Remous à gauche de la gauche
à propos de notre rencontre d'Aimargues

Chers amis,

 

La (passionnante) réunion avec le Café Repère d'Aimargues (près de Nîmes) la semaine dernière a suscité bien des remous :
je viens de recevoir par mail (plusieurs fois, de la part de personnes pas contentes de ça)
une copie d'une lettre circulaire qui parcourt les rangs d’un parti que je considère comme très proche
des valeurs humanistes auxquelles je tiens le plus, et j'ai été surpris d'y retrouver
les calomnies des prétendus "antifas" qui me persécutent depuis deux ans.

Je prends donc ma plume pour exprimer rapidement ce que ça m'inspire, point par point :

(Fichier PDF de ce document)

 

 

Note interne destinée aux militants du [parti], 19 déc. 2013 (extrait)

 

 

 

Ce que ça m'inspire, 26 déc. (extrait) :

 

 

"Il faut aussi signaler le cas d'Étienne Chouard, qui a joué un rôle déterminant lors du débat concernant le Traité Constitutionnel Européen.

 

 

Le bon vieux temps… les copains d'Attac… 

 

Je fais juste remarquer qu’il vaudrait mieux parler de Traité Inconstitutionnel Européen : écrire la Constitution par voie de traités est une véritable félonie de la part des ministres et des parlementaires payés pour nous défendre et pas pour nous vendre ; nous devrions montrer, par notre REFUS d’utiliser les mots menteurs, que nous avons compris et que nous combattons toujours cette escroquerie institutionnelle.

 

 

Il se réclame également de cette conception désincarnée de la démocratie selon laquelle il faudrait débattre avec tout le monde,

 

 

 

Désincarnée ? Pas du tout ! Projet pragmatique et réaliste, au contraire: l'isegoria, droit de parole pour tous à tout moment et à tout propos est un pilier porteur de toute démocratie incarnée digne de ce nom. Sans isegoria, on a affaire à des escrocs despotiques, pas à des démocrates.

 

Je suis strictement sur la ligne de Rosa Luxembourg et de Chomsky (excusez-moi) :

 

« La liberté seulement pour les partisans du gouvernement, pour les membres d'un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n'est pas la liberté. La liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement. »      

Rosa Luxembourg (La révolution russe).

 

« Si l'on ne croit pas à la liberté d'expression pour les gens qu'on méprise, on n'y croit pas du tout. »

Noam Chomsky.

 

 

sans voir qu'il joue par là un rôle de porte-parole avec des gens avec qui nous devons absolument garder nos distances et établir un cordon sanitaire.

 

 

D’abord, je "porte la parole" de tout ce qui me semble intelligent et utile au bien commun (excusez-moi encore).

 

Ensuite, quand je parle sur un média, je ne porte pas la parole du média mais la mienne C’est une erreur d’assimiler le locuteur au média qu’il utilise ici ou là.

 

Enfin, je ne suis pas raciste : je travaille idée par idée,  et non PAS  'race de penseurs' par 'race de penseurs'.

 

Il faudrait que les pharisiens (*) du « cordon sanitaire » m'expliquent ce que c’est, concrètement (de façon incarnée, hein, s'il vous plaît), qu’une «démocratie-où-TOUS-les-citoyens-ne-peuvent-PAS-débattre»…

 

Dans le système d'apartheid politique prôné par les tenants du « cordon sanitaire » (apartheid, oui, avec une race de sous-hommes définitivement interdits de débats politique, tenus à l'écart par une élite (auto-labellisée "de gauche" sans doute) qui, elle, a droit aux débats, et seulement avec ceux qu'elle choisit…), dans ce système raciste, donc, qui va décider qui peut débattre et qui ne peut pas ?

 

Et cette décision d'exclusion politique permanente sera prise sous le contrôle de qui ?

 

Et puis, est-ce que les citoyens interdits peuvent espérer un jour sortir de cette prison politique ? Ou bien sont-ils condamnés à vie à cet ostracisme du seul fait de leur nature (leur race quoi), qui a le malheur d'être déclarée du mauvais côté du « cordon sanitaire » (concept antidémocratique au possible) ?

