Maurice Allais, Lettre ouverte aux Français : CONTRE LES TABOUS INDISCUTÉS
Par Étienne, mercredi 9 décembre 2009 à 12:30 - Approche économique de la souveraineté - #104 - rss
Un des derniers journaux libres en France, Marianne, vient de publier (n°659, 5 décembre 2009) un très bon article de Maurice Allais.
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/2009-12-05-Maurice_Allais-Marianne.pdf
Remarque importante : le courage des journalistes de Marianne, chaque semaine, mérite que nous les aidions en nous abonnant. Si on n'aide pas, ici et maintenant, les seuls journalistes qui nous défendent encore, il ne faudra pas venir pleurer quand nous nous retrouverons SEULS face aux barbares prétendument libéraux.
Voici l'appel de Maurice Allais :
Lettre aux Français
Le cri d’alarme du seul prix Nobel d’économie français :
CONTRE LES TABOUS INDISCUTÉS
par Maurice allais
Marianne n°659, 5 décembre 2009.

Le point de vue que j'exprime est celui d'un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m'apparaît fausse, artificielle. L'idéal socialiste consiste à s'intéresser à l'équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l'efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d'une même doctrine. Et c'est précisément à ce titre de libéral que je m'autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d'un libre-échangisme appliqué aveuglément.
Le fondement de la crise : l'organisation du commerce mondial
La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du « protectionnisme » , dénonciation absurde à chaque fois qu'elle se voit exprimée sans nuance, comme cela vient d'être le cas. Nous sommes confrontés à ce que j'ai par le passé nommé "des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années » (1). Car tout libéraliser, on vient de le vérifier, amène les pires désordres. Inversement, parmi les multiples vérités qui ne sont pas abordées se trouve le fondement réel de l'actuelle crise : l'organisation du commerce mondial, qu'il faut réformer profondément, et prioritairement à l'autre grande réforme également indispensable que sera celle du système bancaire.
Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur ignorance de l'économie qui les conduit à confondre deux sortes de protectionnismes : il en existe certains de néfastes, tandis que d'autres sont entièrement justifiés. Dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n'est pas souhaitable en général. Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C'est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d'avoir supprimé les protections douanières aux frontières. Mais c'est aussi vrai avec des pays plus proches, y compris au sein même de l'Europe. Il suffit au lecteur de s'interroger sur la manière éventuelle de lutter contre des coûts de fabrication cinq ou dix fois moindres - si ce n'est des écarts plus importants encore - pour constater que la concurrence n'est pas viable dans la grande majorité des cas. Particulièrement face à des concurrents indiens ou surtout chinois qui, outre leur très faible prix de main-d'œuvre, sont extrêmement compétents et entreprenants.
Il faut délocaliser Pascal Lamy !
Mon analyse étant que le chômage actuel est dû à cette libéralisation totale du commerce, la voie prise par le G20 m'apparaît par conséquent nuisible. Elle va se révéler un facteur d'aggravation de la situation sociale. À ce titre, elle constitue une sottise majeure, à partir d'un contresens incroyable. Tout comme le fait d'attribuer la crise de 1929 à des causes protectionnistes constitue un contresens historique. Sa véritable origine se trouvait déjà dans le développement inconsidéré du crédit durant les années qui l'ont précédée. Au contraire, les mesures protectionnistes qui ont été prises, mais après l'arrivée de la crise, ont certainement pu contribuer à mieux la contrôler. Comme je l'ai précédemment indiqué, nous faisons face à une ignorance criminelle. Que le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, ait déclaré : « Aujourd'hui, les leaders du G20 ont clairement indiqué ce qu'ils attendent du cycle de Doha : une conclusion en 2010 » et qu'il ait demandé une accélération de ce processus de libéralisation m'apparaît une méprise monumentale, je la qualifierais même de monstrueuse. Les échanges, contrairement à ce que pense Pascal Lamy, ne doivent pas être considérés comme un objectif en soi, ils ne sont qu'un moyen. Cet homme, qui était en poste à Bruxelles auparavant, commissaire européen au Commerce, ne comprend rien, rien, hélas ! Face à de tels entêtements suicidaires, ma proposition est la suivante : il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy, un des facteurs majeurs de chômage !
