Approche économique de la souveraineté - avril 2011 - Blog du plan C, pour une Constitution Citoyenne, écrite par et pour les citoyens

Blog du plan C, pour une Constitution Citoyenne, écrite par et pour les citoyens


C'est notre Constitution qui est notre seule arme (et c'est aussi la meilleure) pour contrôler les pouvoirs. À nous d'en parler, entre simples citoyens, pour devenir des millions à l'avoir compris : ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.

Bienvenue :o)


Étienne Chouard
Je cherche ici à mettre en débat ouvert ce dont on ne parle nulle part : les plus grands principes institutionnels dont tous les citoyens (gauche, centre, droite) ont besoin pour se protéger des abus de pouvoir.

Je vous propose d'aller voir le FORUM et de suivre le SOMMAIRE, point par point (un principe par jour pour une digestion facile ?), et de réfléchir à votre propre position : Pour ? Contre ? Partagé ?

Et si personne (ni moi, ni d'autres ici) n'a encore défendu les arguments qui vous semblent importants, formulez-les vous-même : nous progressons ensemble en combinant nos réflexions, démocratiquement et positivement :o)

Suggestion :
pour parler nombreux
sur de nombreux sujets :
. soyons brefs,
. dans le sujet,
. et patients :-)

Une fois les principes bien débattus sur le FORUM, vous pouvez, dans la partie WIKI, écrire vous-mêmes les articles qui vous semblent importants dans une Constitution, aussi bien nationale qu'européenne.

Sur cette partie BLOG, je vous propose de nous parler plutôt des problèmes qui ne sont pas spécifiquement institutionnels (économie, histoire, philosophie, sociologie, société, actualité, technique, littérature, etc.), mais qui tournent quand même autour des sujets évoqués sur le forum : on cherche à imaginer ensemble un outil intellectuel, robuste et durable, contre les abus de pouvoir.

J'ai hâte de vous lire :o)

Étienne Chouard


Retour à la page centrale :
Le site d'origine s'appelle AEC : "Arc-en-Ciel" (après la pluie le beau temps) :o)


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dimanche 24 avril 2011

La limpide synthèse d'un Lordon atterré : IL FAUT ARRAISONNER LA FINANCE PRIVÉE (25)


D'abord une vidéo, savoureuse et incisive comme d'habitude avec le professeur Lordon :)

Il faudrait retranscrire le texte de cette intervention.


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Ensuite, il faut lire l'article de Frédéric dans le Diplo de ce mois-ci :
« Pacte pour l’euro, impact sur les salaires : Extension du domaine de la régression » :
il y parle d'une idée très importante (extrait déjà signalé par Gilles et AJH dans le forum, et ) :

La médecine du bon docteur Keynes

Quant à la compétitivité, il faut vraiment une logique à oeillères pour ne l'envisager que du côté du coût salarial et jamais de celui du taux de change. Les Allemands doivent pourtant en avoir une vague idée, sachant bien qu'une éventuelle sortie de l'euro verrait leur nouveau mark sensiblement réévalué... et l'avantage compétitif de leur belle décennie de déflation salariale aussitôt partir en fumée. Or un schéma raisonné de gestion des soldes commerciaux et des taux de change a été donné de longue date par John Maynard Keynes avec son projet de " chambre de compensation internationale " (International Clearing Union, ICU). La prémisse fondamentale en est que les marchés financiers sont constitutivement incapables de procéder à des ajustements ordonnés - pas de chance évidemment pour une époque qui a choisi de tout leur confier. C'est pourquoi, aux emballements systématiquement déstabilisateurs des marchés, il faut préférer des procédures institutionnelles et politiques de correction des déséquilibres.

