« Le traité européen de Lisbonne est-il fondamentalement différent de celui rejeté en 2005 ? »

Je vous donne rendez-vous jeudi 13 décembre 2007 à 14 h sur le site lemonde.fr
pour un débat en direct avec les internautes (un "chat"), pendant une heure :

http://www.lemonde.fr/web/chat/0,46-0@2-3214,55-987730,0.html

 


J’espère qu’on aura un peu de temps pour débattre du hara-kiri monétaire de l’
article123 du TME (Traité modifié de Lisbonne),
cet article qui nous ruine tous et qu’on n’arrive pourtant pas à faire apparaître dans le débat public.

 

   
Article 123
du traité consolidé :
 
  1. Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées "banques centrales nationales", d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.
 


Commentaire important : le commun des mortels ne peut pas comprendre la gravité de cet article.
 
Pour comprendre la portée de cette interdiction pour l’État d’emprunter à sa banque centrale, il faut savoir que
c’est en empruntant auprès de leur banque centrale que les États créent créaient la monnaie.
 
Il y a longtemps que les États ont accepté de partager ce pouvoir immense de battre monnaie avec les banques privées. (Et ce n'est pas parce que c'est une vieille affaire que c'est une affaire honnête, ni une bonne affaire.)
 
Mais, depuis 1974 en France — et depuis 1992 en Europe (article 104 de Maastricht, transformé en article 123 dans le TME) —, la création monétaire n’est même plus partagée entre les États et les banques privées : la création monétaire est devenue l’exclusivité des banques privées  et tout le monde — y compris l’État ! — doit, depuis, leur payer des intérêts ruineux ! C’est un cauchemar : cela signifie concrètement que tout investissement public coûte désormais beaucoup plus cher que son prix puisqu’il faut payer des intérêts ! Le coût des investissements peut dépasser le double du prix quand on rembourse sur 15 ou 20 ans. Le double... Mais pour quoi faire ? Pour quelle bonne raison s'impose-t-on de payer le double tout ce dont on a besoin ? Pour l'intérêt de qui ?
 
 Or, il faut bien garder en tête que ce n’est pas du tout une fatalité, car l’État n’a pas à payer d’intérêts (aucun !) sur la monnaie qu’il crée lui-même en empruntant (et qu’il détruit en remboursant). Si nous devons payer tous ces intérêts, ce n’est donc pas du tout une fatalité : c’est le résultat d’une politique ; une politique critiquable qui ressemble beaucoup à un hara-kiri.
 
Et en montant cette interdiction au plus haut niveau du droit, international et constitutionnel, par le moyen génial (pour les banques) des traités de l’Union européenne, nos représentants ont rendu ce sabordage quasiment IRRÉVERSIBLE !
 
Le grand inspirateur de l'Union Européenne, Jean Monnet, était un banquier américain, ça se voit partout dans les institutions européennes — lire l'excellent petit livre de Jean-Pierre Chevènement, "La faute de Monsieur Monnet", il faut le lire assis, c'est consternant —, c'est bien clair, mais décidément, tout cela n'a pas grand chose à voir avec l'intérêt général.
 
Je ne sais pas comment les banques ont fait pour obtenir de nos gouvernements ce privilège extravagant et ruineux (pour nous tous), ça m’intéresserait de le savoir.
 
Je voudrais bien qu’on m’explique en quoi ce sabordage monétaire sert l’intérêt général.
 
Et ne me parlez pas de "planche-à-billet-source-d'inflation", s'il vous plaît : en effet, cette "planche à billet" ne s'est pas du tout arrêtée en 1974 : elle a seulement changé de mains... et elle tourne ! L'augmentation de M3 (la masse monétaire) est de 11% par an sur la zone euro ! Elle chauffe, même, cette planche à billets, dans les mains des banquiers... Alors qu'on ne vienne pas me dire qu'elle crée plus d'inflation quand c'est l'État qui s'en sert et que le sabordage monétaire s'impose pour nous protéger de l'inflation, ça ne tient pas.
 


Remarques complémentaires intéressantes :
 

• Depuis 1974, la dette et le chômage augmentent sans cesse.
 
Est-ce une coïncidence, un détail ? Vous êtes sûr que ça n’a pas de rapport avec la création monétaire insuffisante ou trop coûteuse ? Alors lisez la suite.

