Union Européenne = LUTTE CONTRE L'INFLATION PRIORITAIRE
==> CHÔMAGE INSTITUTIONNALISÉ !!! ÊTES-VOUS D'ACCORD ?!

Un des scandales les plus révoltants de l'Union européenne est l'institutionnalisation du chômage, en douce, sous la "couverture économique" de la lutte contre l'inflation, en "oubliant" qu'existe la technique salvatrice de L'INDEXATION...

Ce court extrait vidéo de la conférence de Marseille met un coup de zoom sur LE RAPPORT MÉCANIQUE entre l'inflation et le chômage, et sur LES CHOIX INIQUES de nos prétendus "représentants" — de véritables traîtres à la patrie, en fait — élus qui condamnent leur peuple au chômage de masse à perpétuité :


par culture-libre


Nota (mise à jour 24 août 2011) :
le SCRIPT COMPLET de toute cette conférence de Marseille (Création monétaire, Chômage et inflation et Démocratie forcément fondée et garantie par le tirage au sort) est désormais disponible :
SCRIPTS DE LA CONFÉRENCE DE MARSEILLE comme AIDE À LA TRADUCTION.



• Sur le détestable, l'incroyable, le lamentable NAIRU, voyez le site
NAIRU, Le Nom de la Ruse, la face cachée du chômage :
http://lenairu.blogspot.com/
et http://lenairu.free.fr.



Sur le lien mécanique entre inflation et chômage,
voyez l'excellent petit livre de Liêm Hoang-Ngoc,
"Le fabuleux destin de la courbe de Phillips" :

EXTRAIT (Introduction) de ce livre DÉCAPANT :

Liêm Hoang-Ngoc, "Le fabuleux destin de la courbe de Phillips" (Extrait)


Avant-propos

Le fabuleux destin d'Amélie Poulain n'avait sans doute pas d'autre ambition que d'être un conte romantique dans le Paris du XVIIIe arrondissement. Le film de Jean-Pierre Jeunet n'en fut pas moins injustement soupçonné d'idéaliser une « France moisie », habitée par une classe populaire autrefois « poujadisée », aujourd'hui « lepénisée ».

La courbe de Phillips vit le même destin. Elle ne faisait que relater les difficultés rencontrées par la classe laborieuse à obtenir des augmentations de salaires lorsque prolifère l'« armée de réserve industrielle » (dixit Marx) permettant aux capitalistes d'exercer un chantage à l'emploi. Les réinterprétations de la relation inflation-chômage par la science économique « moderne » ont peu à peu fini par culpabiliser les travailleurs de prendre la parole. Ils en seraient même condamnés à accepter pour la première fois un allongement de leur durée de travail sous peine de délocalisations !

Les économistes néoclassiques n'ont évidemment de cesse, paraphrasant un Premier ministre britannique, de proclamer que leur science n'est ni « de droite », ni « de gauche ». Keynes n'était-il pas lui-même membre du Parti libéral et Walras socialiste, clament-ils en chœur ?!

Certes, mais c'est oublier que la science économique applique rarement à elle-même les critères de scientificité qu'elle revendique pourtant. Si tel était le cas, la plupart des hypothèses de l'économie dominante ne résisteraient pas aux tests empiriques. Ceci ne doit pas dédouaner les « hétérodoxes » de la quête d'un discours positif rigoureux qui rende intelligible les mécanismes de production et de partage du gâteau économique, bien au contraire.

C'est également oublier que la politique normative que recommandait l'anti-communiste notoire Keynes pour « euthanasier les rentiers » fait, aux yeux de leurs héritiers, une part encore trop belle à la socialisation de l'investissement et de la répartition des revenus. Une fois défait le compromis keynésien, l'actionnaire, revigoré par l'air du temps des années 1980-90, n'aura de cesse de demander la destruction des quelques « îlots de socialisme » ayant émergé au cours des Trente glorieuses et que l'on renonça, en France, à étendre après 1983. Pour récupérer la planification de l'investissement, le capital privé a, depuis, bénéficié du détricotage du contrôle public des biens collectifs et des secteurs stratégiques de l'économie, à la faveur de la déréglementation financière et de quelques directives communautaires. La protection sociale collective, l'impôt progressif et le droit du travail sont aujourd'hui les dernières cibles de la contre-révolution néoconservatrice.