L'ICU keynésienne proposait un volet de financement des soldes déficitaires des balances des paiements. Mais elle offrait également des mécanismes institutionnels d'ajustement des taux de change. Chaque pays s'y voyait allouer un quota de déficit ou de surplus commercial. Passé le quart de ce quota, un pays déficitaire était autorisé à dévaluer de 5 %, davantage encore au-delà. Mais la grande innovation de l'ICU consistait à mettre à contribution directement les pays excédentaires. Seul le matraquage à la compétitivité, mêlé de reliquats mercantilistes, a pu faire passer l'excédent commercial pour une incontestable vertu. Or l'excédent est le plus souvent le fruit d'une stratégie non coopérative d'avantage compétitif unilatéral exercée sur le dos des autres - à l'image de l'Allemagne qui fait payer sa déflation salariale à ses partenaires européens en manque à croître.L'ICU applique aux pays excédentaires un système de taxation progressive, en fonction de seuils d'excédents prédéfinis, afin de décourager leur stratégie unilatérale et de les inciter à une relance qui rééquilibre leur solde et améliore par là même les déficits (et la croissance) de leurs partenaires.


Monnaie commune à deux niveaux

On objectera que ce sont désormais les marchés qui déterminent les taux de change et non les ajustements ciblés décidés dans des bureaux gouvernementaux, et que tout projet de dévaluation finit régulièrement en tempête monétaire. C'est la raison même pour laquelle il faut soustraire ces ajustements aux marchés ! Si une ICU n'a aucune chance de se substituer au marché mondial des changes, elle peut en revanche offrir son modèle à une eurozone qui fonctionnerait sur le schéma d'une monnaie commune à deux niveaux (12) : monnaie unique pour les relations monétaires extérieures, mais admettant à l'intérieur des dénominations nationales à des parités non plus irrévocablement fixes, mais ajustables selon des mécanismes entièrement politiques et institutionnels du type ICU.

Disons clairement qu'une telle monnaie commune ne pourrait engendrer à elle seule des miracles de croissance par les exportations : il n'y a jamais que 120 milliards de dollars d'excédent allemand (13) à redistribuer pour toute l'eurozone... Mais elle aurait au moins offert quelques appréciables degrés de liberté dans la période présente, notamment en donnant la possibilité aux pays d'où la crise européenne est partie - Grèce, Portugal et Irlande, tous trois déficitaires commercialement (14) - de dévaluer et de trouver des relais de croissance capables de rendre plus soutenables leurs ratios de dette publique (15). Enfin, par-dessus tout, en changeant profondément la façon de penser et de régler les compétitivités relatives à l'intérieur de l'Union, elle nous libérerait de facto du fléau régressif des " pactes pour l'euro ".

On dira que toutes ces pistes tiennent du rêve éveillé et n'ont pas la moindre chance de voir le jour dans les conditions présentes. Et c'est vrai ! Mais il se pourrait précisément que les conditions changent. Il faudra douze ou dix-huit mois pour que l'absurdité de la rigueur générale soit avérée et que, les ratios dette/PIB continuant leur irrésistible ascension, les marchés en prennent une conscience claire. Ce jour-là, ce n'est pas la pauvre EFSF, même aux moyens gonflés, qui pourra rattraper les défauts simultanés auxquels mèneront tous les taux d'intérêt emballés. Un scénario de fracture de la zone euro n'est pas moins probable qu'en décembre dernier. Pour le bloc qui se sera débarrassé des obsessions allemandes, la page sera à nouveau blanche, et l'occasion donnée de reconstruire autrement.


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(12) Selon une proposition qui a aussi été émise par Aurélien Bernier, Désobéissons à l'Union européenne !, Mille et une nuits, Paris, 2011, et Jacques Sapir, La Démondialisation, Seuil, Paris, 2011.


Source : Le texte est , et sera bientôt , mais il faudrait acheter le Monde diplomatique —ou mieux : s'y abonner — pour les aider à continuer à publier des articles de cette trempe.

mercredi 20 avril 2011

Prochaines conférences : financement de l'économie sans avoir besoin d'épargne préalable et radicalité du tirage au sort en politique (5)

Bonjour à tous.

Je vous signale, dans l'ordre chronologique, trois prochaines conférences-débats (où j'aimerais vous rencontrer, si cela est possible) :

• Samedi prochain, 23 avril 2011, 15 h, à MARSEILLE :


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• Vendredi 29 avril 2011, 19 h, à NICE :

Je reproduis ici le communiqué de l'association CNR : http://www.cnr-resistance.fr/

Conférence d'Etienne Chouard à Nice le 29 avril 2011.

