image veut forcément dire un beau produit... Ce qui est en soi un pur contre sens. Pourquoi j'étais là ? Le chef du labo avait fait des efforts pour lancer ce stage, en préliminaire à des projets de développement ambitieux qu'il avait (encore une perle payée au lance-pierres et traité comme un paillasson, au passage), et pour avoir mes 2000 balles (FF) par mois. Mais voilà le critère de choix du patron, je vous l'ai expliqué. Critère qui est celui du gogo consommateur (en définitive - quand on l'y a poussé). Critères de ceux qui : 1. n'y connaissent rien ; 2. ne se posent pas la question des conditions de travail ; 3. subissent et imposent tout à la fois la seule loi des sous et du tape à l'oeil. Comment ce monsieur a-t-il réussi ? Avec une petite fortune familiale, et des copains bien placés dans les magazines à gogos pour lesquels il avait travaillé d'abord (comme cadre sup. je suppose). Pour le reste, le pragmatisme des hommes d'affaires. Durant mon stage, un collègue technicien dont est parti en tournée aux USA pour changer lui-même un composant électronique sur les enceintes... à 40 000 euros la paire de la caste de vedettes qui se fait plaisir (reluire) en se payant les enceintes de salon les plus chères au monde. Rien ne justifie qu'une opération aussi simple soit faite par un technicien maison. Mais rien non plus ne justifie le prix de ces petits bijoux... Au fait, mon mérite, là dedans ? Qui en jugera ?...

Il y a beaucoup de bénévoles, mais tout le monde n'en est pas ; il y a aussi beaucoup de gens qui recherchent simplement une reconnaissance sociale en travaillant (une fois à l'abri des factures impayées, ...) J'ai tendance à me dire que si personne ne connaissait la nécessité, et si personne ne jouissait de rentes, par ailleurs, la reconnaissance sociale et la recherche d'émancipation personnelle seraient les seuls vrais motifs pour pousser les gens à produire. Et ces moteurs, ils sont universels, n'en déplaise à Picsou. Je connais très peu de gens vraiment fainéants, et je connais surtout énormément de gens payés à faire ce qu'ils n'aiment pas faire et pas payés pour faire ce qu'ils aiment faire.

Quelque soit le domaine qui décide de tes revenus : l'entreprise, le service où tu es rattaché, la commune, l'Etat, ... jamais on ne voit les salaires décidés par un débat démocratique réunissant tous les intéressés. Pas plus que la définition des prix et des besoins relatifs. Voilà ce que je peux suggérer comme voie de réponse à ta question. Un véritable fainéant, dans un système où le bien commun et les revenus seraient décidés le plus démocratiquement possible, ce serait quelqu'un qui ne fait rien suivant la volonté de la majorité. Je préfère sans aucun doute cette base de dictature à toutes celles qu'on a connu, et qu'on connaît. Et je suis convaincu qu'il n'y a pas nécessairement de risque qu'on en vienne à un système qui écarte les projets sous prétexte qu'il faut que tout soit centralisé et approuvé absolument par 50% de gens ; je suis convaincu surtout qu'il faut, là encore, laisser aux gens poser leurs questions, et pas simplement sonder leurs réponses. Ce que fait notre système, pour l'essentiel. Car un tas de besoins, très divers, ne se traduisent pas en "demande" sur le marché. Quand je vois par exemple la nécessité d'une constituante et de tant de cahiers de doléance, d'une éducation à la citoyenneté critique, dans un Etat toujours plus dépouillé, et quand je vois en parallèle que des dizaines de gens, bénévolement, consacrent un temps fou à s'autoriser à penser sur les institutions de demain, à organiser des manifestations, à mettre en place des sites internet qui donnent une voix aux autres... je sais où iraient en particulier mes priorités lors des "séances de questions". Et je suis assez convaincu que dans un pareil contexte, ce genre de productions serait jugé utile, et prioritaire sur bien d'autres, par les citoyens. Pour commencer, parce qu'elles sont justement indispensables pour péréniser un système démocratique d'expression des besoins et d'allocation des capitaux.  Faute de quoi c'est le socialisme d'Etat en ligne de mire.

Dans un système monétaire comme celui dont parle AJH, il n'y a plus de diktat des rentiers. Et si on y fabrique des voitures à tant de % c'est : d'une, parce que la société l'a choisi, de manière concertée, débattant de ses besoins ; de deux, parce que l'entreprise qui "m'emploie" a proposé un projet, et un bilan des besoins de financement, dans la définition desquels la voix des "salariés" importe. Parce qu'il n'y a pas de raison alors de faire comme dans un système capitaliste (ou bolchevique), et de ne planifier la production qu'au regard de la consommation. Je ne vois d'ailleurs pas d'autre système, sauf le modèle libertaire (les deux se rejoignent) où on puisse faire appliquer ce principe que nous nous entendons pour affirmer : "le droit des travailleurs à faire un travail dans lequel ils s'épanouissent".

Sur le deuxième point, je veux dire plus généralement que l'inégalité de revenus ne devrait pas, dans la durée, engendrer toujours plus d'inégalités. Ne pas que l'argent aille à l'argent. Du moins, pas sur le long terme. Pas simplement parce qu'il faut à tout prix éradiquer toute inégalité, mais surtout parce qu'il ne faut pas que l'économie toute entière soit (continue d'être) dictée par les rentiers, sans quoi il est impossible de parvenir à une reprise en main du pilotage de la croissance par la société, selon ses besoins exprimés démocratiquement.  Or, c'est inévitable dans un système qui autorise les rentes, et qui ne met pas en place en même temps un impôt progressif sur le revenu (voir la parabole du casino).

Il y a des divergences, parmi les gens qui ont conscience du privilège des banquiers (la perception d'intérêts sur la monnaie qu'ils créent à partir de rien) et qui souhaitent l'abolir : certains voudraient aussi abolir purement et simplement les intérêts sur tout crédit. Ce n'est pas mon cas (pas non plus celui d'AJH, je crois). Dans la mesure où l'argent qu'on a a été gagné légitimement, et non pas en tous cas, créé comme de la fausse monnaie, par des particuliers, je trouve normal, si on le prête, d'en tirer des intérêts en pourcentage raisonnable. Encore une fois, pas par amour ou respect du principe, mais en pensant aux perversions engendrées. Il me semble important, même dans une société qui parviendrait à reprendre le contrôle de son mode de croissance, de garder une latitude individuelle s'agissant d'initiative d'investissements d'activités. Sinon, même si on ne rique pas pour autant de plonger dans l'immobilisme en matière de progrès technique, on risque, à cause de perversions installées dans le système de consultation, d'être à la merci de la dictature d'une majorité, ou même d'une caste d'aristo reformée. Il faut une soupape, et une soupape qui laisse une latitude aux entrepreneurs passionnés (pas par le profit).  Pour financer un tas de productions particulières, culturelles notamment, qui bien qu'utiles, voire indispensables, ne sont souhaitées (ou supposées souhaitées, si cela n'est pas débattu) que par un très petit nombre de gens sur l'instant.

Au bilan, je crois qu'il faut que le système dans son entier ne soit à la merci ni d'une minorité qui imposerait ce qui est "rentable" pour tous ou non, ni d'une majorité qui excluerait plein de petites productions indispensables, utiles, du moins non nuisibles.

Dernière modification par sam17 (26-01-2007 14:41:26)

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#43 26-01-2007 12:38:28

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Sam17 a écrit:

Et puisqu'on en serait à ce régime, pourquoi maintenir le salariat, pourquoi pas donner à tous un revenu, sans conditions ? C'est un autre débat, je crois. Et je sais qu'Etienne est plutôt favorable à une forme de récompense au mérite, de ce point de vue (salaud de droite, va  ...)

Candide a écrit:

À mon avis, cela ne fait même pas débat. C'est non car c'est injustifiable en termes d'humain. En gros, concrètement, il y a risque de dévaloriser l'effort individuel, de démotiver les individus, de supprimer l'un des moteurs les plus puissants de l'investissement/engagement personnel (je parle en termes non monétaires, bien sûr).

Bonjour

A mon avis, justement si, ça fait débat. Sam parle d'un revenu, pas de tous les revenus. Le "Revenu Citoyen" DOIT permettre à chacun de vivre et de satisfaire ('a minima' dans un premier temps)  les besoins fondamentaux: Santé et soins, Nourriture, Logement, Energie, chauffage, Habillement, Transport, Communication, Education, Loisirs (en ai-je oublié?)

Ce Revenu Citoyen n'empêche évidemment pas, afin de ne pas dévaloriser l'effort individuel et de démotiver, de payer en supplément un salaire (Revenu d'Activité) dont les limites devraient être déterminés démocratiquement (pour ma part, je "milite" pour un rapport 1 à 3 après impôts), suivant les critères sociétaux.(http://tiki.societal.org).

Cordialement

AJH


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#44 27-01-2007 02:13:18

Candide
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

André-Jacques, Sam,

OK, après un petit tour, même rapide, sur le site d'AJH, je comprends mieux. Nous ne parlions tout simplement pas le même langage.

Sam, quelques questions...


Je connais très peu de gens vraiment fainéants, et je connais surtout énormément de gens payés à faire ce qu'ils n'aiment pas faire et pas payés pour faire ce qu'ils aiment faire.

OK. Cela dit...

1. Peut-on tabler sur le fait qu'il se trouvera toujours suffisamment d'individus pour effectuer les travaux les moins "fun" ? Insérez ici la liste de travaux que vous détesteriez faire (style éboueur, égoutier, etc.)

2. Peut-on être sûr qu'il y aura adéquation entre l'offre de prestations et la demande ? Je m'explique : j'ai rêvé ou bien les filières Psychologie et EPS sont actuellement saturées au-delà du raisonnable. C'est peut-être un mauvais exemple, qui a des causes autres que l'intérêt personnel véritable des personnes qui cherchent à s'engager dans ces voies, mais je pense que vous voyez ce que je veux dire...


Parce qu'il n'y a pas de raison alors de faire comme dans un système capitaliste (ou bolchevique), et de ne planifier la production qu'au regard de la consommation.

Je comprends pas bien là. Si l'on se place strictement dans le domaine des biens de consommation, ce type de planification n'évite-t-il pas le gaspillage et ne permet-il pas une meilleure utilisation des ressources ?

Bien cordialement,

Candide

Dernière modification par Candide (27-01-2007 11:43:06)


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#45 27-01-2007 03:31:39

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Candide a écrit:

OK. Cela dit...

1. Peut-on tabler sur le fait qu'il se trouvera toujours suffisamment d'individus pour effectuer les travaux les moins "fun" ? Insérez ici la liste de travaux que vous détesteriez faire (style éboueur, égoutier, etc.)

2. Peut-on être sûr qu'il n'y aura adéquation entre l'offre de prestations et la demande ? Je m'explique : j'ai rêvé ou bien les filières Psychologie et EPS sont actuellement saturées au-delà du raisonnable. C'est peut-être un mauvais exemple, qui a des causes autres que l'intérêt personnel véritable des personnes qui cherchent à s'engager dans ces voies, mais je pense que vous voyez ce que je veux dire...
Candide

Bonjour

Juste un avis rapide

Pour le 1 , en attendant une "économie écosociétale" (après le prochain crash économique mondial?), l'application "pure" de la loi de l'offre et de la demande concernant ces métiers pénibles devrait résoudre le problème ... mais actuellement cette loi est perturbée par la "nécessité de survie" (ce qui ne se produirait plus avec un "revenu citoyen" )

Pour le 2 il me semble que c'est plus justement une absence de planification (parfois excessive d'ailleurs, par exemple dans le numerus clausus des médecins)

Sociétalement

AJH


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#46 27-01-2007 12:03:04

Candide
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour A-J,

Pour le 1 , en attendant une "économie écosociétale" (après le prochain crash économique mondial?), l'application "pure" de la loi de l'offre et de la demande concernant ces métiers pénibles devrait résoudre le problème ... mais actuellement cette loi est perturbée par la "nécessité de survie" (ce qui ne se produirait plus avec un "revenu citoyen" )

Je vois mal, hélas !, comment on pourrait instaurer ce nouveau type d'économie, que je découvre et trouve très intéressant, en l'absence d'un nouvel électrochoc du type de celui que vous décrivez.

Personnellement, cela fait plusieurs années que je pense que le métier d'éboueur, pour ne citer que lui, étant tout aussi vital que dangereux et pénible, nécessiterait d'être très largement mieux considéré et mieux payé (voire même mieux payé que certains métiers moins pénibles). Mais en occident aussi nous semblons avoir nos intouchables, ce qui prouve une fois de plus que l'esclavage n'a pas été complètement aboli, ni dans les faits ni dans les esprits.

Un revenu citoyen pourrait permettre de résoudre ce problème, notamment pour cette profession si vitale à la société.


Pour le 2 il me semble que c'est plus justement une absence de planification (parfois excessive d'ailleurs, par exemple dans le numerus clausus des médecins)

C'est vrai. Mais puisque nous n'en sommes encore qu'au stade de la théorie, il me semble qu'une planification, aussi adéquate soit-elle, ne permettrait pas de parer au déséquilibre que j'évoque : si la société détermine (pardonnez-moi cet exemple idiot) qu'elle a besoin de 1000 fleuristes et que 5000 personnes considèrent en leur âme et conscience que ce métier répond à leur "droit des travailleurs à faire un travail dans lequel ils s'épanouissent", que fait-on ?

Mais je ne suis ni sociologue ni psychologue, et des études de modélisation ont peut-être montré que ce problème n'en est pas un ?...

Bien cordialement,

Candide

Dernière modification par Candide (27-01-2007 12:03:50)


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#47 27-01-2007 16:40:31

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

@Candide

Bonjour

On sort un peu trop du sujet du forum "reprendre le pouvoir sur notre monnaie"  pour entrer dans le détail de l'écosociétalisme. Puis-je vous demander de renouveller cette demande de précision sur le forum sociétal ( http://forum.societal.org/ ) .. merci

Sociétalement

AJ


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#48 27-01-2007 18:14:48

sam17
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Les deux pieds, les deux mains dans la m...

À André-Jacques,

je copierai volontiers toute intervention utile sur ton forum. On pourra toujours faire du ménage ici un peu plus tard. STP, profitons encore un peu du fait que le débat vit pour garder la ligne.

Cela dit, avant de "reprendre le pouvoir sur notre monnaie", il faut savoir à qui on va donner ce pouvoir... après les banquiers. La discussion a aussi sa place ici, non ?

À Candide,

pour nous sortir un peu de la philo... et répondre déjà à ta question sur les éboueurs : tu sais sans doute que certaine ville (j'ai oublié laquelle) a déjà aboli l'usage de ce métier, du moins sous la forme qu'on connaît, en mettant en place un gigantesque réseau souterrain de récupération des ordures, avec de gros aspirateurs qui concentrent au centre de traitement les sacs de déchets déposés un peu partout dans des bornes.