 

Et le militant dévoué, à qui ses chefs donnent ainsi des consignes strictes sur qui lire, qui écouter, qui aller voir débattre : où est sa dignité d'homme libre ? Où est le respect de son discernement autonome et adulte ? Qui se permet de préjuger qui il doit écouter en politique ?

 

Et sur le plan des résultats du parti (incarnés, bien sûr), est-ce que ça marche bien, le "cordon sanitaire" ? 

 

Je signale enfin qu’il y a bien d’autres communautés qui essaient également de créer de tels interdits sectaires (**) antidémocratiques : tels militants redoutent et détestent les « socialo-communistes » et voudraient qu’on les fasse taire pour nous protéger tous du goulag ; tels autres voudraient que les « sionistes » soient muselés pour les empêcher de coloniser le pays en douce ; tels autres veulent faire taire les antisionistes en les assimilant à de dangereux « antisémites » ; tels autres veulent interdire aux « infidèles » à leur religion le droit de « blasphémer » publiquement ; etc. Va-t-on les laisser faire ?

 

Toutes ces tentations et tentatives de prise de contrôle du monopole de la parole publique s’apparentent à du communautarisme, c’est sectaire par définition, ça empêche la recherche de la concorde, et le fait de permettre aux chefs de clans de mettre en place leurs muselières politiques signerait la mort de la République (déjà largement dévoyée).

 

Je trouve important de remarquer que ce sont toujours des CHEFS de clan (ou des ASPIRANTS CHEFS) qui instrumentalisent la ZIZANIE, en attisant les querelles intestines de la Cité — et en interdisant aux soldats ennemis de fraterniser (comme les Allemands et les Français l’avaient fait en pleine guerre de 14-18) — pour que la guerre politique s’éternise à tout propos, discorde contraire à l’intérêt général mais absolument nécessaire aux chefs de guerre, pour justifier leur existence même.

Selon moi (mais je peux me tromper, ce n’est que mon avis), cette domination des chefs est suscitée et entretenue par l’existence des partis, machines de guerre politique qui nous condamnent tous à l’affrontement global et permanent ; partis qui eux-mêmes ne sont rendus absolument nécessaires QUE PAR l’institution calamiteuse du prétendu et faux « suffrage universel », qui réduit la politique (au sens noble du terme) à la désignation de MAÎTRES qui vont TOUT décider à notre place pendant cinq ans (politique au sens ignoble du terme).

 

Sur la plupart des sujets de société (retraites, sécurité sociale, choix de société vital entre chômage et inflation, indexation des salaires sur les prix, justice fiscale, choix entre libre-échange pour les multinationales ou protectionnisme pour les citoyens, contrôle des capitaux, politique monétaire, droits constitutionnels garantis à tous les êtres vivants et sensibles, traités internationaux, référendums d’initiative populaire, guerres d’agression prétendument humanitaires, néocolonialisme, école publique, énergie publique, gratuité des transports collectifs, grande distribution publique, information des citoyens, interdiction de la prise de contrôle de grands médias par les industriels et les banquiers, strict respect de la vie privée, liberté d’expression réelle, criminalisation du lobbying auprès des parlementaires, responsabilité réelle des acteurs publics, non cumul des mandats, lutte réelle contre la corruption, choix d’investissements publics, revenu minimum et maximum, patrimoine minimum et maximum, services publics, nationalisations, privilèges, etc.), les citoyens des TOUS les partis pourraient tomber d’accord, contrairement à la GUERRE TOTALE que leurs chefs de partis leur imposent de faire, projet de société global’ contre projet de société global’.

 

Ne me faites pas dire que je nie la lutte des classes, je dis précisément le contraire : pendant que les chefs de partis se rendent indispensables en nous conduisant à de fausses disputes sur de mauvais clivages (et rendent ainsi éternelle la lutte des classes), pendant ce temps, la classe des loisirs, comme le disait bien Thorstein Veblen, la classe oisive s’amuse et se goinfre à nos dépens.

