« Bankster.tv solde les comptes avec les médias »

http://vimeo.com/2095828

(La fin est à revoir plusieurs fois, je trouve,
tant elle est chargée en textes, en sons et en images)

 

 

Cette vidéo est une réponse à l’émission étonnante d’Arrêt sur images :

« Au départ, les banquiers ne réalisaient pas ce qu'ils faisaient »

(tu parles… c’est une blague ?)

« Cori, Delaigue, Gunthert, dissèquent "l'argent dette" sur notre plateau »

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1297

 

 

En complément utile, pour comprendre la pertinence

et la grande force du film de Paul Grignon,
je crois qu’il vaut mieux LIRE LE SCRIPT DU FILM L’ARGENT DETTE
(voyez le site
faux-monnayeurs)
sans la pollution des images, images qui, à la fois,
compliquent la compréhension
du message
et donnent inutilement prise à toutes sortes d’accusations de manipulation :

http://www.fauxmonnayeurs.org/file/Money_as_Debt-fr.pdf

 

Lisez ce script, je le trouve irréprochable et essentiel.

 

 

 

Mon commentaire sur l’émission d’Arrêt sur Image :

 

Je connais un peu Daniel Schneidermann et je le crois vraiment honnête, autant qu’il le peut pour continuer à gagner sa vie comme tout le monde parmi les journalistes précarisés. D’ailleurs, il questionne souvent bien, en cette occurrence (je trouve donc que Bankster est trop sévère avec lui).

 

Mais alors là, probablement par peur du discrédit radical et automatique qui accompagne aujourd’hui toute dénonciation de complot, il s’est fait embarquer dans une galère (on dirait d’ailleurs qu’il le sent lui-même, plusieurs fois dans l’émission, devant les réponses insanes de ses invités « experts économiques ») :

 

 

1) En donnant la parole à deux personnes apparemment incompétentes, au moins sur la monnaie et la dette :

 

Alexandre Delaigne (professeur d’économie à Saint-Cyr, animateur du site éconoclaste et journaliste occasionnel à Libération, qui aligne les énormités économiques, je vous conseille de voir ce film assis), et Nicolas Cori (blogueur-journaliste de Libération également, donc probablement salarié du banquier Rothschild, donc soumis à ses ordres — s’il est salarié (c’est peut-être à vérifier), cette soumission est juridiquement incontestable ; dire le contraire serait prendre les gens pour des imbéciles—), deux personnes qui devraient manifestement lire un peu plus (la littérature critique sur la monnaie et la dette, en l’occurrence), et surtout lire autre chose que la prose de leurs collègues « journalistes », qui se répètent tous les uns les autres.

 

Ces deux personnes disent, de façon embarrassée, à la fois que « tout le monde sait ce que dit ce film, en tout cas n’importe quel élève de première année d’économie », et que « ce film contient des erreurs qui en affaiblissent la portée », sans jamais détailler — et encore moins prouver — AUCUNE de ces prétendues erreurs, notez-le : jamais.

 

En plus de cette contradiction, ils oublient surtout de dire qu’AUCUN des manuels d’économie ne décrit la création monétaire aux élèves et étudiants DE FAÇON CRITIQUE : on y décrit TOUJOURS le processus en une ou deux pages, et on y passe à la suite du cours d’économie comme si ce sabotage de la souveraineté monétaire publique était naturel et indiscutable : j’ai à la maison une trentaine de manuels scolaires évoquant ce sujet, depuis le niveau du lycée jusqu’au niveau de la faculté : à ma connaissance, pas un ouvrage scolaire ne déroge à cette pédagogie de la soumission, à l’école de la résignation.

Ce point important n’a pas été débattu.

 

Pour cette seule bonne raison, le succès populaire du film de Paul Grignon est donc salutaire.

 

 

Pourquoi les journalistes sont-ils aussi conformistes ? On peut les comprendre : il faut bien garder son travail, je le dis sans aucune ironie : les journalistes semblent conduits à se répéter les uns les autres (une sorte de psittacisme) en constatant ce fait (effectivement effrayant si on se met à leur place) que ceux qui ont le courage de se démarquer de la Doxa du moment prennent un risque considérable pour leur droit de parole publique : voir le cas de Jean-Marie Bigard (connu d'un large public, et pour ainsi dire "protégé" par sa grande notoriété, bien davantage que beaucoup de journalistes) qui est pourtant devenu carrément tricard (interdit de parole) à Europe 1 et qui a été largement calomnié dans tous les journaux (sans pouvoir se défendre, le plus souvent), pour avoir simplement contesté la thèse officielle de « l’attentat du Pentagone par un avion de ligne en rase-mottes à haute vitesse le 11 septembre 2001 ».

 

Les manœuvres générales d’intimidation pour faire taire les dénonciateurs d’intrigues sont très inquiétantes pour la liberté d’expression. La démocratie n’est plus correctement protégée par les sentinelles du peuple — c’est le nom que l’on donnait aux journalistes en 1789, et à l’époque, il fallait déjà du courage et de l’honnêteté pour assumer cette mission.

