avril 2013 - Blog du plan C, pour une Constitution Citoyenne, écrite par et pour les citoyens

Blog du plan C, pour une Constitution Citoyenne, écrite par et pour les citoyens


C'est notre Constitution qui est notre seule arme (et c'est aussi la meilleure) pour contrôler les pouvoirs. À nous d'en parler, entre simples citoyens, pour devenir des millions à l'avoir compris : ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.

Bienvenue :o)


Étienne Chouard
Je cherche ici à mettre en débat ouvert ce dont on ne parle nulle part : les plus grands principes institutionnels dont tous les citoyens (gauche, centre, droite) ont besoin pour se protéger des abus de pouvoir.

Je vous propose d'aller voir le FORUM et de suivre le SOMMAIRE, point par point (un principe par jour pour une digestion facile ?), et de réfléchir à votre propre position : Pour ? Contre ? Partagé ?

Et si personne (ni moi, ni d'autres ici) n'a encore défendu les arguments qui vous semblent importants, formulez-les vous-même : nous progressons ensemble en combinant nos réflexions, démocratiquement et positivement :o)

Suggestion :
pour parler nombreux
sur de nombreux sujets :
. soyons brefs,
. dans le sujet,
. et patients :-)

Une fois les principes bien débattus sur le FORUM, vous pouvez, dans la partie WIKI, écrire vous-mêmes les articles qui vous semblent importants dans une Constitution, aussi bien nationale qu'européenne.

Sur cette partie BLOG, je vous propose de nous parler plutôt des problèmes qui ne sont pas spécifiquement institutionnels (économie, histoire, philosophie, sociologie, société, actualité, technique, littérature, etc.), mais qui tournent quand même autour des sujets évoqués sur le forum : on cherche à imaginer ensemble un outil intellectuel, robuste et durable, contre les abus de pouvoir.

J'ai hâte de vous lire :o)

Étienne Chouard


Retour à la page centrale :
Le site d'origine s'appelle AEC : "Arc-en-Ciel" (après la pluie le beau temps) :o)


Présentation du PLAN C :


Rouages fondateurs d'une vraie démocratie :


Citoyens Européens Contre le Régime Illégitime :


Malformation congénitale de l'Union européenne :


Liberté d'expression :


Vote blanc = protestation légitime:


Henri Guillemin


Jean-Jacques ROUSSEAU


Cornélius Castoriadis


Gentils virus






Commentaires récents (de la partie blog ; voir aussi le forum et le wiki) :

Articles récents :




jeudi 18 avril 2013

CARTE des Gentils Virus dans le MONDE (51)

Ça pétille chez les virus :)

CARTE des GV dans le MONDE

"Envie de rencontrer d'autres GV pour parler démocratie ? Refaire le monde ?
N’hésitez pas à vous localiser et contacter les GV près de chez vous.

Nous vous invitons à envoyer votre demande de localisation
à l'adresse mail suivante :
map-gv(at)outlook(point) com
en indiquant prénom et nom (ou pseudo) et localisation (ville), ainsi qu'un lien de contact (facebook, e-mail, site internet, blog)."

http://goo.gl/maps/Mc4Tb


Afficher Carte des GV dans le monde sur une carte plus grande

mardi 16 avril 2013

Promouvoir nous-mêmes la prochaine mise en scène de Frédéric Lordon par Judith Bernard : "Bienvenue dans l'angle Alpha" (177)

Promouvoir nous-mêmes
la prochaine mise en scène
de Frédéric Lordon par Judith Bernard :
"Bienvenue dans l'angle Alpha"


Chers amis,

Vous savez l'importance que j'accorde au travail de Frédéric Lordon : c'est le seul qui résiste en réclamant prioritairement des réformes de structure au lieu de focaliser sur la petite vertu des personnes. Il ne lui manque que l'objectif opérationnel du tirage au sort des auteurs de ces nouvelles structures pour que nous soyons bien synchrones tous les deux (il progresse vite ces temps-ci, il a trouvé épatant le film Dédale, m'a-t-il dit) :)

Je suis allé voir récemment la mise en scène par Judith Bernard de la pièce de Frédéric "D'un retournement l'autre". Avant de voir la pièce, au cinéma puis au théâtre, j'aimais déjà ce texte puissant, amusant et décapant, mais la mise en scène de Judith et le jeu des acteurs m'ont enthousiasmé : j'ai trouvé ce spectacle épatant (et je peste qu'il n'y en ait pas de trace vidéo complète).

