mars 2007 - Blog du plan C, pour une Constitution Citoyenne, écrite par et pour les citoyens

Blog du plan C, pour une Constitution Citoyenne, écrite par et pour les citoyens


C'est notre Constitution qui est notre seule arme (et c'est aussi la meilleure) pour contrôler les pouvoirs. À nous d'en parler, entre simples citoyens, pour devenir des millions à l'avoir compris : ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.

Bienvenue :o)


Étienne Chouard
Je cherche ici à mettre en débat ouvert ce dont on ne parle nulle part : les plus grands principes institutionnels dont tous les citoyens (gauche, centre, droite) ont besoin pour se protéger des abus de pouvoir.

Je vous propose d'aller voir le FORUM et de suivre le SOMMAIRE, point par point (un principe par jour pour une digestion facile ?), et de réfléchir à votre propre position : Pour ? Contre ? Partagé ?

Et si personne (ni moi, ni d'autres ici) n'a encore défendu les arguments qui vous semblent importants, formulez-les vous-même : nous progressons ensemble en combinant nos réflexions, démocratiquement et positivement :o)

Suggestion :
pour parler nombreux
sur de nombreux sujets :
. soyons brefs,
. dans le sujet,
. et patients :-)

Une fois les principes bien débattus sur le FORUM, vous pouvez, dans la partie WIKI, écrire vous-mêmes les articles qui vous semblent importants dans une Constitution, aussi bien nationale qu'européenne.

Sur cette partie BLOG, je vous propose de nous parler plutôt des problèmes qui ne sont pas spécifiquement institutionnels (économie, histoire, philosophie, sociologie, société, actualité, technique, littérature, etc.), mais qui tournent quand même autour des sujets évoqués sur le forum : on cherche à imaginer ensemble un outil intellectuel, robuste et durable, contre les abus de pouvoir.

J'ai hâte de vous lire :o)

Étienne Chouard


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Le site d'origine s'appelle AEC : "Arc-en-Ciel" (après la pluie le beau temps) :o)


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Commentaires récents (de la partie blog ; voir aussi le forum et le wiki) :

Articles récents :




samedi 31 mars 2007

Plaidoyer pour un peuple constituant et vigilant (34)

Chers amis, je résume ici, sur une page, l’essentiel de ma critique de nos prétendues démocraties.
J'aimerais connaître votre avis sur cette synthèse.

C’est aux Citoyens d’écrire eux-mêmes leur Constitution et ensuite de la protéger.
Pour rester libres, les citoyens doivent toujours rester vigilants à l’encontre des pouvoirs.

  1. La démocratie (la vraie) est une réponse des hommes au problème qu’ils ont avec les pouvoirs.
     
  2. En effet, sans exception, "le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument".
     
  3. Depuis la nuit des temps, aussi vertueux soient-ils au départ, tous les hommes au pouvoir « changent » et finissent par abuser de ce pouvoir, s’ils restent longtemps au pouvoir.
     
  4. Tous les pouvoirs, et notamment les exécutifs (les gouvernements), tendent à « s’autonomiser », c’est-à-dire à concentrer le plus possible de pouvoirs et surtout à s’affranchir de tout contrôle rigoureux.
     
  5. Donc, pour les humains, les pouvoirs sont à la fois nécessaires et dangereux.
     
  6. C’est pourquoi les gouvernés ont imposé à leurs gouvernants de signer un pacte, appelé « Constitution », qui institue les pouvoirs et qui fixe surtout les limites de chaque pouvoir, sans exception. Une Constitution est un acte de défiance.
     
  7. Montesquieu a montré qu’il fallait, par le moyen de la Constitution, affaiblir les pouvoirs, —notamment le pouvoir exécutif qui est le plus dangereux—, en séparant les pouvoirs et en contrôlant les pouvoirs (à tout moment, évidemment, et non pas seulement au moment des élections).
     
  8. Mais Montesquieu a oublié de dire de faire très attention à QUI va écrire la Constitution : en effet, si les citoyens laissent les hommes au pouvoir écrire eux-mêmes les limites de leurs propres pouvoirs, c’est perdu : cette négligence citoyenne conduit naturellement à l’institutionnalisation de l’impuissance politique des gouvernés : transformation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes en un droit des élus à disposer des peuples.
     
  9. Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir ; ce n’est pas aux ministres, ce n’est pas aux parlementaires, ce n’est pas aux juges, d’écrire ou de réviser la Constitution, car ils sont, en l’occurrence, à la fois juges et parties : ils ont un intérêt personnel dans les règles qu’ils instituent et ils trichent en établissant des contrôles simulés et des pouvoirs citoyens factices.
     
  10. Quand des ministres, des présidents, des parlementaires ou des juges créent ou modifient une Constitution, c’est un abus de pouvoir. Ils ont un pouvoir important et ils en profitent pour en abuser. C’est une juste cause d’insurrection.
     
