Forum du plan C : pour une Constitution écrite par et pour les Citoyens

Ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.
Les membres de l'Assemblée constituante doivent être tirés au sort
et, bien sûr, inéligibles aux fonctions qu'ils instituent eux-mêmes.

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Bienvenue :o)

Bonjour :o)
Ici, depuis le 1er janvier 2006, nous parlons d'un sujet que les politiciens de métier voudraient bien garder pour eux : nous parlons de la Constitution, de ce texte absolument fondamental pour tous les citoyens (et pourtant complètement négligé par eux), de ce texte qui pourrait nous protéger tous contre les abus de pouvoir si nous le faisions nôtre au lieu d'en abandonner la maîtrise à ceux-là mêmes qu'il est censé contrôler.
Nous discutons principe par principe, méthodiquement. Nous avons d'abord suivi le plan de mon document "Les grands principes d'une bonne Constitution", mais nous avons ensuite élargi nos thèmes à partir de vos réflexions, critiques et suggestions. C'est simplement passionnant. Ce que nous avons mis au clair sur la monnaie, sur le vote blanc, sur les vertus méconnues du tirage au sort et sur le référendum d’initiative populaire, par exemple, est enthousiasmant.
Le prolongement de cette réflexion constituante, c’est d’écrire enfin nous-mêmes un exemple de constitution, article par article. C’est ce qui se passe sur la partie wiki-constitution de ce site. Je vous invite à venir y participer également, ne serait-ce que sur un article ou deux. Vous verrez, c’est passionnant ; on sent vite qu’on est là sur l’essentiel, sur la seule vraie cause (et aussi la solution !) de nos impuissances politiques.
C’est un projet pédagogique en quelque sorte, un objet concret, réel, qui montre que 1) c'est possible : des hommes dont ce n'est pas le métier peuvent écrire une Constitution, et 2) c'est beaucoup mieux : quand ils n'écrivent pas des règles pour eux-mêmes, quand ils n'ont pas un intérêt personnel à l'impuissance des citoyens, les délégués constituants écrivent les règles d'une authentique démocratie. Merci à tous pour ce travail formidable.
Amitiés. Étienne.
[19 août 2012 : ATTENTION : pour cause de spam ultra-actif mi 2012, je FERME la possibilité aux nouveaux venus de créer un compte sans moi : il faut m'écrire à etienne.chouard@free.fr (EN ME DONNANT LE PSEUDO QUE VOUS VOULEZ) et je créerai votre compte à votre place. Il faudra ensuite venir ici pour définir un nouveau mot de passe. Désolé, mais les spammeurs deviennent infects et je n'ai pas le temps de gérer les spams (je préfère vous aider un à un à nous rejoindre). Au plaisir de vous lire. ÉC]

#41 20-08-2008 18:23:06

yvanbachaud
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Messages: 314

Re: Art. 89 Révision de la Constitution...

NingúnOtro Jacques Roman 20-08-2008 09:26:29 Message n°4570]Système représentatif
Comme je vois que Yvan Bachaud mentionne le vote préférentiel, je veux bien dire ceci... c'est déjà une avance sur ce que nous avons maintenant, MAIS... on doit toujours élire entre ceux que les PARTIS auront mis sur les listes, pour les raisons que EUX ils estiment opportunes (vraisemblablement opportunistes pour avoir le plus de votes possibles en faisant la campagne propagandistique électorale opportune) et qu'ils pourront de toute façon manipuler en leur donnant plus ou moins l'appui du parti selon leur comportement post-électoral. Ce sont donc toujours LES PARTIS qui auront les mains libres pour décider comment nous enfumer encore.



Il est normal que les partis soient là pour proposer des programmes généraux et cohérent de gouvernement.

Mais nous devons pouvoir CHOISIR dans la liste des candidats.

Aux européennes, s'il y a 14 noms dans une liste régionale et avec 30% des voix, cela fait 4 élus.
Si on met les 4 que l'on veut, cela fait de la marge et le parti perdra son POUVOIR sur les élus qui ne sont (pour l'instant) que des GODILLOTS car ils veulent garder l'investiture pour la prochaine élection.

Le vote préférentiel (le droit pour chaque électeur de changer l'ordre des candidats sur la liste de son choix) changera beaucoup de choses...

Hors ligne

 

#42 20-08-2008 22:48:59

Étienne
Message n°4587
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Re: Art. 89 Révision de la Constitution...

Cher Antonio,

Le problème que nous avons avec les élections et le problème que nous avons avec les partis sont des problèmes liés :

Les partis ne servent pas à faire de la politique : les partis servent à gagner les élections.

Si on se débarassait de l'élection, ou plutôt si on injectait dans les élections ce qu'il faut de tirage au sort pour décourager les intrigants, on n'aurait plus besoin des partis et ils perdraient de leur influence.

hmm

Étienne.

