Blog du plan C, pour une Constitution Citoyenne, écrite par et pour les citoyens

Blog du plan C, pour une Constitution Citoyenne, écrite par et pour les citoyens


C'est notre Constitution qui est notre seule arme (et c'est aussi la meilleure) pour contrôler les pouvoirs. À nous d'en parler, entre simples citoyens, pour devenir des millions à l'avoir compris : ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.

Bienvenue :o)


Étienne Chouard
Je cherche ici à mettre en débat ouvert ce dont on ne parle nulle part : les plus grands principes institutionnels dont tous les citoyens (gauche, centre, droite) ont besoin pour se protéger des abus de pouvoir.

Je vous propose d'aller voir le FORUM et de suivre le SOMMAIRE, point par point (un principe par jour pour une digestion facile ?), et de réfléchir à votre propre position : Pour ? Contre ? Partagé ?

Et si personne (ni moi, ni d'autres ici) n'a encore défendu les arguments qui vous semblent importants, formulez-les vous-même : nous progressons ensemble en combinant nos réflexions, démocratiquement et positivement :o)

Suggestion :
pour parler nombreux
sur de nombreux sujets :
. soyons brefs,
. dans le sujet,
. et patients :-)

Une fois les principes bien débattus sur le FORUM, vous pouvez, dans la partie WIKI, écrire vous-mêmes les articles qui vous semblent importants dans une Constitution, aussi bien nationale qu'européenne.

Sur cette partie BLOG, je vous propose de nous parler plutôt des problèmes qui ne sont pas spécifiquement institutionnels (économie, histoire, philosophie, sociologie, société, actualité, technique, littérature, etc.), mais qui tournent quand même autour des sujets évoqués sur le forum : on cherche à imaginer ensemble un outil intellectuel, robuste et durable, contre les abus de pouvoir.

J'ai hâte de vous lire :o)

Étienne Chouard


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Le site d'origine s'appelle AEC : "Arc-en-Ciel" (après la pluie le beau temps) :o)


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lundi 21 mai 2012

"Vivre l'utopie" : mémoire des luttes ouvrières anarchistes, pour la justice et la paix (14)

Vivre l'utopie !
mémoire des luttes ouvrières anarchistes,
pour la justice et pour la paix, en autogestion,
pendant la "guerre d'Espagne".

Un film émouvant, qui entretient la mémoire des luttes.

Il y a plein de choses importantes dans ce documentaire :


Vivre l'utopie partie 1 par boxon64


Vivre l'utopie 2 par boxon64


vivre l'utopie 3 par boxon64


vivre l'utopie 4 par boxon64


vivre l'utopie 5 par boxon64


J'ai relevé (mais j'ai raté plein de phrases intéressantes, aidez-moi) :

• "Dans l'histoire, les eaux captives, que ce soit celles de l'habitude ou celles du despotisme, ne tolèrent pas la vie ; la vie dépend de l'agitation que créent quelques individus excentriques. En hommage à cette vie, à cette vitalité, la communauté doit accepter certains risques, et doit admettre une certaine part d'hérésie. Elle doit vivre dangereusement si elle veut vraiment vivre." Herbert Read.

"Un peuple sans histoire n'est pas un peuple, il n'est rien." Un vieil anar espagnol.

• "Le plus choquant, c'est que la place était pleine, ils parlaient, et personne n’applaudissait : le silence. Les gens n'applaudissaient pas mais ils réfléchissaient à ce qui se disait, ils écoutaient. On entendait juste de temps à autre "Vive la CNT !", et aussitôt un écho retentissait : "Vive la CNT ! Vive le communisme libertaire !"... Ça nous enflammait, ça nous faisait vivre inténsément ces moments, sans applaudir, sans cette rhétorique communiste qui déclenche applaudissements sur applaudissements ; c'était plutôt une sorte de sérénité, de conscience."

L'enjeu crucial des armes, dont les riches ne manquent jamais et dont les peuples acceptent d'être privés, juste avant de se faire massacrer.

• "Le mépris traditionnel des anarchistes pour l'argent provoque un changement radical dans les relations économiques : on crée des monnaies locales, des bons, et dans bon nombre d'endroits, on en vient à une abolition totale de l'argent." [...]
"On ne payait rien, tout était gratuit. [...] Aucun égoïsme, ça n'existait pas : comment aurait-il pu y en avoir ? Quand il n'y a pas d'argent, il ne peut y avoir d'égoïsme."
"On le dit aujourd'hui et les gens ne le comprennent pas. Mais non, ça se passait bien."