 

 

2) Et surtout sans inviter de contradicteur averti (c’est le plus grave reproche qu’on puisse faire à l’émission, à mon sens) :

 

Ceux qui sont censés défendre le film mis en cause (Judith Bernard, Justine Brabant et André Gunthert) n’ont que relativement peu de temps de parole et surtout, n’ayant naturellement pas beaucoup lu sur la question de la monnaie et de la dette, ils n’ont pas assez de matière et se sentent peu légitimes pour argumenter devant les deux prétendus experts (ce n’était pourtant pas difficile de signaler la pauvreté de leurs réponses).
Malgré ce double handicap :

 

•  Judith souligne fort justement que (en substance) « ce film est moins "pédagogique" (car nous ne sommes pas des enfants) qu’un important effort de vulgarisation, utile comme les contes et paraboles, nombreux et importants, que concevaient et diffusaient les philosophes des Lumières » ;

 

•  André souligne courageusement que (en substance) la thèse (pas la "théorie", cette expression « théorie » sert à disqualifier la thèse en douce : c’est un procédé rhétorique),la thèse d’un complot, donc, c'est-à-dire de manœuvres secrètes contre le bien public au profit d’intérêts privés, avec l’appui constant (volontaire  ou non), de nos propres élus, cette thèse d’un complot contre les intérêt du plus grand nombre est « validée » par le film de Paul Grignon : Money as debt. » ;

 

• Justine, elle aussi courageusement, se fait l’avocate de l’accusé absent (Paul Grignon), mais trop brièvement.

 

• J’ai trouvé les « réponses » des nos experts souvent ineptes ; je me suis surpris plusieurs fois à protester d’indignation devant mon écran :o)
 

En fait, à revoir ces images, je me demande si nos deux « experts » n’ont pas simplement PEUR, eux aussi, de perdre leur boulot, ce qui les force à DÉFENDRE L’INDÉFENDABLE, forcément maladroitement. Ce serait une explication moins infamante que l’incompétence étonnante dont ils donnent le spectacle et à laquelle on a du mal à croire, finalement.

 

 

Par ailleurs, je trouve vraiment étonnante cette répugnance (une crainte ?) que Daniel manifeste à accepter que soit prononcée sur son plateau la phrase — pourtant bien inoffensive — « le film de Grignon valide  la thèse d’un complot », phrase qu’a prononcée André à la fin.

 

Daniel n’accepte que la phrase : « le film de Grignon rend plausible  la théorie d’un complot ».

 

Et plusieurs fois, il pousse son interlocuteur à dire clairement : « Alors, c’est un complot ? Répondez précisément. » Pourquoi cette pression ? Pour le punir ensuite par une disqualification automatique pour excès de certitude complotiste ?

 

J’ai souvent senti cette pression insistante, lors des entretiens que j’ai eus avec des journalistes à propos de la polémique sur le 11 septembre, cette polémique indispensable et qui n’arrive pourtant pas à prendre sa juste place sur la scène publique, en violation de l’iségoria.

 

J’ai l’impression que les journalistes d’Arrêt sur images — de la même façon qu’Ariane Chemin, qui avait tant déformé mes propos (au téléphone) sur le 11 septembre (voir l’article reproduit plus bas sur ma page ‘Liens’) et comme Jean Quatremer qui a renchéri en déformant à son tour encore un peu les prétendues « infos » d’Ariane —, tous ces journalistes se comportent comme s’ils savaient qu’ils risquent leur carrière s’ils accréditent un tant soit peu une thèse interdite (et il y en a de plus en plus, des paroles interdites) : on dirait qu'ils ont peur.

 

Une série de sujets liés à différentes intrigues à grande échelle sont placés sous le signe de l’intimidation, au moins de ceux qui sont payés pour nous « informer ».

 

Pour intimider les blogueurs, pour l’instant, c’est plus dur. D’où l’intérêt du net pour défendre le droit d’expression (et la démocratie). Bien entendu, je parle des blogueurs libres de tout lien de subordination journalistique.

 

 

Pourquoi ne pas avoir donné la parole à la défense ? Paul Grignon notamment, puisqu’il est mis en cause publiquement, ou bien un des animateurs de Banksters.tv, qui sont particulièrement bien affutés sur la question, ou bien André-Jacques Holbecq qui vient d’écrire un livre sur le sujet auquel il consacre un bonne partie de sa vie, ou encore un élève de Maurice Allais (Maurice est trop âgé pour venir sur un plateau) comme le banquier Christian Gomez, ou bien encore James K. Galbraith, que sais-je ?, un contradicteur quoi, au lieu de ce spectacle irritant où des mauvais (des vraiment mauvais ou des rendus mauvais par la trouille de se faire virer ?) se font tendre le micro comme s’ils étaient des experts, sans contradiction solide.

 

 

Plus généralement (et Arrêt sur images est justement à part, de ce point de vue, le plus souvent), la parole à la défense, et plus encore LE DERNIER MOT à la défense avant de juger — puisque, à l’évidence, presque tous les journalistes se comportent désormais en juges —, ces droits de la défense sont de moins en moins un principe fondamental et élémentaire de justice pour les « journalistes-juges-salariés ».

 

 

* * * * *

 

 

Pour conclure et pour qu’on voit bien le lien entre l’intimidation des lanceurs d’alerte et mon site sur les institutions, je dirais que c’est la démocratie qui est en jeu avec la mise en cause du droit d’expression et, à mon avis, vous vous en doutiez, LA SOLUTION EST INSTITUTIONNELLE :

 

Seule une Constitution HONNÊTE — c’est-à-dire écrite par des individus désintéressés, donc SURTOUT PAS ÉLUS parmi les candidats imposés par les partis, toujours financés par des industriels et des banquiers dès qu’ils peuvent gagner — seule une Constitution honnête, donc, pourra garantir aux citoyens — au plus haut niveau du droit, à un niveau inaccessible aux pouvoirs institués qui ne doivent pas pouvoir toucher une ligne de ces règles qui doivent les dominer — seule une Constitution honnête, donc, peut garantir à la fois l’indépendance (liberté absolue de parole) et la responsabilité (punition en cas d’abus de pouvoir) des journalistes.

 

Quand au débat d’Arrêt sur images sur la mauvaise médiatisation des thèses dissidentes sur la monnaie et la dette, à mon avis, ce débat important d’ASI reste à faire.

 

À quand une autre émission ?