  11. Les parlementaires et les ministres ne sont pas propriétaires de la souveraineté nationale, ils n’en sont que les dépositaires temporaires. Quand ils transfèrent notre souveraineté sans notre accord direct, sans référendum, ils se comportent comme des locataires qui vendraient la maison en douce…
     
  12. Pour comprendre ce qui nous est arrivé à l’occasion de la construction de l’Union européenne, il faut voir que l’important, ce n’est pas qui VOTE la constitution, ce qui compte, c’est qui ÉCRIT la Constitution.
     
  13. Le "Traité établissant une Constitution pour l’Europe" est un traité anticonstitutionnel :
     
  14. d’abord parce qu’il est constitutionnel : le TCE crée une constitution de fait, par la nature même des règles qu’il impose en matière de pouvoirs, règles dangereuses par essence : pouvoir de légiférer, pouvoir de gouverner, pouvoir de juger… De fait, sans notre accord, les institutions européennes remplacent progressivement les institutions nationales.
     
  15. Indépendamment de l’étiquette que lui collent ses auteurs, —"traité" ou "constitution"—, c’est assurément une (mauvaise) constitution qui n’avait jamais dit son nom que nos ministres ont écrite depuis 50 ans :.
     
    • faiblesse extrême du parlement (masquée par de petits progrès montés en épingle),
       
    • confusion des pouvoirs dans les mains de l’exécutif (dans des domaines importants et dissimulés),
       
    • dépendance étroite des juges envers les exécutifs,
       
    • non contrôle des pouvoirs (aucun organe n’est responsable de ses actes),
       
    • protection excessive et injustifiée des fonctionnaires,
       
    • impuissance politique des citoyens (pas de référendum d’initiative populaire),
       
    • information manipulable : médias, organes statistiques et instituts de sondage sous influence (aucune règle constitutionnelle ne protège l’indépendance politique et économique des organes d’information).
       
    • sabordage monétaire : indépendance de la BCE dont la mission de lutte contre l’inflation favorise le chômage, interdiction aux États de créer de la monnaie pour financer des investissements publics, ce qui nous impose à la fois des intérêts ruineux et une dette publique asphyxiante,
       
    • révisions constitutionnelles à deux vitesses : impossibles avec le peuple (procédure "ordinaire" à triple unanimité) et faciles sans le peuple (procédure "simplifiée" sans référendum).
       
  16. Ensuite parce qu'on n’impose pas une Constitution par traité, parce que la seule source acceptable du pouvoir est la souveraineté populaire, le TCE, comme tous les autres traités qui l’ont précédé, fondamentalement inacceptable pour les peuples qu’il viole, le TCE est un traité anticonstitutionnel.
     
  17. Les Citoyens doivent se réapproprier la Constitution. Ils doivent l’écrire eux-mêmes et c’est ensuite encore à eux de la protéger comme leur outil le plus précieux contre les abus de pouvoir. On peut tout déléguer, sauf ce pouvoir-là.
     
  18. Donc, il nous faut un processus constituant honnête, une Assemblée Constituante dans laquelle les membres n’écrivent pas des règles pour eux-mêmes, des membres indépendants des partis et de toute organisation qui exerce ou brigue le pouvoir.
     
  19. Et le seul moyen de désigner des constituants indépendants des hommes de pouvoir, c’est de faire parrainer des volontaires par chaque citoyen, sans se laisser imposer les candidats des partis.
     
  20. On peut ensuite choisir les constituants parmi ces volontaires hors partis :
    a) soit par tirage au sort,
    b) soit avec plusieurs tours successifs d’élection.
     
  21. Enfin, sans doute, les constituants doivent se déclarer inéligibles aux fonctions qu’ils instituent.
     
  22. En somme, il faut rigoureusement séparer le pouvoir constituant des pouvoirs constitués. Quand les citoyens auront réussi à imposer cette hygiène démocratique fondamentale, ils sortiront enfin de la « préhistoire de la démocratie ».
     
  23. Et bien sûr, inutile de compter sur les partis et leurs amis pour débattre et faire connaître cette thèse : c’est aux simples citoyens de faire circuler cette idée, s’ils la trouvent bonne, pour s’émanciper des voleurs de pouvoir (les cratocrates). Ça ressemble bien au débat référendaire de 2005.
     
  24. Les trois "principaux" candidats à la présidence, ceux que nous imposent les partis et les médias, vont tout faire pour être élus sans avoir à débattre une seule fois de leurs abus de pouvoir au plus haut niveau. Tous vont faire diversion avec des non sujets. À nous d’imposer que ces abus de pouvoir soient débattus publiquement.
     

Une « insurrection électorale » pourrait tout changer :
le seul moyen de nous émanciper de la tutelle des partis, c’est d’élire un candidat hors parti
et d’écrire nous-mêmes la Constitution qui nous protègera enfin des abus de pouvoir.

(Version pdf de ce texte)

vendredi 16 mars 2007

De la censure et de l’information à destination du peuple - Appel à l'aide de Denis Robert (4)

Chers amis,

je vous soumets ici, tel quel, un appel à l'aide que je trouve poignant. L'un des nôtres, un petit citoyen infiniment fragile mais qui croit à la justice, se lève courageusement contre la magouille instituée en système par les plus riches et qui va finir par tous nous ruiner.