 

Si on veut venir à bout (vraiment) de la lutte des classes (et du capitalisme), il faut arrêter de nous disputer sur des couillonnades (des conséquences de notre impuissance) et plutôt empêcher radicalement et prioritairement les ultra-riches d’écrire eux-mêmes les INSTITUTIONS (source PREMIÈRE du pouvoir), institutions corrompues qui leur permettent ensuite d’entretenir — et de gagner — la lutte GUERRE (dixit Warren Buffet lui-même) que leur propre classe-qui-ne-fait-rien (c’est le nom exact que donnait Veblen aux parasites qui nous gouvernent) mène contre la classe-de-ceux-qui-travaillent.

 

Je répète ma question principale, (qui me semble rédhibitoire : on ne peut pas y répondre sans tuer la République) : QUI VA DÉCIDER du prétendu « cordon sanitaire » ?

 

De mon point de vue, le concept même de « cordon sanitaire » est ANTIPOLITIQUE, antidémocratique, despotique : des institutions vraiment démocratiques, par définition, nous imposent de parler précisément à ceux que nous détestons le plus, et elles nous forcent ainsi à démontrer publiquement, de façon construite et argumentée, convaincante pour tous les citoyens spectateurs de cette mise en scène des conflits, l’inanité ou la dangerosité des thèses que nous combattons.

 

Ceux qui défendent ce « cordon sanitaire » (le leur, bien entendu…) voudraient gagner la bataille politique sans avoir à prouver qu’ils ont raison à l’occasion de débats publics permanents et variés. C’est la négation même de l’idée démocratique. Que ses défenseurs en soient conscients ou pas, cette position est parfaitement antidémocratique.

 

Chacun fait comme il veut, bien sûr, mais pour ma part, je trouve dans cette affaire de nouvelles raisons de me réjouir de n'appartenir à aucun parti, à aucune de ces armées politiques où règne une telle police de la pensée. Homme libre, libre de soutenir toute idée que je trouve utile à l'intérêt général, je ne risque pas de me plier à ce genre d’injonctions comminatoires infantilisantes.

 

 

Étienne Chouard publie et recommande des articles ou ouvrages de fascistes, négationnistes ou complotistes notoires : il conseille vivement la lecture des ouvrages d'Eustace Mullins, théoricien négationniste, antisémite et révisionniste ;

 

 

Ben voyons… dit comme ça, c'est de la diffamation : on dirait que je suis carrément un propagandiste nazi… Parmi mille autres livres, je recommande UN et un seul livre d'Eustace Mullins, un livre qui n'est absolument PAS antisémite (je combats l'antisémitisme qui est une saloperie, comme tous les racismes), et j’en parle parce que c'est un livre formidable pour comprendre en détail l'origine et les méthodes de l'incroyable et scandaleuse escroquerie bancaire qui nous afflige aujourd'hui. S'interdire de lire ce livre, c'est s'exposer à ne rien comprendre à la prétendue "Réserve Fédérale Américaine" (les trois mots sont faux), ni à ses équivalents dans le monde.

 

Vous remarquerez, c'est intéressant, que tous ceux qui incriminent sérieusement les grandes banques d'affaires sont aussitôt accusés d'antisémitisme.  C'est lamentable.

 

 

il conseille la lecture d'Antony Sutton, intellectuel qui est l'un des principaux théoriciens conspirationnistes américains ;

 

 

Et alors ? S'il y en a qui trouvent que Sutton dit des sottises ou des horreurs (ce qui est tout à fait possible : c'est même précisément pour le savoir qu'on en parle publiquement), eh bien qu'ils le prouvent ! voilà tout.

 

Je déplore ce mot de "conspirationniste" qui est une véritable agression contre l'intelligence critique : je note d'ailleurs que les mots "conspirationniste" et "complotiste" sont systématiquement utilisés pour discréditer un donneur d'alerte (institution FONDAMENTALE dans une démocratie digne de ce nom), et ces mots eux-mêmes sont devenus pour moi un révélateur, un indicateur : ceux qui utilisent les mots "conspirationniste" et "complotiste" sont des flics en civil du système ; consciemment ou inconsciemment, ils le sont DE FAIT.

 

J'attire votre attention sur ce qui suit, qui est très important à mes yeux :

 

Un militant de gauche ne peut pas s'interdire de dénoncer les multiples conspirations des puissants sans devenir par là même INUTILE.