Frédéric a écrit bien d'autres livres, bien sûr, mais l'un d'entre eux, excellent lui aussi, a tapé dans l’œil de Judith qui projette de l'adapter à la scène. Je trouve l'idée stimulante car j'aime bien le couple Lordon/Bernard et j'ai hâte de voir comment Judith va reformuler/mettre en scène Frédéric, en convoquant Spinoza dans notre bagarre moderne contre les tyrans.


Mais il faut des sous pour préparer un spectacle, et dans notre pays, si j'ai bien compris, les pouvoirs publics n'aident que les théâtres publics, et presque pas les théâtres privés. Ce qui fait que Judith risque fort de ne pas décrocher les aides publiques pour préparer son (pourtant très modeste) spectacle.

Je relaie donc ici son appel à l'aide, qui nous propose une souscription, c'est-à-dire une participation financière préalable de tous ceux qui aimeraient bien voir à nouveau du Lordon sur scène et qui comprennent bien que c'est à nous d'aider les artistes que nous aimons, un peu comme font (très bien) les Mutins de Pangée quand ils nous appellent à cofinancer par souscription les prochains films de Daniel Mermet sur Noam Chomsky ou Howard Zin.

Première lettre de Judith Bernard, aux fidèles de la troupe ADA :

Chers amis,

Vous le savez sûrement, la compagnie ADA-Théâtre prépare désormais son prochain spectacle, Bienvenue dans l’angle Alpha – d’après Capitalisme, désir et servitude, de Frédéric Lordon. La création est programmée pour le 7 janvier 2014 au Théâtre de Ménilmontant. Et vous le savez aussi, ADA ne dispose à l’heure actuelle d’aucune subvention ; ce qui veut dire : aucun moyen pour louer un espace de répétition, et faire fabriquer le premier (et seul) élément de décor dont nous avons besoin pour répéter (une échelle-double un peu magique).



Aussi ADA a-t-elle décidé de s’en remettre à vous : vous êtes le "premier cercle", celui des amis, des proches, des potes, qui nous connaît, a souvent vu nos spectacles avant, et sait pouvoir nous faire confiance. Si vous voulez soutenir le projet, et ainsi permettre au spectacle d’advenir, vous pouvez faire un geste, via le site de financement participatif Ulule : vous pourrez en retour obtenir des invitations pour le spectacle, des albums photos des spectacles, des affiches dédicacées… Même un petit geste (les dons commencent à 10€) est extrêmement précieux : c’est la part du colibri, une marque d’affection, la foi dans le collectif, une manière d’être utile, et toujours bienvenu… dans l’angle Alpha !

Si nous parvenons à mettre en place un début de financement via le cercle des proches, le projet devient public, et la campagne de collecte peut être diffusée très largement... Ainsi la collectivité aura-t-elle permis qu'advienne ce spectacle que nous lui destinons.

Pour consulter le projet, vous faire une idée, poser une question, et pourquoi pas faire un don, c’est là : http://fr.ulule.com/langle-alpha/

...

Deuxième lettre de Judith :

Chers amis,

Vous avez été épatants ! Votre promptitude et votre générosité ont permis à notre projet d'atteindre 28% de financement en une semaine ! Si nous gardons ce rythme, nous pourrons atteindre l'objectif des 3500€, et ainsi percevoir en effet vos dons (si l'objectif n'est pas atteint au 10 mai, les donateurs sont remboursés et la compagnie ne touche rien). Si vous songez à des personnes dans votre entourage susceptibles de s'intéresser à notre projet et d'aider à sa naissance, ou si parmi vous certains ont eu envie de faire un geste, mais n'en ont pas trouvé le temps/l'humeur/l'élan, n'hésitez pas : il n'est pas trop tard !

Ça se passe ici : http://fr.ulule.com/langle-alpha/

La démarche est significative et peut vous sembler étrange : en contribuant ainsi par vous-mêmes à la production de ce spectacle, vous vous substituez à la puissance publique. Elle ne nous a jamais soutenus - pour plein de raisons : elle a de moins en moins de moyens, étranglée par des politiques qui ne lui sont pas favorables, et nous n'avons pas l'heur de lui plaire, ne jouant que dans les théâtres privés qu'elle ignore, pour des publics qui ne sont pas ceux des théâtres publics en vogue, et loin des réseaux qu'il convient d'infiltrer...