Il va être broyé s'il reste seul. Il nous représente tous, il est symbolique de ce que nous devrions tous faire, il est emblématique d'une démocratie protégée par chacun de ses propres citoyens.

Pour moi, il représente l'iségoria, ce droit de parole pour tous, à l'Assemblée, à tout moment et à tout propos, droit de donner l'alerte pour protéger la démocratie contre ses ennemis, droit essentiel auquel les Athéniens tenaient plus que tout.

Il faut qu'on arrive à protéger les donneurs d'alerte. Une Constitution d'origine citoyenne protègerait les donneurs d'alerte.

En attendant cette constitution, nous devrions aider nous-mêmes ce gars-là, je crois.

Amicalement.

Étienne.

(Appel à l'aide de Denis Robert :)

De la censure et de l’information à destination du peuple

« Jamais je n’aurais imaginé en arriver à devoir me défendre comme je le fais. Mon métier, c’est d’écrire. Des romans, des essais, des scénarios, des articles. J’en arrive parfois à être dégoûté de l’exercer. Ce n’est pas une lubie passagère, ni une panne d’inspiration, ni un sentiment irrémédiable. Je déborde de projets, mais ce matin, en descendant à mon bureau, un appel de mon avocat m’a tout à coup arrêté.

Il m’apprend que Clearstream envoie les huissiers pour une saisie sur mes comptes personnels. Environ huit mille euros me sont réclamés. Jusqu’à présent les huissiers m’amenaient des assignations mais c’est la première fois qu’il menace de bloquer mes comptes. C’est à la suite d’une énième plainte de la multinationale contre une interview tronquée publiée par VSD en juin dernier. De toutes les galères (et les bonheurs) que je vis depuis que je me suis intéressé au fonctionnement de Clearstream, cette condamnation est ce que j’ai le plus de mal à accepter. Tant elle est imméritée. Je suis condamné en première instance et pour diffamation alors que je ne me suis pas défendu sur le fond, ne reconnaissant pas mes mots dans la présentation faite par l’hebdomadaire. Cette décision est exécutoire. Ce qui est exceptionnel en matière de diffamation. Même si j’ai fait appel (et j’ai fait appel), je dois payer. Il y a généralement entre des parties opposées une sorte de gentlemen agreement pour attendre l’appel avant d’exécuter un jugement. Là, l’huissier vient de recevoir du pdg l’ordre impératif de récupérer des fonds. Mes fonds.

Il y a volonté délibérée de me faire payer, au sens propre comme au figuré. Si la somme n’est pas anodine, je fais d’abord une question de principe de cette menace de plus en plus pressante. Elle me permet d’expliquer comment s’exerce aujourd’hui la censure en France. Je rappellerai seulement que le chiffre d’affaires de ce poumon de la finance basée à Luxembourg qui compte pour clients les plus grandes banques de la planète, s’est élevée à près de vingt milliards d’euros l’an passé.

Clearstream et son avocat ont appris à faire un amalgame entre l’affaire du corbeau qui occupe les journaux français depuis un an et celle des comptes non publiés qui permettent de dissimuler des transactions qui semble fatiguer ces mêmes journaux par sa complexité supposée. Ma mise en examen en décembre dernier pour recel d’abus de vol et d’abus de confiance devant les juges d’Huy et Pons n’a rien arrangé. Je suis à tort présenté comme celui qui a initié la manipulation de listings, alors que ma contre-enquête publiée en juin dernier débloque l’instruction et dédouane Clearstream. Passons…

Le service juridique de la firme va maintenant pouvoir faire publier (en partie à mes frais, ça me mine) dans des journaux français et étrangers le fait que j’ai été condamné pour avoir dit (à VSD) qu’ils étaient « un poumon de la finance parallèle ». C’est le but de l’exécution de ce matin.

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vendredi 9 mars 2007

SOS journaliste en panne : réservoir à questions citoyennes impertinentes (15)

Le travail des journalistes, c’est d’inquiéter les pouvoirs.

Les journalistes sont des « sentinelles du peuple », comme on disait en 1789 : ils doivent veiller, surveiller, et nous alerter en cas de danger.

Les journalistes sont — devraient être — un contre-pouvoir efficace contre la tyrannie.

L’expression « journaliste rebelle » devrait être un pléonasme.

La place des journalistes est donc de rester à distance des hommes de pouvoir, pour garantir leur vigilance et leur exigence.

Pourtant, la plupart des journalistes se sont fait apprivoiser, acheter, salarier, précariser et au final, subordonner par les plus riches.

Aujourd’hui, quand ils ne sont pas pigistes hyper-dépendants, ils déjeunent et s’amusent avec les ministres et les parlementaires qu’ils embrassent au lieu de les inquiéter.

L’expression « journaliste rebelle » est en train de devenir un oxymore.

Les débats politiques sont donc devenus insipides et creux : personne ne pose plus les bonnes questions, épineuses, prenant le temps d’argumenter pour les épuiser. La télévision est devenue un outil radical pour dépolitiser les citoyens, pour les distraire de l’essentiel.