Plus concrètement, les règles à dégager sont d'une simplicité folle : du chômage résultent des délocalisations elles-mêmes dues aux trop grandes différences de salaires... À partir de ce constat, ce qu'il faut entreprendre en devient tellement évident ! Il est indispensable de rétablir une légitime protection. Depuis plus de dix ans, j'ai proposé de recréer des ensembles régionaux plus homogènes, unissant plusieurs pays lorsque ceux-ci présentent de mêmes conditions de revenus, et de mêmes conditions sociales. Chacune de ces « organisations régionales » serait autorisée à se protéger de manière raisonnable contre les écarts de coûts de production assurant des avantages indus a certains pays concurrents, tout en maintenant simultanément en interne, au sein de sa zone, les conditions d'une saine et réelle concurrence entre ses membres associés.
Un protectionnisme raisonné et raisonnable
Ma position et le système que je préconise ne constitueraient pas une atteinte aux pays en développement. Actuellement, les grandes entreprises les utilisent pour leurs bas coûts, mais elles partiraient si les salaires y augmentaient trop. Ces pays ont intérêt à adopter mon principe et à s'unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne suffisamment vaste pour soutenir leur production, mais suffisamment équilibré aussi pour que la concurrence interne ne repose pas uniquement sur le maintien de salaires bas. Cela pourrait concerner par exemple plusieurs pays de l'est de l'Union européenne, qui ont été intégrés sans réflexion ni délais préalables suffisants, mais aussi ceux d'Afrique ou d'Amérique latine.
L'absence d'une telle protection apportera la destruction de toute l'activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c'est-à-dire de toutes les industries de l'Europe de l'Ouest et celles des pays développés. Car il est évident qu'avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l'industrie française finira par partir à l'extérieur. Il m'apparaît scandaleux que des entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu'elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts, comme cela a été le cas dans le secteur des pneumatiques pour automobiles, avec les annonces faites depuis le printemps par Continental et par Michelin. Si aucune limite n'est posée, ce qui va arriver peut d'ores et déjà être annoncé aux Français : une augmentation de la destruction d'emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l'industrie, mais tout autant dans l'agriculture et les services.
De ce point de vue, il est vrai que je ne fais pas partie des économistes qui emploient le mot « bulle ». Qu'il y ait des mouvements qui se généralisent, j'en suis d'accord, mais ce terme de « bulle » me semble inapproprié pour décrire le chômage qui résulte des délocalisations. En effet, sa progression revêt un caractère permanent et régulier, depuis maintenant plus de trente ans. L'essentiel du chômage que nous subissons —tout au moins du chômage tel qu'il s'est présenté jusqu'en 2008 — résulte précisément de cette libération inconsidérée du commerce à l'échelle mondiale sans se préoccuper des niveaux de vie. Ce qui se produit est donc autre chose qu'une bulle, mais un phénomène de fond, tout comme l'est la libéralisation des échanges, et la position de Pascal Lamy constitue bien une position sur le fond.
Crise et mondialisation sont liées
Les grands dirigeants mondiaux préfèrent, quant à eux, tout ramener à la monnaie, or elle ne représente qu'une partie des causes du problème. Crise et mondialisation : les deux sont liées. Régler seulement le problème monétaire ne suffirait pas, ne réglerait pas le point essentiel qu'est la libéralisation nocive des échanges internationaux, Le gouvernement attribue les conséquences sociales des délocalisations à des causes monétaires, c'est une erreur folle.
Pour ma part, j'ai combattu les délocalisations dans mes dernières publications (2). On connaît donc un peu mon message. Alors que les fondateurs du marché commun européen à six avaient prévu des délais de plusieurs années avant de libéraliser les échanges avec les nouveaux membres accueillis en 1986, nous avons ensuite, ouvert l'Europe sans aucune précaution et sans laisser de protection extérieure face à la concurrence de pays dotés de coûts salariaux si faibles que s'en défendre devenait illusoire. Certains de nos dirigeants, après cela, viennent s'étonner des conséquences !
Si le lecteur voulait bien reprendre mes analyses du chômage, telles que je les ai publiées dans les deux dernières décennies, il constaterait que les événements que nous vivons y ont été non seulement annoncés mais décrits en détail. Pourtant, ils n'ont bénéficié que d'un écho de plus en plus limité dans la grande presse. Ce silence conduit à s'interroger.