Nos spectacles nous paraissent pourtant avoir une véritable utilité publique, soucieux de produire un théâtre à la fois critique et ludique, capable de réjouir tous les publics tout en armant une pensée critique redoutablement aiguisée. Bienvenue dans l'angle Alpha s'inscrit dans cette démarche, en proposant de mettre de la philosophie politique sur un plateau plein de joie... Beau défi, difficile aussi, que nous œuvrons déjà à relever dans le laboratoire de nos premières répétitions ; vous savoir avec nous est la plus belle récompense de nos efforts.

Merci à tous, pour ce qui a déjà été fait, pour ce qui sera fait encore,
et à bientôt,

Judith.


Voilà, j'espère que vous serez assez nombreux avec moi pour aider Judith, et que nous aurons bientôt le plaisir de goûter du bon Lordon la prochaine saison :)

Étienne.

_________________


PS : pour ceux qui l'auraient raté, le dernier billet de Frédéric sur la Pompe à phynance est savoureux :


Le balai comme la moindre des choses



http://blog.mondediplo.net/2013-04-12-Le-balai-comme-la-moindre-des-choses

et le fil de commentaires y est très instructif
(Il y a un 'Étienne' (qui n'est pas moi) qui questionne Frédéric et qui est bien intéressant).


Quelques perles lordonesques, arbitrairement surlignées par le père Chouard :)

"la bouse soudainement posée n’en a pas moins le mauvais goût de tomber au plus mauvais moment — il est bien vrai que le spectacle de la cupidité déboutonnée, lors même que le corps social en bave comme jamais, donne quelques envies de coups de fourche."

"De même que Churchill promettait aux munichois, qui espéraient avoir évité la guerre au prix du déshonneur, d’avoir et le déshonneur et la guerre, le socialisme de collaboration — vrai nom du « socialisme de l’offre » — aura l’échec en plus de la honte."

"l’accord ANI dit de « sécurisation de l’emploi » — ajoute l’ignominie de son appellation à l’ignominie de ses contenus"

"l’ANI ajoute l’inepte à l’ignoble — entendre l’inefficacité économique à la démission politique. Les entreprises ne manquent pas de flexibilité, elles manquent de demande !"

"Cette ânerie de force 7, connue depuis les années 1980 sous le nom grotesque de « théorème de Schmidt », s’est révélée incurablement fausse pour ignorer ce mécanisme élémentaire que les entreprises n’étendent leurs capacités de production qu’à la condition d’anticiper une demande suffisante (pour le reste, elles procèdent à des investissements de rationalisation qui augmentent la productivité mais en détruisant de l’emploi). On peut les laisser empiler du profit autant qu’elles le veulent : pas de demande, pas d’investissement."

"la capacité de l’Etat colonisé à persévérer au service des intérêts de ses colonisateurs."

"La déflation, c’est-à-dire la baisse des prix et des salaires nominaux, a été la plaie des années trente, dont les institutions salariales du fordisme nous auront vaccinés en opérant la déconnexion de leur formation d’avec la conjoncture, seul moyen de réintroduire des forces de rappel, donc de la stabilité macroéconomique quand tous les ajustements procyliques du néolibéralisme ne font qu’amplifier les chocs et produire de la divergence. En dépit des attaques répétées, tout n’a pas été démantelé de cet acquis institutionnel du fordisme, et c’est à cela seulement que nous devons de ne pas avoir sombré dans la spirale dépressionnaire.

Raison pour quoi sans doute le gouvernement n’a rien de plus pressé que de laisser l’ANI démanteler ce qui nous a à peu près protégés ! En effet l’ANI prévoit explicitement la possibilité pour les entreprises d’imposer des baisses de salaire — au nom de la « protection de l’emploi »… — c’est-à-dire de réarmer localement les mécanismes procycliques que les conquêtes fordiennes étaient parvenues à neutraliser. Que ces ajustements viennent à se généraliser et c’est l’économie tout entière qui se verra de nouveau contaminée par l’instabilité, au terme d’une magnifique expérience en vraie grandeur de reconstitution des années trente !"

