mardi 8 avril 2008
Pour des Manifestations Obstinées Contre le Régime Illégitime Européen (MOCRIE), à date et heure fixes, partout en Europe (246)
Par Étienne, mardi 8 avril 2008 à 09:08 - Signes de vie d'une Europe des citoyens
Organisation de la résistance au traité de Lisbonne,
Les reproches
majeurs que nous faisons aux institutions européennes (voir encadré
page
suivante), et notamment celui de verrouiller partout l’impuissance
politique
des citoyens, ne sont nullement pris en compte par les élites
politiques,
médiatiques et économiques : la démocratie imposée par nos
élus est de
plus en plus clairement factice. Pourtant, les
indicateurs alarmants sont nombreux qui devraient nous
inciter à
contrôler tous les pouvoirs à tout moment : le crash financier
majeur
imminent, la dérive policière des "démocraties"
prétendument
"libérales" dans lesquelles même la torture — pratiquée sur des
citoyens
incarcérés sans procès et sans défense — est autorisée et même
encouragée au
prétexte de "lutte contre le terrorisme", l’usage
massiff
d’armes nucléaires (des milliers de tonnes de munitions à l’uranium)
dans des
pays écrasés par des guerres contre d’insaisissables "terroristes",
guerres déclenchées sans que les peuples puissent l’interdire, la
prolifération exponentielle des OGM sans moyen de résister, le
sabordage des
services publics au prétexte d’une dette fabriquée de toutes pièces par
l’abandon de la création monétaire, dette publique qui rend les
prêteurs
privés maîtres des principales décisions publiques, l’abandon des
peuples par
leurs propres représentants — politiciens de métiers qui doivent trop
leur
pouvoir aux puissances financières —, jusqu’aux constitutions écrites
désormais directement par les présidents et leurs ministres et imposées
sans
référendum ! La coupe est pleine et ça urge ! Il
est temps que
les citoyens reprennent le contrôle de leurs représentants. Nous,
citoyens européens de toutes tendances, attachés au droit des peuples à
disposer d’eux-mêmes, contestons solennellement le droit des
responsables
politiques à redéfinir eux-mêmes leurs propres pouvoirs sans consulter
directement les peuples concernés. Les
élus ne sont pas
propriétaires de la souveraineté populaire ; ils n’ont pas de
légitimité
à modifier eux-mêmes les institutions. L’expression
"traité constitutionnel" est un aveu d’abus de pouvoir : on
n’écrit pas les constitutions par voie de traité. Ce n’est pas aux
ministres,
ni aux parlementaires ni aux juges d’écrire ou de modifier les
institutions
européennes : seuls les peuples eux-mêmes, — sur proposition
d’une Assemblée
constituante désintéressée, c’est-à-dire dont les
membres n’écrivent
pas des règles pour eux-mêmes —, seuls
les
peuples eux-mêmes ont la légitimité politique de fixer et limiter les
pouvoirs de leurs représentants, par référendum,
à l’issue d’un
vrai débat public. Au
contraire, les
gouvernants européens profitent de leur pouvoir pour en
abuser : le
processus constituant « par
traités » rend les institutions européennes très profondément
illégitimes. Il nous semble
important et urgent de résister à cette
dérive tyrannique et d’organiser cette résistance pour aussi longtemps
qu’elle sera nécessaire.
Dans
toutes les villes d’Europe où il existe des résistants
déterminés, seraient organisées Lors
de ces manifestations, on pourrait médiatiser internationalement les
principales initiatives citoyennes du moment, ce qui
donnerait à ces initiatives de la visibilité, et donc de la force. Par
exemple : •
la plainte de milliers de citoyens auprès
de la Cour européenne
des droits de l’homme (CEDH)
contre l’État pour
violation du droit à élire notre Corps législatif,
plainte
d’origine citoyenne que soutient www.29mai.eu,
•
la pétition contre le parasitisme financier,
déchaîné par des
institutions européennes complaisantes qui interdisent aux États de gêner
la libre circulation des capitaux, pétition d’origine
citoyenne que
défend www.stop-finance.org,
•
la pétition pour l’indispensable et très populaire Référendum
d’Initiative
Citoyenne (RIC), pétition et projet citoyen développés par www.ric-france.fr,
etc.
