COMPRENDRE LA DETTE PUBLIQUE EN QUELQUES MINUTES
CETTE VERSION 2 EST FORMIDABLE : IL FAUT LA FAIRE CONNAÎTRE


Mon commentaire :

À cette explication technique très pédagogique et très complète, il manque pourtant, à mon avis, LA RESPONSABILITÉ DES ÉLUS qui, depuis 40 ans, votent des budgets en déséquilibre (font dépenser l'État plus qu'il ne gagne en baissant les impôts des riches, et le forcent ainsi à emprunter, de plus en plus), ce qui est une des pinces de la tenaille qu'il ne faut pas négliger.


Cette lacune, je l'explique dans la troisième vidéo des entretiens que je viens d'avoir à la maison avec Sylvain Durain :

http://www.sylvaindurain.fr/chouard/


Tout se passe COMME SI les élus de nombreux pays étaient, depuis 40 ans EN MISSION (une mission pour le compte de ceux qui financent leurs campagnes électorales et à qui ils doivent leur pouvoir et leur statut social renouvelé), la mission d'endetter l'État, progressivement, insensiblement, mais dans des proportions finalement asphyxiantes.

Et cet endettement progressif n'est pas du tout créé par augmentation des dépenses, il est essentiel de le rappeler fortement : DEPUIS 30 ANS, LES DÉPENSES PUBLIQUES SONT GLOBALEMENT STABLES : CE SONT LES RECETTES QUI BAISSENT (sabordage, trahison...), ET PAS N'IMPORTE QUELLES RECETTES : DEPUIS 30 ANS LES ÉLUS FONT BAISSER LES IMPÔTS DES RICHES.

(D'ailleurs, J. K. Galbraith souligne, dans son formidable petit livre où il explique la crise de 1929, que la baisse des impôts des riches est un marqueur fiable pour prévoir une prochaine catastrophe : quand le niveau de corruption des élus a atteint un tel point que les riches arrivent à faire baisser leurs impôts, c'est que ça va bientôt péter.)

C'est ça, la cause véritable de la dette publique : l'assèchement des ressources de l'État par nos prétendus "représentants", de "droite" comme de "gauche", (ils sont tous de droite, en fait, tous au service des privilégiés), pendant des décennies : on retrouve là le mode opératoire universel et éternel de L'ASSERVISSEMENT PAR LA DETTE.

Mais ça ne tombe pas du ciel, c'est le résultat d'une politique : une politique antisociale, une politique de droite.

Et je pense que les mécanismes qui sont au cœur du gouvernement représentatif, en donnant progressivement 100% du pouvoir politique à ceux qui ont déjà 100% du pouvoir économique (via le financement des campagnes électorales qui fait des élus des débiteurs), est une cause plus importante encore (en amont).

Finalement, si on remonte encore plus loin, en cherchant la source, la racine du mal, on tombe sur l'absence de vraie Constitution et, in fine, sur un processus constituant minable (où les hommes au pouvoir écrivent des règles pour eux-mêmes et programment toujours notre impuissance politique).

Mais au bi du bout, tout ça vient de NOTRE PROPRE NÉGLIGENCE AU SUJET DU PROCESSUS CONSTITUANT, C'EST NOUS QUI LES LAISSONS FAIRE : LA VOILÀ, LA CAUSE DES CAUSES.

Et la solution ne passera pas par un "élu"... C'est L'ÉDUCATION POPULAIRE, ENTRE NOUS, À LA BASE, QUI PEUT FAIRE RECULER CETTE NÉGLIGENCE POPULAIRE.

Il faudrait que l'éducation populaire visant à remettre la qualité du processus constituant en première priorité pour le plus grand nombre devienne une activité VIRALE : un virus bienfaisant, un virus de justice sociale, en essayant de ne plus laisser le droit du droit (la Constitution) nous échapper.

Étienne.