Pour GARANTIR la qualité du processus constituant :
une CHAMBRE DE CONTRÔLE de l'Assemblée constituante

Opinews raté, pardon !

Hier soir, mardi 17, mobilisé pour bricoler dans le jardin — enfin au frais, les vacances commencent, tout va bien —, j'ai complètement oublié de vous rejoindre sur Opinews, carrément... Je suis vraiment un affreux ; je vous demande bien pardon.

Je vous parlerai donc mardi prochain (si vous ne m'en voulez pas trop) de ma nouvelle idée à propos de l'Assemblée constituante (idée inspirée par les détails des cruelles désillusions institutionnelles que m'ont racontées les Tunisiens la semaine dernière).

En un mot, quand même : les Tunisiens ont chassé un tyran, ils ont élu (première erreur) une Assemblée qui est en même temps législative et constituante (deuxième erreur) et ils sont rentrés chez eux (troisième erreur) => résultats : l'AC (Assemblée constituante) s'est votée (en douce !) le doublement de ses salaires, ainsi qu'une immunité judiciaire (c'est vraiment une manie des pouvoirs que de toujours se mettre à l'abri de tout contrôle) ; l'AC travaille à huis clos (!) et les Tunisiens n'arrivent pas à connaître le texte des articles en cours d'élaboration (!!) => il ne peut donc PAS y avoir de débat public sur le Contrat social en cours de rédaction ; les Constituants reçoivent (encore en douce) les lobbys bancaires (probablement pour obtenir la suicidaire indépendance de la Banque Centrale)(!!!) ; certains Constituants ne font carrément rien (si : ils touchent leur salaire) et ne répondent même pas aux mails ; L'AC a prévu de voter les articles un par un à la fin de l'été, puis de voter le texte global en octobre ; MAIS quant au référendum, ce n'est pas sûr... "parce que c'est compliqué à organiser, techniquement" (!!!!)...

L'horreur oligarchique, quoi.

POURTANT, les députés constituants n'étaient pas des professionnels de la politique (après des décennies de dictature, il n'y a plus de professionnels de la politique) ; c'était même souvent des résistants à la dictature (un peu comme notre CNR en 1945)... Leur désintéressement paraissait donc un peu meilleur que dans nos vieilles ploutocraties parlementaires.

Ceci dit, ils VOULAIENT le pouvoir (ils étaient candidats), ce qui est un point extrêmement problématique, je pense.

Enfin, le fait est, que ces gens "à peu près normaux" sont malgré tout en train de se corrompre à vitesse grand V, et se préparent manifestement à programmer (comme toujours) l'impuissance du peuple.

JE DÉDUIS de cette expérience passionnante que le désintéressement des Constituants (que je prône depuis sept ans) NE SUFFIRA PAS à nous GARANTIR une bonne Constitution : L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE ELLE-MÊME DOIT ÊTRE CONTRÔLÉE, de façon à être CONTRAINTE À LA VERTU, QUOTIDIENNEMENT.

Je propose donc (et j'ai déjà quasiment intégré ce point dans mon raisonnement, ça va vite) une DEUXIÈME CHAMBRE POUR CONTRÔLER LA CONSTITUANTE, elle aussi tirée au sort, dont le rôle soit uniquement — mais stratégiquement— de contrôler le respect des formes et des principes de base : contrôler que les Constituants travaillent, par exemple, qu'ils informent bien le peuple, qu'ils l'écoutent aussi, qu'ils ne reçoivent pas en secret des lobbys, qu'ils soumettent le texte (et même chaque article un à un ?) au référendum, etc. La liste des missions de contrôle et des pouvoirs de sanction est évidemment à creuser, entre nous, à la base.

Si vous avez des informations complémentaires sur la Tunisie, soit pour confirmer, soit pour infirmer, soit pour compléter ce que je vous rapporte là, je suis infiniment preneur, cela va sans dire.

Au plaisir de vous retrouver bientôt, et encore pardon.

Étienne.