novembre 2011 - Blog du plan C, pour une Constitution Citoyenne, écrite par et pour les citoyens

Blog du plan C, pour une Constitution Citoyenne, écrite par et pour les citoyens


C'est notre Constitution qui est notre seule arme (et c'est aussi la meilleure) pour contrôler les pouvoirs. À nous d'en parler, entre simples citoyens, pour devenir des millions à l'avoir compris : ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.

Bienvenue :o)


Étienne Chouard
Je cherche ici à mettre en débat ouvert ce dont on ne parle nulle part : les plus grands principes institutionnels dont tous les citoyens (gauche, centre, droite) ont besoin pour se protéger des abus de pouvoir.

Je vous propose d'aller voir le FORUM et de suivre le SOMMAIRE, point par point (un principe par jour pour une digestion facile ?), et de réfléchir à votre propre position : Pour ? Contre ? Partagé ?

Et si personne (ni moi, ni d'autres ici) n'a encore défendu les arguments qui vous semblent importants, formulez-les vous-même : nous progressons ensemble en combinant nos réflexions, démocratiquement et positivement :o)

Suggestion :
pour parler nombreux
sur de nombreux sujets :
. soyons brefs,
. dans le sujet,
. et patients :-)

Une fois les principes bien débattus sur le FORUM, vous pouvez, dans la partie WIKI, écrire vous-mêmes les articles qui vous semblent importants dans une Constitution, aussi bien nationale qu'européenne.

Sur cette partie BLOG, je vous propose de nous parler plutôt des problèmes qui ne sont pas spécifiquement institutionnels (économie, histoire, philosophie, sociologie, société, actualité, technique, littérature, etc.), mais qui tournent quand même autour des sujets évoqués sur le forum : on cherche à imaginer ensemble un outil intellectuel, robuste et durable, contre les abus de pouvoir.

J'ai hâte de vous lire :o)

Étienne Chouard


Retour à la page centrale :
Le site d'origine s'appelle AEC : "Arc-en-Ciel" (après la pluie le beau temps) :o)


Présentation du PLAN C :


Rouages fondateurs d'une vraie démocratie :


Citoyens Européens Contre le Régime Illégitime :


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Liberté d'expression :


Vote blanc = protestation légitime:


Henri Guillemin


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Cornélius Castoriadis


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Commentaires récents (de la partie blog ; voir aussi le forum et le wiki) :

Articles récents :




dimanche 27 novembre 2011

LES DÉPUTÉS DOIVENT-ILS ÊTRE TIRÉS AU SORT ? (LCP, Bruno Masure, 2007) (14)

LES DÉPUTÉS DOIVENT-ILS ÊTRE TIRÉS AU SORT ?

Débat sur la chaîne parlementaire, avec Bruno Masure (en 2007, déjà).

Merci à Philippe qui a recollé les morceaux et resynchronisé le son.


ETIENNE CHOUARD - LE TIRAGE AU SORT DES DEPUTES... par GPS-Tv-Web

mardi 15 novembre 2011

Conférence de Metz du 22 octobre 2011 (vidéo) (37)

Conférence de Metz du 22 octobre 2011 (Attac Moselle)

1/6 : introduction : À QUOI SERT UNE CONSTITUTION ?


Le cas pratique du TCE en 2005 (Traité ANTIConstitutionnel Européen).


1/6.Chouard.Metz.oct2011_ENJEUX_CONSTITUTION par GPS-Tv-Web



2/6 : GRAVES GRIEFS CONTRE L'UE :
L'UE NOUS CONDAMNE SCIEMMENT À UN CHÔMAGE DE MASSE (un détail)
ET DONC À LA DOCILITÉ


2/6.Chouard.Metz.oct2011-UE=CHÔMAGE DE MASSE par GPS-Tv-Web



3/6 : GRAVES GRIEFS CONTRE L'UE :
L'UE IMPOSE LA DICTATURE DES MARCHÉS FINANCIERS
PAR UN INCROYABLE SABORDAGE MONÉTAIRE PUBLIC.