Le Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR organise une conférence sur le thème de la création monétaire et de la dette publique le vendredi 29 avril 2011 à 19 h, maison des associations, place Garibaldi à Nice. Le conférencier est Etienne Chouard, professeur à Marseille.

Etienne Chouard est connu depuis 2005 pour avoir contribué à rendre accessible au plus grand nombre les informations contenues dans le Traité Constitutionnel Européen que le peuple français a rejeté massivement. Citoyen sans parti et sans ambitions politiques personnelles, son analyse critique du TCE remporte un vif succès. Depuis, il approfondit l’idée d’une Assemblée constituante tirée au sort et d’une création monétaire rendue à la puissance publique pour protéger durablement toute la société contre les abus du pouvoir.

Devant les atteintes à notre vivre ensemble, devant l'appropriation sans vergogne de tous les biens publics par une caste d'hyper riches, il est nécessaire et je dirais même plus, il est de notre devoir d'agir. Il faut s'informer sur les questions économiques. Le mécanisme de la dette est une arme de destruction massive de nos services publics. L'état doit retrouver le pouvoir de créer de la monnaie. Il doit arracher aux banques privées la création monétaire comme c'était le cas avant 1973. La séparation entre les banques de dépôts et les banques d'investissement doit être une revendication politique de premier plan. Le Conseil National de la Résistance avait imposé cela à la Libération. Cette loi a permis à l'État d'être le garant de l'intérêt général. Les trente glorieuses ont permis à notre pays ruiné et pillé de relever la tête et de redevenir une puissance industrielle de premier plan, pour le plus grand bonheur de la population. Comme par hasard les trente piteuses qui ont suivi l'interdiction faite à l'état de créer de la monnaie, ont installé la précarité. La désindustrialisation, le chômage de masse, les délocalisations, les privatisations, la finance en lieu et place de l'économie réelle, le pillage des biens publics par les puissants, ne sont que les conséquences de ce choix politique majeur et désastreux. Il faut donc ouvrir les yeux et retrouver le courage de dire non à cette entreprise de démolition programmée.

Cette conférence permet de mieux cerner les enjeux actuels.


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• Samedi 28 mai 2011, 19 h, à FRÉJUS :

Ce sera à 19 h, après le Congrès d'Europe-Écologie, au Palais des Congrès. Je vous en dirai un peu plus bientôt.


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Je viens de passer quelques jours avec Franck Lepage, à la maison pour rapprocher nos pièces du puzzle résistant, et dans les Alpes pour voler ensemble. Formidable bonhomme, vraiment.

Amicalement.

Étienne.

jeudi 7 avril 2011

Les enjeux de la création monétaire : chômage et aliénation, ou prospérité et démocratie (44)

Prochaine conférence-débat sur les enjeux de la création monétaire,
à Paris, samedi 9 avril, 16 h

Salut à tous.

Juste un mot pour vous signaler, après la conférence-débat sur le tirage au sort de 2010, un nouveau rendez-vous, cette fois sur… les enjeux de la création monétaire :-)

Ce sera à Paris, ce prochain samedi, 9 avril, à 16 h, au café Le Lieu-dit, 6 rue Sorbier, à l’initiative du Repaire de La-bas si j’y suis du 20ème arrondissement.
Voici l’affiche et le programme :

Dans le fil de pensée ci-dessous proposé, je ne suis pas très content de mon plan, dont certaines parties (celle sur le mécanisme de base, par exemple) sont encore assez mal articulées/structurées, je trouve ; mais le sujet est si vaste que j’ai du mal à trouver une progression naturelle, évidente, pédagogique et… complète.
Mais bon, on cherche, on progresse, ensemble.

Au plaisir d’y retrouver, peut-être, certains d’entre vous.


LES ENJEUX DE LA CRÉATION MONÉTAIRE POUR UNE SOCIÉTÉ :
CHÔMAGE ET MONNAIE ;
MONNAIE, DÉMOCRATIE ET PROSPÉRITÉ.


CHÔMAGE ? Bas salaires ? Misère ?

- Pourtant, 1) il y a beaucoup de travail à faire, de nombreux grands chantiers urgents.

- 2) On a aussi des hommes, nombreux, prêts à travailler.

Alors ?

- Alors, 3) tout ce qui manque pour venir à bout du chômage, c'est DE L'ARGENT.

