Tous les soirs, au lieu de perdre mon temps à regarder les jeux du cirque à la télé, j’écoute sur Internet le témoignage d’un acquitté, d’un avocat, d’un juge ou d’un procureur, je prends la mesure des gouffres d’injustices que nos institutions permettent depuis longtemps, et je prends conscience de ma part de responsabilité à être resté aussi longtemps indifférent, moi aussi.

Je vous invite donc à partager ça, on ne perd pas son temps : http://www.publicsenat.fr/dossiers/dossier.asp?dossier=32

C’est La Bruyère qui disait : « La condamnation d’un innocent est l’affaire de tous les honnêtes gens ».

Ceux qui contestent l’aspect spectaculaire de la médiatisation n’ont pas compris (ou ne veulent pas accepter) qu’elle est une réelle opportunité pour la démocratie par l’émancipation des citoyens d’un système encore trop oppressif.

Il est important que les citoyens comprennent les rouages de leur système judiciaire pour percevoir les enjeux et se forger une opinion éclairée : nous avons là une opportunité pédagogique inouïe.

Ces jours-ci, nos parlementaires jouent un rôle immense.

Je lisais « Éloge de la barbarie judiciaire », de Thierry Lévy (Odile Jacob, oct. 2004, 187 p.), avant que ne s’effondre le jeune juge, et je découvrais déjà les vices majeurs de nos institutions judiciaires que ce grand avocat, avec d’autres, pointe depuis longtemps. Résumé :

« Audience jouée d’avance, poids du dossier, garde à vue renforcée, enquête viciée par la garde à vue, experts et témoins sous influence, enquêteurs investis des pouvoirs du juge : le procès pénal n’est pas équitable. On fabrique l’erreur sous les yeux d’une défense entravée.

Aujourd’hui, l’institution judiciaire s’est trouvée un nouveau maître, plus aveugle, plus menaçant encore que l’État autoritaire. Le plaignant aux mille récriminations, idolâtré, transfiguré en sainte victime.

Le duel des âges barbares, arbitré entre égaux par un juge indépendant et selon des règles acceptées, respectait bien davantage les acteurs du procès.

Ce n’est pas l’esprit d’humanité qui l’a banni de nos lois. C’est l’arrogante prétention du prince à imposer à ses sujets la vérité qu’il croyait détenir. Et nous n’en sommes pas sortis. »

Plan du livre
«Éloge de la barbarie judiciaire»
:

Chapitre 1 - Les jeux sont faits
Faux débat
L’audience réelle n’est pas l’audience idéale
Le dossier l’écrase de tout son poids
Illusion de l’expertise
La comédie du procès
Et les témoins ?
Un théâtre de la cruauté
Garde à vue
Pas de droits pour les méchants
À quoi sert la défense ?

Chapitre 2 - Qui sont les barbares ?
Place à la vengeance
Justice et vérité
Vers la justice d’État
Les quatre piliers de l’enquête
L’exclusion progressive de la défense
La fausse indépendance de la justice
Comment on fabrique l’erreur
Une vérité autorisée
Que faire ?

Chapitre 3 - Sacrées victimes
Naissance de la victimologie
Le culte de la victime
Dérive
Quand la victime remplace le souverain
Dans l’ombre du psychiatre
Plaignez-vous !

Nous sommes tous concernés, ça n’arrive pas qu’aux autres, vraiment : il faut prendre le temps d’écouter intégralement les témoignages de l’affaire d’Outreau, c’est édifiant.

Il faudra sans doute intégrer un certain nombre de ces réflexions dans notre Constitution citoyenne.