3/6.Chouard.Metz.oct2011-UE=DICTATURE DES... par GPS-Tv-Web



4/6 : GRAVES GRIEFS CONTRE L'UE :
L'UE IMPOSE EN DOUCE DES LOIS SANS PARLEMENT


4/6.Chouard.Metz.oct2011-L’UE=DES LOIS SANS... par GPS-Tv-Web

Remarque : le document "résumé des griefs contre l'UE" que je lis là avec vous se trouve à cette adresse :

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Documents_conferences/Principaux_griefs_contre_les_institutions_europeennes.pdf

Autre remarque : je signalais déjà en 2005 la liste (cachée) des domaines des "procédures législatives spéciales", dans mon texte "UNE MAUVAISE CONSTITUTION QUI RÉVÈLE UN SECRET CANCER DE NOTRE DÉMOCRATIE", notes 27 et surtout note 31, pages 22 et s. :

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Constitution_revelateur_du_cancer_de_la_democratie.pdf



5/6 : LES ENJEUX
DE NOTRE FAÇON DE CRÉER NOTRE MONNAIE ET
DE NOTRE FAÇON DE FINANCER NOS ACTIVITÉS :


• Le lien méconnu entre MONNAIE ET CHÔMAGE : LE sujet qu'il ne faut pas abandonner aux prétendus "économistes" (ne pas oublier que ce sont souvent des employés de banques, directement ou indirectement), mais que tout citoyen actif devrait plutôt étudier attentivement.

• L'ALTERNATIVE GÉNIALE DU FINANCEMENT DE L'ÉCONOMIE PAR LES COTISATIONS (AU LIEU DE L'ÉPARGNE) : la leçon magistrale de BERNARD FRIOT.


5/6.Chouard.Metz.oct2011-MONNAIE&CHÔMAGE-l’alte... par GPS-Tv-Web

Remarque : pour découvrir Bernard FRIOT, voyez :
L'enjeu des retraites : bonheur au travail, qualification des personnes et salaire à vie + financement des services publics sans l'épargne des riches et sans charge d'intérêts.




(La dernière vidéo (importance — vitale pour nous tous — du GERME GÉNIAL de la vraie démocratie athénienne, et réponses aux questions de la salle) est enfin arrivée (20 déc. 2011) (le montage est un très gros boulot... Merci Philippe, c'est un beau cadeau d'anniversaire :) )

6/6 : QUE FAIRE ? LA SOLUTION UNIVERSELLE, C'EST LA VRAIE DÉMOCRATIE
FORCÉMENT FONDÉE SUR — ET PROTÉGÉE PAR —LE TIRAGE AU SORT



6/6.Chouard.Metz.oct2011-DÉMOCRATIE TIRAGE AU SORT par GPS-Tv-Web


Nota : pour plus d'infos sur la centralité du tirage au sort en démocratie, et notamment pour des réfutations plus détaillées des objections courantes à la centralité du tirage au sort en politique, je vous recommande chaleureusement cet important billet du blog :
Le tirage au sort comme bombe politiquement durable contre l'oligarchie : la vidéo.
Vous y trouverez 1) les documents auxquels je fais référence ici, 2) une autre vidéo (importante conférence de Marseille) où je passe plus de temps sur les objections, une à une, 3) une brochette de controverses assez gratinée : de bien belles polémiques, je trouve.




Sur tous ces sujets, je vous recommande également la série d'entretiens que j'ai eus à la maison avec Sylvain Durain : cette fois-là, on a le temps, on réfléchit calmement. C'est une autre ambiance, complémentaire, sans doute :

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/10/07/148-entretien-a-la-maison-avec-sylvain-durain




Merci à tous pour ces mails formidables que je reçois tous les jours. Débordé, je n'ai pas le temps matériel de bien répondre à tous, mais vos encouragements et votre enthousiasme me font un bien fou. Merci, merci :)

Bien amicalement.

Étienne.

dimanche 13 novembre 2011

"STOP ! TIRONS LES LEÇONS DE LA CRISE" de Olivier Berruyer (1)

Je suis en train de me régaler à lire un livre luxuriant :

"STOP ! TIRONS LES LEÇONS DE LA CRISE"

de Olivier Berruyer (600 pages).

C'est UNE MINE à chiffres pertinents pour comprendre (et clairement commentés),
un réservoir à citations percutantes,
une compilation de dessins marrants et très bien vus...
Tout ça est très agréable à lire et plein d'infos utiles pour résister.

Je viens de lui piquer une quinzaine de bons dessins pour mon album FB (et ma page 'En vrac').

Son site http://www.les-crises.fr est très intéressant.

J'aurais juste un bémol : je ne comprends pas qu'Olivier ne dise pas un mot du travail d'André-Jacques Holbecq, pas un mot, alors que, manifestement, il lui doit beaucoup. Sans doute un oubli.