Ah bon ?

Et c'est compliqué de créer de l'argent ?

Au fait, qui crée l'argent ? Comment ? Et pour qui ?

Pour une société, l'argent est un peu ce que serait le sang pour un corps vivant : il en faut LA BONNE QUANTITÉ DISPONIBLE, ni trop ni trop peu, pour permettre à l'organisme d'effectuer tous les échanges qui lui sont nécessaires.

Eh bien, le croirez-vous, notre système actuel régule cette quantité en fonction de NOTRE HUMEUR ! Si nous sommes optimistes, confiants dans l'avenir, nous en créons beaucoup (trop, on va voir comment), et si nous sommes pessimistes, nous en détruisons (alors que nous en avons besoin plus que jamais) et nous nous anémions complètement (on va voir comment).

Ce système est idiot.
(Pas pour tout le monde.)

L'idée de cet échange public est de parler entre nous, simples citoyens, des mécanismes — actuels vs souhaitables — de la création monétaire, pour cesser de nous faire promener par de prétendus "experts" dont la pensée est manifestement prostituée.

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Plan :

Introduction

La monnaie est le sang de notre société active ; sa quantité disponible conditionne la prospérité ou la misère, et aujourd'hui, elle dépend (stupidement) de l'humeur du moment ; étudions les mécanismes, leurs nuisances et quelques alternatives :


I - LA PRISON DE L'ARGENT-DETTE
(le coup d'État permanent de LA MONNAIE PRIVATISÉE)

A – Le mécanisme de base :

- Nos deux monnaies : la monnaie centrale et la monnaie des banques privées.
- Le crédit avec réserves fractionnaires,
- le seigneuriage (revenu de la création monétaire), d'abord partagé puis abandonné, la loi de 1973, l'art. 104 TM et 128 TL.
- L'exemple de la Fed.
- Rappel de ce qui relie la quantité de monnaie au niveau des prix : pas la quantité de monnaie, mais la rareté des biens et services. Donc on peut créer beaucoup de monnaie sans inflation, si on le fait progressivement et si on la met dans les bonne poches (Jean-Marcel Jeanneney) et en suivant l'intérêt général plutôt que l'intérêt des privilégiés.
- La thèse libérale, dite "standard" : la monnaie neutre, simple "voile" sans conséquence sur les échanges…
- L'humeur du temps comme stimulus (ultra critiquable) de la quantité de monnaie en circulation (Juglar et Allais)…

B – La soi-disant nécessité (à cause de la prétendue incurie de l'État) :

- La "planche à billets" (au sens large puisque les banques commerciales ne créent pas du tout les billets de banque, bien sûr) privatisée est-elle plus en sécurité qu'aux mains de l'État ?
- Le honteux mensonge de la soi-disant très prioritaire lutte contre l'inflation, qui cache la priorité inavouable donnée au… chômage de masse ! (Fitoussi)

C – Les prétendus garde-fous :

- La prétendue obligation de refinancement (alors que nous sommes "hors banque" depuis longtemps et que les BC refinancent les bc sans rien refuser),
- le soi-disant besoin d'emprunteurs (alors que l'on prête bientôt aux clochards (cf. subprimes) et que, par ailleurs, le prêt aux États et aux collectivités publiques est devenu, de ce point de vue méconnu, une vraie corne d'abondance),
- la théorique concurrence entre banques (privée effet si les banques s'entendent entre elles, pour avancer de plus en plus vite mais au même pas),
- les prétendus "professionnels du risque" que seraient les banquiers privés (qui ne prennent EN FAIT AUCUN RISQUE et qui s'ingénient avec succès à sortir tous les risques de leurs bilans),
- l'inacceptable autorégulation (qui est évidemment un foutage de gueule révoltant),
- le fantomatique respect des lois (alors que les élus des banques leur écrivent des lois sur mesure en retour d'ascenseur du financement des campagnes électorales)…

- Il reste les fuites (besoin de monnaie fiduciaire et besoin de devises pour financer le déficit des transactions courantes) qui, c'est vrai, limitent encore (un peu) la création monétaire par les banques privées, mais pas assez, et ces fuites ne règlent nullement le coup d'État des ultrariches sur le financement de l'économie.