On fait aussi, en France, appel à la participation individuelle pour trier les déchets. On a aujourd'hui un tas d'emballages odieusement polluants, on a aussi, à l'heure ou les champs d'OGM du monde couvrent l'équivalent de deux fois la superficie de la France, des décrets en cascade en matière d'hygiène, qui contraignent à des gaspillages hallucinants en emballages, en énergie, en bureaucratie, contrôleurs de contrôleurs, ... ; on a de la surproduction et des monceaux de denrées dégueulasses qui finissent à la benne, ...

Faisons le tour de l'équation.

D'abord, ça évite de bloquer sur un problème particulier qui n'a rien d'universel. Tout montre, et l'histoire notamment, qu'on peut se débarrasser des boulots les plus pénibles, les plus aliénants, ... Pourvu qu'on mette les capitaux au bon endroit dans cette optique. Encore faut-il que la voix de ceux qui se le paluchent à l'instant t soit prise en compte. Un problème que l'on constate à l'ère néolibérale est que tout les gains de productivité sont captés par les actionnaires, comme tout ce qui peut se capter...

Ensuite, ça veut dire que "la loi de l'offre et de la demande" selon le marché pur est une pure ignominie, c'est la loi de la jungle tout simplement, à ceci près qu'elle est mise au mains d'une race capable de détruire toute vie sur Terre. Car précisément chacun, dans son secteur, ne prend en compte que les paramètres qui concernent ses finances, c'est à dire son pouvoir de conjurer l'angoisse de mort manié avec la capacité mentale d'un veau...

On trouve ainsi une multitude d'aberrations, face auxquelles on dit "il faut une volonté politique", "il faut que les mentalités changent". Par exemple, l'automobile. Et qui plus est, la bagnole polluante à une ère où elle pourrait sans mal l'être 1 000 fois moins.

Chacun tire sur son bout de corde, et rien ne se démêle. Tout ce qui avance, c'est que celui qui a un gros pouvoir concentré emmène le tout là où ça l'arrange lui. C'est pour ça que le métier d'éboueur, comme la voiture qui pue et envahit tout, est presque une fatalité.

Les mentalités suivent les lois, non l'inverse. Quant à la "volonté politique", elle a besoin de s'appuyer : d'une, sur la puissance du politique ; de deux, sur un débat qui prenne en compte au mieux tous les paramètres, pour juger du bien commun.

Dernière modification par sam17 (27-01-2007 20:30:02)

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#49 27-01-2007 21:51:38

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour

Je voulais juste signaler à Candide qu'à propos du point "  si la société détermine (pardonnez-moi cet exemple idiot) qu'elle a besoin de 1000 fleuristes et que 5000 personnes considèrent en leur âme et conscience que ce métier répond à leur "droit des travailleurs à faire un travail dans lequel ils s'épanouissent", que fait-on ? ", on est vraiment dans le détail de l'écosociétalisme.. mais enfin, pour répondre rapidement, c'est les besoins qui déterminent le nombre de fleuristes autorisés à s'installer dans une zone donnée.

Sam, tu demandes "  Cela dit, avant de "reprendre le pouvoir sur notre monnaie", il faut savoir à qui on va donner ce pouvoir... après les banquiers. La discussion a aussi sa place ici, non ? "

Oui, dix fois oui ... sur le wiki, j'ai fait un certain nombre de propositions ..

++++++++++++++++++

Titre supplémentaire B = Système monétaire et bancaire(en cours d'écriture... Ces structures sont sous les ordres du Gouvernement et sous le contrôle des Assemblées )


Article B1

1 - L'Institut d’Émission Monétaire ( I.E.M.) est chargé d’émettre la monnaie centrale fiduciaire (pièces et billets) ainsi que le crédit à la Nation (monnaie scripturale ou électronique)

2 - Toute création de monnaie permanente doit relever de l'Etat et de l'Etat seul

Article B2

- Le Centre d’analyse stratégique est un organisme directement rattaché au Premier ministre. Il a pour mission d’éclairer le Gouvernement dans la définition et la mise en œuvre de ses orientations stratégiques en matière économique, sociale, environnementale ou culturelle. Tous ses travaux sont rendus publics.

Article B3

- Le Conseil économique et social est auprès des pouvoirs publics une assemblée consultative. Par la représentation des principales activités économiques et sociales, le Conseil favorise la collaboration des différentes catégories professionnelles entre elles et assure leur participation à la politique économique et sociale du Gouvernement. Il examine et suggère les adaptations économiques ou sociales rendues nécessaires notamment par les techniques nouvelles.

- Le Conseil économique et social, saisi par le Gouvernement, donne son avis sur les projets de loi, d'ordonnance ou de décret ainsi que sur les propositions de loi qui lui sont soumis. Un membre du Conseil économique et social peut être désigné par celui-ci pour exposer devant les assemblées parlementaires l'avis du Conseil sur les projets ou propositions qui lui ont été soumis.

Le Conseil économique et social peut être également consulté par le Gouvernement sur tout problème de caractère économique ou social. Tout plan ou tout projet de loi de programme à caractère économique ou social lui est soumis pour avis et sera rendu public.

La composition du Conseil économique et social et ses règles de fonctionnement sont fixées par une loi organique.


Article B4

– Le Trésor Public est la banque de l’État. (le système de gestion des comptes de l’Etat et des administrations)

Il reçoit les recettes et paye les débits de l’Etat, des collectivités et de l’administration.

– il recouvre les recettes publiques

– il contrôle et exécute les dépenses publiques

– il produit l’information budgétaire et comptable publique

– il offre des prestations d’expertise et de conseil financier

– il gère l’épargne et les dépôts de fonds d’intérêt général


Article B5

La Cour des Comptes vérifie les comptes publics, fait des recommandation, peut ester en justice (partie civile) contre des fonctionnaires ou des structures

Article B6

L'Institut National de la Statistique, des Études Économiques et de l’Information Publique (INSEEIP) Il présente les comptes de la Nation sous une forme intelligible au citoyen. D’une part les recettes, d’autre part les dépenses de fonctionnement et les amotissemen,ts (usures), d’une part les dettes, d’autre part les avoirs (capital)


Article B7

Le système bancaire est composé de :

1 - La Banque Centrale qui détermine et fait appliquer les régles de bonne conduite bancaire aux banques et établissements financiers, suivant la régle que tout financement d'investissement à un terme donné doit être assuré par des emprunts au moins de même terme. Aucun emprunt à long terme ne peut être financé par des emprunts à court terme. Interdit la spéculation aux banques sur les changes, les actions, obligations et produits dérivés.

Veille à la dissociation totale des activités bancaires qui formant le réseau des banques privées (3 catégories d'établissements distincts et indépendants )

2 - le réseau des banques privées:

a - Banques de dépôts: encaissements, paiements, garde de dépôts de leurs clients.

b - Banques de prêts: le montant global des prêts ne peut excéder le montant global des fonds empruntés (épargne préalable ou émission monétaire de l’IEM)

c - Banques d'affaires: investissent dans les entreprises les fonds empruntés au public ou aux banques de prêts.

Aucune banque privée ne peut prendre une dénomination qui pourrait faire penser qu'elle est une émanation du secteur public (dénominations telles que " nationale")

++++++++++++++++

Tout est évidemment discutable wink

Amitiés

AJ

Dernière modification par AJH (27-01-2007 22:02:08)


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
http://www.societal.org

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#50 27-01-2007 22:19:11

sam17
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

La loi de l'offre et de la demande n'est pas l'apanage du marché...

"Peut-on être sûr qu'il y aura adéquation entre l'offre de prestations et la demande ? [...] les filières Psychologie et EPS sont actuellement saturées au-delà du raisonnable. [...]"

Je te ferais remarquer que tu parles d'un fait contemporain, de ce qui se passe dans un monde supposé déjà très largement soumis au marché... pas celui qu'on essaye d'esquisser. Je ne sais pas si tu souhaites expliquer pourquoi les choses sont ainsi. Je veux bien - et ce n'est pas bien difficile de trouver des masses d'explications - mais est-ce dans le sujet ?

A vrai dire, je pense que cette situation serait encore deux fois plus marquée dans une "économie sociétaliste". Sauf que ce serait bien plus équilibré... avec la "demande".

Nous sommes dans une époque qui vante le bien-être mental, la santé, la culture physique, la jeunesse, ... Et pour tous ces "secteurs", ce n'est traité que sous la part "consommation" (demande / offre de biens et services), et pas du tout en pensant aux travailleurs (demande / offre de travail).
On consulte à tout va, on se gave de tranquillisants et de drogues, et les facs de psycho sont bondées de gens, les débouchés sont peu nombreux, les facs de médecines sont ultra sélectives (et ces années d'études horribles sur le plan psychologique), les labos, concentrés, gavent leurs actionnaires, emploient peu de chercheurs et de techniciens, pillent les frais de recherche de l'Etat et attirent au salaire ses chercheurs qui n'ont plus de débouchés publics, posent leurs brevets. Les drogues ? Elle viennent du trafic. Avec tout ce que ça entend d'exploitation, de cynisme, de peurs, ...
On bouffe cosmétiques, parfums, ... ça fait vivre de gros rentiers et quelques rares salariés, beaucoup de gens dans la pub... On se gave de plats bios et light bourrés de saletés et de graisse, et chacun sait comme le secteur de l'alimentation de masse est une horreur pour les producteurs.
On afflue dans les salles de sport et lieux de sports en tous genres, mais pense-t-on à ceux qui y bossent ? Certains ont des horaires très tordus et cherchent à faire des heures à tout prix, d'autres ont des heures stressantes car ils ont trop d'élèves eux-mêmes surmenés.
On nous crible de jeunisme à la TV, et les jeunes n'ont pas de boulot. Faut dire que dans les feuilletons, à part les flics ou les stars, personne ne bosse.
Des orgies de magazines "bien dans ma tête dans ma petite bulle" côtoient celle de "people pleins de sous et soucis de riches", ça fait vivre des paparazzi eux-mêmes esclaves d'un système de bargeots, où la chasse au scoop rend fou, où on rémunère énormément quelques rares travaux, et où la part de gâchis est énorme. Ca fait vivre quelques rares éditeurs et rédac chef parisiens, copains de la jet-set et de l'aristocratie politico-médiatique. Ca fait vivre aussi quelques gourous modernes et autres charlatans "psychologues".
On a aussi les monceaux de magazines de jeux, ... Tous ces secteurs n'ont besoin que de très peu de main d'œuvre, laquelle est dévalorisée (pour un qui récupère un sujet intéressant, combien récupèrent la m..de qu'on vend ensuite ?), où la concurrence est rude pour les places, et qui gavent les propriétaires (faut voir le prix des parutions, c'est du même ordre que les journaux hebdomadaires.)
La presse... intéressant, les vedettes éditorialistes, qui souvent servent aussi comme cadres sup., captent tout le pognon qui ne va pas aux actionnaires, qui justifie une masse de publicité, ... et les journaux ont très peu de main d'oeuvre pour faire un travail de journalisme digne de ce nom. Et que nous disent les premiers ? Que l'internet tue le journalisme... car on leur pique leur boulot à "éditorialiser en ligne", sans être journalistes... Alors qu'il est bien que les éditoriaux sortent de la mainmise de ces chiens de garde du gratin politique et financier, justement, et que le vrai journalisme ait de quoi vivre.. dans les journaux. Mais on peut toujours attendre qu'ils s'en aillent, les éditorialistes de révérence à 30 000 par mois.
On répète sans cesse que l'avenir est aux métiers de l'intellect, de l'imagination, il y a le net, ... Mais qui fait le boulot et qui engrange le pognon ?

Bref. S'agissant de la demande, c'est celle du consommateur. Et surtout, c'est la demande solvable, point. Ce depuis le début de la société "bourgeoise". La différence, dans le contexte du marché pur, c'est qu'avant l'Etat était solvable, et que la garantie des droits fondamentaux était possible, maintenant, c'est fini. S'agissant d'offre, c'est celle de biens rentables pour qui vit de rentes. Là encore, plus que jamais depuis le XIXe.

Mais puisque en termes de travail, la demande est ainsi constituée, est-il normal qu'au niveau du partage des travaux et des bénéfices, on soit organisé ainsi ? Si on veut de la psy, du sport, du bien-être, pas de souffrance, ... pourquoi ces secteurs d'activité sont si bouchés ? On a bien potentiellement une demande de travail importante, qui va avec la demande de biens et services.

Un petit retour sur les travaux pénibles, dégradants, aliénants, ... Comment éradiquer ces travaux-là ? À l'évidence, développer de nouvelles machines modernes, lancer des projets vastes et ambitieux. Donc évidemment, beaucoup de travail de recherche, de développement, des ingénieurs, des techniciens, pas tant d'ouvriers puisque on peut s'éviter largement les travaux pénibles, dégradants, ... pour peu qu'on le veuille. Suffit de développer en même temps les machines outils des machines outils, ... Donc il faut pouvoir planifier en ayant beaucoup d'argent disponible de manière assez ponctuelle, concentrée - plus exactement, il faut mettre en cohérence nombre de projets - et permettre des décisions politiques pour encourager la création de secteurs nouveaux, former les gens, ...  Ensuite, donner du boulot à ces salariés dans d'autres métiers. Ou les former, justement, pour travailler sur les projets d'équipements remplaçant leurs travaux, ... en incluant ce budget dans le plan d'ensemble.

Qu'en est-il au présent ? La recherche publique ? Chacun a entendu des échos. La recherche privée ? Déjà, la piteuse santé du secteur public est mauvais signe, car les entreprises travaillent beaucoup avec le public pour tout ce qui nécessite des investissements importants et communs, pour la recherche fondamentale ou avancée, ... Et puis on constate que la recherche privée ne fait pas bosser beaucoup de gens. L'ingénierie ? Une catastrophe. Il n'y a plus que des commerciaux qui se font embaucher. Tout le technique se délocalise à vue d'œil, et même pire, les ressources globales sont comprimées, la communication technique est traitée n'importe comment : pas le temps, pas de moyens, et des monceaux de managers qui court-circuitent tout. Tout est morcelé, sous-traité, et les infos techniques entre entreprises, elles passent par le haut pour redescendre, ... Je ne sais pas si les gens savent, mais pour décrocher une affaire, aujourd'hui, il faut avoir fait l'étude complète avant même de savoir si on est "affecté" par le client, c'est à dire, si on aura la commande. Souvent, même, le client te pique le résultat, les mises au point, et fait produire ailleurs, là où le coût de production est moins cher mais où ils n'ont pas de moyens d'étude, de mises au point, ... Parfois, il te promet que tu lui écouleras 10 000 pièces / an pendant trois ans. Et en fait, il ne t'en prend que le quart, et change de fournisseur au bout d'un an (tout cela est légal). Suivent encore les "90 jours fin de mois" pour voir les ronds. La formation ? ... Pas les fonds (avec des actionnaires à 15-18-20% et plus, faut pas rêver, le jus ne sort pas du néant).