Un bon livre, en tout cas.

http://www.yvesmichel.org/webmaster/espace-economie-alternative/stop-tirons-les-lecons-de-la-crise

http://www.les-crises.fr/stop-tirons-les-lecons-de-la-crise/

mercredi 9 novembre 2011

Yves Sintomer : La révolution du tirage au sort (21)

Un texte intéressant d'Yves Sintomer, sur laviedesidees.fr :

La révolution du tirage au sort

par Yves Sintomer, 8 novembre 2011 :


« Pour fêter le centenaire de la VIe République (2012), dont la création est due à l’introduction du tirage au sort dans les procédures démocratiques françaises, le ministère de l’Instruction et de la Citoyenneté a demandé à un collectif d’historiens de revenir, à l’intention des jeunes générations, sur ce tournant décisif.

Rétrospectivement, les années 2010-2013 apparaissent dans l’histoire comme le moment de basculement du système politique français. Les contemporains ne saisirent pas tout de suite l’importance de la mutation en cours. Et pourtant, des signes s’accumulaient.


Premières expérimentations

Le 12 décembre 2010, le groupe local d’Europe Écologie-Les Verts de Metz s’était réuni pour tirer au sort les candidats qui allaient le représenter à l’occasion des élections cantonales de mars 2011. Trois chapeaux étaient disposés sur la table, contenant respectivement les noms des quatre cantons dont le siège était à pourvoir et ceux des membres du groupe qui s’étaient portés volontaires, avec d’un côté les hommes, et de l’autre côté les femmes. Une militante tira successivement le nom du premier canton, un nom masculin et un nom féminin pour le titulaire et la suppléante – et alternativement un nom féminin et un nom masculin, afin qu’une fois tous les cantons attribués, hommes et femmes se répartissent à part égale entre titulaires et suppléants. Le recours à cette procédure permit de faire surgir des vocations. Des personnes qui n’auraient pas imaginé se lancer dans la bataille électorale se sentirent finalement habilitées à participer. Tous ceux qui avaient eu un mandat dans le passé, même minime comme celui de conseiller communal, avaient été préalablement écartés.


EELV Tirage au sort par laviedesidees


L’engagement était de travailler étroitement en équipe pendant la campagne et d’appuyer les candidats pour qu’ils puissent se former. Si la procédure fit grincer des dents, les candidats tirés au sort reçurent l’appui de José Bové (un leader paysan, pionnier de l’agriculture durable qui s’est imposée peu à peu au XXIe siècle, qui s’était fait connaître à la fin des années 1990 en démontant un magasin MacDonald, une enseigne très connue à l’époque), venu à Metz pendant la campagne. Malgré les craintes, le résultat électoral fut satisfaisant : avec 10 % en moyenne, le groupe fit un score comparable à la moyenne départementale. Si les relations restèrent tendues avec certains élus, les militants qui s’étaient engagés dans l’aventure apparaissaient très soudés et le fonctionnement collectif de l’équipe sembla remarquable. Résumant l’intérêt de l’initiative, l’une des candidates, venue du monde associatif, expliqua que « le tirage au sort permet d’expliquer aux gens qui font de la politique depuis toujours et qui considèrent que c’est leur chasse gardée qu’en fait, ce n’est pas le cas ». Faisant un parallèle avec le militantisme contre le nucléaire, longtemps marginal mais dont l’action aboutit à l’abandon de l’énergie atomique suite à l’accident de Fukushima le 11 mars 2011, un autre candidat décrivait ainsi la dynamique engagée : « Le tirage au sort fait partie de cette frange souterraine qui travaille » et qui pourrait un jour déboucher sur des mutations d’ampleur.

