Chers amis,

je vous soumets ici, tel quel, un appel à l'aide que je trouve poignant. L'un des nôtres, un petit citoyen infiniment fragile mais qui croit à la justice, se lève courageusement contre la magouille instituée en système par les plus riches et qui va finir par tous nous ruiner.

Il va être broyé s'il reste seul. Il nous représente tous, il est symbolique de ce que nous devrions tous faire, il est emblématique d'une démocratie protégée par chacun de ses propres citoyens.

Pour moi, il représente l'iségoria, ce droit de parole pour tous, à l'Assemblée, à tout moment et à tout propos, droit de donner l'alerte pour protéger la démocratie contre ses ennemis, droit essentiel auquel les Athéniens tenaient plus que tout.

Il faut qu'on arrive à protéger les donneurs d'alerte. Une Constitution d'origine citoyenne protègerait les donneurs d'alerte.

En attendant cette constitution, nous devrions aider nous-mêmes ce gars-là, je crois.

Amicalement.

Étienne.

(Appel à l'aide de Denis Robert :)

De la censure et de l’information à destination du peuple

« Jamais je n’aurais imaginé en arriver à devoir me défendre comme je le fais. Mon métier, c’est d’écrire. Des romans, des essais, des scénarios, des articles. J’en arrive parfois à être dégoûté de l’exercer. Ce n’est pas une lubie passagère, ni une panne d’inspiration, ni un sentiment irrémédiable. Je déborde de projets, mais ce matin, en descendant à mon bureau, un appel de mon avocat m’a tout à coup arrêté.

Il m’apprend que Clearstream envoie les huissiers pour une saisie sur mes comptes personnels. Environ huit mille euros me sont réclamés. Jusqu’à présent les huissiers m’amenaient des assignations mais c’est la première fois qu’il menace de bloquer mes comptes. C’est à la suite d’une énième plainte de la multinationale contre une interview tronquée publiée par VSD en juin dernier. De toutes les galères (et les bonheurs) que je vis depuis que je me suis intéressé au fonctionnement de Clearstream, cette condamnation est ce que j’ai le plus de mal à accepter. Tant elle est imméritée. Je suis condamné en première instance et pour diffamation alors que je ne me suis pas défendu sur le fond, ne reconnaissant pas mes mots dans la présentation faite par l’hebdomadaire. Cette décision est exécutoire. Ce qui est exceptionnel en matière de diffamation. Même si j’ai fait appel (et j’ai fait appel), je dois payer. Il y a généralement entre des parties opposées une sorte de gentlemen agreement pour attendre l’appel avant d’exécuter un jugement. Là, l’huissier vient de recevoir du pdg l’ordre impératif de récupérer des fonds. Mes fonds.

Il y a volonté délibérée de me faire payer, au sens propre comme au figuré. Si la somme n’est pas anodine, je fais d’abord une question de principe de cette menace de plus en plus pressante. Elle me permet d’expliquer comment s’exerce aujourd’hui la censure en France. Je rappellerai seulement que le chiffre d’affaires de ce poumon de la finance basée à Luxembourg qui compte pour clients les plus grandes banques de la planète, s’est élevée à près de vingt milliards d’euros l’an passé.

Clearstream et son avocat ont appris à faire un amalgame entre l’affaire du corbeau qui occupe les journaux français depuis un an et celle des comptes non publiés qui permettent de dissimuler des transactions qui semble fatiguer ces mêmes journaux par sa complexité supposée. Ma mise en examen en décembre dernier pour recel d’abus de vol et d’abus de confiance devant les juges d’Huy et Pons n’a rien arrangé. Je suis à tort présenté comme celui qui a initié la manipulation de listings, alors que ma contre-enquête publiée en juin dernier débloque l’instruction et dédouane Clearstream. Passons…

Le service juridique de la firme va maintenant pouvoir faire publier (en partie à mes frais, ça me mine) dans des journaux français et étrangers le fait que j’ai été condamné pour avoir dit (à VSD) qu’ils étaient « un poumon de la finance parallèle ». C’est le but de l’exécution de ce matin.

Lire la suite