C'est pas comme ça qu'on va éliminer les boulots pénibles. De toutes manières, il suffit de lever les yeux : petits boulots, précarité, temps partiel, ... La peur de le perdre quand on en a. Et le stress au travail, c'est le lot de tous, comme jamais on l'a vu depuis le XIXe.

Après ces détours, ce qu'on voit :
- on pourrait, ensemble, "se payer" plein de psys, de profs de sports (et de temps libres, pour les faire bosser). Ce n'est ni la demande de biens et services ni la demande de travail, le problème, manifestement, les deux sont importantes
- on pourrait abolir les boulots pénibles : tout le justifie, et en particulier le fait que ça ferait grimper la demande de travail dans la recherche, l'ingénierie, le technique, tout en répartissant mieux les hordes de managers et autres commerciaux qui saturent les industries existantes. Encore une fois, on a l'offre et la demande, si on voit les choses en termes de travail et de consommation et non pas en termes de produits disponibles et de demande solvable, en termes de "marché du travail" régit par la demande des financiers lesquels étudient la demande solvable de consommation.

Si on regarde par exemple la proposition de loi d'André-Jacques et de ses confrères, on voit que le débat public est impliqué à la fois dans l'expression de la demande de biens et services, et à la fois dans celle de travail.
Pour le deuxième aspect, il s'agit pour les gens, librement, de construire un projet, comme le fait un entrepreneur. Sans se soucier de la question des fonds. Le projet implique dès le départ la prise en compte des métiers, de leur organisation, ... car tout est chiffré en termes de besoins de financement. Pas de raison de planifier des sales boulots ingrats et mal payés, puisque d'une part, il n'y pas à mal payer les boulots manuels (le rêve de Boris Vian...), et d'autre part, on aura à l'évidence (je dirais, dès les premières années, en priorité) des projets ambitieux permettant de remplacer ces taches par des machines. Par ailleurs, il n'est pas impératif de tenir le budget, l'important est plutôt que le service proposé soit rendu au mieux. Ce budget est réactualisé ensuite, ce qui permet de débattre s'il vaut mieux remettre des fonds et poursuivre, améliorer ceci ou cela, y compris dans les conditions de travail, je suppose : en particulier, investir dans une machine car un des salariés souffre de son boulot et veut d'ailleurs s'en aller.

Tu me diras, s'il n'y a pas assez de place de psys, ça ne change rien à mon soucis, si je tiens à exercer comme psy. C'est vrai, mais il ne faudrait pas oublier une chose : si beaucoup de gens font aujourd'hui un boulot qui les rend malheureux, ce n'est pas tant qu'ils ne savent faire qu'une chose ou deux, et qu'ils n'ont pas trouvé. C'est bien plutôt que tout ce qu'on leur propose ne leur convient pas, et qu'en même temps, pour tout ce qui leur conviendrait, on ne les prend(rait) pas ou bien ils n'en vivraient pas. Je crois que ça change beaucoup de choses.

Dernière modification par sam17 (27-01-2007 23:05:14)

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#51 27-01-2007 23:28:36

sam17
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Message n°2360
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

André-Jacques,

je connais ton texte (2358), pour cause. Mais je ne parlais pas de ça. Ce que j'évoquais, c'est "comment s'établiraient les débats publics, s'agissant de décider : les besoins de biens et services (pas du total de la monnaie à créer ou détruire) ; qui souhaite et peut travailler où ?

La partie monétaire et bancaire de ta proposition m'est plutôt familière. La Cour des comptes, passons. Quant au conseil économique et social, pour moi, ça n'est que l'organe qui centralise l'évaluation des besoins et offres de projets exprimés par le débat démocratique - au niveau local, en bonne part -, évalue (non pas décide) les besoins de monnaie, la répartition, et travaille avec le gouvernement pour articuler ça dans le cadre de projets d'ensemble promis par le gouvernement, ... Bref, nous sommes à une autre échelle.

"le Conseil favorise la collaboration des différentes catégories professionnelles entre elles et assure leur participation à la politique économique et sociale du Gouvernement."
Oui, avec le genre de bémol que tu sais. Ne tombons pas dans la dérive d'une planification centralisée et d'une mise à disposition des travailleurs essentiellement aux projets d'un gouvernement. L'essentiel est que les pouvoirs pulics puissent prévoir en avance combien de monnaie il faut. Or, cela n'implique pas une politique d'emploi directive et centralisée. Il me semble qu'il faudrait d'emblée ajouter dans ce chapitre les éléments constitutionnels mis en jeu dans votre proposition de loi pour l'ECS. A savoir, les principaux mécanismes qui permettent (garantissent) une expression démocratique des besoins (référendum locaux et nationaux) ainsi que des projets d'entreprises proposés (implication des mairies dans le vote des projets financés, ...) Tu ne peux pas ne mettre dans la constitution que la partie centralisée, donnant un pouvoir de planification au gouvernement et au CES, et ne laisser qu'à la loi le soin de définir les pouvoirs décentralisés. Sinon, qu'en est-il si ces lois ne sont pas adoptées, ou sont abrogées ensuite ? C'est cet ajout au même rang de norme qui évitera justement la dérive "socialiste", non ?

Dernière modification par sam17 (27-01-2007 23:32:48)

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#52 28-01-2007 00:20:36

Candide
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Message n°2361
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

AJH, Sam,

Merci d'avoir répondu à mes questions de néophyte en écosociétalisme, qui auraient effectivement été mieux à leur place sur le forum sociétal.

Je suis d'accord (je l'avais d'ailleurs envisagé dans mon message d'origine) que le problème que j'évoquais, qui est tout à fait réel aujourd'hui (même s'il est artificiellement entretenu pour les raisons de rentabilité évoquées par Sam), ne se poserait peut-être pas dans le contexte écosociétal dans lequel vous vous placez. Comme le résume bien Sam : « A vrai dire, je pense que cette situation serait encore deux fois plus marquée dans une "économie sociétaliste". Sauf que ce serait bien plus équilibré... avec la "demande". »


Je voulais juste signaler à Candide qu'à propos du point "si la société détermine (pardonnez-moi cet exemple idiot) qu'elle a besoin de 1000 fleuristes et que 5000 personnes considèrent en leur âme et conscience que ce métier répond à leur "droit des travailleurs à faire un travail dans lequel ils s'épanouissent", que fait-on ?", on est vraiment dans le détail de l'écosociétalisme.. mais enfin, pour répondre rapidement, c'est les besoins qui déterminent le nombre de fleuristes autorisés à s'installer dans une zone donnée.

OK, mais je ne parlais pas au niveau d'une zone (ce système est plus ou moins en vigueur aujourd'hui pour les pharmacies, je crois), car si une zone est saturée on peut toujours aller s'installer ailleurs, même si on s'écarte déjà dans ce cas de l'idéal dont parlait Sam (dans une partie de l'un de ses récents messages qu'il a effacée depuis ; merci Sam !  yikes), à savoir le souhait de la majorité des gens de ne pas être contraint de déménager pour pouvoir travailler. Non, je me plaçais bel et bien à l'échelle de la société qui compose un pays tout entier. Ce qui est un "simple" problème de mobilité au niveau des zones, devient un problème de chômage au niveau d'un pays...

Mais je ne veux surtout pas encombrer ce fil avec des questions qui n'y ont pas leur place. Aussi, si A-J peut m'indiquer l'endroit de son site où je trouverai la réponse à cette question, je me ferai un devoir et un plaisir d'aller la consulter.

Bien cordialement.

Candide


Si une nation espère pouvoir rester à la fois ignorante et libre, elle espère ce qui n'a jamais été possible et ne le sera jamais.
(Thomas Jefferson)

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#53 28-01-2007 06:32:54

Jacques Roman
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Message n°2362
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

1) La BCE et l'euro  - 2) L'argent, c'est du temps

1) Voici les dispositions pertinentes du projet CIPUNCE Rév. 13 de constitution de la Confédération européenne (actuellement offert à l'acceptation sur www.cipunce.net ) en rapport avec la BCE :

"Article [49] : Attributions et fonctionnement

"1.  La BCE fixe la politique monétaire de la Confédération en conformant son action aux orientations politiques et économiques données par les institutions et organes confédéraux compétents.

"2.  Le Système de banques centrales est dirigé par les organes décisionnels de la Banque centrale.  Son objectif général est de maintenir la stabilité des prix tout en soutenant les politiques économiques confédérales.

"3.  L’Eurosystème est chargé de conduire la politique monétaire confédérale."

2) Puisque nous en sommes ici à des considérations générales, il me semble que nous sommes tous victimes, plus ou moins, du proverbe "Le temps, c'est de l'argent" (si je me répète, excusez-moi - j'ai déjà dit ça mais je ne sais plus où).

Il faut partir du principe contraire "l'argent, c'est du temps" , et bien se rendre compte que, par conséquent,  redistribuer de l'argent, c'est redistribuer le temps - ou plus exactement l'usage du temps limité dont on dispose.  Car c'est bien là la question : le temps nous est  à peu près exactement compté, alors que l'argent est imprimable à volonté : on peut me donner tout de suite un million d'assignats... mais pas une seconde de plus.

Ce qui est en cause, c'est donc l'effet de la circulation de l'argent sur l'emploi du temps limité dont dispose une population donnée.  Par exemple, le versement de 30 % d'intérêts aux actionnaires d'une banque se traduira davantage en temps consacré à la fabrication de jaguars et au maintien d'hôtels de luxe, alors que les transferts à l'État au titre des prélèvement sociaux iront davantage à la guérison du SIDA. 

Il doit y avoir des conséquences  plus concrètes à tirer de cette constatation - à moins qu'elle soit trop simpliste ?  Ma mauvaise connaissance de l'économie m'empêche d'arriver à une idée à la fois suffisamment générale et précise : si nous avions une sorte de jeu de monopoly perfectionné pour se représenter la situation schématiquement, ça aiderait.  JR

Dernière modification par Jacques Roman (28-01-2007 10:07:48)

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#54 28-01-2007 09:08:32

sam17
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Message n°2363
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Ne pas être contraint de déménager pour pouvoir travailler

Candide,

j'ai effacé ce passage ? C'était involontaire. Tu as raison, c'est important. En fait nous avons discuté récemment de ça avec AJH, dans le cadre de la proposition sur l'Espace Complémentaire Sociétal  (http://www.societal.org/docs/EMS-dev.pdf). Pour tout dire, "mon amendement" a été reçu, approuvé, et pris en compte dans la version de la proposition mise en ligne.

Dans mon message n°2360, tu peux voir que j'évoque un "bémol", et que j'en tire des conclusions. Cela concerne aussi le sujet que tu évoques, et plus largement, cela vise à généraliser le mécanisme - démocratique - de décision proposé pour le cas de l'ECS, et ainsi, à garantir que celui qui a pour rôle de battre la monnaie, au plan national, n'ait pas en même temps le pouvoir (exclusif) de décider lui-même de son usage, donc de planifier la production de manière centralisée, et que soient financées des politiques (décidées au plan local notamment) prenant en compte directement ou non "l'offre de travail" (financement de "libres entreprises") - voir plus en détails la proposition de loi citée.

Ce sujet mérite discussion. Soit sur le forum d'AJH, soit déjà ici, sur le volet "EMS" : je pense que ce serait bien de commencer par discuter des aspects démocratiques, géographiques, "offre / demande", ..., de la prise de décision déjà dans le cadre d'un espace sociétal complémentaire à une économie de marché classique, puis éventuellement, en imaginant une généralisation de cette manière de décider ensemble des politiques économiques.

Dernière modification par sam17 (28-01-2007 09:10:25)

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#55 28-01-2007 09:37:14

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Pour une loi donnant aux États le contrôle d’une monnaie publique sans intérêts.
Constituons des collectifs  « Libérer la Monnaie »


Un appel important, lancé le 1er janvier 2007 par Alain Vidal, à relayer partout parmi la population :

Message aux parlementaires :

Privilèges hérités de l’Ancien Régime, les intérêts sur la monnaie privée perçus par les banques doivent être abolis.

Pour une loi donnant aux États le contrôle d’une monnaie publique sans intérêts

Chaque jour, à cause des intérêts qui réduisent le pouvoir d’achat, des commerçants déposent leur bilan, des paysans vendent leur ferme, des gens se retrouvent au chômage, des hôpitaux, des écoles, ne sont pas construits, des étudiants arrêtent leurs études, des familles ne partent plus en vacances, des gens se retrouvent à la rue…

Payons le travail des banquiers, mais pas les intérêts.
Sans production de biens et de services, la monnaie ne serait rien, n’aurait aucune utilité,  aucune valeur.
L’ennui, c’est que les banquiers confondent la monnaie avec les richesses produites à l’extérieur des banques.
L'argent n'est qu’un permis d’acheter, une représentation chiffrée, sur ordinateur, des biens et des services.
Les marchandises commercialisées n’appartiennent pas aux banquiers,
ils n’ont donc pas à  en prélever des intérêts.
Seul le capital emprunté devrait être remboursé.
C’est à l’État de contrôler ce bien public qu’est la monnaie.

Les intérêts pris par les banquiers, provoquent une pénurie d’argent chez les consommateurs.
La monnaie sans intérêts, c’est la garantie d’un pouvoir d’achat correspondant aux biens et aux services produits dans le pays.

Pour qu’une production soit vendue il faut et il suffit qu’elle soit achetée.
Pour qu’elle soit achetée, il faut et il suffit  que la quantité de  monnaie en circulation soit égale à la valeur de la production.

Aux USA, en 1861, l’État reprit le contrôle de l’émission et de la circulation d’une monnaie sans intérêts.
La production agricole et industrielle redémarra, le chômage disparut.
En 1865, après l’assassinat du président Lincoln, les banques privées imposèrent de nouveau une monnaie avec intérêts.
En dix ans, le pouvoir d’achat chutant de moitié, il y eut 55 000 faillites avec tout un cortège de chômage et de misère..
Logique, car les banquiers, avec les intérêts, prenaient la moitié de l’argent que les gens gagnaient en travaillant.