J’ai listé, sans espoir, quelques unes des piques qu’oublient de lancer nos soi-disant « journalistes » à nos soi-disant « représentants ».

J’aimerais connaître vos propres questions impertinentes.

Bien entendu, ce message est désespéré : tout est verrouillé pour que ces questions ne soient jamais posées publiquement à ceux qu’elles concernent.

 

SOS journaliste en panne
Réservoir à questions citoyennes impertinentes :

  • Comment vous croire après que vous ayez menti, ne serait-ce qu’une seule fois ?
    Éventuellement compléter la question en rappelant les deux ou trois mensonges les plus récents du politicien interrogé : par exemple, la promesse sur l’honneur de Nicolas Sarkozy de ne jamais nationaliser GDF, ou l’aveu de François Hollande que le PS aurait évidemment mené une campagne pour le Non au TCE si seulement Chirac avait engagé son mandat sur le résultat du référendum ; ou le fait, pour Ségolène royal, de nous présenter le droit de pétition (sans garantie de résultat) comme s’il s’agissait du référendum d’initiative populaire (RIP) et de la démocratie participative tant attendue ; ou encore la promesse formelle par TOUS les partis d’instituer le RIP et le mensonge prouvé en fin de mandat quand on constate que le RIP n’a même pas été débattu, etc. Voir un récapitulatif consternant au sujet des énormes mensonges du PS dans le n°6 du journal « Le Plan B », p. 4 et 5 : « Comment le PS a "réformé" les services publics" ».
     
  • Autre façon de poser la question : après 25 ans de mensonges impunis du PS (menteur A) et de l’UMP (menteur B), — mensonges apparemment bien repérés par 70 % des citoyens qui ne font plus confiance à aucun parti —, considérez-vous que le choix imposé aujourd’hui entre le menteur A et le menteur B soit un choix démocratique ? D’après vous, quel est le sens politique du vote blanc ? Selon vous, pourquoi le vote blanc est-il confondu avec les votes nuls par le code électoral ? Pourrait-il y avoir un lien avec le fait que le code électoral est écrit par les parlementaires et les ministres eux-mêmes ? Trouvez-vous normal que le code électoral soit rédigé et révisé par les élus ?
     
  • Les institutions devraient-elles prévoir une procédure radicale pour éliminer définitivement du pouvoir les menteurs et les voleurs ? Ou bien l'élection est-elle, pour vous, une sorte de gomme à turpitudes ? Qui aurait la légitimité pour institutionnaliser de telles procédures ?
     
  • Le mensonge est-il inscrit (programmé) dans le génome de l’élection, tant que les institutions ne prévoient aucun contrôle citoyen entre deux élections ? Comment expliquez-vous l’absence totale de contrôle du respect des promesses électorales ? Le fait que ceux qui écrivent la constitution sont ceux-là mêmes qui exercent ensuite le pouvoir peut-il avoir un lien avec cette absence de règles contraignantes dans la constitution ?
     
  • Les politiciens peuvent-ils écrire eux-mêmes les limites de leur propre pouvoir (la Constitution) ? N’est-ce pas trop leur demander ? Est-il raisonnable, de la part des citoyens, de laisser les politiciens fixer eux-mêmes les contre-pouvoirs qui seront censés les limiter eux-mêmes ? N’y a-t-il pas là LA source principale —évidente— de la détestable impuissance politique des citoyens ?
     
  • Si vous nous imposez par voie parlementaire, comme vous le promettez, le maudit "traité constitutionnel" que nous venons de refuser expressément par référendum, quels moyens techniques comptez-vous utiliser pour réprimer l’insurrection ?
     
  • Pouvez-vous nous expliquer à quoi sert une Constitution, selon vous ?
     
  • Quand peut-on dire qu'on a affaire à une "Constitution" ? Suffit-il que les auteurs aient placé l'étiquette "Constitution" en tête de leur texte (ou qu'ils n'aient justement pas mis cette étiquette) pour répondre à la question précédente, ou bien faut-il plutôt considérer ce que contient vraiment le texte pour en déterminer la nature ? Est-il utile, pour savoir si le texte est une "constitution", de vérifier si le texte met en place des institutions et un pouvoir contraignant pour les citoyens ?
     
  • Quel rôle les citoyens doivent-ils jouer dans l'élaboration de leur Constitution ? Quel problème posent les traités à cet égard ? Trouvez-vous légitime d'imposer des institutions aux peuples par voie de traité ? À partir de quand parlez-vous d'abus de pouvoir ?
     
  • Quels sont les signes concrets qui, d’après vous, permettent de parler de dérive tyrannique ?
     
  • D'après vous, la démocratie est-elle acquise pour toujours et peut-on se contenter de faire confiance aux pouvoirs en place, ou bien est-elle au contraire toujours en danger et faut-il se battre pour la protéger et pour l'améliorer ? L'article 35 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1793 dit : "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs." Qu'en pensez-vous ?
     
  • Un candidat devient-il un saint par le seul fait d'avoir été élu ? À quels contrôles acceptez-vous de vous soumettre entre deux élections ? Pourquoi pas plus ?
     
