Ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.
Les membres de l'Assemblée constituante doivent être tirés au sort
et, bien sûr, inéligibles aux fonctions qu'ils instituent eux-mêmes.
Vous n'êtes pas identifié.
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NingúnOtro Jacques Roman 20-08-2008 09:26:29 Message n°4570]Système représentatif
Comme je vois que Yvan Bachaud mentionne le vote préférentiel, je veux bien dire ceci... c'est déjà une avance sur ce que nous avons maintenant, MAIS... on doit toujours élire entre ceux que les PARTIS auront mis sur les listes, pour les raisons que EUX ils estiment opportunes (vraisemblablement opportunistes pour avoir le plus de votes possibles en faisant la campagne propagandistique électorale opportune) et qu'ils pourront de toute façon manipuler en leur donnant plus ou moins l'appui du parti selon leur comportement post-électoral. Ce sont donc toujours LES PARTIS qui auront les mains libres pour décider comment nous enfumer encore.
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Cher Antonio,
Le problème que nous avons avec les élections et le problème que nous avons avec les partis sont des problèmes liés :
Les partis ne servent pas à faire de la politique : les partis servent à gagner les élections.
Si on se débarassait de l'élection, ou plutôt si on injectait dans les élections ce qu'il faut de tirage au sort pour décourager les intrigants, on n'aurait plus besoin des partis et ils perdraient de leur influence.![]()
Étienne.
PS : Cet échange me fait revenir en tête quelques lectures que je vous signale au passage :
• D'abord, cette note en bas de page (p 65 dans la version Poche) où Rousseau met une droite aux partis en citant Machiavel :"À la vérité, il y a des divisions qui nuisent à une République et d'autres qui lui profitent : celles-là nuisent, qui suscitent des sectes et des partis ; celles-ci lui profitent, que n'accompagnent ni sectes ni partis. Puis donc que le fondateur d'une République ne peut empêcher qu'il existe des inimitiés, il lui faut du moins empêcher qu'il y ait des sectes."
Machiavel, cité et traduit par Rousseau dans "Le contrat social", Livre II, chapitre III "Si la volonté générale peut errer", un chapitre excitant intellectuellement, qu'il faudrait reproduire intégralement. ... Allez tiens, il y a longtemps que je devais le faire (c'est un petit papier dans la pile des milliers de petits papiers que je vous réserve) : je vais le faire ici, à la fin de ce message...• Ensuite, je vous recommande cette discussion (passionnante, je trouve) :
Le cœur de la Démocratie : formation, expression et respect de la volonté générale
• Enfin, je vous signale, si vous ne l'avez pas déjà étudié, ce texte que j'avais reproduit intégralement dans le fil sur la place des partis dans la vie politique :
« Des effets pervers de la partitocratie » Un document passionnant, de Robert STEUCKERS.
Chapitre 2.3
Si la volonté générale peut errer
Il s'ensuit de ce qui précède que la volonté générale est toujours droite et tend toujours à l'utilité publique: mais il ne s'ensuit pas que les délibérations du peuple aient toujours la même rectitude. On veut toujours son bien, mais on ne le voit pas toujours: jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe, et c'est alors seulement qu'il paraît vouloir ce qui est mal.Il y a souvent bien de la différence entre la volonté de tous et la volonté générale; celle-ci ne regarde qu'à l'intérêt commun; l'autre regarde à l'intérêt privé, et n'est qu'une somme de volontés particulières: mais ôtez de ces mêmes volontés les plus et les moins qui s'entre-détruisent (a), reste pour somme des différences la volonté générale.
Si, quand le peuple suffisamment informé délibère, les citoyens n'avaient aucune communication entre eux, du grand nombre de petites différences résulterait toujours la volonté générale, et la délibération serait toujours bonne. Mais quand il se fait des brigues, des associations partielles aux dépens de la grande, la volonté de chacune de ces associations devient générale par rapport à ses membres, et particulière par rapport à l'État : on peut dire alors qu'il n'y a plus autant de votants que d'hommes, mais seulement autant que d'associations. Les différences deviennent moins nombreuses et donnent un résultat moins général. Enfin quand une de ces associations est si grande qu'elle l'emporte sur toutes les autres, vous n'avez plus pour résultat une somme de petites différences, mais une différence unique; alors il n'y a plus de volonté générale, et l'avis qui l'emporte n'est qu'un avis particulier.
Il importe donc, pour avoir bien l'énoncé de la volonté générale, qu'il n'y ait pas de société partielle dans l'État, et que chaque citoyen n'opine que d'après lui (b); telle fut l'unique et sublime institution du grand Lycurgue. Que s'il y a des sociétés partielles, il en faut multiplier le nombre et en prévenir l'inégalité, comme firent Solon, Numa, Servius. Ces précautions sont les seules bonnes pour que la volonté générale soit toujours éclairée, et que le peuple ne se trompe point.
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(a) «Chaque intérêt, dt le M. d'A [le marquis d'Argenson], a des principes différents. L'accord de deux intérêts particuliers se forme par opposition à celui d'un tiers. » Il eût pu ajouter que l'accord de tous les intérêts se forme par opposition à celui de chacun. S'il n'y avait point d'intérêts différents, à peine sentirait-on l'intérêt commun qui ne trouverait jamais d'obstacle ; tout irait de lui-même, et la politique cesserait d'être un art.
(b) « Vera cosa è, dit Machiavel, che aluni divisioni nuocono alle republiche e alcune giovano : quelle nuocono che sono dalle sette e da partigiani accompagnate : quelle giovano che senza sette, senza partigiani si matengono. Non potendo adunque provedere un fondatore d'una republica che non siano nimizicie in quella, ha da proveder almeno che non vi siano sette. » (Hit. Florent., lib. VII) - "À la vérité, il y a des divisions qui nuisent à une République et d'autres qui lui profitent : celles-là nuisent, qui suscitent des sectes et des partis ; celles-ci lui profitent, que n'accompagnent ni sectes ni partis. Puis donc quele fondateur d'une République ne peut empêcher qu'il existe des inimitiés, il lui faut du moins empêcher qu'il y ait des sectes."
Source : [i]Rousseau, "Le contrat social", Livre II, chapitre III.[/i]
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