11 mai 2006 (HFA, anonyme)

Les liens de la Commission de Bruxelles avec le milieu du crime organisé

 

Afin que nul n'en ignore, je crois utile d'attirer votre attention sur le nouveau scandale qui agite, non pas la France, mais les institutions européennes.

 

Retour sur image :

 

À l’occasion du débat sur les délocalisations qui inquiète énormément les Français, le Premier ministre Dominique de Villepin s’était prononcé à la mi-septembre 2005 en faveur d'un certain « patriotisme économique ».

 

De passage à Londres, la Commissaire européenne à la Concurrence, la Néerlandaise Neelie Kroes, avait immédiatement réagi en critiquant cette déclaration dans les termes suivants : « Nous ne pouvons pas nous permettre d'être complaisants face à la résurgence actuelle de la rhétorique protectionniste. Le risque est à la fois réel et urgent ».

Faisant fi des usages diplomatiques les plus élémentaires et de son devoir de retenue vis-à-vis du gouvernement d’un État-membre, Mme Kroes avait poursuivi en déplorant que, « confrontés à l'insécurité et à une perte de confiance collective, certains politiques sont prompts à rechercher des appuis faciles en préconisant des politiques régressives de repli sur soi ». Elle avait aussi stigmatisé la volonté de « protéger des champions et des marques nationaux -ou même européens- des assauts du marché mondial » ou encore de distribuer des aides publiques « pour relancer les canards boiteux de l'industrie ».

 

De fait, Mme Kroes a à peu près obtenu satisfaction : le décret anti-OPA pris par la France est en train d'être taillé en pièces par les fonctionnaires néerlandais, britanniques et scandinaves de la Commission.

 

Le vote et la volonté du peuple français sont tout bonnement considérés comme nuls et non avenus. La "construction européenne" prouve une nouvelle fois que c'est une banale dictature, à ceci près qu'elle a l'intelligence de se présenter au contraire comme une "construction" démocratique, grandiose et futuriste.

 

Mais ce qui est intéressant, c'est d'examiner plus en détail qui est Mme Kroes.

 

On savait déjà qu'elle fut lobbyiste de l'avionneur américain Lockheed et qu'elle contribua à faire gagner le "contrat du siècle" aux Américains contre les avions de Dassault.

 

Elle n'est pas totalement ignorante de l'énorme scandale des pots-de-vin qui secoua les Pays Bas à l'époque.

Elle émargeait à pas moins de 40 conseils d'administration d'entreprises, y compris des très grands groupes américains comme par exemple Mc Donald's.

 

Pas besoin de préciser que les liens de Mme Kroes avec les "intérêts américains" - et sans doute avec la CIA - sont donc des plus étroits.

 

Mais aujourd'hui, on en a appris de belles.

Je vous laisse découvrir les deux articles consacrés - en page intérieure bien entendu - par Les Échos et Le Monde à un nouveau scandale qui touche Mme Kroes.

 

Désormais, ses liens avec le milieu de la pègre financière internationale, du blanchiment d'argent sale et du crime organisé sont en train d'être déballés sur la place publique.

 

Chaque jour qui passe nous permet de nous rapprocher de la vérité sur les institutions européennes.

La CIA et la mafia y sont comme des poissons dans l'eau, tout simplement.


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La rédaction web des Échos - 11 mai 2006

Neelie Kroes éclaboussée par une affaire de blanchiment [ 11/05/06 ]
 
Immeuble vendu à perte, relations dans les milieux criminels. Les activités de Neelie Kroes, la commissaire européenne à la Concurrence, font de nouveau froncer les sourcils. Cette fois-ci, la Néerlandaise est sous les projecteurs pour une sombre affaire d'immobilier aux relents de blanchiment d'argent sale.

Banale transaction a priori, la vente de deux biens immobiliers lui appartenant s'est récemment conclue aux Pays-Bas pour 4,3 millions d'euros. Une somme rondelette mais qui n'efface pourtant pas une perte sèche de 1,8 million d'euros dans les comptes personnels de Mme la commissaire. La femme d'affaires avait en effet déboursé 6,1 millions d'euros pour cet achat cinq ans auparavant. De quoi se poser des questions.
 
Une affaire embarrassante à plus d'un titre. D'abord Neelie Kroes s'était engagée à prendre ses distances avec le monde des affaires. Avant de se retrouver à la tête de l'une des plus puissantes administrations européennes, susceptible d'infliger des millions d'euros d'amendes aux entreprises, Neelie Kroes siégeait dans les conseils de surveillance d'une quarantaine de grandes sociétés européennes.
 