Un prix Nobel... téléspectateur
Les commentateurs économiques que je vois s'exprimer régulièrement à la télévision pour analyser les causes de l'actuelle crise sont fréquemment les mêmes qui y venaient auparavant pour analyser la bonne conjoncture avec une parfaite sérénité. Ils n'avaient pas annoncé l'arrivée de la crise, et ils ne proposent pour la plupart d'entre eux rien de sérieux pour en sortir. Mais on les invite encore. Pour ma part, je n'étais pas convié sur les plateaux de télévision quand j'annonçais, et j'écrivais, il y a plus de dix ans, qu'une crise majeure accompagnée d'un chômage incontrôlé allait bientôt se produire, je fais partie de ceux qui n'ont pas été admis à expliquer aux Français ce que sont les origines réelles de la crise alors qu'ils ont été dépossédés de tout pouvoir réel sur leur propre monnaie, au profit des banquiers. Par le passé, j'ai fait transmettre à certaines émissions économiques auxquelles j'assistais en téléspectateur le message que j'étais disposé à venir parler de ce que sont progressivement devenues les banques actuelles, le rôle véritablement dangereux des traders, et pourquoi certaines vérités ne sont pas dites à leur sujet. Aucune réponse, même négative, n'est venue d'aucune chaîne de télévision et ce durant des années.
Cette attitude répétée soulève un problème concernant les grands médias en France : certains experts y sont autorisés et d'autres, interdits. Bien que je sois un expert internationalement reconnu sur les crises économiques, notamment celles de 1929 ou de 1987, ma situation présente peut donc se résumer de la manière suivante : je suis un téléspectateur. Un prix Nobel... téléspectateur, Je me retrouve face à ce qu'affirment les spécialistes régulièrement invités, quant à eux, sur les plateaux de télévision, tels que certains universitaires ou des analystes financiers qui garantissent bien comprendre ce qui se passe et savoir ce qu'il faut faire. Alors qu'en réalité ils ne comprennent rien. Leur situation rejoint celle que j'avais constatée lorsque je m'étais rendu en 1933 aux États-Unis, avec l'objectif d'étudier la crise qui y sévissait, son chômage et ses sans-abri : il y régnait une incompréhension intellectuelle totale. Aujourd'hui également, ces experts se trompent dans leurs explications. Certains se trompent doublement en ignorant leur ignorance, mais d'autres, qui la connaissent et pourtant la dissimulent, trompent ainsi les Français.
Cette ignorance et surtout la volonté de la cacher grâce à certains médias dénotent un pourrissement du débat et de l'intelligence, par le fait d'intérêts particuliers souvent liés à l'argent. Des intérêts qui souhaitent que l'ordre économique actuel, qui fonctionne à leur avantage, perdure tel qu'il est. Parmi eux se trouvent en particulier les multinationales qui sont les principales bénéficiaires, avec les milieux boursiers et bancaires, d'un mécanisme économique qui les enrichit, tandis qu'il appauvrit la majorité de la population française mais aussi mondiale.
Question clé : quelle est la liberté véritable des grands médias ? Je parle de leur liberté par rapport au monde de la finance tout autant qu'aux sphères de la politique.
Deuxième question : qui détient de la sorte le pouvoir de décider qu'un expert est ou non autorisé à exprimer un libre commentaire dans la presse ?
Dernière question : pourquoi les causes de la crise telles qu'elles sont présentées aux Français par ces personnalités invitées sont-elles souvent le signe d'une profonde incompréhension de la réalité économique ? S'agit-il seulement de leur part d'ignorance ? C'est possible pour un certain nombre d'entre eux, mais pas pour tous. Ceux qui détiennent ce pouvoir de décision nous laissent le choix entre écouter des ignorants ou des trompeurs. •
Maurice Allais.
_________________
(1) L'Europe en crise. Que faire ?, éditions Clément Juglar. Paris, 2005.
(2) Notamment La crise mondiale aujourd'hui, éditions Clément Juglar, 1999, et la Mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance : l'évidence empirique, éditions Clément Juglar, 1999.
* * * * *
Le Prix Nobel iconoclaste et bâillonné
La « Lettre aux Français » que le seul et unique prix Nobel d'économie français a rédigée pour Marianne aura-t-elle plus d'écho que ses précédentes interventions ? Il annonce que le chômage va continuer à croître en Europe, aux États-Unis et dans le monde développé. Il dénonce la myopie de la plupart des responsables économiques et politiques sur la crise financière et bancaire qui n'est, selon lui, que le symptôme spectaculaire d'une crise économique plus profonde : la déréglementation de la concurrence sur le marché mondial de la main-d'œuvre. Depuis deux décennies, cet économiste libéral n'a cessé d'alerter les décideurs, et la grande crise, il l'avait clairement annoncée il y a plus de dix ans.