Les dimanche 9 et 16 octobre 2011, les électeurs de gauche se déplacèrent en masse pour désigner leur candidat aux élections présidentielles, démentant les sceptiques qui étaient légion quelques mois auparavant. L’expérience marqua les esprits. Les réformateurs qui pensaient que ce processus suffirait à redonner leur souveraineté aux citoyens furent cependant déçus. L’histoire s’accéléra : la Grèce fit faillite à la fin 2011, le Portugal et l’Irlande suivirent début 2012. En juin de la même année, ce fut le tour de l’Italie. La victoire de la gauche aux élections présidentielle et législatives de mai-juin 2012 intervint dans un contexte explosif. Les banques étaient dans la tourmente, la note de la France était fortement dégradée, la zone euro en plein désarroi. La dette souveraine du pays menaçait de devenir ingérable. Le mécontentement des citoyens explosa, à la mesure des angoisses. Il se manifesta par un soutien massif aux mouvements sociaux qui agitaient l’Hexagone. Menés par Stéphane Hessel (nonagénaire, cet ancien résistant avait un connu un succès planétaire inattendu en 2010 avec la publication d’un petit livre intitulé Indignez-vous !), les Indignés, un mouvement de base indépendant des partis politiques, clamèrent leur refus de payer pour les erreurs des banquiers et des politiques. Ils occupèrent la place de la Bastille. En juillet, le chaos menaçait. La droite était hors de combat, mais la concurrence s’aiguisait à gauche. Écologistes et communistes claquèrent la porte du gouvernement, Arnaud Montebourg et Ségolène Royal, qui avaient sans succès tenté d’être désignés comme candidats officiels du Parti socialiste lors des primaires, appelèrent à de nouvelles élections. Le nouveau président de la République, François Hollande, était sur la défensive. Martine Aubry, la Première Ministre, en profita pour affirmer son autorité. Elle parvint alors à convaincre la majorité de gauche à l’Assemblée et au Sénat de radicaliser le processus de révision constitutionnelle.


Le précédent islandais

L’expérience de Metz était vivement discutée à cette époque, mais c’est surtout l’Islande qui s’imposa comme point de référence : elle venait d’adopter par référendum une nouvelle Constitution à l’issue d’une expérimentation démocratique inédite. Après la faillite des banques en 2008, d’énormes manifestations avaient imposé des élections anticipées qui portèrent au pouvoir une coalition de gauche. Par deux référendums successifs, les Islandais rejetèrent les accords concoctés par les banquiers et les gouvernements. Parallèlement, une Assemblée citoyenne de 1 200 personnes tirées au sort et de 300 personnalités était rassemblée à l’initiative d’associations civiques pour dégager les valeurs fondamentales sur lesquelles le système politique et économique devrait se baser. L’expérience fut réitérée en novembre 2010, cette fois avec le soutien étatique. La tâche de l’Assemblée citoyenne, composée d’un millier de personnes sélectionnées de façon aléatoire sur la base de quotas permettant la parité hommes / femmes et une représentation de toutes les régions, était de faire ressortir les axes sur lesquels devait porter la réforme constitutionnelle. Son fonctionnement fut exemplaire : les travaux en petits groupes, animés par des facilitateurs neutres et préalablement formés, furent synthétisés en suivant la procédure du town meeting électronique.

Dans la foulée, un Conseil constituant fut élu, composé de 25 citoyens « ordinaires ». Les 523 candidatures étaient individuelles, et la campagne électorale réduite au minimum. Les articles du projet constitutionnel furent ensuite mis en ligne au fur et à mesure de leur rédaction, le public pouvant faire des commentaires et émettre des suggestions via des pages Facebook, Twitter ou Flickr, les grands médias sociaux de l’époque. L’assemblée législative accepta de soumettre le projet au peuple en n’y apportant que des modifications secondaires.


Le passage à la VIe République : un bouleversement politique

Sous la pression, les députés et sénateurs français décidèrent à l’été 2012 de confier à une Assemblée citoyenne, tirée au sort, le soin d’élaborer un nouveau projet de constitution, s’inspirant au passage de l’expérience de la Colombie britannique, qui avait au cours des années 2000 vu une telle institution rédiger un projet de loi sur les modes de scrutins.

Début août, 1 000 citoyens furent ainsi sélectionnés, qui représentaient un mini-public représentatif de la diversité de la société française. Rémunérés comme des députés, ils alternaient pendant quatre mois travail en petits groupes et séances plénières, auditionnant des experts et des responsables politiques ou associatifs. Les contributions qui affluèrent on-line contribuèrent à renforcer l’audace des propositions. Certaines sessions furent retransmises par la télévision, et toutes pouvaient être visionnées sur Internet. L’opinion publique se passionna pour ces débats. Les responsables politiques les plus novateurs chevauchaient le mouvement pour s’imposer contre leurs adversaires. En décembre 2012, le projet issu des travaux de cette Assemblée citoyenne fit l’objet d’un référendum. Les citoyens l’approuvèrent à une large majorité : la VIe République était née.