  • Quelle est la légitimité de vos décisions passées qui ont abandonné aux banques privées le droit public décisif de battre monnaie ? À choisir entre l’intérêt des banquiers (et de la finance) et l’intérêt général, que choisissez-vous ? Pourquoi ?
     
  • Quel lien de causalité faites-vous entre la rareté de la monnaie (créée chichement aujourd’hui —uniquement contre endettement et avec intérêt — par des acteurs privés privilégiés — les banques privées — qui ont un intérêt personnel à ce que la monnaie soit rare et chère puisque ce sont eux qui la prêtent) et le chômage et la misère ?
     
  • Quel lien faites-vous entre la dette publique (astronomique) et l’obligation pour l’État d’emprunter pour financer la dépense publique ? Avez-vous comparé les courbes de l’endettement public et les avez-vous rapprochées de la date de la dernière émission de monnaie par la Banque de France (1973) ?
     
  • Avez-vous déjà étudié la thèse selon laquelle la dette de l’État est largement artificielle et créée au profit des banques privées auprès desquelles l’État a mystérieusement consenti à s’endetter pour se financer (au lieu de créer l’argent dont il a besoin au fur et à mesure, comme il a toujours fait auparavant) ? Quelle est, d’après vous, la part que représente ce sabordage monétaire au profit des banquiers dans le montant actuel de la dette publique ?
     
  • Pourquoi renoncez-vous à ce que l’État crée sans intérêt autant de monnaie que ce dont les citoyens auraient besoin pour leur activité économique ? (Soyez précis, s'il vous plaît.)
     
  • Quelle est la légitimité des banquiers pour conserver le droit de battre monnaie et d’y percevoir un intérêt (sans travail) alors que c’est, à l’évidence, un privilège digne de l’Ancien Régime ?
     
  • Est-ce que je peux, moi aussi, être banquier ? Parce que ça a l’air génial, comme boulot : plus t’es riche, plus t’es riche… sans rien faire… Est-ce que je peux être banquier ? Pourquoi pas ?
     
  • Pourquoi laissez-vous la monnaie devenir une marchandise, avec un marché, une rareté, un prix, des spéculations, des accumulations, des confiscations, au lieu de forcer tous les acteurs à n’y voir qu’un moyen d’échange abondant ?
     
  • Au début du 20e siècle, le président américain Lincoln disait qu’il avait deux ennemis : un à l’extérieur et un à l’intérieur, les banquiers, ceux-ci étant de loin les plus redoutables. Il avait juré de s’occuper d’eux sérieusement (de reprendre la souveraineté de l’État sur la monnaie) dès après sa réélection. Cinq jours après cette réélection, il fut assassiné... comme Kennedy le fut à son tour après avoir fait des annonces comparables. Vous sentez-vous en danger de mort si vous osiez remettre en cause les privilèges féodaux des banquiers ?
     
  • Vous sentez-vous propriétaire de la souveraineté nationale ou seulement locataire ? Un locataire peut-il disposer librement du bien qu’il loue, ou bien doit-il évidemment en référer au propriétaire ? Les élus ont-ils la légitimité pour transférer les moyens d'expression et de contrôle de la souveraineté nationale ?
     
  • Être élu donne-t-il tous les pouvoirs ? Vous sentez-vous tout puissant par rapport à vos électeurs (entre deux élections) ?
     
  • Avez-vous conscience du sentiment d’impuissance que vous laissez à vos électeurs entre deux élections ? Pensez-vous que ce soit supportable longtemps pour des gens éduqués ? À partir de quand, à votre avis, les gens sont-ils prêts à faire la révolution ?
     
  • Comment pourrait-on séparer le pouvoir constituant des pouvoirs constitués ? Au moment de désigner les membres d’une Assemblée Constituante, pour éviter que les partis ne nous imposent des hommes de pouvoir (qui n’ont pas à écrire eux-mêmes les règles de leur propre pouvoir), que pensez-vous d’une assemblée constituante tirée au sort (parmi les volontaires ou parmi les meilleurs élus non candidats) plutôt qu’élue ?
     
  • Quelle réalité reconnaissez-vous au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ? Quels exemples concrets de l’exercice de ce droit pouvez-vous donner, en France d’abord, en Europe ensuite ? Que pensez-vous de l’expression « droit des élus à disposer des peuples » ?
     
  • Comment, selon vous, les citoyens peuvent-ils reprendre le contrôle des pouvoirs ? Comment peuvent-ils se protéger contre les abus de pouvoir ?
     
  • Acceptez-vous d’être contrôlé ? À tout moment et à tout propos ? Comment ? Pourquoi pas ?
     
  • Les salariés peuvent-ils faire comme vous (n’accepter, de fait, aucun contrôle entre deux renouvellements de contrat) ? Allez-vous annoncer cette bonne nouvelle plutôt à la radio ou plutôt à la télé ?
     
  • Qu’est-ce qui vous permet de dire que la vente des autoroutes n’est pas un abus de pouvoir ?
     