Éternel casse-pieds
Mais qui connaît Maurice Allais, à part ceux qui ont tout fait pour le faire taire ? On savait que la pensée unique n'avait jamais été aussi hégémonique qu'en économie, la gauche elle-même ayant fini par céder à la vulgate néolibérale. On savait le sort qu'elle réserve à ceux qui ne pensent pas en troupeau. Mais, avec le cas Allais, on mesure la capacité d'étouffement d'une élite habitée par cette idéologie, au point d'ostraciser un prix Nobel devenu maudit parce qu'il a toujours été plus soucieux des faits que des cases où il faut savoir se blottir.
« La réalité que l'on peut constater a toujours primé pour moi. Mon existence a été dominée par le désir de comprendre ce qui se passe, en économie comme en physique ». Car Maurice Allais est un physicien venu à l'économie à la vue des effets inouïs de la crise de 1929. Dès sa sortie de Polytechnique, en 1933, il part aux États-Unis. « C’était la misère sociale, mais aussi intellectuelle : personne ne comprenait ce qui était arrivé. » Misère à laquelle est sensible le jeune Allais, qui avait réussi à en sortir grâce à une institutrice qui le poussa aux études : fils d'une vendeuse veuve de guerre, il a, toute sa jeunesse, installé chaque soir un lit pliant pour dormir dans un couloir. Ce voyage américain le décide à se consacrer à l'économie, sans jamais abandonner une carrière parallèle de physicien reconnu pour ses travaux sur la gravitation. Il devient le chef de file de la recherche française en économétrie, spécialiste de l'analyse des marchés, de la dynamique monétaire et du risque financier. Il rédige, pendant la guerre, une théorie de l'économie pure qu'il ne publiera que quarante ans plus lard et qui lui vaudra le prix Nobel d'économie en 1988. Mais les journalistes japonais sont plus nombreux que leurs homologues français à la remise du prix : il est déjà considéré comme un vieux libéral ringardisé par la mode néolibérale.
Car, s'il croit à l'efficacité du marché, c'est à condition de le « corriger par une redistribution sociale des revenus illégitimes ». Il a refusé de faire partie du club des libéraux fondé par Friedrich von Hayek et Milton Friedman : ils accordaient, selon lui, trop d'importance au droit de propriété... « Toute ma vie d'économiste, j'ai vérifié la justesse de Lacordaire : entre le fort et le faible, c'est la liberté qui opprime et la règle qui libère", précise Maurice Allais, dont Raymond Aron avait bien résumé la position : « Convaincre des socialistes que le vrai libéral ne désire pas moins qu'eux la justice sociale, et des libéraux que l'efficacité de l'économie de marché ne suffit plus à garantir une répartition acceptable des revenus. » Il ne convaincra ni les uns ni les autres, se disant « libéral et socialiste ».
Éternel casse-pieds inclassable. Il aura démontré la faillite économique soviétique en décryptant le trucage de ses statistiques. Favorable à l'indépendance de l'Algérie, il se mobilise en faveur des harkis au point de risquer l'internement administratif. Privé de la chaire d'économie de Polytechnique car trop dirigiste, « je n'ai jamais été invité à l'ENA, j'ai affronté des haines incroyables ! » Après son Nobel, il continue en dénonçant « la chienlit laisser-fairiste » du néolibéralisme triomphant. Seul moyen d'expression : ses chroniques touffues publiées dans le Figaro, où le protège Alain Peyrefitte. À la mort de ce dernier, en 1999, il est congédié comme un malpropre.
Il vient de publier une tribune alarmiste dénonçant une finance de « casino» : « L'économie mondiale tout entière repose aujourd'hui sur de gigantesques pyramides de dettes, prenant appui les unes sur les autres dans un équilibre fragile, jamais dans le passé une pareille accumulation de promesses de payer ne s'était constatée. Jamais, sans doute, il est devenu plus difficile d'y faire face, jamais, sans doute, une telle instabilité potentielle n'était apparue avec une telle menace d'un effondrement général. » Propos développés l'année suivante dans un petit ouvrage très lisible* qui annonce l'effondrement financier dix ans à l'avance. Ses recommandations en faveur d'un protectionnisme européen, reprises par Chevènement et Le Pen, lui valurent d'être assimilé au diable par les gazettes bien-pensantes. En 2005, lors de la campagne sur le référendum européen, le prix Nobel veut publier une tribune expliquant comment Bruxelles, reniant le marché commun en abandonnant la préférence communautaire, a brisé sa croissance économique et détruit ses emplois, livrant l'Europe au dépeçage industriel : elle est refusée partout, seule l'Humanité accepte de la publier...