 

À QUOI SERT UN MILITANT DE GAUCHE QUI SE SENT COUPABLE
(ET DONC S'INTERDIT) DE DÉNONCER UN COMPLOT ?    À RIEN.

 

Et c'est probablement le but de toute cette fumeuse théorie de "la théorie du complot" : neutraliser les luttes sociales radicales (celles qui pourraient servir à quelque chose).

 

Je suis donc très inquiet que les mouvements de gauche vraie (***) se mettent, eux aussi, à traquer les "conspirationnistes" : s'ils laissaient grandir cette infirmité en eux, ils ne serviraient strictement plus à rien dans les luttes réelles.  Ceux qui sèment — et imposent ! — cette zizanie à gauche sont terriblement malfaisants.

 

 

il fait la promotion du site Reopen911 qui est un site conspirationniste ;

 

 

• D'abord, je trouve effectivement REMARQUABLE le travail d'information et de recherche de la vérité des lanceurs d'alertes de ReOpen911. Une bonne invitation au débat démocratique. Un site d'utilité publique.

 

• Ensuite, je trouve minable (c'est bien le mot) l'argument sec de "conspirationnisme". C’est indigent. Affligeant. Absolument PAS convaincant.

 

Ceux qui se laissent intimider par cette insulte ("complotiste") sont des trouillards. Chacun son truc. Moi, je n'obéis pas aux injonctions de penser, je pèse les arguments sur une balance avec mes valeurs, honnêtement, et je tiens à la pluralité (à la biodiversité politique) de mes informations.

 

Là comme ailleurs, chacun doit se déterminer tout seul, en conscience.

 

Les milliers de militants de ReOpen réclament une enquête indépendante sur les attentats du 11 septembre, et ils argumentent pour en prouver l'urgente nécessité. La belle affaire ! C'est quand même très anodin, et pas du tout criminel, de seulement réclamer une enquête, juste parce qu'on ne croit pas sur parole, effectivement, les menteurs criminels qui sont aux manettes de la machine de guerre américaine…

 

Mais là encore, il y a un marqueur, regardez bien : la plupart des gens qui diabolisent ReOpen911 sont des chiens de garde du système. Diaboliser les sceptiques, ça leur sert de marqueur entre eux, entre collabos : si tu ne diabolises pas ReOpen, tu seras persécuté à ton tour par le système.  Et ça fait peur aux autres.

 

Et inversement, le simple scepticisme sur cette affaire devient un signe d'indépendance intellectuelle (et de courage) pour les autres : les résistants.      

 

Étonnante régularité de cette observation.

 

 

il relaie et soutient

Thierry Meyssan ;

 

 

 

Ah ! Thierry Meyssan… Mais qu'est-ce qu'il vous a fait, cet homme-là ? Il lutte contre l'extrême droite depuis toujours, il dénonce (courageusement, et dans une logique sociale évidemment de gauche) les infâmes mensonges médiatiques montés pour conduire les opinions publiques à accepter les GUERRES coloniales de l'OTAN, qu'est-ce qu'il vous faut de plus pour AU MOINS l'écouter ? D'une oreille critique, évidemment, mais intéressée quand même, non ? Vous en connaissez beaucoup, vous (à part Michel Collon — autre journaliste anti-guerre, lui aussi persécuté par les prétendus "antifas" qui sont de fait une fausse "gauche", favorable aux projets de domination de l'OTAN), vous en connaissez beaucoup, donc, des journalistes qui dénoncent fortement les média-mensonges et les guerres à répétition menée au loin en notre nom ? Vous en connaissez assez pour faire la fine bouche et tenir à l'écart celui-ci et celui-là, emprisonné par un "cordon sanitaire" (sic) déterminé par on ne sait qui ?

 

Écoutez : moi, je peux me tromper bien sûr, mais jusqu’à plus ample informé, je crois que Meyssan est honnête et qu'il nous donne, pour l'essentiel (je ne lis pas tout de lui, loin de là), une information de (vraie) gauche  (anti-guerre, anti-impérialiste et anticoloniale, moi ça me va) bien utile pour comprendre et pour résister à l'empire des néoconservateurs, qui grandit partout dans le monde. Si vous estimez qu'il se trompe, prouvez-le, simplement, mais ne diabolisez pas ceux qui signalent (certaines de) ses alertes, car ça, c'est vraiment nous prendre pour des enfants ou pour des idiots.