PS : Cet échange me fait revenir en tête quelques lectures que je vous signale au passage :

• D'abord, cette note en bas de page (p 65 dans la version Poche) où Rousseau met une droite aux partis en citant Machiavel :

"À la vérité, il y a des divisions qui nuisent à une République et d'autres qui lui profitent : celles-là nuisent, qui suscitent des sectes et des partis ; celles-ci lui profitent, que n'accompagnent ni sectes ni partis. Puis donc que le fondateur d'une République ne peut empêcher qu'il existe des inimitiés, il lui faut du moins empêcher qu'il y ait des sectes."
Machiavel, cité et traduit par Rousseau dans "Le contrat social", Livre II, chapitre III "Si la volonté générale peut errer", un chapitre excitant intellectuellement, qu'il faudrait reproduire intégralement. ... Allez tiens, il y a longtemps que je devais le faire (c'est un petit papier dans la pile des milliers de petits papiers que je vous réserve) : je vais le faire ici, à la fin de ce message... hmm

• Ensuite, je vous recommande cette discussion (passionnante, je trouve) :
Le cœur de la Démocratie : formation, expression et respect de la volonté générale

• Enfin, je vous signale, si vous ne l'avez pas déjà étudié, ce texte que j'avais reproduit intégralement dans le fil sur la place des partis dans la vie politique :
« Des effets pervers de la partitocratie » Un document passionnant, de Robert STEUCKERS.




Je sens que cette réflexion de Roussau va passionner mon Jacques Roman préféré wink

Chapitre 2.3
Si la volonté générale peut errer

Il s'ensuit de ce qui précède que la volonté générale est toujours droite et tend toujours à l'utilité publique: mais il ne s'ensuit pas que les délibérations du peuple aient toujours la même rectitude. On veut toujours son bien, mais on ne le voit pas toujours: jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe, et c'est alors seulement qu'il paraît vouloir ce qui est mal.

Il y a souvent bien de la différence entre la volonté de tous et la volonté générale; celle-ci ne regarde qu'à l'intérêt commun; l'autre regarde à l'intérêt privé, et n'est qu'une somme de volontés particulières: mais ôtez de ces mêmes volontés les plus et les moins qui s'entre-détruisent (a), reste pour somme des différences la volonté générale.

Si, quand le peuple suffisamment informé délibère, les citoyens n'avaient aucune communication entre eux, du grand nombre de petites différences résulterait toujours la volonté générale, et la délibération serait toujours bonne. Mais quand il se fait des brigues, des associations partielles aux dépens de la grande, la volonté de chacune de ces associations devient générale par rapport à ses membres, et particulière par rapport à l'État : on peut dire alors qu'il n'y a plus autant de votants que d'hommes, mais seulement autant que d'associations. Les différences deviennent moins nombreuses et donnent un résultat moins général. Enfin quand une de ces associations est si grande qu'elle l'emporte sur toutes les autres, vous n'avez plus pour résultat une somme de petites différences, mais une différence unique; alors il n'y a plus de volonté générale, et l'avis qui l'emporte n'est qu'un avis particulier.

Il importe donc, pour avoir bien l'énoncé de la volonté générale, qu'il n'y ait pas de société partielle dans l'État, et que chaque citoyen n'opine que d'après lui (b); telle fut l'unique et sublime institution du grand Lycurgue. Que s'il y a des sociétés partielles, il en faut multiplier le nombre et en prévenir l'inégalité, comme firent Solon, Numa, Servius. Ces précautions sont les seules bonnes pour que la volonté générale soit toujours éclairée, et que le peuple ne se trompe point.

__________________________________

(a) «Chaque intérêt, dt le M. d'A [le marquis d'Argenson], a des principes différents. L'accord de deux intérêts particuliers se forme par opposition à celui d'un tiers. » Il eût pu ajouter que l'accord de tous les intérêts se forme par opposition à celui de chacun. S'il n'y avait point d'intérêts différents, à peine sentirait-on l'intérêt commun qui ne trouverait jamais d'obstacle ; tout irait de lui-même, et la politique cesserait d'être un art.

(b) « Vera cosa è, dit Machiavel, che aluni divisioni nuocono alle republiche e alcune giovano : quelle nuocono che sono dalle sette e da partigiani accompagnate : quelle giovano che senza sette, senza partigiani si matengono. Non potendo adunque provedere un fondatore d'una republica che non siano nimizicie in quella, ha da proveder almeno che non vi siano sette. » (Hit. Florent., lib. VII) - "À la vérité, il y a des divisions qui nuisent à une République et d'autres qui lui profitent : celles-là nuisent, qui suscitent des sectes et des partis ; celles-ci lui profitent, que n'accompagnent ni sectes ni partis. Puis donc quele fondateur d'une République ne peut empêcher qu'il existe des inimitiés, il lui faut du moins empêcher qu'il y ait des sectes."


Source : [i]Rousseau, "Le contrat social", Livre II, chapitre III.[/i]

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