  • Est-il trop bon de jeter en prison ceux qui ont signé le traité de Nice et privatisé TF1 ? Quelles autres sanctions pourrait-on prévoir ?
     
  • Était-il aberrant, même pour un politicien de métier habitué à décider à la place de ses électeurs, de nous demander notre avis sur chaque privatisation ? Surtout sur des décisions non annoncées dans votre programme électoral ? (Question destinée aussi bien à l'UMP qu'au PS.)
     
  • Comment jugez-vous un élu qui privatise (qui vend des biens publics, parfois à des acteurs privés avec qui il déjeune souvent) comme s’il en était propriétaire, sans l’avoir annoncé et sans consulter directement les véritables propriétaires (les citoyens) ? Que signifie, pour vous, le mot éthique ?
     
  • Même question sur le CNE, ni annoncé avant les élections, ni confirmé par référendum. Pourquoi pendant les vacances scolaires ? Faut-il que la Constitution interdise au Parlement de voter des lois pendant les vacances ? Pourquoi par ordonnances ?
     
  • Que devient la séparation des pouvoirs quand le gouvernement légifère par ordonnance ?
     
  • Pouvez-vous nous rappeler à quoi sert précisément la séparation des pouvoirs ?
     
  • À partir de quand un chef devient-il un tyran ?
     
  • Nos élus sont-ils nos chefs ou nos porte-parole ?
     
  • Qui doit décider si nous élisons des chefs ou des porte-parole ? Est-ce que les élus ne sont pas, en l’occurrence, juges et parties pour décider quel est leur rôle, et ne sont-ils donc pas, forcément, malhonnêtes ? Vous trouvez-vous, vous-même, bien placé pour décider de la nature du mandat qui vous est confié par votre élection ? Est-ce à vous de décider ça ? Serait-il aberrant, à vos yeux, de trancher ce choix de société par référendum ?
     
  • Vous connaissez le grand principe : « La loi est l’expression de la volonté générale ». Vous savez qu’en droit, l’indicatif vaut impératif et que cette formule signifie « la loi doit être l’expression de la volonté générale » : dans votre travail de parlementaire ou de ministre, cherchez-vous à savoir finement quelle est la véritable volonté générale, pour vous en faire ensuite le porte-parole, ou bien substituez-vous votre volonté personnelle à la volonté générale ?
     
  • Parlementaire ou ministre, êtes-vous en situation d’écrire honnêtement le code électoral ? Êtes-vous bien désintéressé, en l’occurrence ? Quelle importance accordez-vous au mot honnêteté ?
     
  • Quelle pourrait être l’autorité indépendante (et sous contrôle citoyen) qui fixe les règles constitutionnelles, au dessus des pouvoirs constitués ? Comment garantir à la fois son indépendance par rapport aux autorités politiques et aux puissances économiques, tout en conservant un contrôle citoyen ? Une Assemblée Constituante convocable à tout moment, tirée au sort chaque fois parmi un réservoir d'élus non candidats (hors partis), est-elle meilleure institution que notre soi-disant "Conseil des sages" hyperpolitisé et illégitime ?
     
  • Que pensez-vous d’une autorité indépendante de cette sorte pour surveiller les médias, les juges, les parlementaires, les ministres ?
     
  • Quelle est la légitimité du Conseil Constitutionnel ? Trouvez-vous normal qu’un organe nommé, qui ne rend de comptes à personne, ait l’ascendant sans appel sur l’assemblée élue au suffrage universel ? Que signifie précisément le mot démocratie ?
     
  • Est-il normal que les juges soient jugés par d’autres juges ? Des réflexes corporatistes évidents ne les conduisent-ils pas à se protéger mutuellement ? Où est la justice dans des institutions qui prévoient de telles erreurs ?
     
  • Les juges européens dépendent directement, pour leur carrière, des exécutifs qui les nomment (dans la plus grande opacité) pour six ans, ce qui est court, renouvelables (!)… Connaissez-vous l’étendue des pouvoirs de ces juges ? Quelle importance accordez-vous à l’indépendance de la magistrature ? Et si les mots ont un sens, si on ne peut pas dire impunément une chose et son contraire, comment arrivez-vous, intellectuellement, à soutenir le TCE qui prévoit la subordination directe des juges européens aux pouvoirs exécutifs ?
     
  • Comment allez-vous arriver à nous protéger après nous avoir conduit dans une telle nasse, au niveau européen ?
     
  • En plein scandale des pesticides, où la corruption et l’irresponsabilité des fonctionnaires est gravement engagée, que proposez-vous, concrètement, pour que les citoyens puissent à tout moment résister eux-mêmes à l’empoisonnement et mettre en œuvre des protections quand l’État fait clairement défaut ? (Ne répondez pas que les élections servent à ça : tout le monde sait que c’est un mensonge inopérant, de la pure langue de bois.)
     
  • Du point de vue de l’intérêt général, est-ce que ceux qui veulent le pouvoir sont les plus indiqués pour l’exercer ? Le fait de vouloir le pouvoir est-il une garantie qu’on y est apte ?
     