 

 

il diffuse la production

d'Alain Soral ;

 

 

Quelle exagération… Parmi 20 000 liens sur mon site, j'ai mis UN lien vers Soral, un lien tout simple et sans commentaires, alors tu parles d'une "diffusion de production"… Calomnie toujours…

 

À part ce lien (que j'assume), je ne parle JAMAIS de Soral (car je sais que c'est interdit par les chefs de la pensée, que Soral n’est pas irréprochable, et que cette partie de la résistance me coûte trop de temps : je m'épuise avec ce truc qui n'est PAS mon sujet principal), je n’en parle pas sauf quand on m'y conduit de force, comme ici, car j'assume ce que je fais, comme un adulte libre. Si je me trompe, je le reconnais et je progresse. Mais PAS SUR ORDRE : il faut me prouver que je me trompe, bien sûr.

 

J'ai mis ce lien (avant de savoir la haine féroce que Soral inspirait aux privilégiés du système) parce que j'ai trouvé chez Soral — en plus de certaines de ses analyses que je trouve pertinentes, et de son courage qui est évident —, j'ai trouvé, donc, une alerte et des documents très utiles sur un sujet important dont j'ignorais presque tout et qui semble largement méconnu à tort : LE SIONISME.

 

Excusez-moi mais c'est Soral qui m'a fait découvrir les livres bouleversants et passionnants de Bernard Lazare, d'Israël Shahak, de Norman Finkelstein, de Gilad Atzmon

 

Je combine toutes ces informations avec ce que j'apprends par ailleurs sur Là-bas si j'y suis (la meilleure radio d’éducation populaire du pays, selon moi), avec Shlomo Sand, Gideon Levy, Éric Hazan

 

Je les combine encore avec tous les témoignages et commentaires importants que signale Michel Collon sur le même sujet.

 

Et je les combinerai encore avec les prochaines informations que je découvrirai sans doute à l’occasion des prochaines controverses sur la question.

 

Excusez-moi de m'informer librement, par différentes voies, et de recouper les infos.

 

Si on me signale un projet de domination dont je n’avais pas conscience jusque-là, si les preuves semblent sérieuses, je ne me contente évidemment pas d’une (trop commode et creuse) accusation de « racisme » ou de « complotisme » en retour pour abandonner l’affaire : vous faites comme vous voulez, mais moi, je n’ai pas envie d’être dominé… Tout mon travail depuis huit ans consiste à rendre impossible tout projet de domination (partout sur terre) ; alors je ne vois pas pourquoi je devrais m’interdire de travailler ce projet-là (ou un autre).

 

L’ONU elle-même (résolution 3379) a dénoncé solennellement le sionisme comme « forme de racisme et de discrimination raciale ». Ici et maintenant, je trouve donc scandaleux de criminaliser la simple aspiration au débat, sur ce point comme sur d’autres : si vous pensez — c’est votre droit le plus strict — que le sionisme n’est pas un projet de domination raciste mais plutôt un projet humaniste pacifique et non raciste, ce qui est peut-être vrai, prouvez-le, mais sans museler personne.

 

 

Exactement comme tous mes autres liens, le lien vers Soral est donc une invitation à discuter : je ne dis pas la messe, comme le ferait un chef de parti, je participe à un "cerveau collectif" où les controverses sont quotidiennes, et je cherche à y voir clair, à comprendre où je me trompe, et éventuellement où on me trompe.

 

Il est assez inquiétant (et ça recoupe d’ailleurs ce qu’expliquent tous les livres ci-dessus) que le débat sur le sionisme soit interdit en France : LES DÉFENSEURS DU SYSTÈME FONT TOUT POUR CONFONDRE L'ANTISIONISME (QUI EST UN ANTIRACISME) AVEC L'ANTISÉMITISME (QUI EST UN RACISME).