D – les vraies nuisances, la soumission de tous (même l'État) aux porteurs d'argent (et a fortiori aux créateurs) :

L'exemple des pays sous-développés, jetés dans le piège de la dette odieuse. (Éric Toussaint, CADTM, aveux de Perkins assassin financier)

L'État ruiné :
1. les ressources confisquées,
2. les dépenses inutiles imposées,
3.les budgets (volontairement) déséquilibrés, l'État soumis aux cruels dieux marchés financiers,

L'État corrompu : la classe politique aux ordres de ceux qui financent son élection, politiciens menant des politiques antisociales et antirépublicaines (guerres, destruction des services publics, libre échange, liberté des capitaux, politique monétaire chômagène, immigration massive pour dumping social, injustice fiscale favorable aux oisifs…), pour toujours plus de soumission des individus atomisés,

Et la Société affaiblie : les crises provoquées (par les banques), les entreprises alors achetées pour une bouchée de pain, et le chômage généralisé (par manque de monnaie) pour une docilité maximum (au lieu d'une inflation modérée qui aurait rendu la monnaie fondante).


Le conflit fondamental oppose les travailleurs aux rentiers oisifs.


II – Quelques SOLUTIONS POUR FINANCER L'ÉCONOMIE : prendre le mal à la racine

A – Les solutions économiques :

- Monnaie fondante (Gesell) (ou inflation (Keynes), avec indexation générale (Allais) des salaires, des loyers et des emprunts) ;
- nationalisation des banques et Glass-Steagall Act (Keynes, Allais) ;
- "100 % money" (Fisher) ;
- la "reflation" (Jean-Marcel Jeanneney) par injection directe de monnaie permanente et gratuite (publique et indépendante de tout crédit)(Granjean, Galand) ;
- fermer la bourse (Lordon, Généreux) ;
- et généraliser la technique révolutionnaire et non étatiste des cotisations sociales (Bernard Friot).
- Expériences monétaires passionnantes (Holbecq, Derudder, Cornu)(presque toujours sabotées par les banquiers) : le principal effet de la création monétaire reprise en main par les citoyens est, toujours et partout, la disparition (en quelques SEMAINES !) du chômage.


B – Les solutions politiques :

- Sortir de l'élection (Chouard) (qui permet aux riches d'acheter le pouvoir politique et de bloquer le progrès social)
- et imposer le tirage au sort (Chouard) (qui a bien fonctionné pendant 200 ans, soit autant que l'élection qui, elle, trahit ses promesses depuis 1789).



Conclusion

Finalement, 1) les citoyens ne font pas le lien entre le chômage (leurs difficultés personnelles) et la façon de créer la monnaie, donc ils n'en font pas un sujet politique majeur ; 2) le tirage au sort des représentants (et de leurs contrôleurs) serait la seule procédure incorruptible capable de rendre au peuple le contrôle public de la création monétaire, et là encore, personne ne fait le lien entre ses difficultés quotidiennes et son impuissance politique entretenue par l'élection des constituants :

1) Pas de prospérité avec une monnaie privée.
2) Pas de monnaie publique sans démocratie.
3) Pas de démocratie sans tirage au sort (de l'Assemblée constituante, d'abord).

En matière d'abus de pouvoir, si on veut être "à l'os", à la vraie cause des causes, comme le résumait bien Montesquieu : tout pouvoir est porté à en abuser, tout pouvoir va jusqu'à ce qu'il rencontre UNE LIMITE. Il est donc inutile de s'en prendre aux pouvoirs qui abusent (ils sont programmés comme ça, on pourrait presque dire que ce n'est pas de leur faute), il faut plutôt s'en prendre à l'indifférence de tous ceux qui devraient rester VIGILANTS ET IMPOSER DES LIMITES. Quelle limite imposez-vous, vous-même ?

Ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir, ce n'est pas aux ministres, ni aux parlementaires, ni aux juges, ni aux hommes de partis, d'écrire ou modifier la Constitution : l'Assemblée constituante doit être tirée au sort.

Mais il est inutile d'attendre que les élus décident ÇA : ils ne le feront JAMAIS.

C'est aux citoyens eux-mêmes d'imposer que l'Assemblée constituante soit tirée au sort.