Une idée reçue à combattre : seuls ceux qui empruntent paieraient des intérêts, et bien non !
Quand nous achetons un bien ou un service, nous payons toujours une part d’intérêts intégrés au prix.  En effet, les intérêts liés aux prêts pour investissements sont répercutés dans tous les prix, jusqu’aux consommateurs.
Tous, nous payons des intérêts, directement ou indirectement… Même un SDF qui achète du pain.
Résultat, des gens s’appauvrissent, même en travaillant.

Une heure pour faire un gâteau au chocolat, seulement 10 secondes pour créer 1 milliard d’euros.
La création d’argent, ça ne coûte quasiment rien en terme de travail réel.
Par contre, pour payer les intérêts, vous devrez travailler,  produire un bien ou un service dont la valeur ira au banquier.
Quand les banques privées contrôlent la monnaie, le pouvoir d’achat est réduit de 33% par les intérêts.

Plus un pays produit de richesses, plus il s’endette, car les nouvelles marchandises ne seront achetées que par de l’argent d’endettement, puisque créé avec intérêts par les banquiers.

Conséquences : l’argent payant nous force à produire toujours plus, dévastant la planète et répandant la misère.

Dans une économie de marché, il est normal de rembourser le capital en travaillant, et de payer le service bancaire.
Par contre l’intérêt, véritable racket, doit  être aboli.

Les intérêts représentent, en moyenne, 33%  du prix hors taxes des biens et services que nous consommons. 200 milliards €, pour de simples lignes d’écriture sur ordinateur, c’est l’équivalent de 75% du budget de la France ! Sans les intérêts, en conservant le même pouvoir d’achat, nous pourrions travailler un tiers de temps en moins !

Comme à Nantes, constituons des collectifs  « Libérer la Monnaie »Dans les quartiers, les entreprises, sur la place publique, devant les banques, agissons
pour une  loi donnant aux États le contrôle d’une monnaie publique sans intérêts,
une monnaie dont la valeur totale serait égale à celle des biens et services produits.

Contact et envoi des signatures de soutien à la proposition de loi :
Alain Vidal, 5 avenue Louis Vasseur 44000 Nantes
vidal.mothes@wanadoo.fr

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#56 28-01-2007 09:42:46

sam17
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

"L'argent, c'est du temps"

Oui, si l'on considère l'intérêt considérable qu'il y a à lire les 50 pages du document "Incursion dans un domaine trop réservé" : http://www.attac78nord.org/rubrique.php3?id_rubrique=37 pour comprendre ce qu'est la monnaie, ce qu'on en a fait et ce qu'on pourrait en faire.

Si l'on considère - puisqu'en économie on en revient toujours à un problème de partage - que les travaux les plus pénibles, dégradants, aliénants, devraient être les mieux rémunérés, plus exactement ceux dans lesquels le temps de travail devrait être limité.

Si l'on considère le nombre inquiétant de chômeurs, et le fait que 25% des actifs sont directement touchés par la chômage, alors qu'on nous dit qu'il faut travailler plus, en une semaine, en une année, en une vie.

Si on considère un point central dans la manière dont s'organise le grand pillage moderne depuis deux décennies, à savoir que tous les gains de productivité sont captés par les rentiers (actionnaires et banquiers). Alors que, comme le rappelle Candide, il y a nombre de travaux pénibles, dégradants, qui sont maintenus ; alors qu'il est essentiel que le progrès se traduise par une suppression progressive de ces travaux et leur remplacement par l'oeuvre de machines, dont la production nécessite des politiques cohérentes et concertées de financement et d'évolution des métiers demandés : surcroît de travail en recherche, développement, ingénierie, technique, ..., transfert d'une partie des commerciaux et managers sur-saturant les industries existantes, vers ces nouvelles industries.

Le temps (de travail), mettons. L'important c'est, comme pour la monnaie, qui décide de sa distribution, et pour quoi faire. Et qu'est-ce qu'on produit, donc qu'est-ce qu'on consomme dans ses temps libres ? La pauvreté intellectuelle, plus exactement l'absence de réflexions nouvelles sur l'avenir dans les médias de masse, ce n'est pas le sympôme le moins écoeurant de notre société de consommation.

On a vu se multiplier les critiques de Marx, disant qu'il traîne une énorme contradiction, en voulant (annonçant) d'un côté une société libérée du travail, et en disant d'un autre que le travail est un besoin essentiel de l'humain. Mais il n'y a aucune contradiction, puisque pour Marx, le travail dont il faut se libérer est le travail aliénant, celui qu'on est contraint à faire pour le prix d'un revenu (de subsistance). Le vrai travail souhaitable, c'est celui qu'on fait de sa propre initiative, celui dont on juge par soi-même qu'il est utile, et que sa production nous fait nous sentir utile, ... Or, dans le contexte présent, c'est justement ce travail qu'on ne rémunère pas, ou presque.

Pour revenir à des considérations positives, n'oublions pas un point fondamental qui a été évoqué, et qui se situe à la base de la problématique constituant le titre de ce volet : la monnaie, il faut la créer avant la production qu'elle permet d'échanger, et celui qui dispose de la monnaie est celui qui a le pouvoir de décider de la production qu'elle financera.

Dernière modification par sam17 (28-01-2007 09:51:55)

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#57 28-01-2007 10:15:33

Jacques Roman
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Message n°2366
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Un nouveau jeu de "monopoly"

J'ai modifié mon message 2362 sur "l'argent, c'est du temps" sans me rendre compte qu'on y avait déjà répondu, pour suggérer que quelqu'un nous fabrique un jeu style "monopoly" qui aiderait des gens comme moi à comprendre concrètement la circulation de l'argent. 

En attendant j'irai voir le  http://www.attac78nord.org/rubrique.php3?id_rubrique=37 recommandé par Sam.  JR

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#58 28-01-2007 11:01:09

sam17
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

La BCE et l'euro - les BC, les banques, le Trésor, l'Euro et les autres monnaies

Jacques,

Je conteste plusieurs choses dans votre chapitre (n°2362). En particulier, tout l'alinéa :

"2. Le Système de banques centrales est dirigé par les organes décisionnels de la Banque centrale. Son objectif général est de maintenir la stabilité des prix tout en soutenant les politiques économiques confédérales."

1) Je ne suis pas d'accord pour inclure "maintenir la stabilité des prix" parmi les objectifs, même combiné avec d'autres.

2) Je ne suis pas d'accord non plus pour que "les politiques économiques" de même que la décision de répartition de la monnaie créée soient effectués exclusivement au niveau confédéral.

Ne perdons pas patience, il s'agit de choses fondamentales. Et en tant que "constituant virtuel", et quel que soient les jalons définis pour le CIPUNCE (il n'est jamais trop tard pour bien faire), vous n'êtes sans doute pas contre l'idée que les constituants s'encadrent de conseils (parmi ceux qu'ils peuvent avoir sous la main). Je vais essayer de limiter l'argumentaire, et de passer à des propositions directes de remplacements.

Pour le point 1), je souhaiterais d'abord rappeler les mesures constitutionnelles que l'on trouve dans les constitutions des USA et du Canada. Du moins, avant qu'elles aient été rendues caduques (sans être pour autant réécrites). Je pense qu'il faut revenir un peu sur Terre, et ne pas imaginer que les "socétalistes" proposent des choses qui auraient de tous temps été considérées comme révolutionnaires. Même si nous avons les ("prix Nobel" d'économie) dits "monétaristes" qui proposent les mêmes mesures fondamentales, il est bon de revenir un peu sur le roc des siècles passés...

Pour le point 2) il nous faut considérer plusieurs aspects.
- Tout d'abord, découlant du point 1), le fait que le pouvoir décisionnaire confédéral ne devrait pas excéder en proportion la proportion du budget confédéral (de l'UE) dans la somme des budgets publics de la confédération, à savoir celui, cumulé, des Etats-membres et de l'UE. Plus généralement, si on considère une perspective "sociétaliste" (ou plus classique, devrait-on dire), la proportionnalité devrait être définie par rapport à la distribution entre UE, Etats-membres (pas simplement de l'Eurogroupe), les régions, les collectivités locales, ... de la planification des financements contrôlée par les pouvoirs publics, au sens large.
  Qu'on craigne le retour à l'économie bolchevique ou le maintient de celle, tout aussi centralisée, dirigée par les principaux actionnaires des principales banques, le problème est en partie le même : celui de la répartition du pouvoir de contrôle de la création monétaire et de son affectation. De toutes manières, il faut savoir ce qu'on veut, si l'Europe est un Etat, un Etat fédéral, une confédération d'Etats, voire de nations... Et être cohérents avec cette décison de base, s'agissant de distribuer le contrôle de la monnaie.
- Ensuite, il faut considérer la présence ou l'absence d'harmonisation fiscale dans l'UE. On ne peut pas centraliser la politique monétaire sans faire l'harmonisation fiscale. Il faut également savoir de quels types d'impôt on parle, et considérer globalement l'harmonisation. Vous voyez par exemple qu'au présent, les TVA sont harmonisées, pas le reste (rien d'étonnant).
- Enfin, il y a la question de savoir si l'UE doit être la monnaie unique des Etats membres de l'Eurogroupe ou si elle doit simplement être leur monnaie commune. Ca change énormément de choses, notamment la répartition du contrôle de la monnaie (selon celles des monnaies d'Etats, ou régionales, ou "sectorielles", ou autres monnaies parallèles ayant cours forcé - étant échangeables contre l'euro). Cela pose déjà la question du parti pris éventuel dans le début de l'alinéa : le réseau de BC des Etats membres est dirigé par les organes décisionnels de la BCE. Cela me semble trop vague, et a priori bien trop centralisé.

Dernière modification par sam17 (28-01-2007 11:46:40)

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#59 28-01-2007 11:09:33

sam17
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Message n°2368
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Système monétaire et bancaire du Canada

Extraits de la Loi constitutionnelle du Canada de 1867, Article 106.

[...] le fonds consolidé de revenu du Canada [...] sera approprié par le parlement du Canada au service public.

Article 91. Autorité législative du parlement du Canada. […] l'autorité législative exclusive du parlement du Canada s'étend à toutes les matières tombant dans les catégories de sujets ci-dessous énumérés, savoir :
- la dette et la propriété publiques ;
- la réglementation du trafic et du commerce ;
- l'assurance-chômage [depuis 1940] ;
- le prélèvement de deniers par tous modes ou systèmes de taxation ;
- l'emprunt de deniers sur le crédit public ; [...]
- le recensement et les statistiques ; […]
- le cours monétaire et le monnayage ;
- les banques, l'incorporation des banques et l'émission du papier-monnaie ;
- les caisses d'épargne ;
- les poids et mesures ;
- les lettres de change et les billets promissoires ;
- l'intérêt de l'argent ;
- les offres légales ;
- la banqueroute et la faillite ;
- les brevets d'invention et de découverte ;
- les droits d'auteur ; […]"

http://www.bankofcanada.ca/fr/bref/qui.html

Le 31 juillet 1933, le Parlement mit sur pied la Commission royale sur la banque et la monnaie au Canada. La Commission Macmillan, du nom de son président, le très honorable Lord Macmillan, c.r., eut pour mandat d'étudier le fonctionnement du système bancaire et monétaire canadien et d'examiner les dispositions de la Loi sur les banques. Elle fut aussi appelée à se pencher sur la possibilité de fonder une banque centrale.

La Commission Macmillan fut créée peu de temps avant que n'expirent les chartes des banques canadiennes, que le Parlement était chargé de revoir et de renouveler chaque décennie depuis 1871, année d'adoption de la Loi sur les banques. C'était aussi l'occasion pour le Parlement de modifier le code bancaire national. En 1933, celui-ci jugea qu'il était devenu nécessaire d'examiner la structure financière existante et ses mécanismes en vue de répondre aux questions soulevées par la Grande Dépression et la conjoncture économique internationale, ainsi que d'orienter l'avenir économique du pays.



En tant que banque centrale du pays, la Banque du Canada a quatre grands domaines de responsabilité.

Politique monétaire
La politique monétaire a pour objet de contribuer à la bonne tenue de l'économie et à l'amélioration du niveau de vie des Canadiens et des Canadiennes. Pour parvenir à ce résultat, la Banque maintient l'inflation à un taux bas, stable et prévisible.

Monnaie
La Banque est responsable de l'émission, de la conception, de la distribution et du remplacement des billets de banque canadiens. Elle veille également à ce qu'ils soient à l'épreuve de la contrefaçon.

Système financier
La Banque s'emploie activement à favoriser la fiabilité, la solidité et l'efficience du système financier au Canada et dans le monde.

Gestion financière
La Banque assure des services de gestion financière de grande qualité, efficaces et efficients, à titre d'agent financier du gouvernement, ainsi que pour son propre compte et pour celui d'autres clients.



La Banque du Canada a été fondée en 1934 sous la forme d'une société privée. Depuis 1938, elle est une société d'État qui appartient au gouvernement fédéral. La totalité des actions de la Banque sont émises au nom du ministre des Finances. En définitive, la Banque est la propriété des citoyens canadiens.

La Banque n'est pas un ministère du gouvernement fédéral. Elle mène ses activités avec beaucoup d'indépendance par rapport à la plupart des autres organismes fédéraux [??] En voici des exemples :
    * Le gouverneur et le premier sous-gouverneur sont nommés par le Conseil d'administration de la Banque (avec l'approbation du Cabinet), et non par le gouvernement fédéral.
    * Le sous-ministre des Finances siège au Conseil d'administration de la Banque, mais sans droit de vote.
    * Les dépenses de la Banque sont examinées par son Conseil d'administration, alors que celles des ministères fédéraux sont soumises au Conseil du Trésor.

    * Les ressources humaines sont gérées par la Banque elle-même et non par un organisme fédéral.
    * La vérification des comptes de la Banque n'est pas effectuée par le vérificateur général du Canada, mais plutôt par des vérificateurs externes nommés par le Cabinet sur recommandation du ministre des Finances.

(Sans commentaires.)

Dernière modification par sam17 (28-01-2007 11:18:31)

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#60 28-01-2007 11:24:46

sam17
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Message n°2369
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Système monétaire et bancaire aux USA

Extrait de la Constitution des USA, article I, section 8 :

Le Congrès aura le pouvoir :
- de lever et de percevoir des taxes, droits, impôts et excises, de payer les dettes […]
- de faire des emprunts sur le crédit des États-Unis ;
- de réglementer le commerce avec les nations étrangères […] ;
- de battre monnaie, d'en déterminer la valeur [au plan national et relativement à - trad. pers. (*) ] celle des monnaies étrangères, et de fixer l'étalon des poids et mesures ;
- d'assurer la répression de la contrefaçon des effets et de la monnaie en cours aux Etats-Unis […]
(*) To coin money, regulate the value thereof, and of foreign coin.