"la rationalité capitaliste individuelle qui cherche à minimiser les salaires versés (et pourquoi pas les annuler) ne produit aucune rationalité capitaliste collective, puisque si aucun capitaliste ne verse de salaire, aucun capitaliste ne vendra quoi que ce soit…"

"l’obscénité des pulsions cupides entièrement libérées, soustraites à toute régulation de la décence"

"Au mépris de toute logique, politique aussi bien qu’économique, le gouvernement socialiste, rendu au dernier degré de l’intoxication intellectuelle, a donc pris pour ligne stratégique de s’en remettre en tout, et pour tout, à la fortune du capital, sans doute sur la base des allégations répétées, et désormais prises pour argent comptant, que « seuls les entrepreneurs créent des emplois », proposition pourtant doublement fausse : d’abord parce que c’est la conjoncture d’ensemble qui détermine l’emploi — et les entreprises ne font qu’opérer (localement) des créations d’emploi en fait déterminées au-dessus d’elles ; ensuite parce que, depuis trente ans, les « entrepreneurs » ont bien davantage démontré leur capacité à détruire des emplois que leur capacité à en créer…"

"Quand Jean-Marc Ayrault se rend, tel le bourgeois de Calais, à l’université d’été du MEDEF pour livrer au patronat les clés de la cité, [...] il révèle par la même la vérité ultime du capitalisme comme prise d’otage de la société par le capital."


[Pour produire le concept ou les critères de "gauche"] : "On pouvait déjà trouver l’un de ces critères dans le rapport au « cadre » constitué par les structures de la mondialisation, soit : le plain-pied concurrentiel du libre-échange international ; la déréglementation financière ; l’orthodoxie de la politique économique sous surveillance des marchés de capitaux ; la droite se définissant alors comme le renoncement à contester le cadre et le choix de se soumettre à ses contraintes, la gauche comme projet alternatif de refaire le cadre, ou bien d’en sortir."

[sur l'évidence que le parti prétendument socialiste est (depuis toujours ?) un parti de droite dure :] "Il est certain en tout cas que le corps social prendrait une vue sensiblement différente sur la compétition électorale qu’on lui vend comme « démocratie », à partir du moment où il verrait clairement qu’elle n’a pour enjeu que de départager la droite et la fraction modérée de la droite. Encore qualifier le Parti socialiste de « fraction modérée de la droite » demeure-il sujet à discussion si l’on considère que les avancées du rapport Gallois et de l’ANI vont au-delà des ambitions de la droite sans complexe, comme l’atteste le succès parlementaire que rencontre, auprès même des députés UMP, le projet de loi transcrivant l’accord sur l’emploi. Voilà donc peut-être comment il faudrait dire les choses plus justement : l’alternance UMP-PS n’est rien d’autre que celle de la droite décomplexée et de la droite complexée."

"Ca n’est donc pas seulement, comme on dit parfois, que « le poisson pourrit par la tête », le corps primitivement sain n’étant gagné que par après, mais que la pourriture de la tête révèle la malfaçon de l’ensemble."


Tout ce qui manque à Frédéric, je trouve, c'est l'objectif central d'auto-formation populaire pour MUTER EN PEUPLE CONSTITUANT, de façon à écrire enfin nous-mêmes la structure, les règles de contrôle permanent de tous les pouvoirs.

Sans cela, le coup de balai verra revenir les mêmes voleurs de pouvoir dès que les gens seront rentrés chez eux, comme en Tunisie, et comme partout ailleurs : ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir, et c'est à nous, individuellement, de comprendre d'abord, de vouloir ensuite et d'imposer enfin le respect de ce principe fondateur d'hygiène politique de base.

La démocratie, ce n'est pas l'élection de maîtres mais le tirage au sort de serviteurs (et le contrôle permanent des tirés au sort), pour protéger durablement la souveraineté permanente des citoyens contre les voleurs de pouvoir.

Le tirage au sort est un antidote (universel) contre les tendances oligarchiques (universelles).
Il n'y a que le peuple lui-même qui puisse promouvoir cette exigence démocratique.
Les "élus" ne le feront JAMAIS, JA-MAIS !