• On voit passer, bien sûr, George Orwell, qui a écrit un livre formidable sur l'expérience anarchiste en Espagne, "Hommage à la Catalogne".

• "Chaque militant se considérait, tel Don Quichotte, comme un défenseur de cette utopie, de cette façon d'agir et de se conduire en société, selon une éthique, sans avoir besoin d'être surveillé."

• L'armée de Franco, qui défendait les seuls intérêts des plus riches, a vaincu l'armée républicaine (et donc la multitude des pauvres) grâce à l'aide de Hitler et de Mussolini ; et aussi grâce à la passivité complice de Blum (légendaire hypocrisie des partis dits "socialistes", mais toujours au service des industriels et des banquiers).
Le voilà donc, le vrai sens profond du mot "fascisme" : les riches qui prennent les armes pour massacrer les pauvres quand ils rechignent à travailler pour des miettes, puis contraindre les survivants terrorisés aux travaux forcés à leur profit. => Rien à voir, donc, avec les définitions que les médias actuels (aux ordres des plus riches, précisément) nous imposent aujourd'hui : le fascisme, à les entendre, ce serait le nationalisme, le protectionnisme, le racisme, l'antisémitisme... Allons ! Voyons : le fascisme, c'est bien plutôt l'idéologie aboutie des Versaillais : l'État totalement au service des plus riches. Si on oublie ça, on n'arrive plus à se défendre, faute de pouvoir même viser l'adversaire.

• Ce sont les communistes (marxistes) qui ont froidement assassiné les cadres anarchistes (communistes libertaires).
"Le parti communiste était en train de prendre de l'ampleur, et toutes les bonnes armes qui arrivaient de Russie allaient aux forces qu'il commandait. Subrepticement, ils ont pénétré les entrailles de l'armée, les commissions, les services d'information militaire, jusqu'à les occuper en totalité."
"Nous, nous étions convaincus que leur idée était d'accomplir l'ordre de Staline : d'éliminer notamment les anarchistes, de reprendre le pouvoir, et de terminer la guerre quand Staline le déciderait. C'était ça l'idée."
"Idéologiquement, ça ne les intéressait pas que des mécanismes révolutionnaires se poursuivent et nous fasse gagner la guerre. On aurait pu dire au pays : ce qui a gagné la guerre, c'est à la fois l’œuvre qu'a accomplie l'anarchisme et ce qu'a fait la CNT, et c'est un départ pour l'avenir."
"C'était la première révolution anarchiste du monde. Une révolution qui n'était pas contrôlée par les communistes n'avait aucun sens pour les communistes."
"Tu sais ce qui s'est passé avec les collectivités : Lister est venu avec toute son armée, et il a fait table rase de tout, sous la férule des fusils. Voilà le grand paradoxe : que les communistes aient détruit le communisme le plus communiste."

• "Souvent je me demande si tant de douleurs, tant de sacrifices, tant de souffrances ont valu la peine. Et puis je me dis qu'"en réalité, nous avons donné une leçon au monde : on a beau dire, nous avons pu donner un exemple qu'il est possible de vivre sans gouvernement (puisqu'il n'y avait pas de gouvernement) et que les collectivités marchaient : tout marchait comme ça, par accords mutuels."
"Pour moi, les trois mois que j'ai passés à la collectivité sont les moments les plus heureux de ma vie, car je n'avais à me préoccuper de rien : à quoi bon l'argent ?"
"Ce furent les années les plus intenses de ma vie : j'ai connu la fraternité, le désintérêt, l'esprit de sacrifice, et la solidarité. Je me suis senti frère de ceux qui luttaient avec moi, qui avaient les mêmes idées."
"Je crois que c'est la meilleure des choses, qu'il faut lutter pour cela, car même si ce n'est pas pour demain, si ce n'est qu'un objectif, il faut que ce soit une illusion, une utopie, comme une poésie."
"L'avenir appartient à ceux qui osent. Quand on ne peut plus rêver, on meurt. C'est que dit Emma Goldman, et c'est la vérité."