Manifestement, l'essentiel de ces compétences ont été (là aussi) déléguées à la Federal Reserve, en 1913.
Et la Fed se vante bien évidemment de son indépendance par rapport au gouvernement. Quant au congrès, on se demande s'il existe dans la décision.

Dans le "Code of Federal Regulations", Titre 12, articles 201-3 et 4, si j'ai bien compris, il est indiqué que la Fed n’a aucune obligation d’accorder les prêts demandés par/pour les institutions, elle a le droit de demander toute justification pour s’assurer de la « solvabilité » de ces institutions, après quoi elle juge souverainement de l’opportunité d’accorder le crédit...

Et si le crédit est reporté, les taux d'intérêts augmentent... Quels taux d'intérêts ? Versés à qui ?

Autre règle de la Fed des USA : « Après que toutes les dépenses nécessaires d'une banque de réserve fédérale aient été payées ou fournies, les actionnaires de la banque seront autorisés à recevoir un dividende annuel de 6 pour cent sur le capital social versé. »   
Ah, la BC a des actionnaires ?? Pour quoi faire ?

Bien sûr, deux fois par an, la Fed fait son rapport au Congrès. On connaît ça, la politique du fait accompli où l'expert-délégué rend des comptes six mois plus tard - quand tout se passe bien - à ceux là mêmes qui sont supposés exercer le pouvoir transféré. (Et s'ils avaient fait des promesses électorales, ils se débrouilleront bien pour mentir encore une fois aux électeurs, sans doute... par omission.)

Dernière modification par sam17 (28-01-2007 11:49:43)

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#61 28-01-2007 19:54:06

Candide
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Message n°2371
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour à tous,

2) Puisque nous en sommes ici à des considérations générales, il me semble que nous sommes tous victimes, plus ou moins, du proverbe "Le temps, c'est de l'argent" (si je me répète, excusez-moi - j'ai déjà dit ça mais je ne sais plus où).

Disons plutôt que nous sommes victimes de la lecture unidirectionnelle de ce puissant proverbe. En effet, il est parfaitement vrai que le temps c'est de l'argent. Cela dit, il ne faut pas oublier qu'une égalité (x = y) peut se lire dans les deux sens, et Jacques a immensément raison de poursuivre...

Il faut partir du principe contraire "l'argent, c'est du temps" , et bien se rendre compte que, par conséquent,  redistribuer de l'argent, c'est redistribuer le temps - ou plus exactement l'usage du temps limité dont on dispose.  Car c'est bien là la question : le temps nous est  à peu près exactement compté, alors que l'argent est imprimable à volonté : on peut me donner tout de suite un million d'assignats... mais pas une seconde de plus.

Ça, de même que tout ce qui a été dit sur ce sujet récemment, ça me touche énormément, en tant que personne qui, comme la plupart d'entre nous, doit ou aimerait faire tellement de choses dans une journée qu'elle regrette que les journées ne comptent pas 2 fois plus d'heures. Quant à la formule que j'ai mise en gras, elle mérite d'être intégrée directement dans le "best of" des citations qu'Étienne gère quelque part sur son site...

Bien cordialement,

Candide


Si une nation espère pouvoir rester à la fois ignorante et libre, elle espère ce qui n'a jamais été possible et ne le sera jamais.
(Thomas Jefferson)

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#62 28-01-2007 20:02:58

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour cher Candide, plaisir de vous retrouver hmm

Le "best of des citations", c'est la page "En vrac" ?
Je l'aime bien, celle-là : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/En_Vrac.htm hmm

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#63 30-01-2007 06:05:09

Jacques Roman
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Message n°2374
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Constitution/Banque centrale européenne

Sam (2367).

Entre votre message et la présente réponse, j'ai reparcouru le présent forum, et ce qui était pourtant clair dès le début vient seulement de m'apparaître : nous parlons ici de politiques, pas de règles constitutionnelles.

Je propose donc aux participants CIPUNCE qui ont accepté mon avant-projet Rév. 13 comme base de travail (deux : c'est un bon début, il n'en reste plus que 48 à venir, et quand même encore plus de 24 heures pour ce faire...) de modifier comme suit les dispositions relatives à la BCE :

"Chapitre IX
"La Banque centrale de la Confédération européenne

"Article [48] : Statut.  La Banque centrale de la Confédération européenne, institution confédérale, a la capacité juridique requise pour lui permettre d’exercer les pouvoirs qui lui sont assignés par la Constitution et les lois organiques.  Elle est autonome dans la gestion de ses finances sous réserve de l’article [49-1] de la Constitution.

"Article [49] : Attributions et fonctionnement

"1.  La BCE gère la politique monétaire de la Confédération en conformant son action aux orientations politiques et économiques données par les institutions et organes confédéraux compétents.

"2.  La Banque centrale peut prendre des règlements.

"Article [50] : Modalités diverses.  La loi organique précise le statut, les attributions et les modalités de fonctionnement de la Banque centrale."

De cette manière, les questions de politiques sont renvoyées au débat législatif et intergouvernemental ordinaire.  La loi organique, dans l'avant-projet CIPUNCE Rév. 13, exige d'être non seulement débattue par le Parlement européen, mais approuvée par tous les États membres - qui devront donc faire application de leurs règles constitutionnelles respectives.  JR

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#64 04-02-2007 15:07:51

sam17
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Message n°2381
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Jacques,

Il ne s'agit pas de parler de politiques, sauf - par soucis d'éclairer les débats - pour montrer que :
- dans le régime actuel seules des politiques monétaires néolibérales sont rendues possibles ;
- dans le régime qu'on peut souhaiter, toutes les politiques monétaires doivent pouvoir être pratiquées (en particulier, changer le régime actuel ne doit pas imposer une politique monétaire socialiste et centralisée).

Si vous trouviez normal qu'un régime dans lequel la création monétaire est une pure nécessité (en proportion de la croissance) rende toute nouvelle monnaie payante pour l'Etat et autorise à des particuliers à la lui vendre, c'est une chose. Si par contre, tout en admettant la pertinence de cette problématique, vous considériez que ce choix relève d'une loi, fut-elle organique, ou de règlements, ç'en est une autre. Que je sache, le choix de l'abolition des privilèges, de l'égalité en droits, relève de la constitution, voire même de la Charte. Voilà pour la problématique constitutionnelle essentielle de ce volet. Ce n'est pas bien compliqué de la cerner. Libre à chacun, par contre, de commencer par juger si elle est pertinente.

La constitution doit définir précisément à qui appartient le pouvoir de création monétaire et le contrôle de son affectation première. Cela concerne l'organisation des pouvoirs publics (distribution, séparation et contrôle des pouvoirs) ainsi que la répartition géographique de ces pouvoirs dans le cadre d'une confédération.

Cette définition ne peut pas être laissée au gré d'une majorité parlementaire en place, sans quoi cela revient à laisser ces parlementaires modifier eux-mêmes ce qui relève de la constitution, de l'organisation des pouvoirs publics (transférer eux-mêmes des pouvoirs publics). Pas non plus de loi organique. Lisez l'extrait de la constitution des USA ou du Canada, les choses y sont clairement tranchées.
(Comme par ailleurs cette vieille constitution n'a pas bénéficié des services éclairés d'Etienne... et mentionné noir sur blanc que le pouvoir constituant est protégé, séparé, ... et contrôlé par le référendum, il se trouve que la forfaiture qui a conduit à contourner l'article I section 8 de la constitution américaine depuis 1913 ne peut pas être ainsi nommée. J'ai pensé que cet exemple historique illustrait bien la nécessité d'accorder les clauses d'une constitution durable.)

Concernant le 2e point de mon message n°2367 :
- la constitution des USA spécifie : [pouvoirs du Congrès] de lever et de percevoir des taxes, droits, impôts et excises, de payer les dettes et pourvoir à la défense commune et à la prospérité générale des États-Unis ; mais lesdits droits, impôts et excises seront uniformes dans toute l'étendue des États-Unis. La notion d'harmonisation fiscale (à travers un territoire pour lequel le contrôle de la monnaie est centralisé) est posée clairement. On ne choisit pas décemment de centraliser ce pouvoir sans associer ce choix à celui d'une harmonisation fiscale ; le choix de cette harmonisation doit être inscrit dans la constitution, ou bien alors il faut revenir sur une création monétaire nationale, indépendante ;
- puisque la création monétaire, comme la fiscalité, sont précisément ce qui finance l'organisation des pouvoirs publics (et les services publics), il me semble évident que se pose aussi la question d'une juste répartition du pouvoir monétaire dans une confédération qui ne produit qu'une part ifnime de redistribution à l'échelle confédérale, possède un budget confédéral minime, et unit des Etats membres aux PIB très différents. J'ai proposé quelque chose de concrêt en la matière, et encore une fois, ce n'est pas une proposition de loi : le pouvoir décisionnaire confédéral en matière de création monétaire et de choix de son affectation première ne devrait pas excéder en proportion la proportion du budget confédéral dans la somme des budgets publics de la confédération, à savoir celui, cumulé, des Etats-membres et de l'UE. Et la répartition de ce pouvoir entre chaque Etat-membre (voire entre régions, collectivités locales, ...) devrait être proportionnelle à leurs PIB respectifs (idéalement, à celui qu'ils auront l'année suivante).
La question de l'union monétaire ne change rien à ces deux problèmes de (re)distribution, au contraire, elle les crée, ce qui appelle des réponses, des garanties.

Dernière modification par sam17 (04-02-2007 15:29:52)

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#65 05-02-2007 06:08:45

Jacques Roman
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Message n°2389
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Principes constitutionnels monétaires

Sam (2381).

Concrètement, pourriez-vous rédiger les projets d'articles constitutionnels correspondants (pour la constitution européenne, pour la constitution nationale) ? JR

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#66 05-02-2007 12:06:56

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Jacques Roman (2389)

J'ai pour ma part fait une proposition sur le wiki :
Constitution nationale d'origine citoyenne AJH ; voir Titre supplémentaire B = Système monétaire et bancaire.

AJH


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
http://www.societal.org

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#67 22-02-2007 18:38:00

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour

Je voulais signaler l'ouverture du site "Les Faux Monnayeurs" http://www.fauxmonnayeurs.org ,
dans le droit fil de ce forum évidemment,
et la proposition "Espace Complémentaire Sociétal"  sur le site de campagne de José Bové http://www.unisavecbove.org/spip.php?article1052

Cordialement - AJH

Dernière modification par AJH (22-02-2007 18:41:47)


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
http://www.societal.org

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#68 11-05-2007 06:09:06

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Pierre Rosanvallon utilise l'exemple de l'indépendance de la Banque centrale allemande pour illustrer la recherche d'institutions indépendantes pour se protéger des abus de pouvoirs des exécutifs :

France Culture, l'éloge du savoir, vendredi 11 mai 2007 :

Les institutions de l'intérêt général : la démocratie du 21e siècle 9/14 (http://www.radiofrance.fr/chaines/franc … n_id=51664)

(il parle en ce moment même ; le lien ne sera valide que dans une heure hmm)

Il évoque des sources variées très intéressantes sur la monnaie. Le lien entre la stablilité de la monnaie et la substance même du contrat social est utile pour comprendre la détermination des allemands à conserver l'indépendance de leur banque centrale.

Toutes ses leçons sont passionnantes : voir les adresses sur ma page 'Liens et documents'.

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#69 12-05-2007 02:20:55

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

« La crise mondiale d’aujourd’hui
Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires »

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/m … s_1998.htm

Un article superbe de Maurice Allais dans Le Figaro des 12, 19 et 26 octobre 1998.
À lire et à étudier soigneusement, c’est un document important.
Pour l'imprimer, utiliser plutôt la version pdf.

D’autres extraits et d’autres résumés sur Maurice Allais,
sur le site du normand curieux (Le Drakkar Bleu Noir) :
http://www.drakkar-bleu-noir.info/article-797906.html
http://www.drakkar-bleu-noir.info/article-823383.html
http://www.drakkar-bleu-noir.info/article-797683.html


Voir également :

« Présentation de Maurice Allais »
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/P … Allais.htm 

Trois articles très utiles pour découvrir un grand homme, passionnant et incroyablement méconnu.

Les rebelles aux abus de pouvoir devraient sans doute connaître ce rigoureux et généreux vieux monsieur :
ses démonstrations seront salutaires pour confondre les grands voleurs qui nous dirigent.

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#70 15-06-2007 05:53:05

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

« L’ARNAQUE de la dette publique »
par André-Jacques Holbecq :
http://www.societal.org/docs/dette-publique.htm

Extrait de ce document dont les tableaux chiffrés sont passionnants (après un petit temps d'adaptation pour se mettre dans le bain) :

« (…) Entre 1980 et 2006, la dette a augmenté de 913 milliards d'euros, alors que nous avons payé 1 176 milliards d'euros d'intérêts. Si nous n'avions pas eu à emprunter ces 913 milliards d'euros sur les marchés monétaires, c'est-à-dire si nous avions pu créer notre monnaie, faire exactement ce qu'ont le droit de faire les banques privées, la dette qui était de 229 milliards d'euros début 1980 serait totalement remboursée et nous disposerions en plus d'un solde de trésorerie positif de 34 milliards d'euros.
(…)
Conclusion : 1 167 milliards d'euros d'intérêts payés pendant 27 ans, c'est à peu près
119 millions d'euros par jour (oui, par jour ! depuis 30 ans) que nous payons aux déjà plus riches qui d'ailleurs peuvent ainsi nous les reprêter à nouveau contre intérêt.

Et ces 43 milliards par an [de dette imposée à tous sans raison d'utilité publique] sont l'équivalent de 240 Airbus A350, ou de 3 porte-avions "Charles de Gaulle", ou de 40 000 belles villas sur la Côte d’Azur, ou de l'isolation (en comptant 10 000 euros par foyer) de 4 270 000 logements, ou un salaire net de 18 000 euros annuel, salaire médian en France, versé à 2 380 000 personnes... Mais vous pouvez trouver d'autres exemples !


Nous préconisons,
• soit, au niveau national : une reprise du droit de seigneuriage — droit régalien d'émettre la monnaie —, éventuellement par émission d'une monnaie complémentaire (voir ECS),

• soit, au niveau de la zone euro :

1 - Le gouverneur de la Banque Centrale Européenne (BCE) doit pouvoir être contraint à une émission monétaire centrale (sans intérêt) par une décision conjointe de la Commission ou du Conseil européen (c'est-à-dire les chefs d'État), ET des députés européens des pays de la zone euro.

2 - Les critères de Maastrischt doivent être revus, et spécifier désormais :

a) que les budgets des États doivent être équilibrés en "fonctionnement" + "amortissements". Nul État de la zone euro ne peut déroger à cette règle.

b) que les États peuvent financer leurs équipements (budget d'investissements) par un appel à création monétaire sans intérêt de la BCE. Néanmoins pour garder une égalité de traitement entre tous les États de la zone euro, les émissions monétaires seront réparties égalitairement au prorata de la population de chaque État.