Étienne.

samedi 13 avril 2013

Rendez-vous à Caen vendredi prochain, 19 avril 2013 (79)

À l'initiative du Café Citoyen de l'Arcadie de Caen,
rendez-vous à l'IAE de Caen
vendredi prochain, 19 avril 2013 à 19 h,
pour une conférence-débat,
puis un ATELIER CONSTITUANT :

« Ne rêvons pas la Révolution,
réécrivons la Constitution ! »



http://www.cafes-citoyens.fr/arcadies/caen



http://www.iae.unicaen.fr/presentation/calendrier.php?affNews=669


Sur facebook :
http://www.facebook.com/events/472412836164437/


Pensez à prendre du papier et un crayon :)

Au plaisir de vous rencontrer, en chair et en os :)

Étienne.

jeudi 11 avril 2013

Gérard Filoche explique l'ANI, Accord National Interprofessionnel, du 11 janvier 2013 (83)

Gérard Filoche explique l'ANI
Accord National Interprofessionnel,
du 11 janvier 2013


Gérard Filoche est toujours PA-SSIO-NNANT.

Ceci est une IMPORTANTE LEÇON de droit du travail comme outil POLITIQUE, à ne pas rater, à travailler stylo à la main, et à faire connaître :


Sur les 27 articles de l'ANI, PAS UN progrès, PAS UN SEUL !



Pour ceux qui avaient raté ce coup de gueule contre le Ministre du Budget qui s'avère être un fraudeur fiscal, je le rappelle ici :

Il force un peu, quand même, quand il essaie de nous faire croire que tout le monde est honnête au PS :o)

Au parti prétendument "socialiste", Gérard Filoche est un type formidable noyé au milieu d'une bande de crapules.

C'est un type bien. Précieux, même, pour nous autres salariés (plus de 90% de la population active).

Étienne.

lundi 8 avril 2013

DÉMOCRATIE ET CONSTITUTION, entretien avec «UN Special» (48)

DÉMOCRATIE ET CONSTITUTION

http://www.unspecial.org/2013/04/democratie-et-constitution/

Encore une synthèse, pardonnez-moi : vous allez trouver ça saoulant, à force.

Le journaliste, Nicolas-Émilien ROZEAU du site UN Special (avec qui j'ai passé quelques heures au téléphone) a bien résumé l'essentiel, je trouve. Merci à lui.


Étienne Chouard, vous êtes enseignant en économie-gestion en France. Vous êtes également un philosophe politique. Qu’y-a-t-il de si passionnant dans la philosophie politique ?

Je suis un philosophe politique amateur, bien sûr, comme nous devrions tous l’être. Suivant la façon dont nous l’exerçons, cette activité intellectuelle peut nous donner des moyens inédits pour régler la plupart de nos problèmes, qui ne sont pas techniques mais politiques, y compris la pollution, le chômage et les bas salaires que nous saurions très bien résoudre ; mais nous avons un sacré problème politique, avec nos prétendus « représentants ».

Une des raisons d’être de la philosophie politique, c’est d’essayer d’organiser au mieux la vie ensemble pour éviter que règne l’arbitraire de la loi du plus fort, pour que l’on arrive à vivre ensemble sans s’entretuer, tout en se protégeant contre l’adversité. Manifestement, la philosophie politique ne tient pas ses promesses, et c’est parce que seuls les puissants s’en occupent. Ceux qui ont du pouvoir et ceux qui ont beaucoup d’argent ont un intérêt personnel et vital à faire de la philosophie politique, de l’économie et du droit. L’appropriation de ces clefs assure leur domination durable. Elles pourraient aussi être les clefs de notre libération, si nous autres, les 99% restants, les pauvres, nous nous les appropriions.

Est-ce que les peuples s’intéressent à la vie de la cité du point de vue politique ?

La vie moderne pourrait laisser croire que non. Aujourd’hui, après des siècles de conditionnement avec des institutions infantilisantes, nous avons désappris à faire de la politique. Mais il y a des tas d’exemples qui montrent qu’à la première occasion, l’homme est resté un animal politique. Il est prêt à agir à la condition que sa voix soit prise en compte. Avec de bonnes institutions, on s’apercevrait que les humains réapprennent très vite et ont le goût intense de l’action politique.