 

On n'arrive pas à penser à l'endroit si on mélange tout et si on laisse mettre les mots important à l'envers. J'ai l'impression qu'il y a là une CONFUSION décisive qui sème la zizanie à gauche et nous empêche de résister au capitalisme. Le plus troublant est que ceux-là mêmes qui entretiennent cette confusion première (probablement des sionistes) se posent en donneurs de leçon contre le soi-disant « confusionnisme » des antisionistes…  C'est gonflé, c'est assez malin, mais ça commence à se voir (quand on se documente).

 

Comme pour Meyssan ou d'autres, si vous trouvez que Soral se trompe ou qu'il nous trompe, PROUVEZ-LE et laissez-le SE DÉFENDRE point par point, mais ne vous contentez pas de les traiter tous de "racistes", lui et ses lecteurs, alors que son mouvement (E&R) est à l’évidence un exemple de mosaïque de couleurs et de religions (on peut sûrement leur reprocher plein de trucs, évidemment, mais l'accusation de racisme ne tient pas debout, à mon sens).

 

Puis, quand les calomnies ont démarré et qu'on a commencé à me menacer si je ne retirais pas ce lien de mon site, après un moment de surprise devant la disproportion entre l'acte et l'attaque, je me suis arc-bouté parce que résister aux menaces injustes est une forme de courage que je veux assumer, et aussi parce que j'ai horreur qu'on m'impose ce que je dois faire ou penser, et j'ai laissé le lien : je ne lynche pas, même sur ordre. J'attends donc des débats contradictoires honnêtes où Soral pourra être attaqué point par point et pourra se défendre. Normalement, quoi. Et puis alors, on verra. L'ambiance de lynchage obligatoire  (sous l'étendard fallacieux "antifa") qui se développe en France est inquiétante, je n'y participerai pas.

 

Pourtant, je me sens moi-même profondément "antifa" : ce à quoi je travaille jour et nuit, la mutation contagieuse des électeurs en constituants et l'institution d'abord (et la défense quotidienne ensuite) par le peuple lui-même d'un régime vraiment démocratique, processus que je défends (concrètement) de toutes mes forces, empêchera DURABLEMENT toute forme de fascisme (rouge, vert, brun ou que sais-je). L'accusation de sympathie fasciste dont on m'accable est donc stupide (enfin, pas si stupide que ça pour la ploutocratie qui se défend).

 

 

il défend Robert Ménard, soutien du Front National et défenseur de la peine de mort ;

 

 

Sans blague, "je défends Ménard"… J'ai dit trois mots (ce que je pensais, quoi) sur Ménard… Je l'ai trouvé courageux de défendre mordicus la liberté d'expression au milieu des molosses qui luttent contre la liberté d'expression dans le pays. Et le procès qu'on me fait juste pour avoir dit ça montre bien que la liberté d'expression est effectivement en recul en France, et que le danger ne vient PAS de là où les chiens le prétendent en aboyant.

 

Par ailleurs, je suis CONTRE la peine de mort et contre TOUS les partis (qui, selon moi, confisquent la politique aux individus et nous condamnent à une guerre politique permanente, mal ciblée et non nécessaire), et c'est une calomnie de ne pas le rappeler dans la note, en laissant même mensongèrement supposer le contraire. La personne qui a écrit ce papier est quand même sacrément déloyale.

 

 

il admire Cheminade, le mentor du groupe solidariste.

 

 

 

"J'admire Cheminade, le mentor…" C'est un art, de calomnier, vraiment : résumer avec les mots qui blessent et pas avec les mots qui comptent pour dire vrai… C'est un art de faussaire, mais c'est un art.

 

Je ne connais pas le mot "solidariste" (c'est nouveau, ça) ; ça ne sonne pas mal à mes oreilles, en première approche. Mais apparemment c'est interdit aussi, d'être "solidariste" ? Il faudrait expliquer les néo-insultes, svp. 

 

Alors, qu'en est-il EN FAIT ? Je trouve admirable (et je l'assume, que croyez-vous, comme le reste) la ténacité de ce vieux monsieur qui a voué sa vie (et qui s'est exposé et ruiné pour ça) à la lutte contre ce cancer antisocial qu'il appelle (très opportunément selon moi) le "fascisme financier", qui ronge nos sociétés.

 

Et alors ? Il y en a, dans votre parti « à gauche de la gauche », qui ne sont pas d'accord avec la lutte contre le fascisme financier, peut-être ? Et au point de diaboliser un résistant de la première heure, en montant en épingle deux ou trois couillonnades sans importance ? Mais de quelle gauche on parle, là ?

