Je vous conseille de lire un bon papier de Sébastien Fontenelle :

« Donald Kouchner : "La Guerre ! La GUERRE ! LA GUERRE !" »
http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/archive/2007/09/16/donald-kouchner-la-guerre-la-guerre-la-guerre.html


De mon côté, je rappelle que si nous ne pouvons RIEN faire contre la folie de nos gouvernants, même quand elle crève les yeux et même s’il est urgent de les arrêter, c’est parce que la prétendue "constitution", expressément, ne prévoit RIEN pour cela.

Je prétends — et je m’étonne d’être quasiment le seul à le faire — que la cause majeure de cette lacune centrale tient simplement aux auteurs de cette "constitution" : les hommes au pouvoir, à la fois juges et parties dans le processus constituant, ont toujours pris soin de ne jamais instituer le vrai contre-pouvoir qu’aurait été le référendum d’initiative citoyenne, le RIC.

À l'évidence, ce refus d’instituer le RIC ne satisfait pas du tout l’intérêt général, mais bien plutôt le seul intérêt personnel des hommes au pouvoir.

Pourtant, tout ça n’est pas vraiment de leur faute, mais de la nôtre, de notre négligence sur l'essentiel, de notre manque de courage à prendre en charge nous-mêmes, concrètement, l'acte constituant : c’est nous qui devrions être vigilants et qui devrions ne pas les laisser faire.

Tant qu’on laissera définir les institutions, françaises ou européennes, par les hommes de partis (qui sont quasiment tous des hommes de pouvoir, passés, présents ou à venir), ça continuera ainsi et nous (les autres) resterons impuissants.

Et les guerres reviendront, encore et toujours, comme des rouleaux compresseurs, voulues par les marchands de canons qui manipulent nos « représentants » et les « journalistes » comme des marionnettes (et nous avec).

La Constitution est un acte de défiance, un outil essentiel pour affaiblir les pouvoirs. Mais, si on laisse écrire la "Constitution" par ceux-là même dont le pouvoir doit être limité par elle, ils trichent, évidemment, et la prétendue "constitution" n'en est pas une : elle n'est alors qu'une parodie, un simulacre.

Tant que durera cette négligence citoyenne, la prétendue "constitution" ne sera que le reflet — et le fixateur — des rapports de forces existants — comme le soulignait bien Ferdinand Lassalle dans son intéressant discours "Qu'est-ce qu'une constitution ?" (un tout petit livre aux éditions Sulliver, 1999) —, au lieu d'être, comme elle le devrait, un frein universel aux abus de pouvoir, quels qu'ils soient, que tout rapport de force permet.

Toutes les autres luttes sociales sont, d'avance, rendues vaines par cette défaite-là, au plus haut niveau du droit. Le contrôle du processus constituant par les citoyens sans parti devrait être une priorité absolue pour tous ceux qui combattent l'arbitraire.