Un site web
(un wiki ou un spip ou un forum pour permettre le travail collaboratif) centraliserait une carte européenne des manifestations et récapitulerait les villes et les villages européens actuellement en résistance affichée, ainsi que les meilleures initiatives populaires (slogans, visuels, plaintes, actions, événements, manifestes, images et textes…).
Pour l'instant, un Forum des MOCRIEs liste les manifestations obstinées et permet les échanges :http://etienne.chouard.free.fr/mocrie
Étienne. |
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Liste des principaux malheurs programmés par les institutions européennes, a) D’abord et principalement, le chômage de masse est incroyablement encouragé par les institutions européennes à travers une politique monétaire contraire à l’intérêt général : la lutte contre l’inflation comme mission absolument prioritaire et intangible d’une Banque centrale européenne (BCE) rigoureusement indépendante des représentants du peuple (art. 119, 130 et 282 §2 et §3 TFUE) est une priorité contestable fixée au plus haut niveau du droit, donc inaccessible à tout revirement de l’opinion publique. Cette priorité qui n’avantage que les rentiers, imposée jusqu’à nouvel ordre par les institutions européennes, entretient délibérément un chômage massif et des bas salaires, ce qui présente l’avantage — pour certains — de rendre tout le monde très docile et ne profite qu’aux plus riches. Ce seul point devrait conduire tous les salariés (91% de la population active) dans la rue contre le dernier acte du coup d’État européen qu’est le traité de Lisbonne. b) Ensuite, et c’est un vrai hara-kiri financier, la création monétaire est totalement abandonnée aux banques privées : la constitution européenne (art. 123 TFUE) interdit aux banques centrales de prêter aux États — prêts qui permettraient pourtant un financement des investissements publics sans subir la charge des intérêts. Il est essentiel de comprendre que cette interdiction impose aux États d’emprunter cet argent — avec intérêts ! — aux acteurs privés qui ont de l’argent à placer (pour s’enrichir sans travailler). Cette règle scandaleuse contraint les États (c’est-à-dire nous tous) à payer des intérêts ruineux pour financer les investissements publics — et à accumuler rapidement une dette extravagante au regard de l’intérêt général (plus de 40 milliards d’euros par an d’intérêts pour la France) —, alors que, si notre banque centrale pouvait financer les équipements publics, les intérêts payés pourraient être redistribués à la collectivité au lieu d’enrichir les « investisseurs » privés. Non seulement elle nous ruine, mais en plus, la dette publique (rendue inexorable par les institutions dans le monde entier) verrouille au plus haut niveau du droit l’impuissance de nos représentants politiques, réduits au rôle de marionnettes dépendantes des puissances financières. Cet autre vice majeur devrait suffire, à lui seul, à alimenter une révolte générale. c) L’interdiction
faite aux États de limiter les
mouvements des capitaux
(art. 63 TFUE) et la
liberté d’établissement (art. 49
TFUE) ont privé les travailleurs de tout contre-pouvoir face
à la démesure
des actionnaires, les livrant à la concurrence intégrale à
tous
niveaux ; elles exposent nos économies à la spéculation
effrénée,
aux crises boursières à répétition et bientôt à
la faillite
générale. Après avoir maté les travailleurs, les financiers
leur feront
bientôt payer la note, à travers leurs salaires et leurs impôts. Qui donc a intérêt à cette liberté absolue des renards libres dans le poulailler libre ? Sûrement pas l’intérêt général. Encore un vice majeur dont « l’élite » ne veut pas débattre et qui devrait lever les foules contre tous les « traités constitutionnels » européens.
d)
La clause de défense mutuelle entre pays membres de l’UE ne met pas en cause les engagements souscrits au sein de l’OTAN (art. 42 §2 et §7 TUE). Cette clause, qui confirme l’art. 5 du pacte atlantique,
soumet de fait toute défense européenne à celle de l’OTAN, puisque ce sont les États européens les plus puissants militairement, économiquement et politiquement qui ont la double appartenance. Cet assujettissement est d’autant plus grave que, d’une part, l’UE et l’OTAN permettent aux États qui en sont membres de s’associer pour des interventions ou des missions sur des « théâtres extérieurs » et que, d’autre part, les instances politiques et militaires de l’OTAN envisagent une restructuration de l’Alliance, fondée sur la possibilité de frappe nucléaire « préemptive » (en premier) et l’éventualité d’opérations engagées
sans autorisation des Nations Unies décidées par un simple consensus.