Tout le reste suivra, naturellement : démocratie et prospérité.
Sans cela, les pires continueront à gouverner.

*****

Bibliographie : je vous parlerai des réflexions de :

• Clément Juglar, "Des crises commerciales et de leur retour périodique" (1862).
• Silvio Gesell, "L'ordre économique naturel : monnaie franche et sol franc" (1911).
• Major Douglas (1879-1952) et Louis Even (1885-1974), "Le crédit social. Sous le signe de l'abondance".
• John Maynard Keynes, "Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie" (1935).
• Irving Fisher, "100% Money. La couverture intégrale." (1935).
• Eustace Mullins, "Les secrets de la réserve fédérale (1952).
• John Kenneth Galbraith, "La crise économique de 1929" (1954), "L'argent" (1975).
• Jean-Marcel Jeanneney, "Écoute la France qui gronde" (1996).
• Maurice Allais, "Pour l'indexation" (1990), "La crise mondiale aujourd'hui" (1999).
• Pierre-Noël Giraud, "Le commerce des promesses" (2001).
• John Perkins, "Les confessions d'un assassin financier" (2004).
• Jean-Paul Fitoussi, "La politique de l'impuissance" (2005).
• Éric Toussaint, "Banque mondiale, le coup d'État permanent" (2006) et "50 questions, 50 réponses sur la dette, le FMI et la Banque Mondiale" (2002).
• Marie-Louise Duboin, "Mais où va l'argent ?" (2007).
• Frédéric Lordon, "Jusqu'à quand ?" (2008), "La crise de trop" (2009), "Et si on fermait la bourse ?" (2010).
• Matt Taibbi, "Goldman-Sachs, la grande machine à bulles" (2010).
• André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder, "La dette publique, une affaire rentable" (2008), "Argent, dettes et banques" (2010).
• Christian Tutin, "La pensée monétaire de l'âge classique à nos jours" (2010).
• Jean-Michel Cornu, "De l'innovation monétaire aux monnaies de l'innovation" (2010).
• Bernard Friot, "L'enjeu des retraites" (2010).
• Christian Gomez, "Une vieille idée peut-elle sauver l'économie mondiale ?" (2010).
• Alain Soral, "Comprendre l'empire" (2011).

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Je profite de ce message pour vous signaler une très intéressante citation de John Law (injustement calomnié pour des excès que le roi lui-même —et pas Law du tout— a commises, en contradiction expresse avec tous ses conseils explicites de prudence : John Law savait très bien qu’il ne fallait surtout pas créer trop de monnaie-papier au risque de tuer la poule aux œufs d’or) :

Chômage et monnaie

« Le commerce est intérieur ou étranger. [...]

Le commerce intérieur dépend de la monnaie ; une plus grande quantité emploie plus d'individus qu'une moindre quantité. Une somme bornée ne peut faire travailler qu'un nombre d'individus proportionné ; et c'est avec peu de succès qu'on fait des lois pour employer l'oisif et le pauvre dans les pays où le numéraire est rare.

De bonnes lois peuvent porter le numéraire au plus haut degré de circulation dont il est susceptible, et le contraindre aux emplois qui sont les plus profitables au pays ; mais aucunes lois ne sauraient aller plus loin, et l'on ne peut pas faire travailler un plus grand nombre d'individus sans une plus grande quantité de numéraire mis en circulation pour payer les salaires de ce plus grand nombre. On peut les amener à travailler à crédit ; mais cela n'est point praticable, à moins que le crédit n'ait assez de circulation pour fournir aux besoins des ouvriers ; dans cette hypothèse, le crédit est une monnaie, et produira les mêmes effets que la monnaie sur le commerce intérieur et étranger. »

John Law, Considérations sur le numéraire et le commerce (1705), in E. Daire, Économistes financiers du XVIIIe siècle, Paris, Guillaumin, 1843.

Bien sûr, j’ai mis ça en bonne place dans ma (précieuse) page ‘En vrac’.

Tout un chapitre (qui, je crois, est inédit) est consacré à John Law dans le précieux livre de Christian Tutin, "La pensée monétaire de l'âge classique à nos jours" (2010) (signalé en biblio).

Amicalement.

Étienne.