Pour justifier cette nécessité, le lecteur doit savoir que, depuis 1973, la France ne crée plus de monnaie pour combler ses propres déficits, que ce soit en fonctionnement (salaires et retraites des fonctionnaires, loyers, etc.) ou en investissements pour son développement (écoles, routes, ponts, aéroports, ports, hopitaux, bibliothèques, etc.), mais qu’elle emprunte sur les marchés monétaire en émettant des obligations (bons du Trésor) sur lequel évidemment elle doit payer un intérêt à ceux qui souscrivent (40% du montant par des résidents, 60% par des non-résidents). Ceci a pour conséquence, comme nous l'avons vu plus haut, qu'au fil des années la dette s'alourdit d'un montant sensiblement égal au "déficit", qu'il faut couvrir par l'emprunt, c'est-à-dire par l'émission d'obligations nouvelles auprès du public et surtout des investisseurs institutionnels (assurances, banques, etc.).  »

Ne pas laisser ce sujet aux experts : ce n'est pas compliqué et notre liberté individuelle semble dépendre étroitement de notre sourcilleuse vigilance sur ce rouage essentiel de l'économie.

J'ai l'impression qu'André-Jacques Holbecq, avec la mise en lumière du privilège féodal des banques privées qui peuvent nous dominer tous à travers la création monétaire confisquée,  a identifié un problème majeur de l'espèce humaine, et que ce problème ne trouvera sa solution qu'à travers ma propre thèse : c'est à nous — nous qui n'avons pas besoin des banques "pour renouveler notre pouvoir" et qui sommes donc infiniment plus indépendants des banques que les politiciens professionnels — c'est à nous, donc, d'écrire nous-mêmes, au plus haut niveau du droit, les règles qui nous protègeront de l'asservissement économique enfin identifié et compris.

Ma thèse (juridique) renforce et complète la thèse (économique) d'André-Jacques, et réciproquement.

La thèse (philosophique) de Michel Onfray, — qui se bagarre pour rendre possible une philosophie populaire, un esprit critique appris dès le plus jeune âge par le plus grand nombre —, cette thèse est, elle aussi, complémentaire de nos propres thèses car une Constitution d'origine populaire — qui nous rendrait enfin notre souveraineté monétaire et l'abondance correspondante — ne pourra voir le jour que si elle est écrite, validée et défendue quotidiennement par une multitude rendue raisonnable par la réflexion. Je rêve, me direz-vous hmm Pourtant, tout ça devient très cohérent, je trouve.

Amicalement.

Étienne.

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#71 16-06-2007 09:12:40

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

« Pourquoi avons-nous besoin d’innovations monétaires ?
Trois erreurs courantes, trois conséquences probables, trois solutions possibles »


Un document passionnant de Margrit Kennedy, spécialiste des monnaies locales :
http://www.margritkennedy.de/pdf/BUE_FR … anzArt.pdf


Merci à Alex hmm qui nous l'a signalé sur le blog : Non, ce n'est pas "trop cher" : le financement des besoins collectifs est rendu sciemment ruineux par un sabordage monétaire étonnant, messages 49 et 67

Alex y écrit notamment :

C'est vrai que, tout de suite après le crach argentin, des monnaies locales ont été créées.

Elles ont servi aux populations pour survivre.
Ces monnaies avaient une architecture très simple, conçue en urgence, et n'avaient pas de facteur anticyclique, et donc étaient instables.

Aujourd'hui, il faut plutôt parler de monnaies complémentaires, à l'architecture très stable, qui intègrent des concepts très fonctionnels.

Un de ces concept est expliqué par Margrit Kennedy :

1.4. Des frais d’utilisation à la place des intérêts

Nous connaissons depuis le début du vingtième siècle une solution qui est non seulement incroyablement simple et élégante, mais aussi pratique et facile à comprendre. Elle a été découverte et publiée pour la première fois en 1916 par Silvio Gesell, un homme d’affaires germano-argentin. Son Ordre économique naturel est au capitalisme et au communisme ce qu’a été le changement dans notre perception du monde quand nous avons découvert que la Terre n’était pas plate mais sphérique et que le soleil ne tournait pas autour de la Terre mais vice versa (ce qui, soit dit en passant, est encore difficile à croire quand nous observons un coucher de soleil).

Au lieu d’imposer des intérêts pour assurer la circulation de la monnaie, Gesell propose une taxe comme « incitation à la circulation » ou, en anglais, « demurrage », limitant ainsi la monnaie à sa fonction de moyen d’échange et de réserve stable de valeur. Si vous avez plus d’argent que vous n’en avez besoin, vous l’apportez à la banque qui le prête, le remettant ainsi en circulation. Il n’y a alors pas de frais.

C'est essentiel de bien lire le textes importants et connaitres les meilleures idees.

Le monde académique aujourd'hui est paralysé par l'obscurantisme : si, au temp de Galilée, le prix Nobel avait existé, et s'il avait été décerné par l'église, on n'aurait pas eu de révolution copernicienne.

Aujourd'hui, la revolution copernicienne tarde parce que le prix Nobel d'economie est décerné par la banque de Suède !!

Nous voilà enchaînés à l'obscurantisme de la vision usuro-centrique avec tous les risque qui vont avec :

Les intérêts se comportent en fait comme un cancer à l’intérieur du système économique et donc également au sein de notre société, notre « organisme social ». Si nous étions capable de mettre en place un système monétaire qui corresponde à la courbe de croissance « naturelle », alors la croissance zéro ou la croissance qualitative, réclamée depuis si longtemps par les écologistes et les économistes, serait possible.

On s’est moqué de ces Albanais qui, dans les années 90, ont cru certains banquiers qui affirmaient qu’un soi-disant plan d’investissement pyramidal leur rapporterait des intérêts mensuels de 25 % et plus. À cause de l’augmentation exponentielle de l’argent investi, ceci était vrai, mais seulement à court terme. Toutefois, aussitôt que le taux d’augmentation des investissements commença à ralentir, le système s’effondra. Nous ne sommes pas fondamentalement plus malins, car quiconque accepte notre système monétaire actuel encourt précisément le même risque, bien que sur une plus longue période. Dans les pays à taux d’intérêt élevé, par exemple en Amérique latine, cet effondrement se produit environ tous les dix ou quinze ans. Dans les pays à taux d’intérêt peu élevé comme la Suisse ou l’Allemagne, cela se produit tous les quarante ou soixante ans. Un effondrement majeur arrive alors sous forme d’un krach financier, d’une révolution ou d’une guerre.

Un cancer donc. Il y a aujourd'hui, même sur ce blog, quelqu'un qui se vante de la croissance économique de la société occidentale.
Et bien, sa gloire est éphémère, éphémère comme la cellule cancérigène qui va bientôt mourir avec l'organisme qu'elle parasite.

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#72 16-06-2007 09:13:32

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

« Système monétaire et bancaire : proposition constitutionnelle N°1 »
par André-Jacques Holbecq :
http://www.fauxmonnayeurs.org/articles. … r&pg=6

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#73 18-06-2007 08:21:50

AJH
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour

"Ma" proposition institutionnelle spécifie, dans le cadre européen de la zone euro :

1 - Le gouverneur de la Banque Centrale Européenne (BCE) doit pouvoir être contraint à une émission monétaire centrale (sans intérêt) par une décision conjointe de la commission ou du conseil européen (c'est-à-dire les chefs d'État), ET des députés européens des pays de la zone euro.

Je reçois à l'instant un message de Sam17, qui exprime ainsi son avis:

Nooooon ! Par les députés, point.

Comme dans la constitution des USA.  C'est le Parlement qui vote le budget, l'impôt, ... et qui fixe le change (en théorie). La création monétaire va évidemment avec ces domaines de contrôle.

Un gouvernement, en ces matières, ça proposera toujours. Mais il faut que le Parlement dispose. Donc ni la Commission ni le Conseil (qui ne sont pas que des exécutifs, mais des instances tyranniques, jusqu'à nouvel ordre, dans le contexte institutionnel européen — et quand bien même).

La question qui se pose surtout à mon sens c'est celle de la part de décision des députés nationaux dans une configuration pas fédérale. Dans le contexte actuel, vu la répartition de la fiscalité / des budgets, je pense que la décision du volume de création et de son usage devrait appartenir essentiellement aux parlements nationaux. On avait parlé de proportionner ce pouvoir — volume — à la population du pays). Bien qu'il faille une instance européenne pour voter l'ensemble (du volume). De même que pour "tenir" la BCE et garantir le respect de ladite proportionnalité. Ajoutons une part d'attribution de la monnaie créée au prorata du budget européen par rapport à la somme des budgets publics nationaux + européen.

Qu'en pensez-vous ?

Pour ma part, je voudrais juste apporter une petite justification à ma proposition. En fait, je pars de l'état actuel (où l'UE est quand même gérée par la Commission et le Conseil) et je tente de proposer ce qui me paraît le plus facilement applicable.... Il n'y a que si le fonctionnement de l'UE changeait pour devenir un régime 100% parlementaire qu'il serait, à mon sens, possible de laisser tout pouvoir de décision au Parlement (concernant l'émission monétaire qui est ici notre sujet), lequel est en général plus "partisan" que ne l'est l'exécutif...

Ceci dit, c'est vrai qu'intellectuellement je suis pour un "exécutif fort" et préfère laisser à un Parlement un rôle prépondérant au niveau des propositions.

Pour tenir compte de l'objection (néanmoins intéressante ;-) ) de Sam17, je proposerais donc d'écrire:

1 - Le gouverneur de la Banque Centrale Européenne (BCE) doit pouvoir être contraint à une émission monétaire centrale (sans intérêt) par une décision  de la Commission OU du Conseil européen (c'est-à-dire les chefs d'État), OU des députés européens des pays de la zone euro.

Ajout 13 h 20 :Reste à proposer les majorités  pour le Conseil et le parlement ...

Dernière modification par AJH (18-06-2007 13:20:13)


L'utopie, c'est ce qui n'a pas encore été essayé (T. Monod)
http://www.societal.org

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#74 05-07-2007 03:34:15

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

André-Jacques a mis en ligne
un compteur en temps réel des intérêts payés depuis le 1er janvier 2007 sur la "dette publique"

http://www.societal.org/dette/interets.htm

C'est "parlant".

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#75 08-08-2007 04:18:40

Étienne
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

« Ou la propriété emportera la République, ou la République emportera la propriété »

par Pierre-Joseph Proudhon, à l’Assemblée nationale constituante, le 31 juillet 1848 :
http://www.assemblee-nationale.fr/histo … oudhon.asp

Un texte formidable… je l’ai déniché dans un livre passionnant : « les grands discours parlementaires du XIXe siècle – de Benjamin Constant à Adolphe Thiers » (chez Armand Colin), puis je l’ai trouvé sur le net pour vous le signaler in extenso. Je signale aussi que tous les livres de cette collection (il y en a cinq, en commençant par la Révolution : Mirabeau, Danton, Robespierre, Condorcet, Saint-Just, Talleyrand, Sieyès, Barnave…), tous sont enthousiasmants, pour comprendre la République et reprendre goût à la Démocratie.

« Le citoyen Proudhon : Citoyens représentants, vous êtes impatients, non pas de m'entendre, mais d'en finir. Le socialisme, depuis vingt ans, agite le peuple. Le socialisme a fait la révolution de Février : vos querelles parlementaires n'auraient pas ébranlé les masses. Le socialisme a figuré dans tous les actes de la révolution (…) C'est le socialisme qui a servi de bannière à la dernière insurrection ; ceux qui l'ont préparée et ceux qui l'exploitent avaient besoin, pour entraîner l'ouvrier, de cette grande cause. C'est avec le socialisme que vous voulez en finir, en le forçant de s'expliquer à cette tribune. Moi aussi, je veux en finir. Et puisque vous m'avez garanti la liberté de la parole, il ne tiendra pas à moi que nous en finissions avec le socialisme ou avec autre chose. (Rumeurs prolongées.)

J'avais écouté, avec l'attention qu'elles méritaient, les observations du comité des finances sur la proposition que j'ai eu l'honneur de vous soumettre ; J'ai lu, depuis, avec toute la diligence dont je suis capable, le rapport que vous avez entendu mercredi, et je déclare qu'après cette lecture je me crois plus fondé que jamais à insister sur l'adoption de mon projet. [...]

On a voulu écraser en moi, d'un seul coup, le socialisme, c'est-à-dire la protestation du prolétariat, et faire, par cette exécution, un pas de plus dans la voie réactionnaire. (Allons donc ! - Écoutez ! Écoutez ! - Laissez tout dire !)

La force du socialisme, sachez-le bien, ne tient pas au succès d'un individu. Mais, puisqu'on a fait d'une proposition financière une question de parti, je ne reculerai pas devant cette discussion ainsi élargie. Il sera prouvé aujourd'hui que ce sont les notabilités financières qui, depuis vingt ans, par leur ineptie, sont la cause de notre ruine. Grâce au comité des finances, le débat n'est point entre le citoyen Thiers et moi ; il est entre le travail et le privilège. [...]

Citoyens représentants,

La proposition qui vous est déférée n'est rien de moins, prenez-y garde, que la révolution de Février ; et ce que vous allez faire pour l'une, vous le ferez pour l'autre. Vous ne savez rien de ma proposition, pas plus que de la Révolution (Réclamations.), ni le principe, ni le but, ni les moyens. Le comité des finances, qui, par sa spécialité devait vous les faire connaître, ne vous en a rien dit. Tout ce qu'il a soupçonné de mon projet, c'est qu'il était quelque peu révolutionnaire. Est-ce que le comité des finances accueille les idées révolutionnaires ? est-ce que, dans cette révolution de Février, il voit autre chose qu'une surprise, un accident déplorable ? Pour moi, je suis de ceux qui prennent au sérieux cette révolution, et qui ont juré d'en poursuivre l'accomplissement. Vous m'excuserez donc, citoyens, si, pour expliquer ma proposition, je reprends les choses d'un peu haut. Je serai, d'ailleurs, dans ces prolégomènes extrêmement bref.

En 93, si la mémoire ne me trompe, au moment des plus grands dangers de la République, un impôt du tiers fut frappé sur le revenu. Je ne vous dirai pas comment fut établi cet impôt, comment il fut accueilli, ce qu'il rendit. Ce que je veux vous faire remarquer, et qui seul importe en ce moment, c'est qu'en 93 la propriété paya sa dette à la révolution. À cette époque, où il s'agissait d'être ou de n’être pas, la propriété, chose rare, fit un sacrifice au salut public : ce souvenir lui est resté comme un des plus atroces de ces jours immortels. Depuis lors, depuis cinquante-six ans, la propriété, je veux dire le revenu net, n'a contribué en rien à la chose publique. (Dénégations et rires.) Vous rirez après.