e)
Les Ministres et Présidents accumulent les pouvoirs exécutif et législatif sur une série de domaines cachés au public sous le nom trompeur de « procédures législatives spéciales » (art. 289 §2 TFUE pour le principe ; les autres articles sont disséminés — cachés — dans le TFUE) et d’« actes non législatifs » (exemples : art. 24 TUE, ou art. 290 TFUE). Les ministres — agents exécutifs, en principe — se rassemblent en un « Conseil » — en oubliant curieusement de préciser que c’est un conseil de ministres — et se déclarent carrément co-législateurs (art. 16 TUE). Ces violations caractérisées du principe essentiel de la séparation des pouvoirs révèlent une dérive considérée par la Déclaration des droits de l’homme (art. 16 DDHC) comme la marque la plus sûre du retour à la tyrannie : des pouvoirs non séparés sont des pouvoirs à la merci des puissances privées du moment. f) Les
exécutifs contrôlent aussi la carrière des
juges
européens
dont le pouvoir est considérable : les juges sont nommés pour six
ans,
ce qui est court, renouvelables, ce qui crée une
dépendance dangereuse
(art. 253 TFUE). Cette violation du principe essentiel de
l’indépendance des
juges par rapport aux autres pouvoirs bafoue encore le principe
protecteur de
la séparation des pouvoirs, et encore une fois au profit des ministres
(qui
nomment et renouvellent — ou pas — les juges) ; on voit
partout que ce
sont eux, ministres, qui ont écrit les règles. g)
Le pouvoir législatif — ordinaire, mais aussi constituant — est contrôlé, pour l’essentiel, par des organes non élus. Exemples : conférence intergouvernementale (composée de ministres) modifiant les institutions (art. 48 §4 TUE), Commission européenne (non élue) ayant l’exclusivité de l’initiative législative (art. 17 §2 TUE, ce qui
est une véritable insulte à la démocratie représentative), ministres co-législateurs (scandale) (art. 16 TUE), Banque centrale productrice de normes obligatoires à portée générale (art. 132 TFUE), etc. Les auteurs (non élus) des institutions européennes ont donc progressivement vidé le suffrage universel de toute portée : nos élus sont désormais sans pouvoir et les vrais pouvoirs ne sont plus élus. Le pouvoir européen est profondément illégitime. h)
Les citoyens n’ont aucun moyen de résister à un abus de pouvoir et les initiatives citoyennes sont muselées à travers une procédure d’« initiative d’invitation » trompeuse car sans aucune force contraignante (art. 11 §4 TUE). On prend les citoyens pour des imbéciles en leur offrant bruyamment des cadeaux… absolument vides. i)
Les procédures de révision permettent aux exécutifs de modifier eux-mêmes les institutions, et surtout sans consulter les peuples concernés (art. 48 TUE). Ce sont d’abord toujours des organes non élus qui sont chargés de réviser la Constitution européenne, ainsi que de contrôler toute proposition de révision, et surtout les citoyens sont tenus bien à l’écart du processus constituant qui n’impose aucun référendum : la « démocratie » que nous imposent nos élus est factice. j) Tout cela est dû, d’après nous, à ce que le processus constituant est lui-même profondément vicié par le fait que les hommes au pouvoir, à la faveur de la construction européenne, s’écrivent des règles pour eux-mêmes (art. 48 §4 TUE), alors que seule une Assemblée constituante désintéressée peut programmer de bonnes institutions : les membres de cette Assemblée ne doivent pas avoir un intérêt personnel à l’impuissance politique des citoyens : ils doivent donc, d’abord, être déclarés inéligibles aux fonctions qu’ils instituent, et surtout, les partis ne doivent en aucun cas être en mesure d’exercer un monopole sur la désignation des candidats ; les candidats libres et indépendants doivent être équitablement soutenus, financièrement et médiatiquement. |
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