Il fallait aussi retirer aux gouvernements la possibilité monétaire de financer un surinvestissement accouchant d'une rentabilité financière insuffisante. Née « indépendante », la Banque Centrale Européenne était d'emblée convertie au monétarisme. Interdire la monétisation des dépenses publiques, rémunérer la « prime de risque » nécessaire pour attirer l'épargnant en restaurant le taux de rémunération du capital sous couvert de couper toute source d'inflation, tels furent les canaux monétaires que la BCE obstrua pour permettre au rentier de récupérer son privilège et d'assurer l'entretien de son patrimoine, autrefois érodé par la baisse des profits, l'inflation et les dévaluations compétitives. Le pacte de stabilité se chargerait quant à lui de limiter des dépenses publiques que les rentiers n'auraient plus à financer par l'impôt.

Une fois rassasiés, Messieurs les rentiers eurent, pendant leur sieste, le sommeil dérangé par les plaintes de quelques millions de gueux, sortis de leurs tentes pour quémander quelques miettes d'une société salariale où nul n'est quelque chose sans un salaire, et donc sans un emploi. Pour justifier l'impossibilité de démobiliser l'armée de réserve industrielle, on invoque encore l'incompressibilité d'un taux de chômage structurel, si ce n'est naturel, signe d'une économie ayant atteint son équilibre, mais dans l'incapacité d'offrir un emploi à qui refuse d'abaisser ses prétentions salariales. Les « experts », ces troubadours des cours modernes, se chargeront de conter l'histoire nécessaire pour faire accepter au peuple le destin chômé dont il serait désormais le seul coupable.

L'histoire de la courbe de Phillips est cette tragédie. Toute tragédie contient trois ingrédients.

Elle se déroule en premier lieu parmi les élites. En l'occurrence, l’élite des conseillers du Prince qui, sous peine de perdre la reconnaissance des pairs, s'évertue à prôner le sacrifice d'un peuple qu'elle avait anobli au temps de sa jeunesse estudiantine ; c'était sans doute en 1968.

La tragédie est porteuse en deuxième lieu d’un dilemme, en l'occurrence le dilemme entre l'inflation et le chômage auquel sont confrontés les Princes dès lors qu'ils ont à arbitrer le conflit centre le capital et le travail.

La tragédie met enfin en scène un destin, en l'occurrence l'inexorable déchéance de travailleur, plus que jamais condamné par le capitalisme à la précarité, à la résignation ou à la résistance.


Introduction

L'histoire de la courbe de Phillips est celle du sort tragique réservé à la classe laborieuse par la « science économique » contemporaine, celle qui s'est imposée en moins de trois décennies comme le nouveau guide pour l'action politique, au fondement-même ce que nous avons appelé la « pensée unique » (Hoang-Ngoc, 1996 ; Lavoie, 2004). Au terme de cette histoire, brève et cependant déjà grosse de développements jugés si « féconds » par ses auteurs et de rebondissements plutôt inattendus, les travailleurs auront connu l'infortune du plaignant qui se retrouve finalement dans le rôle de l'accusé. De victimes du chômage, incapables de défendre leurs salaires et leur position sur le marché du travail en période de sous-emploi — dans la première version de la courbe de Phillips — les travailleurs ont été progressivement rendus responsables de leur propre chômage, au fil des réaménagements successifs de la doctrine. En suivant cette histoire tortueuse, la courbe de Phillips, qui n'était au départ qu'un relevé statistique de longue période traitant des interactions entre la formation des salaires et le chômage, est devenu le noyau dur d'une vision du monde dominée par l'idée que ce sont les travailleurs eux-mêmes qui font obstacle à leur propre bonheur.


C'est cette histoire que nous allons raconter.

Il ne s'agit pas, bien entendu, de l’« l'histoire officielle ». Dans les manuels de macroéconomie orthodoxe) les versions successives de la courbe de Phillips sont au contraire présentées comme le résultat d'un cheminement logique, s'inscrivant dans le cadre d'une démarche constructiviste, hypothético-déductive, prétendument fidèle aux critères de scientificité poppériens, grâce auxquels la science économique, à l'instar de la science physique, avancerait par un processus de formulation-réfutation de conjectures plausibles Le manuel néoclassique raconte ainsi, de façon linéaire et en mimant la méthode des sciences expérimentales une histoire de la courbe de Phillips dont les différentes versions auraient émergé d'un processus cumulatif de construction d'hypothèses élaborées pour rendre compte des interactions entre le chômage et la formation des salaires.