 

Donc, de mon point de vue, cet humain (Jacques Cheminade) qui a abandonné sa carrière confortable pour se bagarrer DEPUIS VINGT ANS CONTRE LA FINANCE APATRIDE, sans aucun moyen, malgré le mépris et les calomnies des prétendus "journalistes professionnels", avec son microscopique parti de jeunes bénévoles, celui-là, oui, il mérite une certaine admiration. Et je trouve des tas de choses utiles (pas tout, évidemment) dans son travail.

 

Et j'ai lu ce qu'on lui reproche en détail : c'est accablant de bêtise et de mauvaise foi.

 

 

Pour toutes ses raisons, nous appelons solennellement les camarades à ne pas faire écho par quelque moyen que ce soit à ces groupes ou individus.

 

"Ne pas faire écho à ces individus"… Mais dans nos ateliers constituants, on ne parle PAS de ces individus, figurez-vous !  

 

Mais ce dont je parle vraiment, principalement, cette note "d'information politique" a l'air de s'en ficher totalement.

 

Quand les militants (de toutes sortes) m'invitent, on parle de ce dont devrait parler un mouvement de gauche digne de ce nom (donc ça ne devrait pas faire peur à un parti de gauche véritable) : on parle de la racine institutionnelle de notre impuissance populaire, des causes premières des injustices plutôt que de leurs conséquences, on fait entre nous, SANS CHEFS, de l'éducation populaire, on fait monter notre niveau de conscience de façon autonome, on se prépare comme à l'entrainement pour être nombreux à être prêts, nombreux à savoir constituer nous-mêmes, le jour de la prochaine nouvelle donne… On se traite les uns les autres en adultes, sans s'imposer quoi que ce soit, surtout pas de police de la pensée, on cherche.

 

Et ça, l'aspiration à l’autonomie réelle des humains, de leur propre initiative, leur mutation en adultes politiques, ça fait peut-être peur aux chefs, on peut comprendre.

 

 

L'assimilation qui serait faite entre eux et le [parti] serait non seulement exploitée par des gens qui ne nous veulent pas du bien, mais irait à l'encontre de notre devoir d'éducation politique et populaire, en laissant croire qu'ils sont fréquentables et leurs thèses des arguments audibles et discutables sereinement."

 

C'est étonnant d'avoir ainsi peur de son ombre, peur d'être assimilé à quelqu'un d'autre, comme si on n'était pas sûr de soi et de ses convictions humanistes. Êtes-vous donc si fragiles dans vos valeurs que simplement débattre avec un adversaire risquerait de vous faire changer de valeurs ?... Êtes-vous si méfiants des convictions profondes des soldats de votre armée politique que vous craignez carrément qu'ils passent à l'ennemi au moindre échange intellectuel ?

 

 

Ce que je vais dire maintenant est, pour moi, essentiel :

 

Traiter ses adversaires politiques de "NON FRÉQUENTABLES", c'est ANTI-POLITIQUE et C'EST DU RACISME : c'est naturaliser l'opinion (pourtant forcément passagère) de son adversaire ; c'est l'enfermer dans ce qu'il a dit ou pensé par le passé ; c'est présupposer qu'il pense ce qu'il pense PAR NATURE et qu'il NE PEUT PAS changer d'avis ; c'est donc RENONCER À la politique ; c'est donc nous exposer à la castagne ; c'est juste effrayant ; j'insiste : c'est raciste.

 

Si, pour vous, faire de la politique c'est ne débattre QUE avec des amis ou des alliés (et traiter tous les autres de "racistes"), on n'ira pas loin, et les maîtres-chanteurs des banques et des multinationales vont nous voler et nous exploiter encore longtemps.

 

Vous savez (je vous parle en ami de vos méthodes que je ne partage pas), si 1) vous traitez de "racistes" (ou de "fascistes"…) ceux qui ne pensent pas exactement comme nous (sur la question des étrangers notamment), et si 2) vous refusez les débats approfondis avec ceux qui vous contredisent, vous passez littéralement pour des tyrans, vous faites peur ; c'est complètement contradictoire avec votre message de fraternité universelle et j’imagine que ça ne donne pas du tout envie de vous rejoindre ou même de voter pour vous.