Aujourd'hui, à 98 ans, le vieux savant pensait que sa clairvoyance serait au moins reconnue. Non, silence total, à la notable exception du bel hommage que lui a rendu Pierre-Antoine Delhommais dans le Monde. Les autres continuent de tourner en rond, enfermés dans leur « cercle de la raison » •
Éric Conan
* La Crise mondiale aujourd'hui, éditions Clément Juglar, 1999.
Source : Marianne, n°659, décembre 2009.
Finalement, ce sont peut-être les citoyens qui vont arriver à réinstaller (imposer ?) le libéral-socialiste Maurice Allais dans le débat public, vent debout contre les ennemis publics que sont devenues, à l'évidence, les multinationales et les banques.
Bien à vous.
Étienne.













Commentaires
1. Le mercredi 9 décembre 2009 à 18:59, par A-J Holbecq
2. Le vendredi 11 décembre 2009 à 04:49, par Alain Riguet
3. Le samedi 12 décembre 2009 à 12:07, par LECHEVALIER
4. Le samedi 12 décembre 2009 à 13:39, par A-J Holbecq
5. Le samedi 12 décembre 2009 à 19:55, par Alain
6. Le dimanche 13 décembre 2009 à 03:15, par Étienne
7. Le dimanche 13 décembre 2009 à 12:19, par A-J Holbecq
8. Le dimanche 13 décembre 2009 à 13:01, par Étienne
9. Le dimanche 13 décembre 2009 à 20:51, par Alain
10. Le lundi 14 décembre 2009 à 11:54, par Sébastien
11. Le lundi 14 décembre 2009 à 15:22, par Aïda
12. Le lundi 14 décembre 2009 à 17:04, par concombre masqué
13. Le lundi 14 décembre 2009 à 19:33, par A-J Holbecq
14. Le lundi 14 décembre 2009 à 19:35, par A-J Holbecq
15. Le lundi 14 décembre 2009 à 20:40, par Alain
16. Le lundi 14 décembre 2009 à 23:06, par Alain
17. Le mardi 15 décembre 2009 à 23:58, par Étienne
18. Le mercredi 16 décembre 2009 à 00:04, par Étienne
19. Le mercredi 16 décembre 2009 à 08:35, par A-J Holbecq
20. Le mercredi 16 décembre 2009 à 10:22, par Catherine
21. Le mercredi 16 décembre 2009 à 10:37, par Catherine
22. Le mercredi 16 décembre 2009 à 10:43, par Étienne
23. Le mercredi 16 décembre 2009 à 22:38, par contre-info
24. Le mercredi 16 décembre 2009 à 22:57, par Alain
25. Le jeudi 17 décembre 2009 à 00:18, par Étienne
26. Le jeudi 17 décembre 2009 à 11:34, par Étienne
27. Le jeudi 17 décembre 2009 à 12:49, par contre-info
28. Le jeudi 17 décembre 2009 à 20:11, par Catherine
29. Le jeudi 17 décembre 2009 à 20:21, par Alain
30. Le jeudi 17 décembre 2009 à 21:14, par Catherine
31. Le jeudi 17 décembre 2009 à 23:47, par Alain
32. Le vendredi 18 décembre 2009 à 07:05, par Catherine
33. Le vendredi 18 décembre 2009 à 09:49, par Aïda
34. Le vendredi 18 décembre 2009 à 16:56, par Aïda
35. Le vendredi 18 décembre 2009 à 17:59, par Alain
36. Le vendredi 18 décembre 2009 à 19:22, par Catherine
37. Le samedi 19 décembre 2009 à 08:03, par A-J Holbecq
38. Le samedi 19 décembre 2009 à 12:52, par Aïda
39. Le samedi 19 décembre 2009 à 19:10, par Étienne
40. Le samedi 19 décembre 2009 à 21:55, par Aïda
41. Le samedi 19 décembre 2009 à 23:35, par Alain
42. Le dimanche 20 décembre 2009 à 10:51, par Catherine Blanquart
43. Le dimanche 20 décembre 2009 à 15:50, par sentier198(ex_contre_info)