Or, voici encore deux semaines, elle bénéficiait toujours de la garantie financière de Jan-Dirk Paarlberg, un magnat de l'immobilier néerlandais, caution depuis le début dans l'opération de financement pour l'achat de ces biens immobiliers. D'où l'ire de plusieurs parlementaires européens, certains ayant voici quelques jours même demandé par écrit des explications au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
 
Mais l'affaire se corse surtout avec cette histoire de blanchiment d'argent sale éclaboussant tout l'entourage de Jan-Dirk Paarlberg. Et pour cause, ce riche entrepreneur est soupçonné d'avoir recyclé une partie d'un magot provenant d'opérations de chantage orchestrées par l'ex-kidnappeur de Freddy Heineken, Willem Holleeder. Un homme peu scrupuleux qui, après avoir purgé sa peine de prison et repris ses activités criminelles, s'est dernièrement fait à nouveau coffrer.
 
Remontant à un peu plus de deux semaines, ces révélations ont vraisemblablement eu l'effet d'une décharge électrique sur Neelie Kroes, d'où cette vente à perte précipitée pour couper au plus vite ses liens avec ces hommes d'affaires aux activités sujettes à caution. A moins d'autres révélations encore à venir.
 
DIDIER BURG (À AMSTERDAM)
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UE : la commissaire à la concurrence est mise en cause aux Pays-Bas
LE MONDE | 11.05.06 | 16h13  •  Mis à jour le 11.05.06 | 16h13
BRUXELLES CORRESPONDANT

 
Neelie Kroes, commissaire européenne à la concurrence, est mise en cause aux Pays-Bas pour les relations d'affaires qu'elle aurait durablement entretenues avec un promoteur immobilier, Jan- Dirk Paarlberg.
Ce dernier, au centre d'un dossier criminel depuis 2004, est, selon la justice néerlandaise, membre de l'organisation criminelle de Willem Holleeder, spécialisée dans l'extorsion, les faux et le blanchiment. Mme Kroes se voit reprocher de ne pas avoir, contrairement à ses affirmations, rompu à temps tous ses liens avec M. Paarlberg, par ailleurs membre de sa formation politique, le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD, libéral).

En juin 2004, trois mois avant sa nomination à Bruxelles, Neelie Kroes a déménagé sa société de management, qui occupait un bureau dans une demeure de M. Paarlberg. Ce dernier avait été entendu par la police d'Amsterdam sur ses relations avec M. Holleeder et Willem Endstra, un autre marchand de biens immobiliers, présenté comme le "banquier" des milieux criminels. Lui-même victime d'un chantage, assassiné un mois plus tôt, Endstra avait auparavant désigné M. Holleeder comme le commanditaire d'une vingtaine de règlements de comptes.

Peu de temps avant l'audition de Mme Kroes par les députés européens, la presse néerlandaise révélait qu'elle était toujours en relation avec Paarlberg. En 2001, elle avait par ailleurs acheté à Ormeco (la société de son ami) des bureaux, dans les villes de Gorinchem et Woerden, pour 6,1 millions d'euros. Pour ce faire, elle avait obtenu un prêt hypothécaire de 6,8 millions d'euros auprès de la banque FGH, par l'entremise et avec la caution de Paarlberg.
Dans la liste des biens qu'elle a déclarés à l'Union européenne, le 23 septembre 2004, Mme Kroes a mentionné ces deux immeubles de bureaux. Lors de son audition, le 28 septembre 2004, elle a certifié s'être "totalement dissociée" de ses anciens intérêts commerciaux et financiers. Elle n'a, en revanche, pas donné de détails sur les conditions de leur acquisition.

Les choses se sont compliquées le 19 avril, lorsqu'a été révélé que la commissaire était toujours propriétaire des bureaux de Gorinchem et Woerden, alors que le rôle criminel de Paarlberg était désormais bien cerné. Deux jours plus tard, le 21 avril, Mme Kroes revendait ces bureaux à Ilex VI BV, une société appartenant à la banque FGH, pour 4,3 millions d'euros. Un terme aurait, par ailleurs, été mis à la caution de Paarlberg.
Mais, mercredi 10 mai, De Volkskrant affirmait que les liens entre Mme Kroes et le promoteur restaient "intacts", soulignant que Paarlberg était toujours caution pour la villa privée de la commissaire, à Wassenaar. "Faux", répond le porte-parole de la commissaire. De Volkskrant conteste cette version.
Au Parlement européen, Erik Meyer, membre du parti socialiste néerlandais (SP, extrême gauche), a envoyé une question écrite au président de la Commission. "Mme Kroes avait affirmé qu'elle avait tiré les leçons de ses erreurs, ses problèmes immobiliers démontrent que ce n'est pas le cas", souligne l'eurodéputé, membre du groupe de la gauche unifiée (GUE).


Jean-Pierre Stroobants (avec Philippe Ricard)
Article paru dans l'édition du 12.05.06