Suivant cette progression, le premier âge des recherches devait tout d'abord valider l'hypothèse, émise par Phillips lui-même, selon laquelle les variations du chômage représentent le déterminant essentiel de la formation des salaires. Les fluctuations du salaire sont alors à l'origine des hausses de prix dès lors que les entreprises, en situation de concurrence monopolistique, détiennent un pouvoir de marché leur permettant de fixer leurs prix en fonction de l'évolution du coût salarial, de telle sorte qu'elles préservent un certain taux de marge. Ces fluctuations sont à l'origine de ce que l'on appelle la boucle prix-salaires.

Au deuxième âge de la courbe de Phillips, censé être celui de la maturité, on introduit l'impact exercé en retour par la formation des prix sur le chômage observé, encore appelé chômage effectif, parce qu'il désigne le volant de chômage existant à un instant donné. Le chômage observé n'est cependant pas l'objet de toutes les attentions. Le but de la construction est ailleurs. On veut « montrer » en effet que le taux de chômage effectif a tendance à osciller autour d'un taux pivot, bien plus fondamental, appelé taux de chômage naturel, et qui représente le niveau de chômage vers lequel l'économie s'acheminerait nécessairement en rejoignant spontanément sa position d'équilibre général à long terme. On veut aller jusqu'à démontrer que ce taux est unique et stable à long terme, ce qui signifie qu'il n'y a aucune raison pour qu'il évolue en l'absence de changements structurels dans l'économie. Tant que les déterminants fondamentaux de l'offre ou de la demande de travail demeurent inchangés — tant que les préférences des salariés, la technologie existante et les structures du marché du travail restent ce qu'elles sont — le taux de chômage naturel qui s'en déduit trace l'horizon indépassable à long terme du chômage effectif. Parmi ces « fondamentaux » qui influencent de façon déterminante la demande de travail des entreprises et l'offre des travailleurs, les modalités de fixation des salaires et le niveau des revenus de remplacement tiennent le premier rôle. Lorsque l'équilibre général est atteint (l'économie est alors dans une situation où rien ne bouge) le sous-emploi existant — ou chômage effectif — coïncide avec le chômage naturel, et tous les chômeurs peuvent alors être qualifiés de chômeurs volontaires. Ces derniers — c'est l'objet de la démonstration — pourraient en effet parfaitement travailler s'ils acceptaient un salaire plus bas... mais ils estiment qu'ils n'y ont pas intérêt (compte tenu de l'écart trop faible entre les salaires et les revenus de remplacement).

Cette construction fut doublement mise à mal sur le plan empirique. Tout d'abord, les observations sont venues indiquer que le taux de chômage naturel est susceptible d'évoluer sur le court terme, faisant de ce taux une variable « pas si naturelle que ça ». Mais encore, il est apparu — à qui cela n'était pas évident — qu'une partie des chômeurs était prête à travailler pour un salaire inférieur à celui qui prévaut à l'équilibre... Tous les chômeurs ne sont donc pas des chômeurs volontaires...

Pour dialoguer avec leurs collègues « classiques », des néo-keynésiens proposèrent cependant de rester fidèles au cadre du deuxième âge, en s'en remettant à l'hypothèse de rigidités nominales de salaires, ou en considérant que le chômage effectif persiste désormais loin de son taux naturel.

D'autres autoproclamés nouveaux keynésiens, entrèrent dans le troisième âge de la courbe de Phillips, présenté comme l'âge du raffinement du modèle, de raffinement des formes de la courbe. L'adjonction d'hypothèses auxiliaires, inhérentes à la nature imparfaite de l'information subie par les agents rationnels, doit rendre la théorie réaliste, empiriquement testable. Le chômage naturel, rebaptisé chômage d'équilibre, peut alors faire une place, dans un univers d'information asymétrique, à du chômage involontaire et influençable par les variations de court terme du chômage courant.