  • Comment se fait-il que les partis puissent imposer les candidats à tout le pays, après avoir eux-mêmes filtrés les individus en leur sein ? Comment rendre la liberté de candidature aux citoyens qui ne veulent pas entrer dans la camisole de force intellectuelle d’une ligne de parti et d’une discipline de parti ?
     
  • Pourquoi m'interdisez-vous de choisir librement les humains que je trouve valeureux pour me représenter ?
     
  • Comment pourrait-on élire des citoyens qui ne seraient pas candidats et qui, une fois acclamés, accepteraient d’exercer temporairement et exceptionnellement le pouvoir, sous contrôle citoyen ? Combien de tours faut-il prévoir pour écrémer progressivement le grand nombre d’élus au départ avec cette méthode ?
     
  • Ne lutter que contre l’inflation est une politique de rentiers, vivant du seul fait d’être propriétaires sans avoir à travailler. Pourquoi la Banque Centrale Européenne n’a-t-elle que cette mission prioritaire, de façon irréversible et hors contrôle des citoyens ? Voyez-vous un rapport avec la moyenne d’âge et la fortune des élus ?
     
  • Un journaliste riche est-t-il vraiment un journaliste ?
     
  • Les auditeurs et les téléspectateurs devraient-ils avoir voix au chapitre pour décider de ce qu’ils veulent faire des leurs médias ? Quelles modalités proposez-vous pour collecter l’avis des citoyens sur le sujet des médias et pour en tenir compte dans les grilles des programmes ? Le concept de référendum d’initiative populaire ne pourrait-il pas être institué aussi à propos des médias pour permettre aux auditeurs de s’insurger contre une dérive ?
     
  • Les médias sont-ils un outil de propagande (politique, économique et sociale) à sens unique (de l’émetteur vers les auditeurs) ou les médias sont-ils un outil qui peut servir de tribune pour relayer les aspirations et les luttes sociales (en laissant circuler l’information dans les deux sens) ?
     
  • La télévision est-elle une chance ou un danger pour la démocratie ? À quelles conditions ?
     
  • Quelle est la place de l'expression publique des opinions dissidentes dans une démocratie digne de ce nom ? Quelles conséquences en tirez-vous sur le plan des institutions ? Êtes-vous satisfait de la façon dont sont exposées et traitées (méthodiquement réfutées) les opinions dissidentes, en France et en Europe ?
     
  • Quelle différence faite-vous entre la République et la Démocratie ?
     
  • À qui revient-il de faire le choix de société entre République et Démocratie ?
     
  • Quel rapport voyez-vous entre la durée du travail et l’émancipation politique des humains ?
     
  • Pourquoi gardez-vous l’initiative populaire sous votre contrôle étroit ? Qui êtes-vous pour nous imposer cette férule ?
     
  • Pourquoi n’y a-t-il aucun ouvrier à l’assemblée nationale ? L’Assemblée nationale a-t-elle été volée aux pauvres par les riches ?
     
  • Quels sont les moyens institutionnels et législatifs utilisés par les riches pour empêcher les pauvres d’accéder au pouvoir ?
     
  • Certains disent que le tirage au sort est équitable et incorruptible, qu’il est le seul à respecter l’égalité politique affichée partout par la République, qu’il était, pour les antiques démocrates grecs, la seule bonne manière de désigner les représentants et leurs contrôleurs de façon incontestable. Qu’en pensez-vous ?
     
  • Les citoyens ont-ils raison, au regard de leur sécurité et de leur bonheur, de laisser acheter les journalistes, comme on achète des savonnettes, par les plus riches d’entre eux ?
     
  • Quel inconvénient y aurait-il à nationaliser le pétrole et la grande distribution ? Les profits faciles de ces entreprises en situation de rente avec des publics captifs ne seraient-ils pas mieux utilisés si l’État les percevaient directement (pour construire des crèches, des hôpitaux, etc.) ? Quels intérêts les citoyens ont-ils à protéger les très gros actionnaires des ces entreprises-là ? Pourquoi préférez-vous défendre davantage ces intérêts privés plutôt que de défendre l’intérêt général ?
     
  • Merci d’avoir accepté ce débat d'une heure, à la télévision aux meilleures heures, en face-à-face avec un citoyen résistant qui ne fait pas partie de "la famille" des élus (liste indicative, à compléter) :

    • Robert Joumard
       
    • Frédéric Lordon
       
    • Serge Halimi
       
    • Raoul Marc Jennar
       
    • Maxime Vivas
       
    • François Asselineau
       
    • Danielle Bleitrach
       
    • Michel Onfray
       
    • Daniel Mermet
       
    • François Ruffin
       
    • Christian Darlot
       
    • Étienne Chouard :o)
       
    • Gérard Filoche
       
    • Jean-Jacques Chavigné
       
    • Maurice Allais
       
    • Jacques Rancière
       
    • Jacques Cheminade
       
    • Yvan Bachaud
       
    • (À compléter... Quels trublions hors partis, non professionnels, proposez-vous de votre côté pour défendre hardiment leurs opinions dissidentes ?)
       

jeudi 8 mars 2007

Nous devrions reprendre l'initiative et ÉLIRE DES NON CANDIDATS (3)