L'impôt établi sur le principe de la proportionnalité, sa seule base possible, a pesé constamment, de tout son poids, sur le travail. Le travail seul, je le répète à dessein, afin que l'on me contredise, le travail seul paye l'impôt comme il produit seul la richesse. La révolution de 1848 est arrivée. Ses dangers, ses angoisses, pour être d'une nature toute différente, ne sont pas moindres que ceux de 93. Il s'agit donc de savoir si la propriété, si le revenu net, en tant qu'il se spécialise et se sépare du produit brut, veut faire pour cette révolution QUELQUE CHOSE ! En 93, la révolution combattait contre le despotisme et contre l'étranger. En 1848, la révolution a pour ennemis le paupérisme, la division du peuple en deux catégories, ceux qui possèdent et ceux qui ne possèdent pas. L'objet de la révolution de Février s'est formulé tour à tour de différentes manières : extinction du paupérisme, organisation du travail, accord du travail et du capital, émancipation du prolétariat ; tout récemment, droit au travail ou garantie du travail. Cette formule du droit au travail ou de la garantie du travail, est celle que vous avez adoptée dans votre projet de Constitution, articles 2, 7 et 132, et que vous maintiendrez, je n'en doute pas. (Bruit.)

Acceptant donc la détermination ainsi faite de la question révolutionnaire, le droit au travail, j'arrive tout de suite à ma proposition, et je me demande : en quoi consiste le droit au travail, et comment est-il possible de le réaliser ? [...]

Le travail pourrait être garanti, si la production avait un débouché sans limites : voilà mon premier raisonnement. Je ne crois pas qu'à cet égard je rencontre de contradicteurs. Si le travail, pris dans sa collectivité, était continuellement plus demandé qu'offert, il est évident que la garantie du travail existerait ; elle n'aurait pas besoin des promesses de l'État ; elle ne compromettrait point la liberté ni l'ordre. À cela, point de difficulté. Qu'est-ce donc qui nous empêche d'avoir en nous-mêmes un pareil débouché ? La puissance de consommation, dans la société comme dans l'individu, est infinie ; et si la plus grosse fortune ne suffit jamais à un homme qui sait vivre, quelle pourrait donc être la consommation d'un pays où l'amour du bien-être, le goût du luxe, le raffinement des mœurs, sont poussés à un aussi haut degré qu'ils le sont parmi nous, si la faculté de consommer était donnée à ce pays dans fa mesure de ses besoins ? N'est-il pas évident que si, au lieu du produit chétif de 10 milliards, qui ne donne pas à chacun de nous 75 centimes par jour, il nous était permis de dépenser 100 milliards, 7 fr. 05 c. par jour et par tête, nous les dépenserions. (Mouvement.) Je ne dis pas que nous puissions en arriver là maintenant ; mais je dis que nous sommes capables de les dépenser. (On rit.)

Ce n'est donc pas, au fond, la volonté de consommer, par conséquent le débouché, qui manque ; c'est que la consommation est mal servie. Il y a quelque chose qui l'empêche, qui met sur elle l'interdit. Les magasins regorgent et la population est nue ; le commerce est stagnant et le peuple ne vit que de privations ! Tous, tant que nous sommes, nous voulons d'abord le bien-être et ensuite le luxe : nous produisons, autant qu'il est en nous, ce qu'il faut pour combler nos désirs ; les richesses sont là qui nous attendent, et nous restons pauvres ! Quel est donc ce mystère ?

Ce qui empêche la consommation, ce qui, par une conséquence nécessaire, met le veto sur le travail, c'est que la circulation des produits est entravée. Et la circulation est entravée :

1° Par l'emploi exclusif de l'or et de l'argent comme instruments d'échange :

2° Par le loyer, ou péage, qu'il faut payer pour s'en servir ;

3° Par l'assimilation qui a été faite de tous les capitaux et instruments de production, notamment du sol, à l'instrument de circulation, au numéraire, en sens qu'on a établi partout sur les instruments de travail, comme sur l'argent des péages, et qu’on a rendu, pour les détenteurs oisifs, des corps essentiellement inertes productifs d'intérêts ;

4° Enfin, par la fascination de l’or et la fureur du monopole, dont les effets sont que chacun, au lieu de produire pour jouir, et par conséquent de consommer dans la mesure de son travail, produit pour accumuler soit de l'or, soit des capitaux, et, au moyen de cette accumulation, s'exempter ensuite du travail, vivre sans produire, exploiter les travailleurs. [...]

Le peuple, plus avancé sur ce point que les économistes, commence à le comprendre ; la classe ouvrière a analysé la puissance secrète qui arrête la circulation, ferme le débouché, amène fatalement la stagnation et la grève. Aux yeux du prolétariat, les caisses d'épargne et de retraite sont le sauve qui peut de la société moderne. Les financiers ignorent ces choses-là, ou, s'ils les savent, ils les dissimulent ; il y va de leur privilège. Le problème consiste donc, pour moi, non pas à établir une communauté impossible, à décréter une égalité illibérale et prématurée ; il consiste à supprimer les péages de toute nature qui pèsent sur la production, la circulation et la consommation, suppression que j'exprime par la formule plus technique, plus financière, de gratuité du crédit. (Interruptions diverses.)

La gratuité du crédit, telle est, en langage économique, la traduction de ces deux mots, insérés dans le projet de Constitution, la garantie du travail. Or l'intérêt de l'argent étant la pierre angulaire du privilège et le régulateur de toutes les usures, j'entends par là de tous les revenus de capitaux, c'est donc par l'abaissement progressif de l'intérêt de l'argent qu'il faut procéder à la gratuité du crédit, à l'abolition des taxes qui entravent la circulation et produisent artificiellement la misère. Et c'est à quoi nous parviendrons bientôt en créant une banque nationale dont le capital pourrait être porté, je raisonne ici suivant les idées de la routine financière, à 1 ou 2 milliards, et qui ferait l'escompte et la commandite, dans les conditions voulues, mais sans intérêt, puisqu'il implique contradiction qu'une société bénéficie sur elle-même. Ayons donc une banque nationale, organisons le crédit public, et, à moins que nous ne voulions entretenir, faire perdurer à tout jamais le privilège et la misère, il est clair qu'avec cette banque nous aurons, les frais d'administration et de bureau réservés, l'escompte pour rien, le crédit pour rien, et finalement l'usage des maisons et de la terre pour rien. (Hilarité générale prolongée.)

Et quand nous serons arrivés là (Nouveaux rires.), le principe d'action du commerçant et de l'industriel étant changé, l’amour du bien-être, des jouissances effectives se substituant, comme mobile du travail, à l'ambition et à l'avarice, le fétichisme de l'or faisant place au réalisme de l’existence, l'épargne cédant la place à la mutualité, la formation des capitaux s’opérant par l'échange même, la consommation deviendra, comme la faculté de jouir, sans bornes. (Longue interruption. - rires et exclamations diverses.) Un débouché sans fond sera ouvert au producteur, et la garantie du travail, de fait comme de droit, existera. Tel est, en raccourci, en ce qui concerne la garantie du travail, mon plan de réalisation, et je doute qu'on en puisse trouver d'autre. (Ah ! ah !)

Je reconnais donc, et je n'éprouve pas la moindre peine à faire cette déclaration, je reconnais, j'affirme que la garantie du travail est incompatible avec le maintien des usures et péages établis sur la circulation et les instruments de travail, avec les droits seigneuriaux de la propriété. (Exclamations.)

Ceux qui prétendent le contraire peuvent se dire phalanstériens, girondins ou montagnards ; ils peuvent être de fort honnêtes gens et d'excellents citoyens : mais, à coup sûr, ils ne sont pas socialistes ; je dis plus, ils ne sont pas républicains. (Nouvelles exclamations.)

Car de même que l'égalité politique est incompatible avec la monarchie ou l'aristocratie, de même l'équilibre dans la circulation et dans l'échange, l'égalité entre la production et la consommation, en autres termes la garantie du travail, est incompatible avec la royauté de l'argent et l'aristocratie des capitaux. Et comme ces deux ordres d'idées sont essentiellement solidaires, il faut conclure encore que la propriété, le revenu net, qui n'existe que par la servitude, est impossible dans une République ; et que, de deux choses l’une, ou la propriété emportera la République, ou la République emportera la propriété. (On rit. - Vive agitation.)

Je regrette, citoyens, que ce que je dis vous fasse tant rire, parce que ce que je dis ici vous tuera. (« Oh ! Oh ! » - Nouveaux rires.) [...]

La révolution de Février, je le répète, n'a pas d'autre signification. (Chuchotements.) Abolir progressivement, et dans le plus court délai possible, tous ces droits du seigneur qui pressurent le travail, arrêtent la circulation et ferment le débouché ; par suite, et comme conséquence nécessaire, exciter une consommation insatiable, ouvrir un débouché sans fond, fonder sur une base indestructible la garantie du travail ; voilà, sans m'occuper des formes nouvelles d'une société ainsi établie, comment je conçois la possibilité de résoudre immédiatement, pratiquement, la question sociale. Voilà ce que j'appelle, improprement peut-être, abolir la propriété. Car, remarquons-le bien, ici point de dépossession, point d'expropriation, point de banqueroutes, pas de loi agraire, pas de communauté, pas d'intervention de l'État, pas d'atteinte à l'hérédité ni à la famille (Explosion de rires.) : annihilation du revenu net, par la concurrence de la banque nationale, c'est-à-dire la liberté, rien que la liberté. (Interruption.) [...]

Citoyens représentants, vous venez d'entendre ma profession de foi. Elle était nécessaire pour vous faire comprendre le sens de ma proposition et le rapport qui vous a été lu la rendait encore plus indispensable. On m'a accusé de dissimuler mes intentions, de n'oser dire ici ce que j'imprime depuis dix ans dans des brochures et des journaux. Vous m'êtes témoins aujourd'hui si je dissimule, si j'ai peur de dire à la face de la France ce que je crois, ce que je veux. Oui, je veux l'abolition de la propriété dans le sens que je viens de dire ; et c'est pour cela que, dans un article dénoncé à cette tribune, j'ai écrit cette phrase : La rente est un privilège gratuit, qu'il appartient à la société de révoquer. Mais, comme je l'ai fait observer, la révocation de ce privilège peut être subite et violente, telle, en un mot, que, dans l'exaltation de la colère, l'appelle un homme d'esprit, comme aussi elle peut être successive  et pacifique. Je vous demande aujourd'hui, comme représentant du peuple, obligé, à ce titre, de ménager tous les intérêts, d'ordonner que cette révocation soit faite avec toute la lenteur et les ménagements que peuvent souhaiter les positions acquises, avec toutes les garanties de sécurité que peuvent exiger les propriétaires (Rires ironiques.)

Et c'est à fin de pourvoir aux voies et moyens de cette révocation, et nullement pour passer à une exécution immédiate que je propose de créer temporairement un impôt spécial, l'impôt sur le revenu au moyen duquel le pays sortirait de la crise, travailleurs et maîtres reprendraient la position qu'ils occupaient avant la révolution ; la propriété dépréciée recouvrerait sa valeur ; le crédit public serait inauguré sur de nouvelles bases.

Voici donc [...] quel est le sens de ma proposition :

1° Dénonciation à la propriété, à la classe bourgeoise, du sens et du but de la révolution de Février ;

2° Mise en demeure, adressée à la propriété, de procéder à la liquidation sociale, et, entre-temps, de contribuer, pour sa part, à l'œuvre révolutionnaire ; les propriétaires rendus responsables des conséquences de leur refus, et sous toutes réserves. (Vive interruption.)

Plusieurs membres : Comment ! Sous toutes réserves ! Expliquez-vous !

Le citoyen Dupin (de la Nièvre) : C'est très clair ! La bourse ou la vie !

Voix nombreuses : Monsieur le président, faites expliquer l'orateur !

Monsieur le président : L'orateur entend la demande ; je l'invite à s'expliquer.

Le citoyen Proudhon : La réserve vient à la suite de la propriété. Elle signifie...

Plusieurs membres : Nous avons bien compris !

Le citoyen Proudhon : Elle signifie qu'en cas de refus nous procéderions nous-mêmes à la liquidation sans vous. (Violents murmures.)

Voix nombreuses : Qui, vous ? Qui êtes-vous?... (Agitation.)

Le citoyen Ernest de Girardin : Est-ce de la guillotine que vous voulez parler ? (Bruit. - Diverses interpellations sont adressées de plusieurs côtés à l'orateur.)

Le citoyen président : J'invite tout le monde au silence. L'orateur a la parole pour expliquer sa pensée.

Le citoyen Proudhon : Lorsque j'ai employé les deux pronoms vous et nous, il est évident que, dans ce moment-là, je m'identifiais, moi, avec le prolétariat, et que je vous identifiais, vous, avec la classe bourgeoise. (Nouvelles exclamations.)

Le citoyen de Saint-Priest : C'est la guerre sociale !

Un membre : C'est le 23 juin à la tribune !

Plusieurs voix : Laissez parler ! Écoutez ! Écoutez !

Le citoyen Proudhon, reprenant : Ce que j ai tenu à démontrer, par l'examen des moyens que je présente, c'est que ma proposition est aussi conservatrice des intérêts de la propriété, que décisive quant à l'objet même de la révolution. Ce qui fâche le plus dans mon projet, c'est que le résultat en est infaillible, c'est que rien de pareil ne s'est jamais vu en finances ; c'est surtout qu'il n'est point traduit ou imité de l'anglais10. On n'ose pas contester de manière absolue qu'un impôt sur le revenu soit injuste : on aurait contre soi les maîtres de la science, le vœu secret du fisc, l'exemple de l'Angleterre ; on aurait contre soi la conscience publique. [...]

C'est la première fois depuis que le vote de l'impôt est devenu la prérogative parlementaire, qu'on a vu accuser l'impôt de spoliation ! L'impôt sur le revenu une spoliation ! Que dire alors de l'impôt sur le travail ? Que c'est un assassinat !... [...]

Il suffit de montrer la chose, pour prouver à tout homme de bonne foi que cette propriété, dont on fait si ridiculement le palladium de la famille et de la civilisation, ne tient en réalité qu'à un fil, qui ne tardera pas à rompre, pour peu qu'on veuille encore le tendre. Nommer la banque nationale, c'est tuer d'un coup la propriété, sans raisonnement, sans phrase.

Une voix : C'est cela, la mort sans phrase !