C'est cette histoire socialement désincarnée que nous entendons déconstruire ici. L'histoire de la courbe de Phillips est en effet représentative de la fabuleuse histoire de la pensée économique contemporaine. La science économique d'aujourd'hui a indéniablement le noble projet d'améliorer la connaissance positive du fonctionnement des systèmes économiques modernes. Nombre d'économistes, pourtant obsédés par la science, ne parviennent pas à respecter les règles même de cette connaissance positive qui charpentent l'idée qu'ils se font de la science, règles qui consistent idéalement à séparer le positif (l'analyse de ce qui est), du normatif (l'analyse de ce qui doit être). Non qu'ils y mettent forcément de la mauvaise volonté, mais ce projet est nécessairement vain. Car, quoi qu'ils en disent, les théoriciens sont porteurs de visées normatives limitant ou délimitant l'espace des controverses théoriques. Keynes lui-même n'était nullement embarrassé de déduire une philosophie sociale de son analyse théorique du capitalisme. Le chapitre conclusif de sa Théorie Généralene s'intitulait-il pas Notes finales sur la philosophie sociale à laquelle conduit notre théorie ? C'est que la grande controverse qui a animé la pensée économique contemporaine, depuis le tournant des années trente, a été initiée par le formidable défi lancé par Keynes à la pensée libérale. Keynes réussit le tour de force de produire une théorie économique du chômage, bientôt jugée convaincante, concluant que le système économique n'était pas « auto-ajusteur». Dans la Théorie Générale, Keynes montre en effet que les jeux de la finance, l'horizon incertain dans lequel se déploient les décisions d'investir des entreprises, les comportements d'épargne des ménages et la répartition des revenus ne concourent pas spontanément au plein-emploi des ressources et, en aval, à la réalisation du bien commun. L'État se trouve par là même fondé à intervenir, essentiellement en vue de porter remède à l'insuffisance chronique de l'investissement. C'est cet agenda qui fut en partie mis en œuvre avec succès durant les Trente glorieuses. Mais, dès le début des années 70, à la faveur de la stagflation, l'expérience keynésienne des Trente glorieuses subissait le feu de la contre-révolution néolibérale. Celle-ci fut portée par la révision, emmenée par les monétaristes, de l'interprétation traditionnelle de la courbe de Phillips. Les travaux de Milton Friedman inauguraient alors le deuxième âge de la courbe de Phillips, laquelle fut autrefois l'alliée des keynésiens. Ce retournement de l'arme contre l'adversaire prépara à son tour la trahison définitive de Keynes par la contre-réforme menée par des usurpateurs, autoproclamés nouveaux keynésiens. Celle-ci s'est développée à partir de la troisième version de la courbe de Phillips. Cette histoire de la pensée flirte elle-même avec « l'air du temps ». Elle accompagne sur le terrain des idées la revanche de la finance, sacrifiée, durant l'âge d'or du keynésianisme sur l'autel de l'entreprise et du travail. Cette revanche s'est avérée particulièrement tragique pour le salariat. Accédant à la prise de parole dans la négociation collective, aux mêmes biens publics que les classes supérieures, à la consommation de masse et aux congés payés durant l'apogée de l'État social keynésien, les travailleurs furent progressivement rendus responsables, à travers les coûts salariaux et les « charges » collectives croissantes de « l'État providence », du marasme de l'investissement, du chômage de masse et de l'exclusion de leurs semblables, moins bien lotis dans la compétition. Au point que toute velléité revendicatrice, jadis supposée «progressiste», est aujourd'hui systématiquement perçue comme « conservatrice », voire corporatiste. Tel est le destin tragique réservé par les nouvelles théories du chômage à la classe laborieuse.

L'épilogue théorique de cette histoire ne saurait pourtant passer sous silence l'espoir suscité par une autre branche de la famille des économistes revendiquant l'héritage de Keynes, sous le flambeau postkeynésien. Leurs descendants sont en passe d'accoucher d'une courbe de Phillips du quatrième âge, présentée en Postface par Marc Lavoie. Clairement hétérodoxes, ses membres, autrefois implantés à Cambridge où l'esprit de Keynes continue de souffler, avaient tenté dès les lendemains de la publication de la Théorie Générale d'en radicaliser le contenu. Cet ouvrage est aussi une invitation à redécouvrir l'étonnante actualité des thèses postkeynésiennes et de la résistance que mena Outre-Manche, il n'y a pas si longtemps, le regretté Nicholas Kaldor : résistance face aux « Réformes » de Margaret Thatcher dont Milton Friedman fut l'éminent conseiller.

Cette tragédie se dénoue en trois actes, correspondant aux trois premiers âges de la courbe de Phillips. Le rideau s'ouvre sur un hommage rendu aux thèses keynésiennes, que les économistes libéraux n'auront de cesse de combattre. Les réinterprétations successives de Keynes, puis celles de la courbe de Phillips qui s'ensuivront, nous content alors l'histoire d'une bataille perdue par le travail face au capital, au cours de l'un des épisodes les plus passionnants de la guerre des classes.