Dites: j'ai l'impression que cette expérience anarchiste pendant la "guerre d'Espagne" (guerre menée par les riches, n'oublions pas ça, contre les pauvres en voie d'émancipation), cette expérience, donc, ressemble beaucoup à ce que pourrait être une VÉRITABLE DÉMOCRATIE, digne de ce nom, vous ne trouvez pas ?

Étienne.

Le cercle des déconnomistes à Aix en Provence, avec Généreux, Lordon, Holbecq, Kempf, Ruffin, etc. et "INSIDE JOB" en ligne (33)

Bonnes nouvelles !

Le « Cercle des Déconnomistes »
se tiendra à Aix-en-Provence les 6, 7 et 8 juillet 2012 :


http://www.deconnomistes.org/

Avec du beau monde... voyez le programme :
http://www.amis.monde-diplomatique.fr/IMG/pdf/DP-10_06_2012.pdf


Il ne faut pas rater ça :)



Informations complémentaires :


• L'article de Renaud Lambert dans le Diplo qui dénonçait les escrocs de l'éditorial économique en France :
Conflits d’intérêts et connivences médiatiques : Les économistes à gages sur la sellette
http://www.monde-diplomatique.fr/2012/03/LAMBERT/47476


Les imposteurs de l’économie => le livre formidable de Laurent Mauduit, à connaître absolument :
http://www.amazon.fr/Les-imposteurs-l%C3%A9conomie-Laurent-Mauduit/dp/2350133222


Les imposteurs de l’économie => sur le BLOG de l'auteur :
http://blogs.mediapart.fr/blog/laurent-mauduit/260312/les-imposteurs-de-l-economie


Assauts multiples contre les « imposteurs de l’économie » : l'auteur du livre-choc raconte les persécutions lancées par les chiens de garde médiatiques :
http://blogs.mediapart.fr/blog/laurent-mauduit/270412/assauts-multiples-contre-les-imposteurs-de-l-economie


• LE FILM FORMIDABLE « INSIDE JOB » :
On n'y incrimine pas la maladie antisociale de l'ARGENT-DETTE-PRIVÉE (sacré lacune quand même...),
mais ce film est une analyse passionnante de L'EXEMPLE ACADÉMIQUE DE L'ISLANDE
pour comprendre la prétendue « CRISE », partout dans le monde,
avec le rôle CENTRAL des MÉDIAS et des UNIVERSITAIRES "experts" POURRIS :



Quelques commentaires :

• On relève sur FB que "Déconnomiste" semble être un mix entre économiste, décroissance et déconneur... :)
Mais dé-connomiste, c'est aussi un assemblage entre "dé" de défaire, et un "conno" qui fait penser aux redoutables et gigantesques conneries des imposteurs prostitués ("éditorialistes" littéralement vendus aux plus dangereuses mafias). Ce titre est vraiment une trouvaille.

• Et SURTOUT, je suis vraiment heureux pour André-Jacques, dont la présence entre Généreux et Lordon, entre Kempf, Lambert et Ruffin, au milieu des copains du Diplo et des Repaires de LBSJS, est comme une légion d'honneur populaire, pour bons et loyaux services rendus à la résistance citoyenne aux mythes marchands, après une injuste traversée du désert.

Ça me remplit de joie de voir là mon courageux vieux frère.

En plus, je vais revoir Frédéric...
Je suis heureux :)

• Hum... Un bémol, quand même : il manque juste, au programme de ces déconnomistes distingués, une évocation de la cause des causes, celle qui rend possible (et durable) la confiscation du pouvoir politique par les riches (le pouvoir économique)... Non ? :)


Mais j'espère bien qu'il y a quelques conférenciers (et quelques spectateurs) qui vont au moins évoquer cette piste de résistance "radicalement radicale" : pour désynchroniser quotidiennement la richesse économique de la richesse politique, insuffler/imposer une part de tirage au sort en politique, surtout dans le processus constituant, et stimuler la défense à chaque instant de cet antidote antioligarchique —au plus haut niveau du droit— par des citoyens actifs (et armés).

Sans ça, si on n'analyse que les conséquences, j'ai bien peur qu'on ne sorte jamais de ce piège à rats.

En tout cas, on va tâcher de ne pas rater ces conférences :)

Étienne.