Le système politique français en fut bouleversé. Si le président restait élu au suffrage universel, ce n’était plus lui qui gouvernait. Son rôle était seulement d’incarner la Nation et d’être le garant des institutions et du long terme. À tous les échelons de gouvernement, la fonction de la tête de l’exécutif était redimensionnée selon la même logique. Le cumul des mandats était désormais strictement interdit. La proportionnelle avec prime majoritaire devint la règle pour tous les scrutins. Le référendum d’initiative populaire ayant valeur décisionnelle fut légalisé à toutes les échelles, du quartier à la Nation. Une troisième Chambre, composée de représentants tirés au sort, fut également créée. Elle était chargée de veiller à la préservation des équilibres du long terme, et se vit dotée d’un pouvoir de veto suspensif. Elle pouvait juger les responsables politiques mis en cause devant la justice durant leur mandat. Elle fut enfin chargée d’élaborer les futures modifications des règles du jeu politique, celles-ci devant en tout état de cause être validées par référendum.


La procédure de désignation des élus fut réformée en profondeur par des dispositions législatives précises. Les candidats à l’élection présidentielle et les deux têtes de liste (une femme et un homme) dans les autres scrutins devaient être désignés à l’issue de primaires, qui pouvaient être ouvertes à tous les citoyens ou aux seuls sympathisants (les petits partis voulant ainsi éviter d’être en butte à des tentatives de manipulation). Les autres candidats étaient tirés au sort sur la base d’un vivier que les partis étaient libres de désigner comme ils le souhaitaient, mais qui devait compter au moins quatre fois plus de noms que de places à pourvoir et qui devait respecter la parité hommes / femmes.


La prise de décision et la sélection des dirigeants s’effectuaient donc désormais à travers un mixte d’élections, de référendum et de tirage au sort. Grâce aux primaires, les citoyens pouvaient mieux qu’avant choisir les gouvernants aux plus hautes fonctions, mais l’enjeu présidentiel était moindre. Le suffrage universel continua de déterminer les équilibres politiques majeurs. Les éléments de démocratie participative et directe permettaient l’intervention du peuple dans la législation. La suppression du cumul des mandats et le recours au tirage au sort élargissaient et diversifiaient considérablement la représentation politique. La sélection aléatoire, qui jouait dans la constitution des listes des candidats, contribuait aussi à réduire les conflits de personnes qui pourrissaient la vie partidaire. Elle garantissait l’impartialité de la troisième Chambre : tournée vers le futur, garante des règles du jeu, elle se voyait découplée des enjeux électoraux de court terme.

La sortie de la crise économique s’effectua peu à peu, à la suite de décisions courageuses alliant justice sociale, modernisation de l’État, reconversion écologique et rigueur budgétaire. Le nouveau dispositif institutionnel facilita les choses, en favorisant la qualité du débat démocratique et en diminuant fortement l’autisme de la classe politique. L’équilibre qu’il instaura fut par la suite considéré comme une base durable, bien mieux adaptée aux exigences démocratiques et écologiques du XXIe siècle. »

Yves Sintomer


Source :
Yves Sintomer, « La révolution du tirage au sort », La Vie des idées, 8 novembre 2011.
ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/La-revolution-du-tirage-au-sort.html


Mon commentaire :

Je suis juste étonné (et un peu triste, bien sûr) qu'Yves Sintomer (depuis des années que je parle de lui et de son travail partout en France) ne dise toujours pas un mot de notre propre travail, ici, sur les nombreuses branches interactives de ce site consacrées spécifiquement à ce sujet précis depuis six ans. C'est dommage.

Sans rancune, j'attends avec impatience le prochain livre de Sintomer, qui devrait sortir ce mois-ci et s'intituler
"Petite histoire de l'expérimentation démocratique. Tirage au sort et politique d'Athènes à nos jours", Paris, La Découverte, novembre 2011.

Étienne.

SuperNo : ÉC, la démocratie, le pouvoir et ses abus, et le tirage au sort comme remède (4)

Un article sympa de SuperNo, après la conférence de Metz (bientôt en vidéo) :

« ÉC, la démocratie, le pouvoir et ses abus, et le tirage au sort comme remède »

http://www.superno.com/blog/2011/11/etienne-chouard-la-democratie-le-pouvoir-et-ses-abus-et-le-tirage-au-sort-comme-remede/

Quand l'enthousiasme est aussi contagieux, ça donne plein d'espoir, on se dit : "ça peut marcher, on est en train de se réveiller !"