LEVER DE RIDEAU DANS LES COULISSES D'UNE RÉVOLUTION MANQUÉE

La Théorie Générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, publiée par Keynes en 1936, fut une véritable révolution théorique. Elle permit de légitimer la nouvelle conception de l'intervention publique qui se généralisa dans les pays développés au temps de l’âge d'or de l'État social. Elle mit en question la pertinence du langage de la théorie économique néoclassique et favorisa en outre l'éclosion de la macroéconomie, comme nouveau guide pour l'action économique publique.

Celle-ci se construisit notamment dans le cadre des modèles de la synthèse néoclassique où la détermination des salaires et des prix restait inexpliquée. Ce n'est qu'à partir de la découverte des travaux de Phillips que les macroéconomistes ont véritablement cherché à intégrer des équations de détermination des salaires et des prix. Les configurations successives de ces équations, évoluant au cours de ce que nous surnommons les quatre âges de la courbe de Phillips, sont l'objet de cet ouvrage. Avant d'en entamer l'examen, il est nécessaire de rappeler quelques étapes essentielles des débats macroéconomiques qui précédèrent ce qui n'est rien d'autre qu'une querelle d'interprétation des causes du chômage.


La révolution keynésienne

John Maynard Keynes est né en 1883 à Cambridge d'une famille bourgeoise. Son père était le logicien John Neville Keynes. Il découvrit l'économie à l'âge de 22 ans, en même temps qu'il préparait une thèse de mathématiques sur les probabilités, rejetée une première fois en 1908, et qu'il soutiendra en 1909. Il reçut à l'Université de Cambridge les enseignements d'Alfred Marshall et d'Arthur Cecil Pigou, lequel tenta de le dissuader d'entreprendre une carrière de professeur d'économie. Au concours du « civil service », il obtint une note médiocre en économie et moquait la suffisance de ses examinateurs, ce qui lui vaudra de débuter sa carrière administrative à Bombay. Il y découvrit la spéculation à laquelle il s'adonnera sans vergogne en Grande-Bretagne à la tête de fonds de placements. Il intervint à de nombreuses reprises dans le débat public britannique, par voie de presse et dans de nombreuses revues, pour fustiger l'orthodoxie de l'ancrage de la livre à l'étalon-or et dispensa des cours à l'Université de Cambridge. Keynes méprisait la classe ouvrière et s'opposait au communisme. Membre du Parti libéral, il contribua à la rédaction de son programme en 1928. Il participa aux travaux de la commission Mac Millan créée par le gouvernement travailliste de l'époque. Son œuvre majeure, la Théorie Générale de l'Emploi de l'Intérêt et de la Monnaie fut publiée en 1936. Il participa du côté britannique aux premiers rounds de la négociation autour des accords de Bretton Woods, avant de décéder en 1946.

Sur le plan théorique, Keynes défia la théorie orthodoxe en introduisant l'hypothèse d'incertitude sur le marché financier pour en analyser l'impact sur le fonctionnement général de l'économie. Celle-ci peut subir un sous-emploi durable, à cause des anticipations pessimistes des entrepreneurs. Le chômage qui en résulte est involontaire. Rien n'incite les entrepreneurs à embaucher, même si les salaires baissaient. Les recommandations de politique économique keynésiennes diffèrent alors des recommandations libérales : pour préserver la démocratie, l'État devra intervenir par la politique monétaire et la politique budgétaire pour assurer le plein-emploi et la cohésion sociale.


LES ERREURS DE LA THÉORIE « CLASSIQUE » DE L'EMPLOI, DE L'INTÉRÊT ET DE LA MONNAIE

La théorie « classique » [Keynes englobe sous le vocable de « classique », les théories qui soutiennent que l'épargne est le préalable à l'investissement et la flexibilité des salaires suffit à assurer le plein-emploi. Sa cible est naturellement Adam Smith, mais surtout la théorie néoclassique qui lui fut enseignée à Cambridge par le Professeur Pigou] est considérée par Keynes comme un cas particulier de la théorie générale qu'il propose de construire. Son domaine de validité se limite au plein-emploi, seul cas où ses recommandations s'avéreraient appropriées. La théorie « classique » de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie est incapable d'expliquer que l'économie puisse durablement s'écarter du plein-emploi.


Le chômage est-il volontaire ?

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