Qu’est-ce qui domine actuellement dans notre société ? De façon entretenue, manipulée, voulue, je dirais : la division, l’atomisation. Y compris la division de la pensée. Le zapping est une habitude que l’on entretient à la télévision. Nous n’arrivons plus à nous concentrer. Dès lors, nous n’arrivons plus à seulement VOULOIR un projet global cohérent. Il ne faut pas laisser les médias, c’est-à-dire les professionnels de la désinformation, nous distraire. C’est à nous de nous émanciper de nos maîtres en nous formant entre nous, par éducation populaire.

Finalement, en courant après un gain de productivité et de compétitivité, n’avons-nous pas scié la branche sur laquelle nous étions tous assis ?

Le libre-échange, qui n’intéresse — depuis toujours — que les multinationales, aura notre peau. Il ruinera les peuples comme il l’a toujours fait. Le libre-échange n’a jamais enrichi aucun pays. Tous les pays riches ont toujours été protectionnistes. Tous. Tous les pays pauvres sont ceux qui ont supprimé leurs protections, souvent de force. C’est une course non nécessaire et perdue d’avance qui nous entraîne, en plus, dans des gaspillages éhontés. Alors que l’on devrait tâcher de vivre une frugalité heureuse comme le suggère Pierre Rabhi.

Là encore, le problème est politique car ce sont les multinationales qui dirigent leurs marionnettes politiques, en achetant les médias qui permettent de les faire élire. Dans ces conditions, ce n’est pas étonnant que l’intérêt du plus grand nombre soit négligé et celui de la minorité (les banques) favorisé. L’impression est trompeuse, mais l’offre politique est unique. Napoléon le disait : « il faut enduire les actes d’une confiture de paroles. ». Nous y sommes. Mais ce n’est pas une fatalité. Relisez le Contrat Social de Rousseau, chapitre « des députés ou représentants » sur les désastres causés par la démission du citoyen. C’est d’une actualité brûlante.

Les médias jouent-ils encore leur rôle d’information ?

Les médias sont une pièce maîtresse de la domination politique des pauvres par les ultrariches. Les pauvres, c’est nous tous, 99%, et les 1% riches sont une poignée de gens hyperpuissants : ils ont compris avant tout le monde comment on créait la monnaie et depuis, ils ont tout acheté, y compris le politique.

Les médias devraient être sous la protection de l’État, comme le pouvoir judiciaire. Évidemment, l’État ne devrait pas pouvoir s’ingérer dans les affaires médiatiques. Les journalistes devraient être protégés par le peuple parce que nos libertés dépendent de leur indépendance. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation dramatiquement inverse : nos journalistes dépendent pour leur survie des puissants qui les font vivre. Ils se croient libres ; ils sont en fait au service du pouvoir. Ce ne sont plus des sentinelles du peuple, mais des collaborateurs des tyrans.

Comment se répartit la responsabilité de ce que nous vivons actuellement ?

Je ne trouve pas les causes du problème dans ceux qui nous mentent, nous violent et nous volent. Ils sont dans leur rôle : tout pouvoir va jusqu’à ce qu’il trouve une limite. C’est nous qui sommes éteints politiquement, peureux et paresseux. Il en va pourtant de notre responsabilité de changer les choses. Quand un pouvoir abuse, cela ne sert à rien d’essayer de changer ce pouvoir : c’est dans sa nature d’abuser, il essaiera toujours. Il faut donc lui résister comme il faut. Qui fixe les limites ? La limite des pouvoirs est normalement inscrite dans la Constitution. Ce n’est donc pas aux hommes au pouvoir, ni aux hommes de partis, ni aux parlementaires d’écrire la Constitution. Tout est là ! Nous devons créer dans nos communes des assemblées constituantes citoyennes.

Quelle définition donneriez-vous aux mots « citoyen », « électeur » et « démocratie » ?

Un citoyen est une personne qui accepte d’être gouverné par les lois qu’il a votées lui-même, directement. Il est autonome : il a produit lui-même le droit auquel il consent à obéir. Au contraire, un électeur est hétéronome ; il subit le droit écrit par quelqu’un d’autre qui est son maître. Une démocratie, c’est un régime de citoyens, au sein duquel le peuple tire au sort et contrôle ses représentants pour qu’ils restent toujours à son service. Aujourd’hui, nous vivons en ploutocratie.

La révolution est-elle une solution ?