• Dans toutes les expériences de monnaies libres, quand les hommes excédés par la misère et le chômage s’émancipent autoritairement de la férule des banques pour produire librement une monnaie non pas abondante (source d’inflation) mais suffisante, le chômage et la misère disparaissent dans les semaines qui suivent. Moi, je trouve cette information intéressante. Pas vous ? 
Et ce n’est pas tout : dans ces expériences, passionnantes, le chômage et la misère réapparaissent dès que la Banque centrale intervient pour supprimer la monnaie libre et réimposer sa monnaie rare et chère… C’est quand même interpellant, non ? Ça ne vous tire pas le neurone ? On ne pourrait pas avoir un petit débat sur le sujet ?

Je me trompe peut-être, OK, mais on pourrait creuser un peu la question, non ? Faire des enquêtes, des expériences, des études poussées, non ? Au lieu de ce silence radio désespérant… 
Que font donc les journalistes « professionnels » ? Ils dorment ? Trop occupés avec les jeux de balle, les faits divers et les recettes de cuisine ? Où sont donc les sentinelles du peuple, ces indispensables inquiéteurs de pouvoirs ? Comment pourrions-nous faire surgir les vraies questions importantes dans le débat public ?!
 
Cette affaire d'État impacte fortement presque TOUS les dossiers qui comptent... et on n'en parle pas.
 
Comment parler de pouvoir d'achat sans évoquer la création monétaire définitivement abandonnée aux banques privées ?
 
Comment parler de la dette publique, des dépenses publiques "impossibles" (c'est trop cher), des "déficits" de la sécu et de la "faillite" de l'État sans accuser au premier chef l'incurie de ceux qui ont délibérément contraint la puissance publique à payer des intérêts inutiles aux agents les plus oisifs et les plus inutiles de la société ?
 
Comment chercher honnêtement des moyens de lutter contre le chômage et la pauvreté sans au moins envisager la rareté — totalement artificielle — de l'argent permanent et gratuit ?
La monnaie d'endettement — la seule qu'on nous laisse aujourd'hui — est de l'oxygène toxique pour l'économie, de l'air qu'il faudra rendre en retenant sa respiration d'autant, et même augmenté des intérêts... C'est un processus asphyxiant, c'est une cage.
 
Comment trouver des ressources pour l'université, la recherche et la justice alors que nos propres gouvernants ruinent littéralement l'État en le privant définitivement d'une ressource essentielle ? Où est la cohérence des ces prétendus "grands argentiers" qui vendent aujourd'hui un à un tous les biens de l'État pour simplement finir les fins de mois, alors qu'ils ont garanti aux prêteurs privés oisifs une rente qui leur permet d'attendre simplement sans rien faire que les intérêts tombent chaque mois sur leur tas d'or ?
 
 
Je viens d’apprendre que Marx disait que la première condition de la liberté de la presse, c’est de ne pas être un métier. C’est intéressant, non ?
 
Mais il n'y a pas que les "journalistes" qui restent cois : que font donc les militants politiques, les syndicats, les associations, et tous les citoyens intellectuellement actifs, à ce sujet ?
 
Nous avons là un boulevard pour émanciper le plus grand nombre du chômage et de la misère... et ce boulevard reste désespérément vide.
 
Cette affaire coûte à la France environ 80 milliards d'euros ! Tous les ans... Et le problème est le même dans tous les pays de la zone euro.
Moi, je trouve que ça vaut bien un débat national, sérieux, honnête et approfondi...
 
Non ?
 
Pour une référence solide sur la monnaie, lire Maurice Allais, un grand libéral, Prix Nobel d’économie 1988, grand spécialiste de la monnaie sur laquelle il a travaillé toute sa vie : lire et relire ce texte absolument essentiel où il condamne sans réserve le scandale de l’abandon de la création monétaire par les États aux banques privées :

« La crise mondiale d’aujourd’hui - Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires »

 
Mais allez aussi lire le billet de blog sur la monnaie, ainsi que le forum sur la monnaie. Voyez aussi "Le site dénonçant les faux-monnayeurs", précieuse ressource.

  Et on en parle en direct jeudi après-midi, sur le site du Monde, si le cœur vous en dit.
 
Étienne.