Le Monde du 6 mars 2007 résume les abus de pouvoir programmés sans vergogne par les trois soi-disant "grands" candidats :
« Le traité de Sarkozy face au référendum de Royal »
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-879503,0.html

« (…) Ce n'est qu'après un accord sur ces politiques qu'elle [Ségolène Royal] pourrait imaginer, dit-elle, de faire ratifier, par un nouveau référendum avant ou lors des élections européennes de juin 2009 un traité reprenant les dispositions institutionnelles de celui qui a été rejeté par les Français en 2005. "Je suis prête à consulter de nouveau les Français, mais je demande qu'entre-temps l'Europe fasse ses preuves sur les politiques communes et sur le social", a-t-elle réaffirmé dans Le Monde du 6 mars.

Cette position suscite de fortes réserves à Berlin, où le gouvernement d'Angela Merkel, qui allie la droite chrétienne démocrate aux sociaux -démocrates, tente de trouver une issue au blocage de l'Union. La crainte est forte outre-Rhin de voir la candidate socialiste s'enfermer, pour des raisons internes au parti socialiste, dans une position d'affrontement dont les dirigeants ne voient pas l'issue. L'obligation qu'elle s'est donnée d'organiser un nouveau référendum sur tout nouveau traité est ouvertement critiquée par ses propres amis du parti social-démocrate. "Un second échec serait une catastrophe pour l'Union", s'évertue à expliquer l'eurodéputé Jo Leinen, président de la commission institutionnelle du Parlement européen, rallié à l'idée d'un processus par étapes après s'être battu pour garder le traité au plus prêt du projet initial de Constitution.

François Bayrou s'étant lui-même prononcé pour un référendum sur un nouveau texte qu'il veut ambitieux, sans vraiment en préciser les contours, les discussions se sont du coup nouées autour de la proposition de "mini-traité" institutionnel lancée en septembre dernier, à Bruxelles, par Nicolas Sarkozy.

Cette proposition, qui a déclenché dans un premier temps une levée de boucliers dans les pays qui ont déjà ratifié le traité actuel, a fait son chemin. Elle a le mérite, pour ces derniers, de prévoir une ratification par le seul parlement et de pouvoir aller vite sur la réforme des institutions avant de relancer une nouvelle grande négociation sur le contenu politique de l'Europe. (…) »


Mon commentaire :

On n’impose pas une Constitution par Traité, et encore moins sans consulter directement le peuple.

Un "traité constitutionnel" est un abus de pouvoir, une profonde atteinte à la démocratie.
Les locataires de la souveraineté en disposent comme s'ils en étaient propriétaires.

Ce n’est évidemment pas aux hommes au pouvoir d’écrire les limites de leur propre pouvoir.

Si on élit ces gens-là, on sait où on va, et on aura ensuite ce qu’on mérite.
Si on est assez bête pour désigner ceux qui nous annoncent qu’ils vont nous violer, tant pis pour nous.

Mais les autres candidats sans parti, de gauche ou de droite, ne valent guère mieux (José Bové, Nicolas Dupont-Aignan, etc.) s’ils nous imposent une Assemblée Constituante élue, car ses membres proviendront alors fatalement des partis et ces hommes-là, comme ils l'ont toujours fait, parce que c'est dans leur intérêt personnel, programmeront fatalement notre impuissance.

...

Et si on élisait des NON CANDIDATS ?

Pourquoi nous laissons-nous imposer les candidats des partis ?

Pourquoi ne pouvons-nous pas désigner librement le ou les citoyens que nous jugeons valeureux ?
Puis, parmi ces milliers d’élus non candidats, on choisirait par plusieurs tours successifs (5 ou 6 ?)
ou bien on tirerait au sort parmi ceux qui ont été les plus appelés (et qui ont accepté).

Dans les deux cas, on aurait alors à la fois l'élection et l'émancipation des partis

On aurait enfin un vrai filtre honnête de compétence fabriqué directement et exclusivement par nous tous et non pas réduit malhonnêtement par ce deuxième filtre qu'est l'autoproclamation de compétence de la part de tous les candidats des partis qui, pour l'instant, s'imposent aux choix.

Pourquoi est-ce que ce sont les élus qui nous imposent le mode d’élection et de sélection des candidats ?

Qui est légitime pour faire cet immense choix de société ?

Les élus eux-mêmes ou les citoyens ?

Nous devrions reprendre l'initiative du choix des candidats, comme nous devrions reprendre l'initiative du choix des questions importantes auxquelles nous souhaitons répondre.

Établissons une véritable initiative populaire, libérée des idéologies partisanes.

Tout ça passe par les institutions.

Le seul moyen de nous émanciper vraiment est d'écrire nous-mêmes notre Constitution. On n'en sortira pas sans une Constitution d'origine Citoyenne.

Si vous connaissez des pays ou des époques où les hommes ont institué de telles élections sans candidats, faites-nous passer l'information : avantages, inconvénients, modalités, pièges à éviter, etc. Merci :o)

Amicalement.

Étienne.


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