Oui, mais seulement si elle est bien préparée. Sinon, les mêmes causes généreront les mêmes effets. Les professionnels de la politique écriront la Constitution et ils reprendront le pouvoir. Les banques feront du lobbying pour imposer leur monnaie privée et elles reprendront le pouvoir également. Les usuriers recommenceront à circonvenir les constituants. À ce jour, aucun peuple n’a été capable d’être constituant.

Il y a des milliers d’acteurs qui pensent et agissent pour un autre monde, pourtant rien ne semble changer. Pourquoi ?

On dénonce souvent et fort bien les dangers (pesticides, publicité, libre-échange…) avec toutes les solutions techniques, mais sans rien changer depuis 50 ans : il faut se rendre à l’évidence. Au lieu de dénoncer les conséquences de notre impuissance politique, prenons le problème à la racine, soyons radicaux, et écrivons nous-mêmes la Constitution dont nous avons besoin ! Car il faut d’abord instituer notre puissance politique, et seulement ensuite discuter des solutions. Regardez les banques : elles l’ont, leur constitution… Elles ont écrit elles-mêmes la Constitution européenne !

Tous les gens qui œuvrent pour un autre monde doivent enfin se réunir pour introduire cette idée centrale et commune dans leur action.

Le mot de la fin ?

Il n’y aura pas de prospérité sans monnaie publique. Il n’y aura jamais de monnaie publique (gratuite et permanente) sans démocratie. Et il n’y a pas de démocratie sans tirage au sort. Cela s’applique à toutes les nations, c’est une réflexion à portée universelle.


Pour creuser la question : http://etienne.chouard.free.fr/Europe


Source : UE http://www.unspecial.org/2013/04/democratie-et-constitution/

samedi 6 avril 2013

Le sort des 99% sur La Croix : si on veut une Constitution, il faudra l'écrire nous-mêmes ! (39)


Vendredi dernier, le sort des 99% sur La Croix :


Repenser le long terme.
Pour une nouvelle Constituante.

Étienne Chouard, enseignant et blogueur

La Croix, 5 avril 2013.


« Dans une démocratie digne de ce nom, les citoyens devraient avoir toute la place. Leurs représentants devraient être des serviteurs, empêchés de devenir des maîtres par le tirage au sort des charges, par des mandats courts et non renouvelables, et par de nombreux contrôles avant, pendant et après leur mandat. Dans la réalité, chacun peut constater que c'est exactement le contraire qui se produit: sitôt élus, nos « représentants » se comportent comme s'ils étaient nos maîtres, tout en se mettant au service exclusif des cartels et des banques, contre l'intérêt général.

Notre problème fondamental n'est donc pas technique mais politique: nos « représentants » ne nous représentent pas, pour la bonne raison qu'ils ne nous doivent rien. C'est mécanique: celui qui passe le plus à la télé est élu, c'est tout. Il a donc suffi aux banques d'acheter les médias de masse pour être sûres de gagner les élections à tous les coups. Les élus ne représentent que les banques parce qu'ils leur doivent tout.

Quant à nous, simples électeurs (pas citoyens), nous sommes privés de toute institution pour nous défendre contre ces faux « représentants »: nous n'avons pas de Constitution.

Une Constitution, c'est un texte supérieur qui sert à protéger le peuple contre les abus de pouvoir, en surplombant tous les pouvoirs, publics et privés. Une Constitution digne de ce nom doit être crainte par les pouvoirs: il ne faut donc à aucun prix laisser les pouvoirs en question l'écrire eux-mêmes, ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir, ce n'est pas aux parlementaires, ni aux ministres, ni à aucun professionnel de la politique, d'écrire ou de modifier la Constitution.

Une bonne Constitution – que les « élus » n'écriront jamais, à cause de leur intérêt personnel – prévoirait de (vrais) référendums d'initiative populaire (RIP législatif, abrogatoire, révocatoire et constituant), la séparation des pouvoirs dangereux (législatif, exécutif, judiciaire, médiatique et monétaire) pour les affaiblir, une des Chambres législatives tirée au sort pour une représentation fidèle du pays, des mandats courts et non renouvelables pour éviter la professionnalisation, la responsabilité illimitée (et la révocabilité) des décideurs publics, des chambres de contrôle tirées au sort pour surveiller tous les pouvoirs sans exception, une création monétaire uniquement publique et des banques toutes publiques aussi, des services publics d'information rendus indépendants (sur le modèle des juges) mais eux aussi contrôlés par des jurys citoyens tirés au sort, etc.