44. Le dimanche 20 décembre 2009 à 15:56, par NingúnOtro
45. Le dimanche 20 décembre 2009 à 18:49, par Catherine Blanquart
46. Le dimanche 20 décembre 2009 à 21:50, par Alain
47. Le lundi 21 décembre 2009 à 10:18, par Le concombre masqué
48. Le lundi 21 décembre 2009 à 13:28, par Alain
49. Le lundi 21 décembre 2009 à 17:41, par Catherine
50. Le samedi 26 décembre 2009 à 09:25, par A-J Holbecq
51. Le samedi 26 décembre 2009 à 17:12, par Renaud
52. Le mercredi 30 décembre 2009 à 23:57, par Aïda
53. Le jeudi 31 décembre 2009 à 08:20, par Étienne
54. Le jeudi 31 décembre 2009 à 12:51, par sentier198
55. Le jeudi 31 décembre 2009 à 17:26, par Aïda
56. Le jeudi 31 décembre 2009 à 17:54, par Aïda
57. Le vendredi 1 janvier 2010 à 17:38, par A-J Holbecq
58. Le vendredi 1 janvier 2010 à 23:14, par Sébastien
59. Le samedi 2 janvier 2010 à 08:18, par A-J Holbecq
60. Le samedi 2 janvier 2010 à 23:51, par Catherine
61. Le dimanche 3 janvier 2010 à 00:39, par Alain
62. Le dimanche 3 janvier 2010 à 18:05, par Catherine
63. Le dimanche 3 janvier 2010 à 21:45, par NingúnOtro
64. Le dimanche 3 janvier 2010 à 22:11, par Catherine
65. Le lundi 4 janvier 2010 à 09:02, par Alain
66. Le lundi 4 janvier 2010 à 13:42, par NingúnOtro
67. Le lundi 4 janvier 2010 à 16:30, par Alain
68. Le lundi 4 janvier 2010 à 19:01, par Catherine
69. Le lundi 4 janvier 2010 à 23:27, par NingúnOtro
70. Le mardi 5 janvier 2010 à 07:30, par Catherine
71. Le mardi 5 janvier 2010 à 09:59, par Alain
72. Le mardi 5 janvier 2010 à 13:11, par NingúnOtro
73. Le mardi 5 janvier 2010 à 13:31, par Alain
74. Le mardi 5 janvier 2010 à 16:06, par NingúnOtro
75. Le mardi 5 janvier 2010 à 19:48, par Catherine
76. Le mercredi 6 janvier 2010 à 16:12, par Alain
77. Le mercredi 6 janvier 2010 à 17:23, par Alain
78. Le mercredi 6 janvier 2010 à 19:03, par NingúnOtro
79. Le mercredi 6 janvier 2010 à 22:22, par Aïda
80. Le mercredi 6 janvier 2010 à 22:44, par gilles
81. Le jeudi 7 janvier 2010 à 01:29, par NingúnOtro
82. Le jeudi 7 janvier 2010 à 10:10, par Aïda
83. Le jeudi 7 janvier 2010 à 15:16, par NingúnOtro
84. Le jeudi 7 janvier 2010 à 20:39, par Aïda
85. Le jeudi 7 janvier 2010 à 23:28, par gilles
86. Le vendredi 8 janvier 2010 à 00:53, par NingúnOtro
87. Le vendredi 8 janvier 2010 à 12:16, par Aïda
88. Le vendredi 8 janvier 2010 à 14:01, par NingúnOtro
89. Le vendredi 8 janvier 2010 à 14:25, par Aïda
90. Le vendredi 8 janvier 2010 à 19:43, par NingúnOtro
91. Le vendredi 8 janvier 2010 à 20:00, par Aïda
92. Le vendredi 8 janvier 2010 à 22:42, par Aïda
93. Le samedi 9 janvier 2010 à 15:18, par Alain
94. Le samedi 9 janvier 2010 à 18:21, par Catherine
95. Le samedi 9 janvier 2010 à 18:37, par Catherine
96. Le samedi 9 janvier 2010 à 19:38, par NingúnOtro
97. Le samedi 9 janvier 2010 à 20:29, par Aïda
98. Le samedi 9 janvier 2010 à 21:14, par Catherine
99. Le samedi 9 janvier 2010 à 22:30, par Alain
100. Le samedi 9 janvier 2010 à 23:28, par Catherine
101. Le dimanche 10 janvier 2010 à 11:16, par Le concombre masqué du pôle emploi