 

Enfin, je dis ça, c'est pas mes oignons, moi je ne suis candidat à rien, je fais juste en conscience de mon mieux : pour ma part, je ne crois plus du tout au faux "suffrage universel" que je considère comme une escroquerie montée et défendue exclusivement par des voleurs de pouvoir, et je préfère concentrer mon énergie sur les causes premières des injustices plutôt que perpétuellement brailler contre les conséquences sans jamais rien changer.

 

J'ai compris que nous ne gagnerons JAMAIS les élections, parce que le jeu est truqué, et j'en ai marre de jouer avec des tricheurs : je veux qu'on réécrive nous-mêmes les règles du jeu social et pour cela, je ne reconnais PAS les fausses divisions, les fausses oppositions, auxquelles le jeu de dupes électoral voudrait nous faire adhérer et qui nous affaiblissent dramatiquement.

 

L'ennemi de classe (le vrai néofascisme : la mainmise totale des plus riches sur l'État, les lois, la force publique et les impôts) est DÉJÀ AU POUVOIR, autant grâce à "l'UMP" que grâce au "PS", et LE DANGER N'EST PAS DANS LES PETITS PARTIS QUI SERVENT DE LEURRES AU SYSTÈME, de muleta pour nous détourner de l'essentiel, petits partis auxquels on ne donne la parole (mais JAMAIS assez pour emporter une élection) que pour donner l'illusion de la pluralité et pour entretenir ainsi l'espoir qui nous maintient à la maison alors que nous devrions sortir de chez nous, nous parler et nous révolter.

 

 

Avant de vous laisser, je suggère que les auteurs de cette objurgation aux militants humanistes nous indiquent des DÉFINITIONS PRÉCISES pour les insultes qu’ils réservent à ceux avec qu’ils ne veulent pas (ou ne peuvent pas) débattre (adjectifs excluants que personne ne revendique, il est important de le remarquer : c'est vous qui posez les étiquettes infamantes qui vous dispensent ensuite commodément de débattre) : "extrême droite", "fasciste", "raciste", "xénophobe", antisémite", "complotiste", "conspirationniste", "confusionniste", etc.

 

 

 

Et n'oubliez pas  — à graver sur la porte du local :-)  :

 


« LA LIBERTÉ SEULEMENT pour les partisans du gouvernement, POUR LES MEMBRES D'UN PARTI, aussi nombreux soient-ils, CE N'EST PAS LA LIBERTÉ.

 

LA LIBERTÉ, C'EST TOUJOURS LA LIBERTÉ DE CELUI QUI PENSE AUTREMENT. »    

 

Rosa Luxembourg.

 

  

 

Sans rancune,
mais toujours libre, pour l'instant.

 

Étienne Chouard,  

le 26 décembre 2013.

 

 

 (*) PHARISIEN : personne qui, observant strictement les préceptes moraux, s'attache plus à leur formalisme qu'à leur contenu, et se donne une bonne conscience avec laquelle elle juge sévèrement la conduite d'autrui (source : ATILF).

 

(**) SECTAIRE, adj. et subst.

I. Adjectif

A. [En parlant d'une pers. ou d'un groupe de pers.] Qui fait preuve d'intolérance plus ou moins agressive et d'étroitesse d'esprit à l'égard des opinions religieuses, philosophiques ou politiques d'autrui. Synon. fanatique, intolérant; anton. éclectique, libéral, tolérant.

 

(***) Le mot « GAUCHE » a été usurpé (c’est le mot parfait) par des riches prédateurs menteurs dès le début des révolutions « libérales » du 18e siècle (voir les formidables explications d’Henri Guillemin à ce sujet) ; il est donc essentiel de se méfier des étiquettes comme « centre gauche » (l’affreux parti d’Adolphe-Thiers-le-massacreur-de-la-Commune et de ses complices industriels, banquiers et royalistes) ou comme « socialiste » ou « populaire », et de les évaluer rigoureusement pour ne pas élire nous-mêmes nos propres maîtres-chanteurs esclavagistes.