Une autre voix : Au Moniteur le discours ! Son auteur à Charenton ! [...] »

Mon commentaire sur ce combat de Proudhon seul contre tous datant déjà de 1848 :

Pour info, « Charenton » est une ville hébergeant un asile de fous, au sud-est de Paris.

Pourtant, Proudhon était tout sauf fou. J’en veux pour preuve les démonstrations, rigoureuses et fortement défendues depuis cinquante ans, de notre « prix Nobel » Maurice Allais, que je lis en parallèle à Proudhon (et aux autres) et qui corroborent singulièrement les analyse de Pierre-Joseph.

Maurice Allais a voué une grande partie de sa vie à comprendre l’intérêt et ses interactions avec le reste de l’économie. Je lis notamment « Économie et intérêt » (éd. Clément Juglar), écrit en 1947 puis revu et augmenté en 1998, et c’est une pure merveille (de plus de 1 000 pages passionnantes) : cet homme a compris et démontré dès 1947 — et il n’a cessé de confirmer et amplifier cette conviction depuis — la pollution profonde que constitue le taux d’intérêt positif dans l’économie d’un pays : pour garantir l’optimum capitalistique et pour que la productivité sociale d’une économie soit maximum, il préconise simplement et fortement un intérêt nul ou négatif.

Cet intérêt nul ou négatif n’est mécaniquement pas possible aujourd’hui du fait des structures actuelles (voir plus bas), mais précisément, la réforme de ces structures rendrait enfin possible ce qui est impossible aujourd’hui : la fixation autoritaire d’un taux nul ou négatif.

Enfin, et toujours pour donner au discours de Proudhon la crédibilité et la force prédictive qu’il mérite, Maurice Allais, grand économiste très libéral de la fin du XXe siècle, a démontré que la possibilité de stockage sans frais de certains biens rend inéluctable un intérêt positif :  cette nuisible possibilité concerne notamment la propriété privée des terres  et  la liquidité de la monnaie circulante (fiduciaire + scripturale).

Maurice Allais en déduit deux mesures essentielles pour nous tous, deux mesures qui sont seules à rendre possible un intérêt nul ou négatif et donc seules à permettre une optimisation de tous les facteurs économiques :

1) la collectivisation des terres (rien que ça, et il y tient, et il en démontre puissamment l’utilité générale)

2) la mise en place de deux monnaies au lieu d’une, pour permettre que la monnaie de compte (celle qui est utilisée pour afficher les prix) soit stable (fondée sur la valeur moyenne d’une heure de travail de manœuvre, par exemple) et qu’en même temps la monnaie circulante (celle qui sert à payer le prix : manuelle + scripturale) soit régulièrement dévaluée, 5% par exemple, pour dissuader la terrible thésaurisation de la monnaie circulante. 


Dans un livre plus récent et plus court, « Pour l’indexation » (éd. Clément Juglar, 1990), pour mettre fin à toutes les spoliations injustes (qui sont légion), Allais défend bien la thèse d’une nécessaire indexation générale de tous les prêts, de tous les emprunts et de tous les salaires sur l’indice des prix, avec une inflation régulée autour de 2%. Cette indexation générale a été également défendue par de grands économistes comme Fisher, Keynes et Friedman.


Donc, quand Proudhon réclame en 1948 que la rente disparaisse, que le crédit devienne gratuit, que cessent les privilèges attachés à la propriété (sans pour autant détruire cette propriété !), quand il réclame la gratuité des terres, il est loin d’être fou, c’est même sans doute l’homme le plus censé de cette assemblée partisanne.

Il faut lire Proudhon dans le texte original au lieu de se contenter des calomnies rédigées de façon expéditive par des auteurs peu crédibles. Il faut aussi lire Maurice Allais, là encore dans le texte original, c’est lumineux et explosif à la fois.

L’émancipation des hommes passe par leur culture, politique et philosophique, économique et juridique, on n’en sort pas : il faut éteindre la télé et lire, lire, et lire encore yikes)


Lisez notamment « Économie et intérêt », notamment le chapitre X : portée de la théorie générale de l’intérêt, p. 515 s., qui synthétise les analyses et les propositions de Maurice Allais en termes simples. Il faudrait surtout que l’on arrive à publier le point F : perspectives économiques et sociales de la théorie générale de l’intérêt pour faire connaître largement cette pensée puissante, innovante et salutaire.

Plan de deux sous-parties essentielles :

E. Fondement de l’intérêt

a. Fondement de l’existence d’un taux d’intérêt
1. Nécessité de l’intérêt
2. Économie collectiviste et taux d’intérêt

b. Fondement de l’existence d’une valeur toujours positive de l’intérêt
1. Nécessité d’un taux d’intérêt toujours positif dans les conditions de structure actuelles
2. Économie collectiviste et taux d’intérêt positif
3. Limitations légales du taux de l’intérêt
4. Justification actuelle de l’intérêt

F. Perspectives économiques et sociales de la théorie générale de l’intérêt
   Conclusions générales de la théorie de l’intérêt

a. Propositions pour une réforme
1. Organisation systématique de la concurrence
2. Réalisation d’une unité de compte stable
3. Dépréciation de la monnaie circulante
4. Couverture intégrale des dépôts à vue
5. Collectivisation de la propriété du sol
6. Annulation du taux de l’intérêt

b. Avantages généraux de la politique économique proposée
1. Les vices fondamentaux du « laisser-faire »
2. Avantages de la politique proposée quant à l’organisation de la production
3. Avantages de la politique proposée quant aux cycles économiques [et aux crises !]
4. Avantages de la politique proposée quant à la répartition :    
    intérêts purs, primes de risque, bénéfices, épargne, inégalités, profits, universalité des revenus du travail

c. Perspectives sociales des réformes proposées

Ce travail est un passionnant objet d’étude pour tout citoyen soucieux de comprendre ce qui l’opprime.

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#76 08-08-2007 08:00:28

AJH
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Message n°2589
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Merci Etienne

Il me semble de plus en plus évident qu'il faut un site dédié à la pensée économique d'Allais et de ceux qui lui sont proches, anciens et "modernes"... afin d'aller contre la pensée " économiquement correcte" des gens qui n'ont pas fondamentalement réfléchi au problème des conséquences de l'intérêt.

La collectivisation des terres est un des axes de l'écosocétalisme http://tiki.societal.org, de même que la création de monnaie nationale fiduciaire et scripturale sans intérêt.

Mais nous sommes dans le combat entre ceux qui peuvent, comme moi, se définir comme "libéraux anti-capitalistes" et ceux que l'ont doit appeller " néolibéraux capitalistes".

Je ne m'étends pas, mais (je sais que tu est d'accord) je reprendrai l'extrait du discours de Proudhon sur http://www.fauxmonnayeurs.org

Amitiés
AJH


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#77 29-08-2007 18:56:45

AJH
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Message n°2604
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour

J'essaye de synthétiser sous forme d'articles constitutionnels comment pourrait fonctionner ce 4° pouvoir qui serait celui de la création monétaire, compte tenu du fait que l'Etat bénéficierait (dans mon projet) de tous les intérêts sur toute la monnaie existante ("Toute création de monnaie, hormis certaines monnaies localement autorisées de type « SEL  »,  doit relever de l'État et de l'État seul. Les intérêts, dont les taux sont déterminés par la Banque Centrale, sont crédités au compte du Trésor Public ")

Mon "problème" est celui du fonctionnement indépendant de la Banque Centrale ( que j'ai parfois différencié d'un Institut d'Emission Monétaire, mais ce n'est pas absolument nécessaire), afin que d'une part, cette BC soit assez indépendante pour pouvoir refuser une création monétaire politique ou électoraliste, mais ne puisse pas refuser une création monétaire nécessaire à l'équipement du pays ..

Idées bienvenues

A+
AJH


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#78 30-08-2007 10:31:44

Jacques Roman
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Message n°2607
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

"Pouvoir monétaire"

AJH (votre 2604).

Un détail : le pouvoir dont vous parlez ne serait pas le "pouvoir de la création monétaire", mais bien le "pouvoir monétaire", dont l'exercice serait confié à des responsables élus ou nommés.  JR

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#79 30-08-2007 13:58:22

AJH
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Message n°2608
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Oui Jacques, c'est exact .. merci
Mais l'idée reste quand même, fondamentalement, que toute l'émission de monnaie soit l'apanage de ce "4° pouvoir", les intérêts revenant à la collectivité.
AJH


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#80 31-08-2007 08:15:10

Étienne
Message n°2609
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Re: 07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

La grande faute des banquiers centraux
Magazine Challenges | 30.08.2007
http://www.challenges.fr/business/20070 … traux.html

Dans un livre à paraître mi-septembre, l'économiste Patrick Artus pointe les défaillances de la BCE et de la Fed, responsables des flambées spéculatives.

Directeur de la recherche de Natixis, professeur à Paris I et à Polytechnique, membre du Conseil d'analyse économique, Patrick Artus met la dernière main à un ouvrage très critique sur les banques centrales, en particulier la Banque centrale européenne et son équivalente américaine, la Réserve fédérale. Ce livre-événement, qui tombe à point nommé, sera publié le 13 septembre aux éditions Perrin sous le titre Les Incendiaires. Les banques centrales dépassées par la globalisation.

Sa thèse est que les instituts monétaires, engoncés dans leur objectif de lutte contre l'inflation, se sont comportés comme des incendiaires, laissant se développer et se multiplier les flambées spéculatives. L'économiste, qui va jusqu'à évoquer un éclatement de la zone euro, prône un élargissement d'urgence des objectifs de la politique monétaire des banques centrales et une meilleure coordination avec les gouvernements.



En 1994, Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale, décide de monter de 3 à 6% les taux d'intérêt à court terme simplement parce qu'il y a une reprise économique, sans le moindre risque d'inflation. Cela provoque un ralentissement net de la croissance économique aux Etats-Unis en 1995, et, plus grave, la crise des pays émergents d'Amérique latine. Or l'inflation n'est jamais réapparue aux Etats-Unis pour différentes raisons : gains de productivité importants, baisse des prix des matières premières jusqu'en 1998, remontée du dollar à partir de 1995. Cet épisode de 1994 constitue sans doute le premier signe que la théorie de la crédibilité - et donc des «frappes préventives» - n'est plus adaptée. Nous pensons que les banques centrales devraient aujourd'hui avoir un mandat plus large que la politique anti-inflationniste, qui est celui de protéger les agents économiques privés contre les risques financiers majeurs.

Or elles n'ont pas joué ce rôle, puisque, de manière bien sûr variable d'un pays à l'autre, les banques centrales ont laissé se developper :

• un risque de crise immobilière (comme on l'a vu aux Etats-Unis dans la période récente);

• un risque de crise d'endettement (comme on l'a vu aux Etats-Unis au début des années 2000 pour la dette des entreprises, comme on le voit aujourd'hui au Royaume-Uni pour la dette des ménages);

• un risque de crise des changes (aux Etats-Unis, dans quelques pays émergents);

• un risque, à long terme, même d'éclatement de l'euro.

Les banques centrales qui opèrent aujourd'hui ont été formatées pour répondre aux difficultés économiques du début des années 1980, causées par les effets néfastes de l'inflation forte et le laxisme de politiques monétaires peu crédibles. Or, dans notre monde globalisé et complexe, les problèmes auxquels elles sont confrontées (internationalisation financière, bulles des prix des actifs) sont devenus très différents. En un mot, l'outil est inadapté à la situation.

***


L'indépendance va normalement de pair avec la responsabilité, le fait de rendre des comptes. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre doit expliquer au chancelier de l'Echiquier les raisons pour lesquelles, si cela se produit, l'inflation est supérieure à 2%. Le président de la Réserve fédérale fait des témoignages très détaillés devant le Congrès sur les raisons qui expliquent ses choix. La BCE est placée devant des contraintes particulièrement faibles. Certes, le président de la BCE tient une conférence de presse après les réunions du Conseil, et certes il explique sa politique devant le Parlement européen. Mais, de l'avis des analystes, ces interventions brillent surtout par leur maigre contenu informatif. La BCE a étendu son indépendance jusqu'au point où elle a défini elle-même, sans concertation, la limite des 2% de l'inflation. Elle va jusqu'à refuser la coordination avec les gouvernements. Cela a été montré clairement en 2006 par la fin de non- recevoir opposée par le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, à une lettre du président de l'Euro- groupe — qui réunit les ministres des Finances de la zone euro — proposant des rencontres plus fréquentes.

***


Notre position est que la différence de discours entre les Européens et leur banque centrale vient, comme dans le cas de la Réserve fédérale, de ce que les références théoriques et les choix de comportement de la BCE sont hérités d'un passé lointain, ne sont plus adaptées au fonctionnement des économies contemporaines. La BCE continue d'adhérer à une stratégie des années 1980-1990, où elle se concentre sur le rôle de l'inflation. Cela lui fera mettre en place de grands mouvements des taux d'intérêt pour des variations très petites de l'inflation de la zone euro. Cette stratégie est dépassée et inadaptée au monde contemporain. Les banques centrales s'attachent toujours à suivre les évolutions de la demande intérieure, du crédit, de l'emploi, et en tirent des conclusions pour l'évolution de l'inflation. Le crédit progresse plus vite : l'inflation revient; la demande des ménages s'accroît : l'inflation revient; le chômage baisse (un peu) : l'inflation revient. Pourtant, nous ne sommes plus du tout dans des économies fermées où la hausse de la demande intérieure conduisait à une hausse de la production domestique, d'ou une tension sur les prix; où les créations d'emplois faisaient monter les salaires. On ne devrait en principe plus entendre les banques centrales commenter les évolutions des prix, des salaires, sur une base purement nationale ou régionale, ni craindre que les reprises d'activité ne conduisent à des reprises de l'inflation. Il faut même être extrêmement prudent pour attribuer la baisse de l'inflation dans une région à la crédibilité de la banque centrale. Or, pourtant, la BCE, comme toutes les banques centrales, tombe dans ce travers.

***


On sait que les coûts pour un pays qui sortirait de la zone euro sont gigantesques. Pourtant, certains pourraient être tentés. On voit le piège qui se referme sur l'Italie : puis que d'autres pays de la zone euro ont une économie qui se redresse (Allemagne) ou qui devient inflationniste (Espagne), la BCE doit passer, compte tenu de ses objectifs, à une politique monétaire plus restrictive. Dans un environnement où il n'y a aucune solidarité entre pays, cette évolution est dramatique pour l'Italie : elle affaiblit encore la demande, elle accroît les charges d'intérêts sur la dette publique, elle rend impossible l'amélioration de la situation des finances publiques. Malgré les coûts associés, l'Italie pourrait être tentée de déprécier sa devise, pour restaurer sans souffrance la compétitivité et accélérer de ce fait la croissance, et rendre plus facile la correction budgétaire.

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