Merci à tous pour l'énergie commune qui grandit en se concentrant sur l'essentiel,
sur la cause des causes :
ON N'EST FORTS QU'ENSEMBLE.

Étienne.


PS : pour info, Facebook a désactivé mon compte (aujourd'hui, vers 16 h). Je n'ai aucune idée des raisons qui ont pu justifier une telle décision.
Mais ça va me faire des vacances... (parce que c'est hypnotique, ce truc : depuis six mois, ça me dévore un temps fou).

jeudi 3 novembre 2011

PSYWAR : une histoire passionnante de "la manufacture du consentement" et des institutions oligarchiques aux USA (14)

PSYWAR : la guerre psychologique
une histoire de la manufacture du consentement aux États-Unis
avec Chomsky, Lippman, Bernays, et toute une kyrielle d'acteurs et d'analystes PASSIONNANTS.

- On y étudie les techniques de manipulations de l'opinion, les relations publiques, le story telling, les opérations sous faux drapeau, la science du mensonge d'État, l'intox industrielle pour conduire les opinions à vouloir la guerre, des outils absolument stratégiques pour les crapules qui nous gouvernent...

- mais on y examine aussi les choix de gouvernement (Quelle "démocratie" ? Quel rôle pour le peuple ?), et la pensée de Hamilton, Jefferson, Madison, et puis toute la clique des oligarques des siècles suivants...

Un documentaire RE-MAR-QUA-BLE !
Tout citoyen devrait connaître ces sujets sur le bout des doigts (pour ne pas trop se faire enfumer et garder un bon esprit critique).

Ne ratez pas ça, c'est très utile, même quand on connaît déjà bien le sujet.

Étienne.

mercredi 2 novembre 2011

Folie guerrière des oligarchies hors contrôle : pas de démocratie sans tirage au sort ! (18)

WESLEY CLARK, patron de l'OTAN de 1997 à 2000,
dénonce spectaculairement le COUP D'ÉTAT de septembre 2001 :
Mais il n'identifie pas de la cause des causes...

• Première conférence :


http://www.ubest1.com/?page=video/32524/Wesley-Clark-7-Pays-à-Détruire-2-Conférence

• Et une autre conférence :

Et nos prétendus "journalistes" français, fidèles serviteurs du projet de domination en cours, toujours prompts à dénoncer une très commode « théorie du complot », vont encore nous dire que tout ça est « une dérive populiste, poujadiste, un antiparlementarisme aux relents d'extrême droite, une réminiscence convergente rouge-brune qui montre bien que le ventre humide de la bête immonde est toujours fécond...» (Couillonnades !)

Bref, les chiens de garde du système vont continuer à nous prendre pour des imbéciles.

Ce que ce général d'armée dénonce (courageusement), c'est une des conséquences LOGIQUES d'un régime — le régime du gouvernement prétendument "représentatif" fallacieusement étiqueté "démocratie" — qui consiste à ne donner au peuple QUE de faux choix entre des maîtres qu'il n'a jamais choisis et contre lesquels il ne pourra jamais rien.

Progressivement, depuis 200 ans, grâce au "gouvernement représentatif" et à ses campagnes électorales ruineuses à financer, les ultra-riches ont pris 100% du contrôle du pouvoir politique.

Si le peuple veut reprendre le pouvoir aux cyniques cupides qui ont pris le contrôle de la force publique, il faut qu'il RENONCE au FAUX "suffrage universel" (qui le réduit à désigner des maîtres qui vont tout décider à sa place sans avoir aucun compte à rendre réellement), et qu'il IMPOSE le VRAI suffrage universel (qui permet à chaque citoyen de voter lui-même, directement, les lois auxquelles il consent à obéir, dans le cadre d'une fédération de communes libres).

On ne sortira pas de ce merdier sans le tirage au sort des prochaines Assemblées constituantes ; partout dans le monde.

C'est contre la cause des causes des injustices sociales (la corruption du pouvoir constituant) que devraient se concentrer tous les "Indignés" du monde, car cette priorité universelle leur permettrait 1) d'être unis (donc forts) sur une idée simple et puissante , et 2) efficaces car bien placés (puisque la disparition de la cause première entrainera logiquement d'un coup la disparition des mille conséquences secondes).

- Pas de prospérité sans monnaie publique.

- Pas de monnaie publique sans démocratie.

- Pas de démocratie sans tirage au sort.

Étienne.