Aucune de ces institutions, nécessaires à la justice sociale, ne verra jamais le jour tant qu'on n'aura pas compris et éliminé le conflit d'intérêts majeur qui est à la racine commune de toutes nos impuissances: il faut que les constituants soient désintéressés.

Alors, comment faire? Soit on réunit une Assemblée constituante dans chaque commune ou quartier (où viendront ceux qui le voudront) et on en dégage une synthèse pour fédérer les principales exigences citoyennes. Soit on tire au sort une seule Assemblée constituante (au lieu de l'élire!) : c'est beaucoup plus simple et ça donnera probablement le même résultat, parce que finalement, nous avons tous intérêt aux mêmes institutions fondamentales.

Pour que cela advienne, il suffirait que nous soyons des millions à le vouloir; c'est donc à nous de faire passer le message de façon virale, autonome, souterraine, insaisissable, pour devenir rapidement très nombreux à dire ensemble: « Nous voulons avant tout une Assemblée constituante tirée au sort – car tout le reste suivra. »

C'est une vraie cause commune: instituons d'abord notre puissance, on se disputera après. On n'échappera pas autrement aux usuriers, qui ont déjà volé presque tous les pouvoirs: si on veut une Constitution, il faudra l'écrire nous-mêmes.

Nous, on a commencé; si le cœur vous en dit, rejoignez-nous (1). »

Étienne CHOUARD

(1) Site: http://etienne.chouard.free.fr/Europe


Source : La Croix, http://www.la-croix.com/Archives/2013-04-05/Repenser-le-long-terme.-Pour-une-nouvelle-Constituante.-Etienne-Chouard-enseignant-et-blogueur-2013-04-05-929560

lundi 1 avril 2013

Dédale, un fil vers la démocratie, un film de Christian Vialaret (30)

Dédale,
un fil vers la démocratie

un film de Alice Tabart, Emmenuel Borgetto, Laurent Lhermite, et Christian Vialaret





Le site dédié au film :
http://dedale.cine2000.org/


Un extrait plus long (15 minutes) :


J'ai reçu à la maison, il y a quelques mois, des jeunes gens qui revenaient de Grèce avec plein d'images dans leurs caméras pour nous faire connaître le quotidien populaire, le vécu, de la "crise" grecque ; "crise" qui est, en fait, un sale coup d'usuriers de métier — les banques — contre les Grecs qui, comme nous, n'ont pas de Constitution, mais qui, petit pays, étaient plus faciles, pour des salopards, à frapper en premier : rappelez-vous de l'explication incroyable de Myret, à Genève, sur l'origine réelle de la "crise grecque" : un sale coup de traders cupides et sans morale ni freins.


Cette équipe de documentaristes (sentinelles du peuple) vient donc de publier un film qui est bon, intéressant, tonique, il nous servira, "Dédale, un fil vers la démocratie", et que nous devrions aider, je pense, en allant le voir bien sûr, et en en parlant autour de nous, mais aussi en organisant des projections/débats/programmation-d'ateliers-constituants :) dans nos villages et nos quartiers. De l'éducation populaire, quoi, entre nous.


La catastrophe sociale grecque est la première d'une longue série, si les peuples menacés par les usuriers ne prennent pas le problème par le bon bout : il est urgent que nous instituions notre propre puissance, et cela n'arrivera jamais par les >élus<, JAMAIS : si on veut une Constitution, il faudra qu'on l'écrive nous-même !

Ce n'est pas si compliqué, mais personne ne le fera à notre place => il serait temps de se bouger et d'organiser des ateliers constituants un peu partout.


Apparemment, ce film passe à Port-de-Bouc, près de Marseille, le dimanche 7 avril, et comme je serai rentré de Paris, j'y serai. C'est peut-être une occasion de se rencontrer, entre virus provençaux, si on en discute après, sur place ou dans un bar du coin :)

Au plaisir de vous y retrouver, donc, peut-être :)

Étienne.

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[Mise à jour 4 avril 2014 :
On peut voir ici (et il est conseillé de télécharger avant qu'il ne soit retiré) le film interdit.