102. Le dimanche 10 janvier 2010 à 11:57, par Le concombre masqué du pôle emploi
103. Le dimanche 10 janvier 2010 à 11:57, par Catherine
104. Le dimanche 10 janvier 2010 à 13:10, par Aïda
105. Le dimanche 10 janvier 2010 à 17:17, par NingúnOtro
106. Le dimanche 10 janvier 2010 à 22:27, par Catherine
107. Le dimanche 10 janvier 2010 à 23:03, par Aïda
108. Le lundi 11 janvier 2010 à 16:08, par Alain
109. Le mardi 12 janvier 2010 à 22:36, par Catherine
110. Le mardi 12 janvier 2010 à 23:00, par Catherine
111. Le samedi 16 janvier 2010 à 15:56, par bruno lemaire
112. Le dimanche 17 janvier 2010 à 10:20, par Catherine
113. Le lundi 18 janvier 2010 à 13:05, par bruno lemaire
114. Le lundi 18 janvier 2010 à 17:36, par A-J Holbecq
115. Le lundi 18 janvier 2010 à 20:09, par André
116. Le lundi 18 janvier 2010 à 21:31, par Catherine
117. Le lundi 18 janvier 2010 à 22:53, par bruno lemaire
118. Le mardi 19 janvier 2010 à 08:37, par A-J Holbecq
119. Le mardi 19 janvier 2010 à 08:56, par bruno lemaire
120. Le mardi 19 janvier 2010 à 10:21, par bruno lemaire
121. Le mardi 19 janvier 2010 à 10:27, par bruno lemaire
122. Le mardi 19 janvier 2010 à 13:39, par Catherine
123. Le mercredi 20 janvier 2010 à 06:05, par Catherine
124. Le mercredi 20 janvier 2010 à 11:01, par bruno lemaire
125. Le mercredi 20 janvier 2010 à 13:30, par Catherine
126. Le jeudi 21 janvier 2010 à 07:14, par Catherine
127. Le jeudi 21 janvier 2010 à 12:01, par gilles
128. Le jeudi 21 janvier 2010 à 12:28, par A-J Holbecq
129. Le jeudi 21 janvier 2010 à 13:28, par Catherine
130. Le jeudi 21 janvier 2010 à 16:30, par NingúnOtro
131. Le jeudi 21 janvier 2010 à 18:11, par A-J Holbecq
132. Le jeudi 21 janvier 2010 à 19:09, par gilles
133. Le jeudi 21 janvier 2010 à 20:33, par NingúnOtro
134. Le jeudi 21 janvier 2010 à 20:39, par NingúnOtro
135. Le jeudi 21 janvier 2010 à 22:41, par Catherine
136. Le jeudi 21 janvier 2010 à 22:58, par bruno lemaire
137. Le jeudi 21 janvier 2010 à 23:07, par bruno lemaire
138. Le vendredi 22 janvier 2010 à 00:22, par Alain
139. Le vendredi 22 janvier 2010 à 07:19, par Catherine
140. Le vendredi 22 janvier 2010 à 08:46, par bruno lemaire
141. Le vendredi 22 janvier 2010 à 13:31, par Catherine
142. Le vendredi 22 janvier 2010 à 17:12, par gilles
143. Le vendredi 22 janvier 2010 à 18:09, par sentier198
144. Le vendredi 22 janvier 2010 à 18:18, par sentier198
145. Le vendredi 22 janvier 2010 à 18:20, par Catherine
146. Le vendredi 22 janvier 2010 à 18:59, par sentier198
147. Le vendredi 22 janvier 2010 à 19:11, par Le concombre masqué
148. Le vendredi 22 janvier 2010 à 21:03, par Catherine
149. Le vendredi 22 janvier 2010 à 21:08, par balthazar
150. Le vendredi 22 janvier 2010 à 23:24, par Catherine
151. Le samedi 23 janvier 2010 à 10:38, par sentier198
152. Le samedi 23 janvier 2010 à 11:18, par Catherine
153. Le samedi 23 janvier 2010 à 15:59, par sentier198
154. Le samedi 23 janvier 2010 à 23:03, par Catherine
155. Le dimanche 24 janvier 2010 à 11:24, par sentier198
156. Le dimanche 24 janvier 2010 à 12:58, par Catherine
