Pierre Rosanvallon est l’invité de France Culture
ce lundi 25 sept. pour son dernier livre :
« La contre-démocratie – La politique à l’âge de la défiance »
(Seuil, sept. 2006).
 

Cet homme est passionnant et le débat avec les journalistes de France Culture l’est aussi.

Je suis d’accord avec Olivier Duhamel : le mot « contre-démocratie » est fort mal choisi car il prête à tous les malentendus.

Mais les analyses de Rosanvallon constituent une formidable armurerie intellectuelle contre les abus de pouvoir et tout le monde devrait l’avoir lu pour alimenter sa réflexion citoyenne.

On retrouve dans ce livre les cours qui m’avaient tellement enthousiasmé au printemps (voir mon Journal et mes Liens, chercher Rosanvallon).

Rosanvallon défend magnifiquement la défiance comme le complément indispensable de la confiance : les contre-pouvoirs de surveillance, d’alerte, de jugement et de sanction des élus, contre-pouvoirs actifs à tout moment, en complément indispensable des pouvoirs promus par l’élection, épisodiquement.

Il distingue la « bonne défiance », constructive, visible chez Desmoulins, Condorcet, Alain, de la « mauvaise défiance », destructive, qu’il dénonce chez Marat, exemple académique de populisme d’après lui. Je recommande pourtant, pour ma part, la lecture directe de Marat, plutôt que la seule lecture des caricatures qu’on en dresse d’habitude : même si l'on voit bien certains de ses excès, Marat est loin d’être un sot, il écrit fort bien et nombre de ses pensées restent bien d’actualité deux cents ans plus tard : il ne faut pas le discréditer en bloc.

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