157. Le dimanche 24 janvier 2010 à 14:31, par sentier198
158. Le dimanche 24 janvier 2010 à 14:40, par sentier198
159. Le dimanche 24 janvier 2010 à 19:30, par Catherine
160. Le dimanche 24 janvier 2010 à 19:57, par Catherine
161. Le dimanche 24 janvier 2010 à 19:59, par sentier198
162. Le dimanche 24 janvier 2010 à 20:59, par Catherine
163. Le dimanche 24 janvier 2010 à 22:43, par etoile perdue dans l'univers
164. Le dimanche 24 janvier 2010 à 23:51, par Alain
165. Le lundi 25 janvier 2010 à 07:05, par Catherine
166. Le lundi 25 janvier 2010 à 13:32, par Catherine
167. Le lundi 25 janvier 2010 à 19:18, par sentier198
168. Le lundi 25 janvier 2010 à 20:08, par Catherine
169. Le lundi 25 janvier 2010 à 21:26, par Catherine
170. Le lundi 25 janvier 2010 à 22:11, par sentier198
171. Le lundi 25 janvier 2010 à 22:14, par gilles
172. Le lundi 25 janvier 2010 à 22:36, par Catherine
173. Le lundi 25 janvier 2010 à 23:43, par Catherine
174. Le mardi 26 janvier 2010 à 00:14, par etoile
175. Le mardi 26 janvier 2010 à 00:29, par etoile
176. Le mardi 26 janvier 2010 à 07:37, par Catherine
177. Le mardi 26 janvier 2010 à 10:41, par sentier198
178. Le mardi 26 janvier 2010 à 10:44, par Catherine
179. Le mardi 26 janvier 2010 à 23:31, par Alain
180. Le mercredi 27 janvier 2010 à 07:25, par Catherine
181. Le jeudi 28 janvier 2010 à 14:22, par Le concombre masqué
182. Le jeudi 28 janvier 2010 à 21:29, par Catherine
183. Le jeudi 28 janvier 2010 à 23:57, par Alain
184. Le vendredi 29 janvier 2010 à 07:45, par Catherine
185. Le vendredi 29 janvier 2010 à 08:56, par Catherine
186. Le vendredi 29 janvier 2010 à 10:23, par Alain
187. Le vendredi 29 janvier 2010 à 10:32, par sentier198
188. Le vendredi 29 janvier 2010 à 10:39, par Alain
189. Le vendredi 29 janvier 2010 à 11:12, par Catherine
190. Le vendredi 29 janvier 2010 à 11:44, par Catherine
191. Le vendredi 29 janvier 2010 à 12:02, par sentier198
192. Le vendredi 29 janvier 2010 à 12:10, par sentier198
193. Le vendredi 29 janvier 2010 à 12:31, par Catherine
194. Le vendredi 29 janvier 2010 à 14:02, par Catherine
195. Le vendredi 29 janvier 2010 à 15:09, par sentier198
196. Le vendredi 29 janvier 2010 à 19:03, par Catherine
197. Le vendredi 29 janvier 2010 à 19:48, par Catherine
198. Le samedi 30 janvier 2010 à 11:00, par Catherine
199. Le lundi 1 février 2010 à 01:19, par Étienne
200. Le lundi 1 février 2010 à 07:54, par Catherine
201. Le lundi 1 février 2010 à 08:30, par A-J Holbecq
202. Le mardi 2 février 2010 à 21:19, par jon
203. Le jeudi 4 mars 2010 à 22:41, par Pierre
204. Le lundi 5 avril 2010 à 18:06, par Vajra
205. Le jeudi 8 juillet 2010 à 12:53, par faunus
206. Le jeudi 8 juillet 2010 à 13:06, par A-J Holbecq
207. Le dimanche 31 mars 2013 à 00:07, par Dernière minute
208. Le vendredi 10 mai 2013 à 00:57, par Ana Sailland
209. Le vendredi 10 mai 2013 à 08:47, par Bangladesh
210. Le vendredi 10 mai 2013 à 09:38, par EFFAB
211. Le vendredi 10 mai 2013 à 13:49, par Bangladesh
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